‹ Histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementires de la révolution française et de la première républiqueChapitre 22 sur 59 · AU RABAIS · texte numérisé non relu

AU RABAIS

De Gradins à confondre dans la grande Salle de CEvêché Métropolitain de Paru.

Du Vendredi 19 Novembre 1790.

O N fait favoir au Public , que Mardi prochain 23 Novembre, il fera procède, pardevant M. le Procureur de la Commune, dans la Salle de la Reine , à l'Adjudication au Rabais des Gradins à conilruirc en bois, fuivant le voeu de rAflemblée électorale du Département de Paris , dans la grande Salle de l'Evêché Métropolitain de Paris ;& ce, aux charges, claules & conditions énoncées à la fuite des plans & devis dont il fera donné communication dans les Bureaux de l'Architecte de la Ville , au Palais Cardinal, & au Greffe des Tribunaux , à l'Hôtel de Ville.

Fait au Parquet de la Commune , à l'Hôtel - de - Ville , Vendredi 19 Novembre 1790.

Signé, B. C. Cahier, premier Subltitut-Adjoint du Procureur de la Commune.

D,IIm<i«~ ii LOTTINI.W, U I -K tOTTlN . I«f«— »-L*™m-U.J.— . fa I» V.iu. >„4 AW.>**.»..V .

rïg. *4. — Pi«e juinle ju rfjbwr dc< rliargei «In l'adjudication ilu sî noioubra t-ji)an. (Arrli. nat., H, nojn.)

vra^e. était né n Dijuo le 3 mai 174a; il mourut * Paris le 6 décembre 18s 4. Sa biographie H l émimération de ses nombreux travaux se trame dans

tous les rwueils spéciaux. — Noir en |uirlieulier la notice qui lui est rnn*acré<! dans le Dictionnaire de* arthleettt français, de Usas, L II . p. ï»3.

•■•ST. Mi ■•IPKU. — I.

i:jo CHAPITRE n.

«ries électeurs présumés du département de Paris- se trouvèrent rassemblés et réunis en la salle ordinaire de l'évèché métropolitaine Les assemblées ne prirent fin que le i 9 août 179a

Les assemblées électorales tenues de 1790 à 179* à l'Archevêché (le mot Archevêché n'est plus exact en 179'-», mais nous le gardons pour simplification) occasionnèrent des dépenses dont le détail est conservé aux Archives nationales dans un dossier dont la pièce la plus importante est intitulée : « Inventaire générai des objets do boiseries, meubles et tentures qui garnissent la salle, les bureaux el autres lieux de l'Assemblée électorale du département de Paris, séante au Palais épiscopal, appartenant au département -. *>.

Cet Inventaire général décrit minutieusement les objets de tout genre renfermés dans les locaux suivants: e L'escalier du Secrétariat, l'antisalle de l'Assemblée, la salle d'assemblée générale, le corps de garde, chacun des six bureaux, l'antichambre, les bureaux des secrétaires, le bureau de MM. les commissaires-.

Dans rla cour de l'Archevêché, une espèce de guérite en bois de sapin et une baraque formant trois corps de commodités-.

L'Inventaire général décrit encore ce que contient rie cabinet tenu par le sieur \arint (concierge), le chapitre, et note «que dans la chapelle Saint-Nicolas sont les plinthes qui ont servi à la construction de l'estrade de M. le Président à l'église métropolitaine avec tous leurs accessoires-.

Il y aurait dans la masse des factures et mémoires joints au dossier de curieux détails à relever: les couloirs étaient * garnis de tapisseries-verdure - pour lesquels on paya un loyer de 618 livres (1 livre par aune et par moisi; une note du maître sonneur de Notre-Dame, s'élevaut à 3io livres, nous apprend que lorsqu'une élection importante (celle de l'évèque, celles des curés, etc.) était définitive, on sonnait à grande volée. Pour l'ornementation de la salle, on remarque: «Note pour l'élection du dimanche 6 février 1791 ; au-dessus du président, eu lettres de un pied, le mot Dieu; sur chaque côté et plus bas, en lettres de C pouces, les mots: la Nation, la Loi, le Roi*.

La grande salle de l'Archevêché lut, avec ses dépendances, au cours delà Révolution, une sorte de lieu d'asile pour de nombreuses réunions populaires: sociétés, clubs, sections, comités, etc. En juillet 179a, on y faisait «des leçons gratuites sur le jury * en août 1792, les ci-devant gardes-françaises s'y réu-

1" Cf. AuemMét électorale lit Pari», 36 «ni/ Aitrh. uaL. « I, 7.

