ANCIENS SEIGNEURS D'UZÈS
Sur la fin de la race de Charlemagne et au commencement de celle de Hugues Capet, les gouverneurs des provinces, des villes et des châteaux, firent ériger à leur profit, avec les pays et territoires qui en dépendaient, ces mêmes provinces, villes et châteaux sous les titres de duchés, marquisats, comtés, vicomtes, chàtellenies, et s'en rendirent véritables propriétaires sous le simple hommage au roi ( 1 ).
Dans cette révolution les comtes de Toulouse augmentèrent beaucoup leur puissance et leur grandeur.
Ils avaient sous leur suzeraineté un grand nombre de seigneurs, et parmi eux les seigneurs d'Uzès qui, d'abord comtes, perdirent ce titre par suite d'une révolte du comte de Toulouse à laquelle ils prirent part contre le roi (2).
Le plus ancien seigneur que l'on connaisse est Elzéard d'Uzès qui souscrivit à la charte de Raymond de Saint-Gilles en faveur de l'abbaye de Saint-André d'Avignon. Il vivait encore en 1125. Il eut pour fils Decan (3).
(1) Pasquicr, Recherches de la France, livre u, chap. xm et xiv — Loiseau, Traité des Seigneuries, chap. iv.
(2) Lettres patentes de l'érection de la Seigneurie d'Uzès en oicomté en 1328, Gharvet, première maison d'Uzès, page li.
(3) Histoire générale du Languedoc, vol. iv, notes 313 et 31 i.
Deçà ii , appelé par certains auteurs Raymond- Decan, deuxième seigneur d'Uzès, se maria avec la fille de Rostaingde Posquières qui lui apporta en dot la baronnie de Posquières, située dans le diocèse de '.Nimes (1). Voilà pourquoi on trouve dans les actes de cette époque la baronnie d'Uzès, qui se rapporte à celle de Posquières, Raymond Decan ayant pris depuis son mariage le titre de seigneur et baron d'Uzès et de Posquières.
Ce seigneur suivit Raymond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse, à la première croisade commandée par Godefroy de Bouillon et prèchée par le pape Urbain II, qui était venu dans nos contrées (2) ; mais avant de partir, suivant en cela l'exemple du comte de Toulouse, Raymond-Decan donna une partie de ses biens au Clergé. C'est ainsi que le chapitre d'Uzès reçut entrautres libéralités, le moulin Bladier(3), situé à l'est et au bas du plateau de la ville. Il est appelé aujourd'hui et depuis cette époque Moulin du Tournai, à cause de la tour que les chanoines y firent construire pour le préserver des ennemis et qui subsiste encore. Le moulin a changé
(1) Histoire générale du Languedoc, tome m, page 261,
(ï) Id. tome in, page 283.
(3) A l'occasion de ce moulin Bladier, on cite une anecdote fort connue :
A l'époque de la réforme, Mgr Jean de Saint-Gelais, 53" évèque d'Uzès, adopta les idées nouvelles et engagea ses ouailles à L'imiter. Aussi fut-il bientôt dépossédé de son siège par le pape St-Pie V, pour avoir embrassé la doctrine de Luther ; mais s'étant repenti, il lui J'uf accordé une pension alimentaire qui devait lui être payée par le chapitre d'Uzès. C'est alors que le chapitre lui abandonna les revenus du moulin Bladier, appelé aujourd'hui Moulin du Tournai.
Un plaisantde la cour, vraisemblablement le duc d'Uzès, en apprenant cette circonstance au roi lui dit: «Voilà l'évoque Saint-Gelais meunier », ce qui donna naissance au dicton populaire que d'évêque on devient quelquefois meunier. — Voir 1.. d'Albiousse, Guide de l'Etranger dans Uzes, p. 59,
de destination et renferme aujourd'hui de puissantes machines qui élèvent sur le plateau d'Uzès," à environ 80 mètres de hauteur, les eaux d'une source abondante, et la tour, avec le terrain qui l'environne, a été récemment achetée par le duc d'Uzès, qui est ainsi devenu propriétaire d'un terrain qui avait appartenu à un de ses ancêtres, il y a plus de 800 ans.
Decan, qui avait pris pour armoiries de gueule à trois bandes d'argent, fut l'un des plus distingués des seigneurs qui accompagnèrent le comte de Toulouse aux croisades, et il dut séjourner en Syrie, puisqu'il fut l'un des témoins du testament fait par le comte Raymond, le 31 janvier 1 105 , dans son château dit le Mont- Pélerin ou des Pèlerins, parce qu'il avait été construit par eux. C'est dans ce château qu'Elvire de Castille, femme de Raymond de Toulouse, accoucha d'un fils qui fut nommé Alphonse, du nom du roi de Castille son aïeul, et Jourdain, parce qu'il fut baptisé dans le fleuve de ce nom, (1). Cet Alphonse Jourdain devint plus tard le gendre de Raymond-Decan (2). Ce qui indique la haute situation sociale de la maison d'Uzès, dès cette époque déjà lointaine.
