‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 46 sur 124 · ÉCORCE DE CASSIA LIGNEA · texte numérisé non relu

ÉCORCE DE CASSIA LIGNEA

Angl., Cassia Bark.

Origine botanique. — La drogue, désignée dans le commerce sous le nom de Cassia lignea, est produite par plusieurs espèces de Cinnamomurn des parties chaudes de l’Asie, à l’est de l’Inde. Ces arbres sont très-différents les uns des autres par le feuillage, l’inflorescence et les propriétés aromatiques ; la distinction de plusieurs des espèces, établie par des ouvrages môme récents, est encore incertaine.

L’écorce qui porte par excellence le nom de Cassia ou Cassia iignea, et qu’on distingue sur le continent sous le nom de Cannelle de Chine , est un produit des provinces de Kwangsi et de Kweichau, dans le sud de la Chine. L’expédition française du lieutenant Garnier, pour l’exploration du Mékong et delà Cochinchine (1806-68), trouva le Cassia vers le I9cde

latitude nord, dans des forêts traversées par l’un des affluents de gauche du Mékong, près de la frontière de l’empire d’Annam. Une partie de ce Gassia est transportée, par terre, en Chine, tandis qu une autre partie est dirigée vers Bangkok (1). Quoiqu’on ait l’habitude de rapporter cette écorce, sans hésitation, au Cinnamomum Cassia, nous ne nous croyons pas autorisés à admettre cette opinion. Aucun observateur compétent n’a, en effet, visité et décrit les districts de la Chine qui produisent l’écorce de Cassia, et aucun n’a rapporté des échantillons qui puissent permettre d’affirmer quelle est l’origine botanique de cette écorce (a) (2).

Le Cassia lignea est produit aussi dans les montagnes de Khasya, dans l’est du Bengale, d’où on l’apporte à Calcutta pour l’y embarquer (3). Il existe, dans cette région, trois espèces de Cinnamomum , qui croissent entre 300 et 1 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, et possèdent des écorces à odeur de Cannelle plus ou moins franche. Ce sont les Cinnamomum obtusifolium Nees, C. pauciflorum Nees, et C. Tamala Fa. Nees et Eberm.

Le Cinnamomum iners Reinw., espèce très-variable, qui habite le continent Indien, Geylan, Tavoy, Java, Sumatra et d’autres îles de l’archipel Indien, est peut-être, suivant l’opinion de Thwaites, une simple variété du C. Zeylanicum; mais, d’après Meissner, il s’en distingue bien par ses feuilles plus pâles et plus minces, sa nervation et la nature de son arôme. Cet arbre paraîtrait fournir l’écorce de Cassia ou Cannelle sauvage du sud de l’Inde (4).

Le C. Tamala Fr. Nees et Eberm., qui croît à Khasya, mais se trouve aussi dans les régions continentales du Silhet, du Sikkim, du Nepaul, de Kumaon, et même en Australie, fournit probablement une certaine partie de l’écorce de Cassia du nord de l’Inde.

De grandes quantités d’une sorte d’écorce épaisse de Cassia sont parfois importées de Singapore et de Batavia. Elles étaient produites par Sumatra. En l’absence de toute information digne de confiance sur l’origine botanique de celte écorce, nous pouvons considérer comme

(1) Tiiorel, Notes médicales du Voyage d’exploration du Mékong et de Cochinchinc , Paris, 1870, 30.

(2) Le plus grand marché chinois du Cassia et de la Cannelle est, d’après le docteur F. Porter Smith, Taiwu, dans le Ping-nan-hien (Sin-chau-fu), dans la province de Kwangsi (Mat. med. and Not. Hist. of China., 1871, 52). La capitale du Kwangsi est Kweilin-fu, c’est-à-dire forât de Cassia.

(3) IIooker, Himatayan Jovrnals, ed. 2, 1855, II, 303.

(1) Un échantillon de l’écorce de la tige du Cassia mers de Travancore, qui nous a été présenté par le docteur Waring, possède une odeur délicieuse, mais est dépourvu de la saveur propre à la cannelle.

210 LAURACÉES.

probable qu'elle vient des C. Cassia Bl. et C. Burmanni Bl., var. a, Chineuse. Ces deux plantes sont, en effet, d’après Teijsmann et Binnendijk, cultivées à Java (1). La dernière, qui croît aussi dans les Philippines, produit très-probablement l’écorce de Cassia, qui y est expédiée de Manille.

