‹ Histoire des ducs de Bourgogne de la race CapétienneChapitre 15 sur 39 · ÉTOFFES ET VETEMENTS · texte numérisé non relu

ÉTOFFES ET VETEMENTS

Le luxe des vêtements à la cour ducale nécessitait un service spécial de tailleurs, merciers, brodeurs, fourreurs, dont la dépense entrait pour une large part dans les comptes du budget. Nous croyons qu'à la tin du xive s. le luxe des costumes n'était pas aussi grand et que la dépense était moins considérable qu'à l'époque dont nous nous occupons ; la guerre de cent ans n'a pas dû profiter à des industries que les seigneurs n'étaient plus assez riches pour favoriser.

On a parlé des robes à trois, quatre et cinq « garnemens o dont la mention se reproduit à chaque féte, à chaque cérémonie. Le duc portait les dimanches et les petites fêtes des robes à trois garnements couvertes d'écarlate sanguine; aux grandes fêtes des robes d'é-

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carlate vermeille à quatre ou cinq garnements ; aux fêtes de Pâques de l'année 1344, on lui avait fait un chapeau d'agneau blanc, comme symbole de l'agneau pascal. Toute solennité nouvelle exigeait un nouveau costume qui ne servait qu'une fois le plus souvent, et devenait la propriété de certains officiers ; cette aubaine constituait ainsi un bénéfice attaché à leur charge, et ils avaient tout intérêt au fréquent renouvellement de la garde- robe de leur maître (Voir notre t. VII, p. 309-314).

Nous avons également donné le détail de la toilette de Jeanne de France, en 1318, lors de son mariage avec Eudes IV et de son entrée à Paris (t. Vil, p. 60). En 1332, Chrétien de Gosnans, tailleur delà duchesse, achetait pour elle des draps du lombard Laude Belun, et le duc, désireux de lui être agréable, faisait confectionner par le brodeur Ogier de Gand « un chapperon ouvré de brodure àoyseaus et à escus armoiiés » coûtant 62 1. (Arch. du Pas-de-Calais, Artois, A. 526>. Après ses premières couches, et au moment de ses relevailles, sa grand'mère lui donne a V pièces de raarramais », achetés chez le même lombard, à la date du 14 juin 1322. Lors d'un voyage en Artois et des fiançailles de Philippe- Monsieur, son fils, avec Jeanne de Boulogne, Eudes IV paye 240 1. p. « pour une keutepointe ouverte, un auqueton broudé et une couverture de drap à palefroy », le toul fourni par Jean de Savoie, bourgeois de Paris, « ouvrier d armoierie, de broudure et de keute pointerie » (Arch. du Pas-de- Calais, Artois, A. 572).

Vers la même époque, le duc et la duchesse donnaient obligation de diverses sommes pour achats d'é-

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