‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 31 sur 124 · MENTHE VERTE · texte numérisé non relu

MENTHE VERTE

ffei'ba Menthæ viridis ; angl., Spearmint.

Origine botanique. — Menlha vïndis L. G’esl une plante vivace, odorante, connue surtout en Europe, en Asie et dans l’Amérique du Nord, comme la Menthe commune des jardins. On ne la trouve guère en apparence à l’état sauvage que dans les pays où elle est cultivée depuis longtemps. On la trouve parfois en Angleterre dans ces conditions (3).

(1) L incorrection de 1 épithète arabica est notée par Pomet. Nous ignorons pour quel motif il a été donné h cette plante. Martiny, Rohwaarenkunde , I, 655, prétend que les Vénitiens faisaient autrefois venir ces fleurs de l’Arabie par voie d’Egypte.

(2) Pereira, Elem. Mat. Med., 1850, II, 1368. — Nous ignorons si le Lavanduta

lanata Boissier, espèce très-odorante, voisine du L. Spica, et originaire d’Espagne est distillé dans ce pays. ’

(3) Bentham, llandbook of the Dritisli Flora , 1858, 418. — Parkinson (1640) fait remarquer que la Speare Mint ne se trouve qu’à l’état de culture dans les jardins.

Le Ment ha vin, là est considéré par Bentham comme constituant probablement une simple variété du Mentha süvestm L., perpétuée uniquement à l aide de bourgeons. J. G. Baker fait remarquer que tand.s que ces plantes sont, eu Angleterre, suffisamment distinctes on trouve sur le continent des formes qui les rattachent les unes aux autres (!)(»)• Historique. - La Menthe est mentionnée dans toutes les anciennes listes de plantes du moyen ftge, et était certainement cultivée dans les jardins des couvents, au neuvième siècle. Turner, qui a été nomme e L * ta Botanique anglaise , établit, dans son Herball (2), que la Menthe des jardins était, à son époque, désignée sous le nom de Spere M ynte. Nous la trouvons aussi décrite par Gerarde, qui la nomme Mentha Romana ou Sarracemea, ou Commun Garde n Mini, mais sa description des feuilles, qu’il indique, comme blanches, molles et velues ne peut pas s'appliquer à la plante que nous cultivons aujourd hui. L essence de celte dernière portait, vers la fin du moyen âge, du moins en Aile-

magne, le nom de Balscimum Menthæ.

Description. -La plante possède une souche vivace, qui émet de longs coulants. Sa tige, haute de 60 à 90 centimètres, est dressée, et se ramifie beaucoup à la partie inférieure. Ses rameaux sont courts, étalés, dressés, pleins, quadrangulaires, nus ou légèrement velus au-dessous des nœuds, souvent teintés de pourpre. Les feuilles sont sessiles, ou bien les plus inférieures sont pétiolées ; elles sont lancéolées ou ovales-lancéolées, arrondies ou même cordées à la base, colorées en vert sombie et glabres en dessus, plus pâles et munies en dessous de nervures proéminentes, vertes ou pourpres ; elles sont ordinairement glanduleuses, et tantôt tout à fait nues, tantôt velues seulement au niveau de la nervure médiane et des nervures secondaires principales. La pointe du limbe est rétrécie et aiguë ; ses bords sont découpés en dents peu serrées et peu profondes. Les feuilles inférieures ont environ 2 centimètres et demi de large sur 8 à 10 centimètres de long. L’inflorescence est une pamcule d’épis, longue de 8 à 10 centimètres sur 2 centimètres de large, les plus inférieurs écartés parfois l’un de l’autre de plus de 1 centimètre, et accompagnés de bractées foliacées. Les bractéoles sont linéaires-subu ees, de même taille ou plus larges que les fleurs épanouies, lisses ou legerement ciliées. Les pédicelles floraux ont environ 1 millimètre de long ; üs sont pourpres, glanduleux, dépourvus de poils. Le calice est souven

(1) Journ. ofBotan. <lc Sbemann, août, 1865, 239. Nous empruntons à M. Baker sa description détaillée du Mentha viridis.

(2) Part. II, 1568, 54.

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aussi coloré en pourpre; son tube esL cylindrique-campanulé, long de 1/2 millimètre, découpé en dents lancéolées, subulées, aussi longues que le tube; les dents, et parfois la face supérieure du tube calicinal, sont munies de poils plus ou moins serrés et dressés. La corolle est pourprée, deux fois aussi longue à peu près que le calice, nue en dedans et en dehors. Le fruit est lisse. Cette plante offre quelques variations dans la forme de ses feuilles, la longueur de ses épis, et le plus ou moins de richesse en poils de son calice. La plante entière exhale, loi^qu on la froisse, une odeur très-prononcée et agréable; son goût est fortement aromatique.

Production. — Cette plante est cultivée dans les jardins particuliers, et surtout dans les jardins des industriels. Quelques acres seulement sont consacrées à sa culture à Mitcham, et on vend ordinairement la plante entière à l’état de dessiccation plus ou moins complète. Aux Etats-Unis, on cultive la Menthe verte de la même façon que la Menthe poivrée, mais en moins grande quantité. M. H. G. Hotchkiss, de Lyons, canton de Wayne, Etat de New-York, nous a informés que la quantité d’huile essentielle fabriquée par lui, en 1870, s’élevait à 1 162 livres. La plante qu il emploie nous paraît être, d’après les échantillons qu’il nous a envoyés, la Menthe verte des jardins anglais, et non la Menthe crispée ( Mentha crispa ) de l’Allemagne.

Composition chimique. — La Menthe verte fournit une huile essentielle (Oleum Menthæ vindis ), dans laquelle résident les propriétés médicinales de la plante. Elle constitue un mélange d’un hydrocarbure isomère de l’essence de térébenthine, et de la modification lévogyre du Carvol, ainsi que nous l’avons exposé dans l’article relatif aux Fruits de Carvi (Yoy. t. I, p. 545).

Usages — La Menthe verte est employée, sous forme d’huile essentielle et d’eau distillée, de la même façon que la Menthe poivrée. Aux Etats-Unis, 1 huile essentielle est aussi employée par les confiseurs, et par les fabricants dç savons parfumés.

Substitutions. - L’huile essentielle de Menthe verte est aujourd’hui rarement distillée en Angleterre, son prix élevé la rendant presque impossible à vendre. L’essence fabriquée à l'étranger est offerte, dans les prix courants, sous deux variétés : 1 ’ américaine et l 'allemande. Nous avons déjà parlé de la première; la seconde, désignée en allemand sous le nom de Krausemünzôl, est produite par le Mentha aquatica L. var. y crispa Bentham, qu’on cultive dans le nord de l’Allemagne.

, , ,,, I Gen n. 713) sont des Labiées de la tribu des Sa-

(a) Les Menthes {Me ’> tubuleux divisé en cinq dents presque égales ; à turéinées, à calice campanule ou tabule», clmse^ J ^ ^ ^ ôrganeg

corolle tubuleuse, un peu p us °’^u * u déc0Upé en cinq lobes obtus, presque

l'un de l'autre; à quatre

égaux, les deux supérieurs . I chacune d'uu filet conué avec le

fT4“làM“Ùr.Æ anthte ir deux loges parallèles, intror-sos, déhiscentes ££ ZZ tgila.es; fi nu eu, es lisses ; à «eurs disposées en longs eprs conques, terminaux, de cjmes axillaires, très-serrees. [T .]

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