Historique. — Dans l’article précédent (p. 226), nous avons indiqué la période éloignée à laquelle l’écorce de Cassia paraît avoir été connue des Chinois, et nous avons établi les raisons qui nous permettent de croire que cette substance constituait la Cannelle des anciens. Nous devons cependant faire remarquer que Théophraste, Dioscoride, Pline, Strabon et d’autres, de même que la remarquable inscription du temple d’Apollon, à Milct, représentent la Cannelle et le Cassia comme des substances distinctes, mais très-voisines. D'autre part, cependant, l’auteur du Périple de la mer ErytJu'ée , en énumérant les produits expédiés des divers ports commerçants de l’Afrique orientale (2), au premier siècle, mentionne diverses sortes de Cassia (y.aa ta ou y.aaala), mais n’emploie jamais le mot Cannelle (vuvva^&p-ov).

Sur la liste des produits de l’Inde, qui payaient tribut à la douane romaine d’Alexandrie, vers 176-180, le Cinnamomum est mentionné, ainsi que le Cassia turiana , 1 e Xylocassia et le Xylocinnamomum (3). Nous ne pouvons donner aucune explication de la distinction établie là entre le Cinnamomum et le Cassia, mais il est important de noter que l’on vend, chez les droguistes chinois, des rameaux d’un Cinnamomum qu’il n’est pas improbable de considérer comme les Xylocassia et Xylocinnamomum des anciens (4). Le nom de Cassia liynea semble avoir été d’abord appliqué à quelque substance de ce genre plutôt qu’à la simple écorce que nous nommons ainsi aujourd’hui. Cette épice était aussi, sans aucun doute, nommée Cassia syrinx et Cassia fistularis (t. I, p. 399), dénommait) Catalogus plantarum quæ in Horto Botanico Bogoriensi coluntur, Batavia, 1866, 92.

(2) Vincent, Commerce and Navigation of the Ancients in the Indian Océan, 1807, II, 130, 134, 149,150, 157. — Nous ne devons pas être surpris de ce que les anciens aient confondu les différentes sortes de Cassia, car les botanistes, pharmacologistes et épiciers modernes, ne possèdent aucun caractère permettant de distinguer les écorces de ce groupe, ou même de donner des dénominations précises à celles qui se trouvent dans nos magasins.

(3) Vincent, op cit., II, 701-716.

(4) Le grand port de Ilankow, sur le Yan-Tsc-Kiang, est un entrepôt de ces rameaux ou branches de Cannelle, dont il y a été importé, en 1874, 1925 péculs. Une quantité plus considérable de la même drogue est expédiée du port de Canton, mais également pour d’autres ports de la Chine, jamais pour l’étranger. ( Commercial Reports from II. M. Consuls , in China, 1874).

tions qui se rapportent évidemment à une écorce en forme de tube. Il peut y en avoir de plusieurs qualités, dont quelques-unes d’un prix peut-être très-élevé. Il est digne de remarque qu’il en est encore ainsi en Chine, et que les Chinois riches emploient une sorte d’écorce de Cassia, épaisse, qui coûte jusqu’à 18 dollars le cattij (près de 65 francs les 454 grammes) (I).

Il est douteux que VAromata Cassiæ, offert à l’église de Rome sous saint Sylvestre (314-335), soit notre écorce moderne de Cassia. Le présent le plus considérable, qui paraît être venu d’Egypte (2), fut de 200 livres ; il était accompagné de poivre, de safran, de styrax, de girofle et de baume. Le Cassia paraît avoir été connu dans l’Europe occidentale dès le septième siècle, car il est mentionné, avec la Cannelle, par saint Isidore, archevêque de Séville (3). Le Cassia est nommé dans un des Leech-Books (livres de médecine vétérinaire) en usage en Angleterre avant la conquête des Normands (4). Cette épice était vendue, à Londres, sous le nom de Canel , en 1264, au prix de 10 deniers la livre, le sucre valant, à la même époque, 12 d., le cumin 2 d., et le gingembre 18 d. (5). Dans le Boke of Nurtuve (6), écrit au quinzième siècle par John Russel, chambellan de Humphry , duc de Gloucester, le Cassia est désigné comme semblable à la Cannelle, mais moins cher et plus commun, exactement comme à notre époque.

