‹ Histoire des drogues d'origine v©♭g©♭tale [electronic resource]Chapitre 85 sur 124 · A R R O W ROOT · texte numérisé non relu

A R R O W ROOT

Amylum Marante.

Origine botanique. — Marantci arundinacea L. C’est une plante herbacée, ramifiée, haute de -lm,20 à Im,80. Ses feuilles sont ovales-lancéolées, pubérulentes ou presque glabres. Ses fleurs sont petites, solitaires, ou disposées en grappes lâches. Elle est originaire des parties tropicales de l’Amérique, depuis le Mexique jusqu’au Brésil, et des îles des Indes occidentales (a). Sous une forme un peu différente, Maranta indica Tussac, on la trouve aussi dans le Bengale, à Java, et dans les îles Philippines. Cette variété asiatique existe maintenant dans les Indes occidentales et dans l’Amérique tropicale, mais elle y a probablement été introduite par la culture (I).

Historique. — L’histoire de l’Arrowroot est relativement récente. En laissant de côté les anciens renseignements, donnés par les écrivains français qui se sont occupés des Indes occidentales, se l’apportant à une Herbe aux flèches qu’il est impossible d’identifier avec le Maranta , nous trouvons dans le catalogue des plantes de la Jamaïque dressé par Sloane, en 1696, un Canna indica , radice alba alexipharmaca. Cette plante, découverte dans l’île Dominica, fut importée à cette époque dans l’île de Barbados, et plus tard à la Jamaïque. Elle était, dit Sloane, « trèsestimée pour ses propriétés alexipharmaques » . On a observé, ajoute-

(1) Nous acceptons l’opinion de Kôrnicke [Monogvapliiæ Marantearum Prodromus, in Bull, de la Soc. imp. des naturalistes de Moscou, 1862, XXXV, 1), d’après laquelle le Maranta arundinacea L. et le Maranta indica Tuss. ne constituent qu’une seule et même espèce. Grisebach conserve ces deux espèces ( Flora of the Brïtish West Indian Islands, 1864, 605) et les considère toutes les deux comme originaires de l’Amérique tropicale, mais il ne signale aucun caractère important qui permelte de les distinguer l’une de l’aulre. D’après Miquel (in Linnæa, 1844, XVIII, 71;, la plante étiquetée Maranta arundinacea dans l'herbier de Linné, est le Maranta indica. Nous avons nous-mêmes préparé de l’arrowroot avec le rhizome Irais du Maranta arundinacea, dans le but de le comparer avec un échantillon authentique provenant- de Java, et préparé avec le Maranta indica, et nous n’avons pu trouver entre eux aucune différence.

AMOMÀCÉES.

t-il, que les Indiens emploient avec succès la racine de cette plante contre le poison des flèches : « ils la mâchent cl l’appliquent sur les plaies empoisonnées. » Elle annihile aussi le poison du Mancenillier (Ifippomane Mancinella L.), guérit' les piqûres des guêpes de la Guadaloupo, et même arrête « la gangrène à ses débuts (d) ».

Patrick Browne, en 1756, signale les propriétés alexipharmaques attribuées au Maranta , qui était alors cultivé dans les jardins de la Jamaïque, cl dit que la racine « lavée, broyée et blanchie, donne une belle farine et de 1 amidon » qu’on emploie parfois dans l’alimentation lorsque les vivres sont rares (2). Hughes, dans ses écrits sur l’île de Barbados, en 1750, décrit l’Arrowroot comme une plante très-utile, et dit qu’on considère son suc mélangé avec de l’eau, et pris en boisson, comme « préservatif contre tout poison de nature brûlante», tandis qu’on prépare avec la racine un très-bel amidon, de beaucoup préférable à celui du froment (3). Lunan (4) insiste beaucoup sur les propriétés du Maranta arundinacea comme contre-poison, et termine son histoire de la plante par un exposé détaillé des procédés employés pour extraire l’amidon contenu dans son rhizome.

L’Arrowroot commença à être employé en Angleterre vers le commencement de notre siècle. On le faisait venir, à ce qu’il paraît, de la Jamaïque (5). Les indications de Sloane, confirmées par Browne et par Lunan, donnent l’origine et le sens du mot Arroivroot, et montrent l’erreur commise par le savant C. F. Ph. von Martius (1867), d’après lequel ce nom dériverait de ce que les Indiens Aruac ou Aruaquis, de l’Amérique du Sud, nomment la plus belle sorte de fécule qu'ils retirent du Manioc, aru-aru. Il est vrai que le Maranta arundinacea est connu aujourd’hui au Brésil sous le nom d 'Araruta, mais ce nom dérive sans contredit du mot anglais Arroivroot ; la plante, d’après l’opinion générale, a été introduite au Brésil (6).

Fabrication. — Pour préparer l’arrowroot, on arrache la plante lors-

(1) Sloane, Catal. plant, quæ in ins. Jamaica sponte proveniunt, vel vulgo coluntur, Lond., 1696, 122 ; Hist. of Jamaica, 1707, I, 250.

(2) Civil and Natural History of Jamaica, 1756, 112, 113.

(3) Natural History of Barbados, 1756, 221.

(4) Hortus Jamaicensis, 1814, I, 30.

(5) Ainsi, en 1799, il fut exporté de la Jamaïque vingt-quatre fûts et caisses d’arrowroot (Renny, Hist. of Jamaica, 235).

(6) Nous avons reçu de M. Spruco les lignes suivantes relatives à cette question •’ « .... J’ignore l’étymologie donnée par M. Martius au mot arrowroot. Sur les bords de l’Amazone, on le nomme « ararùta », corruption du nom anglais, qui s’explique par le fait que la plante a été cultivée d’abord, à ce que j’ai entendu dire, îi l’aide de tubercules provenant des Indes orientales. »

qu’ello est parvenue à. sa maturité complote, qui, en Gcoigio, se pioduit au commencement de l’hiver. On enlève les écailles qui recouvrent les rhizomes, on lave ces derniers, puis on les hroic à l’aide d’un moulin, et on lave la pulpe sur des tamis ou dans des machines à laver spéciales, afin d’enlever l’amidon. On laisse celui-ci se déposer dans Peau, on le fait égoutter puis sécher à une douce chaleur. Au lieu de les broyer dans un moulin, on réduit parfois les rhizomes en pulpe à l’aide d’une machine à râper spéciale. Pendant toutes les phases de l’opération, on prend les plus grands soins pour éviter que l’amidon ne soit souillé par la poussière, la rouille du fer, les insectes, ou toute autre impureté qui pourrait altérer la coloration ou la saveur du produit. Le rhizome contient environ 68 pour 100 d’eau, et fournit à peu près le sixième de son poids d’amidon (I).

