CHAPITRE VIII
dictions que renfeniieiit des légendes merveilleuses du genre de celle qui nous oceupe; mais il semble que rineertitude
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*** Koko-ni Ama-terasü oho mi-kami ayasi to omohoaile, Ame-no iva yadowo hosome-ni hirakite, uti-yori nori-tamaheru-va : Aya komori-masü-ni-yoUe, ama-no Itara onodûkara kuraku; Asi-vara-no naka-tü kuni mo mina kuraken to omôwo; na do te Ame-no Uzü-me va aaoLisi; mata ya-ho-yorodü-no kami moro-moro wara'u zo to nori-tama'iki. tSunavaii Ame -no uzü-me naya mikoto-ni masarite ta'u toki katni i-masû ga yüye-ni eragi asobu to mausiki. Kaku mausû aida-ni, Ame-no ko-ya-ne-no mikoto, Futo-tama-no mikoto kano kagamiwo sasi-idete, Amaterasü oho mi-kami-ni mise-matüru loki-ni, Ama-terasü oho mi-kami iyo-iyo ayaai to omohosite, yaya to-yori idete nozomi-maaü toki-'ni, kano kakuri taleru Ame-no la-dikara-o-no kami sono mi-tewo totte hiki-idasi-matüriki. Sünavati Futo-tamano mikoto siri-kume navawo sono mi siri he-ni hiki-watasite, koko-yori uti-ni nakaheri iri-masi so to mausiki. Kare Ama-terasü oho mi kami ide-maseru tokini, Takama-no hara mo, Asi-vara-no naka-tü kuni mo, onodûkara teri-akariki,
A ce moiueut la Grande Déesse Ama-terasû-oho-kaœi stupéfiée, ouvrit un peu la ikhIb de l’iiabitatiou rocheuse du Ciel, et parla ainsi de l’intérieur : «11 me semblait que, du moment que je demeurais renfermée, la plaine du Ciel devait être obscure et que de même le royaume centi'al d’Asi-vara devait éti'e tout obscur. Comment se fait-il que Amé-no Uzümé se réjouisse et que les huit cents myriades de dieux se mettent tous à rire?»
Alors Amé-no Uzümé imia eir ces termes : «Nous nous réjouissons et nous rions de joie parce que nous possédons mie déesse qui l’emporte sur toi (eu éclat).»
Pendant qu’elle parlait ainsi, l’auguste Amé-no Ko-yané et l’augirste Futo-tarna firent sortir leur miroir et le présentèrent à la grande déesse Ama-terasù-oho-kami. La Grande Déesse Ama-terasü -oho -kami fut de plus en plus étonnée : elle sortit peu à peu de la porte et regarda à la dérobée. A ce moment, le divin Ame-no Ta-dikara-o, qui se tenait caché, prit sa main impériale et la fit sortir. Ensuite l’auguste I\rto-tama fit passer un câble attaché par derrière la Grande Déesse et lui parla en ces termes : «Vous ne devez pas rétrograder plus loin à l’intérieur. »
Eir conséquence, la gr'aude déesse Ama-terasù-oho-kami étant sortie, la plaitre du C iel élevé et le royaume cenbal d’Asi-vara purent recouvrer la lumière ».
J’ai revu la traduction ci-dessrrs, faite il y a environ quinze ans, sur celle qu’a publiée
YAMATO BUMI. — LE RÉGNE DU SOLEIL
meme qui règne sans cesse sur la question de savoir si telle ou telle divinité a fini par «disparaître» ou par «mourir», révèle le double caractère de la plupart de ces divinités ; l’im céleste, surnaturel, absolument imaginaire; l’autre terrestre et se rattachant à des personnalités humaines divinisées et par moment confondues avec leur homonyme de la conception mythique b
récemment M. Hall-Oiamberlain : je la crois aussi exacte que possible, bien quil me reste encore des doutes sur plusieurs exjn-essions qu’il ne m’est pas possible de discuter dans cette note.
Le récit du Ku-zi kî, que son étendue ne me pennet pas de reproduire ici, présente à son tour quelques variantes : «La gi'ande déasse Ama-terasü-olio-karai dit son fière Sosa-no o : «Ton cœur est toujours noir; je ne veux plus d’entrevue avec toi». Alors elle entra dans la pette célaste et la fenua avec un rocher en guise de jwrte. Les six côtés de l’univers (iioints cardinaux, zénith et nadir) devinrent si obscurs qu’on ne pouvait plus difitinguer le jour de la nuit. Il y eut alors une a.ssemblée des huit cents mjTiades de dieux pour discuter un plan. Comme dans le Ko-zi ki, on fit appel au dieu Onio i-gane, parce qu’il possédait à un haut degi-é la science de la réflexion. Celui-ci tit copier le portrait de la déesse du Soleil, . . . puis il fit fabriquer la lance solaire en cuivre (?) du mont des métaux célaste, un miroir, un collier de magatamas, et une foule d’aurtes objets successivement décrits. A part les plus nombreux préparatifs, le dénouement se produit dans les mêmes conditions, et l’entrée de la grotte est barrée avec l’auguste corde du Soleil (hi-no mi tüna), de facjon à marquer la limite au-delà de laquelle la Grande-Déesse ne devait plus se retirer; on y place en outre deux dieux en sentinelle et un troisième au côté d’Aina-terasù-ohokami. Enfin le récit est terminé par la condamnation de Susa-no-o.
