‹ Histoire des ducs de Bourgogne de la race CapétienneChapitre 19 sur 39 · CONSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS

Nous n'entrerons pasdans le détail des constructions concernant les résidences ducales dans l'Ile-de-France, Chanteloup, l'hôtel Sainte-Geneviève, Fontenay près Vincennes, Conflans et principalement l'hôtel d'Artois, dans lequel Eudes IV dépensa 200 l. p. pour frais de réparations, en 1342. Nous laisserons de côté les dépenses nécessitées par les châteaux des comtés d'Artois et de Bourgogne, pour ne nous occuper que des constructions entreprises dans le duché, qu'il s'agisse de monuments religieux ou de monuments civils (1).

Aignay-le-Duc. — Ce château étaitunedes résidences fréquentées par la Cour de Bourgogne au xin° s. H ne reste rien de la construction qui dominait le village et un vallon assez sauvage arrosé par un ruisseau auquel la Coquille donne naissance. On ne constate que des remaniements sous Eudes IV; en 1342, réfection du pignon de la chapelle du château dont Mathieu de

(I) Les travailleurs et les curieux pourront consulter avec fruit les Arch. de la Côte-d'Or, qui renferment d'utiles et d'importants documents, pendant la période qui nous occupe, sur la région de l'Ain, du Jura, du Doubs, de la Haute-Saône. Ces documents sont surtout fournis par les comptes particuliers des châtellenies.

Laignes était chapelain ; réfection du bief et de l'écluse fort endommagés « par l'orvalle d'eau » qui eut lieu la semaine de la Chandeleur ; réparation de la o chambre de retrait » de Madame ; couvertures en tuiles fournies par la tuilerie de Saint-Marc (Arch. de la Côte-d'Or, Comptes d'Aignay, B. 2055). En 1345, des travaux plus importants furent entrepris, et toutes les chambres furent remises à neuf; chambre o es maistres panestiers », chambre a ou on met le fruit », chambre madame, chambre a ès damoiselles », chambre Mgr. le chancelier, chambre « ès Courdeiiers ». On refit également les verrières de la grande salle et des autres pièces du château (Idem, B. 2056). Geofroi de Biaisy, maître visiteur des œuvres du duché, surveilla la réfection des moulins d'Aignay, de 1355 à 1357 (Côte-d'Or, B. 1399, fol. 49, et B. 1405, fol. 55).

Aisey-le-Duc. — Cette importante construction, dont nous avons donné un dessin du xvic s. (voir notre t. Vil, p. vi)a complètement disparu : elle était comme Àignay située sur le bord de la Seine qui n'est ici qu'un ruisseau; c'est à peine si Ton peut reconnaître l'emplacement du manoir. Le compte de 1328 donne le détail des travaux qui y furent entrepris à cette époque ; les murs du parc, les murs du château, les couvertures en tuiles provenant de Saint-Marc, les verrières, la chaussée de l'étang de Vaux et la confection de deux bateaux pour permettre de se promener sur la rivière (Arch. de la Côte-d'Or, Comptes d'Aisey, B. 2074). En 1341, les murs du parc fort étendu donnent lieu à de nouvelles dépenses, on refait la chaussée de Buxeuil (Idem, B. 2075). Les travaux des murs du parc se poursuivent, de 1343 à 1346, ainsi que les

œuvres du château, les fossés qui l'entourent et la construction de la chapelle castrale, dont le curé d'Étalante avait la surveillance (Idem, B. 2076). Guyot de Gy, châtelain d'Aisey, mentionne encore, en 1347, les « missions des euvres du chastel », sous la direction du charpentier Robert ; la réfection de la chambre du duc, la pose des verrières par Enfer, de Chàteauvilain, l'achat d'un autre bateau (Idem, B. 2077). — Dans l'enceinte du parc existait une chapelle de la môme époque, dont les fondations ont été relevées lors des fouilles faites en 4827. Cette chapelle, bâtie par ordre d'Eudes IV, avait 36 pieds de long sur 18 de large, et était contiguë aux loges, où demeuraient les veneurs et les oiseleurs. On y rencontra des claveaux à nervures provenant de voûtes ogivales, des rinceaux de fenêtres gothiques sculptés, et une rosace qui devait être l'extrémité d'une clef pendante.

Argilly. — Ce château fut reconstruit par Robert II qui y fit son testament, en 1297; Hugues V y mourut, en 1315 ; son frère Eudes IV fit bâtir la chapelle et en posa la première pierre le 14 juillet 1345, d'après la longue inscription lapidaire dont on peut voir le texte à la Bibl. nat., collect. Bourgogne, t. XC1V, p. 791. Cette construction était, parait-il, Tune des plus belles exécutées à cette époque. Perry (Hist. de Chalon, p. 206) raconte que l'édifice ruiné au milieu du xviT s. offrait encore les traces d une grande magnificence, et servait seulement de retraite aux hiboux et aux chouettes. Les travaux qui furent faits au clocher, en 1355, donnent une idée de l'intérêt que présentait ce monument: œuvres « pour couvrir de plonc toute la « chaere dou cloichier de la chapelle d'Argilley, de-

« dans et dehors, pour ce que tout le merrien des fe- « nestraiges se pourrissoit, et pour couvrir aussi les « croisies qui sont au dessouz des fenestraiges, les pi- • gnacles et XXXII faillolles illec, les arretiers de l'ai- « guille doudit cloichier, la planche doudit cloichier et le « beffroy fait illec,pour porter 1 1 cloiches,ledit cloichier « portant dessus les armes de Bourgongne, et d'autres « choses plaisans sanz couleurs, ensemble plusieurs « choses illec, si comme il est contenu en une escroede « ce marchié fait par Mgr.Geufïroy de Blaisey, cheva- « lier, gruyer et maistre desoeuvres douduchié »(Arch. delaCôte-dor, B. 1399, fol. 37). Suivent les détails des travaux de charpente, faits par Guillaume Le Musnier, les achats de plomb, étain, fers,clous, les charrois de matériaux, etc. Deux ans plus tard, on fut obligé de boucher les fenêtres jusqu'à une certaine hauteur « pour le vent qui entroit dedenz » , on employa des tuiles recouvertes de chaux et de sable. Cette opération exécutée par ordre de la reine, « pour ce que Ton peust chanter les messes en ladite chapelle », fut en- • treprise par les soins du receveur, de Jean de Baubigny, de Pierre Guret et de Pierre l'orfèvre (Côte-d'Or, B. 1405, fol. 43).

Arnay le-Duc. — Richard de Montbéliard, sired'Antigny, lègue, en 1333, 10 sols à « l'œuvre » de Saint- Jacques d'Arnay (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. III, p. 200).

Arran. — Le petit manoir d'Arran, près Montbard, acheté par le duc Robert II, en 1299 (Voir n* 5424, 5437, 5477) fut une maison de peu d'importance qui paraît n'avoir servi que pendant les chasses, en offrant un refuge aux veneurs. Eudes IV en ordonna la res-

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tauration, en 1344 (Arch. de la Côte-d'Or, B. 5302).

Athée. — L'église d' Athée, près Dijon, était en costruction au milieu du xiv* s., et Guillaume Pautin, clerc, fit encore un legs, en 1363, pour « l'œuvre » de cette église (Protoc. des notaires, B. 11.265).

