‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 38 sur 124 · AUTRES ESPÈCES EMPLOYÉES · texte numérisé non relu

AUTRES ESPÈCES EMPLOYÉES

1° Salvia pralensis L. ( Species , 3b). — C’est une petite plante herbacée, à souche vivace, à lige ‘aérienne souvent unique, mourant chaque année après la floraison, dressée, ascendante, simple ou ramifiée dans le haut, peu feuillée, velue, terminée par un long épi de fleurs bleues, haute de 20 à 80 centimètres ou 1 mètre. A la base de la tige, existe une grande rosette de feuilles très-développées, pétiolées, ovales-lancéolées, un peu cordées à la base. Les feuilles caulinaires sont plus petites, sessiles et même embrassantes dans le haut. Elles sont réticulées, gaufrées, d’un vert foncé en dessus, plus pâles et pubescentes en dessous, inégalement incisées-crénelées sur les boxais. Les fleurs sont grandes, courtement pédonculées, disposées an sommet des rameaux en cymes de deux à trois fleui’s, dans l’aisselle de bractées opposées, plus courtes que le calice, herbacées, lai-ges, ovales, acuminées, velues, glanduleuses, embrassantes, réfléchies après leur épanouissement, puis caduques. Le calice est couvert de poils glanduleux ; sa lèvre supérieure est divisée en trois petites dents subulées, conniveutes, la médiane plus courte ; sa lèvre inférieure est divisée en deux lobes lancéolés. La corolle est ordinairement d’un beau bleu, parfois rose ou blanche ; elle est deux ou trois fois plus longue que le calice, couverte de poils glanduleux; son tube est plus long que le calice, dilaté vois lô

Fig. ISO. Salvia pratennis.

Extrémité d’un rameau fleuri.

192 PLANTAGINACÉES.

liant, dépourvu de bosse sur sa face antérieure ; sa lèvre supérieure est recourbée en faux, comprimée latéralement, échancrée au sommet. Le style est terminé par deux branches stigmatiques de longueur inégale. Les fruits sont des acharnés bruns, lisses et luisants. Le Salvia pratensis croît indifféremment dons les plaines humides et sur les coteaux arides.

Toutes les parties herbacées de la plante sont douées d’une odeur désagréable très-prononcée, surtout quand on les froisse. Les fleurs sont dépourvues d’odeur.

La Sauge des près jouit de propriétés excitantes moins prononcées que celles de la Sauge officinale, dont elle n a pas la saveur agréable, et qu’elle est par suite incapable de remplacer comme aromate.

2» Saloia Sclarea L. ( Species , 38) vulg. Toute Bonne, Sclarée, Oroale. — C’est une plante vivace, a tiges multiples, dressées, très-rami fiées au sommet, quadrangulaires, liantes de 30 centimètres «à 1 mètre, velues, glanduleuses. Les feuilles sont réticulées et gauffre.es, bosselées, couvertes de poils courts et laineux \ elles sont presque toutes pétiolées, les supérieures seules sont sessiles, ovales ou oblongues, souvent cordées a la base, les inférieures plus obtuses, irrégulièrement crénelées ou dentées sur les bords, colorées en vert plus pâle sur la face inférieure. Les fleurs sont disposées au sommet des rameaux en longs épis de cymes à trois ou quatre fleurs courtement pédonculées, situées dans l’aisselle de grandes bractées opposées, membraneuses, rosées ou violacées, plus longues que le calice, larges et concaves, ciliées, suborbiculaires, cordées, terminées par une pointe allongée, réfléchies après 1 épanouissement des fleurs. Le calice est couvert.de poils glanduleux ; sa lèvre supérieure est divisée en trois dents courtes, triangulaires, aristées, écartées les unes des autres, la médiane plus courte que les deux latérales ; la lèvre inférieure est bifide, à dents lancéolées, aiguës, aristées. La corolle est grande, colorée en violet très-pâle, couverte de poils glanduleux, à tube aussi long que le calice, bossu sur la face antérieure, dilaté au niveau de la gorge ; à limbe bilabié, la lèvre supérieure très-grande, recourbée en crochet, concave, comprimée latéralement, bilobée à l’extrémité. L’ovaire est surmonté d’un style recourbé, logé dans la lèvre supérieure de la corolle, terminé par deux branches stigmatiques divergentes, inégales.

La Sclarée est répandue dans presque toutes les parties de la France, mais particulièrement dans le Midi. On la trouve aussi en Belgique, etc.

Toutes les parties de la plante exhalent une odeur forte, agréable, qui rappelle un peu celle du baume de Tolu. Leur saveur est chaude, aromatique, un peu amère. Tuad.]