1791-ia août t-jtja. Pneh-eerbaux île Véleetim t*> La chapelle ha»»e, entre la tour carreert le

det députée i tinttmhlét lègielaùve, de, kauujuréi. , jardin. (Voir p. 1 10.)

det ndminitlmteim , du prwtrtrtr fféuèml tundic, du (l' 'Renvoi nu Cnmilf1 d in>li uction publique de

lurtidmt du Irihmnl criminel el de ton tulatilut, de In [«'linon «l'un citoyen de la seclimi du Louvre

jugée mppléanu, de l'necttutteur fmktic, de curé*, pour tu réouverture d'une «aile do l'Archevêché' où

publie* pur Kt CnmvAv. — Paris. iftgi. in-8*. l'Inient donnée», par M. (hwhn, de» leçon» gin-

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE À l.'AltCHEVECIIE.

nirent *à l'effet de procéder entre eux à la formation de leurs compagnies*'1'. En avril 179^, des commissaires de la majorité des sections se réunirent à l'Évèché r pour délibérer sur les moyens de salut public et correspondre avec les départements de la République sous la sauvegarde du peuple n 11 serait d'autant plus difficile de donner un relevé exact et complet de ces groupements divers, que les contemporains eux-mêmes .se «ont souvent mépris sur leurs titres, leur rôle, leur action W.

Les écrivains qui, depuis, se sont occupés de ces assemblées, semblent avoir confondu, pur exemple, sous le nom de Club électoral des groupements distincts.

I^es électeurs de 1791-1 79^' C0llHue l'avaient fait d'ailleurs ceux de 1 790 - 1791, formèrent, à côté de l'Assemblée électorale proprement dite, un club qui se réunissait dans la salle de l'Archevêché Une Adresse des électeur» formant lu société en iévéché à leurs commettants, portant la mention : rFait et arrêté dans la salle électorale, à l'Evêché * , est datée du a 5 septembre 1 791

La scission qui devait amener la formation de deux clubs distincts apparaît déjà dans une adresse d'octobre 1791 ' .

tuile* Mil" le jury - ( Prwhrerbal dr la Légistaàn, îô juillet 1791.) Ossnlin (Charles-Nicolas ) [1754-1794], membre de ta Convention, etc., annonça le 6 janvier 1793, à la Société des Jacobins, qu'il allait ouvrir nn cours sur le jury. (Cf. Avum, USotiitidtt Jacobine, I. III, p. 3i&.)

(': Cf. » Arrêté du Conseil général de la Commune convoquant à rÈvêché les CMlevant gardes française» et autre» soldats de 1789, a l'effet de procéder entre eux à la forma lion de leurs compagnie», eu exécMioti du décret du 17 août.- — 18 août 179». Document cité par M. Tietïi . op. cil., I. V. n* »4i 5.

1,1 lie 1 " avril 1 793 , une dépntalion de ces commissaires vint xlonner avis au conseil général île la Commune de *a réunion et demander qu'il soit pourvu a ses frais de bureau — -Cliaumette fait observer que les commissaires de la majorité des sections ne se réunissent à rÉvéclié que faute d'un local suffisant dans la maison commune», etc. (Voir Moniteur, réimp., t. XVI, p. 37.) A la séance de la Convention du a avril, une uVpulalion de la «polion du Mail vint annoncer que les commissaires «nommés sur l'invitation de la section des Droits de l'homme pour se rendre à r&fché.. . . .se constituaient en assemblée centrale de salut public., de. (AfawW, t. XVI, p. 35.)

:': Bailly demandait a Fayette, par lettre datée du 96 avril 1791, -de faire exercer une sur-

veillance particulière sur le» ateliers de < tiers, notamment sur celui île l'ArrheviV-hé». { Documents cités par M. Ti rtir.<ip.c«'f., I. Il, ir34Ku.) De fiouvion. major {général de la garde nationale, déclare dans ta réponse jointe à celte lettre «pie cette surveillance «ra illusoire. In eomm/indanU de bauàtlont ignorant ok te trmueni Ut auliert en qnetliau - .

