‹ Histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementires de la révolution française et de la première républiqueChapitre 16 sur 59 · LES ANNEXES · texte numérisé non relu

LES ANNEXES

Les agents du pouvoir royal chargés de l'installa lion matérielle des États généraux ne prévoyaient pas (et de fait ne pouvaient prévoir) l'extension des

' «Le 11 novembre «700, écrit M. Le Roi, celte aille fui choisie pour l'installation des juges du dulrict de Versailles. La aille de l'AwemUée nationale aervil encore « quelques réunion» d'élccleu». Le 1 6 mai 1 799 . elle fut vendue comme propriété nationale au sieur Dobuse. Pour l'utiliser, il proposa a la municipalité d on faire une halle aux grain». Celle proposition n'ayant point été agréée,

le propriétaire la fit abattre l'année suirantc.c llittoirt de Vertaillet, de u* nrt, At te* platr$. <it <u «pourra, t. I, p. lit J.)

": »Un mounuieiit comraénioratif sera élevé sur l'emplacement de la «mile on l'Assemblée nationale constituante a tenu ses séances à Versailles depuis le 5 mai jusqu'au i5 octobre 17%.* Voir, pour détail» complémentaire», Appaulicts, n' X Itù.

services indispensables à l'Assemblée après sa constitution en Assemblée nationale : formation en trente bureaux, création successive de nombreux comités, etc. Il fallut, en peu de temps, pourvoir à ces nécessités. Au rapport des commissaires de la salle, du 3o août 1791,011 lit :

L'Assemblée nationale nommait uu comité, il fallait le loger, l'établir dan» vingt-qualre heures.

On songea, à la fin de juin, à établir des bureaux dans l'hôtel du Grand- Maitre, asse* voisin des Menus, puisqu'il était situé à la rencontre de la rue des Chantiers et de l'avenue de Paris (voir plan de Versailles, p. 50). Dans une lettre signée du prince de Coudé et datée : * Chantilly, u6 juin 178911, on lit :

MM. les député* dn tient étal m'ayanl fait demander cet emplacement [le rei-do-chausaée du pavillon du Grand-Mallre] a l'effet d'y établir des bureaux, j'ai fait écrire 1 mou concierge i|u'ii pouvait le leur prêter, mais de les prévenir qu'il était nécessaire qu'il» obtinssent préalablement de M. Thierry'11 d'en faire retirer les meubles du roi qui y sont déposés pour la facilité du service des Menus. Ils ont dit qu'ils feraient leurs bureaux ailleurs, et. depuis, ils ont renouvelé leur demande. MM. les députés de la noblesse me les ont demandé (ne) pour y établir une bibliolhèquc. Dans cet étal de choses, je m'en rapporte à ce que vous croire* devoir faire pour le mieux 11 . . .

On ne voit, dans les comptes de l'Assemblée nationale, aucune trace de l'occupation de ce local par les bureaux.

Quelques comités furent installés dans l'hôtel de la Guerre. Au compte rendu déjà cité du 3o août 1 79 1 , on lit :

Dépenses faites à l'hôtel de ta Guerre » , à Versailles, pour rétablissement du Comité des finances et autres comités, qui auraient du être constamment comprises dans la première époque et payées sur les ordonnances des Menus, niais qui , u'ayant été réglées qu'à Paris, d'après rexajncn et le visa du Comité des finances sur un bon des commissaire», le no juin 1791, sont

"> Thierri de Ville-d'Avrai. (Voir page 3, note 7.)

l'' Lettre signée Louù-Jottpk de llourhen, adressée a Laurent de Yilledcuil (Areb. nat. , 0', 354). Le prince de Condé était titulaire de la charge de grand mattre de Is Maison du roi depuis »7So. Le duc de Bourbon, son IH* {LnuU-Henri-Joseph de Ilourboa-Coodé ), en avait la survivance depuis

:<l Le» hôtel» du la Guerre, des Affaires élran-

roinpris entre les rues Saint-Julien . des RécohVts rt de la Surintendance. (Voir plan de Versailles, |*r ConUnt de La Moite, p. ao , n" 1 . s et 3.) —

-Ces botel» renferment le» di(f<tr»»nt» hnreaox et dépots des départements de la Guerre, de la Marine, et le dépôt général des Affaires étrangères: néanmoins ils ne fùnnenl qu'une |>»rtie du projet général que M. Berthier proposa pour réunir non seulement les boréaux et dépots de tous les dé- |>artemcnts , mai* encore les plans en relief de toutes les places de guerre. . . « (A/mmur* At Vertaillet pour ij85,p. «59. Des détails sur l'orucinentation de ce» hôtels ae trouvent à la suite.) L'hôtel de la Guerre, enclavé entre les deux autres, était silné ii l'angle des mes de la Surintendance et Saint- Julien. (Voir n* a, plan de Versailles, par Contant de La Motte, p. «o.)

