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vaient le logement du concierge, cinq pièces servant de bureaux à l'Assemblée nationale, un grand vestibule et l'escalier qui conduisait au premier étage. Cet escalier ne semble avoir subi aucune modification. Dans le vestibule, le « cabinet de l'imprimeur^ se trouvait exactement où l'on remarque maintenant (voir fig. 5) une auge en pierre et un réservoir. L'aile gauebe des bâtiments de la cour était destinée au clergé, comme l'aile droite à la noblesse. La salle d'assemblée du premier ordre occupait, au premier étage, la partie comprise entre l'escalier et les
Kifj. 5. — Kacalier conduit»! an local occupé en 1 789 par la Chambre du elefg*. Vue prise en 189B.
bâtiments du fond de la cour. C'est aujourd'hui une chambrée (fig. 6). On v voyait, en outre, l'antichambre du clergé et deux pièces servant de bureaux.
Les plans de l'architecte Paris, si précieux dans leur ensemble pour l'histoire qui nous occupe, présentent sur quelques points de détail des obscurités singulières. Nous ne pourrions les indiquer toutes sans donner à ce chapitre un développement anormal; signalons seulement que la distribution des deux ailes de la cour, dans la partie voisine de l'avenue de Paris, est insuflisainmeul indiquée. Au-dessus des locaux portant : logement du portier d'un roté, et logement du ronrierge de l'autre, aucune description n'existe. Est-ce parce que, dans ces parties, il n'y avait qu'un reic-dc-chaussée ? Les pièces du premier étage avaient-elles été ré-
servies pour le service des Menus-Plaisirs et soustraites, par conséquent, à la surveillance et à l'examen de l'architecte de l'Assemblée nationale? Questions qui se posent et que nous n'avons pu résoudre.
Les bâtiments du fond de la cour ont peu changé depuis cent ans. L'escalier central décrit au plan de Paris existe encore aujourd'hui. De chaque côté de cet escalier se trouvaient, au rez-de-chaussée, deux bureaux de l'Assemblée, le dor-
Fig. 6. Local occupe <mi 17S9 p»r U Chambre du rl«r|{é. Vu? prise en 1898.
toir des gardes françaises, le corps de garde de la Prévôté de l'hôtel, le magasin de la lustrerie des Menus-Plaisirs, etc.
Au premier étage on remarquait, à droite de l'escalier, la salle de la noblesse-, à gauche, deux bureaux et dépendances, enfin "la salle où l'on célébrait la messe avant la réunion des ordres et qui servait aussi de bureau à l'Assemblée. Toutes ces pièces réunies à la salle du clergé et à ces dépendances composaient, lorsqu'il devait y avoir séance royale, l'appartement de Sa Majesté. (Voir ci-contre le plan de Paris.)
La différence de niveau existant entre l'avenue de Paris et la rue des Chantiers mettait le premier étage de ces bâtiments au niveau du sol dans la partie voisine de la rue des Chantiers.
«m. »t ioirici». — 1. 3
uniMM MMMII
Sur 1rs trois corps de ces constructions en l'orme de fer à cheval, s'étendait une série de pièces, consacrées pour la plupart aux bureaux de l'Assemblée. Elles étaient prises sur la hauteur des fenêtres, sauf du côté de la rue des Chantiers, où la division des étapes apparaît encore très nettement'1'.
Signalons enfin que des constructions légères avaient été établies dans le fond de la cour pour trois bureaux de l'Assemblée, et que l'on avait construit, sur l'ave-
r'ifl. 7. — Terrain» orcu|i*« |>ir U grande sali* uù Ipj KUL* irétiénuii ont ûrgt en 1 7 t*y . Vu* prise du ttlé de la rue de» Chantiera (i8yS).
nue de Paris, trois g maisons de bois destinées à mettre à couvert la livrée-. Cet maisons de bois étaient voisines de l'entrée réservée au clergé et à la noblesse; semblables précautions avaient été jugées inutiles pour le tiers état.
Le plan de l'architecte Paris nous montre le «fossé ou cour qui conduit à l'escalier des tribunes en face le président"". Ce fossé n'a point été comblé; il existe encore aujourd'hui avec les escaliers signalés sur ce plan. Si l'on se reporte à la Vue prise du allé de la rue de* Chantier* (fig. 7), les personnages groupés sur une passerelle jetée sur ce fossé marquent la communication entre les bâtiments de la première cour et le jardin. Il semble, d'après le plan de Paris, que le passage
(l' Voir Un Hi\<YW» graturr* ri-j.iinli-* H le» plnn* <!<• l'orrhilcclo l'ari».
par lequel le roi se rendait de ses appartements à la salle des États était, en 1789, un peu plus à droite.
Telles sont les observations que suggère la comparaison des bâtiments, en leur état actuel , avec la description faite par l'architecte Paris.
On ne sera pas sans remarquer la simplicité, pour ne pas dire plus, des locaux dans lesquels travaillaient ces premiers représentants du peuple, qui, suivant un mot courant alors, * formaient tout l'espoir de la nation*. Ce sont des salles basses, obscures, sans air, presque sans lumière. Les bureaux du rez-de-chaussée, actuellement transformés en écuries, semblent inhabitables. Et celte installation rudimentairc sera regrettée par les Constituants lorsqu'ils se trouveront quelques mois plus tard à Paris, dans la salle dite du Manège!
