AUTRES SORTES DE GALLES
Galles rte Chine ou rtu Japon. - La plante qui produit cette importante sorte de galles est le Rhus semialata Murray (R. Bucki-Amela Boxu.), petit arbre de la famille des Anaoardiacées, commun dans le nord de l’Inde, la Chine et le Japon. Ces Galles commencèrent à être importées en Europe dès 1724. Elles sont notées par Geoffroy (2) sous le nom & Oreilles des Indes , mais elles paraissent avoir ensuite disparu du marché Pereira dirigea l’attention sur elles en 1841, et, depuis cette époque, elles constituent un article important et régulier de commerce exporte par la Chine et 1® Japon . Aujourd’hui elles nous arrivent kow. L’exportation de cette grande cité fut, en 1875, de 30049 peculs (3). La quantité importée de Chine dans le Royaume- ni, en fut de 8 621 quintaux, valant 20098 livres sterling.
(1) Consul Skcné, in Reports of H. M. Consuls, ,11° 1, 18/2, 2/0.
(2) Mém. de l’Acad. roy. des se., Paris, 172 1, . Dans ]ps rap-
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« Gallnuts ».
H ISTO l H E DES DROGUES D’ORIGINE VEGETALE.
Les Galles de Chine sont des protubérances vésiculeuses produites sur les pétioles foliaires et sur les branches du Rhus semialata par la piqûre d’un insecte figuré par Doubleday (1), considéré par lui comme appartenant au genre Aphis, et nommé par Jacob Bell (2) Aphis chinensis. Nous n’avons pas de renseignements émanant d hommes compétents sur le développement et la récolte de cette Galle ; nous ne pouvons juger de sa formation que par celle des productions analogues d’Europe. D’après Doubleday, il est probable que l’ Aphis femelle pique la face supérieure de la feuille ou plutôt son petiole, et détermine pai cette plaie l’hypertrophie du tissu. L’insecte se loge dans la cavité ainsi produite, et y dépose sa progéniture, qui vit en suçant la face interne de sa loge et détermine ainsi une nouvelle croissance du tissu. Tandis que les parois de ce sac s’accroissent, l’ouverture se ferme peu à peu, et tous les jeunes se trouvent enfermés dans une prison où ils vivent et se multiplient, jusqu’à ce que les parois en se rompant les mettent en liberté, comme cela se produit pour la Galle du Pistachier d Europe. Cette rupture se produit, autant que nous pouvons le supposer, à l’époque où, après une série de générations aptères, et peut-être uniquement femelles, il survient une génération ailée et composée d individus des deux sexes. Ces derniers s’envolent vers d’autres plantes, et déposent des œufs destinés à produire de nouvelles générations.
Les Galles de Chine sont claires et creuses; elles ont de 3 à 6 centimètres de long ; leur forme est très-variable et très-irrégulière. Les plus simples sont un peu ovoïdes, et fixées par leur petite extrémité au pétiole d’une feuille ; mais leur forme est rarement aussi régulière, et le plus souvent elles sont déformées par des protubérances noueuses ou en forme de cornes, ou sont plus ou moins ramifiées. La Galle peut aussi être constituée par plusieurs lobes unis dans le bas, et graduellement atténués jusqu'au [niveau du point où l’excroissance est attachée à la feuille (3). Malgré ces variétés de forme, la structure de ces Galles est très-caractéristique. Elles sont striées vers la base, et complètement couvertes, dans le reste de leur étendue, d’un duvet épais, velouté, gri-
(1) Phann. Journ., 1 84 8, VII, 310.
(2) Ibid., 1831, X, 128.
(3) Nous avons vu des Galles importées'de Shanghaï qui différaient des Galles chinoises ordinaires en ce qu’elles n’étaient pas munies de cornes, mais avaicnL touLes une forme allongée, ovoïde; un grand nombre étaient terminées en pointe ïi 1 extrémité supérieure ; elles exhalaient en outre une forte odeur de fromage. 11 est possible qu’elles aient été produites par le Distylium racemosum S. et Z., quoiqu elles u eussent pas exactement la forme de poire figurée par Siebold et Zuocarini ( Flora Japoilica , t. 94).
CASTANÉACÉES.
sa*'re> flu‘ ,,ouA'it au niveau des protubérances, et cache la coloration brun rougeâtre propre aux parois mêmes de la Galle. Celles-ci ont de
1 112 millimètres d’épaisseur; elles sont translucides et cornées, mais cassantes, et leur cassure est lisse et luisante. Leur face interne est plus lisse et plus claire que l’externe. Lorsqu’on casse les Galles, on y trouve habituellement une substance blanche, laineuse, et les corps desséchés des petits insectes.
Les Galles de Chine contiennent environ 70 pour tOO d’un acide tannique que Stenhouse (1) regarde comme identique à celui des Galles d Alep. 11 est important de faire remarquer que les fabricants de pyrogallol pour la photographie] prétendent que les Galles de Chine et les Galles communes ne fournissent pas cette substance exactement sous la même forme. Les Galles de Chine sont employées, particulièrement en Allemagne, à la préparation des acides tannique. et gallique.
Galles des Pistachiers. — Les plantes du genre Pistacia, qui appartient à la même famille que les Rhus, sont très-fréquemment attaquées par des Ap/us, qui déterminent sur leurs feuilles et leurs branches la formation d’excroissances de même nature que les Galles de Chine. Dans le sud de l’Europe, on trouve fréquemment sur les branches du Pistacia Terebinthus des Galles en forme de cornes, qui ont souvent plusieurs pouces de long (2). Les feuilles du P. lentiscus offrent des excroissances de même nature, mais beaucoup plus petites.
D’autres productions de même ordre constituent les petites Galles très-astringentes, connues, dans les bazars indiens, sous le nom de Bazghanj e t Gule-pistah. Le dernier de ces noms signifie fleur de Pistachier. Elles ont été nommées en Europe Galles de Bokhara ( Bokhara Galls). Pendant l’année 1872-73, il en a été importé par mer à Bombay, 18-i quintaux provenant surtout du Siud (3). On en apporte aussi dans le nord-ouest de l’Inde, par la voie de Peshawar et par lapasse deBolân. Il en arrive parfois quelques balles sur le marché de Londres.
Galles de Tamarix. — Ces Galles sont des excroissances arrondies, noueuses, ayant depuis le volume d’un pois jusqu’à 1 centimètre et demi de diamètre. On les trouve, dans l’Inde, sur les branches du Tamarix orientais L., grand arbre à croissance rapide, très-abondant dans les terrains salés. On les emploie à la place des Noix de Galle; elles sont mentionnées comme « non officinales » dans la Pharmacopœia of India
(1) Proceedings of the Iioyal Society , 18G2, XI, 40-2.
(2) Pour une figure, voyez : Pharm. Journ., 1844, III, 387.
(3) Statèment of the Trade and Navig. of the Presid. of Bombay for 1872-73.
de 1867. Nous ne croyons pas qu’elles aient été l’objet de recherches chimiques spéciales. Yogi en a fait, eu 18/7, 1 étude micrographique.
LORANTHACÉES