LES ÉTATS (iÉNRRAIX KT LA CONSTITUANTE À VERSAILLES. 87

On lit, en effet, quelques lignes plus loin :

A M. Berthier, gouverneur de l'hôtel de la Guerre '•tl, a Versailles, pour dépenses par lui faites pii 178g et mentionnées ri-dessus, ci ^ a,56g livres îg sous.

Les comptes de l'Assemblée, aussi bien ceux qui ont été imprimés que ceux qui sont demeurés manuscrits (Arch. nat.,G, 1.Î1), contiennent sur les bureaux de ces comités, sur leur ameublement, leur décoration, etc. des détails infinis. Nous y renvoyons le lecteur, ne pouvant entreprendre de les énumérer.

Le a/i juin 1789, l'Assemblée nationale prenait la décision suivante :

Il est arrêt"' qu'il sera établi une imprimerie à Versailles pour les travaux de l'Assemblée nationale, H M. Baudouin, député suppléant de Paris, a été nommé son imprimeur 'x.

Baudoiiiu (François-Jean), qui était imprimeur à Paris, rue du Foin-Saint- Jacques, n°3i, prêta serment le ai> juin. On peut voir sur un des plans que nou6 publions (p. tO) que le ireabinct de l'imprimeurn se trouvait dans le vestibule de l'escalier conduisant à la Chambre du cleqjé (cour de l'hôtel des Menus, partie gauche). La demeure de Baudouin à Versailles est indiquée : avenue de Saint-Cloud, n" 60 fJl. C'est là vraisemblablement que son matériel d'imprimerie avait été provisoirement installé; nous n'avons pu en avoir la preuve positive ■»'. Nous voyous qu'en septembre 1 789 l'Assemblée nationale cherchait à Versailles un local pour son imprimeur. Dans une lettre datée du 10 septembre 1789. Baudouin écrit aux commissaires de la salle :

Le ministre a accordé [l'emplacement demandé}. . . Cet emplacement est la maison du sieur Ripaille >! appartenant au Domaine, et actuellement occupée par uu détachement de MM. les

''' Jean-Boptiiite Berthier, dont il eil question dans la note précédente , né a Tonnerre le 1 6 janvier 17*1 , mort a Versailles le ai mai 180 4, était |M!ro de César, de Léopuld et de Louis-Alexandre Berthier ( plus tard , prince de Wagram et maréchal ■le France1. Voir CrranaV Encyclopédie . t. VI, p. 446.

' -L'imprimeur de l'Assemblée nationale communiquera directement avec le président et Ira secrétaires; il ne recevra d'ordres que d'eux. I* pi'ocès-verbal de chaque séance sera livré a fimprimeur le junr qu'il aura été approuvé, et envoyé incessamment nu domicile des députés. . . s glanent de l'Assemblée nationale, chap. th.) Sur le» privilège* de Baudouin et sur les réserve» qu'il y a lieu de faire à propos de la mention Impriment nationale rel<-\.;e sur quelques ouvrages, voir ce que nous disons dans notre Remit dr inrummlt, t. II, p. 10.

!'J A la (in d'une pièce intitulée: Ordre pour Ut «ircAirc* de l'Aurmlflér nalimalr ( Versailles , in-8\ Arch. nat., AD, ivm\ 178), on lit : « A Versailles, rhex Bcoudoûin, imprimeur de l'Assembléo nationale, avenue de SainlXJoud, n" 69».

Ijes termes de la décision du ?& juin ne permettent pas de supposer que les travaux d'impression aient été faits à Paris. La lettre citée plus loin précise d'ailleurs la situation.

(>: «En 1700, un nommé Ripaille, martre de pension , fit construire cette maison dans ce qu'un appelait alors le quartier des Sables. On y logea en 1789 une partie du régiment de Flandres. Plus tard, on en lit une maison île réeliilion pour les femme*; pub une prison militaire. . . « (La Roi. U'utoiredt Venmttt», t. I. p. 4»7-) C'est actuellement u ue maison d'arrêt, avenue de l'ari». n* »o.

Invalides. . . Le» Invalides devaient aller aux Gendarmes (" , mais leur répugnance e*lextreim\ ils devaient quitter le h . . . Tù annoncé dans tous les papiers publics mon changement pour le li. . . les impressions de l'Assemblée sont arriérées. . . ce retard est préjudiciable aux travaux de l'Assemblée. . . que l'emplacement destiné aux Gendarmes pour recevoir ces Messieurs [les Invalides] me soit accordé sans délai, ou bien que la maison Ripaille me soit remise lundi prochain, comme cela a été arrêté . .

