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CHAPITRE IV

Recherche»» géographique* et diplomatiques our le règne

4e Hugues.

Les domaines de Hugues étaient situés dans trois départements, dans ceux de l'Aube, de la Marne et de la Haute-Marne. Il possédait, notamment dans l'Aube, Troyes, Bar-sur-Aube et probablement Rosnay; dans la Marne, Vitry-en-Perthois et Epernay; dans la Haute-Marne, Laferté-sur-Aube. Troyes, Bar-sur-Aube et Vitry portaient le titre de comté; , Rosnay, Epernay et Laferté étaient de simples chefs lieux de châtellenies, ou autrement dit des baronies. Il serait difficile de déterminer rigoureusement quelles étaient les dépendances de ces capitales, les textes cependant nous fournissent quelques indications. Ceux que nous citerons en premier lieu sontles chartes par lesquelles Hugues disposa de certains de ses domaines en faveur de divers établissements religieux.

Comme comte de Troyes, Hugues était seigneur immédiat ou médiat :

Dans l'arrondissement de Troyes ;

A Saint-Pouange et à Bercenay-en-Othe, ainsi que le prouvent ses libéralités envers les abbayes de Sain t Pierre-le-Vif de Sens et de Saint-Germain d'Auxerre, en 1103 et en 1106;

A Mesnil-Sellières, Fays, Lépine, Linçon,Champi-

gny, Montaulin, où il disposa, en faveur de Notre- Dame-aux-Nonains de Troyes, des droits qui lui appartenaient (I);

Aux environs de Daudes, ainsi qu'il résulte de sa donation faite en iii3 à l'abbaye de Mont iéramey;

A Isle-Aumont, à Montabert et à Saint-Thibaut, suivant une charte en faveur de l'abbaye de Molesme, en 1097.

Dans l'arrondissement d'Arcis -sur- Aube :

A Mesgrigny, comme le prouvent encore ses libéralités en faveur de l'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonains.

(1) Ce fait résulte d'une charle donnée en 1189 par son arrière petit-neveu, Henri 11, comte d«? Champagne. En voici les premiers «mots :

Ego Henricus, Trecensis cornes palatinus, notum facio presentibus et futuris, quod bon» mcmori» predeccssor meus cornes Hugo dedit ecclesi» Beat» Marias Trecensis et monialibus ibidem Deo servientibus Cellarias, Fay, et quidquid ipse habuit apud Spinas et apud Lincones, Charapigneyum, Montaulin, Virey, CourtenaxU et apud Megrigniactim, libère et quiete perpetuo possidendura : adjiciens quod in homines supradietarum villarum, sub potestate abbatiss» et custodia sua constitutos, prepositi, servientes et ministri comitis manus nullatenus miUere possent, nisi inde prius abbatiss» clamorem fecerint et in ipso forisfacto aut mesleia deprehendissent. De liominibus vero Beat» Mari» de Virey et Courtenaut statutum fuit, quod major Insularum justitiam aut exactiones aliquas super eos neqnaquam haberet, nisi per manum abbatiss», excepto latrone et falsa mensura, et, si querclain crga aliquem predictarum villarum hominem habetet, clamore facto abbaliss», inde jus in doroumsuam de CoiirtenoK/autdc Vireyaco abbatissa faceret. Contulit eidem ecclesi» quatuor fora in quatuor soleranitatibus Beat» Mari» (salvo jure vicecomitis) et aquam de Ducllis et Renaudum piscalorem cum heredibus suis et omni possessione sua.

Dans l'arrondissement de Bar-sur-Aube :

A Bétignicourt, ainsi que l'établit un diplôme de

son petit neveu Henri I*' (i).

Dans l'arrondissement de Bar-sur-Seine :

A Rurailly-les-Vaudes, donné par lui à l'abbaye

de Molesme.

A Virey-sous-Bar et Courtenot, comme le démontre sa donation déjà citée à l'abbaye de Notre- Dame-aux-Nonains .

