CHAPITRE V
mettait en comnmiiication le Japon av^ec le Ciel, en jetant les yeux sur la ligure jointe à la carte insérée pins haut (p. 1 25)
M W Tüki-no kami «la Divinité Lunaire», autrement appelée ^ ^ ^ Taki-yumi-no mikoto «la Divinité du Croissant lunaire», ou ^ ^ ^ ^ Taki-yo-mi-no mikoto «la divinité de la Lune (pii se voit la nuit», ou ^ ^ ^ Tuki-yomi-no mikoto (autre ortliog-rajihe du second des noms cités ci-dessus).
A l’inverse de ce (pii a lien dans la mythologie chinoise^ le Soleil est airJapon une déesse et la Lune un dieu; de sorte que, parmi les quatre divinités de cette génération exce})tionnelle, il y a une femme, Ama-terasü oho kami et trois hommes, Tüki-no kami^ lliru-ko et Sosa-no o^.
1. La colonne du Ciel, placée au centre du monde, est une sorte d’escalier par lequel on pouvait monter de la terre juseprau linnament. Elle fut formée avec la lance de jade donnée aux deux lîei par le Dieu Suprême, et plantée par eux dans l’ile Ono-goro zima. {Gau-tô Ku-zi-ki, t. 1, p. 5, passage traduit ci-dessus p. 89, n.; Xi-hon Sgo-ki tù-syau, t. III, p. 3).
•2. En Chine, le Soleil est un dieu mâle et la Lune un dieu femelle. L’idée de ces divinités paraît avoir été empruntée à l’Inde; ou du moins, à un certain moment, ce fut la personnification indienne de ces deux dieux (pii fut accueillie dans le panthéon chinois. um «le dieu du Soleil» s’appelle m m m Sou-li-ya (sauscr. sùrya; «le dieu de
la Lune» s’appelle Sou-mo (sanscr. soma). (Voy. Péi-icen-yun-
fou, t. XI L, p. 8G, et le Fan-i-ming-i-tsih, t. IV, p. 18). — Suivant une légende chinoise, «Pan-kou plana sur les eaux litt. «couvTir les eaux») et forma le Ciel; il s’étendit pour élever ses regards et forma la Terre; il ouvrit les yeux et fit le Jour; il ferma les yeux et lit la nuit. Il vécut t^uatre-vingt mille années : après sa mort ses yeux devinrent le Soleil et la Lune, ses os devinrent les Métaux et les Pierres; son sang forma les Rivières; ses cheveux furent les plantes et les arbres». (Syakü Nî-hon gi, t. VI, p. II). — On lit dans le Han-chou, kiao-sse-tchi (Histoire des Sacrifices): «Parmi les huit dieux, le sixième s’appelle^ «maître de la Lune»; on l’adore sur les monts Ldi-chan» {Ping-tsze-loui-pien, t. VII, p. 23).
3. Tani-gawa, Ni-hon Syo-ki tû-syau, t. III, p. 5; Kava-mura Hide-ne, Syo-ki siù-kai, t. I, p. 12.
YAMATO BUMI. — GENÈSE.
Hikari uruvasiki koto hi-ni tükeri. «La Lime n’a pas d’éclat par elle-même» : elle emprunte son éclat au Soleil; c’est pourquoi l’auteur emploie cette expression. Sigé-towo dit : « La vertu de la Lune est subordonnée à celle du Soleil ; elle est appelée à seconder celui-ci dans l’empyrée»b
Hiru-ko « la Sangsue » . Le sens donné au nom de ce Dieu paraît inadmissible àMoto-ori, qui relève d’ailleurs une contradiction entre l’idée d’un ver (musi) qui n’a ni pieds ni bras, et l’enfant des deux Reï qui, suivant le Syoki, ne pouvait se tenir sur ses pieds, alors qu’il avait déjà trois ans®. L’interprétation de ce nom, acceptée par beaucoup d’auteurs japonais, est, en effet, assez peu satisfaisante.
Ama-no iva kusu hune «le bateau de Camphrier dur du Ciel». Suivant la version du Ko zi ki, Hiru-ko fut mis dans un bateau fait avec le roseau asP. — Iva (vulg. «rocher») est employée, en langue ancienne, pour rendre l’idée de «dur, solide». «Le Camphrier peut se transformer en pierre ; c’est pour cela qu’on a employé cette expression. C’est, en outre, un bois flottant qui est favorable pour la construction de bateaux ■*».
* $ R| Sosa-no O ou Susa-no o, Kan Sosa-no o ou llaya (j^) Sosa-no o\ Suivant Tani-gawa Si-sci, le mot