Autun. — Un compte de Gui de Marigny, vier d'Autun, relate les dépenses faites pour les constructions exécutées au château de Riveau, près Autun, en 1353, et les réparations des halles de Marchaux (Arch. Côte-d'Or, B. 3825) dont Hugues de Br oisse, chevalier, bailli de cette ville, fit boucher les « pertuis », en 1357 (hlem, B. 1405, fol. 50). L'invasion anglaise nécessita de grands travaux pour la mise en état des fortifications de la ville, en 1358 (Idem, B. 2287). Girard de Ghâtillon, seigneur de la Roche-Milay, avait fait construire, en 1307, une importante maison près du champ de Saint-Ladre (notre t. VII, p. 459).— L'antique église de Saint-Nazaire, dont la construction était depuis longtemps commencée, et pour laquelle les papes • avaient accordé cent jours d'indulgence, ne se terminait pas vite. L'évéque Gui de la Chaume décida, en 1345, d'y employer les revenus d'une année de tous les bénéfices du diocèse. Marguerite de Crux, dame de Pierre-Perthuis, veuve de Guillaume de Bazarne, donna par testament, en 1308, une rente de 10 sols à la fabrique (OrtV/., Arch. de Vausse). — En 1333, Hugues de Roussillon, moine de Saint-Martin d'Autun,fit construire dans cette église une chapelle dédiée à saint Antoine, et voulut y être inhumé (Bulliot, Hi&t. de Saint-Martin d' Autun, t. II, p. 174). Les fils de Lombard le Fort, d'Autun,y firent également la fondation de la chapelle de Saint-Christophe, en 1336.

Pl. xxvu.

Auxonne. — D'après l'abbé Courtépée, l'église paroissiale de Notre-Dame avait été commencée par Jeanne de France, femme du duc Eudes IV. Ce monument encore debout parait une imitation de Notre- Dame de Dijon. En 1351, on répare les moulins de la ville (Arch. Côte-d'Or, B. 1892).

Avallon. — Le château, situé en face de l'église Saint- Lazare, occupait tout l'emplacement qui comprend aujourd'hui le tribunal et les prisons. Les bâtiments, alors fort anciens, étaient en si mauvais état que l'on fut obligé d'y faire des réparations urgentes pour permettre à Eudes IV et à son fils Philippe d'y loger quelques jours, lors du mandement du 8 janvier 1346, avant le départ pour la Gui^nne et l'Agenais. Hugues des Granges, châtelain de Montréal et d' Avallon, fit recouvrir l'hôtel de laves, rebâtit la porte vers le bourg, la porte du marché, refit les portes dessus Courbe val, la porte « devers l'huis au Gobeletat », ordonna le nettoyage complet des chambres. Puis, comme les fenêtres étaient à jour, on entreprit les verrières à Renaud, verrier de la Brie, qui entreprit les clôtures des fenêtres de la saJle, de la chambre du duc, etc., à raison de cinq sols le pied (Arch. Côte-d'Or, B. 5400). - Gui de Limanton, chanoine de Saint-Lazare d'A vallon, donne par testament, en 1315, une rente de vingt sols pour l'œuvre de cette église. Thibaut de Semur, doyen du chapitre d'Autun, lègue, en 1338, cent sols pour l'œuvre de la même collégiale d'Avallon (de Charmasse, Cartul. de l'église d'Autun, t. III, p. 155et2'29).

Beaune. — L'hôtel ducal, bien des fois modifié, et

dont nous donnons un dessin d'après ce qui subsistait

encore il y a près d'un siècle, avait subi de fortes répu

rations eu novembre 1347, lorsqu'Eudes IV y tint le parlement auquel assistait le cardinal Gui de Boulogne (Arch. de la Côte-d'Or, B. 3136). Chaque année du reste, on y réunissait le conseil, on nettoyait la grande salle et les pièces de réception, on « apparoilloit » les sièges et les tables. — L'église de Notre-Dame de Beaune n'était pas terminée sous Eudes IV ; le porche de cet édifice commencé en 1332 n'était point achevé à l'époque de sa mort. En 1338, Thibaut de Semur, doyen du chapitre d'Autun, légua cent sols tournois à l'œuvre de Sainte-Marie de Beaune. Dix ans plus tard, Gui le changeur de Beaune, et Girard Baudouin contribuèrent à son érection, l'un par une donation de quinze livres tournois, l'autre par une somme de 12 I., sommes destinées à l'œuvre du portail, « ad opus tabricae portalis », en compensation de dettes dont l église n'avait point été payée (Rossignol, Ilist. de Beaune, p. 213-214). — Le projet de la fondation d une chartreuse à Fontenay-les-Beaune par le duc Eudes IV remontait à 1327, époque à laquelle il avait reçu une autorisation du pape pour cette fondation. Mais l'exécution du projet n'eut lieu qu'après 1329, à la suite des blessures et d'un vœu qu'il fit à la bataille de Cassel (notre t. VII, p. 113-114 et 138). Nous avons indiqué les donations faites aux Chartreux par le fondateur qui se fit bâtir un logement près de l'église, et qui stipula dans ses dernières volontés d'y faire déposer son cœur. On conservait dans le monastère un parchemin sur lequel était transcrite une longue pièce de vers assez mauvais, dont voici le commencement :

« Le dux Eudes fist cest ouvraige u Sans grand deffaut et sans outraige.

ÉUDES IV

« Plus bel voulsit avoir eu

« Si le pnour le heust crehu... »

L'hôpital était loin d'être achevé en 134C, et Eudes IV disail dans son testament : « nous voulons et ordon- « nonsque,ou casou nous très passeriensde cestsiecle, « avant ce que l'église et les autres maisons et ediffiees « nécessaires de nostre maison et chartreuse fussent « asuivy et parfaix, toutes les revenues et ysseues et « émoluments de la prevosté de Beaune soient mises « despensées et convertyes par nos exécuteurs en la « perfection et ouvraige dudit monastère jusques tout « soit parfait. »

Brazey. — Ce château était une des résidences bien montées et dans laquelle on pouvait séjourner quelque temps; on y hébergeait les « grands chevaux » parqués dans les prairies qui dépendaient de ce domaine. En 1337, Eudes IV fit curer les fossés du château et la rivière, réparer le moulin sur la Vouge, ainsi que le moulin Saint-Jean (Arch. de la Côte-d'Or, B. 3431). A la fin du règne de Philippe de Bouvre, on remit en état les logements et la chapelle, la garde-robe du duc, la chambre verte, la chambre de la « nourricerie » (Arch. de la Côte-d'Or, B. 3434).

Brouillard. — Hugues V, duc de Bourgogne, autorisa, en 131 1, Jean du Brouillard à fortifier sa maison forte du Brouillard, laquelle était <r jurable et rendable ».

Chablis. — La ville est fortifiée, en 1331, par Mile de Noyers. En 1359, Félicet, dit le Maçon, et sa femme, Jeanne, y érigent une chapelle derrière le maître autel de l'église, chapelle qui doit être desservie par trois chapelains (cabinet de l'auteur, mss. Maret).