Production. — Nous ignorons si l’arbre qui fournit l’écorce de Cassia du sud de la Chine (7) est cultivé, ou s’il ne se trouve qu’à l’état sauvage (8).

L écorce de Cassia de Calcutta, recueillie dans les montagnes de

(1) Nous devons de très-beaux échantillons de cette écorce, qui coûte fort cher, au docteur H.-F. Hance, vice-consul anglais à Whampoa.

(2) Vignolius, Liber Pontificalis, Romæ, 1724, I, 94, 95.

(3) Migne, Patrologiæ Cursus, 1850, LXXNII, G22. - Saint Isidore cite évidemnjent Galien, mais il fait remarquer que les deux épices étaient connues à son époque.

(4) Cockayné, Leechdoms, etc., of Early England, 1865, II, 143.

(o) Rogers, Hist. of Agriculture and Prices in England, 1866, II, 543.

(G) Ce livre a été réimprimé par l 'Early English Text Society, 1868. - Russel dit :

« Vo^ez que vos bâlons de Synamome soient minces, cassants et de couleur blonde... car a Canelle n est pas si bonne, d Dans sa formule de VHypocras, il prescrit le Syna morne pour 1 hypoeras des lordes, et la Canelle pour celui du commyn peple.

(7) D après M. Tliorel (voy. page 248, note a) cet arbre n’habite pas le sud de la Chine, mais le Laos et la Cochinchinc, entre le 170 et le 21® degré de latitude. On exporte chaque année de cette région son écorce en Chine. [Trad.]

(8) Nous sommes informés par une note insérée dans le Preussisches Handelsarchiv, 1873, 672, que l’arbre est cultivé, mais sans exiger des soins particuliers. Quand il a dix ans, on enlève l’écorce des branches, puis on laisse reposer l’arbre pendant dixautres années. [F. A. F.]

IG

242 ' LAURACÉES.

Khasya, d’où clic est apportée à Calcutta, est fournie par des arbres sauvages de petite taille.

Le docteur Ilooker, qui visita ce district en compagnie du docteur Thomson, en 1850, fait observer que le commerce de l’écorce de Cassia lignea produite par cette région est d’origine récente (1).

Cette ccorce offre une épaisseur qui varie beaucoup avec les échantillons ; elle a été dépouillée de ses couches extérieures.

Sumatra produit une grande quantité d’écorce de Cassia lignea, autant que nous pouvons en juger parce fait quePadang, port de cette île, exporta, en 1871, G 128 peculs de cette écorce, dont la majeure partie fut expédiée en Amérique (2). Nous ne savons pas qu’il ait été publié des renseignements au sujet de la récolte du Cassia sur la côte de Malabar, à Java et dans les îles Philippines.

Il a été importé en Espagne, par la voie de Cadix, en 1871, 93 000 livres de Cassia lignea provenant des Philippines (3).

Description. — L’écorce de Cassia lignea de Chine, appelée aussi pnifois Cannelle de Chine, est de toutes les sortes la plus estimee, et celle qui se rapproche le plus de la Cannelle de Geylan. Elle arrive en petits paquets qui ont environ 30 centimètres de long, et pèsent 1 livre (454 grammes environ). Les morceaux d écorce sont réunis les uns aux autres en nombre variable, suivant leur épaisseur et leur diamètre, et maintenus au moyen de liens faits avec des bandes de bambou.

Cette écorce a l’aspect général de la Cannelle, mais elle est en tubes simples, non emboîtés les uns dans les autres. Les tubes sont moins droits, moins réguliers, et colorés en brun plus foncé ; quelques morceaux sont extrêmement minces, mais la plupart sont plus épais que les morceaux de belle cannelle ; ils sont en général beaucoup moins uniformes. La couche extérieure de l’écorce a été enlevée avec moins de soin que dans la cannelle de Geylan, et l’on trouve facilement des morceaux dont la couche subéreuse n’a pas été entamée par le couteau

du décortiqueur. ,

L’écorce de Cassia lignea offre une cassure courte. Les écorces les

plus épaisses présentent, sur une coupe transversale, une belle ligne

blanche centrale parallèle à la suiface. t

Le bon Cassia ressemble, par la saveur, à la cannelle ; .1 n est ni

(1) Hooker, op. cit.

