BULBE DE SCILLE
Battus Seill» ; Badix Soillæ; Bulbe ou Squames de Scltle, Ognon marin ; angl., Sguill,
allem., Meerswiehel.
Origine botanique. — Urcjinea maritima Baker (\) (S cilla maritima L., Urginea S cilla Steiniieil). — Cette plante habite les régions qui boidentla Méditerranée, notamment dans le sud de la France, en Italie, en Dalmatie, en Grèce, en Asie mineure, en Syrie, dans le nord de l’Afrique et dans les îles de la Méditerranée. Elle est très-commune dans le sud de l’Espagne, où elle n’est pas confinée sur les côtes ; on la trouve aussi en Portugal. Les droguistes distinguent deux variétés dc Scille, désignées sous les noms de blanche et rouge. Dans la première, les ecai es du bulbe sont incolores ; dans la seconde elles ont une teinte rosee. n’existe pas de différence botanique entre les deux plantes, qui possèdent la même aire de croissance [a).
Historique. - La Scille est un des médicaments le plus anciennement employés. Le grec Epiménide, qui -rivait pendant la trentième olympiade, passe pour en avoir fait grand usage, ce qui fit donner a a drogue le nom d ’Epimenidea (2). Elle est aussi mentionnée par Ihtonhraste et fut probablement bien connue des autres médecins grecs C. W- la connaissait et même en distinguait deux variées. Dioscoride décrit le procédé de préparation du vinaigre de Selle. s
(1) ofLinn.So,.
graines aplaties, discoides, tant is que t. 1 algérienne Ben Urgin, près
rÆS oalto V», « .«•
(2) I-Ialler, Bibliotheca Botanica, 1, 'L
médecins arabes employaient celte même préparation, qui est encore en usage, et un mélange de Scille et de miel.
Description. — Le bulbe de la Scille est pyriforme ; il atteint le volume du poing ou davantage, et pèse parfois plus de 2 kilogr. Il possède la structure habituelle des bulbes tuniqués. Les écailles extérieures sont colorées en brun rougeâtre, sèches, scarieuses, et munies de nervures parallèles. Les écailles internes sont charnues et succulentes, incolores ou colorées en rose pâle, épaisses dans leur partie moyenne, très-minces et délicates sur les bords, lisses et luisantes à la surface. Le bulbe frais possède une saveur mucilagineuse amère, âcre; il n’a guère d'odeur. La Scille destinée aux usages médicinaux est ordinairement importée à l’état sec. On recueille les bulbes pendant le mois d’août; à cette époque, ils sont dépourvus de feuilles; on enlève les écailles extérieures ; on coupe les bulbes en tranches transversales minces qu’on fait sécher au soleil. Ainsi préparée, la drogue se présente sous la forme de bandes étroites, aplaties ou quadrangulaires, recourbées, longues de 3 à 3 centimètres et larges de 5 à 10 millimètres, flexibles, translucides, colorés en jaune pâle, ou roses lorsqu'elles proviennent de la variété à bulbe rose. Lorsqu’elles ont été trop desséchées, elles sont cassantes et p ulvérisables, mais elles absorbent facilement 12 pour lOOenviron d’eau. La Scille humectée par l’eau qu’elle absorbe dans l’air, s’agrège facilement en une masse dure.
Structure microscopique. — La portion médicinale, étant constituée par des feuilles modifiées, possède la structure histologique propre à ces sortes d’organes. Son tissu est formé de cellules polyédriques, recouvertes sur les deux faces de l’écaille par un épiderme muni de stomates. Il est traversé par de nombreux faisceaux fibrovasculaires et offre aussi des faisceaux plus petits de vaisseaux laticifères. Lorsqu’on humecte une tranche mince d’écaille de Scille avec de l’alcool dilué, la plupart des cellules parenchymateuses se montrent remplies d un mucilage qui se contracte en gelée quand on ajoute de l’alcool. Dans 1 intérieur de cette gelée, se trouvent des particules cristallines d oxalate de calcium. Ce sel existe en grande abondance dans les cellules, soit en faisceaux d’aiguilles, soit en gros prismes carrés, sol itaire3, ayant souvent jusqu’à un millimètre de long. Dans l’un et l’autre ca», les cristaux sont enveloppés de matière mucilagineuse. On sait que dan.-> beaucoup d autres plantes l’oxalate de calcium se forme ainsi au centre d’une matière mucilagineuse. Ce fait est très-évident dans la Scille, et il est surtout facile à observer dans la lumière polarisée.