Dans la Haute-Marne, arrondissement de Vassy :

A Vassy, où il donna un four à l'abbaye de Montiérender (2).

Ce fut en sa qualité de comte de Bar-sur-Aube qu'il confirma à l'abbaye de Saint-Claude la possession de Rouvres et d'une terre à Bayel (Aube), arrondissement de Bar-sur-Aube; qu'il autorisa la fondation de l'abbaye de Clairvaux, môme département et môme arrondissement; qu'il renouvela la donation de la terre de Villiers-le-Sec (Haute-Marne, arrondissement de Chaumont), déjà faite par ses prédécesseurs à l'abbaye de Saint-Claude (3).

Ses libéralités comme comte de Vitry eurent

(1) Suivant une charte d'Henri I,r, de l'année 1179 (Marlène, Anecdola, 1, 592), Hugues s'était engagé en son nom et au nom de ses héritiers à ne jamais aliéner la garde du prieuré de Bétignicourt; ce prieuré devait entretenir à perpétuité un pauvre, et on devait, tous les lundis, y célébrer la messe pour les comtes de Troyes.

(2) Archives de la Haute-Marne , premier Cartulairo de Montiérender, M 14 r° et v°.

(3) Nous avons déjà parié de cette charte en faveur do l'abbaye de Saint-Claude, qui a été publiée par M. Blampignon, Histoire de sainte Germaine, 201-202.

pour objet des biens situés dans le département de la Marne :

Courtisols, arrondissement de Chàlons-sur-Marne, qui fut donné à l'abbaye de Saint-Remi de Reims.

Sermaize, Cheminon et Trois-Fontaines, arrondissement de Vilry, où il fonda des monastères, et Saint-Amand, même arrondissement, qu'il donna au chapitre de Saint-Etienne de Chàlons-sur-Marne (i).

Il est impossible de dresser une liste certaine de ses principaux vassaux, cependant on peut donner les noms suivants comme probables; ce sont ceux de barons qui apparaissent comme témoins dans ses diplômes et dont les seigneuries relevèrent, plus tard, incontestablement, du comté de Champagne.

Gualon et Jean d'Avenay (2).

Milon II, comte de Bar-sur-Seine (3).

Gautier de Bernon (4).

Erard, comte de Brienne (5).

Du don, vida me de Chàlons sur-Marne (6).

(1) Nous remarquerons que, dans le diocèse de Troyes, Sézanne et les environs ne lui appartenaient pas. C'était une dépendance du comté de Meaux, qui faisait partie du lot d'Etienne-Henri. Ârch. de la Côtc-d'Or, deuxième Cartulaire de Molesme, 1*97 r°. Camuzat, Prompt., î° 373 v°.

(2) 1121. Avenay, Marne, arr. de Reims, cant. d'Ay.

(3) Avant 1100, 1101, 1104,1108,1113. Bar-sur-Seine, Aube, chef-lieu d'arrondissement.

(4) 1123. Bernon, Aube, arr. de Bar -sur -Seine, cant. de Chaource.

(5) 1101,1108,1113,1114. Brienne-Napoléon, Aube, arr.de Bar-sur-Aube, chef-lieu de canton.

Mi Ion, seigneur de Chassenay (1).

Geoffroi, seigneur de Chaumont en Bassigny (2).

Ponce de Ghappes (3).

Gui d'Etrepy (6).

Roger de Joinville (5).

Dudon et Jean, vicomtes de Mareuil sur-Ay (6). Ponce de Maraye-en-Othe (7).

Hugues de Payns, depuis fondateur de l'ordre du Temple (8).

Gui de Possesse (9).

(1) 1104. Chassenay, Aube, arr. de Bar-sur-Seine, cant. d'Essoyes.

(2) 1104. Chaumont, Haute-Marne, chef-lieu de département.

(3) 1121. Chappes, Aube, arr. el cant. de Bar-sur-Seine.

