‹ Histoire des dynasties divinesChapitre 17 sur 252 · XL VIII · texte numérisé non relu

XL VIII

YAMATU BU MI.

coücurreimriuiit avec l’auxiliaire y taniau du . style littéraire :

DI 01 oni-iTSI DI- 81 LT vii miivo kakusi-masinii «ils SC cachèrent».

TUTSI DH CT ]ITI kakusi-matüriki «elle se cacha» (Ko-zi Ici, v, p. 64).

oTDl Cl- DT ST umi-tamau «elle donna naissance».

L’auxiliaire eliinoise tscii «être dans» prend place, dans le Ko-zi ki, d’une façon insolite coninie postfixe verbale. On y trouve notamment les caractères ^ qui se lisent :

ÏI-DI TiïhSH ]T yami-koyaseru «tomber malade» (Tiïl-ST koyasü est un mot de la langue antique qui répond à de la langue moderne. Moto-ori, Ko-zi ki den, t. V, p. 56).

Certains, verbes de la langue yamato ont toujours une acception honorifique :

DH oi 8T maosü «nommer, dire» (g^; style de la conversation : 7

mausü).

LlTI Cl- DH SUT nori-tamavaku «dire», dans le sens de «enjoindre, dire en donnant un ordre » (en faisant acte de supériorité).

Les particularités grammaticales de la langue yamato, dont je viens de donner un petit nombre d’exemples, se retrouvent plus ou moins dans les écrits du moyen-âge japonais et même dans les livres de littérature moderne oii l’on affecte d’employer certaines tournures archaïques, il n’en est pas de même du Vocabulaire antique qui renferme non seulement nue foule de mots inusités dans l'idiome vulgaire, mais des mots dont la physionomie semble indiquer parfois une source étrangère à celle d’oii découle au Nippon

INTRODUCTION

lo matériel onliimire du langage, l^es anciens noms propi’es notamment sont composés de vocables qui sont encore aujourd’liuiàpeuprès inintelligibles aussi bien pour les savants du Japon qu(‘ pour le peuple.

Les pliilologues ja[)onais se sont occupés de l’étymologie des mots de leur langue et ils ont essayé de rattacher une quantité d’expressions actuellement en usage à des radicaux de la langue antique, (^luelquesunes de leurs tentatives généalogiques paraissent assez heureuses, mais le plus souvent ils semblent avoir agi dans l’ignorance des principes de la dérivation philologique. 11 n’en est pas moins vrai qu’il faut modifier de fond en comble les idées des linguistes du commencement de ce siècle au sujet du polysyllabisme exagéré des mots japonais; et déjà, en maintes circonstances, il est possible de réduire les racines à des thèmes bilitères ou monolitères. Il en résulte que les recherches des philologues pour rattacher la langue du Nippon à d’autres idiomes du continent asiatique ou de l’Océanie sont absolument à recommencer. Je ne veux pas dire par là que la parenté du japonais avec le chinois, le mongol ou quelque autre dialecte tartare, par exemple, pourra être démontrée avec les ressources nouvelles de la science; mais on peut affirmer que seulement aujourd’hui les

Y AM AT 0 BUMI.

travaux entrepris dans cette direction seront de nature à nous éclairer sur un problème qui a vainement préoccupé tant de savants orientalistes.

Nous sommes loin de posséder en Europe une série quelque peu complète des écrits composés au Nippon pour nous faire connaître l’iiistoire et les péripéties des mots actuellement en usage et les transformations qu’ont subi les vocables de la langue orale. Il nous est arrivé néanmoins quelques livresquinous montrent le goût des Wa gakü-sya pour de telles recherches.