A son retour, de la croisade, le pape Calixte II écrivit à Raymond Decan pour le féliciter et le remercier de son dévouement à la cause de l'Eglise. Sa Sainteté le chargea de régler le différend survenu entre Raymond comte de Malgueil et Guillaume seigneur de Montpellier, et le 9 mai 1125 Raymond Decan signait comme témoin le traité de paix entre ces deux seigneurs.
Le 5 mai de l'année suivante, il fit à Bernard-Aton V , vicomte de Nimes, une reconnaissance des fiefs qu'il possédait dans cette vicomte et qui relevaient de ce vicomte,
(t) Voir Histoire générale du Languedoc, tome m, page 338. (?) Voir Grand Dictionnaire du .V/.V" siècle, par Larousse, article AdalUwt d'Uzès, tome h, p. 707.
notamment des fiefs de Bezouce, Bouillargues, Marsillac, des boutiques bâties dans Ni mes sur l'emplacement du Pré Vicomtal, enfin de la Tour épiscopale et du château des Arènes (1).
Il mourut le 30 août 1 138 et fut enterré dans l'abbaye de Saint-Pierre de Psalmodi (2), pris la porte de fer, où son épitaphe avait été gravée contre le mur, près de deux tombeaux de marbre noir, ainsi que cela résulte d'une note de l'année 1534 déposée aux archives delà famille Sorbier de Pougnadoiesse, liasse 55., n° 55 (3).
Raymond-Decan fut porté au tombeau par ses quatre fils, évêques, dont les noms vont suivre (4) :
Ses enfants furent :
1° Rostaing II, qui reçut eu partage la seigneurie de Posquières et épousa, en lt21, Ermesinde de Béziers, iîlle de Bernard-Alon vicomte de Béziers et autres lieux (5) ;
2° Faydide, qui épousa Alphonse-Jourdain comte de Toulouse (6);
3° Beroiond qui suit. Il continua la tige de la maison d'Uzès. Il hérita, entr'autres choses, dans la succession paternelle, de la terre de Peccaïs, voisine du lieu où depuis ont été établies, en 1284, les belles salines qui subsistent encore (7) ;
4° Adalbert, qui fut évêque de Nimes de 1141 à 1182. Il fut sacré à Rome en 1141, le jour de Saint-Thomas,
(1) Histoire de Nimes par Mesnard, tome 1, page 209. (1) Histoire générale du Languedoc, tome iv, page 108. Charvet, la première maison d'Uzès, page 63.
(3| Sainte- M art lie in Gallia Christiana, chapitre des Evèques
d'Uzès, année 1138.
(i) Archives ducales, registre de L'inventaire, page 3,
(5) Charvet. Première Maison d'Uzès, page 64.
(6) Histoire générale du Languedoc, tome '2. n° l, page 639, et tome îv. Notes sur Y Histoire du Languedoc, page 311.
(7) Biographie universelle, par Michaud, tome 47, page 241,
par le pape Innocent II, et jouit de beaucoup de considération dans l'Eglise et de faveur auprès du roi Louisle-Jeune.Le pape Alexandre III le chargea de réconcilier le comte de Toulouse Raymond V avec sa femme, sœur du roi de France, que son époux avait répudiée.
L'évêque de Nimes fut un des pères du concile de Loubers (1165) qui condamna les doctrines des Albigeois et les déclara hérétiques. Adalbert mourut en 1180, après un épiscopat de trente-neuf ans (1) ;
5° Raymond, évêque d'Uzès de 1150 à 1188, obtint par concession de Louis-le-Jeune certains fiefs, entr'autres l'abbaye de Saint-Privat. Il concéda aux Templiers l'église Saint-Paul de Montfrin 1162. Il échangea avec Guillaume, prieur de Saint-Pierre de Pont-Saint-Esprit de l'ordre de Cluny, le prieuré de Chusclan pour celui de Saint-Florent 1 164. Il donna le lieu des Augustines à l'abbesse Ermesincle pour y fonder un monastère de Cisterciennes.
Ses armes étaient celles de sa maison de gueule à trois bandes d'or (2) ;
6° Pierre, évêque de Lodève, qui fit entourer cette ville de murailles et acquit beaucoup de biens à son église en obtenant du roi Louis VII, en 1157, des droits régaliens et les mines d'or et d'argent de son diocèse (3) ;
7° Raymond, évêque de Viviers, de 1158 à 1160 ;
8° Guillaume, abbé de Saint-Thibéry de 1147 à 1175. Qualifié de Très Célèbre par les moines de son abbaye, il dressa un règlement de discipline pour sa communauté. Il assista comme témoin au contrat de mariage de Roger vicomte de Béziers avec Adélaïde de Toulouse. Il apparaît aussi en 1174 dans un plaid tenu à Montpellier pour le monastère de Saint-Guilhem-du-Désert,
(1) Biographie universelle de Miehaud, tome xlvii, page 241. (?) Bibliothèque de la ville d'Uzès. Catalogue des Evoques d'I (3) Catol. Histoire du Languedoc, page iiii.
et dans une donation faite par Raymond Rascas à l'abbaye de Franquevaux(l).