Description. — L’Arrowroot est une poudre brillante, blanche, insipide, inodore, parfois agrégée en petites masses qui peuvent dépasser le volume d’un pois. Lorsqu’on le presse entre les doigts il craque avec un son clair. Il offre les propriétés générales de l’amidon, et est formé en entier de granules à peu près sphériques, ou anguleux

Fig. 254. Amidon de Maranta arundinacea. Fig. 255. Amidon do Maranta arundinacea. Etat naturel (d'après Berg et Schmidt). Après torréfaction (d'après Berg et Sohmidt).

et irréguliers. Examinés dans l’eau, ces granules offrent une stratification très-manifeste, sous forme de lignes fines concentriques disposées autour d’un petit hile. Leur diamètre varie entre 5 et 7 millièmes de millimètre, lorsqu’on les observe à sec ou dans la benzine. Si l’on chauffe avec soin, sur le porte-objet du microscope, l’eau dans laquelle fisse trouvent, on voit qu’ils commencent à se gonfler vers 70° C. Chauffé à 100u C. avec 20 parties d’eau distillée, l’Arrowroot forme une gelée demi-transparente dont l’odeur et le goût sont un peu terreux. L’acide chlorhydrique, ayant pour poids spécifique 1 ,06, dissout imparfaitement l’Arrowroot à 40“ C.. La densité de toutes les variétés d’amidon varie

(1) Résultats obtenus dans la colonie allemande de Blumcnau, dans le sud du Brésil (Ebeiuiaud, Arch. der Pliarm., 1808, 134, 207).

424 AMOMACÉES.

suivant la quantité d’eau que les granules contiennent à la température ordinaire. Après une exposition prolongée dans une atmosphère d’humidité moyenne, l’Arrowroot, maintenu à tOÛ° C. jusqu’à ce que son poids reste constant, perd L'1,3 pour 100 d’eau. Par une exposition ultérieure à l’air, il reprend la quantité d’eau qu’il contenait primitivement. Pesé dans un liquide entièrement dépourvu d’action sur l’amidon, tel que le pétrole ou la benzine, l’Arrowroot a offert à l’un de nous, comme poids spécifique, 1,504, et 1,565 après que sa poudre eut été desséchée à 100° G.

Structure microscopique de l'Arrowroot et de l'Amidon en général.

— Les granules d amidon sont formés de couches concentriques qui sont rendues bien évidentes par l’action lente du chlorure de calcium, de 1 acide chromique, ou d’une solution ammoniacale d’oxyde cuprique. Lorsqu’on fait agir sur l’amidon une de ces dissolutions dans un état de concentration convenable, ou quand on opère avec un liquide dont l’action n’est pas trop énergique, comme la diastase, la bile, la pepsine, ou la salive, on obtient un résidu qui, d’après Nageli, n’est plus susceptible de se gonfler dans l’eau bouillante, ni d’être coloré en bleu par l’iode, à moins qu’on ajoute de l’acide sulfurique, mais qui est dissous par l’oxyde cuprique ammoniacal. Ce sont là les propriétés essentielles de la cellulose, et le résidu a été considéré par Nâgeli comme de la cellulose véritable, tandis que la portion dissoute a été désignée sous le nom de Granulose (Maschke, 1852). Dans son importante monographie de l’amidon (1), Ntïgeli a décrit l’action exercée par la salive sur ce corps, quand on le fait digérer pendant un jour à une température de 40° à 47° C. 11 décrit le résidu comme un squelette correspondant à la forme primitive du grain d’amidon, mais un peu plus petit, clair, et trèsmobile dans l’eau. 11 en conclut que les interstices de ce squelette étaient primitivement remplis par la granulose.

Cette expérience, qui a été répétée par l’un de nous (F.), ne nous paraît pas comporter toutes les déductions que M. Nügeli en a tirées. Il est vrai que plusieurs parties du grain d’amidon sont dissoutes par la salive, tandis que d’autres sont attaquées d’une manière très-irrégulière ; mais nous ne pouvons admettre qu’il reste quelque chose d’analogue à un squelette du grain d’amidon. Après une action plus prolongée, et à une température plus élevée , qui cependant ne doit pas dépasser 65° G., il se produit une dissolution

(1) Die StürkekOrner, Zurich, 1858, in-4°.

plus considérable du grain d’amidon, soit sous l’action de la salive, soit sous celle de labile, mais elle n’est jamais complète (1).

Composition chimique «le l'amidon. — On assigne communément la formule C6H10O5 à l’amidon, quelle que soit la plante qui le produise. Musculus a. montré cependant, en 1861, que sous l’influence des acides dilués ou de la diastase, l’amidon se dédouble en Dexlrine, C12Hî0O10, et en Dextrose , CGH|206, et quo la formule C18H20O1B répondrait mieux à cette décomposition.

L’eau froide n’est pas sans action sur l’amidon. Lorsqu’on le triture avec l’eau pendant longtemps, le liquide filtré, quoique ne contenant aucune particule d’amidon, se colore en bleu sous l’influence de l’iode, sans qu’il se forme aucun précipité. La quantité d’amidon tenue ainsi en dissolution est extrêmement faible, mais les grains sont légèrement entamés. Il est probable que la dissolution qui se produit dans ces circonstances est due à la légère élévation de température qui est produite par la trituration.

Certains réactifs susceptibles d’attaquer l’amidon agissent sur lui par des procédés très-différents. L’action, à froid, des solutions aqueuses concentrées des sels neutres solubles ou de l’hydrate de chloral est remarquable. Le bromure, l’iodure de potassium, ou le chlorure de calcium, par exemple, font gonfler les grains et les rendent solubles dans l’eau froide. A un certain degré de dilution, il se forme un liquide parfaitement limpide, qui ne contient au début ni dextrine ni sucre; il est coloré en bleu, sans précipité, par l’eau iodée , et l’alcool en précipite l’amidon. Ce précipité, quoique entièrement dépourvu de la structure propre à l’amidon, offre encore un certain nombre des principales propriétés de cette substance ; il est coloré en bleu par l’iode, ne se dissout pas, même à l’état humide, dans l’oxyde cuprique ammoniacal, et, après dessiccation, est insoluble dans l’eau froide ou bouillante. La marche de la dissolution est plus facile à suivre lorsqu’on emploie le chlorure de calcium, parce que ce sel agit plus lentement que ceux que nous avons déjà mentionnés. Il ne laisse qu’un résidu imperceptible. Ce fait est contraire, à notre avis, à l’opinion d’après laquelle l’amidon serait formé d’une substance amylacée particulière, déposée dans les mailles d’un squelette de cellulose.

L action remarquable de l’iode sur l’amidon fut découverte, en 1814, par Colin et Gaultier de Glaubry. Son énergie varie . beaucoup avec

(1) Pour plus (]u détails sur celte question, voyez mon mémoire: Ueher Sltlrke und Cellulose, in Archiv (1er Pharmacie, 1871, 196, 7. [P. A. P.]

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chaque sorte d’amidon, avec la proportion d’iode, et avec la nature de la substance dont les grains se trouvent imprégnés soit avant, soit après l’action do l’iode. Celte action est même entièrement arrêtée, et la coloration bleue ne se produit pas, en présence d’une certaine quantité de quinine, de tannin, d’eau de goudron, et d’autres corps.

La combinaison de l’iode avec l’amidon ne s’effectue pas dans des proportions definies, et elle est facilement détruite par la chaleur. La proportion d’iode combinée s’élève au plus à 7,5 pour 100. Ce composé se forme plus facilement en présence de l’eau, et il se produit alors une coloration bleu-indigo foncé. La plupart des autres substances susceptibles de pénétrer les grains d’amidon, font passer la couleur du composé iodé au violet, au jaune rougeâtre, au jaune ou au bleu verdâtre. Ces différentes colorations, dont la production a été décrite parNâgeli avec beaucoup de détails, répondent aux couleurs propres de l’iode lui-même à l’état solide, liquide ou gazeux. Elles indiquent peut-être que les particules de l’iode pénètrent dans un état particulier, et d’une façon inexpliquée, dans l’amidon ramolli ou dissous.

