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CHAPITRE IV

(lu Japon). Suivant une Icîgende, les immortels qui liabitaieut eette île avaient donné aux eaux qui reuvironnaient le nom de tsang-ming «mer (razur», à eause de la couleur bleue qu’elles avaient eonstamment*. Or, on sait que dans cette même partie de 1 ’ Asie orientale, dans la mer de PouhhaP (à l’est de la Chine), une vieille tradition populaire plaçait trois montagnes sur lesquelles vivaient des immortels®. L’une de ces montagnes ou îles (car les Chinois emploient souvent ces deux termes l’un jiour l’autre), nommée PoùnglaP^ a été identifiée avec le Nippon; et cette identification, fondée sur des bases d’ailleurs assez fragiles, a été adojdéc parles Japonais, sinon parles hommes de science, au moins j)ar les poètes et les conteurs. Si l’on ajoute à cela que tsavg-ming est une appellation chinoise du grand courant du Pacifique connu sous le nom de ^ D kuro-siho (M ^ conduit à voir dans ces mots

tsang-ming une désignation spéciale des mers du Japon.

Quant au japonais o[- üj oj [h ôh ]l" (J^wo-unahara, c’est une expression qui se rencontre, non seulement dans le Ni-hon gi, mais encore dans le Man-yeô siû et dans le

1. Cf. Pin-lsze-lotii-pien, lhi, 2, et l’histoire de l’empereur Wbu-ti, citée par le Péi-icen-yun-fou, xsiv, t:, 84.

2. En jap. Bok-kai. — Le Syo gen-zi kau (édit, lith., p. 25) dit expressément que ce nom est synonyme de isang-hài (ou tsang-vüng), c’est-à-dire de la mer qui nous occupe en ce moment.

3. Voy. ma C'MlisalUm japonaise, recueil de conférences faites à l’Ecole spéciale des Langues orientales (E. Leroux, éditeur), p. 92.

4. En jap. Tlô-rai san. «L’une des trois îles ou montagnes divines, situées dans la mer Bok-kai, où résidaient les dieux et les immortels ()ii® fil))- Vue à distance, elle ressemblait à des mrages; les navires ne pouvaient y aborder». V03'. l’oirvrage de Lieh-tsze et les mémoires historiques intitidés Sse-ki (cités par Maké-no sima Teru-také, dans son Syo gen-zi kau, sub voce *).

YAMATO BUMI. — GENÈSE.

Not-to, et qui désigne «l’immensité (litt.j^ «la plaine»; voy. plus haut, p. 15) des mers aux eaux bleues».

Ono-go7'o zima «l’île d’Ono-goro».

— La plupart des savants japonais pensent que le nom de cette île signifie «File qui s’est coagulée de soi-même »\ Il s’agit, en effet, d’une île qui apparaît dans le monde avant même que Iza-nagi et Iza-nami, créateurs des terres et des pays, aient connu l’art de donner naissance à des enfants. En tout cas, koro se rattache à l’expression kooro-kooro-ni^ qui figure à propos de la création de cette île dans le Ko zi kP^ ainsi que dans la première citation du Syo-ki reproduite à la suite du présent chapitre^.

Quant à la localisation de cette île de Ono-goro, elle a été l’objet de controverses parmi les exégètes du Japon. Le problème est d’autant plus difficile à résoudre qu’il n’est pas même certain qu’elle ait jamais existé ailleurs que dans l’imagination des hiérogrammates primitifs du sintanïsme. Du moment où l’on voulait inscrire Ono-goro sur une carte géographique, il était tout naturel qu’on cherchât sa place an cœur même de l’archipel japonais, d’abord parce que le Syo-ki dit expressément qu’elle fut «le pilier central du pays», la terre où descendirent du Ciel le divin Iza-nagi et la divine Iza-nami; ensuite parce que la })remière île engendrée par ces deux divinités, l’île de Ava-ch\

1. «Die von selbst geronnene Insel» (Pfizniaicr, Die Theorjonie der Ja- •paner, p. 14).

2. Koro est line contraction do ^ kmvoro on /cooro (llirata Atu-

tané, Ko si den, ii, 31).

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