CHAPITRE IV
feou-kiao qui désigne «un radeau» ou «ponton». Cette expression se rencontre dans divers ouvrages eliiiiois, par exemple dans le /t’/, Histoire des monastères (sanscr.
sanghûrûma) où il est dit : «Au delà de la Porte du Soleil, à quatre lieues, on arrive à la rivière Lo, sur laquelle on a construit un pont flottant appelé le «Pont Éternel» {Pwf., xvii, 269).
Sokütü sita-ni, c’est-à-dire «tout à fait dans le bas, au fond, bien loin sous nous».
Do-hüko «lance de jade». — D’après une note jointe au texte du Sgo-ki, do signifie «jade», ou plutôt «pierre précieuse» (3Ê)- Cette lecture est contestée, et on propose de la remplacer par |J nu, comme on l’a fait d’ailleurs dans le Ko zi ki et dans d’autres oim-ages ( Wa kun sivori, XVIII, 1). Le signe chinois 3^, employé comme correspondant à ce mot, est expliqué par «jade rouge» (Choueh-ioen) ; et d’autres fois par «jade blanc» (Hirata Atutané, Ko si den, U, 20). — Le mot hoko, de son côté, paraît avoir désigné plusieurs armes de guerre différentes, mais toutes également montées sur un manche de bois ( Wa kun sivori, xxvni, 9; Syo gen-zikau, édit, lith., p. 27; Ga-gen siû-ran, in). M. Kira Yosi-kazé y voit «une hache» nu-
hoko) et ne rend point le qualificatif me «jade, précieux» {Uye-tü fumi, i, 1). Les signes Qt ^ désignaient, eu Chine, une sorte de hallebarde. Le hoko japonais est figuré comme une lance à trois griffes {Wa-Kan San-sai dü-ye, XXI, 19-20). Le meou des anciens Chinois ressemblait à une petite lance ^ à trois angles ou tranchants ^ {Pingtsze-loui-pien, CLXVii, 117); l’expression ^ désigne une
YAMATO BÜMI. — GENÈSE.
arme légère [Pëi-wen yun-fou, xxvi h, 87). Ou meutioime également le meou comme mie sorte de liallebarde que portaient les soldats dans les chars de guerre [King-tsieh tsouankou, XXVI b, 15). L’esprit de l’arme meou s’appelait ^ ^ Tieh-tsiang [Youen-kien-loui-han^ ccxxiv, 17). Les différentes espèces de lioko (cliiii. meou) portaient des noms différents suivant leur longueur (voy. à ce sujet le Mei-hutü roku-teô, ni, 43).
Awo unabara, en chinois tsarig-ming «la mer azu-
rée»*. — Ming est considéré comme synonyme de haï «mer», notamment dans l’expression ^ sse-ming « ce qui est renfermé entre les quatre mers», c’est-à-dire «l’imivers» [King-tsieh tsouan-kou, XXIV, 21). — Tsang signifie communément «froid» ^ (Choueh-icen) ; mais, dans la locution tsang-ming, qui répond au japonais aico unabara, ^ tsang ^ par un procédé très commun dans la langue écrite des Chinois^, est mis pour ^ tsang «azur» . — Le mot double tsangming, tout en désignant «l’océan en général», me semble se rapporter tout particulièrement aux mers de l’extrême Orient. Les Annales des Ilan mentionnent rétablissement des Ui-mak dans un certain district de Tsang-ming qui était situé en Corée, sur les bords de la mer du Japon. L’histoire des dix îles (Chih-tcheou ki), parle d’une île appelée Tsangming tao, laquelle était située dans la mer du Nord (ou
1. Un commentateur de Tchouamj-Uze dit que lorsque l’eau est noire, on rappelle tsawj-minij. Mais on sait que le mot désigne, en même temps, le noir et la teinte bleue du Ciel.
2. J’ai fait connaître ce procédé, dans un fragment couronné par l’Institut do mon Histoire de la langue Chinoise, et dans un extrait de ce tr.avail l)ublié dans les Mémoires du Congrès international des Orioüalistes (session de Londres, 187-1, p. 120).