Commerce de l’Arrowroot. — Les principales sortes d’Arrowroot qu’on trouve dans le commerce sont connues sous les noms d’Arroivroot des Bermudes, de Saint-Vincent et de Natal; mais on trouve encore coté dans les prix courants, du moins accidentellement, l’Arrowroot de la Jamaïque, des Indes occidentales, du Brésil, de Sierra-Leone et des Indes orientales. Parmi ces variétés, celle qui jouit de la plus grande réputation, et qui atteint de beaucoup le prix le plus élevé, est celle des Bermudes ; mais elle est fréquemment mélangée d’Arrowroot des autres localités, qui, cà l’état d’égale pureté, ne peuvent pas être distingués.

Les importations d’Arrowroot dans le Royaume-Uni, pendant l’année ^ 1870, se sont élevées à 21 770 quintaux, valant 33 063 livres sterling. Sur cette quantité, l’île Saint-Yincent, dans les Antilles, avait fourni près de 17 000 quintaux, et la colonie de Natal environ 3000 quintaux.

La fabrication de l’Arrowroot paraît décliner dans les îles des Indes occidentales. Les Bermudes, particulièrement, n’en exportent plus qu’une quantité insuffisante pour les besoins du commerce (1).

Usages. — L’Arrowroot bouilli dans l’eau ou le lait constitue un excellent aliment pour les convalescents. C’est aussi un aliment agréable sous forme de pudding et de blanc-manger.

Falsification. — On vend parfois sous le nom d Arroivroot d autres

(1) Pendant l’année 1868, il n’en a été exporté que 60 quintaux, et en 1869, 91 quintaux.

amidons que celui du Maranta. On ne peut les distinguer qu’à l’aide du microscope.

AUTRES AMIDONS.

Amidon de Pomme de terre. — Cette substance, connue dans le commerce sous le nom de Fécule ou Farine de Pommes de terre , est préparée avec les tubercules du Solanum tuberosum L. par un procédé analogue à celui qui est employé pour la préparation de l’arrowroot. L’amidon de pommes de terre offre les caractères suivants : Examinés au microscope, les granules paraissent être surtout de deux sortes : les uns petits et sphériques, les autres beaucoup plus gros, ayant parfois jusqu’à 100 millièmes de millimètre de long, avec un contour irrégulier, ovale ou anguleux; ils sont marqués de fines lignes concentriques disposées autour d’un hile peu visible. Lorsqu’on les chauffe dans l’eau ils se gonflent beaucoup, même à 60° C. L’acide chlorhydrique, ayant pour poids spécifique 1 ,06, les dissout même à 40° C., rapidement et presque entièrement, et il ne se dépose plus ensuite de granulations comme dans le cas de l’arrowroot. Le mélange d’arrowroot et d’acide chlorhydrique est inodore, tandis que celui d’amidon de pommes de terre et d’acide chlorhydrique possède une odeur particulière, mais faible.

Amidon de Canna ( Amidon de Tous les mois (I), de Toulema , de Tolomane). — On cultive dans les îles des Indes occidentales, et particulièrement dans l’île de Saint-Kitts, une espèce de Canna dont le rhizome sert depuis 1836 à l’extraction d’une sorte particulière d’amidon. On emploie le même procédé que pour l’arrowroot. Le nom spécifique de la plante est encore indéterminé. Nous avons reçu de Saint-Kitts des rhizomes vivants, et nous avons cultivé la plante pendant plusieurs an-

(I) On admet généralement que le nom de Tous les mois a été donné à la plante parce qu’elle fleurit pendant toute l’année, mais cette explication ne nous paraît pas vraisemblable. Ce nom n’est mentionné ni par Rochefort, ni par Aublet, ni par Descourtilz, qui nomment la plante Balisier ou Canna. Il paraît plus probable qu’il vient, par corruption, d’une dénomination aucienne, peut-être Touloula, qui est l’un des noms caraïbes du Canna et du Calathea.

Fig. 256. Amidon do Solanum tuberosum.

428 AMOMACÉES.

nées, mais nous n’avons pas pu obtenir de fleurs, et les feuilles n’offraient pas de caractères suffisants pour permettre de reconnaître l’espèce. L’amidon porte le môme nom que la piaule ; c’est une poudre blanc foncé, douée d’un aspect satiné ou lustré particulier, dû à la grosseur extraordinaire des granules dont elle est composée. Les grains de cet amidon, [examinés au microscope, paraissent aplatis et irréguliers, circulaires, ovales, oblongs ou ovales-tronqués. Le centre des nombreuses lignes concentriques qui marquent chaque granule est situé à une dos extrémités du grain. Le hile n’est pas visible. Les granules, quoique beaucoup plus grands que ceux de la pomme de terre, ont la même densité que ceux de la petite variété de l’amidon de pommes de terre, et flottent comme eux à la surface du chloroforme. Lorsqu’on les chauffe, ils commencent à éclater vers 72° C. L’acide chlorhydrique dilué agit sur eux comme sur ceux de l’arrowroot.

L’amidon de Canna, bouilli dans vingt fois son poids d’eau, donne une gelée moins claire et plus tenace que celle de l’arrowroot, mais cependant susceptible des mêmes applications. Cet amidon n’est fabriqué qu’en très-petite quantité; il est peu connu et peu estimé en Europe (1).

Amidon de Curcuma ( Tikor , Tiklwr ). — Les tubercules pendants et

incolores de quelques espèces de Curcuma , et particulièrement du C. angustifolia Roxb. et du C . leucorrhiza Roxb., 1 sont depuis longtemps utilisés, dans le | sud de l’Inde, pour la préparation d’une | sorte d’arrowrool connu sous le nom | hindoustani de Tikhar, et nommé parfois j par les Européens Arrowroot des Indes Orientales (2). Les granules de cet ami- Fis?- 257- don ressemblent beaucoup à ceux du

Amidon de Curcuma leucorrhiza ■ ,, ... . . . , .

Maranta , mais ils ne sont ni sphenques ni anguleux. On peut les décrire plutôt comme des disques aplatis, ayant de S à 7 millièmes de millimètre d’épaisseur, à contour elliptique ou ovoïde, parfois tronqué. Un grand nombre ont de 00 à 70 millièmes de millimètre de long. Le hile est généralement situé au niveau de la

(1) Il en a été mis en vente, il Londres, le 10 mai 1871, vingt barils provenant de Saint- Kilts. Ils furent vendus à raison de 2 deniers et demi la livre.

(2) Des racines vivantes de la plante, employées pour la préparation de cet arrowroot, il Cochin, nous ont été obligeamment envoyées par A. F. Sealy, Esq. de cette ville.

petite extrémité. D’après nos observations, quand on chauffe ces granules dans l’eau, ils commencent à se gonfler à 72° G.