Le 1 1 mai suivaut, Bailly prescrivit l'exécution d'un arrêté du département relatif aux locaux occupés par le» assemblées et ta fermeture de* salle» de l'Archevêché sou se réunissent les garçons charpentiers et des cordeliers (•«).« (Ti rtkt, Répertoire générai de* tourte* manuterilet, L II, n' «79*. *

^ -La salle de l'Év-Vhé où les électeurs se réunissent sera ouverte aux citoyens |K>ur s'y réunir eu eluh , lorsque le corps •Hectoi'a] ne sera pas assemblé. « (Séance de la Commune du 1 3 «ont • 794. — froeit-errhanx publiés par M. M. Tourncux, p. tO.)

Cf. /.es ittetnm formant ta toeiélè en fèvécM à Uurt nmjueitaxtt. — Parts, s. d.. in-8*. Bibl. nat.. Lb"/bL*$, C'est une protestation eoutre les opérations électorale». — Voir aussi Et. CasatriT. op. ciL, p. Su.

;<l Cf. Admit d'une partie det èleelturt de Pari* réunit m étui si f érecké à leur» eoneitoyent. S. I. n. d. , in-8\ (Itibl. nat-, Mi'>368. Cf. Et. ûuum, »l>, cit., p. 5i h. |

Un électeur de la section du Louvre, Nau-Deville, a raconté longuement lu formation du club de l'Kvéché et la scission qui se produisit :

C'est ici, dit-il, qu'il faut parler de l'établissement du club de l'Évécbé. . . On avait senti la nécessité de s'éclairer, suivant l'usage des assemblées de i 789 et 1790, sur les candidats à porter et sur la discussion nécessaire pour les connaître. On proposa de ne former qu'un club comme en 1790; qu'il siégerait en la salle même de l'Evoché; qu'il serait établi comme unisociété qui n'aurait aucun rapport de délibération avec l'Assemblée électorale; d'après cela, on se rendit, en petit nombre 1 la vérité, au club de iKvérhé. . . Mais qu'arriva-t-il? <7est que plusieurs électeurs furent mécontents de la manière dont on discutait '\ etc.

Le Club dr F éréelté est quelquefois désigné sous le nom de Club électoral; au compte rendu de la Société des Jacobins du U novembre «791, on voit qu'une (rdéputation du club électoral séant à l'Évêché vient communiquer à la société une pétition'-'*, etc., mais il parait bien que des confusions se sont établies à ce sujet, et que l'on a donné inexactement le nom de Club électoral à des groupements différente . soit postérieurs à l'existence môme du vérilablc club électoral, soit coexistant auprès de lui. Il faut, croyons-nous, distinguer :

1" Le Club central des électeurs du département de Pari* '3 (179a et 179.3), qui semble avoir été la continuation du club des électeurs de 1791-1792 et qui reçut longtemps encore le nom de Club électoral ;

a" La Société populaire, dite de la salle électorale 1 ;

"' Cf. Compte rendu de* séances électorale de fj<fi et de la division du corps électoral en denjr sociétés , vmt la nome de ('Mit de fétécké, Club de ta Samte-Cbapelle. . . , UtU de» électeurs du club de

l'iiris, novembre 1791, in-8*. liibl. de la ville de l'aria, 11' 10071. Reproduit par Kl. Cujiutit. op. rit, p. 5-jo. Un lit dans les Itétotutions de Pat», a propos île -la Pompe funèbre en l'honneur îles citoyens mort» au massacre de la «tint Florent- , qui eut lieu le ij avril «79» : "Le patriote Sergent, administrateur de la commune et artiste, en Tut l'ordonnateur et y lit preuve de beaucoup d'in- Iclligenre et de goût, lies quatre inscriptions en prose de la pyramide sont de lui et valent lieaucoup mieux que les quatrains du poêle Cbénier, qu'on appelait (iracdtus, mais qu'on 11'nppelle plu* à présent que (Muter I* chapelain , depuis son admission au club de la Basse Sainte-Chapelle et sou adhésion formelle au* principes leuillsulios qu'on professait duns cette tabagie seini-aristocralique où figurait Roucher. L'une des iusrriplions était frappante par sou laconisme : Silence, ils reposent!»

[Op. cit., n' i64,p. 170.) Sur le club delà Soinle- Chapelle, voir A. Cau.i.inu., l-je» ('Jultt contrerémluliomuurtt , p. a&B-&68.