Quand on agite dans l'eau de minces tranches d écailles de Seillc, il se forme un dépôt cristallin assez abondant pour qu’on puisse le voir à l’œil nu, malgré la faiblesse de sa densité. D’après nos, recherches sur la proportion d’acide oxalique, en employant pour cette analyse la solution titrée de permanganate de potasse, la Scdle blanche desséchée à 100° G. donne seulement 3,07 pour 100 d oxalalc de chaux, C204Ca -f- 311*0 ; elle donne ensuite de 2 a 3 pour 100 de cendies. C’est à ces cristaux extrêmement aigus et cassants qu est due la rubéfaction et parfois même la vésication qui se produisent quand on frotte la peau avec de minces tranches de Scille. Ces effets, connus depuis longtemps, ont été attribués aune huile essentielle,, jusqu’à l’époque où leur cause véritable a été reconnue par Schroff (1).
Le mucilage contient aussi des matières albuminoïdes, auxquelles est due la coloration orange qu’il prend quand on le traite pari iode. Les faisceaux fibrovasculaires sont accompagnés de quelques couches de cellules allongées dans le sens du grand axe du faisceau, et contenant de petits grains d’amidon. Dans la Scille rouge, la matière colorante est contenue dans une partie des cellules parenchymateuses, tandis que les autres en sont tout à fait dépourvues. Cette matière rouge passe au
vert noirâtre quand on la traite par un persel de fer.
Composition chimique. - Le principe le plus abondant du bulbe de la Scille est le mucilage précipitable par l’acétate neutre de plomb. En ajoutant de l’alcool à une infusion aqueuse de Scille, on détermine a séparation du mucilage et de la matière albuminoïde. Si, apres avoir fait évaporer l’alcool, on ajoute une solution d’acide tanmque, ce deimei se combine avec te principe amer de la Scille qui n’a pas encore été isole quoique plusieurs chimistes aient porté sur lui leurs recherches, et qui reçu le nom de Scillitine ou Skuléine. Nous avons obtenu une proportion considérable d’un sucre incristallisable, lévogyre, en épuisant la Scille par l’alcool dilué (2). Schroff, auquel on doit une bonne monographie de i Scille (3), conclut, d’aprèsses recherches physiologiques a a preseuc clans le bulbe de cette plante d’un principe non volatil, a coexistant avec la scillitine qu’il suppose être un glucoside (>).
{1) Nous avons constaté que le suc visqueux des feuilles de VAçapartku*
L’Hérit., qui est très-riche en cristaux a.c\cu ■ durent pendant plusieurs heures,
donne la peau, des démangeaisons clc - J , , , (ids!Ull fermenter et en
(2) En Grèce, on a même essaye ^ GMa, ta.*, 1802, 7).
distillant les bulbes de SciUe (Heldreici , er Aerzte zu Wien, 1SG4, n® 42. — Il
(3) Reproduit du Zeitschnt do cisTATT, 1864, 19 ; 1865, 238.
on a été publié un extra.t dans le ^ p 63
(4) Voir aussi Lebouudais, Ann. de Ch. it .1
Commerce. — La Scillo desséchée, ordinairement emballée dans des barils, est importée en Angleterre, de Malte.
Usages. On emploie communément la Sci lie à l’état de teinture;
elle est considérée comme diurétique et expectorante.
Substitutions. — Les bulbes de plusieurs plantes sont employés à la place de celui de la Scille officinale, mais à cause du bas prix de ce dernier et de son abondance, on ne les trouve jamais sur les marchés européens. Les principales de ces plantes sont les suivantes :
1° Urginea altissimci Baker ( Ornithogcilum ciltissimum L. ) , espèce du sud de l’Afrique, très-voisine de la Scille commune, et ayant, paraît-il, les mêmes propriétés que cette dernière (1).
2° Urginea inclica Ivra ( Scilla indica Roxb.). C’est une plante trèsrépandue ; on la trouve dans le nord de l’Inde, sur la côte du Coromandel, en Abyssinie, en Nubie et dans la Sénégambie. Elle est désignée en arabe et en persan par le même nom que Y Urginea maritima, et son bulbe est employé aux mêmes usages. D’après Moodeen Sheriff (2), il ne remplace que mal celui de la Scille maritime et son action est faible ou nulle lorsqu’il est vieux et volumineux.
3° Scilla indica Baiceb (3) non Roxb. ( Ledebouria hyacinthina Rotii.). Elle est indigène de l’Inde et de l’Abyssinie, et possède un bulbe qui est souvent confondu, dans les bazars indiens, avec celui de l’espèce précédente, mais s’en distingue parfaitement, lorsqu’il est entier, parce qu’il est écailleux et non tuniqué. Il passe pour le meilleur remplaçant de la Scille d’Europe (4).