(4) 1110. Etrepy, Marne, arr. de Vitry-le-François , cant. de Thiéblemcnt.

(5) 1101. Joinville, Haute-Marne, arr. de Vassy, chef-lieu de canton.

(6) 1096, 1114, 1121. Mareuil-sur-Ay, Marne, arr. de Reims, cant. d'Ay.

(7) 1104. Maraye-en-Othe, Aube, arr. de Troyes, cant. d'Aix. en-Olhe.

(8) Avant 1100. Payns, Aube, arr. et cant. de Troyes.

(9) 1110, Possesse, Marne, arr. de Vitry-le-François, cant. de Heiltz-le-Maurupt. — Une charte publiée par André Duchesne, //isf . de la maison de CfuUillon. pr., p. 22, nous apprend que Manassès de Possesse était vassal de Thibaut, successeur de Hugues. Cette charte, datée de l'année 1126, se trouve au deuxième Cartulaire de Saint-Remy de Reims, f" 63 v°. Ce cartulaire est conservé à la bibliothèque de Reims. Manassès est peut-être un fils do Gui, qui est placé au nombre des croisés de la première Croisade, par Albert d'Aix, II, 27, ap. Bongars, 207, et par Mathieu Paris, ap. D. Bouquet, XIII, 70».

- 158 - [tMMU5 ,

André, comte de Ramerupt (I).

Hugues, comte de Reynel (2).

Bovon de Saint -Sépulcre, aujourd'hui Villa cerf (3).

Ponce, seigneur de Traînel (6).

Mi Ion II, vicomte de Troyes (5).

Gui de Vignory (6).

Gobert, Dreux et Manassés de Villemaur (7).

Nous ajouterons Hugues Ier de Beauftremont, qui tenait de notre comte Bourmont (Haute-Marne) (8).

Nous connaissons les noms de plusieurs grands officiers de Hugues.

Il eut deux sénéchaux : l'un fut Geoffroy de

(1) 1100, 1104, 1118. Ramerupt, Aube, arr. d'Arcis, cheflieu de canton.

(2) 1101, 1108. Reynel, Haute- Marne, arr. de Cbaumont, cant. d'Andelot.

(3) 1114, 1122. Villacerf, Aube, arr. et cant. de Troyes.

(4) 1104. Traînel, Aube, arr. et cant. de Nogent-sur-Seine.

(6) 1097, 1100, 1104, 1108. Vignory, Haute-Marne, arr. de Chauraont, chef-lieu de canton.

(7) 1100,1122. Villemaur, Aube, arr. de Troyes, cant. d'Estissac. — Nous n'avons pas compris dans cette liste certains possesseurs de seigneuries mouvantes de la Champagne, mais qui, évidemment, faisaient alors hommago à Etienne -Henri, à Adèle sa femme, ou à son 61s Thibaut, et non pas a notre comte Hugues. Tel est, par exemple, André de Bauderaent.

(8) Nous connaissons ce fait par une charte émanée, en 1123, de Riquin, évêque de Toul, et publiée par D. Galmet, Histoire de Lorraine, 1" édition, t. II, pr., col. cclxix. Ce texte a fait faire au savant bénédictin un singulier contre-sens, comme on peut le voir dans la Notice de Lorraine, art. Bourmont, 2e édition, 1. 1, p. 147.

Troyes, fils d'Otrannus ; nou9 le trouvons avec le titre de Dapifer dans une charte non datée qui remonte au plus tard à l'année 1100, puis en 1106 et en 1116 (1); l'autre fut Gosbert ou Josbert, dit le Roux, qu'on rencontre avec la même qualité en 1097, en 1101, en 1118, en 1121. Josbert le Roux, dit aussi Josbert de Laferté (2), était vicomte de Dijon (3).

(1) il est appelé Geofroi de Saint-Phal, en 1104. (Quantin, Cartulaire de l'Yonne, II, 43.) Il eut deux fils, l'un nommé Otraonus, et l'autre Geofroi. Ce dernier est qualifié de fournier en 1123.

