‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 51 sur 124 · FIGUES · texte numérisé non relu

FIGUES

Caricæ, Fructus Caricæ, Fici; angl., Figs; allem., Feigen.

Origine botanique. — Ficus Carica L. G’est un arbre de 4 à 6 mètres de haut, avec de larges feuilles rugueuses qui forment une magnifique masse de feuillage (a).

L’aire primitive du Figuier s’étend depuis les steppes de l’est de l’Oural, le long de la côte sud et sud-est de la mer Caspienne (Ghilan, Mazanderan et le Caucase), à travers le Kurdistan, jusqu’à l’Asie Mineure et la Syrie. Dans ces pays, le Figuier s’élève sur les montagnes. Il croît, sans aucun doute à l’état sauvage, dans le Taurus, à une altitude de 4800 mètres (1).

Le Figuier est fréquemment mentionné dans les Ecritures, où il représente souvent, avec le vin, le symbole de la paix et de l’abondance. Ni le Figuier, ni le vin, n’étaient connus en Grèce, dans l’Archipel, et sur les côtes voisines de l’Asie Mineure, à l’époque d’Homère, mais les deux étaient devenus communs du temps de Platon. Le Figuier fut à

^ (1) Ritter, Erdkunde von Asien, 1844, VII, 2, 544. —Il faut beaucoup étendre, d’après Brandis, Forest Flotta of N.-W. and C. India, 418, l’aire primitive du Figuier. Cet auteur le suppose indigène dans les districts nord-ouest de ITIimalaya, par exemple dans celui de Khagan, au nord-est de Pcshawar. [F. A. F.]

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une très-ancienne date introduit en Italie, d’où il gagna l’Espagne et la Gaule. Charlemagne, en 81 2, ordonna sa culture dans le centre de l’Europe. 11 fut apporté en Angleterre sous le règne de Henri VIII, par le cardinal Pôle, et les arbres plantés par lui existent encore dans le jardin de Lambcth Palace ; mais il avait certainement été cultivé à une époque beaucoup plus reculée, car l’historien Mattliew Paris rapporte (1) que l’année 1257 fut si inclémente que les poires et pommes devinrent très-rares en Angleterre, et que les /lys, les cerises et les pommes ne purent pas mûrir.

Aujourd hui, le Figuier existe, à l’état de culture, dans la plupart des régions tempérées des deux mondes. Son fruit ne peut arriver à maturité que dans les pays où l’été et l’automne sont très-chauds et secs-

Historique. — Les figues constituaient pour les anciens Hébreux (2) et les Grecs un article important d’alimentation ; elles jouent aujourd’hui le même rôle dans toutes les contrées chaudes qui bordent la Méditerranée (3). A l’époque de Pline, on en cultivait plusieurs variétés. Le mot latin C aviva fut d’abord employé pour désigner la figue sèche de Caria, petit district de l’Asie Mineure, situé en face de Rhodes; cette variété estimée de figues correspond à la figue de Smyrne de notre époque.

Dans le diplôme délivré par Chilpéric II, roi des Francs, au monastère de Corbie, en 716, il est fait mention de « Karigas » , ainsi que de dattes, d’amandes et d’olives ; nous pensons que le terme Karigas désignait les figues ( caricæ ) (4). Les figues sèches constituaient, au moyen âge, un article de commerce régulier entre le sud et le nord de l’Europe. En Angleterre, leur prix moyen, entre 1264 et 1398, était d'environ 1 3/4 denier la livre, les raisins et les groseilles coûtant 2 3/4 deniers (5).

Description. — La figue est formée d’un réceptacle commun, charnu, en forme de poire, portant sur sa face interne un grand nombre de fruits très-petits, et muni à son extrémité supérieure d’un orifice.

11 est d'abord vert, rugueux et coriace, et laisse exsuder, quand on le

(1) English History , ed. de Bolm, J 854, III, 255.

(2) Voyez particulièrement i I Sam., XXV, 18 et 1 Ohro7l. , xii, 40, ou nous lisons qUe de grands achats de figues furent faits pour l’usage des combattants.

(3) Sur la côte de Gènes, les figues sèches, mangées avec du pain, constituent, pendant l’hiver, la nourriture habituelle des paysans.