1. La légende de Ama-terasü oho-kami a été maintes fois modifiée et défigurée. La grande popularité dont jouit cette déesse chez les Japonais a fait que les bouddhistes, lors de leurs premières prédications dans les îles de l’Extrême Orient, n’ont pas hésité à la faire entrer dans le cadre de leur i)anthéon. Le passage suivant que j’emprunte à un ouvrage de I-zawa Naga-hide, de Kuma-moto, province de Ili-go, offrira un exemple de cette tendance des Japonais de donner à leurs principaux dieux le caractère de divinités étrangères ;
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CIIAriTRE VIII.
Adiki-i}asi «misérable, désagréable, déréglé». Les deux caractères chinois qui répondent à cette expression
« D’après les récits populaires, ancienneiueiit, avant que ce royaume (le Japon) ait été fondé, il y avait sur l’océan une figure du Grand Soleil. La déesse Aina-tcrasû olio-kaini remua la mer avec la lance céleste*, et il en tomba des gouttes semblables à de la rosée.
«Le Koi des Démons** du sixième Ciel, voyant cela, dit avec mauvaise humeur : « Si ces gouttes (qui tombent de la lance céleste) deviennent des «pays, le Bouddhisme y sera répandu et on sera délivré de la vie et de la « mort. »***
« La Grande-Déesse (Ama-terasi'i oho-kami) répondit au Koi des Démons : «Je n’approcherai pas (de ce pays) les trois trésors et je ne dirai pas même «leur nom.»
«Alors le Roi des Démons donna avec plaisir le Japon (à la Grande- Déesse); il mit du sang à sa main et toucha ce pays pour lui faire une marque éternelle. C’est ce qu’on désigne sous le nom de jjjÿ sin-zi f.
Suivant un autre récit, Ama-terasû oho-kami est la même personne que
* Il y a ici confusion avec le récit de la création des mondes par le divin Iza-nagi, au moyen d’une lance céleste de jade (Ania-no do-boko ou Ama-no nu-hoko). Ce récit a été donné plus haut {Genèse, ch. iv; voy. notamment p. 91).
En japonais : ma-waii. C’est la transcription chinoise du sanscrit
mûrarâdja, c’est-à-dire de Pâpiyûn, le démon roi -tentateur, personnification de l’amour et de l’empire des sens.
***■ C’est-à-dire, suivant l’idée bouddliique, on ne sera plus exposé au malliem' d’avoir à renmh'e et à mourir.
t Sin-zi désigne le sceau sacré qui est compris parmi les objets précieux présentés aux emi)ereurs du Japon, à leur avènement, comme emblème de leur autorité .souveraine. Lorsque Zin-inu, premier mikado, fut élevé à la dignité impériale, les grands de sa suite vinrent lui offrir, dans la salle du trône, le sceau en question, un miroir et un .sabre. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces objets qui se rattachent tous à la mythologie sintau'iste.
YAMATO BUMI. — LE RÈGNE DU SOLEIL
signifient littéralement «sans forme»; mais ils ont la valeur de «sans bonne forme», c’est-à-dire de «criminel»'.
Les mots ^ gQ, littér. «champs du Ciel», désignent en cliinois les champs appartenant à l’Empereur et dans lesquels ce prince accomplissait la cérémonie du labourage, en ouvrant lui-méme le premier sillon. Cette pratique avait pour but d’encourager le peuple à l’agriculture et d’honorer les travaux des champs. — Sana-ta signifie «de petits champs» (3 ^ U Ba<^ komaka-naru ta nari)’^ naga-ta
veut dire «de grands champs» ^ ohoki
naru ta-no koto nariy.
Uaru «le printemps», c’est-à-dire «le moment où ap-
Dai-niti Ni/o-rai*. De là vient le nom de Nip-pon « origine du Soleil » donné au Japon.
Suivant un autre récit, Ama-terasii oho-kami est la même personne que Tdi-peh, du royaume de Ou.**
En conséquence, on appelle le Japon, dans les poésies, Tù-kai ki-si koku «le Royaume de la dame de la mer d’Orient». Ce sont ces mots ki-ai «dame» qui ont fait, à tort, attribuer à Ama-terasû oho-kami un corps de femme. » (11 Zokû setû ben, t. I, p. 6.)
* H y a là un nom donné à la Grande -Déesse Solaii'e sous une forme indienne mahaaûryi/aa tathûgata, c’est-à-due Celui qui vient comme Grand-Soleilj. On sait que tathûgata (chinois ; jou-lài) est un surnom donné au liouddlia.
Tâi-peh (en sinico-japonais : Tai-haku) était l’oncle du vertueu.\ et célèbre Wcn-uoang. 11 quitta la cour pom' ne pas causer d’embarras à son père qui jwu'aissait désirer pour successeur sou plus jeune tière Ki-lih. D se retira alors chez les Kingman, au sud du deuve Kiang , dans la province du Kiang-nan. Rappelé bientôt piu Ki-lib pour régner sur le pays de 'Tcheou, confonnément à la deniière volonté de Koukoung, son père, il s’y rendit pour assister au.v obsèques, mais refusa obstinément de preiub'e en mains les rênes du gouvernement, parce (jue, disait-il, Ki-lib était celui que son père avait réellement souhaité pour héritier. 11 s’en retourna donc chez les King-man, où il répandit les docbines des anciens sages, et fonda le roy aume de Ou (sinico-japonais : Go), eu 1229 avant notre ère. Une légende rapporte que ses desceiubints ont été les fondateurs de l’empire Japoirais (voy. ma Notice atir les îles de l'Asie Orientale, dans le Journal Asiatique de 1861). — On voit, par’ cette notice, l’étrange mélange de faits hétérogènes qui s’est produit dans les idées populaires relativement au .sintauïsme.
1. Sgo-ki sîû-kai, livr. i, p. 37; TTeou llan-chou, commentaire, cité par le Sgo-ki tû-sgau, livr. iv, j). 23.