Bermond I, troisième seigneur d'Uzès, apparaît de 1144 à 1181 (2). Il se maria deux fois; la première avec Douce de Mezoargues (3) dont il n'eut qu'un fils, Raymond dit Rascas, et la seconde avec Rose X. . . , de laquelle il eut trois fils, Reinon, Elzias et Rostang(4).
En 1145, Alphonse comte de Toulouse tint à Uzès un plaid auquel assistèrent comme médiateurs Pierre abbé de Saint-Gilles, Rostaing de Posquières. Pons de Montlaur, Raymond de Castries et Bermond de Marguerites. Dans cette assemblée le comte de Toulouse prononça une sentence définitive au sujet des difficultés qui divisaient Bermond seigneur d'Uzès et l'évêque de cette ville (5).
Bermond est cité avec deux de ses fils, Raymond et Elzias, comme témoins dans l'acte de donation faite par Raymond VI à l'abbé Bertrand de Franquevaux et à ses moines, en mai 1168, pendant la foire de Beaucaire (6).
En même temps il donne au dit Bertrand et à ses moines une terre située sur le terroir d'Airoles avec les objets nécessaires pour faire aller le moulin de Figoret et lui confirme l'albergue de quatre chevaliers que Rostaing de Posquières leur avait donné dans sa terre de
(1) Gharvet. Première Maison d'Uzès, page 65.
(2) Histoire générale du Languedoc, tome u, page 429 et prouves col. 565-566, tome m, pages 14, 16, 24, 37, 38 et preuves col. 135. — M. d'Aubais à la bibiothèque de Nimos, n° 13,855, p. 323. — Requeste pour l'évesque contre le duc d'Uzès, pages 3, 4 et 5. Ménard, tome i, page 227.
(3) Mezoargues seigneurie et château situés en Provence, non loin du Rhône et près de Vallabrègues.
(4) Archives ducales. Lagette, p. 41.
(5) Falgairolles, Mémoires sur Vauvert, tome i, pa^e 52. 1^6) Histoire générale du Languedoc, tome in, page l«i.
Dalmas. Cette donation fut laite à Sainte-Marie- de- Franquevaux (1) en présence de Pierre d'Uzès, abbé de Psalmodi, de Guilhaume, abbé de Saint-Tibéri, de Pons Pierre, prieur de Saint-Bonnet et du prieur de Ste-Marie de Franquevaux. Peu de temps après il accorde encore à ces moines le droit de pâturage pour tous leurs bestiaux dans la forest de Goilesque, le franc alleu de tout ce qu'ils avaient acheté ou qu'on leur a voit donné dans le territoire de Posquières, et les exempte de tous droits aux marchés.
Cette donation fut approuvée par ses fils et faite dans la maison du prieur de Saint-Saturnin-d'Aimargues, en présence d'Aldebert évoque de Ximes et de Bertrand abbé de Franquevaux.
Dans ces diverses donations, Bermond s'y qualifie seigneur d'Uzès et de Posquières par la grâce de Dieu (2).
Kien ne prouve mieux le degré de puissance et d'indépendance auquel la maison d'Uzès était parvenue
(t) Cette abbaye/ fondée avant 1143 sur les bords de l'étang de Scamandre, près de Beauvoisin, relevait de Clervaux. Florissante au xne et au xnr siècles, elle avait alors des hôtels (hospitia) à Nimes, à Sommières et à Lunel. Elle fut démolie par les calvinistes en 1562, moins l'église qui le fut en 1622 par le3 ordres du duc de Rohan. — Réparée en 1650, elle fut détruite le nouveau par les camisardsen 17U3. Les religieux y revinrent en 1705 et ils en furent définitivement dépouillés en 1791. L'église, dont il reste quelque peu de muraille, avait été consacrée en 1209. Département du Gard. Germer-Durand, page 153.
(2) Il résulte d'un mémoire imprimé en 1718 en faveur de M. le duc d'Uzès contre M&r Poncet de la Rivière, évêque d'Uzès, page 3, que outre ces deux seigneuries, Betmond possédait celles de Bouquet, Pougnadoresse, Saint-Quentin, Saint-Maximin et Belvezet.
Aujourd'hui encore Belvezet appartient à la maison d'Uzès, c'est-àdiie depuis plus de 800 ans. Les armes de Belvezet sont : de sinople, à Mixe fuce losmgè d'argent et de gimltis .
déjà en 1174 (1). Bermond, qui était alors seul seigneur d'Uzès, partagea cette seigneurie entre ses trois Gis : Raymond dit Rascas qui suit; il était l'aîné et en eut la moitié, Reinon et Elzias chacun un quart.
