MACIS
Angl., Mace ; allem., Macis, MuskatbliXthe.
Origine botanique. — Myristica fragrans Houttuyn, voy. page 221, note a. La graine, qui, privée de son tégument dur, est connue sous le nom de noix muscade, est enfermée, à l’état frais, dans une enveloppe extérieure charnue, assez semblable à l’involucre d’une noisette. Cet organe est uni, au niveau de la base de l’enveloppe ligneuse, avec le micropyle, le hile, et la portion contiguë du raphé, dont il constitue une expansion. On lui a donné le nom d 'arille (1). Lorsqu’il est séparé et sec, il constitue le Macis du commerce. A l’état frais, il est charnu, et d’une belle coloration cramoisie ; il enveloppe complètement la graine au niveau de sa base, et se divise, plus haut, en lobes larges et aplatis, ramifiés en lanières étroites qui convergent les unes vers les autres, au niveau du sommet de la graine.
Historique. — Voyez l’article précédent.
Description. — On sépare le Macis de la graine avec les doigts, et on le fait sécher au soleil. Il perd, en se desséchant, sa belle coloration rouge, et prend une couleur brun orange. Son aspect est lustré, graisseux; lorsqu’on le presse avec l’ongle, il en exsude de l'huile; il est court, cassant et translucide. Dans l’eau, il se gonfle beaucoup. L’arille
(1) Sur la nature et l’origine de ces organes voir H. Bâillon, Hist. des plantes, II, 499; Adansonia ; Diction, de Botan., art. Arille.
entier, comprimé et froissé par 1 emballage, ci 4 centimcties do long environ,'et une épaisseur générale de 1 millimètre ou même 2 millimètres à la base. Son odeur est agréable, aromatique, assez semblable à celle de la muscade ; sa saveur est piquante, épicée, un peu âcre.
structure microscopique. — Son parenchyme est unifoime, compose de petites cellules anguleuses, au milieu desquelles sont dispersées de nombreuses cellules à huile, brunes, plus grandes. La portion interne du tissu contient aussi de minces faisceaux fibro-vasculaires bruns. Les cellules de l’épiderme de chaque face sont incolores, étendues longitudinalement, munies de parois épaisses, et recouvertes d’une cuticule épaisse qu’on peut enlever en bandes continùes. Le parenchyme est rempli de petits granules, qui sont colorés en rouge par le réactif de Millon (solution de nitrate de mercure), en orange -par l’iode, et sont par conséquent constitués par une matière albuminoïde. L amidon manque complètement.
Composition chimique. — La nature des principes constituants chimiques du Macis peut être déduite des expériences suivantes, faites par l’un de nous : 17 grammes de Macis finement pulvérisé furent épuisés entièrement par de l’éther bouillant, qu’on abandonna à l’évaporation. Ils laissèrent 5e, 57 de résidu, qui, après dessiccation à 100° G., se réduisirent à 4e,17. La différence, 16,40, répond à l’huile essentielle, dont il existait par conséquent 8,2 pour 100. Le résidu, s’élevant à 24,5 pour 100, était un baume assez épais, aromatique, dans lequel il nous fut impossible (de découvrir la présence de la graisse ; il était formé de résine et d’huile essentielle à demi résinifiée. L’alcool enleva 1,4 pour 100 d’un sucre incristallisable qui réduisait l’oxyde cuprique. -La drogue, ainsi traitée par l’éther et l’alcool, n’abandonna presque rien à l’eau froide ; mais l’eau bouillante en retira 1 ,8 pour 100 de mucilage qui se colorait en bleu sous l’influence de l’iode, ou en violet rougeâtre, lorsqu’il avait ôté préalablement desséché. Cette substance n’est pas soluble dans une solution ammoniacale d’oxyde cuprique; elle paraît être plutôt un corps intermédiaire entre le mucilage et l’amidon (1). On voit que la composition du Macis est très-différente de celle de la noix muscade.
L’huile volatile, que plusieurs observateurs ont obtenue dans la proportion de 7 à 9 pour 100 (2), est un liquide incolore, odorant, qui,
(1) Voyez mon mémoire : Ueber Stdrke und Cellulose , in Archiv der Pharm., 196, 1871, 31. [P. A. F.]
(2) Dans une expérience récente (1868), faite dans le laboratoire de MM. IIerring et Ce de Londres, 32 livres de macis donnèrent 23 onces d’huile volatile, cest-ïi-dire 0 un quart pour 100.
LAURACÉES.
d’après nos observations, dévie la lumière polarisée de 18°, B à droite, en colonne de 200 millimètres de long. La partie la plus importante consiste, d’après Schacht (1862), en J In cène, Cl0H16, hydrocarbone bouillant à 160° G., distinct de l'essence de térébenthine en ce qu'il ne forme pas un hydrate cristallin lorsqu’on le mélange avec de l’alcool et de l’acide nitrique. Koller (1865) dit que le macène est identique avec l’hydrocarbone de l’huile essentielle de la noix muscade (Myristicène) ; cependant, ce dernier passe, d’après Gloëz, pour ne pas fournir de composé solide lorsqu’on le traite par le gaz chlorhydrique. Le macène, d’autre part, donne des cristaux de G,0H16HG1. L’essence brute de Macis contient, comme celle de la noix muscade, une partie oxygénée, dont les propriétés restent à étudier.
Commerce. — Le Macis paraît être produit en grande partie par les îles Banda. En 1871, il en fut expédié de Java 2 101 pêculs, et de Padang, port de Sumatra, sans compter les embarquements pour Java, 457 péculs (I). Cette épice est expédiée surtout eu Hollande, à Singapore et aux Etats-Unis.
Usages. — Le Macis n’est que rarement employé en médecine. On le consomme surtout comme condiment.
LAURACÉES