‹ Histoire des ducs de Bourgogne de la race CapétienneChapitre 9 sur 39 · HOTEL KT MOBILIER · texte numérisé non relu

HOTEL KT MOBILIER

Le duc, l«i duchesse, la duchesse douairière, les enfants ont un compte d'hôtel séparé. Quand les uns ou les autres vont avec le duc, leur service d'hôtel cesse et la dépense est portée parle clerc dans celle d'Eudes IV i li.

M) Le premier compte d'hôtel que nom possédions date de 1326. et fut rendu par Demoingeof, de Talant. C'est un petit cahier en papier in-l*qui relate les itinéraires et les dépendes d'une manière très sommaire (voir notre t. VI, p. 116-121). Les dépenses de la duchés*? pour l'année >uivaiite sont insultes >ur un rouleau, dont on n'a plus qu'une partie (t. \|.p. I 2i-l t">) ; la pn»c de possession des comtes d'Artois et de Bourgogne, qui lui échurent en I 330, augmentèrent beaucoup ses dépenses qui, comme ses déplacements, furent inscrits sur dos

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Philippe de LL, nommé d'abord Mgr le jèune, puis Philippe -Monsieur, avait déjà, en 1327, à l'âge de quatre ans, un service personnel et distinct, au moment où il avait comme précepteur le chevalier Jean de Saint-Georges. Philippe de Rouvre» nommé aussi Philippe-Monsieur à deux ans, eut sa maison montée en sortant de nourrice.

Les livres de dépense marquent toujours sept ou huit services; cuisine, paneterie, bouteillerie, écurie, chambre, forge, messagerie, porte. Plus lard le nombre des services fut ramené à six, comme à la cour de France. Le chiffre total des officiers attachés à ces diverses fonctions est de 50 à 55 personnes, comme nous Tavons plusieurs fois constaté. Depuis 1337, Jean Bourgeoise, de Dijon, Guillaume de Sauvigney et Guiot de Sainté-Savine furent successivement dépensiers de l'hôtel d'Eudes IV. Jusqu'à sa mort, la duchesse eut Simon de Beaufort comme chambellan et dépensier.

La maison ducale marchait sous les ordres de Guillaume, puis de Jean de Musigny, qui se succédèrent comme chambellans. Ils avaient la main sur les maîtres d'écurie, les maîtres d'hôtel, etc. Les maîtres d'hôtel dont les noms paraissent le plus souvent sous EudeslV sonl Ponce de Mussy, Jean de Uourdenay, Dreux d'Aisey, Eudes de Vaubusin, Guillaume de Biais, Guillaume de Menans, Guiot de Sauvigny, Eudes de Ragny, Jean de Genlis, Hugues de Montjeu, Jean de Cussigny.Tout ce personnel est nourri, vêtu, hébergé aux frais du duc, et fait pour ainsi dire partie de la famille. Le

Cahiers in-4° semblables à ceux du duc (voir t. VI, p. 461-178). Aprè> 4 340, les registres deviennent d'énormes in-fol. en papier, dont nous avons extrait les documents utiles.

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mariage des uns et des autres est fait avec la participation et aux dépens du duc, qu'il s'agisse d'un officier de service, d'un châtelain, comme celui de Montbard dont les noces sont célébrées eu 1330, d'un peintre, comme Laurent de Boulogne, marié en 4344 avec h fille de Jean d'Héricourt, d'une prise d'habit, d'un festin pour une première messe, comme celle de Jean de Montbard, à Gonflans, en 1330, elc.

Toutes les résidences ducales ne sont pas suffisamment aménagées pour recevoir la cour. Dans quelques-unes, comme à Argilly, Rouvre, Villaines, Aisey, Montbard, Lantenay, Jugny, on trouve les ressources que comporte le confortable de l'époque. Dans les gîtes mal montés, et dont les salles ne sont pas munies de nattes à demeure, on répand dans les chambres de la paille pendant l'hiver, et dans l'été on fauche des herbes que Ton parfume avec quelques fleurs. C'est sur celte « jonchée » que couchaient les hôtes momentanés, qui ne s'en trouvaient pas plus mal. Ils s'y reposaient mieux que sur ces immenses lits de plume que l'on trouvait partout. Un document mentionne un lit du duc à Aisey, portant douze pieds de large sur huit de long, sur lequel on montait au moyen d'un escabeau.

Les châteaux les plus fréquentés étaient entretenus avec soin, comme on le verra à l'article des constructions. Des marchés passés avec des particuliers assuraient à l'année le bon état des murs et des couvertures. Pour un prix minime, un entrepreneur s'engageait à entretenir de tuiles les toitures d'un ou de plusieurs châteaux. Dans les résidences plus négligées, il arrivait que les foins étaient gâtés par les pluies et <■ l'orvalle » : ailleurs, il fallait « estouper les fenestres

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pour les oisiaux et les coulions qui honnissent tout le castel *.

