CHAPITRE XI
OboerTatlon» diplomatiques mur le règne de Thibaut II.
Le titre de comte de Champagne est donné à Thi~ baut par saint Bernard, dans sa 416e lettre (i), et par quelques chroniqueurs contemporains (2). Mais ce prince ne le prend jamais dans ses diplômes, il s'y qualifie la plupart du temps de comte de Blois, Blesensis cornes (3), ou cornes Blesensis (6) ; quelque-
(1) Mabillon, S. Bernardi opp., éd. Gaume, 1839, 1, 732 A.
(2) Chronicon S. Pétri Vivit ap. D. Bouquet. XII, 284 C; Chron. S. Mariant Âutissiodorensis, ibid., 293 A ; Chron. WiU lelmi G ode Ut, ap. D. Bouquet, XIII, C75A, 676 A. Ce titre se trouve surtout dans les chroniqueurs postérieurs, comme Albéric, ap. D. Bouquet, XIII, 696B, 703 A, Nangis, ibid., 729 D, 735 C (quoique ces auteurs emploient aussi le titre de comte de Blois, D. Bouquet. XIII. 699 B, 700D. 729 E), et l'Abrégé de l'Histoire de France, traduit par l'ordre d'Alphonse, comte de Toulouse, ap. D. Bouquet, XII, 225 C.
(3) Voir à la fin du chapitre, p. 418, la note A.
(4) 1125. Cart. de Toussaints-en-l'hle , f» 46, Archives de la
Marne.
1131. Duchesne, Hist. des maisons de Broyés et Château- Villain.
1145. Cart. de Cl air vaux, Comitum Campaniœ, va.
410 rH*5-11M ]
fois de comte de Chartres (1), comte de Troyes (2), comte palatin (3), ou par exception, de comte absolument (6).
Enfin, il nous y donne quelques exemples de l'emploi de la formule par la grâce de Dieu (5).
Dans les chartes qui ne sont pas intitulées en son nom, il est qualifié de comte de Blois (6), ou sim-
(1) Comes Carnotensium seu Blesensium. Martène, Anecdot., L 367.
(2) 1124. Trecensium comes palatinus. £* Cart. de Mo-
lesme, f* 68 r°.
1 1 51 . Trecensis comes. Mém. de la Soc. d'agric. de l'Aube, 2« série, I, 520.
(6) 1123. Dei gratia comes palatinus. Gall. Chriêt., X, Instr.t 110.
1127. Dei dispositione comes palatinus. D'Actaery. Spi-
cilège, in-4', Xlll, 305.
— Palatinus comes. iv Cart. de Montiérender. M 18
r\ Àrch. de la Haute-Marne.
1135. Blesensis comes palatinus, £* Cart. de Molesme,
(° 102 v°; Du Plessis, Hxtt. de l 'église de Meaux,
(4) Gall. Cftrtff ..VIII. Instr., 330. Cart.du Paraclet, n° CXL1; Bibl. de Troyes, ms. n« 2284.
(5) Aux exemples fournis par la note précédente, ajouter celui-ci : Dei gratia Blesensis comes. Cart. de Clairvaux. Comitum
Campaniœ. IV*.
(6) 1123. Tetbaldo venerabili Blesensium comité, D. Bou-
quet, XV, 322 n.
1139. Blesensis comes. Quantiu, Cart. de l'Yonne, I,
1143 Bi .esensium comes. Pérard, p. 227; Cartulaire de
F Yonne. I, p. 370.
1151. IllustrissimiTheobaldi Blesensium comitis. Cart.
de V Yonne, I, 487.
plement de comte (1), si ce n'est que par exception nous avons rencontré un exemple où il est dit comte de Saint-Florentin (2).
Louis VI et Louis VII, dans leurs lettres, l'appellent simplement le comte Thibaut (3). Suger, son contemporain, et dont on peut considérer la terminologie comme un écho du style officiel de la cour du roi, ne donne aussi d'ordinaire à Thibaut d'autre titre que celui de comte (4). Il y joint une fois l'adjectif Blesensis (5), et cinq fois l'épithéte de palatin (6). Ordéric, également contemporain, nous parle deux fois de Thibaut, comte de Blois (7), une de
(1) 1118. Gall. Christ, XII. Instr.. 21-22. 1122. Hist. de l'église de M eaux, II, 23. 1128. D. Bouquet. XIV. 232 D.
1134. Hist. de la maison de Châtillon. pr., p. 23.
1140. Hist. de l'église de Meaux. II. 25-26. etc.. etc.
(2) 1141-1145. In piwesentià Teobaudi Blesensis. cornus
S. Florentini. Quanlin, Cari, de l'Yonne. I. 350. Voir aussi la charte douteuse citée plus haut, p. 276, où Thibaut est dit comte de Troyes. Trecensis ou Tresensium cornes.
(3) Louis VI. 1128, Comitem Theobaldum. D. Bouquet. XV, 341 D. Louis VI, 1148, Carissimo suo Theobaldo comiti, ibid., 502 B; 1150, Comiti Theobaldo. ibid., 541 D.
(4) Theobaldus comes, De Vita Ludovici Grossi, ap. D. Bouquet. XII, 35 C. 39 D, 60 B» ou Comes Theobaldus, ibid., 34B, 35 B. 36C, 37 A. 38 A E. 39 E. 40C. 4IB.43C, 44D, 45D. 52B. 55B, 56D. 98 E.
(5) D. Bouquet, XII. 102 A.
(6) Ibid., 23C, 28B.40B. 51 B, 62 C.
(7) D. Bouquet, XII, 709 D, 710 D.
Thibaut de Blois (1), mais d'ordinaire, comme Suger, il distingue ce prince par la qualité de comte (2), ou par celle de comte palatin (3), que Ton trouve encore, quoique moins souvent, dans d'autres chroniqueurs du môme temps (6).
Ce titre de comte palatin, héréditaire dans la maison de Blois, où il était réservé aux aînés, n'avait pas à celte époque le même sens que dans les premiers siècles de la monarchie, où il était porté par les juges du tribunal suprême : ce n'était plus qu'une sorte de distinction qui marquait la prépondérance exercée sur le reste des comtes français par le chef de la maison de Blois. « Comte palatin, et le premier en » France après le roi, »> nous dit, en parlant de Thibaut, la chronique de Maurigny (5). La qualité de palatin avait déjà le caractère purement honorifique qu'ont en France, depuis des siècles, tous les titres nobiliaires.
Au lieu du titre de comte palatin, la plupart des auteurs contemporains donnent à Thibaut ce titre de comte de Blois, qu'il prend lui-même le plus souvent (6). On rencontre très-rarement chez eux celui
(1) D. Bouquet, XII. 754 C.
(2) D. Bouquet, XII, 706 D, 713 B, 715 A, 727 A, 728 A, 734 C. 756C 757A.770B.
(3) Ibid., 660 B, 692 A, 729 E, 761 B.
(4) Hist. Gloriosi régis Ludovici VII, ap. D. Bouquet , Xll , 125 C, 129 A; Simeonis Dunelmensis continuai'w (par Jean de Hexam, ap. D. Bouquet, XIII , 91 C; Otto Frisingensis , ibid., 655 A.
(5) D. Bouquet, XII, 71 D.
(6) Comes Blesensis , Chran. Maurin., ap. D. Bouquet, XII,