Chalon-sur-Saône. — Des réparations à l'église cathédrale de Saint-Vincent de Chalon furent commencées sous le règne du duc Hugues V. L'évêque de cette ville, Robert de Decize, en ordonna les travaux, en 1310, et déclara que les ressources dont il disposait n'étant pas suffisantes, on y appliquerait tous les revenus disponibles des autres églises du diocèse (notre n° 6294). — L'église paroissiale de Saint-Georges de Chalon fut transformée en un collège de douze chanoines par Odard de Montagu, en 1323, et plus tard, le duc Eudes IV amortit les biens (Courtépée, art. Chalon). Odard de Montagu venait de se faire construire une maison à Chalon, et avait obtenu à cet effet de la duchesse Agnès, en 1321, le droit pour trois ans de mettre en activité hors des murs de la ville un fourneau pour fabriquer les carreaux destinés à cette construction (Peincedé, t. X, p. 54). — Le 11 juin 1355, la reine Jeanne de Boulogne fait don de vingt écus aux cordelières de Chalon, « pour tourner et convertir en Pouvraige et édifice de leur moustier et non ailleurs » (Côte-d'Or, B. 1399, fol. 53). — Sous Philippe de Rouvre des réparations furent entreprises au château de Chalon, et notamment à la haute tour, où des travaux importants furent exécutés (Arch. de la Côte-d'Or, B. 3561).

Chdtel-Gérard. — Le château fort date du milieu du xive siècle, et remplaçait une petite forteresse attribuée à Girart de Rossillon, qui aurait élevé cette construction au milieu des bois à égale distance de Pothières et de Vezelay, et aurait donné son nom au pays. Cette dernière ruine, contiguë au château, est représentée par un amas de pierres liées par un ciment tort dur.

EUDES IV 1GÔ

Quant au château encore debout dont les murs ont deux mètres d'épaisseur, il est flanqué de quatre grosses tours, dont trois sont octogonales et une ronde ; ces tours ont été surbaissées, comme le château, et les coiffes n'existent plus; quoique mutilée, cette construction est l'une des plus anciennes qui subsiste de l'époque dont nous nous occupons (1). En 1346, on refit « un pan des murs du belle », on termina la coifl'e de deux tours (Arch. de la Côte-d'Or, B. 5400). Les travaux se continuent jusqu'à l'invasion anglaise; les fossés sont creusés, la tour Sainte-Catherine est édifiée, ainsi que le guichet du pont-levis, les murs et les créneaux (idem, B. 5401 et5402). Droin de Salmaise, maître charpentier, construit une chambre en appentis contre les murs du donjon, a pour ce qu'il n'y avoit aucune abitation ou Ton se peust abriter pour ycelui garder et deffendre » ; on fait les allées entre les deux tours de devant (idem, B. 5403). Les comptes des années suivantes indiquent encore des travaux de charpente au pont-levis, au couronnement des trois tours, au couronnement de la porte du donjon (idem, B. 5404).

Charolles. — Jean d'Armagnac, qui jouissait des revenus de la terre du Charollais, en 1358, lit exécuter des travaux au château de Charolles vers la même époque (Arch. de la Côte-d'Or, B. 3879).

Châtillon-sur-Seine. — Le château était plutôt une forteresse qu'une demeure de plaisance ; des tours massives, des appartements mal distribués et mal éclairés n'en faisaient pas une résidence agréable, et ne se

{\) Les fossés ont été en partie comblés par mou père, avant 1834, époque à laquelle le domaine est sorti dt* ses mains par suite de partages de famille.

prêtaient pas à un séjour de longue durée. En 1347, on fit refaire à neuf les portes du château et le pontot; le marché en fut passé avec Jean, de Fontaine-les- Sèches, charpentier (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6081).

Chaudenay, — L'église de Chaudenay, près Chagny, fut bâtie vers 1310, au dire de Courtépée (art. Chaudenay).

Ciel. — Guillaume de Verdun construisit, en 1340. l'église de Ciel, près Verdun, où sa femme fut enterrée (l'abbé Courtépée, art. Verdun).

Citeaux. — Eudes IV commença de construire dans l'abbaye de Citeaux une chapelle qui n'était pas terminée à l'époque de sa mort, et dont il recommande l'achèvement dans son dernier codicille, en 1349 : « item, volons et ordonons que pour faire et parfaire « eladcomplir la chapelle que nous avons encommenciê « à faire en ladite abbaye de Cisteaux, tous les emolu- « mens, ysseues et deniers qui seront receus chacun « an de nos bois de la duchief de Bourgoigne soient « converti et délivré par nos exécuteurs ci-après nom- « mez pour les ouvraiges et accomplissement de ladite « chapelle ».

Coyon, auj. Sainte-Marie-sur-Ouche. — La forteresse de Coyon lut donnée, en 1347, par Jeanne de Verdun, veuve d'Etienne de Montagu, sire de Sombernou, à Permet Cornu, de Coyon et à sa temme Azarie de Villatnout, à condition d'en réparer la maison-forte et les murailles, le pont-levis et de mettre en état l'étang et les fossés qui entouraient cette motte (Invent, des titres de Villarnout, 1736; ms. de notre cabiuet) Cuisery. — Le château, qui était le chef-lieu d'une assez importante chàtellenie, subit des restaurations au

moment de l'invasion anglaise sous Philippe de Rouvre (Voir Arch. de la Côte-d'Or,B. 4393). — Girard de Thurey, chevalier, plus tard maréchal de Bourgogne, et son frère Guillaume, doyen de Lyon, fondèrent en 1348, dans l'église de Cuisery, une chapelle qui devait être desservie par dix chapelains (Courtepée, art. Cuisery).

Culêtre. — Richard de Montbéliard, sire de Montrond et d'Antigny, légua, en 1333, 20 sols à « l'œuvre » de l'église de Culetre, près Arnay-le-Duc (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. III, p. 200).

Dijon. — Le vieux château des ducs était assez abandonné sous Eudes IV qui n'y résida qu'à de longs intervalles. Simon de Montmirel, maître maçon du duché pendant ce règne, ne paraît pas y avoir fait de travaux. Pour en étendre les dépendances, on avait acheté diverses maisons et masures voisines, en y comprenant l'hôtel des sires de Neuilly et celui de Jean de Rouvre, mais ces constructions étaient délabrées et en mauvais état, « toutes désertes et les toits eheoiz et porriz » (Arch. de la Côte-d'Or, B. 1405, fol. 42). Nommé receveur général de Bourgogne avant la Toussaint 1352, Dimanche de Vitel s'installa comme il put à l'hôtel Jean de Rouvre, tandis que les officiers de la chambre des comptes occupaient près «le là, et à l'extrémité du château, en face de l'église Notre-Dame, une partie très exiguë de bâtiments, où ils tenaient leurs séances, où ils mangeaient, et où, suivant les naïves doléances du comptable, les fenêtres laissaient passer a le vent qui ventoit trop fort » (Idem, B. J394, fol. 36). Mais l'insuffisance du local n'était pas ce qui touchait le plus ces pauvres gens, et, ce qui montre l'absence

