Chapitre VI. — Commentaire
Avec ce chapitre, se termine l’iiistoire des œuvres du divin Iza-nagi, créateur des divinités secondaires du panthéon japonais, des îles de l’archipel de l’extrême Orient et de tous les êtres de la nature. Les savants indigènes, se conformant sans doute à quelque ancienne copie du Nikon gi\ ont réuni le passage ci-dessus à l’histoire de la Grande Déesse Solaire qui vient immédiatement après. Cette division du texte m’a paru défectueuse, et j’espère que ma manière de voir sera partagée, après la lecture des récits que je vais reproduire tout à l’heure. En tout cas, les coupures opérées dans les différentes éditions du Sgo-ki n’étant point numérotées, le système que j’ai adopté ne retirera aucune facilité pour les recherches dans les
1. Je n’ai pu trouver nulle part des indications sul'fisantes pour in’éclnirer sur la manière suivant laipielle était disposé le texte le i)lus ancien (pi’on connaisse au Japon du Ni-kon Si/o-7d. L’édition princejjs de ce livre est, à ec (pdil paraît, d’une rareté excessive et ne se rencontre jias lUL-me à la Bil)liotlié(iue Impériale de To-kyau. On ne cite jusipi’à présent (pi’une copie manuscrite de cotte édition i)rincci)s, huiuclle est précieusement conservée dans la collection d’un des principaux bihliopliiles de cette capitale (Voy., à ce sujet, la lettre de M. B. Hall Chamberlain, dans les Mémoires (le la Société des études japonaises, t. III, p. 283), et je n’ai pu savoir encore si cette copie renferme (luchpics indications sur les manuscrits (pii ont servi aux iircmiers éditeurs de l’ouvrage. .J’espére être à même de fournir des éclaircissements à cet égard dans la suite de ce volume.
CIIAPITR1-: VI.
ouvrag-es publiés au Japon'. Les citations seront, en revanclie, simplitiées, lorsqu’on jugera à jiropos de les rapporter à la présente recension.
lu rrrc, dans l’édition lU-kcm, est rendu yainkarc [yatn-îiO «esclave, moi votre esclave», ternie d’bnmilité), dans le Sin-kai et dans le Tn-Kyau.
on ^ tszr «sœur aînée», est lu, jiar la jilnpart des éditeurs du Yainato-humi ^ LhLH non<‘ (ncuio-no mikoto). Ce mot nane appartient à la langue antiiine, et se retrouve dans le Mo}i-yô siû sons la forme na-no; il correspond à Y' ^ la langue moderne. Je crois que c’est
à tort que, dans l’édition deOlio-zcki ^lasn-nari, on a transcrit sons cette dernière forme le signe cliinois (Voy. Tani-gawa Si-sei, Ni-hon Syo-ki iû-syau, t. IV, p. 1, et dans le Wa-kun sivori du meme antcnr, t. XIX, p. 13.)
fj(jl ^ kainü-yoto «les œuvres divines» d’Iza-nagi, c’està-dire «la création des pays, des dieux et de tons les êtres».
î® atüsire «merveilleuse destinée». — On lit dans le Tsiu-chou «Annales de la dynastie chinoise des Tsin», de Fang-kiao, an règne de l’empereur Wou-ti : «Conformément à sa destinée merveilleuse ^ ^ î||, il mourut à Tao-tang»-. — Dans le Sin-dai ki, le mot atüsire répond à «un destin qui s’accomplit». — Dans le Ken-sô kl, il signitie «faiblesse», avec l’acception de «folie cliande»; on
1. La coupure (pie j’ai oiiérée dans le texte du chapitre du Ni-lwn Sÿo-ki a été faite également par l’auteur d’une compilation japonaise intitulée Kami-yo-no maki-no axi-kahi, traduite par M. le Dr. Aug. Plizmaier et publiée dans les Sitzungsherichle der Academie der Wissenschaften de Vienne, 1864, p. 392.