L’amidon du Curcuma possède les propriétés générales de l’arrowroot commun. On le fabrique sur une grande échelle, mais d’une façon très-primitive, à Travancore, à Gochin et à Ganara, sur la côte sud-ouest de l’Inde. Drury (I) dit qu’il constitue un des aliments favoris des indigènes. et qu’on l’exporte de Travancore et de Madras. Nous pouvons ajouter qu’il n’est pas connu sur le marché anglais comme marchandise spéciale, et que l’amidon que nous avons vu en vente dans les boutiques de Londres, sous le nom d ’Arrowroot des Indes orientales , était de l’amidon de Maranta.

(a) Les Maranla Plumier ( Généra , 36) sont des Amomacées de la tribu des Marantées à corolle irrégulière ; à étamines pétaloïdes, l’une d’elles seulement fertile et ne portant qu’une demi-anthère sur son bord ; à ovaire infère, triloculaire, avec des loges uniovulées.

Le Maranta arundinacea L. ( Species , 2) est une plante à souche vivace, fibreuse, produisant au niveau de sa couronne de nombreux tubercules fusiformes, charnus, écailleux, et une tige aérienne haute de 30 à 60 centimètres, très-ramifiéè, grêle, finement velue, renflée au niveau des nœuds. Les feuilles sont alternes et munies de longues gaines foliacées, velues-, elles sont ovales-oblongues, acuminées, légèrement velues en dessous, colorées sur les deux faces en vert pâle. Les fleurs sont disposées en panicules terminales, lâches, étalées, munies, au niveau de leurs ramifications, de longues bractées linéaires, engainantes. La fleur est irrégulière et hermaphrodite. Le calice est formé de trois sépales verts, lisses imbriqués dans la préfloraison. La corolle, ou calice intérieur, est petite, blanche, composée de trois pétales connés en tube dans le bas. L’androcée est formé de trois étamines pétaloïdes; Tune d’elles seulement est fertile et porte une seule loge anthérique fixée sur l’un de ses bords; les deux autres sont des staminodes pétaloïdes, dont l’une reste simple et l’autre se dédouble en deux lames. Le gynécée est formé d’un ovaire infère, triloculaire, surmonté d’un style tubuleux, recourbé, terminé par trois lobes stigmatiques. Chaque loge de l’ovaire ne contient qu’un seul ovule anatrope inséré dans l’angle interne. Le fruit est d’abord bacciforme, mais il se dessèche après la maturité, et ne renferme, par avortement, qu’une seule graine dépourvue d’arille, dont l’albumen est corné et l’embryon recourbé (2). [Trad.]

RHIZOME DE GINGEMBRE.

Uhizoma Zingiberis ; Radia Zingiberis; angl., Ginger ; allera., Ingwer.

Origine botanique. — Zingiber officinale Roscoe ( Amomum Zingiber L.) . C’est une plante à port de roseau, avec des tiges annuelles, feuillées,

(1) Use fui Plants of India, éd. 2, 1873, 168.

(2) Pour le Développement et l'Organisation de la fleur d-es Maranlées, voyez H. Bâillon, in Adansonia, 1861.

4JU AMOMACÉES.

hautes de 90 centimètres à im,20, et des Heurs disposées en épis conifjucs portés par d autres rameaux qui s’élèvent directement du rhizome. Le Gingembre est indigène de l'Asie, dans les parties les plus chaudes de laquelle il est très-cultivé (1). Mais il est inconnu à l’état sauvage. 11 a été introduit dans la plupart des contrées tropicales; on le trouve aujourd’hui dans les Indes occidentales, dans l’Amérique du Sud, dans l’Afrique tropicale occidentale, et dans le Queensland en Australie (a).

Historique.- Le Gingembre est connu dans l’Inde, depuis les temps les plus reculés, sous le vieux nom sanscrit de Sringavéra, d’où déii\ent son nom gi ec Z^yiêepi et son nom latin Zingiber. 11 était employé comme épice par les Grecs et par les Romains, qui le recevaient probablement par la voie de la mer Rouge, car ils le considéraient comme un produit du sud de l’Arabie.

Dans une liste des drogues importées de la mer Rouge à Alexandrie, qui, au deuxième siècle de notre ère, ôtaient frappées d’un impôt par le fisc romain, nous trouvons le Zingiber parmi d’autres épices de 1 Inde (2). Pendant le moyen âge, il est fréquemment mentionné dans des listes semblables, et il constituait évidemment un objet important de commerce entre 1 Europe et 1 Orient. Nous le trouvons dans le tarif des impôts levés à Saint-Jean d’Acre, en Palestine, vers 1173 (3); dans celui de Barcelone (4), en 1221; dans celui de Marseille (3), en 1228; dans celui de Paris (6), en 1296. Le Tarif des Péages , ou tarif des douanes des comtes de Provence, au milieu du treizième siècle, prescrit de lever dans les villes et châteaux d’Aix, Digne, Valensole, Tarascon, Avignon, Orgon, Arles, etc., un impôt sur diverses marchandises importées d Orient, parmi lesquelles se trouvent des épices, notamment le poivre, le Gingembre , les clous de girofle, le zédoaire, le galanga, le cubèbe, le safran, la « canella », le cumin, l’anis; des matières tinctoriales, notamment : la laque, 1 indigo, le bois du Brésil, et surtout l’alun ; des denrées diverses, telles que le sucre, le -riz et les dattes (7).

En Angleterre, le Gingembre paraît avoir été assez bien connu, même avant la conquête des Normands, car il est fréquemment nommé dans

(1) Le mode de culture a été décrit par Buchanan, Jouvney from Madras througli Mysore , etc., 1807, 11, 469.

(2) Vincent, Commerce and Navigation of the Ancients, 1807, II, 695.

(3) Recueil des Historiens des Croisades ; Lois 1843, II, 176.

(4) Capmany, Mcmorias sobre la Marina, etc., de Barcelona , Madrid, 1779, IF, 3.

(5) Méuy et Guindon, Hist. des Actes de la municipalité de Marseille, 1841,

I, 372. Guérahd, Cartul. de Saint- Victor de Marseille.

(6) Revue Archéologique, 1852, IX, 213.

(7) Collection des Cartulaires de France, Paris, 1857, VIII, pp. lxxiii-xci.

les traités de médecine vétérinaire anglo-saxons du onzième siècle. Pendant les treizième et quatorzième siècles, il était, après le poivre, la plus commune des épices, et coûtait, en moyenne, a peu près 1 shilling 7 deniers la livre, à peu près le prix d’un mouton (I).

Vers le milieu du quatorzième siècle, les marchands d’Italie connaissaient trois sortes de Gingembre, nommées Belledi, Colombino et Micchino. Ges dénominations peuvent s’expliquer de la façon suivante : Belledi ou Baladi est un mot arabe qui, appliqué au Gingembre, signifierait sauvage ou du pays , c’est-à-dire Gingembre commun. Colombino se rapporte à Columbum, Kolam ou Quilon, port du Travancore fréquemment mentionné au moyen âge. Le nom de Micchino paraît indiquer que l’épice était apportée de la Mecque ou par la voie de la Mecque (2).

On importait aussi, pendant le moyen âge, du Gingembre conservé dans du sirop, qu’on nommait Gingembre vert ; on le considérait comme une friandise de premier choix.

