‹ Histoire des dynasties divinesChapitre 69 sur 252 · Littéralement «aimable · texte numérisé non relu

Littéralement «aimable

il faut interpréter ici les deux signes idéographiques par «être divin». (Cf. ci-après 1, e.)

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d. — On lit dans un Hatg :

Lors de la création originelle du Ciel et de la Terre, il y eut en même temps un Génie nommé le divin Kuni-toko-taU-no mikofo; puis Kuni-sa-tuli-no mikoto. On dit aussi que le Génie qui naquit sur la voûte du Ciel suprême était désigné par le nom divin de Ama-no mi Naka-nusi-no mikofo; puis le divin Takan mi Musïihi-no mikofo; puis le divin Kan-mi Mu^ûhi-no mikofo.

CoMMENTAIRK.

1, d. — Le livre auquel est empruntée cette citation est évidemment le Ko-zi Id, ou si non le docnment qui a servi de hase à la rédaction du Ko-zi 1d. Il est facile de s’en convaincre en se reportant aux fragments de ce dernier ouvrage que nous avons donnés plus haut (pp. 9 et suiv.). On peut s’étonner toutefois qne Yasn-maro, qui connaissait cette

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tradition, ne l’ait pas pn'terée à celle qu’il jdacc en tête du Ni-/ion Sijo-ki et qu’il se soit contenté de la mentionner au même titre que toutes les autres variantes du canon cosmojçonique de la reli«iou sintauïste.

^ L’expression Q Di L I L(" ] I ^ I [T ]T fomo-7ii iiari-idüru nous montre que, dans la pensée deYasu-maro comme dans celle du rédacteur du Ku-zi ki, il ne s’a«:it pas de dieux apparus l’un après l’autre, mais de dieux nés simultanément. — En conséquence, le mot [ J 1 1 [ | tugini, ici encore, ne doit pas être traduit par «ensuite»; il doit être rendu par «puis» ou «et», de façon à éloigner toute idée de succession.

1, t’. — On lit dans un livre :

Lorsque le Ciel et la Terre n étaient pas encore formés, c'était, comme, par exemple, de la neige qui flotte sans appui au-dessus des mers. Il se j)roduisit, au milieu, une chose comparable à un roseau qui vient à pousser dans le limon. Ce roseau se transforma ensuite et devint un Génie nommé le divin Kuni-no tokoiaii-no mikoio.

YAMATO BUMI. - GENÈSE.

Commenta iKE.

1, e. — D’après cette version, le dieu primordial du pautliéou japonais apparaît avant la naissance du Ciel et de la Terre B|); il apparaît au sein du chaos, dans le

limon (^) qui est produit par le mélang-e confus des éléments.

A- Ce signe répond au japonais H- [|| kamz «dieu»; comme dans la citation précédente, il signifie littéralement «un être».

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1, /*. — Ou lit dans nn livre :

A l’oi igine du Ciel et de la Terre, il 3^ eut une chose S('ml)lable à un roseau qui se produisit dans le milieu de l’espace. Cette chose se transforma eu un génie nommé le divin Ama-no lol'o-lali-no ntih'olo: puis ce fut le divin Utuasl am-gai hiko-di-ru) nnlwto. Ou dit aussi qu’il naquit au mili('U de l’i'space une chose s('m))lal)le à de la, graisse llottaide, vt (pie cidte chose

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s(> transforma en un Génie nommé le divin Kuni-no loko-laii-m) mikolo.

Commentaire.

1,/. — Cette dernière eitation jointe par Ya.sii-niaro an eli. VU\w Ni-hon t>yo-ki, me senilile d’une imj)()rtanee ([iielqne peu exeeptionnelle, en ce sens (pi’elle éelaireit, suivant moi, la grave (piestion de savoir où se trouve la tradition sintauïste la plus aueienne relative à la divinité in imordiale du panthéon japonais, eelle (pii place au délmt de la théogonie le dieu Naka-misi, ou eelle (jui lui substitue le dieu Knnino foko-tafL

D’accord avec les jn incipaux exégètes du Ni])})on, je considère comme deux divinités absolument difterentes Amktoko-tati et Kum-toko-fati; et d’ailleurs il ne lient y avoir • aucun doute à cet égard, dans le passage (pii nous occupe, puisqu’ils sont cités l’un et l’autre comme apparaissant à la même période de la création, le premier résultant de la transformation d’un roseau, et le second de la métamorphose d’une chose comparable à de la graisse flottant à la surface des eaux.

Or il résulte de la eomparaison de tous les textes que nous possédons sur le sintauïsme primitif que AME-toko-fati est une autre dénomination de Naka-misi, le grand dieu primordial de la triade mentionnée au commencement du Ko zi ki. De la sorte, Nnka-nusi est bien le premier dieu du panthéon japonais; et si, dans (pielques ouvrages et dans la tradition populaire la plus répandue, on lui substitue Kuni-toko-tati-

no milwto, cela vient très probablement d’niie confusion résultant de la grande ressemblance de nom de ce dernier avec celle de Ame-toko-tati-no mikoto. Cette confusion doit être fort ancienne; et, si ma doctrine est exacte, il faut la faire remonter à une époque bien antérieure à la composition du Ko zi ki et du Ni-hon Syo-ki. Il suffira d’étudier avec soin les données tliéogoniques relatives à la première époque de la religion sintauïste, pour acquérir une conviction à cet égard, et pour constater qu’au temps deYasu-maro, il circulait déjà des légendes discordantes sur riiistoire des divinités du Nippon placées au début des annales semi-bistoriques des mikados. Nous savons, du reste, que le travail deYasu-maro fut un travail de restauration, et que ce savant se donna la mission de rétablir et de coordonner des textes dont la rédaction primitive avait été perdue dans des circonstances que nous avons eu plusieurs fois l’occasion de raconter.

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