Baudouin n'eut pas le temps de faire à Versailles l'établissement durable qu'il projetait. U décision prise par l'Assemblée de se fixer à Paris l'obligea à de nouvelles démarches. Ou lit, en effet, au procès-verbal du 9 octobre :

Sur les représentations faites par M. Baudouin , imprimeur de l'Assemblée nationale, touchant la nécessité où il se trouve de transporter son imprimerie a Paris, et sur son inquiétude de trouver dans Paris un local à portée de relui que l'Assemblée y occupera, afin qu'il puisse correspondre plus directement avec elle et la serv ir avec la plus grande exactitude, l'Assemblée a autorisé M. le président à écrire * MM. les commissaires, déjà rendus à Paris, de déterminer, pour le transport de l'imprimerie du dit sieur Baudouin, le local qu'ils jugeront le plus commode pour le service de la dite Assemblée.

Nous retrouverons, aux chapitres suivants, Baudouin et son imprimerie installés à Paris, dans les dépendances du Manège.

:'; L'hotel de» gendarmes (voir plan, p. 40) formait iiuprés du cnlde-sac des gendarme* une sorte d'enclave dans l'hotel du grand i naître de la Maison du roi (plan cité, n' 10). — Areh. nat., 0'.

L'ASSEMBLÉE COKSTITl A\TE A L'ARCHEVÊCHÉ.

( ui «lobf*. — 7 novembre i7k<j.)

L'ASSEMBLÉE COXSTITCAXTE À PARIS. COMPTE RBXDU DES SIX COMMISSURES CHARGÉS DU

CHOIX DU LOCAL. — L'ARCHEVECHE CHOISI A TITRE PROVISOIRE. HISTOIRE DR L'AR- CHEVÊCHÉ ET DE SES DÉPEXDA.NCKS. LES RECIIKRCHES DE VIOLLRT-I.EDUC.

Les commissaires de l'Assemblée nationale c chargés de reconnaître à Paris un local propre à tenir les séances?» avaient reçu, le 10 octobre, de pleins pouvoirs (0; ils prirent en conséquence une double résolution, que l'on trouve sanctionnée dans les termes suivants au procès-verbal de la Constituante du lundi i a octobre :

■Sur le rapport fait par MM. les commissaires il a été décrété que l'Assamblée nationale cesserait de s'assembler à Versailles après la séance de jeudi matin i5 octobre et qu'elle «'ajournerait à Paris, te lundi prochain 19 octobre, dans la grande salle de l'Archevêché, pour y tenir ses séances provisoirement et jusques à ce que le local du manège des Tuileries, qu'elle a choisi pour ses assemblera, soit préparé pour la recevoir.

La lettre que les commissaires adressèrent à l'Assemblée, ce jour même du jo octobre, est ainsi conçue:

Monsieur le Président ,

Nons avons l'honneur de tous rendre complu de l'exécution des ordres qui nous ont été donnés et nous vous prions d'en faire part a l'Assemblée.

Nous nous sommes rendus, hier en arrivant à Paris, ehei le roi. Nous lui avons remis le décret de l'Assemblée, en lui offrant l'hommage de sou respect, de son amour et de son attachement pour la personne do Sa Majesté. Le roi nous a répondu qu'il voyait avec plaisir, de la part de l'Assemblée nationale, une résolution qui assurait de plus en plus la confiance et l'union qui devait régner entre lui et les représentants de la nation.

Nous avons ensuite examiné le» différents plans des plus grands emplacements du Paris. Il nous a para qu'ils étaient tous trop petits pour contenir l'Assemblée. Le seul qui nous a semblé pouvoir convenir est le Manège des Tuileries. En conséquence, ce matin, nous avons été examiner le local et voici le résultat de nos observations.

Le Manège peut, quoique beaucoup plus étroit que la salle actuelle, contenir les mêmes bancs qui y sont actuellement. Nous ne croyons pas qu'il puisse tenir, dans les tribunes qui

<■> *I1 a été arrêté qu'ils seraient aulorisés a prendre à cet égard toutes les mesure* qu'ils jugeraient le plus convenable*.* {Prxw-rrrAa/aV la Constituante.)

mut. du isirii i*. — 1.

CHAP1THF. II.

seront construites, plus de cinq ou six cent* spectateurs. Le secrétariat sera placé plus commodément tout contre la salli'. Les bureaux seront fort bien placés dans If courent des Feuillant» et dans celui des Capucins. Il sera possible d'établir, pour 1* communication di's bureaux avec l'Assemblée, une galerie couverte. Les comité» de l'Assemblée pourront être placés h l'hôtel de la Chancellerie, place Vend Aine, qui est tout aupri's, ou dans quelque autre maison voisine. Il y aura dans le couvent des Feuillants un emplacement pour l'imprimerie. En tout, il nous a semblé que le local dont nous avons l'honneur de parler est le plus commode et le meilleur. Nous espérons que l'Assemblée pensera de même d'après le rapport que nous lui ferons. Il y aura cependant quelques dépenses à faire pour les arrangements, divisions de bureaux, tribunes à construire et autresopérations nécessaires. Mou» ne pouvons eneorr ni liver la somme, ni déterminer le temps.