La plante qui produit le Gingembre doit avoir été bien connue de Marco Polo (1280-1290). Il dit l’avoir vue en Chine et dans l’Inde. Giovanni de Monte-Corvino, qui visita l’Inde vers 1292 (voy. Il, 227) décrit le Gingembre comme un glaïeul dont on peut arracher et transporter la racine. Nicolo Conti, au commencement du quinzième siècle, donne aussi une description de la plante, et la façon dont on arrache sa racine, d’après les observations faites par lui-même dans l’Inde (3).

Les Vénitiens recevaient le Gingembre par la voie d’Egypte ; certaines sortes supérieures cependant étaient transportées de l’Inde par terre, puis suivaient la voie de la mer Noire, ainsi que l’établit Marino Sanudo (4), vers 1306. Le Gingembre fut introduit en Amérique par Francisco de Mendoça qui le récolta dans les Indes orientales poulie transporter dans Nouvelle-Espagne (5). On l’expédiait commercialement de file de Saint-Domingue dès 1385, et des Barbades en 1654 (6). D’après Renny, on en exportait de très-grandes quantités des Indes occidentales pour l’Espagne, dès 1547 (7).

Description. ■ — Le Gingembre se présente sous deux formes. Dans

(1) Rogers, Hist. oj Agriculture and Prices in England, 1866, I, 629.

(2) Yule, Booli of Ser Marco Polo, 1871, II, 316.

(3) Voyez p. 828, note 2, t. 2.

(4) Marinus Sanutus, Liber secretorum fidelium crucis, l-Ianau., 1611,22.

(5) Monardes, Uist. de las cosas que se Iraen de nuestras Induis occidentales, Sevilla, 1874, 99.

(6) Calendar of State Papcrs, Colonial Sériés, 1874-1660, Loud., 1860, 4, 414, 434.

(7) 22 083 quintaux. Voyez : Renny, Hist. of Jamciica, Lond., 1807, 184.

AMOMACÉES.

1 une, le rhizome a ôté desséché avec son épiderme; on lui donne le nom de Gingembre cortiqué. Dans l’autre, le rhizome est privé de son épiderme, c est le Gingembre décortiqué. Les morceaux sont nommés par les épiciers racines ou mains. Ils ont rarement plus de 10 centimètres de long; leur forme est palmée; chacun d’eux porte une série de lobes courts, comprimés latéralement, répondant à autant de bases de rameaux, et offrant chacun au niveau du sommet une petite dépression, qui représente la cicatrice de l’axe fouillé.

Pour préparer le rhizome décortiqué on racle le rhizome, on le lave et on le fait sécher au soleil. Il offre alors une coloration chamois pale ; sa surface est striée et un peu fibreuse ; il se casse facilement, et sa cassure est courte et farineuse ; elle met à nu de nombieuses fibres semblables à des soies. Coupée avec un canif, la portion terminale et jeune du rhizome se montre colorée en jaune pâle; elle est molle et amylacée, tandis que la partie la plus vieille est dure, pierreuse et résineuse.

Le Gingembre cortiqué , c’est-à-dire celui qui a été séché avec son épiderme, est recouvert d’un tégument brun, ridé, strié, qui lui donne un aspect extérieur rude et grossier. Sa coloration interne est, d’ordinaire, moins claire que celle du Gingembre décortiqué. Beaucoup de morceaux de cette sorte de Gingembre sont foncés, cornés et résineux.

Le Gingembre possède une odeur aromatique agréable, et une saveur forte, piquante.

Variétés. — Les diverses sortes de Gingembre qu’on trouve actuellement sur le marché de Londres sont désignées sous les noms de Gingembre de la Jamaïque , de Cocliin , du Bengale et d'Afrique. Les trois premières sortes sont décortiquées , la dernière est cortiquée , c’est cette dernière qui est la plus estimée; après elle, vient celle de Gochin, mais il existe un grand nombre de qualités de chacune de ces sortes, offrant entre elles de grandes différences.

Le Gingembre décortiqué est fréquemment blanchi, soit par l’acide sulfureux, soit par immersion pendant un temps très-court dans une solution d’hypochlorite de chaux. Celui qu’on trouve chez les épiciers paraît souvent avoir été badigeonné à la chaux, car il est recouvert d’une couche mince de substance calcaire, qui est du sulfate ou carbonate de calcium (1).

Structure microscopique. — Sur une coupc transversale, le Gin-

(1) M. Garside ( Pharm . Journ., 18 avril 1874) y a trouvé ces deux sels. Nous n’avons pas observé nous-mêmes le carbonate.

gembre cortiqué offre une couche externe brune, cornée, épaisse d’un millimètre environ, séparée par une ligne fine cio la paitie interne qui est blanchâtre et farineuse, et dans laquelle sont dispersés sans ordre de nombreux faisceaux fibro-vasculaires et des cellules à résine. Le tissu externe est formé d’une couche extérieure lâche, et d’une couche interne composée de cellules tabulaires. En dedans de cette dernière, se trouve une zone de cellules parenchymateuses courtes, qui, sur une section transversale, offrent un contour sinueux et des parois partiellement épaissies ; elles ont une apparence cornée particulière. C’est ce tissu qui forme le revêtement du Gingembre décortiqué, et donne à sa surface un aspect strié. C’est lui aussi qui est le siège principal de la résine et de l’huile volatile qui sont contenues dans de larges cavités. Le tissu à grandes cellules qui vient ensuite est rempli d’amidon, et contient aussi de grandes quantités de résine et des gouttes d’huile. Les grains d’amidon sont irrégulièrement sphériques ; ils ont au plus 40 millièmes de millimètre de diamètre. Certaines variétés de Gingembre, dont l’amidon a été rendu gélatineux par l’ébullition, sont cornées et translucides. Le cercle de faisceaux fibro-vasculaires qui sépare les couches externes de la portion centrale est étroit, et offre la même disposition et la même structure que dans le Gurcuma.

Composition chimique. — Le Gingembre contient une huile volatile, qui seule parmi ses principes constituants a été jusqu’à ce jour étudiée. En distillant 50 kil. de Gingembre de la Jamaïque avec de l’eau, de la façon habituelle, nous avons obtenu 124 grammes de cette essence, c’est-à-dire 1/4 pour 100 environ. C’est un liquide jaune pâle, ayant pour poids spécifique 0,878 ; son odeur est semblable à celle du Gingembre, mais il n’a pas la saveur brûlante de ce dernier. Sa réaction n'est pas acide, il ne se dissout que difficilement dans l’alcool (0,83) et dévie la lumière polarisée vers la gauche, de 21°, 6, en colonne de 50 millimètres. La saveur brûlante du Gingembre est due à une résine qui produit de l’acide protocatéchique quand on la fond avec de la potasse (Stenhouse, 1877).

Commerce. — La Grande-Bretagne a importé pendant ces dernières années les quantités suivantes de Gingembre : en 1868, 52 194 quintaux; en 1869, 34 535 quintaux; en 1870, 33 854 quintaux ; en 1871, 32723 quintaux ; en 1872, 32 174 quintaux.

En 1872, les quantités importées se décomposent de la façon suivante, par rapport au pays producteur : d’Egypte, 4 923 quintaux ; de Sierra-Leone, 6167 quintaux ; de l’Inde Anglaise, 13 310 quin-

AMOMACÉES.

taux; dos Indes occidentales anglaises, 7 543 quintaux; des autres pays, 231 quintaux.