(2) L'identité de Josbert de Laferté avec Josbert le Roux est établie par la charte de fondation de Clairvaux, document que nous croyons authentique quant au fond, malgré la supposition évidente de l'original prétendu que l'on conserve à la bibliothèque de Troyes : sciendum quoque est, dit cette charte, quod dominus Josberlus de Firmiiate cognomine Rufus et dominus Rainaudus de Pcrrecin

dederunt Or, on voit Josberlus Rufus, sénéchal du

comte Hugues, parmi les témoins d'une charle de l'année 1097. Archives de la Côte-d'Or, deuxième Cartulaire de Molesme, f9 36 v° et 87 r\

(3) On doit reconnaître notre Josbert dans Josbertus vicecomes témoin d'une charte en 1106, ap. Plancher, Histoire de Bourgogne, 1, pr.f p. xxv.

Josbert était parent de saint Bernard ; c'est à son occasion qu'eut lieu le premier miracle de ce saint. (S. Bernardi vita prima lib. I, audore Guillelmo, ap. Mabillon, S. Bernardi opéra, troisième édition, vol. II, 10801081.) Ce miracle fut de rendre le sentiment et la parole à Josbert pendant les deux ou trois derniers jours de sa vie; il eut lieu avant l'année 1127, puisqu'un des miracles subséquents de saint Bernard fut la guérison d'Humbert qui, plus tard, c'est-à-dire en 1127, fonda l'abbaye d'Igny. (Même vie, même livre, chap. 10, même édition, même vol., p. 1082.) Le biographe de saint Bernard nous dit que Josbert avait un fils dfi même nom que lui; ce fils fut aussi vicomte de Dijon. On nous a con-

Nous rencontrons en 1114 le connétable de Hugues, Pierre, fils de Jean de Vitry.

Son maréchal, nommé David, est témoin dans une charte qui remonte au plus tard à Tannée 1100.

Nous lui connaissons trois échansons : Hugues, en 1100, au plus tard; Ëodadus, en 1103 (t>. il.); Vinnebertus, en 1123 (1).

servé plusieurs diplômes où il figure. Telle est une charte non datée, mais approuvée par Godefroid, évêque de Langres, 1139-1163. (Archives de la Haute-Marne, Cartulaire de Longay, pièce cotée de Vesignuel, 111) : Josbert II y est appelé Josbertus de Firmilate vicecornes Divionensis. Ce document est le plus significatif que nous ayons rencontré, mais il est question de Josbert dans une foule d'autres. Ainsi, en 1130, nous trouvons parmi les témoins d'une charte Josbertus vicecomes Divionensis (Plancher, Histoire de Bourgogne, 1, preuv., p. xxxvm). De môme, en 1132 (D. Bouquet, XV, 374 D). En 1143, Josbert II est témoin de l'hommage de Thibaut, comte de Blois, au duc de Bourgogne (Pérard, p. 227). En 1145, partant pour Jérusalem , il fait une donation à l'abbaye de Clairvaux (Cart. de Clairvaux, Comitum Campante, V); en 1164, nouvelle donation de lui à l'abbaye de Clairvaux (Cart. de Clairvaux, Bellus mons. V, et Campigni. X); sa femme Gertrude figure dans ces deux actes. Il avait un sénéchal nommé Aganon, qui vivait encore en 1189 (Cart. de Clairvaux, Ultra Albam, XLV), mais qui, à cette date, avait perdu cette qualité de sénéchal : Josbert 11 était sans doute mort, et nous ne savons pas sur quels documents se fonde Courtépée, nouvelle édition, t. II, p. 24, pour le faire vivre jusqu'en 1195.

On peut supposer que c'est à lui que fut adressé, par Geoffroi, IVe abbé de Clairvaux, 1161-1165, le commentaire sur l'oraison dominicale, intitulé : Gaufridi epistola ad Josberlum. Mabill., S. Bernardi opéra. 3# édition, vol. Il, 1139-1340.

