‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 45 sur 124 · AUTRES PRODUITS DU CANNELLIER · texte numérisé non relu

AUTRES PRODUITS DU CANNELLIER

Huile essentielle de feuilles de Cannellier [Oleum Cinnamomi foliorum).

— C'est une huile essentielle brune, visqueuse, à odeur de clou de girofle, exportée parfois de Geylan. Elle a été examinée par Stenhouse, en 1834. Il a trouvé que son poids spécifique est 1,053, et qu’elle est composée par un mélange d 'Eugenol (voyez t. I, p. 503), et d’un hydrocarbone neutre, ayant pour formule G10H16. Elle contient aussi une petite quantité d’acide benzoïque.

Huile essentielle de Racine de Cannellier [Oleum C mnaxnonil Radias) .

— C’est un liquide jaune, plus léger que l’eau, à odeur de camphre et de Cannelle mélangée, et à saveur camphrée, forte. Cette huile, et celle de la feuille, furent décrites par Kâmpfer, en 1712, etparSeba, en 1731 (1), et peut-être même par Garcia d’Orta, dès 1563. On peut aussi retirer de la racine un camphre solide.

Les anciens écrivains signalent encore une eau distillée des fleurs, et une huile grasse exprimée des fruits, qui nous, sont inconnus.

0) Phil. tram., 1731, XXXVI, 107.

LAURÀCÉES.

(a) Los Cinnamomum Burmann ( Flor . zeyl., 02) constituent lo type d'une série de Lauvacées à fleurs ordinairement hermaphrodites, pourvues de quatre verticilles d’étamines dissemblables, d’un fruit supère, non enclos dans le réceptacle, de feuilles persistantes, et de bourgeons à écailles incomplètes.

Le Canncllier ( Cinnamomum zeylanicum Breyn, in Eph. nat. cur., dec. 1, ann. 4, 130 ; — Cassia cinnamomea Herm., ; Cassia lignea Herm. ; Laurus Cinnamomum L.; Laurus Cassia Burm. ; Laurus Malabathrum Wall. ; l’ersea Cinnamomum Spreng.) est un arbre à ramifications décussées, à feuilles opposées, pétiolées, sans stipules, ovales ou ovales-oblongues, longues de 10 à 13 centimètres,

Fig. 203.

Cinnamomum zeylanicum.

larges de 4 à H centimètres, coriaces, lisses et luisantes, d’un vert brillant en dessus, glauque en dessous. Le limbe est entier sur les bords, et muni de trois nervures longitudinales, une médiane et deux latérales, situées près des bords. De ces nervures principales, partent un grand nombre de fines nervures secondaires anastomosées, pennées et presque transversales. Entre les plus importantes de ces nervures le limbe est parfois un peu bombé sur la face supérieure. Il existe parfois cinq nervures principales au lieu de trois. Les fleurs sont disposées en grappes terminales ramifiées de cvmes bipares. Les ramifications des grappes sont opposées et décussées comme celles de la tige. Chaque fleur est située dans 1 aisselle d une bractée; elle est pédicellée, et son pédicelle porte deux bractéoles latérales, opposées, fertiles.

Fig. 204.

Fleur de Cinnamomum seylanicutn, coupée verticalement.

Les fleurs sont petites et jaunes, hermaphrodites, régulières, à réceptacle creusé en cupule,' portant sur ses bords le périanthe et l’androcée, et dans le fond un ovaire libre. La face externe du réceptacle est velue comme lo pédoncule. Le périanthe est formé de deux verticilles trimères. Le verticille extérieur, qui représente le calice, est formé de trois folioles libres, égales, colorées, vulvaires dans la préfloraison, épaisses, couvertes de poils sur les deux faces. Le verticille interne ou corolle est formé de trois pétales alternes avec les sépales, également épais, velus et colorés, également valvaires dans le bouton.

Considérées autrefois comme formant un deuxième calice intérieur au premier, ces trois folioles doivent être regardées, ainsi que l’a fait remarquer Payer, comme, des pétales ; elles apparaissent en effet toutes les trois à la fois, ce qui est le caractère des pétales, tandis que les trois pièces du verticille externe se comportent comme des sépales en ce qu’elles naissent l’une après l’autre.