La salle des États proprement dite, qui s'élevait daus le jardin actuel, entre le fossé déjà décrit et la rue des Chantiers, était, par son origine même, destinée à une existence éphémère; les restes incertains qui demeurent ne nous peuvent donner aucun éclaircissement aussi devons-nous avoir recours , pour son histoire, aux seuls documents dautrofois. Sa destination première ne semblait point appeler celte salle à l'emploi célèbre qu'elle a rempli. On raconte communément qu'elle fut construite pour la première assemblée de notables. Ce n'est point exact. Elle fut seulement appropriée dans cette vue au commencement de 1787. Au procès-verbal de cette première assemblée, on voit que c'était «un grand bâtiment neuf destiné à servir de magasin dans un autre document, on lit que c'était un hangar M. A quelle époque exactement avait été construit ce magasin qualiBé neuf en 1 787 î Nous n'avons pu trouver dans les livres de comptes des Menus-Plaisirs, conservés aux Archives nationales, aucune indication précise'4'. Les dépenses faites en 1787 furent assez considérables. Le seul tronc du roi coûta 31,698 livres 16 sous's|. D'après un devit daté du 37 mare 1787, les dépenses irpour la salle de l'assemblée de notables à Versailles-' s'élevèrent à 3o,ooo livres161. Ce grand magasin ou hangar fut construit, croyons-nous, entre 1 783 et 1787. On peut, en effet, remarquer sur le plan de Coûtant de La Motte, daté de 1 7 Hit (p. a 0-9 1), que les Menus-Plaisirs avaient à cette époque un magasin au coin de la rue de Noailles et de l'avenue de Sceaux; il est vraisemblable d'ad-
<" Appenikt,, n'Uw.
Voir li> Proeit-rerlal , page suivante.
<1) Lettre de Kojpiiurt ci-apres, p. uo. itote a. <" AreJi.nat.C, «3a.
;,) Cf. •> Devis de d<<j>en»e<t pour le Irôue du roi, à l'assemblée de notables, d'après la mémoires rem» par le» fourni**,.™ de» Menus-Plaisirs du
roi. 19 avril 17H7'. (Arch. nat.. 0', 4809.)
Arch. nat., O1, 3809, dossier de* bon» de de Tbierri de Ville-d'Avrai. On lit celle note sur le devis du 37 mars (787 : «Il finit connaître dès a présent la dépense faite par les Menus et à supporter par le «arde-Meuble. Une dépense de 3o,ooo livres ne peut pa» se traiter aussi légèrement".
mettre que ce «bâtiment neuf* eu 1787 et tr destiné à servir de magasin* devait remplacer cet autre magasin éloigné de l'hôtel que l'on avait créé en vue de centraliser tout ce qui concernait le service des Menus-Plaisirs.
Voici sur les origines de cette salle les détails qu'on relève dans une sorte de notice précédant le Procès-verbal de ["assemblée de notables tettue à Versatile» en tannée 178 7 (,) :
Entre plusieurs objet* relatifs au lieu où se tiendrait rassemblée que M. le baron de Breteuil, ministre et secrétaire d'Étal au département de la Maison du roi, et M. de Calonne, contrôleur général des finances, avaient eu l'honneur de présenter à Sa Majesté, Elle s'est déridée le i3 janvier pour celui dont le maréchal duc de Duras, l'un des quatre premiers gentilshommes de sa Chambre, avait donné l'idée», savoir l'hotel des Menus-Plaisirs du roi, situé à Versailles, dans l'avenue de Paris, où il se trouvait un 1res grand bâtiment neuf destiné à
" hnp. roy.\ i788.iii-4\ Bibl.nat., Ioi/ij. Le (.dialogue de l'UUtoirt de France indique inexactement : » Proeès-verhal de l'assemblée det notables . . . » Assemblée ia notables est général ;
lie notables, restrictif. Cette dernière I seule bonne. — - 1 4 janvier 1 787. Le recteur de l'Université a . dit-on. écrit, au nom de son corps, a M. le baron de Breteuil pour se plaindre de n'avoir pas été compris dans la liste des notables ... On ajoute que le ministre lui a répondu qu'il aurait raison si e'é4ait l'assemblée^ notables, mais que ce n'est qu'une assemblée <fa notables» , etc. ( Mèmoirtt eecrrtt venir tenir à Fhuloirt dt la république dc$ Itttrr». Londres , 1 789 . in- 1 a . t. XXXI V. p. ht.) I.es deux exemplaires imprimés des procèsverbaux de 1787 et de 1788 portent bien d'ailleurs : assemblée de notables. — Le dossier des dé|ienses de cette assemblée est ronservéaux Archives nationales, sous la cote F4, 100B. Le* frais de logement des notables, il Versatiles, s'élevèrent a 77.000 livre». Le» indemnités étaient proportionnelles à la distance parcourue : Tholoxan de Monlfurt. prévit des msrclMUlris de Lyon, reçut â,t!>8 livres; le comte de Vandaruvre, nuire de Caen, 4,68o livres, etc.