PLANTAGINACÉES

GRAINES D’ISPAGHULA.

Semen Jspaghulæ ; angl., Ispaghul Sceds, Spogcl Sccds.

Origine botanique. — PlantagodeciwibensFoRSK.(P . Ispag/mla Iloxn.)(l).

(1) Après examen de nombreux échantillons, nous adoptons l’opinion du docteur Aitcliison ( Catalogue of the Plants of the Punjab and Smd , London, 1869) qui réunit les Plantago Ispaghula et decumbens. Il est probable d’ailleurs que la réduction des espèces de ce genre peut être poussée plus loin.

— C'est une plante à aspect très- variable, haute de 3 à 30 centimètres, dressée ou décombante, à feuilles linéaires, lancéolées, presque glabres, ou couvertes de poils hérissés. Les épis floraux diffèrent d’après la vigueur de la plante; ils sont, dans quelques échantillons, cylindriques, longs de 3 centimètres, et réduits dans d’autres à une tête globuleuse. L’aire de cette plante est très-étendue. On la trouve, en effet, dans les îles Canaries, en Egypte, en Arabie, dans le Beluchistan, 1 Afghanistan, et le nord-ouest de l’Inde. Stewart (1) dit qu’elle est commune dans la vallée de Peshawar et dans les régions situées sur la rive droite de l’Indus, à une altitude de 600 mètres. Il ajoute qu’on la trouve aussi dans les plaines et les collines basses du Punjab, mais qu’elle n’a jamais été vue à l’état de culture dans cette dernière région. Elle passe pour être cultivée à Multan et àLahore, ainsi que dans le Bengale et le Mysore (2).

Historique. — Les graines de cette plante se trouvent dans tous les bazars de l’Inde, et sont tenues en grande estime ; on les désigne par le nom persan Ispaghul mais elles portent aussi le nom arabe de qatünâ , sous lequel nous les trouvons mentionnées, au dixième siècle, par le médecin persan Alhervi (3), et vers la même époque ou un peu plus tard par Avicenne (4). Plusieurs autres écrivains orientaux sont cités par Ibn Baytar (5) comme ayant mentionné une drogue du même nom. Ce dernier peut aussi avoir été appliqué aux graines d autres espèces, comme celles du Plcintago Psyllium L. et du P . Cynops L. qui ont des propriétés analogues, et sont communes, et employées depuis une époque très-reculée. L 'Ispaghul indien attira l’attention des Européens vers la fin du dernier siècle (6), et a été prescrit comme émollient contre la diarrhée et la dysenterie. Ces graines furent admises dans la Pharmacopée de l’Inde de 1868.

Description. — Les graines du P. Ispaghula sont, comme celles des autres espèces de Plantago , creusées en carène, l’une des faces de 1 albumen étant concave et l’autre convexe. Elles sont très-petites; elles ont à peu près 2 millimètres de long, et à peine 1 millimètre de large ;

(1) Punjab Plants, Lahore, 1869, 174, et note manuscrite attachée aux échantillons de l’Herbier de Kew.

(2) J'ai réussi à cultiver ce Plantago h Strasbourg:, en été, et en pleine terre, f b • A. F .J

(3) Liber Fundamentorum Pharmacologiæ, éd. Seligmann, Vindobonæ, 1830, 40.

(4) Lib. n, tract. 2, cap. 541 (édition de Valgrisi, 1664, I, 337).

(5) Traduction de Sonthëimer, 1840, I, 132.

(6) Fleming, Catal. of Indiati Med. Plants and Drugs, Calcutta, 1810, 3t. — Je trouve une description nette de ces graines due, eu 1719, au pharmacien LincK, de Leipzig, dans l’ouvrage Sammlung von Natur und Medicin-Gcschic/iten (Leipzig, 1719, p. 257). [F. A. F.]

PLANTAGINACÉES.

elles sont si légères, que 100 graines pèsent à peine 18 centigrammes. Elles sont colorées en gris rosé clair, avec une tache brune allongée, située sur la face convexe, et répondant à l’embryon qui, dans ce point, est en contact direct avec le tégument translucide de la graine. De cette tache, la radicule s’étend jusqu’à l’extrémité de la graine. La face concave de la graine est également brune, et en partie couverte par une mince membrane blanche. Ces graines sont très-mucilagineuses, mais elles n’ont ni saveur ni odeur. Celles de l’espèce voisine, P. Psyllium , ont à peu près la même forme, mais sont luisantes et colorées en brun foncé.

