‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 76 sur 124 · ÉCORCE DE MÉLÈZE · texte numérisé non relu

ÉCORCE DE MÉLÈZE

Cortex larioAs; angl., Larch Bark.

Origine botanique. — Pinus Larixlj. (voirp. 392, noie a).

Historique. — L’écorce du Mélèze a passé longtemps pour posséder des propriétés astringentes, et était employée dans le tannage. Gerarde (I), qui écrivait vers la fin du seizième siècle, la compare à celle du Pin, qu'il décrit comme possédant la propriété de déterminer la constipation, mais il n’y a là aucune indication réelle qu’elle fût alors employée en médecine.

Yers l’année 1858, l’écorce du Mélèze fut recommandée par le docteur Frizell, de Dublin, et plus tard par d’autres médecins, comme astringent stimulant et expectorant. Les résultats favorables qui suivirent son emploi, la firent admettre dans les Additions to the British Pharmacopœia de 1867, publiées pendant la même année.

Description. — L’écorce du Mélèze est en morceaux aplatis ou repliés en larges tubes, colorés extérieurement en brun-rougeâtre. Les fi agments îecueillis sur de vieux arbres otïrent une couche subéreuse épaisse, en voie d exfoliation, qui met à nu, lorsqu’on l’enlève, une suitace colorée en rose clair, tandis que le liber, offrant une texture différente, est un peu fibreux et blanchâtre. La surface interne est lisse et colorée en brun rosé ou en jaune pâle. La cassure de cette écorce est courte, son odeur est balsamique, térébenthineuse, agréable. Sa saveur est dune astringence très-prononcée. Pour l’usage médicinal, on doit préférer la partie interne de l’écorce.

Structure microscopique. — Sur une section transversale, on obsene des canaux résineux, mais en nombre moindre que dans l’écorce de plusieurs autres arbres voisins. Les rayons médullaires ne sont pas très-distincts. Dans la couche moyenne de l’écorce, sont éparses de larges cellules à parois épaisses, de forme très-irrégulière.

Composition chimique. — L’écorce du Mélèze a été étudiée par Stenhouse (2). 11 y a trouvé une quantité considérable d’un tannin particulier qui donne, avec les sels de fer, un précipité vert-olive. Le même chimiste a trouvé aussi, dans cette écorce (3), une substance cristalü-

(1) HerLall, enlarged by Johnson , Lond., 1036, 1366.

(2) Proceedings of the Royal Society, 1862, XI, 404. '

(3) Philos. Tram., 1862, vol. 162, 53.

CONIFÈRES

sable nommée Larixine ou acide Larixinique , dont la composition répond à la formule C10II10()!'. On peut l’obtenir en faisant digérer l’écorce dans l’eau à 80° G., et évaporant le liquide jusqu’à consistance sirupeuse ; en le faisant chauffer dans une cornue, avec précaution, on détermine la distillation do la larixine, dont une partie est entraînée par le liquide qui distille, tandis que l’autre partie se dépose en cristaux sur les parois internes de la cornue. On peut obtenir à l’état cristallin la larixine entraînée par le liquide distillé, en faisant évaporer ce dernier. Cette substance forme des cristaux incolores qui ont parfois plus de <25 millimètres de long, se volatilisent à 93° C., et fondent à 153° C. Ils exigent pour se dissoudre 88 parties d’eau environ à 13° C ; mais leur dissolution est plus facile dans l’eau bouillante et dans l’alcool. La larixine est peu soluble dans l’étber et s’en sépare en cristaux brillants. Ses solutions possèdent une saveur astringente, un peu amère, et une réaction légèrement acide. Elles sont colorées en pourpre par le chlorure ferrique. Quand on ajoute une solution de baryte à une solution concentrée de larixine, il se forme, si cette dernière est en excès, un précipité gélatineux abondant qui se dissout facilement dans l’eau bouillante , mais se dépose de nouveau quand la liqueur se refroidit. La larixine est voisine du pyrogallol et de la pyrocatéchine, mais elle en diffère en ce qu’elle préexiste dans l’écorce, et n’est pas un produit secondaire comme les deux autres corps. Stenhouse n’est parvenu à la retirer ni de l’écorce du Pinus abies L., ni de celle du P inus sylvestris L.

Usages. — L’écorce du Mélèze a été prescrite particulièrement sous forme de teinture pour faciliter l’expectoration dans la bronchite chronique. On l’emploie aussi pour arrêter les hémorrhagies internes.

Page 1