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toflfes de soie et de velours, souscrites au profit de Porcelet, de Besançon (Arch. du Doubs, B. 422), ce qui n'empêchait pas d'autres achats considérables chez Jacques de Douai et Jean de Morcamp, drapiers et bourgeois de Saint-Omer (notre t. VII, p. 187-189). Il serait fastidieux d'énumérer toutes les acquisitions faites sans interruption par l'intermédiaire des tailleurs du duc, Jean et Monnot Lescot, de Rouvre, 1330-1345; Odinet ou Oudinot, 1344-1349; Guillaume Langlois, tailleur de la duchesse ; Thomas, tailleur de Philippe, etc. Nous renvoyons à nos documents pour le détail des draps, manteaux, robes, chapeaux, estivaux et souliers, etc.
Lorsqu'Eudes IV se rendit en 1328 à la chevauchée de Flandre, la comtesse d'Artois voulant lui faire fête, ainsi qu'aux gens de sa suite, combla les uns et les autres de cadeaux. Au duc elle donne « une escallate roiié de Gand et destainte », à la reine Jeanne et à ses filles « des marbrés de Brucelles de la grant moison » ; aux écuyers du duc, des camelins blancs et des draps rayés pour faire des corsets d'été ; aux damoiselles, des hanaps, bourses, ceintures et tapis. Isabelle de France, veuve de Guigues, dauphin de Viennois, arrivant en Bourgogne, l'an 1345, reçoit en présent des draps d'écarlate vermeille pour son habillement, des draps rayés et mêlés pour les gens de sa suite. Au moment du sacre du pape Clément VI, en 1352, la reine Jeanne envoie des pièces d'écarlate aux cardinaux.
Les costumes de Philippe de Rouvre ne dittèrent pas comme nuance de ceux d'Eudes IV. En 1358, on lui fait un manteau d'écarlate à quatre garnements, et
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un autre a en drap verdelet de la livrée dou cardinaul de Bouloigne, son oncle ». Il porte un chapeau de bièvre « garni d'une plume d'otoure et d'un tuel d'argent doré », acheté à Paris 5 florins par Guillaume du Chesnay (B. 1405, fol. G9). Lorsque Jeanne, reine de Navarre, et sa sœur Marie, filles de Jean le Bon, viennent à Dijon, en janvier 1358, on achète à cette occasion « deux draps de Brucelles de la grant moison pour robes à nosdites dames, deux autres draps de la petite moison pour foire robes à leurs deux damoiselles et à leurs trois famés de chambre », le tout pris de Jean Perrine à la foire chaude de Chalon, pour la somme de 205 écus; les vêlements furent confectionnés à Dijon, et garnis de menus vairs et de fourrures prises àTroyes (B. 1405, fol. 67).
Les draps, les étoffes, les fourrures et les ornements n'étaient pas portés indistinctement partout le monde. Les écuyers n'avaient pas droit de se vêtir avec les draps réservés aux chevaliers. Les draps de couleur ou rayés des valets ne pouvaient entrer en comparaison avec les riches costumes de leurs maîtres. Il en était de même des fourrures. Le gros vair ou petit gris el le menu vair, fourrures faites, l'un avec le dos, l'autre avec le ventre de l'écureuil du Nord, étaient portés par les grandes dames, de même que l'hermine et parfois les blanches cuisses de lièvre. Les fourrures de a connins * étaient délaissées aux chambrières et aux particuliers.
Les écuyers n'a va ient droit qu'aux fourrures de peaux
d'agneau, et un acte notarié de 1358 constate que le
doyen de Gevrey, mandataire de l'abbé de Cluni, a
remis à Guibert, maire de Gevrey, à cause de son office,
une robe de drap rayé, fourrée d'agneau comme celle des écuyers (Arch. de la Côte-d'Or, Protocole des notaires, B. 11.259).