‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 53 sur 124 · GLANDES DU HOUBLON · texte numérisé non relu

GLANDES DU HOUBLON

Glandulæ Humuli ; l.upulina ; angl., Lupulin, Lupulinic grains ; allem , Hopfendrüscn,

Hopfenstaub.

Origine botanique. — Hiimulas Lupulus L. (voyez l’article précédent). Les petites glandes luisantes et translucides du strobile constituent, après en avoir été détachées, la substance désignée sous le nom de Lupulin.

Historique. — Les glandes du Houblon furent isolées et étudiées chimiquement par L. A. Planche, pharmacien à Paris. Ses observations furent d’abord décrites brièvement par Loiseleur-Deslongchamps, en 1819 (1). L’année suivante, le docteur A. W. îves, de New-York, publia (2) un récit de ses expériences sur les strobiles de Houblon, et leurs glandes, auxquelles il donna le nom de Lupulin. Payen et Chevallier, Planche et d’autres, firent de nouvelles expériences, et adoptèrent l’opinion d’Ives, d’après laquelle le Lupulin (ou, comme ils préféraient le nommer, la Lupuline ) pouvait être employé avec avantage à la place des strobiles de Houblon.

l’roiiuctiou. — Pour obtenir le Lupulin, on détache les bractées, on les secoue, on les frotte, puis on en sépare la poudre à l'aide d’un tamis. Celle-ci doit alors être lavée par décantation, afin d’écarter le sable et la terre dont elle est toujours mélangée. On la fait ensuite sécher, et on la conserve dans des flacons bien bouchés. On peut retirer, des strobiles de Houblon secs, 8 à 12 pour 100 de Lupulin.

(1) Manuel des plantes usuelles et indigènes , 1819, It, 503.

(2) Joum. of Science, de Siluman, 1820, II, 302.

Description. — Le Lupulin, va en masse, constitue une poudre granuleuse d'un brun jaunâtre, exhalant une odeur agréable de houblon, et possédant une saveur aromatique et amère. Cette poudre est mouillée graduellement par l’eau, instantanément par l’alcool et par l’éther, mais non par la potasse et l’acide sulfurique. Lorsqu’on la triture dans un mortier, les cellules se rompent, et la poudre peut être réduite en une masse plastique. Lorsqu’on l’enflamme dans l’air, elle brûle avec une

flamme brillante comme le lycopode.

structure microscopique. — Les glandes du Houblon sont formées par un soulèvement de la cuticule, du nuculc, et des bractées du strobile. Chaque glande est primitivement attachée par un pédicule très-court, qu’on ne voit plus dans la drogue. La glande, épuisée par l’éther, et macérée dans l’eau, forme un sac globuleux ou ovoïde, à paroi mince, mesurant de 140 à 240 millièmes de millimètre. Elle est formée de deux parties distinctes, presque hémisphériques. Celle qui esL primitivement en rapport avec le pédicule est formée de cellules polyédriques, tabulaires, tandis que l’hémisphère supérieur offre une membrane délicate, continue. Cette partie s’affaisse aisément, et offre une grande variété de formes, suivant que le grain offre son pôle ou son équateur à l’observateur (1). Les glandes du Houblon sont remplies d’un liquide jaunâtre ou brun foncé, qui, dans la drogue, est contracté en une masse occupant son centre.

Il peut être expulsé en petites gouttes, lorsqu’on détermine la rupture des parois de la Fig. 220.

glande, en la faisant chauffer dans la glycé- Lupuhn idapu'3 Bcro)‘ rine. La matière colorante, à laquelle la paroi doit sa belle couleur jaune, adhère plus particulièrement à l’hémisphère le plus mince ; on l’extrait plus aisément de l’hémisphère le plus épais à l’aide de l’éther (a).

Composition chimique, — L’odeur du Lupulin est due a 1 essence décrite dans l’article précédent. Le principe amer, nommé autrefois Lupuline ou Lupulile , fut d’abord isolé par Lermer, en I8G3, qui le nomma acide amer du Houblon (Hop fenùillersaüre) . Il cristallise en grands prismes rlmmbiques, cassants, et possède, à un haut degré, la saveur amère particulière de la bière, dans laquelle, cependant, il n existe

(1) Pour plus île détail sur ccs glandes, voyez : Tuécul, in Ann. se. nat , Bot., 18S1, 1, 299. On trouvera un extrait de ce travail dans Misnu, Etude du Houblon et du Lupulin, thèse, Montpellier, 1807.

