CHAPITRE V, A
lip divin Triki-ijo-mi, lo visage éeliaulïe parla colère, lui dit : «Quelle saleté! quelle misère! Comment ose-t-on me nourrir avec des o)»jets vomis?» Puis il tira son épée et le tua. Ensuite il alla rendre compte [à sa sœur] de ce qu’il avait fait.
La grande déesse Ama-terasu olio-kami, pénétrée de colère, lui dit : «Tu es une mécliante divinité, nous ne nous reverrons plus». Et, dès lors, elles vécurent toutes deux séparées, l'une [régnant] le jour, l’autre la nuit.
Plus tard la grande déesse Ama-terasü oho-kami envoya de nouveau Awe-kinna-hilo pour aller voir [sur terre ce qui était arrivé]. Ace moment, en effet, le dieu Uké-moti était mort. Néanmoins sur son occiput il s était produit le liœuf et le cheval; sur sou front avait pris naissance le millet; sur ses sourcils avait pris naissance le ver-à-soie; au milieu de ses yeux avait pris naissance le panicum ; sur son ventre avait pris naissance le riz ; sur son nombril avait pris naissance l’orge et les grands et petits doliclios. Amékuma-liito prit [ces produits] et alla les offrir [à la Grande-Déesse].
En ce temps là. la grande déesse Ama-terasü ohokami, dans sa joie, luiilit : «Toutes ces choses serviront à la nourriture delà population actuelle (du monde).» Puis elle ensemença de millet, de panicum, d’orge, et de doliclios les champs secs ; et elle ensemença de riz
YAMATO BUMI. — GENÈSE.
les champs Immides. Puis elle établit des seigneurs dans les villages célestes. Les plantations de riz commencèrent dans les petits champs célestes, puis dans les grands champs célestes. En automne, les épis, courbés parleur énorme poids, donnèrent des résultats très satisfaisants. On dit aussi que ce dieu renfermait dans sa bouche les vers-à-soie, dont on parvint à tirer les fils. C’est de cette époque que date l’origine de la sériculture.
Commentaire.
vulg. «connaître», signifie ici «gouverner» (^)h
Awo-unabai'a «l’océan azuré». On veut parler ici de la Terre, environnée par les mers des quatre points cardinaux
(0 ïS)-
Asi-vara-no nalM-tü kuni. Par ces mots, on désigne les provinces occidentales du Japon. Comme il s’agit de l'endroit où fut établie la résidence des petits-fils du Ciel (tensim), on se sert de l’expression «pays central». La mention dans ce nom de la plante fait allusion à la métamorphose qui produisit le premier dieu du panthéon japonais*.
^ filjj Uke-moti-no kami^ c’est-à-dire «la divinité })rotectrice de la Nourriture» m ^ ife »’•
Tnki-yo-mi, dieu de la Lune, tira son épée et tua Uke-motino kami, dieu de la Nourriture. Le Ko-zi là donne un récit