Structure microscopique. — Pour bien les étudier, il faut plonger les graines dans la benzine qui ne dissout pas le mucilage. La surface entière de la graine se montre alors formée de cellules polyédriques, séparées de l’albumen par une mince couche brune, qui, sur la face dorsale de la graine, n’a pas plus de 70 millièmes de millimètre d’épaisseur. L’albumen est formé de cellules à parois épaisses, remplies de granulations qui prennent une coloration orange sous l’influence de l’iode. Les deux cotylédons adhèrent l'un à l’autre dans une direction perpendiculaire à la cavité de la graine. Leur tissu est formé de petites cellules contenant des granulations de matière albumineuse, et des gouttes d’huile grasse. Lorsqu’on place la graine dans l’eau, les cellules épidermiques se gonflent immédiatement, s’allongent, puis se brisent, et l’on ne trouve plus que des fragments de leurs parois. Lorsqu’on les examine dans la glycérine, ces changements se font plus lentement; la paroi extérieure des cellules, qui forme le mucilage, offre une série de couches minces qui se gonflent lentement, et disparaissent quand on ajoute de l’eau. Le mucilage n’est donc pas contenu dans les cellules, mais il est formé par les dépôts secondaires de leurs parois, comme dans les graines de lin et de coing.

Composition chimique. — Ces graines fournissent une si grande quantité de mucilage, qu’une partie de graines dans 20 parties d’eau forme une gelée épaisse, insipide. En ajoutant une plus grande quantité d'eau, et filtrant, une petite quantité seulement du mucilage passe à travers le filtre, la plus grande partie reste adhérente aux graines. Le mucilage, séparé par pression, ne rougit pas le tournesol, n’est pas affecté par l’iode, ni précipité par le borax, l’alcool, ou le chlorure ferrique. L’huile grasse et la matière albumineuse contenues dans les graines d’Ispaghula n’ont pas été étudiées.

Usages. — On emploie, dans l’Inde, la décoction des graines (1 partie pour 70 parties d’eau) comme boisson froide émolliente. Les graines

pulvérisées ou mélangées avec du sucie, ou îendues gélatineuses pai l’eau, sont parfois administrées contre la diarrhée chronique.

(a) Les Plantains ( Plantago L., Gen., n. 142) sont des Plantaginocées, à fleurs hermaphrodites et régulières, tétramères, et à réceptacle convexe, à fruit capsulaire, biloculaire, membraneux, déhiscent par une fente circulaire, transversale.

Le Plantago decumbens Forskall (P. Ispagula Flem., in As. researeh., XI, 174) est une plante annuelle, à tige aérienne nulle ou très-courte, bientôt divisée en trois ou quatre branches ascendantes, arrondies, villeuses, longues de 10 a 20 centimètres. Les feuilles sont alternes, linéaires-lancéolées, trinerviées, munies de petites dents, un peu laineuses, sessiles, amplexicaules, longues de 15 à 20 centimètres et larges de 10 à 20 millimètres. Les hampes florales sont axillaires, solitaires, nues, dressées, arrondies, un peu villeuses, de la même longueur que les feuilles, terminées chacune par un épi d’abord ovale, puis cylindrique au moment de la floraison, dressé, et long, à la maturité, de 2 à 4 centimètres. Les fleurs sont nombreuses, imbriquées, petites, blanches, situées chacune dans l’aisselle d’une bractée ovale, concave, carénée, verte au niveau de la ligne médiane, membraneuse sur les bords. Le calice est formé de quatre sépales libres jusqu’en la base, oblongs, ovales, à bords larges et membraneux, imbriqués dans la préfloraison. La corolle est gamopétale, hypocratérimorphe, membraneuse, à tube gibbeux, à limbe formé de quatre folioles ovales, aiguës. L’androcée est formé de quatre étamines très-longues, exsertes, à filets counés au tube de la corolle, à anthères oscillantes, biloculaires, introrses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Le gynécée est formé d’un ovaire biloculaire, chaque loge contenant un ou plusieurs ovules auatropes. 11 est surmonté d’un style simple. Le fruit est une capsule biloculaire, déhiscente par une fente circulaire, transversale. [Trad.]

POLYGONAGÉES

RHIZOME O DE RHUBARBE.

Radix Rhei ; Rhubarbe ; angl., Rhubarb; allem., Rhabarber.

Origine botanique. — Rheum officinale H. Bâillon. C’est une plante vivace. Les feuilles printanières forment une couronne qui fait une saillie de quelques pouces au-dessus de la surface du sol; elles ont un pétiole subcylindrique, couvert, comme la face inférieure des nervures du limbe, de poils courts et dressés. Le limbe est orbiculaire, cordé à la base, divisé en cinq ou sept lobes courts et irrégulièrement dentés. Les feuilles atteignent de Im,20 à 1 œ ,50 de long, et sont un peu plus laiges que longues.