L’androcée est formé de quatre verticilles également trimères. Le premier est constitué par trois étamines alternes avec les pétales, indépendantes, formées chacune d’un filet aplati, dilaté en haut eu un connectif comprimé, qui porte sur sa face interne quatre logettes superposées deux à deux de chaque côté de la ligne médiane, et déhiscentes chacune par un petit panneau qui se relève pour permettre l’issue du pollen. Le deuxième verticille est formé de trois étamines alternes avec les premières, plus courtes, mais organisées de la même façon et également introrses. Les trois étamines du troisième verticille alternent avec celles du deuxième ; leurs filets sont munis chacun, au-dessus de la hase, de deux grosses glandes latérales stipitées, et leurs anthères, également à quatre logettes, sont extrorses. Le quatrième verticille est formé de trois staminodes courts, alternes avec les pièces du troisième verticille, formées d’un filet aplati et d’une tète aplatie, cordiforme, stérile. Le gynécée est constitué par un seul carpelle formant un ovaire uniloculaire, inséré sur le fond du réceptacle, libre, surmonté d’un style un peu excentrique, dilaté au sommet en une tète stigmatique, et parcouru sur sa face ventrale par un sillon longitudinal. La loge ovarienne offre un placenta pariétal superposé à • " Fig. 203.

l’un des pétales, et donnant insertion, près de son Ecorce de Cannelle de Ceylan, sommet, à un seul ovule anatrope suspendu, à. mi- Coupe transversale,

cropvle dirigé en haut et du côté du placenta. Le fruit est une baie, à parois minces, peu charnues, se desséchant de bonne heure, accompagnée à la base par le réceptacle et le périanthe persistants, et contenant une graine suspendue qui renferme sous ses téguments un gros embryon sans albumen, à cotylédons charnus, planconvexes, et à radicule rectiligne, courte, supère, cachée par les cotylédons, qui

238 LAURACÉES.

sont munis chacun d’une demi-gaine entourant la radicule et se prolongeant au-delà de son sommet. [Trad.]

(6) Ainsi que le montre la figure 201», l’écorce de Cannelle de Ceylan offre de dehors en dedans : iu une couche de suber a produite par un phellogène d’origine corticale, qui a donné naissance il la fois au liège a en dehors, et au parenchyme cortical secondaire b. La couche a est en voie de séparation de la couche sous-jacente constituée par du liège plus jeune. Elle entraîne avec elle, en tombant, le tissu cortical extérieur à elle ; ce tissu est déjà en grande partie détaché, mais il en reste à gauche une portion représentée par des cellules sclérenchymateuses dont nous verrons le siège plus bas; 2° la couche 6 formée par le phellogène, dont nous venons de parler, est constituée par des cellules allongées tangentiellement, sans méats à parois minces, blanchâtres. Certaines de ces cellules sont très-dilatées et remplies d’huile, les autres sont riches en grains d’amidon ; 3° en dedans de la couche b, est une zone c de cellules sclérenchymateuses, très-grandes, irrégulières, à parois jaunâtres et criblées de ponctuations ramifiées ; 4° la couche d, située audessous et qui fait partie, comme les deux précédentes, du parenchyme cortical secondaire, est formée des mêmes cellules que la couche 6. C’est dans cette couche que se formera plus tard une zone de phellogène, destinée à produire, en dehors, duliége qui déterminera la mortification et la chute de toutes les parties extérieures, et en dedans un nouveau parenchyme cortical ; 5° la couche libérienne e, qui constitue la partie interne de l’écorce, est formée de faisceaux séparés les uns des autres par des rayons médullaires assez larges, à trois ou quatre rangées radiales de cellules rectangulaires. Chaque faisceau est formé, en majeure partie, de parenchyme libérien et de libres molles, au milieu desquels sont dispersées un assez grand nombre de fibres libériennes, fusiformes, lignifiées, à parois épaisses, blanches, se colorant en bleu dans la solution acétique d’aniline, et limitant une cavité linéaire. Le nombre de ces éléments lignifiés est assez considérable, ils sont épars ou disposés en rangées radiales plus ou moins régulières. Dans le liber, sont répandues, comme dans l’écorce, de nombreuses et larges cellules à huile.

Page 1