Rostang, le quatrième fils, qui était chanoine à l'église de Saint-Nicolas-de-Campagnac ne fut pas mentionné dans ce partage, son père lui ayant déjà assuré une pension alimentaire (2). Bermond mourut en 1181 (3).
Cette moitié léguée à Raymond Rascas resta dans la Lige d'Uzès et passa aux Crussol. C'est le château ducal actuel.
Le quart légué à Reinon fut divisé par moitié par ses descendants et parvint aux évêques d'Uzès. Ainsi le 3 août 1242 Reinon II vendit son huitième de la seigneurie d'Uzès à Pons, évèque d'Uzès, et le 3 juillet I^nO Guillaume de Sabran descendant par les femmes de Reinon I vendit son huitième à Bertrand, autre évêque d'Uzès, de sorte que les évêques possédèrent un quart de la seigneurie d'Uzès, ainsi que la tour appartenant aujourd'hui à la ville et appelé Tour de l'Horloge.
Le quart légué à Elzias fut vendu par un de ses descendants, Guilhaume de Laudun baron de Montfaucon, au roi Charles VIII, le 8 août 1493, rétrocédé plus tard, en 1721, par le roi Louis XV au duc d'Uzès (4). C'est le château qui sert actuellement de prison dont le département s'est emparé depuis la Révolution, et qu'il conserve toujours malgré les protestations sans cesse renouvelées du duc d'Uzès. Il serait à désirer que par des traités, soit avec la ville, soit avec le département,
(1) Histoire générale du Languedoc, tome iv, page 2'Ji. — Histoire de la ville de Nimes, tome 1, page 237.
(2) Archives ducales. Inventaire des titres de la baronnie de Remoulins.
(3) Falgairolle. Mémoires sur Vauirrt, page 5G.
(4) Archives ducales. Layette, 41. Recueil, page 82.
le duc d'Uzès put obtenir la tour de l'horloge et la tour des prisons pour les joindre au château ducal, afin de de rentrer dans tout l'ancien patrimoine que possédait un de ses ancêtres, Bermond, au xue siècle.
Raymond dit Rascas (T), quatrième seigneur d'Uzès, hérita de la moitié de la seigneurie d'Uzès à la mort de son père et continua la tige principale. Il apparaît de 1168 à 1209 (2). Il fut présent à la donation que fit Raymond comte de Toulouse au mois d'août 1187 à l'abbaye de Franquevaux, de ce qu'il possédait dans le territoire de Fourques, de la succession d'Agnès, sa sœur (3). Il fut aussi présent à celle que fit son frère cadet Elzias, seigneur de Posquières à Saint-Gilles, en 1181, de toutes les terres laboratives qu'il avait à Villeneuve, toujours en faveur de la même abbaye.
Ce Raymond dit Rascas était non-seulement un riche et puissant seigneur, mais encore un homme de tète et de courage. C'est pour l'avoir pour partisan que Raymond V comte de Toulouse, son parent, lui fit don, en avril 1185, du château d'Aimargues (4), afin qu'il
(1) L'expression Rascas voulait dire Chauve. Elle est prise aujourd'hui en mauvaise part.
(2) Histoire générale du Languedoc, tome ni, pages 16, 37, 38, 42, 52, 66, 73, 79, 80, 93, 100, 120 et 121.— M. d'Aubais de Nimes, page 321. — Requête pourl'évègue contre le duc d'Uzès, p. 4. Ménard, tome i, pages 247, 264.
(3) Histoire générale du Languedoc, tome vt page 8.
(4) Depuis cette donation, ce château n'a pas cessé d'appartenir à la maison d'Uzès, et elle le possédait encore au commencement de la Révolution. Ce château, situé à Aimargues, près de Vauvert, était vaste et bien fortifié. Il fut souvent assiégé, pris et repris comme toutes les forteresses de ces contrées pendant le cours du XVI" siècle et au commencement du XVII'1.
L'amiral de Coligny l'assiégea et ne put s'en emparer en 1570. Louis XIII y coucha le '27 octobre 1622. Ce château fut assiégé et pris par le duc de Rohan en 16 28. Son défenseur était le marquis de Saint-
l'aidât à soutenir une guerre qu'il avait entreprise contre le roi d'Aragon, le comte de Provence, le seigneur de Montpellier et Bernard-Aton V vicomte de Nimes et de Béziers (1).
Après s'être vaillamment battu pour le comte de Toulouse, Raymond Kascas, revenu à Uzès, contribua par ses libéralités, sous l'épiscopat de l'évêque d'Uzès, Guillaume de Vénéjean, en 1204, à la fondation de la chartreuse de Valbonne, située près la ville de Pont- Saint-Esprit et placée au milieu d'une vaste forêt (2).
Sur la prière des habitants d'Uzès, il fit, le 3 mai 1206, de concert avec ses deux frères, Reinon et Elzias, un règlement concernant la police, la justice et le droit public de la seigneurie. Ils promirent tous les trois de faire observer ce règlement par leurs enfants et en firent jurer l'exécution par leurs officiers de justice sur les saints Evangiles (3).