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de toute idée de confortable à cette époque, c'est qu'ils n'avaient pas d'endroit pour faire leurs nécessités, « pour ce que l'on n'avoit ou aler esbattre priveement », sauf « des chambres aisies lesquelles estoient trop près de la chambre de Mgr le duc », et dans lesquelles on ne pouvait passer « sans entrer par devers le duc, et pour ce que en tout ledit hostel n'en n'a que unes ou ceulsde la chambre ne pouvoient aler » (Idem, B.1397, fol. 04). Il fallut donc au plus vite parer à cet inconvénient, et établir « unes nécessaire », que l'on nomme ailleurs des « chambres cortoises » (Idem, B. 1395, fol. 36}. Jean de Hangest et Pierre d'Orgemont firent placer des verrières, réparer celles qui étaient défectueuses (B. 1394, fol. 35 v°), et de 1353 à 1356, des travaux poursuivis sans discontinuité mirent en ordre cette partie de bâtiments inoccupée jusque-là. On refit le gros mur près de la salle et de la vieille chapelle, les longues allées, le logement « des escrips de la chambre des comptes pour ce que ladite chambre esloit trop dedenz d'ostel » (B. 1397. fol. 36 v°). Hugues Maluot, charpentier, « rappareilla » avec ses valets les pièces situées du côté de Notre-Dame, ainsi que les cuisines et le garde-manger. Ou recouvrit la maréchalerie, la grande salle de l'hôtel Jean de Rouvre, ainsi que les chambres de la maison des sires deNeuilly (ldemy fol. 37). Un puits île 7 toises de profondeur et de 5 pieds de large fut creusé dans la cour par Gui, le maçon, qui entreprit en même temps des margelles. .1 «m ti Hoursé posa les verrières. Jean Giraud, couvreur, relit les toitures (B. 1399, fol. 36-40). Les travaux continuent pendant le carême de Tannée 1356, pendant le séjour de Philippe de Rouvre à Dijon (B. 1 SOI,

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fol. 37-39). Les dalles de pierre de la chambre des comptes furent remplacées par « un planchier de bonnes aiz de chesne ». L'oratoire fut muni de livres et d'ornements, et Ton fit pour Fautel « un scabelle sur lequel repose l'ymaigne d'alabastre de Notre-Dame » (B. 1402, fol. 42 et 64) Jean de Saint-Julien, maître charpentier du duché, fut chargé de la réfection de diverses autres pièces, de la construction de deux chaussées en pierre, contre lesquelles quatre armoires furent fixées. On refit les» huisseries de la tour quarrée desescrips», et les fenêtres furenl protégées par des « yraignées » {Idem, fol. 43). Le tremblement de terre qui eut lieu dans l'été de 1356, et qui se reproduisit à diverses reprises, nécessita bien d'autres travaux, et mit en mouvement les visiteurs des œuvres du duché et Raoulin de Fauverney, gardien des hôtels du duc à Dijon. Cet événement extraordinaire causa des dégâts considérables o pour cause dou tramble de la terre et depuis par plusieurs fois » (Idem, B. 1405, fol. 42). Les secousses furent si violentes qu'il fallut consolider les maisons et retenir toutes les toitures. L'une des commotions fut môme telle que la muraille reliant la tour de Brancion à la tour Girard Pougeot s'écroula sur une longueur de 12 toises, que Ton fut obligé de reconstruire au prix de 1 florin la toise (Idem, B. 1402, fol. 43). On peut voir le détail des autres travaux, maçonnerie, charpente, toitures, verrières dans les comptes de Dimanche de Vitel, receveur général (B. 1402, fol. 66 à 70), ainsi que la destruction d'un gros noyer placé dans la cour derrière l'hôtel ducal, « pour ce qu'il ne laissait voir le jour ne la clarté en la chambre des comptes » (B. 1405, fol. 4i). — L'église de Saint-Bé-

nigne. dont la construction avait été entreprise à la fin du xme s. par l'abbé Hugues d'Arc, n'était point terminée en 1317, puisque André de Gevreyse dit encore maître des œuvres de cette église, et que son plus jeune frère Etienne s'engage à rester 3 ans avec lui. André doit garder la totalité de l'héritage venant de son père Hugues, et promet d'indemniser Etienne de cet abandon, ainsi que du temps qu'il lui consacrera, en prenant l'obligation de le nourrir et de l'entretenir (Protocole des notaires, B. 11.223). — L'église de Notre-Dame de Dijon, bâtie au xnr s., fut consacrée seulement en 1334 par Hugues, évêque de Tabarie, coadjuteur de Jean de Chalon, évêque de Langres. — Les travaux de la Sainte-Chapelle de Dijon se poursuivaient encore sous Eudes IV, et n'étaient point terminés à sa mort. En 1323, la duchesse douairière Agnès de France léguait 10 livres dij. pour « l'euvre > de cette église, et son fils dans son testament de 1348. assignait 300 livres tournois sur la prévôté de Dijon pour l'œuvre de la Sainte-Chapelle « jusqu'à ce qu'elle soit faite et parfaite entièrement ». En 1345, le même duc donna ordre de payer à Régnier, épicier à Paris, 100 1. p. pour 2 pierres d'albâtre « que nous avons fait ouvrer et mettre en notre dite chapelle de Dijon » (Arch. du Pas-de-Calais, Comptes d'Artois, A. 646). Mentionnons encore la chapelle particulière qui y fut fondée, en 1347, par Geofroi de Blaisy, gruyer de Bourgogne (Arch. de la Côte-d'Or, Protocole des notaires, B. 11.250). En 1340, les chanoines delà Sainte- Chapelle bâtirent l'hôpital de Saint-Fiacre pourles pèlerins malades, que soignaient quelques filles pieuses agréées par le chapitre. — Les bâtiments des Domini-

cains de Dijon avaient besoin de réparations sous Philippe de Rouvre, et à la fin de son règne, Bertrand d'Uncey, chancelier du duc, léguait 20 florins pour l'œuvre de cet établissement (Protoc. des notaires, B. 14.260). — A la même époque, s'élevaient les constructions de l'hôpital de Dijon, pour lequel Hugues V avait assigné 20 1. t. dans son second codicille, en 1315. Calmelet, dans son Hist. manuscrite de l'hôpital de Dijon, dit qu'en 1334, Frère Pierre d'Auxonne, maître de cette maison, fit placer une image de Notre-Dame de Pitié sur l'autel principal, et qu'en 1337, le maître Frère Urbain fit élever des bâtiments contigus à la maison conventuelle, afin de pouvoir s'y loger. — Le 13 mai 1354, le roi Jean autorisa Etienne de Musigny, chevalier, à commencer la construction d'un couvent pour les religieux du Montcarmel dans remplacement qu'il possédait sur la paroisse de Saint-Jean (Arch.nat., jj. 82, n° 174). — Les fortifications de la ville ne furent terminées que sous le gouvernement de la reine Jeanne de Boulogne. On peut voir le marché passé pour la construction des murailles, pour la fourniture des pierres prises à la carrière d'Is-sur-Tille, etc. (Protoc. des notaires, B. 11.255). L'abbaye de Saint-Etienne devait, pour sa part, faire 40 toises de ces murs « enlablés et enchaperonnés », qui furent marchandés à l'entreprise par Philippe Pougeon, de Dijon (Protoc. des notaires, B 11.228). — En 1350, la municipalité de la ville acheta la « maison au singe », pour y établir l'hôtel de ville. — Il n'est pas sans intérêt d'indiquer quelques marchés et engagements passés pour des constructions de particuliers. En 1342, Guillaume Qerget s'engage à « sabloner, blainchir, arroichier

et torchier » la tour appartenant à Mermet, mercier à Dijon, sise près de Notre-Dame, et dont les carreaux devront être faits avec la terre de Saint-Apollinaire (Protoç. des notaires, B. 11.240). Entreprise d'une maison à bâtir près de Saint-Michel par Simon de Montreuil (Protoc. des not. B. 11.251). Marché par Poinçart Bourgeoise avec les tuiliers de Remilly, pour la fourniture du carrelage en carreaux plombés dans la salle de la tour neuve qu'il fait bâtir (Protoc. des not., B. 11.254).