Les importations de Gingembre provenant des Indes occidentales ont beaucoup diminué pendant ces dernières années.

Usages. Le Gingembre est un aromate agréable et stomachique. A ce point de vue, il peut être ajouté avec avantage à d’autres médicaments, mais on 1 emploie beaucoup plus comme condiment que comme drogue.

Les Gingembres {Zingiber Gærtneu, Fruct., 1,33, t. 12) sont des Amomacées- Zingibérées à corolle tripartite; à androcée formé d’un verticille de trois étamines dont une seule est fertile et munie d’une anthère biloculaire, surmontée d'un loinappendice subulo et canalicule, les deux autres etamines étant connées eu un staminode pétaloïde ou labelle ; à ovaire infère, triloculaire, contenant plusieurs ovules dans chaque loge ; à capsule triloculaire, déhiscente en trois valves.

Le Zingiber officinale Roscoe (in Trans. Linn. Soc., VIII, 348) est une plante h rhizome tubéreux, bisannuel, émettant des rameaux foliaires aériens, dressés, annuels, hauts de 30 centimètres à lm,20. Les feuilles sont munies de longues gaines lisses, qui enveloppent complètement la tige ; elles sont étroites, linéaires-lancéolées,

très-lisses en dessus, un peu moins lisses en dessous ; au niveau du point de jonction de la feuille et de la gaine se voit une ligule bifide. Les fleurs sont portées par d autres rameaux ou scapes, émis directement par le rhizome, hauts de la à 30 centimètres, enveloppés par un petit nombre d’écailles engainantes, obtuses, qui vers le haut se développent parfois en feuilles véritables, mais beaucoup plus courtes que celles des rameaux foliaires. Les fleurs sont disposées au sommet du scape en un épi du volume du pouce, oblong, muni de bractées imbriquées, obovales, lisses, membraneuses sur les bords, parcourues de stries longitudinales, enveloppant chacune une seule fleur axillaire, portée par un pédoncule très-court. Ce dernier porte une bractée plus petite que la bractée mère et enveloppant l’ovaire, le Calice, et une partie de la corolle. Les fleurs sont petites relativement ci celles des plantes de cette famille. Le calice est tubuleux, fendu sur l’une de ses faces, divisé en trois dents. La corolle est tubuleuse, à tube allongé et cylindrique, à limbe divisé en trois segments à peu près égaux, oblongs, terminés en pointe, naissant en alternance avec les trois divisions du calice et imbriqués dans la préfloraison. L’androcée se compose de trois étamines, dont une seule fertile, pétaloïde, portant une anthère allongée, oblongue, biloculaire, déhiscente par deux fentes longitudinales, et surmontée par un long prolongement subulé et canaliculé du connectif. Les deux autres étamines sont stériles et connées en une lame pétaloïde ou labelle. Le gynécée est formé d’un ovaire ovale, triloculaire, surmonté d’un style filiforme que termine un stigmate en entonnoir, cilié,

logé au-dessous du sommet de la corne qui termine l’anthère. Entre la hase du style et l’androcée sont deux lames allongées représentant un disque épigyno. Chaque loge ovarienne contient un nombre iudéfini d’ovules anatropes, insérés dans l’angle interne. Le fruit est une capsule triloculaire, loculicide, déhiscente en trois falves. Elle contient dans chaque loge un nombre variable de graines munies d’un arillc, et renfermant un embryon axile dans un albumen charnu.

[Trad.]

RHIZOME DE CURCUMA.

lihisoma Curcuma ( I), Radix Cia'cumss ; Angl., Turmeric ; allem., Gelbwurxel, Kurkuma.

Origine botanique. — Curcuma longa L. Le Curcuma est indigène de l’Asie méridionale, où il est très-cultivé sur le continent et dans les îles (a).

Historique. — Dioscoride mentionne une plante indienne, une sorte de Cyperus (Kiksipoç), semblable au Gingembre, mais offrant une coloration jaune, et ayant, lorsqu’on la' mâche, une saveur amère ; il est probable qu’il faisait allusion au Curcuma. Garcia. d’Orta, en 1563, et Fragoso, en 1572, décrivent le Curcuma sous le nom de Crocus indiens. Dans une liste des drogues qui se vendaient à Francfort vers 1450, on trouve le Curcuma à côté du Zédoaire et du Gingembre (2).

Dans son pays d’origine, le Curcuma est, depuis les temps les plus reculés, tenu en grande estime, soit comme condiment, soit comme matière tinctoriale. En Europe, il a toujours été moins apprécié que les autres épices appartenant au même groupe que le Gingembre. Dans un inventaire des biens d’un commerçant du Yorkshire, daté du 20 septembre 1578, on trouve énuméré « x. owneis of turmeracke , x d. » (3).

Description. — La base de la tige du Curcuma s’épaissit pendant la première année en une souche ovale qui émet ultérieurement des bourgeons, et forme des rhizomes latéraux secondaires, de chacun desquels partent des racines. Ces dernières se ramifient et restent fibreuses, ou bien se renflent parfois en tubercules incolores, fusiformes, riches en amidon. Les rhizomes latéraux sont sans aucun doute susceptibles de produire autant de plantes indépendantes qui peuvent vivre isolées de la plante mère. Le rhizome central, autrefois connu sous le nom de Curcuma rotunda , et les rhizomes latéraux, allongés, ou Curcuma longa,

(1) Le mot Curcuma vient du persan Kurkum, nom qu’on applique au Safran.

(2) Fi.ückiger, Die Frankfurter Liste , Halle, 1873, 11.

(3) Raine, Wills and Invent. o( the Archdeac. of Richmond (Surtees Society), 1833, 277.

43G . AMOMACÈES.

étaient considérés par Linné comme produits par des espèces distinctes.

Les tubercules radicaux de quelques espèces de Curcuma , et notamment du C. angustifolia Roxb., sont employés à la préparation d’une sorte d’arrow-root (p. 428). — On les fait parfois dessécher, et ils constituent alors une espèce particulière de Curcuma que les Chinois nomment Yuh-Kin (t).

Le Curcuma du commerce est constitué par les deux sortes de rhizomes dont nous avons parlé plus haut : les rhizomes du centre ou ronds, et les rhizomes latéraux ou longs. Les premiers sont ovales, pyrifonnes.ou presque sphériques, parfois pointus au niveau de l’extrémité supérieure, et couronnés par le reste des feuilles, tandis que les faces portent les racines et sont marquées de sillons concentriques. Leur diamètre est très-variable, mais ils ont rarement moins de 2 centimètres, et fréquemment beaucoup plus. Un a l’habitude de les couper et de les échauder pour détruire leur vitalité et faciliter leur dessiccation. Les rhizomes latéraux sont à peu près cylindriques, atténués aux deux extrémités, généralement recourbés, couverts d’une écorce rugueuse, et marqués de sillons transversaux plus ou moins nombreux. On observe parfois sur une de leurs faces une, deux, ou plusieurs saillies qui répondent à autant de bourgeons. Les rhizomes de Curcuma des deux variétés, ronds ou longs, sont très-durs, et offrent une surface de cassure foncée, à aspect résineux, colorée en orange ou en brun orangé plus ou moins brillant. Ils possèdent une odeur et une saveur aromatiques, particulières.