Dans diverses localités le duc et la duchesse possédaient des troupeaux de vaches et de moutons. Philippe-Monsieur, plus tard Philippe de Rouvre, a lui aussi des vaches à Page de deux ans. Tous ces animau x sont tenus avec beaucoup de soin. On s'étonne aujourd'hui de voir la tête des chevaux protégée par des chapeaux, la mélhode n'est pas nouvelle. En 1335, le châtelain de Salmaise relate une dépense « pour VJII chapeauls achetez pour les buex de la charrue mgr à Jugny » (Arch. de la Côte-d'Or, B. 6034, fol. 1).

On n'avait pas en Bourgogne d'installation aussi complète qu'à Hesdin, où la comtesse Mahaut avait fait des dépenses considérables qui furent continuées par Eudes IV. On y nourrissait des animaux singuliers. Une immense volière contenant des oiseaux rares, des « engins d'ebatements », une horloge, des orgues à demeure causaient des surprises aux visiteurs. Les résidences moins importantes étaient abandonnées â la garde d'un châtelain, ayant parfois plusieurs domaines à gérer, et qui n'y faisait que des réparations urgentes. En 1339, Mathieu Bôrart était chargé de blanchir les chambres du duc à Bellemotte, et le comptable facétieux le qualifie de « tueur d'araignes et de mouches » (Bibl. nat., Colbert, 189). De plus les agents du duc en Artois ne s'entendaient pas toujours avec les officiers du dui hé, « desquelz nous ne savons les noms, disaient ils, pour ce qu'ils estoient de Bourgongne, et que nous n'y poiens entendre » (Arch. Pas-de-Calais, A. 83).

Le mobilier des châteaux est assez sommaire, mal-

gré la richesse et l'abondance des joyaux, bijoux, vases d'or et d'argent dont les coffres sont garnis, coftres qui renferment les ressources mobilisables de leurs possesseurs. Leshuchiersont soin d'entretenir les tables, sièges, pupitres et lambris. Dos lanternes à demeure, ou susceptibles de s'élever ou de s'abaissera l'aide de contrepoids, portent des chandeliers mobiles. Les cheminées sont munies de « cramaulx », landiers, pelles et « estenailles ». Ona soin d'orner les dressoirs * de blancs kanevach pour faire essuoir les escuelles». Fies bois de lit sont garnis de couvertures, coussins, tapis, carreaux. En voyage, la literie suit les équipages, et Thibaut est porteur de la perche du lit de mgr, perche destinée à supporter les tentures qui doivent protéger soit du froid, soit des insectes.

Les écuelles, flacons, vases, coquemars sont de toute forme et de toute nature, et on en achète de grandes quantités suivant les circonstances. En 1333, on achète à La Perrière six cents écuelles pour le service de l'hôtel ; en 1328, on en achète dix mille à Villars- Montroyer ; en 1340, pendant la chevauchée en Flandre, on achète des flacons d'étain pour refroidir le vin de mgr ; en 1348, lors du mariage de la petitefille d'Eudes IV, avec le comte de Savoie, on envoie de Pontailler treize cents hanaps à Lantenay, Eudes de Fontaines fait venir six mille hanaps de Troyesà Dijon où Ton n'en avait trouvé que deux mille. Lors de l'arrivée de Jean le Bon en Bourgogne, on commande à Epoisses mille écuelles destinées à l'hôtel de Montbard.

Pour les vignerons de Poligny, on achète deux douzaines de pots de terre, quatre douzaines d'écuelles.

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Jeux douzaines de hanaps, deux douzaines de verres. Un compte de seigneurie mentionne une douzaine d'écuelles d'étain et quatre pintes carrées. En Artois, un potier fournit pour la garnison de Saint-Omer trois douzaines d'écuelles d'étain, pesant cinquante-six livres et quatre plats pesant onze livres, « lesquelx sont seignées des armes mgr » ; et lors de l'arrivée du roi à Hesdin, en 1335, trois cents jattes ù servir le fruit. Les protocoles des notaires (13. 11.248) donnent le texte d'un marché passé à Dijon pour la fabrication de cent écuelles à six tours, deux mille écuelles doubles, en frêne, en cornier et en plane, et d'un demi-cent de formes à fromages, le tout moyennant seize florins.

Nous ne pouvons énumérer d'autres objets, couteaux de table pour mgr, couteaux pour Philippe-Monsieur, * rasoux » pour Jobelet, puis pour Simonnet, successivement barbiers du duc, rasoir pour Jacot, barbier de Philippe, cors pour sonner du château, marteaux à fleurs de lys, « pour seigner le bois que l'on vend dans les forêts mgr, » etc.

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