Nous nous sommes rendus, après, cet evamen, chez le roi. Nous lui avons rendu compte de uos résultat». Sa Majesté nous a demandé une note de nos recherches et nous a promis de donner ensuite les ordre* nécessaire*. Nous restons ici pour voir avec le sieur Paris, intendant des Menus, le» plans de la salle ut de ses dépendance» et préparer avec lui les arrangements convenables. Nous nous sommes empressés de rendre compte à l'Assemblée du fruit de nos recherches. Nous espérons qu'elle nous donnera son approbation et nous autorisera à ordonner, ii <vt égard, tout ce qui nous paraîtra propre à seconder se» intentions et à réunir la célérité à l'économie la plus sévère.

Nous avons l'honneur d'élre avec l'attachement le plus inviolable, Monsieur le Président, vos très humbles et très obéissant* serviteurs,

[Signé:] le duc d'Aiguillon, h' marquis de Couy d'Arsv, Lepulelier de Saint-Fardeau, Lapottlc, S. év. de Itodez, Guillotin.

A Paris, le 10 octobre 17*0, 1 .

Le « lioi\ de h salle île l'Archevêché, à titre provisoire, permettait «le faire .111 Manège les travaux indispensables; il permettait aussi à l'Assemblée de venir immédiatement à Paris, se rendant ainsi au vœu si vivement exprime par la population parisienne ï!.

La salle du Manège et ses dépendances feront l'objet du chapitre suivant. Nous n'avons pas, en conséquence, à nous y arrêter ici. Nous avons trouvé dans les papiers de l'architecte Paris, dont il est question dans la lettre des commissaires, une note que nous avons déjà utilisée et dont voici le passage qui concerne le choix fait de l'Archevêché et du Manège :

Le désir que l'Assemblée nationale avait de suivre le roi à Paris, ne lui ayant pas permis

;,; lettre portant le» signature* autographe* des commissaires, Conservée aux Archives nationales (carton C. 3i, liasse 960).

,; ^Lc prince a comblé n<» vaux et non» sentons déjà le bienfait de sa présence L'abondance a reparu parmi nous, la pai> l'neconquigne : baleivous. noos vous en conjurons, hâlrz-voiis de vous réunir à ce roi citoyen, dont vous vous éles déclaré» inséparables, et vou» rombière» nos es|»é-

rauce>! Avec quelle ivresse les Parisiens ne contempleront ils pas l'Assemblée qui Iwlanre le* destinées de la France. . . Votre piéseiice aflcrniira le ealimdans cette capitale . y préviendra le retour des insurrections ... Ce |>euple esl bon , il est juste ; mais il a souffert, mais il n'est pas instruit, mais il esl égaré» . . . elc. (Adresse «le» représentants île h commune de Pains, lue à l'Assemblée nationale par la dépolalion envoyée le 1 o octobre.!

L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE A HBCHEVECHE.

d'attendre que I» nou»elle salle fût prèle, un de» premiers soins rie MM. les commissaires fui de lui procurer uu lieu où elle pût continuer ses séance*. Comme la salle de l'Archevêché est, après le Manège, l'endroit le plus vaste et le plus propre n cet usage, MM. les commissaires s'y transportèrent, accompagné* du ». Paris; l'insuffisance du local ne leur échappa point, mai» on n'avait point la |H>ssibilité du choix. Pour obvier au peu d'étendue de In salle, ils ordonnèrent le rétablissement des tribunes que M. le lieutenant civil avait fait fait construire pour l'élection des députés de Paris. Le s. Paris, qui n'avait aucune eonnoissancc de cet arrangement, transmit aux ouvriers le* ordres de MM. les commissaires, et ils les exécutèrent pendant qu'il terminait les plans de la salle qui devoit être exécutée au Manège 'I.

Avant d'en venir à la salle de l'Archevêché et à se* annexes, il nous parait utile de faire connaître un document qui fournit d'intéressants détails sur les salles de Paris qui, le cas échéant, eussent pu être utilisées par l'Assemblée. (l'est le Compte rendu à l Assemblée nationale par les six commissaires qu'elle a nommés, el radius de pouvoirs pour choisir un local, te to et le il octobre 17*5, et quelle à chargés de nouveaux ordres à ce sujet dans la séance du 19 <s;. Ce Compte rendu décrit d'ailleurs la salle de l'Archevêché; nous le donnons, pour ces motifs, in extenso :

Messieurs ,

Les commissaire» que vous aviei choisis n'ont pas eu plus tôt reçu les nouveaux ordres qu'il vous a plu de leur donner, qu'ils ont été revoir plusieurs salles déjà mesurées et visiter un grand nombre d'emplacements; ils croient pouvoir dire tous les emplacements qui semblaient susceptibles de contenir l'Assemblée nationale.

