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(’IIAIMTKE VIH, r.
8, c. — On lit dans un ouvrage :
Ensnito, la Déesse du Soleil possédait des champs dans trois endroits. On les nonmiait : Ama-no ya^iiila, les champs faciles du Ciel, Ama-no hira-da, les champs unis du Ciel. Anm-no mura airase-da, les champs incomparables. C’étaient tons d’excellents champs. Ils ne souffraient ni des longues pluies, ni de la sécheresse.
Le divin Sosa-no-o possédait aussi des champs dans trois endroits. On les nommait : le champ de Ama-no h'iii, le champ de Ama-no kau'a-yori, le champ de Ama-no kuli-to. C’étaient tous des endroits arides: quand la pluie tombait, ils étaient inondés; en temps de sécheresse, ils étaient brûlés. Aussi, dans sa jalousie, faisait-il tout le mal possible aux champs de sa sœur aînée : au printemps, il les desséchait en bouchant les canaux et en détruisant les digues, puis
YAMATO BUMI. — LE RÈGNE DU SOLEIL
il redoublait les semences; en automne, il y enfonçait des pieux et y faisait coucher des chevaux. Ces méchancetés étaient incessantes. Cependant la Déesse du Soleil ne s’irritait pas contre lui, et d’un cœur égal lui pardonnait, etc., etc. Jusqu’à ce qu’enfin la déesse s’enferma dans la Grotte de la Pierre Céleste.
Tous les Dieux envoyèrent Ama-no Ko-yane, fils de Ko-koto Miisübi, pour faire une prière. Alors Ama-no ko-yané déracina un mûrier de la Montagne parfumée du Ciel et suspendit sur les branches supérieures le miroir fabriqué par Ono-kori-do-me, fils de Anm-no Nuka-do, ancêtre éloigné des fabricants de Miroirs; sur les branches du milieu la magatama fabriquée par Anm-7io Agaru-dama, fils du divin Iza-nagi, ancêtre éloigné de Polisseurs de Jade; et, sur les branches inférieures, du coton tiâllé par Ama-no Ill-7vas;'i, ancêtre éloigné de In-bé, du pays (VAva. Ou chargea ensuite le divin Fnlo-dama, ancêtre éloigné du chef In-bé de prendre ces objets et de prononcer une grande ])rière.
Aloi'S, la Grande-Déesse l’entendant, se dit : «En ce moment, j’ai entendu beaucoiq) de piâères, mais je n’ai |)as encore enhmdu d’aussi belles paroles.» Elle (uitr’ouvrit donc la ])ort(‘ de la groth‘ et jeta un coup d’œil à la dérobée. A ce moment, le Dieu de la Forc(‘, Ama-no Ta-likara-o, (|ui se tenait debout à
CIIAriTRE Vlll, f.
eôté (le la grotte, l’ouvrit. Alors l’c'elat de la Déesse (lu Soleil se répandit dans ruuivers, ce qui causa une grande joie à tous les dieux.
On jugea alors le divin Sosa-no-o et on lui lit faire des exorcismes pour ruuivers entier; j)uis il eut à subir l’expulsion faste des ongles de la main et l’(‘xpnlsion nélaste des ongles des })ieds. Le divin Amano Ko-yané fut chargé d(‘ prononcer les paroles de la Grande PriiVe. C’est de cet événement que vi(*nt la coutume de vidller à ce que les ongles soient eoujais (en temps voulu).
Ensuite tous les dieux adressi'rcnt au divin Sosano-o cette réprimande : «Il est abvsolnment impossible d’avoir conlianee dans ta conduite; tu ne peux donc pas habiter au Ciel. Tu ne peux pas non plus lia))iter le })a3xs central du Japon. Il faut que tu partes en hâte au pays infernal.» Et aussit(')t ils le chassiTcnt.
En ce temps-là, il tombait une pluie continuelle. Le divin Sosa-no-o (pour s’abriter) se fit avec des plantes vertes entrelacées un large chapeau et un par-dessus; puis il demanda l'hospitalité à plusieurs dieux qui lui dirent : «Vous avez été expulsé pour votre mauvaise conduite et votre méchanceté; comment pourrions-nous vous accorder l’hospitalité?» Et tous ensemble refusèrent d’accéder à sa demande. Il
en résulta que malgré la violence du vent et de la
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pluie, il lie lui fut pas possible de trouver un gîte pour se reposer, et c’est avec d’amères soutfraiices qu’il dut descendre du Ciel. Depuis cette époque, ou a garde d’eutrer chez quelqu’un avec un large chapeau et im par-dessus (faits eu végétaux); ou a garde aussi d'entrer chez quelqu’un avec une brassée d'herbes. Celui qui viole cette prohibition doit toujours faire faire une prière. C’est là un précepte qui vient de la plus haute antiquité.