(2) Consular Reports, août 1873, 953.

(3) Consul Reade, Report on thc Trade, elc., désignée sous le nom de Çinncwioi i .

of Cadiz for 1871 . Cette épice y est

moins doux, ni moins aromatique, quoiqu’on décrive souvent son odeur comme moins fine etmoins délicate.

On a récemment (1870) importé de Chine une sorte peu habituelle de Cassia, qui a été offerte sur le marché de Londres sous le nom de China Cinnamon (Cannelle de Chine) (1), quoique ce ne soit pas Je nom que l’écorce porte dans le commerce continental.

Cette nouvelle drogue est en morceaux non raclés qui ont, presquetous, à peu près la grosseur ordinaire de l’écorce de Cassia lignea de Chine. Elle possède une saveur très-sucrée et un arôme piquant de cannelle.

Les sortes les moins estimées d’écorces de Cassia, qui depuis ces ùernières années ont été apportées en grande quantité sur le marché, sont connues dans le commerce sous les noms de Cassia lignea, Cassia vera ou Cassia sauvage, et sont distinguées les unes des autres par les noms des localités d’où elles sont expédiées, Calcutta, Java, Timor, etc.

Les écorces qu’on se procure ainsi varient beaucoup par la couleur, l’épaisseur et l’arome, au point qu'il serait inutile d’essayer de les classer. Quelques-unes ont une coloration de cannelle pâle, mais la plupart sont colorées en brun plus foncé. Elles présentent toutes les variations d’épaisseur depuis celle du carton jusqu’à celle d’un demicentimètre et plus. Leur parfum ressemble plus ou moins à celui de la cannelle, mais est parfois mélangé d’une odeur désagréable de punaise. Quelques-unes, tout en étant aromatiques, sont très-mucilagineuses, et abandonnent facilement leur mucilage à l’eau froide.

Enfin nous avons trouvé des écorces épaisses de Cassia, de bonne apparence, qui se distinguent par leur astringence et une absence presque complète d’arome (2).

Structure microscopique. - Sur une section transversale, les morceaux de Cassia lignea de Chine, encore munis de leur enveloppe subéreuse, offrent les caractères suivants : La surface externe est formée de plusieurs couches de cellules subéreuses ordinaires, remplies d’une matière colorante brune.

Sui les échantillons dont le liège a été complètement enlevé, la surlace extéiicuie est formée par l’écorce moyenne ( mesophlœum ), mais la plus grande partie de 1 écorce est formée par le liber ou endophlœum.

(1) MM. Dalton ctVoung, de Londres, nous ont obligeamment donné un échan-

* 011 e ce^c écorce. Voyez aussi Flückiger, in J ahresbericht de Wiggers et TIusemann, 1872, 32.

(2) G est une écorce de cette sorte que Guibourt (Hist. des Drogues, 1849 II 380) considérait comme le véritable Cassia lignea, et à laquelle il réservait exclusivement

2H LAÜRACÉES.

Des fibres libériennes isolées, et des cellules à parois épaisses (cellules pierreuses) sont répandues même dans les couches extérieures. Dans 1a. zone moyenne, sont de nombreux éléments sclcrenchymateux, qui cependant ne forment pas, comme dans la cannelle de Ceylan, une couche continue. La partie interne du liber offre la structure caractéristique de la cannelle avec des différences dues à l’âge, comme par exemple un plus grand développement des rayons médullaires. Des cellules à huile, et des conduits à gomme, sont aussi distribués dans le parenchyme de ces derniers.

La Cannelle de Chine de 1870 (p. 243) ressemble encore davantage à la cannelle de Ceylan, sauf en ce qu’elle est revêtue de son suber. Une coupe transversale d’un tube, n’ayant pas plus d’un millimètre d’épaisseur, offre les trois couches décrites comme caractéristiques de cette écorce. La zone sclérenchymateuse est recouverte par un parenchyme riche en canaux huileux, de sorte qu il est manifeste que 1 odeur de la drogue ne pourrait pas être supprimée par le raclage. La couche subéreuse est constituée par les cellules tabulaires habituelles. Le liber ressemble à celui de la cannelle de Ceylan.