"' Va sieur Fegniart, qui était en 171)0 concierge dn couvent des Capncins, rue Soiut-Konoré, prélendit avoir eu le premier l'idée de cet arrangement. On trouve dans une lettre noo datée (mais certainement de «790) qu'il écrivit aux «.mniissaire. de la salle, de* détails qu'il est intéressant de rapprocher du procès-verbal des Doubles. "Je suis venu eu France, érril-ÎJ, en 176O. Mon malheur me lit rencontrer nn de mes pnrenls au service de feu M. le maréchal de Duras. Je me
laissai séduire pour entrer au service de ce seigneur. Le maréchal, en sa qualité de premier gentilhomme de la Chambre du roi, était chef des Menus-Plaisirs; il est entré de service chez le roi, le «"janvier 1787. Il était question d'une asaembliV de* notables a Versailles et le sieur Angiviller avait presque décidé le roi à tenir cette assemblée an Grand Trianoo. Je lis dans ce moment un petit aperçu sur l'hotel des Menus-Plaisirs et sur la possibilité de construire une salle dans le hangar de cet bolel à 1res peu de frai», vu i'inlclligence des ouvriers de cet établissement. Je communiquai mon projet au baron de Breteuil et au sieur de Calonne qui l'adoptèrent sur le champ et le Cirant agréer du roi . . . il me fut offert cent louis de la pari du roi. par le maréchal, que je refusai, lui demandant en place sa parole pour la première place de concierge qui viendrait à vaquer, ce qu'il ■ne promit. » Le reste de la note est consacré an récit des déboires subis par le signataire. Le maréchal de Duras mourut subitement a Versailles, le Ji septembre 1789; le duc de ViUequier devint, le jour de sa mort, chef des Menus-Plaisirs; Pagniarl ne put obtenir la place promise. Un mot de la moin de Camus constate que Fagnisrt et sa femme
Manuscrit* île la Bibliothèque nationale, une plainte de Kagniarl. qualifié -portier de l'intérieur du couvent de feu les Capurius Saint-llonoré*. 1790. (Mouv. aeq. fr. s<>35.) — Charles-Claude La Biilarderie, comte d' Angiviller, r conseiller du roi en ses conseils, îiicnlrc de camps de cavalerie, chevalier de Saint- Louis, commandeur de l'ordre de Saiut-Laiare. auricu gentilhommme de la Chambre des enfants de France, membre de l'Aca-
servir de magasin cl susceptible d'être décoré • volonté; en conséquence, M. le baron de Brcleûil • envoyé ordre à M. de La Fertél'', commissaire général de la Maison du roi pour les Menus- Plaisirs, d'y faire faire le plus tôt possible les dispositions nécessaires pour la tenue de l'Assemblée et la commodité de ses séances. Ce travail a été exécuté d'après les plans du sieur Paris, dessinateur du Cabinet du roi et des Menus-Plaisirs. Le même jour, les ordres ont été donnés à M. Thierri de Ville d'Avrai , commissaire général de la Maison du roi pour le garde-meuble de la Couronne, de fournir tout ce qui serait nécessaire pour l'ameublement du lieu de l'assemblée et des dépendances.
Le mémo procès-verbal nous apprend que <tle roi a jugé à propos de faire paver la rue Saint-Martin qui loupe l'hôtel des Menus au levant*, eu vue de <r donner la plus grande facilité pour l'abord cl la sortie du lieu de l'Assemblée La description de l'appartement destiné à Sa Majesté, pour l'ouverture de l'Assemblée ("la février ^87), nous permet de reconnaître que c'est la même série de pièces, au premier étage, aile gauche de la cour, qui servit pour le roi en i 787 et en 1 789 w.
Le procès-verbal de l'assemblée de notables de i 787 est enfin très précieux encore, dans sa forme imprimée ou manuscrite, parce qu'il contient deux plans intéressants^' : l'un (p. 38 du procès-verbal imprimé) intitulé : «Plan de la salle d'assemblée des notables à la séance présidée par le rois (voir fig. 8); l'autre (p. 0,5) : " Flan de la salle d'assemblée des notables à la séance présidée par Monsieur*. Ces plans semblent avoir été établis pour le service du grand maître des cérémonies, et s'ils sont très précis, grâce à l'explication qui les accompagne au point de vue de l'étiquette et des préséances, ils demeurent, dans leur brièveté, tout à fait insuffisants pour l'ensemble des locaux. Retenons seulement ce détail, que l'entrée du roi (nu 05 du plan) se trouvait du côté de l'avenue de Paris'4', tandis que celle des notables (n" 60) était du côté de la rue des Chantiers.
demie des sciences'' . était, depuis 1 ""4, "directeur et ordonnateur général des bâtiments du roi , jardins, arts. académies et manufactures royales». Il demeurait, à Pari», rue de l'Oratoire, et, a Versailles, rue île In Surintendance. (Cf. Almurnirk royal, 1789, p. 553.)
(': Deui» -Pierre- Jean Papillon de La Ferlé, commissaire général des Menus-I'laisirs et affaires do la Chambre du roi, élsit né a Chàloiis-sur- Morue eu 1 737 ; il Tut condamné à mort le 7 juillet 1 79 *i . Ou remarque an Journal de Pari* du 1 1 avril 1791, dans la liite des morts, celle de CauWrinc- Louise-Hctrivltc de Villers, éponse de Denis-Pierre- Jean Papillon de \a Ferlé. M. Tucley indique (TnbU dr$ motUrtA, op. cit., t. Ht) les prénoms de : Denis-Pierre- Louis. Sa demeure était a Paris, a
rbdtel des Mentis-Plaisirs, rue Bergère. (Cf. Atmawsr* royal pour 1789, p. 547-)
«Du cabinet de Sa Majesté on passait dous une espèce de petite galerie qui précédait limitédialcnicnt la salle d'assemblée . . . », elc. Lu salon occupé par le roi était auparavant le -cabinet de physique». (Voir Appmdwa, n* IV.)