Le divin Sosa-no-o dit : «Tous les dieux m’ont chassé : il faut m’en aller pour toujours. Si je n’avais pas auparavant une entrevue avec ma sœur aînée, comment pourrais-je m’en aller volontairement?»
Alors de nouveau l’émotion se répandit dans le Ciel, l’émotion se répandit dans l’empire.
11 monta donc au Ciel. A ce moment, Ama-no Usüme le vit, et informa la Déesse du Soleil de sou arrivée.
La Déesse du Soleil dit : «Ce n’est certainement pas pour un bon sentiment que mon frère cadet monte ici. N’est-il pas ceifain qu’il désire usurper mon royaume? Bien (pie je sois une femme, ])Ourquoi prendrais-je la fuite?» Bile l’evetit alors des habits guerriei’s, etc. etc.
Jœ divin Sosa-no-o lui dit sur serment : «Si je suis de nouveau monté (au Ciel) avec mauvaises intentions, les enfants auxquels je vais donner le jour en
CIIAPITHIO VIII, c.
imicliaiit cetto gemme, seront à coui» sûr des tilles; et s’il en est ainsi on pourra faire descendre ces tilles dans le pays central dn dapon. 8i j’ai des intentions pures, alors je donnerai le jour à des garyons, et ils pourront demeurer ici [loiir gouverner le (irmament, (,|uant aux enfants auxquels ma sœur donnera le jour, il en sera décidé conformément à ce serment.»
Alors la Déesse du 8oleil macha la première le glaive aux dix poignées, etc. etc.
Le divin Sosa-no-o détacha ensuite le bout du cordon aux cinq cents gemmes qu’il avait autour du côté gauche de sa coiffure, puis il lit entendre un joli cliquetis de bijoux, en les lavant dans le puits de A)ua-no nu-ua. 11 macha la gemme du bout et la mit dans sa main gauche : il naquit un enfant qui fut le divin Masa-ya a-kalu kaln-no liaya-hi Amano Osi-o-ne. Puis il mâcha la gemme de droite et la mit dans sa main droite : il naquit un enfant qui fut le dmii Ama-)W Ho-hi, ancêtre éloigné des Ha-zi-no murazi, sujets de/d/7-/no et fondateurs de la province de Mu-sasi; puis le divin Ama-lû Hiko-ne, fondateur du pays de Vbaraki, ancêtre éloigné des Nuka-labe- 710 mui'azi et autres; puis le divin Iku-tii Hiko-ne, puis le divin Hi-no haya-M; puis le divin Kumano-no Oho-sümi; en tout six garçons.
Alors le divin Sosa-no-o parla en ces ternies à la
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Déesse du Soleil : «Je suis monté ici par ce que tous les Dieux m’ont fixé pour demeure le Eojaume Iiiferual. Je vais maintenant m’en aller. Si je n’avais pas eu d’entrevue avec ma sœur aînée, il m’eût été absolument impossible de supporter mon sort. Je suis donc monté, en vérité, avec un cœur pur. Maintenant ma visite est terminée. Suivant la volonté de tous les dieux, je vais me rendre pour toujours dans le Eoyaume Infernal. Je désire que ma sœur soit heureuse en gouvernant avec splendeur le Eoyaume du Ciel. Les enfants auxquels j’ai donné le jour avec un cœur pur, je les offre à ma sœur aînée.»
Puis il descendit (du Ciel) et s’en alla.
Commentaire.
8, f. — kono Hoti, littéralement «après cela, plus
tard»; mais il ne me semble pas que, dans la pensée de rauteur, cette expression veuille dire que la Grande Déesse eut plus tard des champs qu’elle n’avait pas auparavant, et je suis porté à croire que ces mots signifient : «Voici ce qui arriva plus tard : la Déesse du Soleil })ossédait des cliam})s dans trois endroits, etc.» J’ai cei)cndant hésité à traduire de la sorte, afin de serrer le texte aussi près ([ue possible.
Yasïïda, litt. «des champs faciles». 11 faut entendre par là de bons champs qu’il est facile de labourer'.