Le 13 août 1207 Raymond Rascas fut arbitre avec Pierre de Chàteau-neuf, légat du Pape, et Guillaume, évèque de Nimes, d'un différend survenu entre Ebrard, évêque d'Uzès, et Elzias, seigneur d'une portion d'Uzès, à l'occasion de certains fiefs et principalement du chà-
Sulpice de la maison d'Uzès, qui n'avait que quelques soldats et qui fut obligé de capituler le 30 septembre.
Les fortifications furent démantelées par ordre de Louis XIII en 1630. Comme armoiries Aimargues porto : d'azur à une rivière d'argent ombrée d'azur, sur laquelle est une croix Mettant à dextre, de sable.
(I) Histoire générale du Lannucdoc, tome iv, page 280. If. S. Abauzit.
: I >n y fit construire des bâtiments considérables et un bel oratoire. Au XV° siècle, un autre évèque d'Uzès, Nicolas de M ou ta
doux chapelles à l'antique oratoire l.a Chartreuse tut ravagée pendant la Révolution et ses objets précieux transportés à la Cathédrale .Nimes. Aujourd'hui elle s'est relevée de ses ruines.
(3) Archives ducales, Layette, il. Mémoire du duc d'Uzès contre MsrBauyn. évéque.
teau de Blauzac (1) qui était alors fort vaste et bien fortifié. Il parvint à les mettre d'accord.
Raymond Rascas fut un des barons qui assistèrent à la cérémonie à laquelle se soumit l'infortuné Raymond VI, comte de Toulouse, dans l'église de Saint-Gilies, dans le but d'obtenir la levée de l'excommunication lancée contre lui en 1207 et 1208 pour avoir favorisé les Albigeois.
Après qu'il eut été fustigé à la porte, étant en chemise, par le légat du pape, Milon, il fut traîné au dedans par ce prélat qui lui avait passé une étole autour du cou. Ce dernier exigea en outre de lui le serment d'obéir en tout aux ordres du Pape et aux siens comme son représentant. Raymond, comte de Toulouse, donna pour caution de son serment, seize de ses barons au nombre desquels se trouvaient Raymond Rascas et son fils Decan (2).
Malgré l'absolution du comte de Toulouse, les croisés, sous la conduite de Simon de Montfort, envahirent la province du Languedoc qui était sous la domination du légat du Pape, Raymond, évèque d'Uzès en 1210.
(1) Le château de Blauzac situé près d'Uzès, comme celui d'Arpaillargues, fut ensuite brûlé et ravagé en 1383 par des bandes de paysans révoltés contre les nobles et qu'on appelait Tuchins. Il avait été donné à l'évêque d'Uzès par le roi Louis VII en 1156. Blauzac ressortissait pour la justice du sénéchal d'Uzès.
Blauzac porte : de gueules à un homme à cheval armé, le tout d'argent.
(2) Histoire générale du Langnedoe. tome v, page 115. Les autres barons furent : Guillaume des Baux, prince d'Orange, et Hugues des Baux, son frère; Raymond des Baux son neveu, Draconet de Boucoiran, Guillaume d'Arnaud, Raymond d'Agoult, Ricard de Caron, Bertrand de Laudun et Guillaume de Laudun, son frère; Bernard Peiet d'Anduze, et Pierre Bermond, son (ils ; Rostang IV de Posquières, Raymond Gaucelin de Lunel et Pons Gaucelin.
Ges seigneurs lireut le serment de poursuivre l'hérésie Albigeoise, de renoncer aux associations avec les Routiers, d'observer la Paix de Dieu etc. Histoire générale du Languedoc, tome m, page 145,
Ce prélat se fit surtout redouter dans son diocèse et n'eut pas beaucoup de peine d'obtenir foi el nomma des seigneurs d'Uzès (1), d'autant plus que le comte de Toulouse semblait ne devoir plus rentrer dans ses droits de seigneur suzerain, car en 1214 il fut tenu un concile national à Montpellier où les prélats attribuèrent au comte de Montfort la souveraineté de toutes les conquêtes de la croisade sur le comte de Toulouse. On sait qu'à quelque temps de là la conduite du comte de Montfort lui attira la haine de ses nouveaux sujets et lui lit perdre la ville de Toulouse au siège de laquelle il fut tué en 1222. Par cette mort Raymond VI rentra en possession de sa capitale et de sa province (2). Au milieu de toutes ces guerres Raymond Rascas fit réparer et augmenter les bâtiments et les fortifications de son château seigneurial. On lui attribue la construction de la tour ronde, dite de la Vigie, qui est au couchant du côtéde la rueCondamine, ainsi quedu bâtiment aujourd'hui démoli qui était adapté à cette tour et dont le rezde-chaussée servait 'd'écurie et les pièces au-dessus de logement aux hommes d'armes.
Raymond dit Rascas testa en août 1209 et mourut le 27 février de l'année suivante, laissant trois fils. Bermond qui suit, Reymond, et Decan qui mourut sans postérité.