" Recueil Auuuui, t. III. p. 139.

1 Cf. Adresse à l'Assemblée matinale lue au dul, entrai det électeurs du département de Parie , Étant a l'Evétké le ,t mars tyyt. — Pari», s. il., in-8'. (Bibl. nL. Lb7*367). — Le club central du département de Parie, étant à rÊeéthi, a «1 frère» le. républicain», tt septembre 1798. — Paris, s. d., iu-H'. (liibl. naL. LJ>7j37o.) Le Catalogue de l'ilietoire de France a compris ces divers ouvrage* tons la rubrique : CM électoral.

Cf. Le» membre* campotiml la wciété populaire du club séante & la salle électoral* à tout le* :étés pif rtitan» de la Itéwlutiwr. 7 tentéae an 11. S. I. n. d.. in-8\ (BJbl. nal., IJi-'/afatt.) — Société populaire séante à la salie électorale (signé : Wolff). s fructidor an 11. Paris, s. d.. in-8*. (Bibl. naL. IJ>"/i4a9.) — Adresse à la Société populaire séante a la salle électoral» à la Convention nationale. 7 vendémiaire an m. Paris, s. d., in-8". (Bibl. nat..

LASSEMBLKK CONSTITUANTE À LAKCHKVfcCHK.

3" la un-lion de la Cité, qui siégea dans la salle électorale, particulièrement en vendémiaire an m(1';

h" Un Comité central des mciéte* populaires ou comités patriotiques'1'' ;

5° Un comité formé, le a8 mai 1793. des commissaires des 68 sections'»).

fous trouverons des détails sur quelques-unes de ces assemblées dans les documents relatifs à un établissement auquel nous amène le cours des événements.

L'archevêque de Juigué'*1 quitta la France vers le temps même de l'installation de la Constituante à Paris. Gobel, évèque de Lydda, qui fut élu évèque métropolitain de Paris, le i3 mars 1791 5), annonça à la Convention nationale, le 7 novembre 1793, qu'il «renonçait à ses fonctions de ministre du culte catholiques. Li Convention avait déjà décrété le 1 G juillet 1793 qu'il y avait lieu «rd'accorder aux malades de l'Hôlel-Dieu de Paris le jardin de l'Kvéché pour s'y promener^. A la suilc d'une pétition du Conseil général de la commune de Paris, Chaumettc demanda, le iâ novembre 1793, tique la Convention veuille bien ajouter les bâtiments du ci-devant Evèché à ceux de 1 Hôtel-Dieu pour y mettre les femmes en couche*.

Dans la même séance, le rapporteur du Comité des secours publics, Bonssion, lit adopter le décret suivant :

U Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités de secours public»

*'* Voir les incidents que noua rapportons ciapres a propos de l'hospice de l'Évécbé.

''• Cf. Règlement du Comité central in mciélét populaire* traut à ffc\éc»é. «9 vendémiaire an 11. — Paris, s. d., in-8\ (Bibl. «t.. IJ,7«373). — l'èilùm à la Coumlion nationale (irritée au Comité central net tocitttt patriotioue* À la téonee du t3 teptemkre an 11 tl communiquée aux 4H teeimu tf mr.r noeiéièt populaire». Paris, s. d.. in-8*. (Bibl. nat.. IJ."/«374.)

lV Voir les preuves ci-après an récit de la dis solution du prétendu CM rteetorat, p. 36, note à.

'l| Anluiue-Éléotiore-Léon Lcclerc de Juigné. élu député par le clergé de la ville de Paris, se relira en Savoie, dans le* dernier» mois de 1789. Kci envoyaut sou aennent civique le 1 4 avril 1 790 voir le compte reudu de l'Assemblée nationale au Moniteur), il annonçait son retour prochain. Voiclcl comtate, dans un discours du »6 novembre 1790. qu'il 'veille sur son diocèse du fond de U Savoie depuis un an*. Si Pou s'en rapportait au Moniteur (séance du i.S octobre 1789). il eut «demandé un passeport |M>ur les trois jours accordés pour le déplacement de l'Assemblée*.