<*> Les originaux manuscrits, en couleur, de ce» plans sont conservés aux Archives nationales. C, 1.
!>) Nous reproduisons aux Appouliett (n" VI cl VU) les txplicatioM qui, aux procès -verbaux, accompagnent ces plans.
m «L'enlire était pour S. M. par l'an-nuo de Paris et l'escalier à gauche.» (Voir Apptndie*», n" IV.)
fig. S. — Pltn joint m proct»-irrti*l de fMxembkv Je mtabta de 1 787. (Voir, pour IV-i)ilical>c>ii de» uuiiidn», ippm&rtt , n" VI.)
Quel rapport y eut-il, comme surface occupée, entre la salle de l'assemblée de notables de 1787 et celle des États généraux ? Il est difficile de le savoir exactement. La salle des notables — ou pour mieux dire la partie occupée par cette Assemblée — couvrait, croyons-nous, l'emplacement compris entre les colonnes (voir ci-après, p. 35, la gravure Ouverture de» Était généraux).
Les notables d'ailleurs étaient peu nombreux, cent cinquante environ (l); sauf le personnel nécessaire au service, il ne devait y avoir aucun public. La salle était décorée luxueusement; on délivra des billets spéciaux pour la visiter w; mais elle n'avait pas, et par destination ne devait pas avoir, les dimensions de la salle «roitruite13) pour les États généraux, qui devait pouvoir contenir un minimum de mille députés et des tribunes pour le public. Elle fut prête en dix-neuf jours
Les salles spéciales « pour le greffe et pour le comité avaient été construites à côté de la grande salle * Les plans joints au procès-verbal ne les indiquent pas.
Les Mémoire* tecrets nous donnent sur les préparatifs faits à la salle des Menus, à cette époque, des détails que nous ne pouvons négliger. Le 94 janvier 1787, on annonce que «c'est dans la salle des Menus, à Versailles, que l'assemblée de notables doit se tenir, et les préparatifs pour la former, dans tous les détails convenables, sont la cause de la remise. On dit que ces jours-ci le roi est allé la visiter; il a demandé ce que signifiaient des lanternes, des tribunes, des galeries qu'on y pratiquait. On a répondu que c'était pour la reine et sa suites. A la date du iU février 1787, nous trouvons, dans le même ouvrage, des renseignements plus complète :
Vous ne croiriez jamais que le roi dans tout son château ne s'est pas trouvé en état de rassembler les notables pendant six semaines et qu'il ail fallu construire un bâtiment exprès, c'esl-talire que, dans un moment où l'on ne parle que de la détresse de l'État et de l'économie
111 On voit au proees-verbal que le nombre dm l^rsoima^es cwiiwjvéi Je 9S février 1787 s'élevait à t44, auxquels il faut ajouter le* quatre acerétairee d'Étal et le contrôleur général; mais on ne •Minait pas le nombre de ceux (foi étaient absent» ou excusé». L'Etat Jet log-emtntt des notable* oui cotnpotenl VatttmbUt indiquée an »» Jforitr tj8j (Imp. roy., in-4\ 1787; Areb. ont., AD 1, i3), fait mention de tfto personnes. Voir aussi : «Procès-verbal de rassemblée de notables tenue à Versailles en l'année 1787-, minute, Arch. naL, C, 1.
i') «I,es jours on il n'y a pas eu d'assemblée , on a permis au public honnête de voir [ la salle ] avec des billets et souvent sans billets.' (Voir ci-après la note publiée. Appendice*. n° IV. )
Le mot cmttntirt est employé, dans les note* et mémoires du temps, dans le aena de approprier, agrandir, organiser. L'architecte Paris parle a diverses reprises dans la correspondance que nous avons consultée de la salle qu'il a «wstnutr pour les notables, pour les États généraux. Aux comptes des dépense* A? l'assamblée nationale, on lit : *emslrvction de la salle des Menus . . . si 3, 000 livres, ele.«. (Rapport du 3o août 1791.) Le bâtiment comme nous l'avons va, existait depuis plusieurs années, mais les transformations qu'on lui fit subir furent (te telle sorte, que l'on put'coostdérer à juste titre qne c'était nne construction nouvelle.
<" \w Appendice,, a' IV
«" \o\i Appendice,, n-IV.
24 CHAPITRE PRKMIK.H.
nécessaire [tour y remédier, on commence ù jeter plusieurs millions par le» fenêtres, pour un faille vain et momentané. A6n que le gaspillage fat plus grand, il a fallu passer par les Menus, car c'est à leur hôtel que se tiendront les séance», et le temps des travaux pour la préparation sera presque aussi long que celui de la tenue; il y a quarante-trois jours quelle est indiquée et tout n'est pas encore prêt. La salle d'opéra actuel aura été bAlic presque aussi vite. Je viens do visiter ce lieu auguste, et voici ce que j'ai observé :
Outre la grande pièce de no pieds de long sur 100 de large, où les notables s'assembleront, il y aura environ douie autres pièces, avec une destination particulière : des Antichambre* pour la livrée, une pour les Suisses, une pour les gardes du corps; une antichambre, une chambre, un cabinet pour le roi, un cabinet pour la reine, une salle pour la buvette, une pour le secrétariat, une ou deux pour les comités, une où les membres s'habilleront.