(1) On remarquera que, dans la charte sans date, mais remontant à l'année 1100 au plus tard, qui est citée plusieurs fois ici, et qui sera publiée dans nos pièces justificatives, l'échanson Hugues et le maréchal David sont rangés parmi les sergents du comte ; au

Thierry, son pannetier, apparaît comme témoin en 112!.

Son valet de chambre Robert est témoin en 1103, v. st.

Gualon, préposé à sa garde-robe, magister pellieiomm, figure dans une charte de Tannée 1121.

Il avait plusieurs chapelains. L'un, Albert, est témoin en 1101, en 1106, en 1116 et en 1118 : cette année, c'est lui qui appose à une charte le sceau du comte; nous verrons plus tard le chapelain du comte Thibaut II chargé de la môme fonction. Les autres chapelains de Hugues sont Milon et Mainard en 1101, Dudon et Dreux en 1116.

De ses prévôts, les seuls qui apparaissent avec l'indication de la chàtellenie confiée à leurs soins, sont : Deodatus, prévôt de Bar-sur-Aube en 1103, v. st., et Pierre, prévôt de Vitry, en 1118; les autres sont, à notre connaissance, Anselme, 1123; Bordin, 1116; Gontran, même année; Ingelmar ou Ingelmer en 1097 et en 1100; Lambert, témoin dans une charte non datée; Payen, en 1121; Rainaud, en 1097, et Robert-disles en 1122.

Lécelin, qualifié de monetarius, et sans doute monnayeur à la monnaie de Troyes, est témoin d'une charte de l'année 1122, accordée par Hugues à l'abbaye de Montiéramey.

Parmi les témoins de la môme charte, nous trouvons Evrard, voyer.

Hugues n'avait ni chancellier, ni scribe attaché à

contraire, le sénéchal Geofroi y est mis au premier rang, parmi les chevaliers, et il est qualifié de dominus en 1097. Voir notre t. I, p. 515.

sa personne et chargé de la rédaction des chartes qui constataient les donations ou actes juridiques quelconques faits par lui. Ces chartes étaient rédigées par le premier scribe venu, et souvent, sans doute, par les intéressés (i); aussi n'y a t-il aucune régularité dans les formes employées par sa chancellerie. Par exemple, deux chartes intitulées en son nom et rédigées le même jour ont été datées, l'une, dans le système qui faisait commencer l'année à Pâques, l'autre, dans celui qui la faisait et la fait encore commencer au premier janvier (2).

Cette absence de règle sur la manière de dater les diplômes existe aussi dans le choix des titres avec lesquels Hugues nous apparaît dans ces documents authentiques. On peut diviser ces titres en cinq catégories.

1" câtégoeib. — Hugues, à l'exemple de la plupart de ses prédécesseurs, ne joint à son titre de comte aucun nom de fief; c'est l'exception; nous pourons cependant en citer deux exemples : l'un, en 41 23, dans le cartulaire de la léproserie de Troyes (3); l'autre, dans une charte non datée qui

(1) Un fait qui nous semble conGrmer cette opinion, c'est que les seules chartes où Hugues soit qualifié de très-excellent, exceUentissimus, ont été données en faveur de l'abbaye de Montiéramey.

(2) Ce sont ses chartes pour l'abbaye de Saint-Loup et pour le chapitre de la cathédrale de Troyes, datées, l'une de 1105, l'autre de 1104. Voir, plus haut, p. 82-84.

(3) Harraand, Notice sur la léproserie de la ville de Troyes, dans les Mémoires de la société d'Agriculture de l'Aube, 2* série, 1. 1, p. 519.

se trouve au cartulaire de l'abbaye de Toussaints-en- Tlsle de Chàlons-sur-Marne (i).

2e catégorie. — Hugues joint à son titre de comte le nom de son principal fief, qui est Troyes. Le nom de Troyes est alors employé, soit au génitif du substantif, Treearum (2), soit sous la forme adjective primitive Treeassinut ou Tricassinus (3), soit sous la forme adjective nouvelle Trecensis (h).