Bermontl II, cinquième seigneur d'Uzès, épousa Géraude, delà famille d'Adhémar de Rochemaure ,3 . Il apparut de 1208 à 1254 (4).
(1) Cet hommage rendu par le seigneur d'Uzès à l'évoque de la môme ville fut l'origine ne nombreux procès intentés par les évoques à Lunaison d'Uzès, surtout à l'époque où Uzès fut érigée en Duché-Pairie.
(2) Catel. Histoire tirs comtes de Toulouse, livre I, chapitre [II,
(3) Archives ducales. Cuisse testaments.
(4) Histoire iiéio nde du Languedoc, tome m, pages 120-121 et preuves col. 202, 203, 204. Marquis d'Aubais de Nimes, paj
323 el 324. Requeste de l'évesque contre M. le due d'Uzès, pages 4 et b.
Par un acte du 11 mars 1208, il reconnut que le père du comte de Toulouse, lors régnant, avait établi cette coutume dans tout le comté que, tous les biens de ceux qui seraient décédés ab intestat retourneraient aux héritiers de ceux d'où ils sont venus. 11 reconnut aussi que son père et son aïeul avaient approuvé cette coutume qu'il déclare vouloir faire exécuter dans Uzès et dans Saint-Quentin, dont il était seigneur 1).
Mais la guerre des Albigeois continuait toujours. Le pape Innocent III convoqua à Narbonne, en janvier 121 1 le roi d'Aragon, le comte de Toulouse et Simon de Montfort. L'évèque d'Uzès et l'abbé de Citeaux, délégués de la cour de Rome, furent présents à cette réunion et demandèrent au nom du Saint-Siège, V expulsion générale des ennemis de VEglise et la confiscation de leurs biens (2).
Le 9 février de Tannée suivante l'évèque d'Uzès obligea Raymond II à prêter serment devant lui, en présence des chanoines de la cathédrale et des principaux seigneurs du Pape, parmi lesquels figurait R. de Remoulins (3).
Enfin après la bataille de Muret, où Simon de Montfort gagna une victoire complète sur les Albigeois, l'évèque d'Uzès reçut entr'autres choses, des mains du vainqueur, la vigueiïe d'Uzès que Raymond tenait du ci-devant comte de Toulouse. En conséquence Raymond dut la même année faire hommage à l'évèque du fief de
(1) Archives ducales, Layette il. Mémoires du duc d'Usés contre Vèvêque Bauyn, page 2.
Saint-Quentin, situé tout près d'Uzès porte dans ses armofries: 1° de sable à un chef losange d'argent et de siuople; 2° d'hermine à un pal losange d'or et de gueules.
(2) Général Moline de Saint-Jou, Histoire des comtes de Toulouse, tome m, page 264.
(3) Galia christiana, tome vi, col. 625,
la viguerie d'Uzès, pour lequel il était obligé de fournir une albergue de cent chevaliers. Pendant les années qui suivirent, Raymond jouit en paix de sa seigneurie d'Uzès. Il acquit en février 122Ô, de son parent Elzias, co-seigneur d'Uzès, le moulin de Nadal situé près de cette ville au milieu de la plaine des Fou ses (1).
Tout près de ce moulin, au milieu d'une prairie qui en dépend, on remarque les vestiges d'une grosse tour appelée la Tourasse. Elle était dans le temps le donjon d'un château, chef-lieu d'un fief dont relevait presque toute la plaine des Fouses et qui dût être démolie à l'époque des croisades contre les Albigeois. Ce qui reste encore de cette tour devait servir à voir arriver l'ennemi durant les guerres qui ont désolé notre pays (2).
(1) Ce moulin, appelé aujourd'hui moulin des Fouses, joignant le domaine du Moulin-neuf de la comtesse de la Rochette appartenait encore à la maison d'Uzès au moment de la révolution. Il fut vendu comme bien national à Mathieu Vouland et acheté ensuite par M. Chambon, président du tribunal- civil de Nimes, qui l'a laissé à sa tille Mme Lenthéric.
On distingue encore au-dessus de la porte d'entrée de ce moulin les armoiries du duc d'Uzès qui ont été fort endommagées durant la révolution .
(2) Il y avait en effet autrefois à une distance assez éloignée d'Uzès et s'étendant de l'est à l'ouest des tours servant tout à la fois de défense et de ligne télégraphique. Les signaux étaient faits à l'aide de grands feux. On les apercevait la nuit par l'éclat de leur lumière et le jour par la colonne de leur fumée. Ces tours dont quelques-unes existent encore, étaient ainsi disséminées en commentant par l'est : la tour du mas des Agaço appartenant à M. Armand de Flaux, celle des Ovis près le domaine de M. Ludovic Abauzit, juge au tribunal de Nimes, près de Flaux, la tourasse dont j'ai déjà parlé, la tour de Yacquière entièrement détruite qui était située au domaine de M. Abel de Robernier, et porte à cause de ce souvenir le nom de domaine de la Tour, plac^ au nord d'Uzès, la tour de Saint-Médier. appartenant à M. Perraud de Missol, dite tour Parabère, la tour d'Aigaliera et enfin l'arc de Baron qui barrait en quelque sorte l'entrée de la contrée du côté du couchant.