Dans les écorces de Cassia d'épaisseur considérable on trouve la même disposition des tissus, mais leur développement considérable entraîne une certaine dissemblance. Ainsi, les cellules à parois épaisses sont plus ou moins séparées les unes des autres, au point de former de petits groupes isolés. Le même phénomène se produit dans le liber, dont les fibres sont, dans les écorces épaisses, entourées d’un parenchyme rempli

de cristaux volumineux d’oxalate de calcium.

Les cellules gommeuses ne sont pas plus larges, mais elles sont plus nombreuses dans ces écorces, qui se gonflent beaucoup plus dans l’eau froide que la canelle de Ceylan.

Composition chimique. — L’écorce de Cassia doit ses propriétés aromatiques à une huile essentielle qui est expédiée de Canton en grande quantité. Au point de vue chimique, on ne peut pas indiquer de différence entre cette essence et celle de la cannelle de Ceylan. Le parfum de l’essence de Cassia est un peu moins agréable, et tel qu on le trou ve dans les sortes les moins estimées de Cassia, il est manifestement moins délicat que celui de l’essence de cannelle. Nous avons trouvé comme poids spécifique de l’huile essentielle de Cassia de Chine, 1 066. Son pouvoir rotatoire, en colonne de 50 millimètres de long, est seulement de o°l à droite. L’huile essentielle de Cassia diffère donc, a cet egard, de celle que produit la cannelle de Ceylan.

L’huile de Cassia laisse parfois déposer un stéaroptène qui, purifié, est incolore, inodore, et cristallise en prismes brillants et cassants. Nous n’avons jamais trouve cette subslancc, qui aete examinée, en 1850, par Rochleder et Schwarz (1).

Lorsqu’on humecte des tranches minces de Cassia avec une solution diluée de perchlorure de fer, le contenu de toutes les cellules parenchymateuses prend une belle couleur brune. Dans les couches extérieures, les granules d’amidon eux-mêmes se colorent. Le tannin est par conséquent l’un des principaux constituants de cette écorce ; les parois cellulaires elles-mêmes en sont imprégnées. Les persels de fer colorent en vert noirâtre la décoction de l’écorce.

Lorsqu’on épuise l’écorce de Cassia (ou la cannelle de Geylan) avec de l’eau froide , le liquide, qui est clair, se trtmble sous l’influence de l'iode et d’une solution concentrée d’iodure de potassium. Un précipité abondant se produit lorsqu’on ajoute une dissolution d’iode dans un sel de potassium. La couleur de l’iode disparaît alors. Il existe donc une substance qui s’unit à l’iode ; et en fait, lorsqu’oil ajoute à une décoction de Cassia ou de cannelle la solution d’iode dont nous venons de parler, la décoction prend une coloration d’un bleu brillant due à l’amidon. Cependant, cette coloration disparaît bientôt, et ne devient permanente qu’après qu’on a ajouté une grande quantité du réactif. Nous ne nous sommes pas assurés de la nature de la substance qui modifie ainsi l’action de l’iode ; ce pourrait être du tannin, car nous avons vu que la réaction était la même lorsque nous faisions usage d’écorce préalablement traitée, à plusieurs reprises, par l’alcool, et ensuite, plusieurs fois, par l’éther bouillant.

Le mucilage contenu dans les cellules gommeuses des écorces minces de Cassia se dissout facilement dans l’eau froide, et peut être précipité par le tannin et par l’acétate neutre de plomb, mais non par l’alcool. Dans les écorces plus épaisses, il paraît moins soluble, et se gonfle seulement en une gelée visqueuse.

Commerce. — Le Cassia lignea est exporté de Canton en quantités considérables et toujours croissantes. Les chargements s’élevèrent, en 1864, à 13800 péculs ; en 1869 (2), ils atteignirent 40600 péculs; en 1871, 61 220 péculs, et en 1872 (3), 76464 péculs, valant 267703 livres

(1) Chemistry, de Gmelin, XVII, 395.

(2) Canton Trade Report for 1869.

(3) Commercial Reporte from II. M. Consuls in China, présentés au parlement en 1873 (Consul Robertson).

LAQRACÉES.

sterling. Une très-grande partie du Cassia lignea importé en Angleterre est réexpédiée vers d’autres pays.

La quantité de Cassia expédiée du sud de la Chine vers le Royaume- Uni, s’éleva, en 1869, à 47 517 livres ; en 1870, à 28 389 livres (1).

Usages. — Us sont les mêmes que ceux de la cannelle deCeylan.

Page 1