;,> Jean-Baplisusjoseph Gol>el . évèque de Lydda. suAVngant et vicaire général du prince évèque de Bile, chargé particulièrement de la partie française du diorè*> de Bile, avait été élu député aux Étais généreux par le clergé des districts réunis de Belforl et lluningue. Il fut élu le 18 mars évèque métropolitain du dé|tartemciil do Paris parâoo voix sur 664 valants. Élu aussi a Langres, il déclara le 1 8 mars qu'il optait pour Pari». Son installation eut lieu le 17 mars: après la cérémonie a Notre- Dame. *lc cortège a fuit le tour de Pile du Patois cl a conduit M. l'évoque dan» sa maison épiscopalei-. I Moniteur du 17 mars i8ç|i.)Gobd viul. à la tète d'une nombreuse députslioii, annoncer, le 17 brumaire, ii la Convention, qu'il renonrait ù ses fonctions : wMes virairn.dit-il.font la même déclaration que moi; nous déposons sur le bureau nos lettres de préirise' . etr. ( Voir le récil du Moniteur, réimpr. . I. XVIII. p. 369.) Le »o brumaire suivant, la Convention, sur une motion de Chabot, décréta que d'église métropolitaine sera dénommée le Temple delà Raison-. I Voir même soiirei' . I. XVIII . p. 4 01.) Gobe) est. dans U titre même de divers ouvrages du temps, designé sous le nom de Goief.

<>t d'cliéuation sur les différentes pétitions des autorité constituées et des citoyens de Pari» ayant pour objet la réuniou du ci-devant Evèchr. au grand hospice d'Humanité établi a Paris, décrète qu'en attendant l'organisation générale des hôpitaux de la République, la municipalité de Paris est autorisée à disposer provisoirement des bâtiments du ci-devant ÉvéVhé pour être uniquement appliqué» au service du grand hospice d'Humanité de celte commune, afin que chaque malade y «oit placé dans un lit sépare", à la distance de troia pieds, pour y recevoir commodément tous les soins et secours dus à l'humanité souffrante, sous la surveillance du département de Paris et du Minisire de l'intérieur"1.

Le 5 pluviôse suivant (ai janvier 1 79Û) , Vouland fil, au nom du Comité de sûreté générale, un rapport constatant que ffle nombre des contre-révolutionnaires s'amoncèle dans la Conciergerie affectée aux seuls prévenus de délits coutro-révolutionnaires» et proposant r d'affecter une partie de la maison qu'habitaient les ci-devaul archevêques et évêques de Paris pour en faire une infirmerie uniquement destinée aux prisonniers de la Conciergerie*.

Le même jour, la Convention décrète *quc le Ministre de l'intérieur fera préparer, dans les trois jours pour tout délai, une partie de la maison dite épiseopale de Paris pour en faire une infirmerie uniquement destinée aux prisonniers de la Conciergerie*.

Nous passerions les bornes de cet ouvrage si nous entreprenions l'histoire de l'établissement créé en exécution du décret du 5 pluviôse au 11 ; de nombreux documents sont conservés aux Archives nationales <" et permettent d'en suivre les vicissitudes |3>.

Les travaux effectués alors pourraient fournir d'utiles renseignements sur les locaux qui nous occupent. Un rapport de l'architecte Renaud nous apprend, par exemple, que, en vendémiaire an 111 : « Au-dessous delà salle des électeurs est un logement très grand qui est occupé par un ci-devant vicaire attaché ci-devant à Notre-Dame ,,)*.

Au cours des années sur lesquelles nous passons rapidement, les propositions faites pour le e palais de l'Évèché» sont très nombreuses. Quelques-unes furent réalisées; d'autres demeurèrent à l'état de projet. Le 37 décembre «791, l'Assemblée législative ayant décidé de faire dans la salle du Manège, où elle siégeait, d'importante travaux, on proposa d'aller pendant trois semaines s'installer à l'Ar-

■'■> Décret n* i88«. — Pari», an 11 , in-A\ 1 Arth. nat., AD, vin, i4.)

:,) Voir en particulier les cartons coté»: M,ti6<): K"/i 1 67 ; AK 11. 8. ; K'VBo 1 ; F*/48oi *«; W, 37. 77, 85, i53. i»â, iGA, 176, etc.

m M. Léon Legrand a utilisé ce* document» dan» un intéressant travail intitulé : L'Hwpiee mliwnl rfir trikiutal rirohtiomain. Pari», 1890,

in-8' (Extrait de la Reçue de$ fverimu kiiteriquc*). auquel, pour de plus amples détails, nous renvoyons le lecteur.