On trouve sur le marché anglais plusieurs variétés de Curcuma qu’on distingue par les noms des pays qui les produisent ; mais quoiqu’elles offrent des caractères assez marqués pour qu’un commerçant exercé ne puisse s’y tromper, ces caractères ne sont ni assez prononcés ni assez constants pour qu’on puisse les décrire de façon à ce qu’il soit possible de toujours bien les reconnaître. Les sortes principales qui existent actuellement dans le commerce sont celles de Chine , de Madras, du Bengale, de Java et de Cocliin. La première est la plus estimée, mais on ne la trouve que rarement sur le marché européen (2).

L q Curcuma de Madras est une belle sorte se présentant en gros

(]) Pharm. Jourtl., 1862, III, 260, fig. II. — Elle n’est pas entièrement dépourvue de matière odorante jaune.

(2) On en exporte une assez grande quantité de Takow, port de l’ile Formose, en majeure partie à destination des ports de la Chine { Retums of Trade at t/ie Trcaty Ports o f China for 1872, 106).

morceaux. Certaines caisses ne contiennent parfois que des rhizomes ronds, tandis que d’autres sont remplies uniquement de rhizomes longs

ou latéraux.

Le Curcuma du Bengale diffère surtout des autres variétés par sa coloration plus foncée, ce qui le fait rechercher de préférence pour la teinture.

Le Curcuma de Java ne présente guère de caractères particuliers ; il est recouvert d’une pousssière produite par sa propre substance, mais la surface de sa cassure n’offre pas une coloration très-brillante. A en juger par le bas prix auquel il se vend, il n’est guère estimé. Il est produit parle Curcuma longa, var. (3 min or Hasskarl (I).

structure microscopique. — La couche subéreuse est formée de huit à dix rangées de cellules tabulaires. Le parenchyme de la couche corticale moyenne présente de grandes cellules polyédriques à angles arrondis. Vers lè centre du rhizome, on voit, sur la coupe transversale, un cercle de faisceaux fibro-vasculaires pressés les uns contre les autres, et formant une sorte de gaine autour de la moelle. Le parenchyme limité extérieurement par ce cercle est traversé par des faisceaux épars ; ses cellules renferment, pour la plupart, des grains d’amidon arrondis ou anguleux, mais tellement désorganisés qu’ils n’offrent plus dans la lumière polarisée l’aspqct caractéristique de l’amidon ; cependant ils sont colorés en bleu par l’iode. Cette structure particulière de l’amidon est due àl’action de l’eau bouillante. On trouve aussi dans certaines cellules des granules de résine colorés en rouge jaunâtre. Le tissu tout entier est imprégné d’une matière colorante jaune, et offre de nombreuses gouttes d’huile essentielle qui, dans le rhizome frais, est sans aucun doute renfermée dans des cellules particulières.

Composition chimique. — Le Curcuma contient environ 1 pour 100 d’une huile essentielle qui, d’après Suida et Daube (1868), est constituée en majeure partie par un liquide correspondant à la formule Gt0HuO, identique à celle du Carvol (2). Ce liquide est accompagné dans la drogue d’une faible proportion d’un hydrocarbure.

La matière colorante, nommée Curcumine, s’obtient en épuisant la drogue avec la benzine, après qu’on a distillé l’huile essentielle. Les cristaux impurs retirés de la benzine sont dissous dans l’alcool, et pré-

(1) D’après une information qui nous a été communiquée par M. Binnendyk, du Jardin botanique de Buitenzorg, à Java.

(2) J’ai fait voir, ainsi que l’avaient déjà avancé Suida et Daube, que cette essence de Curcuma n’est nullement identique avec le Carvol. (Voir Fruits de Cauvi). [F. A. F.]

*38 AMOMACÉES.

oipités par l’acétate basique cio plomb. On élimine cc dernier par l’hydrogène sulfuré, et on fait recristalliser la curcumiue dans l’alcool. Elle forme alors des cristaux jaunes, ayant l’odeur delà vanille, et présentant dans la lumière réfléchie une belle coloration bleue. Daube (1871) leur assigne la formule C10H10O13. D’après Ivanow Gajewsky (1873), la meilleure façon de préparer la curcumine consiste à laver avec de l’ammoniaque faible un extrait éthéré de Curcuma, à dissoudre le résidu dans l’ammoniaque concentrée bouillante, puis à faire passer dans la solution un courant d’acide carbonique qui précipite la curcumine en flocons.

Un fragment de papier humecté d’une solution alcoolique de curcumine prend au contact d’un alcali une belle coloration rouge-brun, qui passe au violet par la dessiccation. L’acide boracique communique à la curcumine une coloration orange, qui tourne au bleu quand on ajoute une solution alcaline (1). Cette réaction de la curcumine impure fut signalée par Vogel dès 1815. On l'a, depuis cette époque, utilisée comme réaction chimique caractéristique.

Lorsqu’on ajoute du borax à la curcumine, il se produit une substance rose, la Rosocyanine de Schlumberger (1866), que Daube a obtenue à l’état cristallin. Ivanow Gajewsky, qui l’a isolée en chauffant un extrait alcoolique de Curcuma avec les acides boracique et sulfurique, la décrit comme une poudre cristalline pourpre, à reflet métallique vert, insoluble dans l’eau et soluble dans l’alcool. Les alcalis colorent sa solution en bleu foncé.

D’après le même chimiste (1870), il existe encore dans le Curcuma un alcaloïde, en très-petite proportion. Kachler (1871) a trouvé dans la décoction aqueuse de ce rhizome une grande quantité de bioxalate de potassium.

Commerce. — Il a été importé dans le Royaume-Uni, pendant l’année 1860, 64 280 quintaux de Curcuma ; en 1870, 44900 quintaux. Une grande partie provenait du Bengale et de Pegu. L’exportation de Calcutta (2), pendant l’année 1870-71, fut de 59 352 quintaux. Bombay en a

(1) L’expérience suivante montre d’une manière frappante quelques-uns de ces changements de coloration : on place une petite quantité de Curcuma broyé, ou de la poudre de Curcuma sur du papier buvard, et on l’humecte à plusieurs reprises avec du chloroforme qu’on laisse évaporer. Il se produit sur le papier une tache jaune qui, sous l’influence d’une solution légèrement acidulée de borax offre, après dessiccation, une teinte pourpre. En humectant alors le papier avec de l’ammoniaque diluée, on voit la tache prendre une coloration bleue passagère. Cette reaction permet de reconnaître la présence du Curcuma dans la poudre de Rhubarbe ou dans colle de Moutarde.

(2) Rapports cités tome II, page 324, note 2.

exporté, en 1871-72, 29 780 quintaux, la plus grande partie fut expédiée vers le Sind et dans le golfe Persique, et 910 quintaux seulement arrivèrent en Europe (I).

Usages. — Le Qurcuma est employé comme condiment dans la fabrication de la poudre de Curry ; à ce titre, il est fréquemment vendu par les droguistes, mais il n’est d’aucun usage en médecine. On s’en sert beaucoup dans la teinture.