(1) Ainsi que beaucoup d’autres tiges souterraines, on le désigne dans tous les ouvrages sous le nom de racine, qui est employé également dans cet article par les auteurs anglais [Trad.].

POLVGONACÉES.

(jette plante a cto découverte dans le sud-est du Thibet, où elle passe pour être cultivée à cause de sa racine médicinale; mais on suppose qu’elle croît dans diverses parties de l’ouest et du nord-ouest de la Chine, d’où la rhubarbe nous parvient. Elle fut trouvée, vers 1867, par les missionnairesfrançais, et donnée à Dabry, consul français de Hankow, qui en transmit des échantillons à Soubeiran, de Paris. M. Bâillon décrivit la plante d'après un de ces échantillons, qui fleurit à Montmorency eu 1871 (1).

Nous ignorons si la Rhubarbe du commerce est produite uniquement par cette espèce, mais il est permis d’admettre qu’elle constitue véritablement une source de la drogue, car il n’existe aucune différence sérieuse entre elle et les descriptions et les figures imparfaites, il est vrai, qui ont été données de la plante à la Rhubarbe par les auteurs chinois et les anciens missionnaires jésuites. Cette opinion est encore mieux corroborée par ce fait, qu’il n’existe aucune différence entre sa racine et la Rhubarbe asiatique du commerce (2).

Historique (3). — Les Chinois paraissent avoir eu connaissance des propriétés de la Rhubarbe, dès une époque très-antérieure à l’ère chrétienne. 11 est, en effet, question de cette drogue dans le traité de botaniques nommé Pen-Ktng, qui est attribué à l’empereur Shen-Nung, le père de l’agriculture et de la médecine chinoise, qui régnait 2 700 ans environ avant Jésus-Christ (4).

En ce qui concerne l’Asie occidentale et l’Europe, nous trouvons une racine nommée ££ ou p r,ov, mentionnée par Dioscoride comme apportée des rives du Bosphore. La même drogue est mentionnée, au quatrième siècle, par Annnianus Marcellinus (5). Il dit qu’elle tire son nom de la rivière Rha (le moderne Volga), sur les bords de laquelle elle croît. Pline décrit une racine nommée Rhacoma qui, étant pulvérisée, prend une couleur semblable à celle du vin, ou plutôt à celle du safran; il dit qu’elle est apportée des environs du Pont. La drogue, ainsi décrite, est ordinairement considérée comme la Rhubarbe, ou au moins comme

- (I) Adansonia, X, 246 ; Associât, franç.pour l’avanc, des sc., 1872, 514-529, t. 10.

(2) Nous avons examiné particulièrement la très-grosse racine de pieds de R. officinale cultivés à Londres, à Bodicott, près d’Oxford, à Paris et ;i Strasbourg. Voir mon mémoire sur la Rhubarbe, dans Buchner, Repertorium filr Pharmacie, XXV (1876) 1 à 18, reproduit dans les Proceedings of the American Pharm. Association, 1876, p. 10, [F. A.’ F.]

(3) Voir pour quelques développements historiques le mémoire cite dans lu note précédente,

(4) Bretschneider, Chinese Botanical Works, Fo’ochow, 1870, 2.

(5) Scriptores Historiée Romanæ latini veteres, 1743, II, 511 (Amm. Marc., xxii.c. 8).

la racine d’une autre espèce de Rheum, mais il nous est impossible de savoir si elle venait réellement du Pont, ou si elle était apportée de contrées plus éloignées. 11 est certain que le nom de Radix pontica ou Rhaponticum, employé par Scribonius Largus (!) et Celse (2), fut donné à la drogue par allusion à la région d’où on la recevait. Lassen a montré que les caravanes commerciales venaient de Shensi, dans le nord de la Chine, à Bokhara, dès l’année 114 avant Jésus-Christ. Les marchandises, ainsi transportées, pouvaient gagner l’Europe, soit par la voie de la mer Noire, soit en descendant l’Indus, jusqu’à l’ancien port de Barbariké. Vincent suppose (3) que le Rha importé parla première route, a dû recevoir le nom de Rha ponticum, tandis que le Rha transporté par la seconde, reçut celui de Rha barbarum. Nous ne sommes pas en mesure de corroborer cette hypothèse, quoiqu’elle paraisse très-plausible. Elle n’est pas appuyée par l’auteur du Periplus de la mer Erythrée (\eis 64 après Jésus-Christ), dont la liste des produits exportés de Barbariké (4) ne renferme pas la Rhubarbe. Cette drogue n est pas nommée non plus parmi les articles sur lesquels un impôt était levé par la douane romaine d’Alexandrie (176-180) (5).