1,1 Les pièce* relatives a cette «(Taire sont particuliereaie.it classées dan. le carton coté F"/i i(i7. Elles ont été en partie reproduites |«r M. Alei. Tiint, dans l'Auittmtrt puMiqat i Paru, t. III, p. 1 U-iâg.

chcvéché. Le projet fut abandonné'11. Il fui question, au 10 août, d'y installer Louis XVI et sa famille"'.

A In fin de mai 1793, des assemblées des commissaires des 48 sections, sur l'initiative de la section de la Cite (assemblées ayant formé un groupement distinct de ceux qui sont inexactement confondus sous le nom de Club électoral, mais qui paraissent la continuation de X Anrmblée centrale de salut public formée le i" avril W). se réunirent ù l'Archevêché les 98 et 39 mai et eurent une part active aux événements des 3o mai, 1" et a juin 1793

En 179?! . on établit dans les jardins (c'est-à-dire entre Notre-Dame et la Seine) des ateliers, des forges et des fonderies pour le service de l'armée 5I. C'est à celle

(l) Un membre «lu Comité de» inspecteurs de la salle dit : r\'ou< avez chargé votre Comité d'inspection dp s'occuper de. . . la révision des trois projet» que j'ai eu l'honneur de soumettre , il y a quelques jours, à votre délibération. . . et de vous présenter un nouveau plan ... Si la forme elliptique a donner aux banquette*, en plaçant le président an centre de l'ellipse, paraissait être et /tait de fait la plus avantageuse, le grand inconvénient de vous déplacer et de vous éloigner de vos Comités ]xnir aller, pendant trois semaine», tenir vos séance» à la «aile de l'Archevêché, devait faire rejeter ee plan.- (Version du .VontVrur, séance du 17 décembre 1791.)

(1: 'Proposition faite à l'Assemblée législative par une députation du Conseil général de la Commune, a l'effet de choisir le palais de l'Évccné pour la résidence du roi et de sa famille, lieu central, pins commode pr sa position pour la surveillance de» magistrat» qui vont (Ire chargés de cet important dépôt. » (ProcètrertHit de l'Aitemblée tegiitalivt, du 1 1 août 179».)

<*> Voirci-dcssu», p. i3i et i33.

<•> Le 08 mai, la section de la cité, réunie en l'église Notre-Dame, e»t informée que *la Commission des douze a fait arrêter son président Dohsen et «on secrétaire Maurieiino. -L'indignation est générale»; on décide de convoquer les commissaires des 47 «.«lions. (Cf. Stction de ta cité. Aftemblée générait permanente. Paris, s. d., in-8\ (Ilibl. nal., Lb'y43i.| — Le lendemain, »g mai, -le* citoyens composant la section de la eilé, ensemble le» commissaires des 48 si-etions de la ville de Paris, se sont réunis à la salleile l'Assemblée électorale... etc.*. Ou lit le praeès-vcrbil de la veille. •■Citoyens, dit le président, vous éles invité», par . de la cité, de vc

aviser avec eux sur les moyens de sauver la patrie. Les ennemis il rombaUre existent dans cette commission monstrueuse des Doute, établie par la loi du 18 de ce mois-, etc. Après la vériûcatioo de« pouvoirs des commissairra et nne longue discussion , * plusieurs propositions sont faites; il en résulte que, demain, a 7 heures du malin, l'assemblée, exlrourdioairerneut convoquée, il sera pris définitivement des mesures pour sauver la llépublique». (Cf. Seetim de la cité. A'temUet permanente. Paris, s. d.. in-8*. yBibl. nal.. Lb**/43i.> On lit au coinple rendu de la Commune de Paris du 3o mai : »Sur les observa lions présentée» par le procureur de la commune, qu'il se répand des bruits qu'il se lient à fÉvécbé une assemblée qui |H>urrait inquiéter les citoyens, le conseil général. . . arrête qu'une députation de quatre de se» membres se rendra siir-le-ebainp au lieu de cette assemblée ... Le inaire, instruit qu'il se prend a rËverhé de* mesures un peu vives . annonce qu'U s'y rend .et le conseil nomme six commissaires pour raccompagner. . . Le maire revient de l'bvéché; il s'est fait présenter les arrêtés pris dan» eetlc assemblée. Il en résulte que les citoyens qui s'y étaient réunis se sont'déclarés en insurrection et doivent fermer le» barrière». Le maire et ses collègues ont fait inutilement toute» le» représentations possibles pour le» engager a suspendre l'exécution de ces mesures. - — Le même jour. Tiine députation de» citoyens réunis à l'Évèché fait pari de l'arrêté |«r lequel.se disant muais de pouvoirs illimités des sections, ils déclarent la ville de Paris eu insurrection contre les factions aristocratique* et oppressives de la liberté* . etc. (Compte rendu du Afoiwlr«r, réimp., I. XVI. p. Ô17.)