Ducsme. — Le château jadis important avait donné le nom au « pagus Duesmensis », et était devenu Tapanage de Louis, prince de Morée, frère du duc, qui avait fondé, en 1315, une église paroissiale en l'honneur de saint Maurice (Arch. de la Côte-d'Or, Peincedé, 1. 1, p. 665). Eudes IV, devenu possesseur du château après la mort de Louis, y fit diverses réparations. Eu 1342, Girard, couvreur de Duesme, répara les toitures (Arch. de la Côte-d'Or, B. 2056). Le tuilier de Saint- Marc passa aussi un marché pour la fourniture des tuiles employées à Duesme et dans les châteaux du voisinage (Arch. de la Côte-d'Or, B. 2055).

Flagey-les-Auxonne. — L'église était en construction sous Eudes IV, et Guillaume Pautin, clerc d'Auxonne, fit, en 1363, un legs pour l'Oeuvre de cette église (Protoc, B. 11,265).

Flavigny. — L'église était en construction en 1338, alors que Thibaut de Semur, doyen du chapitre d'Autun, lègue une rente de cent s. t. pour l'œuvre de ce monument (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. III, p. 229).

Foissij. — Gui de Limanton, prévôt de l'église d'Au-

tun, lègue, en 1315, une rente de 20 s. pour l'œuvre de l'église de Foissy, près Arnay-le-Duc (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. III, p. 155). Ce monument, quoique modifié dans quelques-unes de ses parties, laisse encore voir un ensemble important des constructions premières.

Fontaines~lés-Dijon. — Le château historique qui avait vu naître saint Bernard fut fortifié, en 1310, par Gilles, seigneur de Fontaines, auquel le duc Hugues Y avait donné autorisation de créneler sa maison (notre n* 6304). Ce Gilles, fils de Jean de Fontaines, mourut en 1312, et fut enterré aux Cordeliers de Dijon (notre n° 4000).

Gémeaux. — Le duc de B. ayant permis, en 1305, à Guillaume de Grancey, seigneur de Gémeaux, d'y construire une forteresse près de l'église, les travaux furent exécutés pendant le règne d'Hugues V, mais la forteresse a été en partie démolie, en 1433, lors de la guerre des Vergy contre les sires de Chàteauvilain.

Gevrey. — Marché passé en 1359 et entrepris à Gevrey d'une maison en charpente, de 6 toises de long sur 21 pieds de large, avec galerie et volerie, moyennant la somme de 15 florins (Protoc. des notaires, B. 11,259).

Givry. — Guillaume de Mello et Isabelle de Bourbon, sa femme, autorisent les habitants de Givry à clore le bourg de murailles. Jean de Mello, évêque de Chalon, commença, en 1354, un beau bâtiment pour les religieuses de Notre-Dame de Marioux, qui dépendaient de celles de Remiremont (Courtépée, art. Givry).

Grancey. — L'hôpital, sous le vocable de Saint-Jean- Baptiste, avait été établi et dolé par les puissants sei-

gneurs de ce nom. Eudes de Grancey y bâtit une chapelle, en 1309 (Arch. Haute-Marne, Rég. des insinuations).

Grignon. — L'église était en construction sous Eudes IV; Thibaut de Semur, doyen du chapitre d'Autun, lègue, en 1338, une rente pour l'œuvre de cette église, où ses parents avaient été enterrés (de Charmasse, Cartul. d'Aulun, t. III, p. 229).

Jugny. — Cette maison de plaisance, sise près de Chanceaux, ne laisse rien deviner de son ancienne splendeur, et servait surtout de résidence aux duchesses. Jeanne de France y fit des embellissements, en 13135, restaura la chapelle, les cuisines, la chambre mons. de Blaisy, la garde-robe madame, « l'appendise desouz la saule qui estoit fandue », la chambre de la « nourricerie », les garde-foux du pont près le pontlevis (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6034). En 1339, la duchesse fit orner la chapelle de peintures représentant les évangélistes, exécutées par la main de Coustan, fils, et par maître Etienne, son cousin ; fit restaurer les verrières, renouveler les panneaux de la salle {Idem, B. 6037). En 1342, on couvrit la grange neuve, la grange au foin, la chambre peinte et la grosse tour {Idem, B. 6038).

Jully-sur-Sarce. — Ce domaine faisait partie de la chàtellenie de Champagne appartenant au duc; on y entretenait comme à Brazey les grands chevaux d'Eudes IV, et lors de son voyage en France, en 1330. Jacques de Corbie, maréchal de l'écurie, y conduisit vingt grands chevaux et quatre roucins. Cette même année, on refit les allées sur les murs du château (Arch. de la Côte-d'Or, B. 38i9,.

Lantcnay, — Une des résidences préférées de la duchesse douairière, Agnès de France, qui y avait fondé une chapelle dédiée à saint Louis, appelée aussi Notre-Dame-la-Noire, à cause d'une statue de la Vierge qui y était placée. Eudes IV légua par testament vingt livres de rente à cette chapelle. — Les comptes de cette chàtellenie n'ont pas été conservés sous le gouvernement de ce prince. Pendant le règne de Philippe de Rouvre, le château fut l'objet de travaux que Jean deSemur, curé de Montigny-sur-Armançon, eut pour mission de surveiller (Arch. de la Côte-d'Or, B. 50'±0); les écuries furent reconstruites (Idem, B. 5043) ; un « chaflaut » fut élevé sur l'angle du mur du château, et un grand escalier y donnait accès (Idem, B. 5041; ; les ouvriers charpentiers firent un ouvrage de défense, nommé « bretaiche », de 8 pieds de long et de large; on compléta le système de défense par de grands murs en pierres de taille construits à chaux et à sable (Idem, B. 5042).

La Perrière. — Forteresse assez importante, puisqu'on y entretenait, en 133S, un maître arbalétrier, et qu'on pouvait en faire une place de résistance. La même année, on reconstruisit le pont du faubourg pour la défense du château (Arch. de la Côte-d'Or, B. 5051 bis). Des travaux plus considérables y furent exécutés sous Philippe de Rouvre (Idem, B. 5054). Il ne reste du château que des fossés pleins d'eau.

Mdcon. — Un clerc de cette ville ayant bâti une maison sur les murs royaux appelés « murs des Sarrazins », fut condamné par le bailli à une amende qui fut confirmée par le roi, en avril 1345 (Arch. nat., JJ.75, n°326).

Maisey. — Le duc Hugues IV avait autorisé Mile, sire de Noyers, à y construire une forteresse « jurable et rendable », en 1247. C'est cette forteresse, dont il ne reste plus trace, qui devint plus tard une des résidences passagères des ducs, où ils logeaient surtout des veneurs et des oiseleurs, chargés de veiller à « la mue de Maisey ». Eudes IV fit refaire les murs des grands vergers (Arch. de la Cote-d'Or, B. 2076); l'aire de la garde-robe de la tournelle, les étables du belle, la colombière, l'appentis devant la cave, la chambre des Cordeliers. Les derniers travaux furent faits en 1347 (Idem, B. 6595).