(4) Pardessus, Diplomata, Charlæ, etc., 1849, II, 309.

(5) Rogers, llist. of Agriculture and Priées in England, 1866, I, 632.

fend, un suc laiteux, âcre. Son orifice est entouré et presque fermé par des écailles cliarnucs, eu dedans desquelles sont situées les lleuis males, qui manquent souvent ou ne sont que peu développées. Les Heurs femelles tapissent plus bas la face interne du réceptacle, et sont très-pressées les unes contre les autres ; elles sont pédonculées, munies d’un périanthe à cinq divisions ; un stigmate bipartite surmonte un ovaire généralement uniloculaire. Ce dernier devient un fruit sec, petit, dur, indéhiscent ; il est considéré vulgairement comme une graine. A mesure que la figue avance vers la maturité, le 'réceptacle s’agrandit, il devient plus mou, plus succulent, et un liquide saccharin remplace son suc laiteux, âcre.

Il acquiert en dedans une coloration rougeâtre, tandis qu’à l’extérieur il devient pourpre, brun ou jaunâtre ; dans quelques variétés cependant il reste vert. La figue fraîche possède une saveur agréable et très-sucrée, mais elle est peu riche en suc, et elle est dépourvue de l’acidité rafraîchissante que possèdent la plupart des autres fruits.

Lorsqu’on ne cueille pas la figue, son pédoncule perd peu à peu sa rigidité, le fruit pend à la branche, il se ride, devient de plus en plus sucré par suite delà perte de son eau, et enfin, si le climat estfavorable, il prend les caractères de la figue sèche. On ne laisse cependant pas les figues sécher sur l’arbre ; on les cueille, et on les expose au soleil et à l’air sur des claies, jusqu’à ce qu’elles soient sèches.

Les figues sèches sont désignées par les vendeurs sous les noms de naturelles et pressées. Les premières n’ont pas été comprimées dans l’emballage, et offrent même leur forme primitive (I). Les secondes, après avoir été séchées, ont été ramollies par malaxation, et, dans cet état, emballées avec pression dans des caisses et des boîtes.

Les figues de Smyrne, qui sont les plus estimées, appartiennent à cette dernière variété. Elles ont une forme aplatie, irrégulière; elles sont molles, translucides, couvertes d’une efflorescence saccharine; elles ont une odeur de fruits et une saveur sucrée agréables. Les figues de qualité inférieure, celles qu'on nomme, sur le marché, figues de Grèce , différent

(1) Le n±ôt Eleme, appliqué, dans les drogueries de Londres, aux figues sèches de qualité supérieure, « Eleme Figs d, dérive probablement du turc ellémé, qui signifie choisi à la main.

Fig. 212. Figue coupée verticalement.

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C*R‘S ^'B'ues dites de Smyrne par leur petite taille et par la quantité moins considérable de leur pulpe.

structure microscopique. — La couche extérieure de la figue sèche est formée de cellules petites, à parois épaisses, très-pressées les unes contre les autres, de façon à former une sorte de tégument. Le parenchyme interne est lâche; il est constitué par de grandes cellules à parois minces, et traversé par des faisceaux fibro-vasculaircs et des laticifères larges, peu ramifiés. Ces derniers contiennent une substance granuleuse insoluble dans 1 eau. Dans le parenchyme, on trouve des cristaux étoilés d’oxalate de calcium peu nombreux.

Composition chimique. — Les changements chimiques qui se produisent dans la figue en voie de maturation sont importants, mais il n’a pas été fait de recherches dans le but do les déterminer. La substance chimique principale du fruit mûr est le sucre de raisin, qui constitue 60 à /O pour 100 du fruit sec. La gomme et les corps gras ne paraissent exister qu en très-petite quantité. Nous avons trouvé dans le fruit vert de l’amidon.

Production et Commerce. - La quantité de figues sèches, importées dans le Royaume-Uni en 1872, s’éleva à 141 847 quintaux, parmi lesquels 91 721 provenant de la Turquie d’Asie, le reste du Portugal, de 1 Espagne, des diverses parties de l’Autriche et d’autres pays. La valeur totale de la quantité importée fut évaluée à 231 571 livres sterling.

