‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 68 sur 124 · GALLES D’ALEP · texte numérisé non relu

GALLES D’ALEP

G allas Halepenses; Gallæ Turcicx ; Noix de Galle, Galle d'Alep; angl., Galls, A utgalls, Gale Galts, Aleppo or Turkey G ails ; allem., Levantisehe oder Alcppische Galien, GalUepfel.

Origine botanique. — Quercus lusilanica Webb, var. infectoria ( Quercus infectoria Oliv.) (1). C’est un arbuste, ou rarement un arbre, croissant en Grèce, en Asie Mineure, clans l’île de Chypre et en Syrie (a). Il est probable que d’autres variétés de cette espèce, et même d autres espèces voisines de Chênes, contribuent à fournir les Galles d’Alep du commerce.

Historique. — Les Noix de Galle sont nommées par 1 héopbraste, qui vivait au troisième ou au quatrième siècle avant Jésus-Christ. Elles étaient bien connues des autres écrivains anciens. Pline (2) mentionne ce fait intéressant, que le papier imbibé d’une infusion de Noix de Galle peut être employé pour découvrir le sulfate de fer avec lequel on falsifie le vert-de-gris, plus coûteux. C’est là, d’après Kopp, la plus ancienne

(1) De Candolle, Prodromus, X\ I, S. II, 17.

(2) Lib. 34, c . 20.

mention de l’application scientifique d’une réaction chimique (1). Dès les temps les plus reculés, on a employé la Noix de Galle dans le tannage cl dans la teinture.

La Noix de Galle constitue, depuis fort longtemps, un objet de commerce entre l’Asie occidentale et la Chine. Barbosa, dans sa Description des Indes Orientales (2), écrite en 1514, la nomme Magican (3), et dit quelle est apportée du Levant' à Cambay par la voie de Mekka, et qu’elle constitue un objet de commerce très-important en Chine et à Java. Porter Smith (4) nous apprend qu’elle est encore aujourd’hui très-estimée des Chinois.

Formation. — Un grand nombre de plantes sont piquées par des insectes qui déposent leurs œufs dans la plaie, et ces piqûres sont ordinairement suivies d’excroissances qui ont reçu d’une façon générale le nom de galles (5). Les Chênes sont particulièrement fréquentés dans ce but par des insectes hyménoptères, et par le genre Cynips, dont une espèce, le Cynips Gallæ tinctoriæ Olivier ( Diplolepis Gallæ tinctoriæ Latreille), détermine la formation de la galle dont nous nous occupons ici.

La femelle de ce petit insecte est munie d’une tarière délicate ou oviscape, qu’elle peut faire saillir de l’extrémité postérieure de son abdomen, et dont elle se sert pour perforer les jeunes bourgeons du Chêne, et y déposer un ou plusieurs œufs. Cette petite opération détermine dans le bourgeon une accumulation considérable des sucs de la plante, dont le résultat est la production rapide d’une excroissance souvent très-volumineuse, dans le centre de laquelle (mais cela n’est visible que lorsque la galle a atteint tout son développement) la larve éclôt, et subit toutes ses métamorphoses. Lorsqu’elle a atteint la dernière phase de son évolution, et qu’elle est devenue un insecte ailé, ce qui exige une durée de cinq ou six mois, elle se creuse un chemin cylindrique depuis le centre de la galle jusqu à sa surface, et prend son vol. Dans les meilleures galles du commerce la sortie de l’insecte n’a pas encore eu lieu, parce qu’on les a ceuillies tandis que 1 insecte était encore à l’état de larve. En choisissant

(1) Geschichte der C hernie, 1844, II, 81.

(2) Publié par la Ilakluyt Society, Lond., 1866, 191.

(1 2 3 4) On emploie encore aujourd’hui à peu près le même nom dans tes langues tamul, teiugu, malayalim et canarese.

(4) Mat. Med. and Nat. Hist. of China, 1871, 100.

(•>) Les écrivains français, notamment Moquin-Tandan, distinguent les galles à parois épaisses u Cynips, des galles capsulaires, à parois minces des Aphis ; ils nomment les premières galles, et les secondes coques.

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