Meursault. — Domaine ayant appartenu aux premiers ducs au xir siècle, transmis par alliance à Ànséric de Montréal, marié à Sibille deB.; puis à Elisabelh, mariée à Philippe, sire d'Antigny; puis à leur fille Flore, mariée à Philippe de Montagu; puis à leur fille Jeanne, mariée à Thierry de Montbéliard, puis enfin à leur fille Jacquette, mariée à Robert de Grancey. Ces derniers seigneurs étendirent les bâtiments du château, construisirent une forteresse et un donjon à l'extrémité occidentale de l'escarpement occupé par le manoir, et l'entourèrent d'une forte muraille terminée par une tour rectangulaire à quatre étages. Le monument, construit en 1337, porte sa date et le nom des fondateurs, et le fait est assez rare pour qu'il soit intéressant à signaler. L'inscription, gravée sur une pierre de lm,80 de long et noyée dans Téquarrie en bas du donjon, a été relevée par la Comm. des Antiq. de la Côte-d'Or, t. VII, p. 247 :

Pl. XXI.

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Montagu. — Le château de Montagu avait été acheté par Eudes IV aux derniers descendants de la branche | de Bourgogne du nom de Montagu. Des travaux y furent entrepris à la fin du règne de Philippe de Rouvre, d'accord avec les dames de Grux et de Marciliy, qui avaient leur part de ce domaine; on rebâtit la première porte du château; des eschiiïes furent construites sur cette porte et sur la grande tour des terreaux (Arch. de la Côte-d'Or, B. 5251).

Montbard. — L'une des résidences préférées de nos ducs, avait déjà subi des transformations importantes au xnr siècle (Voir notre t. VI, p. 203-204). Eudes IV, sous la direction du châtelain Perreau de Bois-Thierry, y ordonna de grands travaux. En 1340, Colin le chappuis, qui paraît être le maître des œuvres, refit la chapelle que l'on recouvrit de tuiles (Arch. de la Côted'Or, B. 5300). Maître Thierry, pointre Mgr le duc, et d'autres peintres Jean de Granson, Nicolier et leurs valets mirent quatre ou cinq ans « en poignant la chapelle » à la décorer entièrement (Idem, B. 5302). Nous aurons occasion de reparler ailleurs plus longuement de* ces artistes. En 1341, on pose les verrières,

non seulement dans la chapelle, dans la grande salle, dans les chambres « ès maîtres d'ostel », dans le retrait de madame, mais dans toutes les pièces du château, par suite d'un marché en tâche passé avec les enfants de maître Simon, le verrier de Dijon (Idem, B. 5301). Les années 1344-1345, pendant lesquelles fut déployée la plus grande activité, furent consacrées à la réfection de la grosse tour du pont du donjon (Idem, B. 5302). Les travaux se continuèrent sans interruption jusqu'à la mort de la duchesse Jeanne, dont on avait terminé l'oratoire, en 1347 ; on acheta divers meubles pour la chapelle et pour la chambre du duc (Idem, B. 5303). La lacune des comptes nous fait perdre la suite de ces intéressants travaux, mais ils reprennent, en 1353, lorsque Geofroi de Blaisy, gruyer de Bourgogne, commis pour la réparation des maisons ducales, ordonne l'établissement d'une tuilerie sous le château de Montbard, parce qu'on ne trouvait pas de tuiles dans le voisinage, et qu'il en fallait pour l'entretien des maisons de Semur, Villaines, etc. (Idem, B. 5305). On ne négligeait aucune occasion d'augmenter les dépendances de cette résidence, et Guillaume de Chauvirey, prévôt de Montbard, consentit à céder au duc sa maison du Couhard, sise près du château, contre des terres à Sampans (Arch. de la Côte-d'Or, Protocole des notaires, B. 11,229). L'invasion anglaise nécessita plus tard bien d'autres travaux de défense; Philippe le Hardi y consacra des sommes considérables, y installa, en 1379, une horloge faite à l'abbaye de Fontenay (Voir B. 5306, 5307, 5308, 5309, 5312, 5314).

Montcenis. — Bernard de Neuville, chevalier, bailli d'Autun et de Montcenis, fit exécuter des travaux dans

cette dernière résidence, en 1354, et reçut diverses sommes « pour les ouvraiges dou chastel et des murs de la fermeté dou chastel de Moncenis » (Arch. Côted'Or, B. 1399, fol. 58). Son successeur, Hugues de Broisse, poursuivit les années suivantes les réparations commencées, fit bâtir une halle, recouvrir les tours de tuiles, etc. (B. 1402, fol. 56 et B. 1405, fol. 50).

Montelon. — L'église de Montelon, près Autun, était en construction sous Hugues V et Eudes IV. Gui de Limanton, prévôt de l'église d'Autun, légua une rente^ en 1315, pour l'œuvre de cette église (de Charmasse, Cartul. d' Autun, t. III, p. 155).

Montréal-en-Auxois. — Cette importante forteresse, dont Hugues IV avait pris possession après la forfaiture du dernier seigneur de ce nom (Voir t. V, p. 12-17), nécessitait de fréquentes réparations. En 1346, le châtelain Hugues des Granges fit nettoyer et curer les lossés, en employant tous les hommes de la chàtellenie, auxquels on donnait seulement du pain pour salaire. Il entreprit la réfection à neuf des tours d'entrée du château, les guérites des tours, les eschiftes, les créneaux des murailles du côté de la rivière, les cheminées, les fenêtres des chambres basses, et donnait 18 d. aux maçons et 7 d. aux manœuvres (Arch. de la Côte-d'Or, B. 5400). Les années suivantes, les travaux qui se continuent sont visités par Geofroi de Blaisy et Jean Girard, curé de Montigny. La grosse tour du donjon est réparée et surmontée d'une bannière aux armes ducales; les grandes portes d'entrée du château (qui subsistent encore) et la porte de la tournelle sont refaites à neuf (Idem, B. 5401); on emploie des tuiles provenant d'Ancy et d'Etaules. Sous Philippe de Rouvre, ou

acheva de mettre eu état la tour FEvêquë, la grosse tour, la tour de Marmeaux. la tour de la Cigogne, la tour Denisot, la porte Saint-Bernard, la porte au Roy, la porte vers Froideville, « l'engive de la première porte du belle devant la maison au curé », les créneaux, la grande salle, la chambre de Mgr, les eschiffes sur les murs du belle (Idem, B. 5402). Ensuite on répare les deux grosses tours sous le donjon, la tournelle de la chapelle, la tournelle « lez la chambre de la norricerie », dix eschiffes qui furent données en tâche à Ôlivier de Bretaigne et à Pemot de Soissons {Idem, B. 5403) ; on acheva les lanternes de bois sur la tour de la porte du donjon, le couronnement de la tour Saverault, le pont-levis, les allées de bois, les gardefous (Idem, B. 5404). On voit que ce château présentait un ensemble de constructions considérables.

Mussy. — La duchesse douairière Agnès de France lègue, en 4323, 400 sols dij. à l'œuvre du prieuré de Mussy-sur-Seine.

Noyers. — Château important, d'où relevaient de nombreux villages de la vallée du Serain, appartenait depuis trois siècles aux seigneurs de ce nom, et était féodalement soumis aux ducs depuis 4296. Mile de Noyers, ancien maréchal, bouteilleret porte oriflamme de France, y avait fait beaucoup de travaux, fondé trois , chapelles castrales, avec l'autorisation du pape Clément V (notre n° 6403), fortifié la ville de Chablis, en 1331, construit le four banal de la ville, aujourd'hui détruit et dont nous donnons un dessin. On a récemment mis à nu la base du donjon carré construit en bel appareil, retrouvé des gargouilles représentant des aigles (les armes des Noyers), des fûts de colonne, des

arcs de rosaces de la chapelle Saint-Georges, des boulets de pierre de divers calibres, etc.