Les notables auront une entrée particulière, par on ils arriveront de pl»in-pied dans la partie intérieure de la grande salle d'assemblée. L'autre partie de la salle, élevée en forme d'estrade de trois pieds, est destinée au roi, aux princes et aux pairs : ce sera le théâtre. Dans le milieu, sera dressé le trône surmonté d'un dais, et aux deux cotés du dais, mais hors de son enceinte, seront deux fauteuils a bras pour les deux frères de Sa Majesté; plus loin et en retour, deux banquettes pour les princes du sang et ensuite d'autres pour les pairs.
Le roi arrivera au trône de plain-pied par une porte ménagée dans son cabinet adossé a cette partie de la salle d'assemblée. De» banquettes seront rangées et disposées convenablement dans la jwrtie inférieure de la salle pour recevoir les autres membres.
La grande salle est décorée de colonnes et les entre-colonncments seront remplis par les plus belles tapisseries de la Couronne; de superbes tapis de la Savonnerie couvriront tout le plancher et les banquettes seront couvertes de lapis fleurdelisés pour les magistrats et bleus simplement pour les maires.
Le plafond est peint et orné de Ggures allégoriques relatives à la circonstance.
On a ménagé dans les quatre angles de la salle quatre grands poêles qui répandront de la chaleur partout m.
Le Procèt-Vtrbal de lammblèe de notable» de tj88'^ reprend, d'une manière sommaire, les explications que l'on trouve bu début du procès-verbal de 1787 : e Le roi ayant décidé le même jour, 8 octobre, que l'Assemblée se tiendrait, comme l'année précédente, dans l'hôtel des Menus-Plaisirs situé à Versailles, dans l'avenue de Paris, M. de Villedeuil 3> a envoyé ordre à M. de La Ferlée, etc. Un seul plan est joint à ce procès-verbal; nous le reproduisons ici (fig. 9). L'espace réservé aux notables et à la Cour est moindre qu'en 1 787 ; un tiers de la salle environ fut retranché, dans le sens de la longueur, et le lieu même des séances apparaît comme un carré à peu près régulier. Un détail marquera mieux encore celte suppression faite dans la partie voisine de la rue de Chantiers : en «787, nous l'avons vu, deux entrées distinctes étaient consacrées au roi et aux notables; en 1 788 , il n'y a plus qu'uue seule entrée commune au roi et à ses hôtes. ( Voir lig. 9.)
;1) Miwmret ternit, op. cit., L XXIV, p. xh-j. |!) Pierre-Charles-Laureiil de Villedeuil était se-
;'' Prodt'Verhal «V f atttmbtêe <U notables Ickk.' créhirc d'Etat au département de la Maison du roi,
n Venaillet en famée tjSS. bip. roy., 1788, par provisions datées du «"(juillet 178*. (Arel).
in-A\(Bibl. nat., Le *»/'*•) mil.. 0', 118.)
Les dispositions prises pour ces deux assemblées de notables ne nous intéressent que dans leurs rapports avec la salle destinée a recevoir les États généraux; il nous paraît donc inutile de nous arrêter plus longuement sur ces assemblées.
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Fig. «j. — Plan joint *n procfc-Tcrbal de ruacioliMfl de dMiUm d* 178B. (Voir. pour l«pUc.(k.n d» .Wn», A„mikm, n' VII.)
Le rplan de la salle d'assemblée nationale et de tous ses accessoires-', tel qu'on le voit dans le plan de l'architecte Paris, diffère essentiellement des deux plans annexés aux procès-verbaux des assemblées de notables de 1 787 et de 1 788.
■ht. du (Mricn. — 1. h
Nous n'entreprendrons pas ici de décrire minutieusement cette salle; les détails du plan que nous publions s'expliquent d'eux-mêmes.
Au delà du fossé, qui subsiste encore, la salle d'assemblée proprement dite s'étendait jusqu'à la rue des Chantier», laissant, à droite et à gauche, des parties libres qui, pour les États généraux, furent couvertes par des constructions légères, n'ayant qu'un rez-de-chaussée, et qui étaient destinées aux bureaux de l'Assemblée, avec leur garde-robe, leur s serre-papier'" et, dans une petite cour, «ries latrines'".
La r galerie dans laquelle messieurs les députés ont attendu qu'on fit l'appel avait été prise sur la chaussée même de la rue des Chantiers. C'était une construction en bois qui contenait, outre trie balcon où le héraut a fait l'appel-, cinq ' bureaux au deuxième étage et un vestibule. Le logement du portier se trouvait à l'angle des rues Saint-Martin et des Chantiers.
L'insuffisance des plans joints aux procès-verbaux des assemblées de notables ne nous permet pas de connaître exactement l'étendue des travaux qui furent exécutés en mars et avril 17^0, pour construire la salle des Liais et, par suite, les modifications faites; mais, autant qu'on le peut juger par les mémoires sommaires de ces travaux, ces modifications furent très importantes.