8* catbgorib. — Hugues se qualifie de comte de Vitry (5).

(1) P. 39. Archives de la Marne.

(2) 1113. Chifflet, S. Bernardi genus illustre assertum. p. 516, et charte sans date, archives de la Haute-Marne, premier Cartulaire de Montiérender, P 114 r°.

(3) 1100, Excellentissimus Trecassinœ civitatis cornes, Camuzat, Promptuarium. 286 r°. Môme année, Cornes Tricassinus. ap. Chifflet, S. Bernardi genus illustre asscrlum. p. 315. 11 12, Excellentissimus cornes Trecassimus, Chifflet. S. Bernardi genus illustre assertum. p. 571-572; Camuzat, Promptuarium , f°286 r°; Gall. Christ.. \\\, Instr.. 257 E. Charte sans date • Dei (fratia cornes Trecassinus, Camuzat, Promptuarium. f° 301 .

(4) 1103, v. st., Cornes Dei gratta Trecensis, original aux archives de l'Aube; Camuzat, Promptuarium, f°302r°; Chifflet, S. Bemardi genus illustre assertum. p. 569. 1104, nouv. st.t même titre, original aux archives de l'Aube ; Camuzat, Promptuarium. IM21 r-;Ga//. Christ., XII, Instr.. 255C. 1104, Cornes Trecensis. DAchery, Spicilège. in-4<», IV, 241 ; Chifflet, S. Bernardi genus illustre assertum, p. 510. 1114, môme titre, archives de l'Aube, copie fonds de Montier-la-Celle. 1115, Trecensis Cornes. Gall. Christ, nov.. IV, Instr.. 155. 1118, môme titre, original, archives de l'Aube, fonds du prieuré de Ramerupt. Sans date, même titre, original, archives de l'Aube, fonds du chapitre de Saint-Pierre de Troyes.

(5) 1118. Cornes Vitriensis. Gall. Christ.. XJnstr., col. 161.

— 164 — [i093-ii*5.]

6* catégorie. — Hugues se qualifie de comte de Bar-sur-Aube (1).

5* catégorie. — Hugues joint à son titre de comte un nom de lieu qui résume en un mot tous les précédents, il se qualifie de comte de Champagne (2).

Le titre de comte de Troyes est donné à Hugues dans des documents concernant des établissements ecclésiastiques du comté de Troyes, et rédigés probablement par les moines ou le clergé de ces établissements, savoir : le chapitre de Saint-Pierre de Troyes, les abbayes de Saint-Loup de Troyes, de Montier-la-Celle et de Montiéramey, le prieuré de Ramerupt, dépendant de l'abbaye de Marmoutier, et les prieurés de Rumilly-les-Vaudes et de Saint-Quentin de Troyes dépendant de l'abbaye de Molesme. De plus, il reçoit ce titre dans une charte de l'abbaye de Montier-en-Der, dans une autre de l'abbaye de Glairvaux, dans une autre donnée en faveur de

(1) 1 101. Cornes Trecensis atque Barretisis, Chifflet, S. liernardi genus illustre assertum, p. 537-538; Blampignon, Histoire de sainte Germaine, 202.

(2) Cornes Campaniœ, dans les documents suivants : 1093, Chifflet, S. Bernardi genus illustre assertumt p. 538. 1102, Marlot, 1" édition. II, 230; 2« édition, III, 723. 1104, Chifflet, S. Bernardi genus illustre assertum, p. 507 ; D'Achery, Spicilège, in-4°, IV, 239. 1110, GalL Christ, vet.. IV, 238, Nov., X. ImL. 159. 1114, Marlot, 1" édit., II, 231, 280; 2* édit., III, 728. Même date, archives de la Haute-Marne, premier Cartulaire de Montiérender, f° 101 r°. 1121, Marlot, 1" édit., II, 280 ; 2* édit., III, 734. 1123, archives de la Marne, Cartul. de Toussaints-enl'isle, p. 47. Cornes Campaniensis, sans date, bibliothèque de la ville de Reims, Cart. de Saint-Remy de Reims, f* 63 r°.

l'abbaye de Saint-Claude, pour les prieurés de cette abbaye à Bar-sur-Aube et aux environs. Il n'y avait ni prés de Montier-en-Der, ni à Bar-sur-Aube, ni aux environs, aucun centre de population rival de Troyes, et par conséquent on y admettait, sans difficulté la suprématie de cette ville.