Avant de vous rendre compte de leurs recherche», il est essentiel qu'ils fixent votre attention sur les dimensions de la salle où nous sommes en ce moment.

Elle a 4» pieds de largeur et 99 pieds de longueur; ces deux dimensions ont été augmentée*, quant à la contenance, par In reconstruction des tribunes qui existaient déjà, et que l'on a reposées presque sans frais. Ces tribunes ayant chacune près de 6 pieds de largeur, il se Jtrouve que, dans l'état actuel, cette salle peut être considérée comme aynnt effectivement h; pieds de large sur 1 10 pieds de long.

Nous nous sommes transportés au Panthéon, rue de Rohan La salle a U» pieds de large sur 69 de long; c'est-à-dire. 5 pieds de moins de largeur et 01 pieds de moins de longueur.

;,i Papiers de l'architecte Paris, bibliothèque municipale de Besançon, l-es plans dont il pA question ici sont vraisemblablement ceux qne nuits reproduisons (voir ci-dessus, Introduction).

■•' Imprimé. Paris, s. d., in-8\ Bibl. nat., Le*1/* 69. Celte pièce* été reproduite dans les (rchires parlementait* a , t, l\. p. 55t>.

Cette indication n'est pas tout à but rxoele. Le Panthéon ou Ynuxhall d'hiver qui avait été construit par Le Noir le Romain . pour remplacer le Vaiixlull de la foire de Saint-Germain, alultu en 1 784 , s'étendait de la nie deCliartres-Saint-lloiioré à la rue Siitnl-Tbomas^lu-Loiivre , avec entrée rue

de Chartres. Voir, iKwr l'emplacement exact , le plan de Vcmiqiiel : on trouverait de* détails complets snr le Panthéon qui devint, avec Piis el Barre en 1 79a. le ibéAlredii Vaudeville, dans la Topagraplùt de lu France (Bibl. nal.. Estampes. V. oï3|. L'rafrejwmewr ilu Panthéon en octobre 17K9 se nommait do La Salle (cf. Timr, op. cit., t. III, n* i885 1. On lit dans le Journal de Paris du 3 janvier 1 790: *l# Panthéon n'existria plus sous cotte dénomination. Il sera inceaaamiuent ouvert son* le titre de Portique frrmçm* ou Club ilr la Itnvlution, conforinénif-nt au prospectus nnnonril par les papiers publics, y

Nous avons été au Vauxball d'été, situé ruo de Bondv Cet emplacement n'a qui' 37 pieds sur 48; c'est une ellipse comme le précédent. Mais comme il est entouré d'une galerie qui augmente ses dimension», on peut évaluer son petit diamètre à 4i pied» et le grand à 61 ; c'està-dire, 6 pieds de moins de largeur et .'18 pieds de moins de longueur que cette salle-ci.

On a cru devoir retourner au salon des Tableaux au Louvre. Celle pièce, fort élevée, serait peu propre à la voix. Elle a 48 pieds sur 7!); c'est-à-dire, 1 pied de plus de largeur et 3ô pieds de moins de longueur^.

Le Yal-de-Grilcc, Messieurs, est plu» grand; il a sous le dôme Sa pieds de diamètre, taudis que nous avons, pour ainsi dire, dans la salle où nous sommes, deux carrés de même étendue. |

Le dôme de 1'Assomptiuu est plus vaste; il h 70 pieds de diamètre, grandeur absolument insufflante, d'autaut qu'il n'y a aux environs aucune pièce susceptible de contenir vos bureaux.

Les Invalides ont a pieds de plus; c'est-à-dire, 7s pieds de diamètre. Ces dimensions sont encore insuffisantes, à moins que l'on 11'oceupÂt le» chapelle* qui forment la croix; mais elles sont extrêmement renfoncées, et il y aurait une partie de l'Assemblée qui n'apercevrait jamais l'autre, ce qui obligerait, pour la moindre décision, d'avoir recours à l'appel nominal.

Nous devons ajouter que cet édilice a 1 7/1 pieds de hauteur; ce qui rendrait physiquement impossible de l'échauffer et de s'y faire entendre.

Il y a une observation générale à faire sur ces trois derniers emplacements : c'est que si l'on voulait diminuer la hauteur des dômes par de faux plafonds de toiles tendues au niveau des corniches, le jour serait absolument intercepté, et la hauteur encore immense; aux Invalides, par exemple , elle serait de 1 ai pieds sans corniche.

