BEURRE DE MUSCADE
Oleum Myristicæ expression; Oleum Macidis ; Balsamum vel Oleum Nucistse ; angl., Expressed OU oj Nutmegs, Nutmeg Butter , OU of Mace ; allem., Muskatbutler , Mus Icat mis soi.
Cette drogue parvient en Angleterre, surtout par la voie de Singapore, en .blocs oblongs, rectangulaires, ayant environ 25 centimètres de long sur 6 centimètres de large, enveloppés dans une natte en feuilles de palmier. C’est une substance solide, onctueuse, de couleur brun orange, plus ou moins foncée, et d’aspect marbré. Son odeur est trèsagréable, son goût est gras et aromatique. En opérant sur 2 livres de noix muscades, d’abord pulvérisées, puis chauffées à l’étuve, et pressées encore chaudes, nous obtînmes 9 onces d’huile solide, c’est-à-dire 28 pour 100. Cette huile ne différait, ni par la coloration, ni par l’odeur et la consistance, de celle qui est importée ; elle fond à 45° C. environ, et se dissout parfaitement dans deux parties d’éther chaud, et dans quatre parties d’alcool chaud à 0,800.
Le Beurre de Muscade contient l’huile volatile, déjà décrite, dans la proportion de 6 pour 100 environ, indépendamment de plusieurs autres corps gras. Un de ces derniers, nommé Myristine, C45H8606, peut être retiré à l’aide de la benzine, ou par dissolution dans l’éther de la partie du Beurre de Muscade qui est insoluble dans l’alcool froid. Les
(1) Consulat' Reports, août 1873, 932-9S3.
(2) H lue Book for the Colon;/ of the Straits Settlements for 1871, Singapore, 1872.
cristaux de Myristine fondent, d’après Playfair (1841), à 31° G. Par saponification, ils fournissent de la glycérine et de Y acide Myristique,
QUtl2802 ce dernier fusible à 53°, 8 G.
La myristine existe aussi dans le blanc do baleine et, d'après Mulüer, en petite quantité, dans les huiles fixes de Lin et de graines de Pavot. Les noix muscades contiennent, d'après Comar (1859), 10 à 13 pour 100
de myristine. .
La partie du Beurre de Muscade, qui est la plus soluble dans 1 alcool
et la benzine, contient un autre corps gras, qui n’a pas encore etc étudié. Il est accompagné d’une matière colorante rouge.
la) Les Muscadiers ( Myristica L., Généra , n. 1399) constituent seuls la petite famille des Myristicacées. Leurs fleurs sont régulières et dioïques, avec un réceptacle convexe. Les fleurs mâles sont composées d’un périanthe simple et d’un androcée à étamines en nombre variable, monadelphes. Les fleurs femelles ont également un périantbe simple, et un ovaire uniloculaire contenant un seul ovule anatrope, ascendant. Le fruit est charnu, déhiscent et monosperme. La graine est arillee.
Le Myristica fragrans Houttuyn (Hist. jiaL,H,P.HT,
233) est un arbre à feuilles alternes, simples, entières, pétiolées, dépourvues de stipules. Le tronc s élève â 6 ou 8 mètres de haut; il est recouvert d’une écorce d’un brun grisâtre, assez lisse, riche en suc jaunâtre. Les feuilles sont longues de 8 à 15 centimètres, oblongueselliptiques, obtuses à la base, acuminôes, glabres, colorées en vert foncé et luisantes sur la lace supérieuie, beaucoup plus pâles en dessous. Les fleurs sont disposées en cymes pauciflores, axillaires ou entraînées un peu au-dessus de l’aisselle de la feuille mère, pédonculées. Le pédoncule principal et les pédicelles sont glabres. Chaque pédicelle est situé à l’aisselle d’une bractée caduque, et porte près de la fleur une autre bractée également caduque, alterne avec les deux divisions antérieures du périanthe.
La fleur mâle offre un calice gamosépale charnu, divisé en trois dents très-courtes, valvaires dans la préfloraison. En dedans de ce périanthe simple, le réceptacle se soulève en une colonne cylindrique un peu renflée â la base, et portant une vingtaine d’anthères linéaires, adhérentes par toute l’é- - ‘ Myristica fragrans.
tendue de leur face interne à la colonne centrale, formées chacune d’une seule loge(?) extrorse, déhiscente par une
fente longitudinale.
Fig. 200. Myristica fragrans, Extréra. d'un rameau fleuri.
Fig. 201. Flour mùle, coupée vertie.
Fig. 202. Fleur Ternelle, coupée vertio.
222 MYRIST1CACÉES.
Dans la fleur femelle le périanthe est également gamosépale, charnu, velu en dehors, et divisé dans le haut en trois dents courtes, valvaires, réfléchies au moment de l’nnthèse, et un peu plus longues que celles du calice de la fleur mâle. Il n’existe aucune trace d’organes mâles. Au centre de la fleur, s’insère un ovaire supèrc, uniloculaire, atténué dans le haut en un cône court et arrondi au sommet. La face placentaire de l’ovaire est parcourue par un sillon longitudinal, dont les deux lèvres sont couvertes dans le haut de papilles stigmatiques, et se renversent en dehors.
Toute la face externe de l’ovaire est velue comme le périanthe. Dans la loge unique, se trouve inséré, sur un placenta â peu près basilaire, un seul ovule anatrope, à peu près dressé, â micropyle dirigé en bas et du côté opposé au sillon qui parcourt l’ovaire. Le fruit estime baie charnue, ordinairement pyriforme, déhiscente, en deux valves par une fente longitudinale qui parcourt ses deux faces. La graine unique qu’elle renferme est ascendante, à téguments très-résistants, â albumen ruminé. L’arille qui l’enveloppe est lacinié, il naît à la fois autour du micropyle et du hile, exemple excellent signalé par M. Bâillon, de l’erreur dans laquelle tombent les botanistes qui prétendent réserver le nom (Varille aux productions du hile, et donnent celui d’aritlode aux productions du micropyle ; ici en effet l’arille est à la fois hilaire etmicropylaire(voy. l’article Arille, du Dictionnaire de Botanique de H. Bâillon). [Ttiad.]