Il existait aussi de l'autre côté de la rivière sur laquelle est situé ce moulin, une maison de plaisance avec de vastes jardins et des pièces d'eau où les ducs d'Uzès allaient passer la belle saison quand ils résidaient dans notre ville. Cette maison de plaisance était sur remplacement même de l'habitation de M"e Eusière.
En 1226 le roi Louis VIII entra en Languedoc avec une armée de 100.000 hommes, pour combattre Raymond VII, comte de Toulouse. Uzès lui ouvrit ses portes le 2 juin et Nimes le 5. Tous les pays environnants se soumirent à lui sans aucune résistance.
C'est le premier roi de France qui est apparu dans nos murs.
Par une charte du mois de juillet 1226, il mit les consuls de la ville et cité d'Uzès sous la sauvegarde spéciale du roi. Ce fut quelques années après que le roi Saint Louis établit le poids du roi, sorte d'impôt indirect sui' certains objets de consommation. Ce qui donna lieu plus tard a bien des difficultés entre les évoques et les ducs d*Uzès.
Bermond testa dans son château de Collias et mourut quelque temps après laissant de sa femme plusieurs enfants : Robert, mort évèque d'Avignon, Decan qui suit, et 2 filles, Marie et Ermesinde.
Bermond et sa femme furent ensevelis dans l'église des Templiers de Saint-Gilles (1).
Decao II, sixième seigneur d'Uzès, apparaît de 1254 à 1285 (2 .
Il céda au roi Saint Louis, par acte passé à Paris le jeudi après la fête de Saint Pierre et Saint Paul de l'an
(1) Archives ducales. Testament de juillet 1223.
(2) Histoire Générale du Languedoc, tome m, pages 480, 485, 514 et preuves col. 541-566.
Marquis d'Aubais de Nimes, pages 30, 325, 3*29. Mimard, tome i, page 334.
1264, au nom de son frère Robert, chapelain du Pape, et moyennant vingt mille livres de rente, le château de Calvisson (1). Ce Robert d'Uzès fut évêque d'Avignon en 1267.
Vers le milieu du xnr siècle, les frères mineurs ou Cordeliers vinrent s'établir dans Uzès. Decan fut un de ceux qui par ses libéralités contribua le plus à la fondation de leur église et de leur couvent, et par son testa ment fait à Uzès le 4 juillet 1283, il voulût être enterré chez les frères Mineurs ou Cordeliers.
Leur couvent et l'église y attenant se trouvaient sur la partie de la promenade de l'Esplanade qui longe aujourd'hui le temple protestant, ainsi qu'on a pu le constater en 1850 en créant cette promenade (Voir rapport de M. Bègue, architecte de la ville en 1853). Ce couvent et cette église avaient été détruits par les routiers (2). En faisant les fouilles on trouva des ossements, une très belle pierre d'autel, la même qui a été transportée dans la nef de la crypte et qui sert au saint
(1) Ce château fut donné plus tard en 1305, par le roi Philippe lî bel à Guillaume de Nogaret. Dès le xve érigé en baronnie il donnait entrée aux états. En 1614 il fut ériçé eu marquisat eu faveur de Jean- Louis Louet de Nogaret, l'un les trois lieutenants du roi en Languedoc. Aujourd'hui Calvisson est une commune du canton de Sommières (Gard). — Voir Dictionnaire topographique du département du Gard, par Germer Durand, page 42.
(2) On raconte en effet que les routiers venant insulter les habitants d'Uzès jusqu'aux pieds de leurs remparts, une bonne troupe, souordres d'Othon de Mondagou, vieux chevalier et ancien consul, lit une sortie sérieuse et les reooussa jusqu'au-delà de la métairie de Servesanne Là se livra un rude combat où périt Otliou de Aiondagoi routiers furent vainqueurs ; les Uzétiens, forcés de rentrer dans leur ville n'osèrent plus en sortir. C'est alors que ces brigands 'lurent brûler le monastère et l'église des Frères Mineurs qui étaient situés hors de l'enceinte des remparts de la ville.
sacrifice de la messe, puis une pierre tumulaire déposée à la Mairie qui porte les mots suivants :
VCETIE : QUI : PNTEM CEPULTURAM ! ELEGIT
Ce serait, d'après Germer-Durand, l'épitaphe d'Elephas, évoque d'Uzès au ixe siècle (1); mais c'est bien plus probablement celle d'un seigneur d'Uzès.
Decan II testa le 4 juillet 1283 et fut enterré, selon son désir, à l'église des Cordeliers.