Usages. — Les figues sèches sont considérées comme légèrement laxatives, et sont, à ce titre, recommandées contre la constipation habituelle. Elles entrent dans la Confectio Sennæ.

(a) Les Figuiers (Ficus T.) sont des Ulmacées de la tribu des Artocarpées, à fleurs monoïques, disposées sur la face interne d’un réceptacle profondément excavé, et muni seulement d’une étroite ouverture près de laquelle sont situées les fleurs mâles, tandis que les fleurs femelles occupent le fond de la coupe ; les fleurs mâles sont trimères, à étamines dressées dans le bouton ; les fleurs femelles sont formées d’un calice pentamère et d’un ovaire d’abord biloculaire, puis uniloculaire ; le fruit est sec et indéhiscent, monosperme.

Le Ficus Carica L. ( Species , 1 513) est un arbre à port très-variable, parfois réduit à l’état de buisson, muni de branches arrondies, cassantes, à moelle abondante ; à écorce verte ou rousse, couverte, à l’état jeune, d’un duvet laineux court et rude. Les feuilles sont alternes, cordées, à 3-5 lobes arrondis, et découpés en grosses dents de scie plus ou moins arrondies ou aiguës ; parfois les feuilles sout presque entières; leur face supérieure est colorée en vert foncé et très-rugueuse ; leur face inférieure est couverte d’un duvet grossier. Le pétiole est long, cylindrique, et émet à son extrémité cinq nervures palmées destinées à chacun des lobes, et sur lesquelles naissent des nervures secondaires alternes, pennées. Chaque feuille est accompagnée

de (leux stipules connues qui l’enveloppent dans le bouton. Les inflorescences sont solitaires dans l'aisselle des feuilles. Elles sont constituées par un pédoncule court, muni de quelques bractées écailleuses, dures, alternes, de petite taille. Le sommet de l’axe floral se développe au-dessus de ces bractées en une coupe qui devient de plus en plus profonde, par suite d’un accroissement très-inégal, le lond de la coupe qui répond au sommet organique de l’axe cessant de se développer, tandis que les bords qui correspondent à la base organique du réceptacle prennent un accroissement considérable et très-rapide. Le réceptacle prend ainsi peu à peu la forme d’une poire, dont la base offre un orifice étroit, bordé par la base organique du réceptacle, qui est couverte de petites écailles fermant l’orifice. Sur la face interne du réceptacle, apparaissent les fleurs, qui sont disposées, ainsi que l’a montré M. Bâillon, en petites cymes très-uombreuses et très-rapprochées de façon à couvrir toute la face interne de la coupe récep taculaire. Les premières fleurs apparaissent près de l’orifice de la cavité , ce qui est naturel, cette partie correspondant à la base organique du réceptacle ; elles se montrent ensuite graduellement de plus en plus près du fond de la cavité, c’est-à-dire du sommet organique du réceptacle. On trouvé encore dans le plus grand nombre des auteurs classiques l’inflorescence de la Figue décrite comme une sorte de capitule dont le réceptacle serait concave au lieu d’être convexe ou plat, comme dans les Composées. M. Bâillon a montré cependant qu’il existe une très-grande différence entre un capitule véritable et 1 inflorescence de la Figue. Dans un vrai capitule, les fleurs se montrent isolément et Tune après l’autre, de la base au sommet de l’axe. Ici, au contraire, les fleurs se montrent sur la face interne de l’axe floral, développé en coupe, par groupes isolés qui constituent autant de petites cymes. La fleur centrale (1e chaque groupe se montre la première, puis autour d’elle apparaissent successivement un nombre variable de fleurs qui appartiennent à (les générations successives ; chaque groupe se comporte, en un mot, comme une véritable cyme. Les fleurs mâles sont groupées en petit nombre au voisinage (1e l’orifice, en dedans des bractées qui le garnissent. Elles sont formées chacune d’un calice à trois petits sépales, et d’un androcée à trois étamines superposées aux sépales. Les étamines sont constituées chacune par un filet dressé dans le bouton et une anthère biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales. Les fleurs femelles sont supportées par (1e petits pédicelles charnus qui s’allongent graduellement. Elles se composent d’un calice à cinq sépales et d’un pistil. L’ovaire est supère, et surmonté d’un style bifurqué en deux branches stigmatiques. La cavité ovarienne est primitivement divisée en deux loges, mais Tune des loges avorte habituellement, et l’ovaire se trouve réduit à une seule loge, contenant un seul ovule inséré sur la cloison de la loge avortée, anatrope, suspendu, à micropylc dirigé en haut et en dehors. A mesure que la maturation se produit, les pédoncules des Heurs femelles et les calices

Fig. 213. Figuier.

