Chapitre neuvième
1. En ce teiiips-là. le divin 8os;i-no-o di'scendit du Ciel et arriva au liant de la rivicre di‘ ///, dans le pays de hlu-mo.
2. Il entendit alors, an liant de cette rivière, un bruit de sanglots. 11 clierelia. en conséquence, d’oii venait ce lirnit, et trouva un vieillard et une vieille fennne qui caressaient en pleurant une jietite lillc jilacée entre eux deux.
O. Le divin Sosa-no-o les interrogea en ces termes: «Ovous antres, qui êtes-vous? Pourquoi [deurez-vous de la sorte?»
4. [Le vieillard lui] répondit : «Nous sommes des dieux du pays. ^lon nom est Afii Nain-ii. Le nom de mon épouse est Te Nalü-U. Cette petite fille est notre entant; elle s’appelle la princesse Knsinada.
5. «Voici pourquoi nous pleurons : Nous avons eu pour enfants liuit petites filles qui ont toutes été dévorées d’année en année par un grand serpent à huit têtes. En ce moment, cette petite fille- ci est sur le
point d être dévorée à son tour. Il n y a pas moyen de la sauver : voilà la cause de notre douleur.»
6. Le divin Sosa-7W-o leur fit alors cette injonction: «S’il en est ainsi, vous convient-il de me donner votre fille?»
7. Ils répondirent : «Nous vous l’offrons, suivant votre injonction.»
8. En conséquence, le divin Sosa-no-o transforma immédiatement la princesse Kusinada en un (petit) peigne qu’il plaça dans sa coiffure.
9. Il chargea ensuite Natu-ti et Te Nalu-U de préparer du vin très fort et de faire une enceinte à huit ouvertures : à la bouche de chacune d’elles, il plaça une cuve remplie de ce vin; puis il attendit le serpent.
10. Sur ces entrefaites, il vint, en effet, un grand serpent qui avait huit tètes et huit queues. Ses yeux étaient semblables à des [fruits] aigrelets rouges; sur son dos croissaient des pins et des kaya; il se promenait en formant huit collines et huit vallées.