Le sceau qu'il avait adopté représente sur une face un château fort, touré el donjonné de trois tours, accosté de deux fleurs de lys d'or, soutenu d'une fleur de lys en pointe. Le revers représente un écu triangulaire parti d'azur à trois tleurs de lys d'or, posés 2 et 1 et de gueules à trois bandes d'or.
L'exergue autour du château porte :
DEKANI DNI VCECIE ET ARMASAXICARV (2).
Decan II laissa de sa femme Ermingarde, fille de Pelet seigneur d'Alais, cinq enfants :
1° Bermond seigneur d'Uzès qui suit ;
2° Boni face, chanoine à Avignon;
3° Robert, dominicain, décédé à Metz en 1296 ;
4° Philippine, mariée au vicomte de Lautrec;
5° Degane, mariée klsnard, seigneur d'Olières, devenu p^us tard seigneur de Roquefeuille.
Beriuond III apparaît comme seigneur d'Uzès et d'Aimargues de 1290 à 1318. Par acte du 7 mars 1290, il échangea , avec le roi Philippe-le-Bel , les salines
(I) Mémoires de l'Académie du Gard, 1867-68, page 111. [l\ Histoire générale dit Languedoc, tome v. page 6, n° 130.
de Paccaïs pour la seigneurie du Remoulins et autres lieux (1).
Bermond fit plusieurs campagnes militaires, notamment en Flandre, dans l'armée de Philippe-Auguste (2). 'De retour de la guerre, il porta des plaintes au roi contre le sénéchal Alphonse de Rouvrai qui lui disputait le droit dont il prétendait que ses ancêtres et. lui avaient toujours joui de punir leurs officiers particuliers quand ils venaient à prévariquer dans leurs fonctions. Il parait qu'il fut débouté et que ses officiers, ainsi que ceux des autres seigneurs particuliers furent soumis à la juridiction des officiers royaux dans le ressort desquels ils se trouvaient. Parmi les seigneurs particuliers qui avaient adressé la même plainte au roi figurait Raymond Gaucelme, parent de Raymond III. Ce Raymond Gaucelme était riche et possédait un grand nombre de seigneuries et fiefs. C'est à lui qu'est attribué la construction du château de Saint-Ferréol, devenu clans la suite une citadelle et une des principales défenses de la ville. On prétend que n'ayant pas de château dans l'enceinte de la ville il fit élever celui-ci pour y résider quand il se trouvait à Uzès.
Vers cette époque, en 1304, Clément Y (Bertrand de Golh) passant dans ce pays alla visiter le Pont du Gard, le 21 octobre, et coucha à Uzès. Il continua de là sa route pour se rendre à Lyon où il fut couronné.
([) Trésor des chartes Languedoc, page 295, n° 33,
Remoulins est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement d'IJzès. Ses armoiries sont : de sable à un pal losange d'argent et d'azur.
Remoulins fut érigé en baronnie par les mômes lettres patentes qui érigeaient Uzès en duché-pairie en 1565.
La maison d'Uzès avait conservé Remoulins jusqu'à la Révolution.
Remoulins signifie moulins du roi.
(2) Sur les représentations du chevalier Aldebert, procureur de Bermond, le roi ordonne au sénéchal de Beaucaire et Nimes qu'il ne soit levé aucune subvention dans les lieux où Bermond, qui est en guerre en Flandre, a haute justice, et qu'on restitue ce qui a ét>; levé (Inventaire de 1610, folio 130).
Bermond III fut un des seigneurs du Languedoc qui donnèrent leur procuration à Guillaume de Nogaret pour les représenter en mai 1308 aux Etats généraux de Tours, et délibérer sur l'arrestation et le sort des Templiers (1).
Il fut enterré comme son père clans l'église des Frères mineurs, conformément à son testament du 23 mai 1309 (2).
Ce testament contient l'explication et la date de la pose d'une pierre tumulaire placée autrefois dans l'église de Psalmodi, mentionnant divers personnages de la famille d'Uzès.
De ses deux femmes, Alix et Hermessinde, Bermond eut plusieurs entants :
-1° Robert qui suit ;
2° Degan, abbé du monastère de Saint-Guilhem-du- Désert (diocèse de Lodève) ;
3° Bermond religieux ;
4° Pons, prieur du prieuré de N.-D. (Béate Marie) du bourg de Narbonne ;
5° Raymond, épouse None Raymonde, fille de noble Raymond d'Avignon ;
6° Esmengarde épouse : 1° Guillaume de Randon seigneur de Luc et de Portes, et 2° Aymeric de Besiac seigneur de Montbazet ;
7° An nette;
8° Dalmasse se marie avec Guiraud d'Adhemar son parent au quatrième degré ;
0° Degane, mariée avec Guiraudet, fils de Guiraud d'Adhemar. Elle se maria le même jour que sa sœur Dalmasse, l'une épousant le père, l'autre le fils.
Le contrat de mariage fut dressé par Jean Bezon d'Avignon.
|1) Histoire générale du Lamjuedoc, tome iv, page 139. (2) Archives ducales. Inventaire, page 'M,