ULMACÉES.

qu en très-petite quantité, car il est presque insoluble clans l’eau, mais il -se dissout aisément dans la plupart des autres liquides. La composition de cet acide, C32H60O7, paraît se rapprocher de celle de l’absinthine ; il n’existe, dans les glandes, qu’en faible proportion. Plus faible encore est la quantité d’un autre principe cristallisable, que Lermer regarde comme un alcaloïde. Un second alcaloïde volatil et liquide a été signalé, en 1874, par Griessmayer.

Les principes constituants les plus abondants des glandes de Houblon sont : une cire ( palmitate myricylique , d’après Lermer) , et des résines, dont 1 une est cristalline et s’unit aux bases.

Ln bon échantillon de Lupulin d’Allemagne, desséché au-dessus de l’acide sulfurique, nous a donné 7,3 pour 100 de cendres. La même drogue, épuisée par l’éther bouillant, nous adonné 76,82 pour 100 d’un extrait très-aromatique, qui, exposé dans une étuve pendant une semaine, subit une perte de 3,03 pour 100, correspondant à l’huile volatile et aux acides. Le résidu était soluble dans l’acide acétique cristallisable, et ne pouvait contenir, par conséquent, qu’une très-petite quantité de matière grasse.

Usages. — Le Lupulin possède les propriétés du Houblon, mais il est moins astringent. On ne le prescrit que rarement.

Falsification. — Le Lupulin est susceptible de contenir du sable, et laisse souvent, à l’incinération, une grande quantité de cendres. On peut y reconnaître, assez fréquemment, à l’aide de la loupe, d’autres

substances étrangères. Comme l’essence du Lupulin se résinifie rapidement, on doit rechercher le Lupulin aussi frais que possible, et le conserver à l’abri de l’air.

(a) Les glandes du Houblon se développent, d’après les recherches de M. Trécul, de la façon suivante : une cellule de l’épiderme se soulève et se développe en un cul-de-sac elliptique (fig. 221, à) qui ne tarde pas à se limiter à la base par une cloison transversale ; puis elle se divise, cà l’aide d’une cloison transversale, en deux cellules superposées b. La cellule supérieure se renfle ensuite beaucoup plus que l’inférieure et se remplit d’une matière granuleuse. C’est elle qui donnera naissance à la glande, tandis que la cellule inférieure formera le pédicule. Les segmentations de la cellule supérieure se font toutes à l’aide de cloisons transversales. Elle se divise d’abord en deux cellules collatérales, puis en trois et quatre (fig. 221 ,c,d,e ; fig. 222, f,g, h,i). Ces quatre cellules se divisent ensuite à leur tour dans le sens du rayon

c cl c

Fig. 221 . Développement du Lupulin (d’après M. Trécul).

Glande vue de profil.

diraension^tî'ès-inégales, leur taille état d'autant plus petite que les Se6mc„ta-

Fig. 222. Développement du Lupulin (d après M. 1 recul). Glande vue par sa face supérieure.

Fig. 223. Fragment de bractée de Houblon avec des glandes à peu près formées. Une glande isolée.

tiofls ont été plus nombreuses. Les bords de ce plateau se relèvent ensuite, et chaque Inde forme bientôt une sorte de onpnle semisphérique Me a l ep, derme par „n court pédicule, et marquée à l’extérieur et a l’intérieur de .»tn« t lou|.tnd,nahs oui répondent aux cloisons radiales de segmentation des cellules (fig. —3). Uuant la glande est complètement formée, les cellules qui la composent commencent a secréter avec activité un liquide jaunâtre qui traverse la paroi des cellules par exosmose et soulève peu à peu devant lui la cuticule qui revêt la face externe et concave de la glande, et s’accumulant entre elle et les cellules qui forment la cupule glandulaire lui fait former une sorte de coupole hémisphérique, saillante au-dessus de la glande. La figure 224 représente en 6 la coupe verticale de la glande complètement formée. On voit que sa cavité est limitée par deux demi-sphères : l’une inférieure constituée par les cellules sécrétantes, disposées en une seule couche ; 1 autre supérieure, représentée par la cuticule soulevée. La cavité est remplie par le produit c e sécrétion des cellules qui constituent la cupule inférieure de la glande. Dans 1 eau, les solutions alcalines et l’alcool, la cuticule se déchire, et met en liberté le liquic e huileux jaunâtre qui remplit le réservoir glandulaire. Avant que la cuticule soit normalement soulevée par ce dernier, on peut déterminer son soulèvement, et même sa déchirure, en plaçant la glande dans de l’eau légèrement alcaline. [Trad.]

Fig. 224. Glande entièrement formée, entière et coupée verticalement.

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