Le titre de comte de Bar-sur-Aube est donné à Hugues dans une charte datée de Bar-sur-Aube, et qui concerne les prieurés possédés dans cette ville et aux environs par l'abbaye de Saint-Claude. On remarquera que, dans cette pièce, Hugues porte concurremment le titre de comte de Troyes.

La seule charte où Hugues soit qualifié comte de Vitry est datée de Vitry, et contient l'acte de fondation de l'abbaye de Trois-Fontaines, qui dépendait du comté de Vitry.

Les documents où Hugues reçoit le titre de comte de Champagne ne paraissent avoir été écrits, aucuns, par une main troyenne. Généralement, ils concernent des localités dépendant du comté de Vitry, et situées aujourd'hui dans le département de la Marne; telles sont les chartes de fondation du prieuré de Sermaize, de celui de Saint-Vauxbourg, de l'abbaye de Cheminon, et diverses autres chartes pour les abbayes de Saint-Remi, de Saint-Nicaise de Reims et de Toussaints-en-l'Isle de Chàlons-sur- Marne. Les seuls établissements situés hors du département de la Marne, et dans les archives desquels on trouve l'exemple du titre de comte de Champagne, pris par Hugues, sont les abbayes de Montier-en- Der et de Molesme, toutes deux étrangères aux départements de l'Aube et de la Marne, et assez éloi-

gnées de Vilry et de Troyes pour rester en dehors de la rivalité qui semblait alors diviser ces deux villes. Dès le moyen-âge, la Champagne, création arbitraire de la féodalité, manquait de cette unité qui, de nos jours, lui fait si complètement défaut.

On aurait tort d'attacher une grande importance à deux expressions qu'on rencontre dans les diplômes de Hugues : Tune est la qualification de comte par la grâce de Dieu, dont nous avons relevé deux exemples; l'autre est le titre de majesté qu'il se donne une fois, majestatis nostrœ sigillo (I). Suivant nous, on ne doit donner qu'un sens pieux à la formule comte par la grâce de Dieu, et Hugues en l'employant n'avait pas l'intention de nier l'autorité supérieure du roi; quant au titre de majesté, il n'était point alors exclusivement réservé aux empereurs et aux rois, nous en trouvons une preuve entre autres dans une lettre de Jean, évôque d'Orléans, à Yves de Chartres : « J'ai reçu, » dit Jean à Yves, « le sceau de votre majesté, sigillum vestrœ majestatis ac cepi (2). »

Nous connaissons trois exemplaires assez bien conservés du sceau de Hugues, un aux archives de l'Aube, un aux archives de la Marne, un autre dans celles de la Haute-Marne. Ils sont de cire blanchâtre brunie à l'extérieur par l'action du temps, leur forme est circulaire, leur diamètre est de 0m 06 ; dans le champ, on voit la figure du comte à cheval, le casque en téte, l'écu pendu au cou, la lance à la

(1) Marlot, Inédit., 11,231.

(2) D. Bouquet, XV, 153 D.

main ; le cheval galoppe de droite à gauche; légende : Quod mandai scripto firmat cornes Hugo si g Mo. Ce sceau était ordinairement plaqué, nous avons même cru longtemps que Hugues n'avait jamais scellé autrement ; cependant, il existe de notre comte, aux archives de la Marne, fonds de Cheminon, une charte dont le sceau est pendant.

[HOÎ.]

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