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CHAPITRE IV

Dcsoeiulus dans cette île, ils s’oecupèreiit (l’ériger' une colonne céleste; ils s’ocenpèreiit d’ériger un palais de grande dimeiision\

Alors le divin Iza-nagi adressa cette (|nestion à sa sœur, la divine Iza-narji : «Qno modo tactnni est corpus tnniu?“» Elle lui répondit : «Cor})iis nienin gradatim eouipletnin fuit'; locus antcin est (iiiidain (pio vidiinm est.»

Le divin Iza-nagi lui fit cette injonction® : «Ubi completnm

(kooro-kooro), la pieiiiièrc île créée du monde japouais, est un îlot qui, suivaut les uns, était placé à la pointe sud-ouest et, suivant d’autres, à l’cxtrémité nord-est de l’îlc de Ava-di, située à la limite sei)teutrionale

de la province de Ki-i, entre l'île de Si-kokü et la grande île du Nipjwn.

1. Les mots mi-talem ( jjl)> * ™'*> ^‘Idîer » me paraissent réimudre à la locution vulgaire trau(,-aise «voir à taire une chose», c’est-à-dire «se préoccuper d’une chose et se mettre en train de l’exécuter».

•2. Litt. «de huit hivo (brasses) de longueur». — Je ne puis me décider à considérer ici le mot ÿati«huit», autrement que comme un nombre indéterminé désignant «un grand nombre». Cette acception du mot «huit» est fréquente en japouais, dans les textes anciens. Dans la plus ancienne ula, celle qu’on se plaît à attribuer au di^'iu Soaa-no o, le nombre « huit », par exemple, signifie « une quantité». (Voy. mon Anthologie Japonaise, pp. x et 173.) C’est d’ailleurs l’opinion de Moto-ori {Ko si k~i den, iv, 19).

3. LH DI na-mi «ton corps». — Lh est une forme antique du pronom de la seconde personne r v T" nandi, de même que o|- a (ou wa) est le vieux mot de la langue Yamato employé comme pronom de la première personne, au lieu de y w tcar-e.

4. LH ]| Ll- ]| [H nari-narite, rendu par les caractères ehinois

exprime l'idée d’une chose qui naît et se développe peu à peu jusqu’à entier accomplissement. Le Sgo-ki écrit litt. « préparé-accompli » (4, aj.

Ou dit de même ko’i-ko'ite « pris d’amour, très amoiu'eux », y&ki-gûkile « marcher avec continuité», etc.

5. Je traduis «faire une injonction» pour rendre le japonais L1 ]| Ch DI- 8T nori-tama' n, qui signifie « dire », mais qid est employé seulement par les personnages du rang suprême, tels que les dieux ou l’empereur; taudis que le mot Dh oi 9T mausu également «dire» indique, au contraire, l’infériorité ou le sentiment d’humilité de la personne qui parle. — On remarquera que le Dieu du Ciel, Ame-no kami, se sert du premier de ces mots lorsqu’il s’adresse aux deux lei, et que le dieu mâle Iza-nagi l’emploie à son tour, lorsqu’il s’adresse à sa sœur et épouse Iza-nami, taudis que celle-ci a soin de s’exprimer avec le second.

YAMATO BUMI. — GENÈSE.

fuit corpus meum, nimia fuit pars quædam. Quamobrem, partem illam quæ iiiruia est intromittam-obturando^ in partem corporis tui quæ non compléta est, ut regiones creentur. » La divine Iza-nami lui répondit : « Ce sera charmant de la sorte*.»

Alors le divin Iza-nagi lui fit cette injonction : «Si ita est, ego et tu, circumlustrata augusta bac Cœli columua^, ubi deventum fuerit in locum augustum, dulcem coitumMnibimus.

«Les choses ainsi convenues, je t’enjoins de venir au devant de moi (en tournant autour de la colonne céleste) parla droite, tandisque moi j’irai à ta rencontre par la gauche.»

Quand ils eurent accompli le tour de la colonne conformément à cette convention, la divine Iza-nami dit la première : «Quel charmant jeune homme!»

Ensuite le divin Iza-nagi dit : «Quelle charmante vierge ! » Après qu’ils eurent prononcé ces paroles, le divin Iza-

1» vf* Si qT Ch Tl s0iSi~^utcilct est) ticiîiscnt . — Le mot sasi ^|J

signifie «déchirer, percer, trouer», comme dans l’expression S ^ ^ de «enfiler avec un glaive». — Futaki veut dire

«remplir, encombrer, boucher, obstruer».

2. 81 ïi H DT sika yoken «ce sera excellent de la sorte». — «C’est l’auguste réponse par laquelle Iza-nami exprime son consentement en réponse à l’injonction du dieu mille (o-kami-no notamayeru kolowo ubenai-taru mi loi nari). — Yo-ken cst une ancienne forme équivalente à yokaran «ce sera bon» (Moto-orl, Ko zi ki tien, iv, p. 23).

3. Il paraît que, suivant les rites anciens, l’homme et la femme avant

do s’unir ^ taisaient le tour d’une colonne (Moto-ori,

Libr. cil., IV, p. 23).

•1. DI [i L1 Dl- TT St SI mi to-no ma guva’i. — Mi lo signifie «un lieu auguste » l'j, OU «le joli endroit» i-j, ou «l’eiuboit

de la chair» I- j. — Ma est une abréviation do tima « doux »

m — Le mot yui-a'u s’emploie pour dire « faire la réunion de deux choses en une» 01, X ^ U; IftiJ ^ 2 ïi Moto-ori, Libv. cil., iv, 2G).

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