Rameau florifère et fruit.

ULMACÉES.

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FrUCtm M0ri: BaCCæ Mori> angl., allcm.( Maulbeeren.

Origine botanique. - Morus nigra L. C’est un bel arbre touffu, haut cl environ 9 métrés, croissant à l’état sauvage dans le nord de l’Asie Mineure, en Amérique, et dans le sud des régions caucasiennes jusqu’en Perse. En Italie, il était .employé, jusque vers l’année 1434, à la nourriture des vers a soie. A cette époque, on y introduisit du Levant (J) le Moj-us alba L., qui depuis a toujours été généralement préféré. Cependant, en Grèce, dans plusieurs des îles grecques, dans la Calabre, et en Corse, l’espèce plantée pour les vers à soie est toujours \eMorus nigra (a).

Le Mûrier noir est aujourd’hui cultivé dans toute l’Europe, mais est peu abondant, sauf dans les pays cités en dernier lieu. Son fruit mûrit en Angleterre, ainsi que dans le sud de la Suède et de la Norwége, et même à Christiania d’après Schübeler.

Histoi ique. Le Muiiei est mentionne dans 1 Ancien Testament (2j et par* la plupart des anciens écrivains grecs et romains. Parmi

un grand nombre de plantes utiles que Charlemagne ordonna, en 812, de cultiver dans les fermes impériales, se trouve le Mûrier (Morarim) (3). Nous le trouvons aussi sur un plan tracé, en 820, pour les jardins du monastère de Saint-Gall en Suisse (4). La culture du Mûrier en Espagne, pendantle moyen âge, est prouvée par la préparation d’un Sirop de Mitres , indiqué dans le Calendrier de Cordoue de 961 (3).

Le Mûrier était beaucoup plus estimé autrefois qu’il ne 1 est aujourd hui. Dans les statuts de 1 abbaye de Corbie, en Normandie, nous trou-

vons un Brevis de Melle, indiquant la quantité de miel que les tenanciers des terres du monastère devront payer chaque année, ainsi que la quantité de fruits de Mûrier que chaque fermier devra fournir (6).

Description. — Le Mûrier porte des chatons unisexués. Les chatons femelles sont ovoïdes, et formés de nombreuses fleurs à périanthe vert,

(1) A. de Candolle, Géographie Botanique, 1855, II, 856.

(2) 2 Sam., V, 23, 24.

(3) Pf.rtz, Monumenta Germanise historien (Legcs), 1855, III, 181.

(4) F. Keller, Bauriss des Klosters S. Galien, fac-similé, Zurich, 1844.

(5) Le Calendrier de Cordoue de l’année 961, publié par R. Dozy, Leyde, 1873, 67.

(6) Guérard, Polyptiquc de l’abbé Irminon, Paris, II, 335.

tétramère, et à deux stigmates linéaires. Les lobes du périanthe se recouvrent mutuellement, deviennent charnus, et par leur agrégation latérale forment une fausse baie, courtementpédonculée, oblongue, longue de 2 centimètres et demi, et colorée, à la maturité, en pourpre foncé. En détachant chaque fruit, les lobes du périanthe deviennent visibles. Chaque fruit possède un noyau lenticulaire, dur, recouvrant une graine suspendue, avec un embryon courbe et un albumen charnu. Les fruits du Mûrier sont très-succulents, et possèdent une saveur rafraîchissante, un peu acide, saccharine, mais ils sont dépourvus de l’arome qui distingue plusieurs autres fruits de la famille des Rosacées.