4° Drimia ciliaris Jacq. — C’est une plante du Cap de Bonne-Espérance, de la famille des Liliacées. Son bulbe ressemble beaucoup à celui de la Scille officinale, mais il possède un suc si irritant, lorsqu’on le met en contact avec la peau, que la plante est nommée parles colons Jeukbol , c’est-à-dire Bulbe à gratter. On l’emploie comme émétique, expectorant et diurétique (5).
o° Crinum asiaticum var. toxicanum Herbert [C . toxicarium Roxb.). C’est une grande plante à belles fleurs blanches et à feuillage magnifique, cultivée dans les jardins indiens. On la trouve aussi à l’état sauvage dans les parties humides et basses de diverses localités de l’Inde, dans les Moluques et sur les côtes de Ceylan. Son bulbe a été admis
(1) Pappe, Floræ Medicæ Capensis Prodomus, ud. 2, 1857, 41.
(2) Supplément to the Pharmacopœia of India, Madras, 1869, 250.
(3) Saunders, Refugium Botanicum , 1870, III, append., 12.
(O Supplément to the Pharmacopœia of India,' 1800, 250.
(5) Pappe, Op. cit., 42.
dans la pharmacopée de l'Iiulc de 1808, à la recommandai ion de O’Shaughnessy, qui le considère comme un bon émétique. Nous n’avons vu aucun échantillon de cotte drogue, et nous no croyons pas qu’elle ait ôté l’objet d’aucune recherche chimique.
Les Urqinea Steinheil (in Ann. Sc. nal., 1834, I, 321) sont des Liliacécs de la tribu des Asphodélées, ït fleurs disposées en grappes et accompagnées de bractées; à périanthe étalé, hexamère comme l’androcée; à étamines égales; à ovaire triloculaire, multiovulé, parcouru par six sillons longitudinaux ; à capsule parcheminée, loculicide, trivalve, contenant dans chaque loge un nombre variable de graines isolées.
L’Urqinea mari lima Baker (in Journ. of Linn. Soc., 1873, XIII, 24) est une plante à bulbe tuniqué, très-volumineux, toujours à moitié émergé au-dessus du sol, avec des téguments colorés en vert pâle ou en rouge. Il émet d’abord, avant les feuilles, un long axe d’inflorescence ou scape haut de 00 centimètres environ, terminé par une grappe dense, allongée, ovale, de fleurs étalées, larges d’environ 2 centimètres, colorées en vert jaunâtre pâle, avec une bandelette verte au milieu de chaque segment. Les feuilles se montrent longtemps après l’inflorescence et persistent pendant l’hiver ; elles sont ovales-lancéolées, aiguës, cannelées, étalées et recourbées en dehors, glabres, colorées en vert glauque, longues de 30 a 45 centimètres, larges de a à 10 centimètres au-dessus de leur partie médiane. Les fleurs sont situées chacune dans l’aisselle d’une bractée et leur pédoncule assez long porte lui-mome deux
bractéoles. Les bractéoles sont trinerviées, subpersistantes, éperonnées au-dessus de la partie médiane. Les fleurs sont régulières et hermaphrodites. Le périanthe est formé de six sépales pôtaloïdes, caducs, connés à la base, oblongs, obtus, unineiviés, égaux et étalés ; dans la préfloraisou, trois d’entre eux sont plus extérieurs et recouvrent les trois autres. L’androcée est formé de six étamines d’égale longueur, connées avec la base des sépales, et formées chacune d’un filet filiforme, dilaté à la base et subulé au sommet, et d’une anthère linéaire, oblongue, mucronée au sommet, bifide à la base, fixée par le milieu de sa face dorsale, biloculaire, mtrorse, déhiscente par deux fentes longitudinales. Le gynécée est formé d’un ovaire libre, sc>silc, oblong, triangulaire, parcouru par six sillons et divisé en trois loges, surmonté d’un style filiforme et dressé que termine un stigmate convexe, trilobé. Le sommet de l’ovaire est muni de trois glandes nectarifères. Chaque loge ovarienne contient une douzaine d’ovules anatropes, insérés dans l’angle interne sur deux rangées verticales, horizontaux et se touchant par leurs raphés. Le fruit est une capsule membraneuse, elliptique, arrondie à la base, déprimée au sommet, triloculaire, triva ve, loculicide, à valves portant sur leur ligne médiane un nombre de graines variai, e de dix à douze. Les graines sont comprimées, discoïdes entourées d une aile large, et contiennent un embryon cylindrique dans l’axe d’un albumen charnu.