Pacy sur- Armançon. — Jean de Saint-Verain, chevalier, et Marguerite de Pacy, sa femme, sont fondateurs des chapelles de la Trinité et de Saint-Jean-Baptiste érigées dans l'église de Pacy (Arch. de la Gôted'Or, B. 11.636).

Pontailler. — Nous avons parlé (t. VI, p. 20^-206) de l'acquisition de celte forteresse, et des grands travaux faits par ordre de Robert II. En 1350, il fallut reprendre du haut en bas la grande tour carrée, « qui est fendue en long et cherra, selle n'est secourue, et en sont en grant péril pour les habitans d'environ » ; Etienne de Musigny et Gui Raby surveillèrent les ouvriers {Idem, B. 5612). Le premier ayant été nommé ensuite châtelain de Pontailler après Girard de Vauretes, y fit exécuter des travaux et compléter le système de défense, refaire à neuf le pont, des barrières sur le grand pont, celles dupont-levis sur la Saône, etc. (Idem, B. 5616).

Ronchaux. — Richard de Montbéliard, sire d'Antigny, lègue, en 1333, cinquante sols pour l'œuvre de l'église de Ronchaux, près Quingey (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. III, p. 200).

Rosières. — Ce château-fort qu'on voit encore près de Fontaine-Française, fut construit peu après 1322, par Pierre de Saint-Seine, auquel il avait été cédé par le duc et le sire d'Autrey.

Rouvre. — L'une des principales résidences ducales, subit des restaurations, en 1342, lorsque Jean le Bon, auquel on voulut en faire les honneurs, vint prendre Eudes IV pour se rendre à Avignon au couronnement

du pape Clément VI. Les préparatifs furent ordonnés par Eudes de Fontaines et Dreux d'Aisey. Henry le « chappuis » arrangea la grande salle « qui fut despeciée par le ny de la ciconne qui chuit sus la dite saule » ; autres dépenses furent faites pour les verrières de la chapelle et de l'oratoire de Mgr. ; ou y fit mettre « une ymaige de Saint-Pierre » (Arch. delà Côte-d'Or, B. 5742). Cette demeure qui a donné son nom à Philippe, dernier des ducs de la première race, fut entretenue avec soin sous son règne. En 1357, Girard Bonami, charpentier, y fit divers travaux, répara la chambre de la reine Jeanne de Boulogne, construisit une garde-robe contiguê à cette chambre (B. 1405, fol. 42). Il parait que les cigognes y faisaient de longues stations, puisqu'en 1303, on réparait encore les cheminées « que les gens Mgr. a voie rit depeciées pour panre les saoingnez » {Idem, B. 5747). L'invasion anglaise nécessita de nombreux travaux de défense, et la façon d'engins d'artillerie (Idem, B. 5744). — Sous Eudes IV, on construisit les bâtiments du prieuré de Rouvre, et en 1323, la duchesse douairière Agnès de France légua 100 sols pour l'œuvre de ce prieuré, dont l'église, qui subsiste encore, n'était pas terminée.

Saint-Seinesur-Vingeanne. — Le château subit des restaurations sous Eudes IV, et, en 1350, on réparait les murs du « berle » dont les travaux furent visités par Gui Baby (Arch. de la Côte-d'Or, B. 5612). Deux ans après, on refit entièrement la couverture et la coiffe du donjon (Idem, B. 5G13). — L'église est de la fin du xiuc s., comme l'atteste une inscription lapidaire portant la date de 1300 (Voir Répertoire archéolog., p. 79).

Saint-ThibatU-en-Auxot8. — L'église et le prieuré de Saint-Thibaut dont nous avons déjà parlé (t. VI, p. 198-199), étaient depuis longtemps en construction, et n'étaient point achevés sous Eudes IV. En 1323, la duchesse douairière Agnès léguait encore une rente à l'œuvre de l'église.

Salive. — Maison ducale de peu d'importance et mal entretenue. En 1344, on refait une grange (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6080) ; en 1347, on répare les couvertures et on relève le pignon « de l'ostel Mgr. à Salive » (Idem, B. 6081). On voit encore les ruines des tours, portes et murailles (Répertoire archéolog.).

Salmaise. — Château dont on aperçoit les ruines au-dessus d'un rocher escarpé en suivant la ligne du chemin de fer de Lyon, non loin de Verrey, était entré en la possession du duc Eudes IV par une confiscation sur un vassal rebelle Etienne de Mont-Saint-Jean. On y entreprit des travaux, en 1335 (Arch. de la Côted'Or, B. 6034). Des constructions plus importantes y furent faites, en 1348, lorsqu'on restaura « la chambre Mgr, la chambre de la norricerie qui estoit chiet, le grantcelier vers la salle qui effondra » (Idem, B. 6039). Sous Philippe de Rouvre, le mur du donjon fut édifié, et la fontaine venant du parc, « si quelle estoit en ruyne de lontems », fut mise en état au moyen de 300 journées d'ouvriers (Idem, B. 6041).

Sanvigne. — L'église était en construction sous Hugues V et Eudes IV; Gui de Limanton, prévôt d'Autun, lègue, en 1315, une rente pour l'œuvre de l'église de Sanvigne, près Toulon-sur-Arroux (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. III, p. 155).

Sarry. — Appartenait aux ducs depuis 1297, date

de l'acquisition faite à Anseau, sire de Train si, et à sa femme Béatrix de Maligny par Robert II, qui avait annexé au duché, moyennant 4000 L, les domaines de Sarry, Villiers-les-Hauts, Soulangis et Méreuil, incorporés ensuite à la chàtellenie de Chàtel-Gérard (Arch. de la Côte-d'Or, B. 983). Le petit château de Sarry avait été transformé en maison de chasse, dans laquelle logeaient des veneurs et leur suite. Les dépendances étaient occupées par les « chiens dou cer ». En 1346, on refit à neuf cette vieille demeure, on recouvrit en laves les toitures des étables, de la cuisine, des greniers; on recouvrit en tuiles la salle, la chambre de Mgr et le logis; on refit les murs du verger « qui estoient cheus », les cheminées de la grande chambre et de la garde-robe; ces travaux furent exécutés en tâche par Nicolas de Blacy, qui prenait les tuiles à la tuilerie d'Ancy (Idem, B. 5400). En 1356, on construit la grosse tour du château de Sarry, dont les pierres de taille proviennent des carrières d'Annoux (Idem, B. 5401).

Saulieu. —Thibaut de Semur, doyen d'Autun, lègue, en 1338, cent s. t. à l'œuvre de l'église collégiale de cette ville (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. 111, p. 229).

Saulx-le-Duc. — Des travaux sont exécutés au château, dès 1330; réfection de murs; six lampes achetées pour la chapelle du donjon (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6078). En 1342, suite de la réfection des murs du bourg par Jean de Gussey et Pierre Pagot, maîtres maçons; réparation des écluses du moulin de Tarsul ; lanterne de verre pour la chapelle, faite par Jean le peintre, de Mairey (Idem, B. 6080). En 1347, le maître

Et'DKS IV 185

maçon Pierre Pagot bâtit une maison sur la porte du donjon, répare les pignons, rebâtit la partie des murailles anciennes et détériorées ; on rétablit les barrières en bois, l'escalier en bois donnant accès sur les murs du donjon devant la chapelle, les portes, huit fenêtres dans la grande salle; la coiffe du four est recouverte en pierre blanche; Jean le peintre, de Mairey, fait six bannières aux armes du duc pour mettre sur le château B. < hlem, 6081).