Composition chimique. — D’après une analyse faite par H. van Hees, en 1857, les fruits du Mûrier contiennent les principes suivants :

Glucose et sucre incristallisable 9,19

Acide libre (supposé être l’acide malique) 1,86

Matières albuminoïdes 0,39

Matières pectiques et grasses, sels, gommes. . . . 2,03

Cendres 0,57

Matières insolubles, enveloppes des graines, pectose,

cellulose, etc .... 1,25

Eau 84,71

En comparant ces résultats avec ceux qui ont été fournis par l’analyse d’autres fruits, faite à la même époque dans le laboratoire de Fresenius, les mûres paraissent être des plus riches en sucre.

Elles ne sont surpassées à cet égard que par les cerises (10,79 de sucre), et par les raisins (10,6 à 19,0) (1), mais elles sont plus riches en sucre que les fruits suivants :

Framboises, qui donnent 4,0 pour 100 de sucre et 1,48 d’acide malique.

Fraises,

Myrtilles,

Groseilles,

La proportion d’acide libre qui existe dans les mûres n’est pas considérable. La petite quantité de matières insolubles qu’elles renferment n’est pas comparable avec celle qu’on trouve dans les groseilles, où elle est d’au moins 13 pour 100. La matière colorante des mûres n’a pas été étudiée. L’acide est probablement, non pas de l’acide malique seul , mais aussi de l’acide tartrique.

Usages. — Le seul usage qui soit fait en médecine des fruits du

(1) Il faut excepter la figue, qui est le plus riche de tous les fruits en sucre.

ULMACÉES.

Murier consiste clans la préparation d’un sirop employé pour colorer et parfumer d’autres médicaments. En Grèce, ou soumet le fruit à la fermentation pour fabriquer une boisson enivrante.

(a) Les Mûriers (Monts Tournefort, Inst., 589) sont des Ulmacées de la tribu des Morées, à fleurs régulières et unisexues, apétalées, tétramères ; à filets staminaux recourbés en dedans dans le bouton ; à ovaire supère, surmonté de deux styles, uniloculaire par avortement ; à inflorescences constituées par un épi serré, h axe court • a fruit compose, forme d acharnes enveloppés par les calices accrus et charnus.

Le Morus nigra L. ( Species , 1 398) est un petit arbre à jeunes pousses laineuses, a écorce très-rugueuse. Les feuilles sont alternes, simples, accompagnées chacune de deux stipules caduques ; elles sont arrondies, cordées à la base, un peu acuminées au sommet, pubescentes, découpées en dents de scie irrégulières et larges, rugueuses au toucher, courtement pétiolées. Les stipules sont aussi longues ou plus longues que le pétiole, caduques, oblongues, membraneuses, laineuses. Les fleurs sont disposées en un épi axillaire, dont l’axe est très-court, de sorte qu’elles sont trèspressées les unes contre les autres. Elles sont monoïques. Les fleurs mâles offrent un réceptacle cupuliforme, dont les bords portent quatre sépales imbriqués dans le bouton. L’androcée est formé de quatre étamines, insérées en face des sépales, munies chacune d’un filet recourbé en dedans dans la préfloraison, et d’une anthère biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales. Il n’existe pas ordinairement de rudiment d’organe femelle. Dans les fleurs femelles, le calice est également formé de quatre sépales, disposés sur deux verticilles alternes, les deux extérieurs plus grands. Il n’existe ni corolle, comme dans la fleur mâle, ni rudiment d’androcée. Le gynécée se compose d’un çtvaire supère, d’abord biloculaire, puis uniloculaire par avortement d’une des loges, surmonté de deux styles recouverts de papilles stigmatiques. La loge ovarienne qui persiste, renferme un seul ovule anatrope, inséré sur la cloison de la loge avortée, suspendu, à micropyle dirigé en haut et en dehors. Le fruit est un achaine entouré des sépales devenus charnus. Il renferme une seule graine albuminée, à embryon recourbé. Tous les calices des fleurs de l’inflorescence se développent et s’accroissent en même temps que les fruits qu’ils enveloppent ; il en résulte un fruit composé, mamelonné, dont la partie charnue est représentée par les calices accrus devenus succulents et formant indusie autour des acharnes.

Le Morus alla L. ( Specics , 1398) se distingue du Mûrier noir par ses feuilles profondément cordées et inégales à la base, ovales ou lobées, inégalement serretées, lisses. [Trad.]

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