Nous nous sommes transportés en Sorbonne, où l'on nous avait indiqué plusieurs vastes emplacement*.

La 9,ille des classes, ou de théologie, a 4a pieds sur 63; c'est-à-dire, 5 pieds de moins en largeur et 47 pieds de moins en longueur que celle-ci.

La salle des thèses a 33 pieds sur 7a; c'est-à-dire, «4 pieds de moins en largeur et 38 pieds de long de moins.

L'église a 33 pieds sur 84. Nous ne parlons que de la nef, parce que le cho?ur, qui contient le mausolée, n'est susceptible d'aucune distribution.

Outre l'in-ufiisancc des dimensions de cette nef, elle a l'inconvénient des dômes, pour l'élévation , le froid et le jour.

La Bibliothèque «111 pieds de longueur, mais elle n'a que a8 pieds de large; c'esl-à-o'ire. tg pieds de moins de largeur que cette salle-ci. L'impossibilité de s'y établir nous épargne lu démonstration des embarras coûteux qu'il y aurait pour transporter ailleurs la bibliothèque de In Sorbonne.

Le même inconvénient se rencontrerait si l'on voulait occuper la Bibliothèque du roi"', dont les planchers, d'ailleurs, ne sont pas assez solides aujourd'hui pour soutenir un poids additionnel et considérable.

On trouvera de» détail* sur cette salle dans le volume dn In Topographe de la t'rtmct, coté V", 4<|3 (Bihl. mit.. Estampe* 4. — Voir aussi Sjuirr- Vicroa. op. rit., t. II. p. 4ss. Nous indiquons de préférence dans les notes qui suivent le» références à la Topogrnpkie ilr la Frmttr , non pour méconnaître la valeur des autres sources, mais parce que cellelà est peu comme, |wirre qu'elle est entièrement

documentaire et aussi paire que. étant une collertion toujours en cours de formation, elle ne peut être catalojpiée.

" On trouvera des détails sur cette salle dan» le Dictionnaire d'Ejrpitiy, t. V. p. 43a.

,1J Le département des Estampes conserve, son* la cote V*. 1139, de nombreuses et intéressante» pièces sur la Bibl iolheque (Tupograpkîe de la F ni»r e I .

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE À L'ARCHEVÊCHÉ

Vos commissaires. M<*sieurs, oui été aux Théltins n. Cette église n'aque 3o pieds de largeur utile sur 1 17 de longueur; les croix réduisent ce! emplacement a cette dimension insuffisante.

L'église de* Augustin»'3' est séparée en deux parties par un jubé de construction; ainsi nous ne parlons que de In nef: elle u 90 pieds de long sur ko de large; c'est-a-dire, ao pieds de moins de longueur et 7 de moins de largeur.

Nous n'avons eu garde d'oublier l'abbaye de Suinl-Cermain-des-Prés15'. Elle présenterait de» ressources pour tos bureaux. Le réfectoire 1 ui pieds de longueur, mais il n'en a que 99 de large; ce qui rend tout établissement impossible en cet endroit

La bibliothèque de cette abbaye est d'une moindre contenance, quoique infiniment pins longue. Elle n 170 pieds de longueur, mais sa largeur n'est que de a&; c'esl-a-dire, un peu (dus que la moilit1 de celle-ci.

Nous avons visité l'Oratoire ' . dette église , y compris le chœur, n'a que 96 pieds de longueur et 3o de largeur; c'est-à-dire, iH pieds de moins en longueur et 17 île moins en largeur que la salle où nous sommes. Il n'y aurait pas de quoi établir des bureaux.

Sainte-Geneviève :*' nécessiterait la construction d'un mur considérable. Cette église, et toute autre de la capitale, présenterait, comme les précédentes, les inconvénients très réels He la hauteur, du froid, de l'écho. Ce serait abuser de vos moments que de vous arrêter plus longtemps sur ce point.

Nous n'avons pas voulu, Messieurs, négliger d'examiner les salles de spectacles. L'Opéra n'a que io pieds et demi sur ko pieds.

Voir, pour le» Théalins, lu Topngrujtkic de Li France, V", 373. Le portail de lé/dise des Théètins sur le qnai de ce nom (actuellement quai Voltaire) et le porche du même édifice sur la nie de Hourbon (rue de Lille) avaient été construits par l'architecte Desmaisons (voir ci-après, p. us, notai) vers 1771. M. Lance, à qui non* empruntons ces détails, ajoute: rVers 1800. cette église fut transformée en une salle de speclade. dans laquelle , toutefois , on ne donna que des luis ut des (Mes. K11 i8i5, ou y établit un café appelé le Cafi de» Vun, Ces Intiment furent démolis eu iHk.ii [Op. cit., t. I. p. siS.i

\/t volume tout entier de la même collection . coté V. 27s . est consacré a l'abbaye do Saiot- Germain-des-Prés.