Saussey. — L'église était en construction sous Hugues V et sous Eudes IV, puisque Gui de Limanton, prévôt d'Autun, lègue, en 1315, une rente pour Fœuvre de l'église de Saussey, près Bligny-sur-Ouche (de Charmasse, Cartul. d'Autun, t. III, p. 155).

Savigny-lés-Beaune. — Le château aurait été construitt en 1340, par Jean de Frolois, maréchal de B., déjà possesseur du domaine en 1317 (Courtépée, art. Savigny).

Savigny-le-Sec. — L'église était en construction sous Eudes IV, et Guillaume Pautin, clerc d'Auxonne, fait, en 1363, un legs pieux à l'œuvre de cette église (Arch. de la Côte-d'Or, Protocole des notaires, B. 41,265).

Semur-en-Auxois. — Nous avons dit (t. V, p. 197) que l'achèvement de l'église de Notre-Dame de Semur n'était peut-être pas complet au commencement du xiv* siècle. Le fait est certain, car la duchesse Agnès faisait encore un legs, en 1323, pour l'œuvre de ce monument, et, en 1338, Thibaut de Semur, doyen d'Autun, insérait également dans son testament une autre donation pour l'œuvre de la môme église. — Le château de Semur lut l'objet de divers travaux sous le règne de Philippe de Rouvre. Dès 1351, Geofroi de

Blaisy, chevalier, et Jean Girard, prêtre, en firent la visite (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6198). En 1354, on répara la tour Lourdeau (Idem, B. 6201), et lors de l'invasion anglaise, on mit des « eschifîes » à la tour carrée, sur la porte Pierre Fournier, au « belle » de la tour feu Renaud de Jully, etc. (Idem, B. 6202).

Thil-en~Auxoi$. — La collégiale de Thil, sous le vocable de La Trinité, fut fondée, en 1340, par Jean de Thil, connétable de Bourgogne, qui établit cinq chanoines et un doyen. Il exigea que les bénéficiaires fussent obligés, le jour de leur réception, de faire serment de ne vendre ni aliéner les livres de la chapelle. Le roi Philippe de Valois ratifia la fondation, en 1343, et se recommanda, ainsi que la reine, aux prières qui se feraient dans cet établissement.

Tillenay. — L'église était en construction sous Eudes IV, et Guillaume Pautin, clerc, faisait encore, en 1363, un legs pour l'œuvre de cette église (Arch. de la Côte-d'Or, Protoc. des notaires, B. 11,265).

Thoires. — En 1319, Gui de Thoires, chevalier, fonda une chapelle bénéficiale dans l'église de ce village, à la collation de sa famille, qui était en possession de la seigneurie du lieu.

Vandenesse. — Guillaume de Chàteauneuf fonde et dote la chapelle Saint-Nicolas de Vandenesse, en 1336, et y établit quatre chapelains résidents (Courtépée). Les parties intéressantes de l'église bâtie à cette époque existent encore.

Varanges. — L'église de ce village, qui n'était primitivement qu'une simple chapelle, fut fondée par le testament de Gui de Grosbois, propriétaire du lieu, et bâtie en 1348, avec l'autorisation de Hugues de Mire-

beau, vicaire général de l'évêque de Langres (Arch. de la Haute-Marne, Rég. des insinuations).

Veilly. — Richard de Montbéliard, sire d'Antigny, lègue, en 1333, vingt sols à I' « uevre » de l'église de Veilly, près Bligny.

Vergy. — Le château qui avait eu jadis une si exceptionnelle importance (Voir notre t. III, p. 1-4) était bien abandonné et négligé sous Eudes IV. Les murailles étaient en mauvais état, les fenêtres n'avaient plus de vitrage, les clefs manquaient à la plupart des portes. En 1347, on répare la tour, les murs du parc, la salle, l'étable; on refait des clefs pour les « huis ». Michel de Poiseul, a chambroilleur », fut chargé de « chambroillierlachambreMgrleducetlepavoillon ». Le moulin de l'étang n'était pas mieux entretenu, et un charpentier en refît les portes (Arch. de la Côted'Or, B. 6475). En 1352, on continue les réparations aux murs du parc et on enlève les créneaux du château qui sont sur le point de tomber (Idem, B. 6476).

Vemot. — Cette maison de campagne, dans laquelle la duchesse Agnès séjournait fréquemment, fut embellie par la duchesse Jeanne, sa bru, qui en fit reconstruire la chapelle, en 1330, aussitôt après la mort de Mahaut d'Artois. Celte chapelle, ayant 30 pieds de long sur 24 de * gros dedans evre », fut entreprise à lâche par le maître des œuvres Laurent de Ys (Arch. de laCôte-d'Or, B. 6078). Les comptes de 1333 portent la suite des « missions pour les euvres de Varnoul » ; jointoyage des murs, nettoyage de la salle ; pierres prises dans la perrière pour la paver; arrangement de la chambre maître Anseau (Idem, B. 6079). En 1342, continuation des travaux et réfection à neuf du colom-

bier {Idem, B. 6080). Il ne reste du château que de vastes souterrains.

Villaines-en-Duesmois, — Résidence très fréquentée de nos ducs, et dont les ruines se voient encore, avait 90 chambres à feu, et était flanquée de sept tours avec pont-levis. Cette construction du xih* siècle fut modifiée au xive. Hugues IV y fit son testament, en 1272, et y mourut ainsi que sa veuve Béatrix de Champagne. Le château était en très bon état d'entretien sous Eudes IV, mais les comptes de cette chàtellenie manquent pour cette période.

Vil lier s-le-Duc — Château servant de maison de chasse et occupé principalement par les veneurs et les fauconniers; ces derniers y pratiquaient le dressage des oiseaux que Ton avait commencé à élever à « la mue de Maisey ». En 1347, on refait le « gouterot du retrait Mgr qui estoit cheust », et une autre partie de murailles à neuf, la maison du Val-des-Choux à Villiers et le manteau de la cheminée (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6595). Cette maison et cette cheminée existent encore, et sont l'objet d'intéressantes restaurations par les soins de M. Morel de Villiers, le possesseur actuel. Les années suivantes, on rebâtit les murs des grands jardins, des jardins de la Colombe et du Sauveur (Idem, B. 6596). En 1348, Eudes IV renouvela une donation faite antérieurement à son veneur Geofroi le Mottot, de Perrigny, et lui concéda la chapelle à condition d'y assurer le service divin (Bibl. nat., Collect. Bourgogne, t. LXXII, fol. 85).

Vitleaux. — Cette terre appartenant d'abord à Jean «le Chalon, sire d'Arlay, était assez abandonnée lorsquelle fut donnée en douaire à la duchesse Jeanne de

Boulogne. On y avait seulement « appareillé » une chambre auprès de la porte du donjoo, en 1347 (Arch. delaCôte-d'Or,B.6669kr).

Volnay. — La duchesse Agnès de France avait dans son douaire la terre et les vignobles de Volnay, où elle possédait une maison-forte avec tour et chapelle. Elle y ordonna, en 1316, de grandes restaurations, qui furent faites par Martin Chauvin, l'administrateur de ce domaine, et sous la surveillance de Simon Jobert. On recouvrit les salles, les cuisines, les chambres « cortoises o, on exhaussâtes murs de la chapelle, et l'on fit cimenter « les grez » de la tour (Comptes de Volnay, 1316, pièces de notre cabinet).

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