" -Derrière la maison archiépiscopale il y a un 1, sur la rivière, qui était commun aux eha-

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE \ L'ARCHEVECHE.

période <jue se rattache le dessin si curieux, conservé dans la collection Deslailleur, que nous reproduisons (p. 1 35, Kg. u6)l'', et dans lequel on peut voir, dans la partie droite, les hautes cheminées des ateliers qui étaient spécialement consacrés, croyons-nous, à la fonte des cloches. Les premières mesures, ou du moins les mesures décisives prises par la Convention pour une fabrication extraordinaire d'armes à Paris, se trouvent particulièrement dans le décret du a3 août 170,3 's' ppour l'exécution de la levée en masse*; on y lit en effet (art. 5) :.

«Le Comité de salut public es» chargé de prendre toutes les mesures pour établir, sans délai, une fabrication extraordinaire d'armes en tout genre qui réponde à l'état et à l'énergie du peuple français?, et plus loin : «L'établissement central de cette fabrication extraordinaire sera fait à Paris*. 11 ne fut point question de l'Évèché dans les premières installations d'ateliers d'armes, pour lesquels on choisit d'abord la terrasse des Tuileries le jardin du Luxembourg et la place de l'Indivisibilité ci-devant royale; nous ne pouvons suivre tous les travaux, arrêtés, rapports, etc., concernant la fabrication des armes à Paris; ils sont innombrables; on trouvera d'ailleurs, pour la première période, de nombreux détails dans le rapport de Carnot fait en novembre 1793

Dès le mois de janvier 179&, cependant, on voit que <r l'assemblée générale des trois administrations de la fabrication extraordinaire d'armes s'est tenue à l'Évèchc- (Recueil Aiurd, t. X, p. 568). Dans un arrêté du Comité de salut

noincs. L'entrée était interdite aux Ceci mes. En 1 793 et 1796 , un avnit établi dans ce jardin des atelier* et des forces pour les années. 1 (Miroir historique, par L. Pr<diio««i, op. cit., t. III. p. 97.)

Ccdessin porte, dans la collection Destailleur, l'indication suivante: eVue du pont Notre-Dame . de l'Archevêché. — Dessin de Nicole. L'indication I W du pont S'oire-Dame constitue une erreur certaine, le |»nl Vitre Dame étant de l'autre c<ité de la Seine, dan* l'alignement de la rue Saint-Martiu. NieoUe (Victor-Jean), peintre, dessinateur et jrraveur a l'eau-forle, né» Pariii, le 18 octobre 1754. inonnil le 96 janvier 1896 (cf. Manuel de l' amateur d'estompés, par M. \* Blanc). Le dessin colorié que nmi> reproduisun» (qu'il soit de. Nicottc on d'un autre, ror il y a lieu de faire toujours dea réserves pour les attribution* relevées dan* la collection Dérailleur) peut être, en to<ile sûreté, daté dea dernières année» du xvm* siècle, les ateliers d'armes ayant été entrepris en 179*1, elle quai de l'Archevêché (voir p. 1 Vj, note 3)ayant été établi en 180*. t> dessin a déjà élé reproduit «ans explication, en |hirliculier dans Les epmrlirrt de Parit . de M. tï. Lrro'ilre (pl. 3o).

Ill'f. BH ii>iri>L-. - I.

|!) Ce décret a été puUié in extenso par M. AenaD. op. cit., L VI, p. 7s et suiv. — Les mesures précédemment ordonnées concernaient spéeialenient l'activité de* aleJien de province. Le s3 août 1 793 . le Comité de salut public prit quatre arrêtés qui commencent ainsi Voulant accélérer par

tous les moyens possibles lu fabrication extraordinaire d'armes à feu qui eu e'trr établie ineeuammeiU ii Pari», etc.». (Recueil Auut». t. VI, p. 69.)