' Voir T0pof;r«pl>it de U France, BiM. nal. . Estampes, V, «03.

;': V oir même collection. V, s3o.

11 ' Voir même collection , V", a 6 1 .

(,; » L'Académie de musique était, en 1671, rue Manrine; en 167a, rue de Vaugirard. près du Luxembourg, et en 1673, an Palais-Royal. I-a salle ayant été incendiée en 17C3, l'Académie fut placée aux Tuileries. Sur les débris de l'ancienne cour des Fontaines on construisit, en 1770, une nouvelle salle sur les dessin» île Moreau. Elle fut incendiée en 1781 et. dans la même année, elle

fut établie dans la salle provisoire qu'on venait de liAtir sur les dessins de Le Noir, près, de In porte Saint- Martin; elle y resta jn«qu*en juin 179* et, a cette époque , fut transportée au théâtre qu'on venait de bâtir snr une partie de l'emplacement de l'hôtel Louvoit*. etc. (\\ i»3<(, Estampes, note manuscrite). Snr les incendies des 6 avril 1763 et 8 juin 17H1, voir même collection, V, »33. Voir, en mitre : le plan de Viasiocrr : Tram, op. cit. , X. III, n" 16&8 et *uiv.; une savante étude de M. M. Tôt «Mm dans sa lii^vgrapkn («p. cit., I. III. Introduction, p. 11.1v et suiv.). La salle des Tuileries, dans laquelle vint s'établir l'Opéra après l'incendie de 1 763 , sera étudié au chapitre n du présent ouvrage. — On trouvera des détails complets sur le théâtre connn sons le nom de Porte» Snint-^larlin dans VAlnumaek du voyageur à Pnrit (année 178*), p. 53 cl suiv. Notons le détail suivant: »Le public paraissant douter de la solidité d'une construction faite eo 70 jours et autant de nuits, une circonstance heureuse s'est présentée pour lever ses doutes et le rassurer. U naissance du Dauphin ayant comblé h» vœux de la nation . l'Académie rojale de musique profita de cet événement pour faire, le octobre 1781, l'ouvertore de non thésUre par an tpttlatU gratuit où il y 01 1 une affluence prodigitun qui cw$Wa la soMi/é de ce ««iirtiwJtf.» {Op. cit., p. 57.)

CHAPITHK II.

Le ThéihT-Françfli* " en a 1o sur 43. Ce sont les deux plus graudes salins de Paris; ainsi non* ne parlerons pus des petits spectacles, puisque les plus grandi ne pcutent nous contenir. Il* présentent d'ailleurs un inconvénient incalculable, celui de ne point recevoir de jour el de nous obliger d'y travailler uniquement aux bougies.

Nous ne nous étendons pas, Messieurs, sur cinq emplacements, d'une très vaste étendue, mais que nous avons pensé ne pouvoir vous convenir sous aucun rapport. Le premier est la grande salle du Palais; elle a *o4 pieds de longueur sur 75 de largeur; mais elle est coupée en deux, dans H longueur, par un rang de piliers de 6 pieds 3 pouces d'épaisseur, qui empêcherait une partie de l'Assemblée de voir l'autre.

Le second est la Halle au blé *:, qui a no pieds de diamètre, mais qui, 'malheureusement aussi, a « ao pieds de hauteur; il y aurait sûrement de grands inconvénients à affecter ce local a une autre destination dans les circonstances actuelles.

Le troisième est la Halle au* draps <"; le rez-de-chaussée est divisé en plusieurs magasins. La salle située au premier étage a &8 pieds de large sur -t'i8 de long; mais ce n'est qu'un cerceau de voûte dans lequel il ne serait pas possible de pratiquer aucune galerie pour les suppléants, ni pour le public; cette salle, au surplus, comme la précédente, est située au milieu du marché le plus fréquenté de Paris.

I<e quatrième est le cirque du Palais-Royal 11 , qui a 6» pieds île large sur 338 de long.

Enfin, la galerie du Louvre, qui a 1 ,333 pieds de longueur, et qui n'en a que 3o de large, sans portes ni fenêtres.