Les premières lettres royales de convocation furent expédiées à la fin de janvier 1789 (elles sont datées du 2/» janvier) et, à dater de ce moment, on fut fixé sur la date et le lieu de la réunion des États. Ce n'est cependant que dans les premiers jours de mars, le 10, croyons-nous, que commencèrent, d'une manière effective, les travaux de construction de la salle. Un des inspecteurs chargés de cette construction a laissé une sorte de journal des travaux qui commence le 10 mars et finit lo 19 juin(,). La haie apportée pour être prêt, à la date fixée du a 7 avril, se remarque à certains détails, au nombre des ouvriers employés, au nombre aussi des accidents survenus; on fut obligé de travailler la nuit, etc.
Deux services distincts eurent à s'occuper des mesures préparatoires : le Garde-Meuble et les Menus-Plaisirs. Le grand maître des cérémonies et ses aides eurent bien à intervenir pour la disposition définitive des sièges, dais, banquettes, etc., et surtout pour le règlement des préséances, mais leur rôle ne commençait, en réalité, que lorsque celui des deux autres services était terminé. Nous y reviendrons plus loin.
L'administration du Garde-Meuble avait alors à sa tète, depuis 1783, comme ir commissaire général de la Maison du roi-, M. crThicrri de Ville d'Avrai, mestre de camp de dragons, chevalier de Saint-Louis r qui avait sa demeure à Paris,
(,) Cf. 'Mémoire de la dépense fuite à l'occasion de la «Minburfi»» do la «aile de l'As-cinlilér naliooale a Versailles, par Vacquer, inspecteur*, «laW do 5 juillet 1789. (Areb. oal, C, i3i.) — ,; Voir cidewu», p. 3, note 7.
au siège même du Garde-Meuble, rue Saint-Florentin, dans le magnifique hôtel bâti par Gabriel , aujourd'hui le Ministère de la marine >''. 11 avait sous ses ordres, en dehors des gens de service, un nombreux personnel d'inspecteurs, de contrôleurs, adjoint, vérificateur, etc., dont le détail se trouve à YAlmmaeh royal de tj8g (p. 546); on y remarque même un chapelain, l'abbé Segurcl, chanoine honoraire d'Alais. Des dépendances, ou annexes du garde-meuble de la Couronne proprement dit, étaient établies dans la plupart des châteaux royaux, et, les garde-meuble» de Paris et de Versailles n'étant pas en mesure, malgré leurs richesses, de suffire à l'ornement cl à l'ameublement de salles devant contenir pour les Étals généraux un très grand nombre de personnes, nous voyons que l'on dut recourir, en 1789, aux garde-meubles de Marly, de Fontainebleau, et même de Conipiègnc '■*>. Les documents conservés se rapportent au séjour de l'Assemblée nationale à Versailles et à son installation à Paris; ils sont très intéressants pour l'histoire du garde-meuble de la Couronne et des objets d'art qu'il a coulenus.
Les États généraux devant siéger, d'après la décision royale, dans « l'hôtel des Menus-Plaisirs et affaires de la Chambre du roi?, à Versailles, le service des Menus-Plaisirs fut appelé à concourir, avec le Garde-Meuble, aux travaux nécessaires. 11 avait à sa lète, en 1789, M. de La Ferté'1' qui, comme Thierri de
Le Garde-Meuble avait eu «on siège, pendant plus d'un siècle, dam l'hôtel du Petit Bourbon . où t'étaient assemble* le» États généraux de 16» 4. (Voir ci-dessus, Introduction , ebap. V. la note relative anx locaux successivement occupes par le Garde-Meuble.)
*': Voir les documents conservés aux Archives nationale* dans le carton coté 0', 348*. et eu particulier : "Inventaire des effets qni composent l'ameulilement de la salle de l'Assemblée nationale, secrétariats et bureaux aux Menus -Plaisirs du roi, avenue de Paris.; celte pièce donne de* renseignements sur les tribunes; les banquettes y sont minutieusement décrites, etc. — Voir aussi *Jonrnal de* meuble* sortis du garde-tneuble de la Couronne pour le service du roi et de l'Assemblée nationale a Paris, a commencer du 6 octobre 1789». Ia dernierc'note est du 17 usai 1790. Ou trouve dans le même carton les mémoires des tapissiers employés par l'Assemblée constituante à Paris, contenant des détails infinis sur les lentnre»,Upi*.elc,
m Papillon de La Ferté avait, nous l'avons vu, sa demeure, en 1789, nie Bergère, s Paris. Les Mcuus-Plaiairs étaient établis, a Paris, sur remplacement compris actuellement entre les rues Richer.
du Conservatoire. Bergère et du Faubourg-Poissonnière. Ijc roi ne fut d'abord que locataire; en 1766, on acheta divers lots de terrain et l'on fit des constructions importantes. (Voir sur cette affaire le dossier conservé aux Archives nationales cous la cote 0', 3^76.) On voit sur un Plan routier de Parit, daté do 179s (Bibl. oal.. Estampes, V, »t5). que le terrain d'angle des mes Bergère et du Faubourg-Poissonnicre (autrefois rue Sainte— Anne), occupé actuellement par le Conservatoire, ctajt alors un jardin ou uu terrain vague, sans construction*, qni, serable-t-il , ne dépendait pas des Menus- Plaisirs. On lit dans Hnrlaut et Magny : » H A tel des Menns-Piaisirs du roi. rue Bergère, au delà des boulevards. On y voit une salle de spectacles . dans laquelle on lait les répétitions des opéras et ballets qui se jouent devant le roi. C'est aussi l'entrepôt des machines*. (Diet. kittorùjue, t. III, p. 981.) Un important incendie avait détruit, peu de temps auparavant, une partie des bâtiments. (Cf. Journal de Parie du ao avril 1 788.) — Le dé-
conserve dans le volume coté V. 489 . une série très intéressante de pièces et pians concernant les anciens Menus-Plaisirs , en particulier un 'Plan généra) de tous le* terrains composant le* ci-devant Menus-
ViHc-d'Avrai, avait sous ses ordre» un nombreux personnel : intendant général , garde-magasin général, inspecteur général, peintres, dessinateurs, etc. Paris, l'auteur des plans que nous reproduisons était, en 1789, «dessinateur du Cabinet du roi et des Menus n.