Parmi les ouvrages qui me semblent les meilleurs à consulter pour l’étude des étymologies japonaises, il faut citer tout d’abord le grand lexique de Tani-gawa Si-sei \ publié sous le titre de Wa-kiin siwoi^i, avec une préface du célèbre Moto-ori Nori-naga^. Cette œuvre d’une vaste érudition est d’autant plus digne de contiance qu’on y rencontre non seulement des essais de dissection des mots, essais il est vrai presque toujours incertains et souvent fort périlleux, mais ce qui est })lus sérieux et plus utile, l’histoire des mots aj)puyée sur de nombreux exemj)les empruntés aux écrits les plus authentiques de l’antiquité et du moyen-

Tani-(jawa Si-sei.

Moto-ori Nori-nuga.

INTRODUCTION

D auti •es liv res, qui oftrent évidenimeiit bien moins de garanties, mais qui peuvent mettre parfois sur la trace de tiliations linguistiques intéressantes à constater, ont également paru sous forme de dictionnaires. Un de ces livres est tombé entre mes mains. Intitulé Gon-gen-tei, littéralement «Echelle [pour atteindre] à l’origine des mots», il a été publié par Oho- UiTi-biki\ en 1834. 11 existe beaucoup d’autres écrits du meme genre, si j’en juge par les catalogues de liliraires indigènes que j'ai pu me j)rocurer.

Pour donner une idée du mode de réduction des mots japonais à des racines en apparence primitives, je citerai ici quelques étymologies que je rencontre çà et là dans les livres de ma bibliothèque. Il est Inen entendu que je rapporte ces étymologies sous toutes réserves, en en laissant la responsabilité complète à leurs auteurs :

^ ama «ciel»; — de oh oi ao «bleu» et Oh ma «espace» (l’espace bleu).

^ kami-nari «tonuerre»; — de 01 kami «dieu» et Lh ]| nari «chant» (le chant de Dieu).

^ kame «tortue»; — de 1h ka «cuirasse» et 01 mi «corps» (corps à carapace).

^ kuva «mûrier»; — de 11 ko «ver à soie» et va «feuille» (feuille des vers à soie). — Peut-être plutôt de 1T ku «manger et» 8h va «feuille» (feuilles servant à la nourriture).

Oho-isi Ti-hiki.

LU

^ siru «savoir»; — de 81 ]i «blanc, clair, lumineux».

tami «le peuple»; — de Ch ta «tous» (J^) et DI «corps» (tout le monde),

rs take «bambou»; — de Ch 1h taka «haut, élevé».

ne-no kuni «l’enfer»; — de U ni «terre» et de ITLI kuni «pays» (le pays situé au fond de la ten-e).

^ harami «grossesse»; — de Sh ]h hara «ventre» et de DI mi «corps» (corps dans le ventre), y hi «soleil»; — de 81 hi «feu».

miru «voir»; — de DI me «œil» et oi :t iru «entrer» (pénétrer dans l’œil).

moto «origine»; — de otdt umu «naître» et de Ci to «lieu» (lieu de la naissance).

umi «mer»; — de oi- oi ao «bleu» et DI mi «eau» (l’eau

bleue) ^

^ idümi «source»; — de o| [t idü «sortir» et de Di mi «eau» (eau qui sort).

^ kami «cheveux»; — de IhDI kami «en haut» (ce qui est au haut du corps).

^ konomi «fruit»; — de II Cl ko-no «de l’arbre» et de DI mi «le corps» (le produit de l’arbre).

^ koyomi «almanach»; — de 1i ko «petite» et de ÏIDI yomi «lecture» (petite lecture).

Ig ao «vert, bleu»; — de oh a «général». — «Le ciel est bleu, les montagnes et les champs, la mer tout est bleu-vert; c’est pour cela que le nom de cette couleur indique celle qui se rencontre eu quantité dans la nature »^.

^ kagami «miroir»; — de 1h U kage «ombre» et de DI «vue» (ce qui permet de voir l’ombre) ^

Je ne multiplierai pas davantage les exemples de ce genre. Pour qu’ils puissent avoir une utilité réelle

1. Lc.s cxcmple.s qui precedent, sont empruntés au Gon-ycn-tei.

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