‹ Histoire des dynasties divinesChapitre 226 sur 252 · Nippon ioau-dai iti-ran, t. I, p. 1 n · texte numérisé non relu

Nippon ioau-dai iti-ran, t. I, p. 1 n

niAlMTKE IX, d.

9, d. — On lit dans un livre :

Jja conduite du divin Sosa-no-o était déréglée. En conséquence, les dieux le condamnèrent, en accumulant [autour de lui] mille nattes, et ensuite ils le chassèrent.

En ce temps-là, le divin Sosa-uo-o emmena son tils, le dieu Idaki-sono, descendit dans le pays de Sin-ra, et s'établit dans le lieu [appelé] Sosi-mori.

Il prononça alors ces paroles : «Je ne veux pas demeurer dans ce pays.» En conséquence, il prit de la glèbe et en fit un bateau; il s’y embarqua et navigua vers l’est. 11 arriva au haut de la rivière de Hi, dans la province d'Idümo, à l’endroit où se trouve le pic de Tori-gan.

Dans cet endroit, il y avait un grand serpent qui

mangeait des hommes. Le divin Sosa-no-o prit alors lepée qui coupe les mouches du Ciel, et tailla en pièces ce grand serpent. Comme il venait de couper la queue du serpent, son glaive fut ébréché. Il entrouvrit alors la queue et regarda au milieu : il s’y trouvait une épée divine.

Le divin Sosa-no-o dit : «Je ne puis pas me servir de ce glaive pour mon usage.» Il envoya, en couséquence, son fils à la cinquième génération, le dieu Ama-no Fuki-ne, pour l’offrir au Ciel. C’est ce glaive qu’on appelle actuellement «l’épée de Kusanagi>\

Primitivement, lorsque le dieu Ita-daki-sono descendit du Ciel, il avait une quantité de graines d’arbres. Néanmoins il n’ensemença pas le pays des Kan; mais il emporta toutes ses graines. Il commença ses ensemencements jiar le pays de Tilkusi. En général, dans tous les pays des Ya-sima (le Japon), il n’y en eut aucun oii il ne ht des eiLScmencements. Il en résulta des montagnes verdoyantes.

C’est pourquoi le divin Idaki-suno a été qualilié de «Dieu qui a des mérites». Il est, en conséquence, la grande divinité établie dans le [>ays de Ki-i.

CIIAriTKK IX, d.

Commentaire.

9, f/. — ^ M Wi. P ti-kura-no oki-do, litt. «les portes établies en mille places». Cette expression est très obscure, et les efforts des commentateurs japonais pour l’expliipier ne me semblent pas avoir abouté à un résultat satisfaisant. Les mots ti-kura sont rendus en ebinois, dans le Ko-zi k/\ par «mille sièges». Kura désignerait la place où l’on réunit les objets destinés à la cérémonie de la prière, un lieu de dépôt, etc. Le crime de Sosa-no-o étant très grave, on a fait usage du mot ti «mille», pour indiquer combien étaient nombreux les préparatifs faits par les dieux pour chasser le malheur et faire revenir le bonheur. — Oki-do serait un lieu où l’on accumule des objets; dans ce lieu, il y aurait eu une porte pour faire pénétrer le coupable au milieu de l’enceinte formée par les nattes ou tables accumulées autour de lui; et c’est en raison de cette particularité que le mot do «porte» figure dans cette expression. Les exégètes japonais se perdent en conjectures peu heureuses au sujet de ces ti-hira oki-do, et Moto-ori qui, d’ordinaire, se distingue par la clarté de ses explications, laisse entrevoir cette fois qu’il est en présence d’un fait mal connu. Ces mêmes mots se rencontrent cependant dans divers passages des anciens livres : on les a vus plus haut (cliap. viii); ils figurent également dans le Notto qui contient les prières pour le 6® mois de l’année, dans la vieille anthologie Manycô siû, etc. On a vu ensuite, dans ces mots, une allusion aux premiers rapports des Japonais avec la Corée, durant

les temps préhistoriques : Dans la mer de Tû-sima, il y a un endroit appelé Ti-kura, où le courant des vagues est très rapide; c’est la limite entre le Japon et la péninsule Coréenne. Enfin ti-kura oki-do signifierait « des objets réunis dans le but d’obliger Sosa-no-o à payer une indemnité pour les crimes dont il s’est rendu coupable» h

La Coeée, — Au fur et à mesure que nous avançons dans le Ni-lmigi, les pays étrangers à l’arcliipel Japonais, sont mentionnés d’une façon de plus en plus précise. Après des allusions aux contrées du nord, primitivement occupées par les Aino ou Peuples velus (Mau-zin), c’est maintenant dans une région parfaitement déterminée de la péninsule Coréenne que le frère de la Grande Déesse Solaire poursuit les migrations nécessitées par son Exil de la plaine élevée du firmament (Takama-no hara). — ^Jf ^ Sin-ra (en chinois : Tsin-lo ou Chin-han) était un état situé au sud-est de la Corée et qui fit partie d’une triarchie désignée dans les historiens japonais sous le nom de San-kan. On l’a confondu avec le territoire de Ki-lin ou Gi-rin. Les exégètes des Livres sacrés du Japon, comme d’ailleurs bien d’autres historiens du même pays, ne manquent pas une occasion d’insinuer que la civilisation qui, en réalité, est venue de Chine dans leur archipel, a été, au contraire, apportée par leurs aïeux sur le continent asiatique. «Le divin Sosa-no-o, dit Hirata Atil-tané, descendit le premier du Ciel, et le divin Waka-hiko-na-no mikoto descendit ensuite. C’est,

1. Kawa-niura Hidc-n6, Syo-ki siii-kai, t. I, p. 41; Moto-ori, Ko-zi ki den, t. IX, pp. 3-1; Tani-g'awa Si-sci, sitvori, t. XV, p. 4; Nobu-yosi, Gau-

tô Kii-zi ki, t. 11, p. 11.

f'IIAPITKK IX, d.

clans mon opinion, ce dernier qui a fondé le pays des Sankan, la (Miine et les autres régions. Mais, à eette époque (reculée), il n’y avait pas encore d’habitants dans toutes CCS contrées. Au Japon, au contraire, le divin Iza-nagi et la divine Iza-naini avaient de bonne heure créé des hommes. Quant aux pays qui furent produits, après l’île Iki-tü sima, de récume eongeléc des dots, il semble probable que ce dieu ne les avait pas encore peuplés d’habitantsb»

Wi-f/an ou Tori-gami, litt. «au Haut de l’oiseau». Le Ko-zi kP fait usage de caractères différents et écrit ce nom ^ Tori-gami, c’est-à-dire «plumes d’oiseau». — «La source de la rivière de Muro-hara, dans le département de Nita, sort de la montagne de Tori-gami, à 35 lieues au sud-est du chef- lieu et coule vers le nord. C’est là qu’e.st situé le haut du tleuve lli-i proprement dit. En outre, la source de la rivière de Yoko-ta sort de la montagne de Murohara, à 36 lieues du chef-lieu, et ses eaux coulent vers le nord. Cette grande rivière n’est rien autre chose que le cours supérieur du fleuve Hi-i. De la sorte, le mont de Tori-gami en serait la source»'*.

1. Ko-si den, t. XIV, p. 47. — Sur le pays de Sin->a, voy. mes Peuples orientaux connus des anciem Chinois (couronné par l’Académie des Inscriptions), 2® édition, p. 110 et suiv. , et Les Coréens (t. VI de la Bibliothèque Ethnographique, publiée SOUS ma direction), pass. et les cartes.

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