Les termes Rheum barbarum ou barbaricum, ou Reu barbarum se trouvent dans les écrits d’Alexander Trallianus (6), vers le milieu du sixième siècle, dans ceux de Benedictus Crispus (7), archevêque de Milan, et d’Isidore (8), de Séville, qui vivaient au septième siècle. Parmi les écrivains arabes qui ont écrit sur la medecine, Mésue le Jeune, dans la première partie du onzième siècle, mentionne la Bhubarbe de Chine comme supérieure à celle de Barbarie ou de Turquie (9). Vers la même époque, Constantinus Africanus (10) parle du Rheum indien, et du Rheum pontique, et déclare que le premier est préférable.

(1) De Compositione Medicamentorum , c. 167.

(2) De Medicina, lib. v, c. 23.

(3) Vincent, Commerce and Navigation of the Ancients, 1807, 11, 389.

(4) Ibid., op. cit., II, 390. Barbariké était le principal port du golfe de Cambai, dans le nord de la péninsule de l’Inde.

(5) Ibid., op. cit.j II, 686.

(6) Lib. vin, cap. 3, édition de Haller.

(7) Migne, Patrologiæ Cursus, lxxxix, 374. .

(8) Migne, op. cit., lxxxii, 628. — L’explication donnée par Isidore est la suivante : « Reubarbarum sive Reuponticum : illud quod trans Danubium in solo barbarico , istud quod circa Pontum colligitur, nominatum est. Reu autem radix dicitur. Reubarbarum ergo, quasi radix barbara, Reuponticum quasi radix pontica, » mais I si oie

aimait beaucoup ces étymologies. ,

(9) Ravedsceni , Raved barbarum, et Raved TurcMcum sont les termes employés dans

la traduction latine que nous avons consultée.

(10) De omnibus medico cognitu necessariis, Basil., 1539, 354.

19S POLYGONACÉES.

Au douzième siècle, la Rhubarbe fut probablement importée de l’Inde, ainsi que le prouve le tarif des impôts levés à Acre, en Syrie. Dans ce document (1), elle est énumérée parmi plusieurs drogues de l’Inde. Une liste semblable, datée de 1271, relative à Barcelone, mentionne le Ruibarbo (2). Dans un statut de la cité de Pise, désigné sous le nom de Brève Fundacariorum, daté de 1305, la Rhubarbe ( ribarbari ) est classée parmi les marchandises du Levant et de l’Inde (3).

Le premier, et presque le seul Européen qui ait visité les régions à Rhubarbe delà Chine, est le fameux voyageur vénitien Marco Polo (4), qui, à propos de la province de Tangut, dit : « Et par toutes les montagnes de ces provinces se treuve le reobarbe en grant haboudance. Et illec l’achatent les marchans et le portent par le monde. »

Ce résumé de l’histoire de la Rhubarbe serait incomplet si nous ne signalions pas les diverses routes par lesquelles la drogue a été apportée en Europe des provinces occidentales de l’empire chinois, et qui ont donné naissance aux dénominations vulgaires de Rhubarbe de Russie, de Turquie et de Chine.

La première route traverse les steppes de l’Asie centrale, en passant par Yarkand, Kashgar, le Turkestan et la mer Caspienne, jusqu’en Russie.

La seconde passe par l’Indus ou le golfe Persique, jusqu’à la mer Rouge et Alexandrie, ou, à travers la Perse, jusqu’à la Syrie et l’Asie Mineure.

La troisième passe par Canton, seul port de l’empire chinois qui, avant l’année 1842, eut des communications directes avec l’Europe.

En 1653, la Chine permit, pour la première fois, à la Russie, de faire du commerce sur ses frontières. Le commerce des produits chinois fut alors détourné de la ligne de la mer Caspienne et de la mer Noire, et porté davantage vers le nord. Il suivit une route partant de Tangut et passant à travers les steppes du haut Gobi, et à travers la Sibérie, par Tobolsk, jusqu’à Moscou. En 1719, Urga, sur le côté nord du désert de Gobi, est mentionné comme le principal entrepôt de la Rhubarbe. Défi) Asssises de Jérusalem, in Recueil des Historiens des Croisades, Lois, 1S43,

(2) Capmany, Memorias historicas de Barcelona, 1779, 1, 44.

(3) Bonaim, Statuti inediti délia città di Pisa dal xn al xiv secolo, Firenze, 18a i,

Page 1