L'Odéon actuel, en tenant compte des modifications faite* a la suite des incendies. "Les comédiens français, écrit à ce sujet M. M. Tomuwcx, avaient quitté la salle des Tuileries que le roi leur avait prêtée eu 1770. pour venir prendre possession, le y avril 178a, du nouveau théâtre Mu par l'eyre aîné et Ch. de Wailly sur les terrains cédés aux abords du Luxembourg par le prince de Condé. Onae an» plus lard , le 3 septembre i 798 , le 7ac*frr de U Motion 1 litre adopté dès le mois de juillet 1 781) par la Comédie française ) se voyait fermé par ordre du Comité de salul public. . , il fui réparti en diverses prisons. théâtre demeura clos jusqu'au 9 messidor an ti («7 juin 179a) pour rouvrir sous le titre de Tkéritre de F Égalité^ , etc. ( BMiogntpkie , t. III, p. xuv). — Pour les mesures indiquée* ici des deux théâtres de l'Opéra et du Théâtre-Français (en 1789), on lira avec intérêt une Mll e de l'architecte Inouïs publiée dans le JournaldeParit du 3o avril 1790. "Attaqué par la satyre», dil-il , il fait -un parallèle des grandeurs du théâtre do la nouvelle salle du Palais-Royal [Théalre- FrançaiB actuel modifié) avec celles du théâtre de la Porte-Saint-Mortin et celui de l'ancien Opéra du Palais-ltoyal incendié. - Il donne nn tableau des mesures de ces salles, puis ajoute: -il est démontré que le théâtre du Palais-Royal est de 4 pied» 6 pouces plus long que celui de la Porte -Saint-

Martin et plus larj;e que celui de la salle incendiée et même que celui de la I'orte-Saint-Martin, en n'y comprenant pas ce qui est inutile à l'action théâtrale et au jeu des machines; dune on pourrait se servir. imW pour l'Opéra, de la nouvelle salle du Palais-Royal, s D'une 110lejoinle.il résulte que, au théâtre de la Porte-Saint-Martin . le dessous de la scène était "un passagp public*. Signalons enlin que l'on conserve aux &ttampvs ( Bill, ual.j. dans le volume coté V', »33, plusieurs plans très curieux de la salle bâtie par l,ouis -située sur le terrain qu'occnpail . vers 109», l'hôtel de Richelieu ou palais Brioo». Dans le même volume se trouve un document de six page» «igné des architectes Fontaine el Molino*. intitulé «Piocès-verbal de description du Théâtre-Français, du a8avril 1818. . . avec m» plan pour être joint au procès-verbal de réception et remise de la propriété du Théâtre-Français» , etc. Voir encore un «Projet d'un llicutre pour la Comédie française sur le quai Conti» (V*, »G3).

<*> Voir, pour la Halle ao blé. la Topographe de la friture, V, »3o. et le plan de Vrsmouit.

m La Halle aux draps se trouvait alors entre le marché des Innocents et la Halle au blé. en bordure de la rue de l« Poterie.

<' Voir Topographe de la France, V. ï33, uue r vue du Jardin du Palais-Royal avec le Nouveau Cirque-.

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE À L'ARCHEVÊCHÉ. 95

Mais nous ne pouvons passer sons silence les écoles de Chirurgie, situées rue des Cordelière; plusieurs honorables membres de cette assemblée nous avaient assuré qu'elles contenaient 1,800 places, et cette assertion seule nous a déterminés à examiner cet édifice avec la plus scrupuleuse attention

Cette salle, célèbre pour sa construction, est une portion demi-circulaire, construite en amphithéâtre et garnie de 1 3 rangs de gradins décroissant progressivement depuis le rang le plus élevé, qui a 98 pieds de développement, jusqu'au rang inférieur, qui en a a'i. Nous avons mesuré nous-mêmes, le pied à la main, tous ces gradins, et le résultat tris exact de cette opération nous a dunné un développement total de 794 pieds et demi; de manière qu'en ne supputant les place» qu'à raison de 18 pouces chaque, il est impossible de placer dans ce local plus de 5a8 personnes. Malgré ce motif d'empêchement, nous avons voulu voir les salles attenantes. L'une a 3o pieds sur 33; la plus grande de toutes a 60 pied* sur 18.

Apres vous «voir exposa1. Messieurs, toutes les mesures linéaires des emplacements que nous avons visités, nous croyons devoir, pour répandre plus de clarté sur notre travail, vous offrir une table de la contenance de ces mêmes emplacements, dont nous avons earré la superficie, en allant des moins grands aux plus étendus.

Ainsi, enn'évaluant ni U Halle au Blé, ni la Halle aux draps, ni la grande salle du Palais, ni la galerie du Louvre, ni le cirque du Palais-ltoyal, nous trouvons :

Que le Panthéon a (pieds carrés) 1 .&oâ

La salle de Chirurgie i,ftu3

La salle de l'Opéra 1 .600

Celle de bi Comédie-Française 1.730

Le Yauxhall d'été 3.0*8

Le Val-de-Griw 3.018

La salle des Thèses, en Sorbnnne 3.37»;

La classe de Théologie s.ti'iti

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