Des attributions mal définies et 1c grand nombre des détails à régler amenèrent, entre les deux services, des rivalités dont nous voyons particulièrement la trace dans un incident que nous raconterons dès maintenant, parce qu'il se lie, croyons-nous, à la fixation de la date d'ouverture des États généraux.
L'architecte Paris avait, pour la décoration de la salle des Notables, en février 1787, employé un dais que le service des Menus-Plaisirs avait confectionné pour être placé, lors du sacre de Louis XVI, daus la cathédrale de Reims <'>. Les officiers du Garde-Meuble avaient été chargés de tout ce qui avait rapport à l'ameublement; aucune difficulté ne s'éleva en 1787 à propos de ce dais, mais les travaux entrepris en 1789 pour la eonttruction de la salle firent craindre que la charpente ne fût pas assez forte pour soutenir ce dais, dont le poids s'élevait à près de 1,800 livres.
Paris écrit à Thierri de Ville-d'Avrai, le a8 avril 1789, pour lui signaler le danger W :
On voua aura observé qu'a l'endroit où il doit être porté, il existait deux fort» poteaux que j'ai supprimas pour agrandir lu salle et que le poids qu'ils «raient à supporter était soutenu par des raoises de plabords suffisants pour l'objet, mais pas assez forU pour un excédent de plusieurs milliers.
Paris expose ensuite que * le maréchal de Dura» lui défend d'employer ce dais, dont le poids peut compromettre la personne du roi . . . 11 faut eu conséquence tâcher d'alléger ce dais; le meilleur moyen d'y parvenir serait de supprimer la lourde calotte qui doit le couronner et qui, si je ne me trompe étrangement, fera un très mauvais effet-".
s »el cinq planches relatives aux «Théâtres du (Bibl. nat. Estampes, EF, 53, U I.) Aucun titre el de la Cite». Consulter au*>i les naceompague l'exemplaire que nous avons eonouvrages relevés par M. M. Touroeux dans sa Bi- suite"; on ne peut savoir par suite s'il «agit de
Miograpkie, t. 111, n" 19744 el suivants, et pour l'Assemblée de 1 787 ou de celle de 1788. La gra-
l'ensemble , le plan de Verniquet. vure est de 1 790.
» Le sieur l'iris, dessinateur, avait employé-, (,> Celle lettre et celles qui suivront sont 01-
daus la eom|»o*ition de sa décoration, un dais en traites du dossier intitulé : » Craintes de la part des
baldai|uin ci-devant fait par les Menus-Plaisirs pour Menus-Plaisirs relativement au poids du dais I
lesacredn roi à Reims; cédai* avait élé place" sur le par le Carde-Meuble du roi.» (Arcli. nat, O1,
jubé île I* cathédrale de Reims où le roi était monté 348 J. )
après son couronnement pour se montrer « son <1J Emmanuel-Félicité de Dnrfbrt , duc de Duras,
peuple.» Note intitulée : » Assemblée dos notables, ambassadeur en Espagne, maréchal de France, 1787». (Arch. nat., 0'. 348s.) Une intéressante membre de l'Académie française, «Kc, (1715-1780);
gravure de Morean le jeune montre les disposi- premier gentilhomme de la Chambre en année. Il lions faites |xmr In salle (rassemblée de notables. a déjà été qucsliou de lui ci-de»o», p. 20.
Thierri de Ville d'Avrai répondit aussitôt :
J'avais i muni né. Monsieur, qu'ayant pris, bien à l'avance, la précaution de vous faire voir le dais destiné à la salle de* Etats, vous auriez proportionné votre construction à son poids. Je vais ordonner que tous les ornements inutiles soient supprimés. . . Vous devez juger, Monsieur, que si vous faisiet dresser un procès-verbal, le ridicule tomberait inévitablement sur l'excessive légèreté de la kâtisse et non sur le Garde-Meuble.
Paris semble avoir été très froissé par cette lettre; il répondit k 39 avril :
Vous me dites, Monsieur, que j'aurais dû proportionner ma construction au poids du dais; permettez-moi de vous dire : 1* que ma construction qui était faite d'avauce (du moins de ce côtét") ne devait pas se faire pour le dais qui n'est qu'un petit accessoire en comparaison du tout et que c'est au contraire le dais qui devait être fait pour une construction légère comme l'est nécessairement la mienne; 9* que je n'ai pu connaître le poids de cédais que lorsque j'ai vu sa carcasse « découvert dans une de nos salles. . . Mellez-vous à nui pince, Monsieur. . ., anriei-vous, uu risque de l'événement, voulu vous charger de braver los inquiétudes que cela avait élevées dans l'esprit de tout le monde et avoir l'air de compromettre la sArelé du roi par une conGance déplacée?. . . Ma démarche a été dictée par mon honnêteté et il me semble que vous ne l'avez pas jugée comme elle devait l'être. Quant au ridicule qui résulterait d'un procès-verbal sur uue semblable matière, je crois qu'il serait au moins partagé par le Garde- Meuble, car il est aussi plaisant de voir un dais pour lequel il faut une construction obligée, qu'une construction qui ne peut suffire a supporter un dais. . .
