‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 54 sur 124 · ÉCORCE D’ORME CHAMPÊTRE · texte numérisé non relu

ÉCORCE D’ORME CHAMPÊTRE

Cortex Ulmi; nngl., Elm Bark; allcm., Ulmenrinde, Msterrinde.

Origine botanique. — Ulmus cawpcslris- Smitii.. L’Orme commun est un bel arbre très-répandu dans l’Europe centrale, méridionale et orien-

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laïc. Il s’étend jusqu’en Norvège, par 66° de latitude nord, et vers le sud jusque dans le nord de l’Afrique, et l’Asie Mineure. Dans l’est il va jusqu’à l'Amurland, le nord de la Chine et le Japon. Il n’est probablement pas indigène de la Grande-Bretagne, mais Y Ulmus montants Wjtii

( Wych Elm des Anglais) est certainement sauvage dans les comtés du nord et de l’ouest (I).

Historique. - Les écrivains classiques, et particulièrement Dioscoride connaissaient bien les propriétés astringentes de l’écorce du n-sÀéa’ nom sous lequel ils désignaient V Ulmus campes tris. Des vertus imaginaires sont accordées par Pline à l’écorce et aux feuilles de V Ulmus Cette écorce est prescrite, en Angleterre, dans les livres médicaux du onzième siecle. A cette époque, un grand nombre de plantes du sud de l’Europe avaient été introduites dans la Grande-Bretagne (2). L’emploi de 1 ecorce de l’Orme est également mentionné dans YHerbal de Turner (lo68) et dans le Theater of plants de Parkinson (1640). L’auteur de ce dernier ouvrage fait remarquer que « toutes les parties de l’Orme sont d’un grand usage en médecine » .

Description.— L’écorce d’Orme destinée à l’usage médicinal doit être enlevée de 1 arbre au commencement du printemps, privée de sa couche subéreuse, puis desséchée, Ainsi préparée, elle se présente sous la foi me de larges fragments aplatis, colorés en jaune de rouille, et striés a la surface,. surtout en dedans. Cette écorce est souple, fibreuse, presque inodore, et possède une saveur un peu astringente.

Structure microscopique. - Le liber, qui est la seule partie officinale de 1 écorce, est formé de cellules parenchymateuses à parois épaisses, allongées tangentiellement, au milieu desquelles sont disposées quelques grandes cellules à mucilage, tandis que les autres contiennent une matière colorante d un rouge brun. Le mucilage forme, en dedans des cellules, des dépôts stratifiés. De larges faisceaux à fibres sont disposés en cercles réguliers avec lesquels alternent des zones de parenchyme, et sont coupés par des rayons médullaires étroits et rougeâtres, formés chacun de deux à trois rangées radiales de cellules. Les faisceaux libériens sont formés de nombreuses fibres allongées, épaisses de 30 millièmes de

(1) Le docteur Prior fait remarquer que le nom de l’Orme, en anglais Elm, est .à peu près- identique dans tous les dialectes germaniques et Scandinaves, mais que sa racine ne se trouve dans aucun d’entre eux, et que ses différents noms ne sont qu’une adaptation du mot latin Ulmus {Popular Naines of Br itish Plants, ed.2, 1870, 71).

(2) Leechdoms, Wortcunning and Starcraft of Early England, ed. O. Cockayne, 1863, II, 53, G7, 79, 99, 127 et xn. Dans les recettes anglaises on trouve à la fois Elm et Wych Elm.

millimètre, à cavité étroite, et parfois d’un certain nombre de fibres plus larges à parois transversales poreuses (vaisseaux cribriformes). Chaque cellule cubique du parenchyme libérien voisin îenfenne un gios cristal, rarement bien defini, d oxalate de calcium.

Com position chimique. — Le principe constituant soluble le plus important de l’écorce d Orme est le mucilage, et une petite quantité d’acide lannique. La décoction de cette écorce fournit un précipité brun sous l’influence du perchlorure de fer; la décoction diluée prend sous l’influence de ce réactif une coloration verte. L’amidon y manque d’ordinaire, ou n’existe que dans l’écorce moyenne, qui est habituellement rejetée. L’Orme laisse exsuder pendant l’été une gomme qui, au contact de l’air, se convertit en une masse insoluble brune, nommée Ulmine. Cette dénomination a été étendue à divers produits de décomposition de corps organiques, dont la nature et les affinités ne sont que peu connues (I).

Usages. — On prescrivait autrefois l’écorce d’Orme en décoction, comme astringent mucilagineux léger; son emploi est cà peu près abandonné aujourd’hui.

Les Ormes ( Ulmus Toürnefort, Inst., 601, t. 372) sont des Ulmacées de la tribu des Ulmées, à fleurs hermaphrodites ou polygames ; apétales ; à réceptacle cupuliforrne ; à ovaire supère primitivement biloculaire, puis uniloculaire et uniovulé, surmonté de deux styles ; à fruit sec et ailé.

L 'Ulmus campestris L. ( Species , 327) est un arbre .à tronc ordinairement plus ou moins contourné, recouvert d’une écorce rugueuse et crevassée, et à branches étalées, arrondies, irrégulières, courbées en zigzag, couvertes d’un feuillage abondant. Les feuilles 'sont alternes, pétiolées, longues de 3 à C centimètres et larges de 2 à 3 centimètres, atténuées aux deux extrémités, inégales iila base, doublement serretées sur les bords, colorées en vert foncé, et très-rudes au niveau de la face supérieure, plus pâles et moins rudes eu dessous, avec une nervure médiane très-saillante sur la face inférieure, émettant de nombreuses nervures secondaires, transversales, parallèles, munies chacune, au niveau de leur origine, d’une petite touffe de poils. Chaque feuille est accompagnée de deux petites stipules latérales qui tombent de bonne heure. Les fleurs se développent beaucoup plus tôt que les feuilles, par l’épanouissement des bourgeons inférieurs des rameaux. Elles sont disposées en fascicules serrés, arrondis, colorés eu pourpre foncé. Elles sont à peu près sessiles, et accompagnées chacune d’une bractée oblongue, à bords frangés. Dans la fleur mâle, le périanthe est formé de quatre divisions égales entre elles, counées à la base, imbriquées en quinconce dans le bouton, et insérées sur les bords d’un réceptacle cupuliforme. Les étamines sont en môme nombre que les sépales, et insérées en face d’eux sur la face interne de la coupe réceptaculaire. Elles sont formées chacune d’un filet libre et d’une anthère colorée en pourpre foncé, biloculaire, extrorse, déhiscente par deux fentes longitudinales. Le pistil est inséré dans le fond du réceptacle. 11 est formé

(l) Gmeun, Chemistry, 1866, XVII, 168.

ULMACÉIÏS.

d’un ovaire supère, primitivement biloculaire, mais rendu uniloculaire par avorte ment de l’une des loges, surmonté de deux styles élargis, couverts sur leur face interne de papilles stigmatiques. La loge ovarienne contient un seul ovule analropc, inséré sur la cloison de la loge avortée, suspendu, à micropyle dirigé en haut et en dehors. Le fruit est une samare oblongue ou presque obovale, aplatie, colorée en brun pâle, un peu brillante, offrant au niveau de son extrémité supérieure une échancrure profonde bordée par les styles, dont les faces externes se continuent avec les bords de la samare. La graine renferme un embryon dépourvu d’albumen. [Tiiad.J

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