M Baker considère comme de simples variétés de cette espèce : 1» le Squilla 1 a icralion Steinh., dont le bulbe est moitié plus petit, dont les feuilles et les pedicelles floraux sont plus courts, et dont l’ovaire et les étamines sont colores en b eu verdâtre ; 2° le Squilla numidica Jord. et Four., variété algérienne à bulle . développé et entouré de tuniques rouges, à ovaire et anthères rouges ; e qui insularis Jord. et Four., à bulbe de moyenne taille, entouré de tun‘Jues J ' très à anthères et ovaires verts; 4° le Squilla liUorahs oan. et 1 olr., h bu le de moyenne taille, encouré de tuniques vertes, à feuilles plus petites, a folioles raies plus larges, à ovaire et anthères verts. [Trad.J
COLCHIGAGÉES
RHIZOME DE VÉRATRE BLANC.
It/ihonia Veralri albi : Hadix Veralri ; Jtadix Hellabori albi; angl., Hhizome d' Hellébore blanc White Hellébore; allom., Weisse Nieswurzel, Germer.
Origine botanique. — Veratrum album L. — Cette plante croît dans les prairies humides des régions montagneuses du centre et du sud de l’Europe, en Amérique, dans les Pyrénées, en Espagne, en Suisse et en Autriche. On la trouve aussi dans la Russie d’Europe et d’Asie, jusqu’au 61e degré de latitude nord, dans les contrées parcourues par l’Ain u r , dans l’île de Saghalin, et dans le nord de la Chine et du Japon (a).
Historique. — La confusion établie parles anciens entre le Melampodium , Y Helleborus et le Veratrum rend très-difficile l’identification de la plante dont nous parlons (1). Elle était parfaitement connue de Gerarde vers -1600, et elle est citée, sous le nom d 'Elle borus (ou Ilelleborus)albus, et sous celui d eVeratrum, dans les anciennes Pharmacopées.
Description. — Le Yératre blanc possède un rhizome cylindrique, charnu, vivace, long de 5 à 7 centimètres et épais de 2 centimètres environ, accompagné de longues racines flexibles. A l’état frais, son odeur est alliacée. A l’état sec, tel qu’on le trouve dans le commerce, il est cylindrique ou à peu près conique, coloré en noir terreux foncé, très-rugueux dans sa moitié inférieure, et couvert de fossettes et de cicatrices de racines; il porte souvent des restes de racines récentes. Sa portion supérieure est couronnée par les bases des feuilles, dont les plus extérieures sont grossièrement fibreuses. La plante a généralement été coupée près de la hase du rhizome; ce dernier est rarement entier; il a souvent été brisé au niveau de son extrémité inférieure, ou coupé transversalement pour faciliter la dessiccation. En dedans, il est presque incolore ; sa section transversale montre un large cercle blanc, entourant une portion centrale spongieuse, colorée en chamois pâle.
Cette drogue possède une saveur douceâtre, un peu amère, et laisse sur la langue une sensation d’engourdissement et de démangeaison. A l’état de poudre, elle provoque de violents êternuments.
structure microscopique. — Sur une coupe transversale, le rhizome de Yératre blanc offre, à une distance de 2 à 4 millimètres en dedans
(1) Consultez : Muuuay, Apparatus Mcdicarnmuin, 1790, V, 142-lGü.
COLCIIICACÉES.
de la couche corticale extérieure colorée en noir, une fine ligne brune, contournée en zigzag, qui représente sa gaine médullaire, et enveloppe la portion centrale, qui présente une moelle mal limitée. La zone située entre la couche corticale externe et la gaine médullaire est colorée en blanc pur, à l’exception de quelques cellules isolées qui contiennent de la résine ou une matière colorante, et des points au niveau desquels les racines traversent de dedans en dehors. La moelle est entourée de faisceaux fibro-vasculaires à teinte claire, disposés irrégulièrement dans toutes les directions. Le parenchyme du rhizome entier est rempli d’amidon et contient de nombreuses aiguilles d’oxalatc de calcium.
Les radicules, qu’on enlève d’ordinaire en taisant la récolte, ne sont vivantes et succulentes que dans la moitié supérieure du rhizome, dont la moitié inférieure est ligneuse et poreuse.
Composition chimique. — En 1819, Pelletier et Gaventou découvrirent dans le rhizome du Vératre une substance qu ils considérèrent comme identique à la Vératrine , dont l’existence venait d’être découverte par W. Meissner dans les graines de Cévadillë. D’après les observations récentes de Dragendorff (1), la vératrine de la Cévadillë ne se trouve ni
dans le Veratrum album , ni dans le V. viride.