Substitution. — On a récemment apporté sur le marché de Londres une grande quantité d’une drogue nommée Curcuma de Cochin, produite par des espèces de Curcuma autres que le C. longa. Elle est formée uniquement d’un rhizome bulbeux, de grandes dimensions, coupé transversalement, ou dans le sens de la longueur, en tranches ou en morceaux. La portion corticale est colorée en brun foncé ; la substance interne est cornée et colorée en brun orange foncé, ou, lorsque les tranches sont minces, en jaune brillant. M. A. Forbes Sealy, de Cochin, a été assez bon pour nous envoyer, en 1873, des rhizomes vivants de ce Curcuma, en nous informant qu’il croît en majeure partie à Alwaye, au nord-ouest de Cochin, et qu’on ne l’emploie jamais dans le pays comme Curcuma, mais qu’on retire de son rhizome une sorte d’arrowroot, Les rhizomes qu’il nous a envoyés sont épais, courts, coniques et d’un volume considérable; quelques-uns ont jusqu’à 6 centimètres de diamètre. Ils sont colorés intérieurement en jaune orange brillant (2).

(a) Les Curcuma L. (Gênera, u. 6) sont des Amomacées de la tribu des Zingibôrées, à calice tubuleux, tridenté; à corolle tubuleuse, tripartite; à androcée formé d’un staminode ou Libelle bifide , et d’une étamine fertile , à anthère bîloculaire munie à la base de deux éperons, et portée par un filament pétaloïde, trilobé ; à style capillaire ; à ovaire triloculaire, contenant plusieurs ovules dans chaque loge ; à capsule triloculaire, avec des loges polyspermes.

Le Curcuma longa L. ( Specics , 3) est une plante à souches tubéreuses, oblongnes, palmées, colorées intérieurement en orange foncée. Les feuilles sont alternes, longuement pétiolées, lancéolées, rétrécies aux deux extrémités, glabres, colorées en vert uniforme. Les fleurs sont portées par un scape enveloppé par les gaines des feuilles et terminé au centre de ces dernières par un épi oblong, vert, muni de bractées aiguës, aussi longues que les fleurs qui sont insérées solitairement dans leur aisselle. Les fleurs sont jaunes. Le calice est tubuleux, divisé en trois dents ; la corolle est tubuleuse, élargie vers le haut, tripartite. L’androcée est formé de trois

(1) Staternent of tlie Trade and Navigation of Bombay for 1871-72, p. II, 9b.

(2) La Curcumine sc trouve encore dans les rhizomes du Zingiber Cassumunar Roxn. (autrefois nommé Radix Cassumunar ), et des Curcuma amarissima Roscoe, C. alata, et C. petiolata Roscoe. Toutes ces plantes sont figurées dans le magnifique ouvrage de Roscoe, Monanclrous Riants of the order Scitamine.r, Li verpool, 1828. [P. A. P.]

AMOMACÉES.

rtamiiies, dont deux sont oonnées en un staminodfi ou lnbellc très-développé, bifide ; ! autre étamine est fertile, pétaloïdc, trilobée, à lobe médian portant une anthère biloculaire, déhiscente par deux fentes longitudinales, munie à la base de deux appendices en forme d’éperons. Le gynécée est formé d’un ovaire infère, triloculaire, surmonté d’un stylo filiforme. Chaque loge ovarienne contient un nombre indéfini d’ovules anatropes insérés dans l’angle interne. Le fruit est une capsule triloculaire, s’ouvrant par déhiscence loculicide en trois valves, et contenant dans chaque loge un nombre indéfini do graines arillées, qui renferment un albumen abondant et un embryon axile.

Le Curcuma leucorhiza Roxburgh ( Flora indica, I, 30) qui fournit YArrovorool de l'Inde (voy. page 428) se distingue par son scape latéral, son rhizome tubéreux droit, et souvent long do près de 30 centimètres, émettant de nombreuses racines tuberculeuses, oblongues, colorées intérieurement en blanc.

Le Curcuma angustifolia Roxburcii (ds. Research ., XI, 338, t. 3) qui fournit également une partie de Y Arrow-root de l'Inde, se distingue par ses feuilles étroites, lancéolées, très-aiguës, longues de 30 à 90 centimètres, y compris le pétiole et la gaine ; par ses fleurs plus grandes que les bractées. [Trad.]

RHIZOME DE GALANGA,

Rhizome Galangæ (1) ; Radix Galangæ minoris ; Rhizome de Galanga; Racine de Galanga ;

angl., Galangal; allem., Galgant.

Origine botanique. — rllpinia offîcinarum Hance (2). — C’est une plante à port de roseau, avec des tiges hautes de lm,20, à feuilles étroites, lancéolées, engainantes, et à fleurs blanches, élégantes, tachées et veinées de rouge foncé, disposées en grappes terminales, courtes, simples. On la cultive dans l’île de Hainan, dans le sud de la Chine, et peut-être dans quelques-unes des provinces méridionales de l’empire chinois [a).

Historique. — La plus ancienne mention du Galanga que nous connaissions se trouve dans les écrits du géographe arabe lbn Khurdàdbah (3), vers 869-883. En énumérant les productions d’un pays qu il nomme Sila, il cite le Galanga, avec le musc, l’aloès, le camphre, la soie et le cassia. Edrisi (4), trois siècles plus tard, est plus explicite ; il mentionne le Galanga, parmi d’autres produits de 1 extrême Oiienl,

(1) Le mot Galanga paraît dériver de l’arabe Kliulanjan , qui à sou tour vient du chinois Kau-liang Kiang , signifiant, d’après F. Porter Smith, Gingembre de Kau-liang ; Kau-liang est le nom ancien d’un district île la province de kwangtung.

(2) Journal of Linnean Society, Rotang, 1873, XIII, 1 . — Journ. of Botan., de Tri - MEN, 1873, II, 175.- Le docteur Thwaites, de Ceylan,qui cultive la plante, a été assez bon pour nous envoyer un dessin colorie do la fleur.

(3) Le Livre des routes et des provinces, trad. C. Bardier de Meynard, in Journ.

Asiat., s6r. G, V, 294.

(4) Géographie d'Edrisi, traduct. de Jaubert, 1836, 1, 51.

comme apporté de l’Inde cl de là Chine à Aden, alors le grand entrepôt du commerce de l’Asie avec l’Egypte et l’Europe. Le médecin Alkindi (1), qui vécut à Bassora et à Bagdad pendant la seconde moitié du neuvième siècle, et un peu plus tard Rhazes et Avicenne, signalent le Galanga, dont l’emploi se répandit en Europe avec leur système médical. Il existe un certain nombre de faits indiquant que le Galanga était importé avec le poivre, le gingembre, les clous de girofle, la muscade, le cardamome et le zédoaire, et que pendant le moyen âge il était communément employé avec ces substances dans la cuisine ; il en est encore ainsi dans certaines parties de l’Europe (2). La plante qui fournit la drogue resta inconnue jusqu’en 1870. Une description en fut, à cette époque, communiquée à la Société Linnéenne de Londres par le docteur H. F. Hance, d’après des échantillons recueillis par M. E. C. Taintor, près de Hoihow, dans le nord de Hainan.

Description. — La drogue consiste en un rhizome cylindrique, dont

Fie

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