CHAPITRE V
(lit enfin (jne le sang (|iii coula de la garde forma une divinité ap^ielée Kura, puis Kura-yanm-ziuni, puis Kura-midà-ha.
Plus tard le divin Iza-iiagi pénétra dans les Enfers (la Source Jaune) pour y trouver [son épouse], la divine Iza-naini. Quand il y fut arrivé, ils eurent ensemble un entretien.
La divine Iza-nami lui dit : «O mon époux, pourquoi es-tu venu si tard? J’ai déjà goûté à la cuisine de l’Enfer; je dois, en conséquence, aller me livrer au repos. Je t’en prie, ne me regarde pas!»
Le divin Iza-nagi ne l’écouta point. Il prit en secret le peigne aux nombreuses dents, en arracha les fortes pointes et en fit un flambeau [en y mettant le feu]. Comme il regardait sou épouse, du pus s’échappa et des vers apparurent en foule. De là vient qu’anjourd’hiii [encore], la coutume veut qu’on évite d’allumer un flambeau unique et de jeter un peigne par terre.
En ce moment, le divin Iza-nagi très effrayé de ce qu’il venait de voir, dit : «Je suis venu, sans le vouloir, dans un pays affreux et dégoûtant.» Puis, il se sauva eu toute hâte.
La divine Iza-nami lui dit avec fiel : «Pourquoi n’as-tu pas tenu ta parole, tu me causes de la honte!»
Puis elle envoya les huit abominables filles de l’Eiifer à la poursuite de son époux, afin de le retenir. Le
YAMATO BUMI. — GENÈSE.
divin Iza-nagi tira son sabre, en le brandissant derrière lui pour les éloigner; puis il leur jeta sa perruque noire, qui devint une plante appelée eU. Les abominables filles de l’Enfer prirent [cette plante] et la dévorèrent. Quand elles l’eurent dévorée, elles recommencèrent à le poursuivre. Le divin Iza-nagi jeta alors son peigne aux nombreuses dents, qui se transforma en pousses de bambou. Les filles abominables de l’Enfer arrachèrent [ces pousses] et les dévorèrent. Quand elles les eurent dévorées, elles recommencèrent à le poursuivre. A la fin, ce fut la divine Iza-nami ellemême qui alla pour le rejoindre.
A ce moment, le divin Iza-nagi était déjà arrivé à la pente unie de l’Enfer.
Un auteur dit: «Le divin Iza-nagi se mit alors contre un grand arbre et urina. Il en résulta luie grande rivière. Pendant que les abominables filles de l’Enfer traversaient cette rivière, le divin Iza-nagi arriva à la pente unie de rEnfer. Il obstrua alors la route de cette pente unie à l’aide d’un rocher que mille hommes seraient [à peine] capables de faire mouvoir. Puis, il jH'ononça le serment du divorce à la divine Iza-nami (jui se tenait debout en face de lui.
La divine Iza-nami lui dit : «O mon époux l)ien aimé, si tu parles de la sorte, j’étranglerai chaque jour mille personnes du royaume que tu gouvernes!»
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ha divin Iza-iiagi lui répondit : «0 ma sœur diério, si tu parles de la sorte, moi, je donnerai cliarpie jour naissanee à quinze cents individus.» 11 ajouta : «Ne franchis j)as cette limite.» Puis il jeta sa canne qui s’appela le dieu Funado; puis il jeta sa ceinture qui s’appela le dieu Naga-ti-iva; puis il jeta son habit qui s’appela le dieu Watiirai; puis il jeta son maillot qui s’appela le dieu Aki-kià; puis il jeta sa chaussure qui s’appela le dieu Ti-siki.
La pente unie de l’Enfer dont on parle [ici] n’est pas un endroit à proprement parler. N’est-ce pas simplement le moment d’expirer que l’on désigne ainsi? Quant à la pierre qui obstrue [le passage], c’est le grand dieu qui garde la porte de l’Enfer, et que l’on nomme aussi Ti-gahesi-no ohon garni.
De retour, le divin Iza-nagi, plein de regret, dit: «Je viens d’aller dans un endroit néfaste et dégoûtant; il faut que je me nettoie le corps de ces impuretés.»
Il alla donc dans la plaine Tatibana-no Avagiliara, près de la rivière 0-/o, dans le pays de Flmga, région de Tûkii-si, et fit des ablutions. Au moment de se nettoyer le corps de ses impuretés, il se dit : «En haut, le courant est trop rapide; en bas, le courant est trop lent.» En conséquence, il se lava au milieu du courant.
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A cette occasion, il donna naissance aux dieux appelés Ya-so makatü hi-no kami «les innombrables dieux sans droiture». Puis pour réparer leur manque de droiture, il donna naissance à un dieu appelé Kan-nawo hino kami «le dieu réparateur des dieux», puis au dieu Oho-nawo hi-no kami «le grand dieu réparateur».
Ensuite, il se lava en plongeant au fond de la mer, et donna naissance à un dieu nommé le divin Sokotü wala-dmni; puis au divin Soko-tûtû-o. Il se lava ensuite au milieu de la marée, et donna naissance à un dieu nommé le divin Uva-naka-tü wata-dümi; puis au divin Naka-tûtû-o. Il se lava ensuite sur la surface de la mer, et donna de la sorte naissance à un dieu appelé le divin Uva-tü luata-dümi, puis au divin Uva-tûlü-o. En tout neuf dieux. Les dieux [appelés] le divin Soko-tütü-o, le divin Naka-tütû-o, et le divin Uva-tûlü-o, sont les [trois] grands dieux de Sûmi-no e. Le divin Soko-tû wata-dùmi, le divin Naka-tù wata-dümi, et le divin Uva-tù wata-dûmi sont les dieux adorés par Adümi et ses alliés.
Ensuite il se lava l’œil gauche, ce qui donna naissance à une déesse appelée Ama-terasü oho-kami; de nouveau, il se lava l’œil droit, ce qui donna naissance à un dieu appelé le divin Tüki-yomi; de nouveau, il se lava le nez ce qui donna naissance à un dieu appelé le divin So-sa-no o. En tous trois Dieux.
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IMus tard, il doiiiia ses ordres à ces trois eidants, et leur dit : «Ama-terasfi oho-kami gouvernera la plaine du Ciel suprême; le divin Trdd-yoïni gouvernera 1 ’iinniensité des eaux de la plaine maritime; le divin So-sa-nu o gouvernera le monde.
A cette époque, le divin Sosa-no o était déjà âgé, et il lui avait poussé une barbe [longue] de huit poignées. Cependant il ne gouvernait pas bien le monde, pleurant et rageant sans cesse. Le divin Izanagi lui adressa, en conséquence, cette question : «Pourquoi pleures-tu toujours de la sorte?»
11 répondit : «Je désire rejoindremamèreau royaume internai. C’est seulement pour cela que je pleure.»
Le divin Iza-nagi, mécontent, lui dit : «Va, suivant ton désir.» Et alors il le chassa.
Commentaire.
Asa-kiri «brouillard matinal». — Par on vent dire «la vapeur provenant des eaux» b — «Les transformations de l’ean ont créé le Ciel et la Terre; c’est pourquoi l’on dit qu’elles ont donné naissance à l’origine de notre pays. Il y avait seulement, à cette époque, un brouillard matinal, et il était rempli de senteurs. Quand on dit «le matin», nécessairement «le soir» est sous-entendu»