Simon trouva, en 1837, dans ce rhizome, un second alcaloïde, la Jervine , C30H46Az2O3, qu’il distingua de la vératrine par la faible solubilité de ses sels, surtout de son sulfate, dans l’eau. C. L. Mitchell, en 1874, a extrait la jervine du Veratrum album et du V. viride. Il obtint, dans le premier cas, le sulfate sous forme d’une poudre granuleuse, dont il sépara l’alcaloïde à l’état d’une substance blanche, brillante, insipide et inodore, douée d’une réaction alcaline faible et susceptible de cristalliser dans l’alcool. Sa réaction la plus caractéristique est la coloration jaune d’abord, puis verte qu’elle prend, sous l’influence de 1 acide sulfurique concentré.
Weppen a retiré du Vératre, en 1872, la Vératr amariné, principe amer, amorphe, déliquescent. Elle n'y existe qu’en petite quantité ; elle est décomposable en sucre et en autres produits. Elle se dissout dans l’eau et dans l’alcool, mais est insoluble dans 1 éther et le c.liloio-
forme. Le même observateur a également obtenu 1/2 pour 1000 environ d'acide Jervique, en cristaux durs, de grande taille, ayant pour formule Gt4H'0OlîH-2H!O. Cet acide exige pour sc dissoudre 100 parties d’eau à la température ordinaire, et un peu moins d'alcool bouillant. 11
(!') Beitr. zur gei
nchtl. C hernie, Saint-Pétersbourg, 1872, 95.
est nettement acide, et forme des sels cristallisabl.es bien définis, contenant 4 équivalents de métal.
En épuisant le rhizome entier, y compris les racines, avec l’éther et l’alcool anhydre, nous avons obtenu 28,8 pour 100 d’une résine molle, qui demande à être étudiée plus complètement. Wiegand obtint, en 1841 , 10 pour 100 de matière pectique. D’après Schroff (1860),le principe actif du Vératre blanc réside dans la portion corticale des racines, la portion centrale ligneuse étant inerte. Il affirme aussi que le rhizome agit avec moins d’énergie que les racines, et d’une façon un peu différente.
Commerce. — La drogue est importée d’Allemagne en ballots. Les prix courants distinguent un Veratre suisse et un autrichien , et indiquent généralement la drogue comme « sans fibres ».
Usages. Le Vératre blanc est un émétique et un purgatif drastique rarement employé à l’intérieur. On le prescrit quelquefois en Uniment contre la gale. Il est surtout usité dans la médecine vétérinaire.
Substitutions. — Le rhizome du Veratrum nigrurn L. passe, en Autriche, pour être quelquefois recueilli comme celui du V. album. Il est beaucoup plus petit, et, d après Schroff, moins énergique. Celui de 1 Helonias frigida Lindl. ( Veratrum frigidum Schl.) du Mexique, paraît ressembler exactement à celui du Veratrum album.
(a) Les Veratrum Tournefort [Inst il. t. 145) sont des Colchicacées de lu tribu des Melanthées, à fleurs, polygames, disposées eu panicules ; ù périanthe et androcée nexameres ; à folioles du périanthe distinctes ; à anthères formées de deux loges confluentes dans le haut ; à ovaire surmonté de trois stigmates divergents ; à fruit tonne de trois carpelles séparés dans le haut, polyspermes ; à graines comprimées
c L clllccS»
Le Veratrum album L. ( Species , 1479) est une plante à rhizome horizontal, obiong, de 1 épaisseur du doigt, noirâtre en dehors, blanchâtre en dedans, émetant une tige aérienne haute de 60 centimètres à lm,20 et terminée par une pauicule de fleurs. Cette tige porte des feuilles larges, ovales, aiguës ou un peu mousses au sommet, parcourues par de nombreuses nervures longitudinales et plissées dans e sens de la longueur, munies de gaines entières qui embrassent la tige. Les feuilles supérieures sont plus petites et dépourvues de gaines. Les fleurs sont disposées en une pamcule terminale, pubescente, dont les rameaux naissent à l’aisselle de brac- I? ° ^ 1<ulue tleur est portée par un pédicelle beaucoup plus court que le
-e. ^es cuis sont légulières, colorées en blanc jaunâtre dans une variété et eu blanc verdâtre dans une autre variété. Le périanthe est, formé de six folioles per- M^mtes, distinctes, oblongues, un peu rétrécies à la base et munies sur les bords
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