Un ne peut douter de l'émotion que In révélation de cette querelle provoqua à la Cour. Un des vérificateurs du Garde-Meuble écrit à Thierri de Vilk-d'Avrai :
La reine était aux Menus-Plaisirs quand je suis arrivé; l'histoire du dais était venu a sa connaissance; Sa Majesté en a parlé et a dit qu'il fallait y prendre garde, que le moindre craquement pourrait effrayer —
Dans une lettre de Suleau^', inspecteur du Garde-Meuble, nous voyons que le «■poids du dais serait de 1,867 l'vres« soutenu par quatre cordons. . . k globe et la couronne resteraient ainsi que les deux génies qui soutiennent lu couronner. Le dossier contient encore d'autres lettres relatives à cette affaire signées de Houdon, garde-magasin général (î>, de Thierri de Ville-d'Avrai, etc.
Nous eussions de toute manière relaté cette correspondance, puisqu'elle donne sur le bâtiment des Menus des détails d'autant plus précieux qu'ils sont plus rares,
c Ces mois prouvent que le magasin ou hangar, construit antérieurement à 1787, avait été agrandi du roté de la rue de» Chantier*, comme nous l'nvon» indiqué plus haut en montrant les différences que Ion remarque entre le plan île l'architecte Pari» et le plan joint au procès-verbal de l'assemblée de notables.
^ Suleaa demeurait "à la maison de Madame Élifiabelh.aMonlreuil- (Ahn. royal, 1789, p. Si;).
m Jacques-Philippe Houdon , garde-magasin général des Menus-Plaisirs et affaires de In Chambre du roi, demeurai) à Paris, rue Bergère, n" 18, aux Menus-Plaisirs. Cf. Dictionnaire de Jal, p. 689 . et Almannekrogalde 1789, p. 54;.
mais il est permis de croire que cette affaire du dais et les craintes qu'elle souleva pour la sécurité du roi furent les véritable» motifs du retard apporté à l'ouverture des États généraux.
C'est seulement le a6 avril, nous l'avons vu, que fut annoncé le renvoi du 57 avril au & mai; la première lettre de l'architecte Paris est du a 8 avril, mais il est vraisemblable d'admettre que, quelques jours auparavant, s'était répandu le bruit du danger qui menaçait le roi et sa cour.
L'ordre du a6 avril «différant au h mai l'ouverture des États généraux* se base sur ce que s plusieurs députés aux États généraux ne sont point encore rendus à Versailles, qu'il y a même quelques élections, notamment celles de sa bonne ville de Paris, qui ne sont pas terminées. . . i>. Ces motifs, a vrai dire, ne semblent pas sérieux. Les élections de Paris ne furent achevées qu'à la fin de mai, et le pouvoir royal savait pertinemment qu'à ce point de vue on ne devait pas être plus avancé le 5 mai que le 37 avril. Un règlement royal fui rendu le a mai, qui accordait une députation supplémentaire à la Prévôté et Vicomté de Paris-hors-les Murs. Les assemblées électorales du Béarn, du pays de Soûle, de la Corse, etc. . ne furent closes qu'à la fin de juin. Nous voyons, d'autre part, dans divers récits du temps, qu'il y avait plus de 800 députés réunis à Versailles à la fin d'avril.
Gaultier de Biauzat écrit : irLe retard de l'ouverture des États généraux a fatigué beaucoup de monde
Les motifs invoqués ne sont donc pas plausibles, surtout si on les compare avec les graves inconvénients de manquer aux engagements pris et de laisser dans l'inaction les nombreux députés qui avaient eu grand'peine à se trouver à Versailles pour la date fixée. Le motif véritable se trouve-t-il dans l'incident du dais? C'est asseï vraisemblable, mais la preuve décisive fait défaut.
Cet incideut, enfin, n'esUil pas la source d'un bruit singulier qui courut alors et dont nous trouvons trace dans les Mémoires de MahuH :
Croirait-on, écrit le député d'Auvergne, que M. Necker ait eu I* pensée de supposer un accident d'enfoncement des caves des Menas et de faire écrouler pendant la nuit I» charpente de la grande salle pour installer séparément les trois ordres? (Test à moi qu'il l'a dit; c'est dans la première huitaine de notre réunion qu'il a eu celle idée, dont j'eus peine à le détournerai.
<■> Op. cit., t. II, p. |3. — (,> Mèmmrtt de Mahutl publiés par son petit-fils. Paris. >868. i vol. in-8'(Kbl. nat., La "/Si), a* édition, t. I. p. «6i.
MODIFICATIONS APPORTÉES À LA SALLE ES » 1)1 OIS ETATS GÉNÉRAUX. - LA NOTE DE L'AR- CHITECTE PARIS. - - PRÉPARATIFS POUR LA SÉANCE D'OUVERTURE. DETAILS DE LA SALLE,
ASPECT GENERAL, ETC. LA SÉANCE DO 5 NAI. - BRREURS REPANDUES SUR LE LIEU