■'' Un arrêté du Comité de salut publie, du 9 '4 août 1793 ordonne »que le citoyen Poyet , arcuileeJe , sera autorité a faire construire des ateliers nu forces pour la fabrication des armes : 1* en admurment et dans toute la longueur de la terrasse des Tuileries donnant sur le quai», etc. Cette mesure fut rapportée le 98 août, et il fnt arrêté «que le travail projeté aux Tuileries sera fait aux Invalides». [Recueil Amiaa. t. VI, p. 84 et iA3.)

14' Cf.' La Correspondante de Camol, publia par E- Ciiiiuvi», t. lit. p. &70. Voir aussi, d'une manière générale, les arrêtés du t Comité de salut public pris a la suite et en etéculinn du décret ilu •j3 août, i llecueitdrsartn du Comitéde salut public, puhlié par F.-A. Ai Lia», t. VI, p. 80 rt suiv.)

public «lu a février 170/1, il est question d'un (rarrêlé de la section de l'Unité qui fait l'offre de son temple de la Raison"' pour le convertir en une raffinerie de salpêtre-. Tous les locaux voisins de l'Kvèehé devaient être, au cours de celte période de dévorante activité, accaparas pour la fabrication des armes. Le t 8 mars 1 70/1, le Comité de salut public tr arrête que le petit cloître attenant au ci-devant chapitre de Notre-Dame servira à l'établissement d'un atelier de dérouilluge de pièces et adoucissage des canons 1. Le ao mars, le même Comité, r considérant qu'il est instant d'organiser les élèves arrivés de tous les districts de la République pour suivre les cours des salpêtres, poudres et canons, arrêle. . . que tous les élèves des salpêtres, poudres et canons et les cinquante charpentiers nommés à Paris se réuniront le rr germinal a lu salle de l'Évêché-.

.Nous en arrivons ainsi au document qui fixe d'une manière précise l'origine des constructions que l'on remarque dans le dessin de Nicollc ; c'est l'arrêté du Comité de snlut public du ti3 mars 1796. ainsi conçu : * Le Comité de salut public arrête : i° que le terrain ci-devant appelé le Jardin des enfants de chœur, à la pointe de l'île Noire-Daine, sera mis à la disposition de la commission des armes et poudres pour le service de la fonderie de Daumy; a" que le département de Paris sera chargé de l'exécution du présent arrêté et d'eu rendre compte au Comité vingt-quatre heures après la réception 2 -.

On remarque dans le Manuel du Mijagenr à Pari» Jl, pour l'un u l p. i.'lti) : * Manufacture de cuivre : Daumy aîné, enclos de lu Cité, 11° 5; Daumy jeune, même maison^.

Les frères Daumy (a (M* Dauuv) étaient en effet fondeurs de cuivre, avant la Révolution; ou ne trouve plus trace de leur installation dans la Cilé après 1802

l" Ln décret «If- Ij Cunvi'iilioii du ni no- Pau... contre les entrepreneurs des monnaies wwbre 1 7rj3 avait «Aigé la nkifti-o^il • de Pari» en de doehc du département de Pari» et de» départe-

temple de la Hjiisoii-. inculs cirenuvoisins f . . . *Le« citoyens Dauny

<"> Papim du Çatabé ilr Snlnt finMic . par K- frère» ont lu avec la plu* grande surprise la mite

V, AcLiait, l. XII, p. 111. insérée (dans \e Joxnuil de Parie du 16 pluriA<e|

Manuel du voifogeur à P«rit Paris, an iv, contre Ion entrepreneurs de monnaie de brou».

11-18. (Bil)t. nat., IV/ooio,.) Commères citoyens «ont les véritables auteurs et

"; l> texte publié par M. Aulard indique Dati- entrepreneurs de la fabrication de o-lle

inj, et celle version est, rrnyoiu>-uoiis , ei»rtc. On et qu'ils ont fabriqué a Paris, dan* les momcnLs

■elive en «'(Tel, dans YAlmanaeh de Pari» pour le» plus urgents de la Hépablique, |>our environ

17149. de l<e*cl:ipart, à la liste des fondeurs de 6 millions de flaons. ils proviennent le directeur

enivre: -Itomv, rue de In Verrerie». I* Manuel du de la Monnaie de Pan qu'ils vont le prendre à

'vyngtKr indique aussi, comme on levoit ci-contre, partie devant les tribunaux», etc. %oé : "Pour

1rs frères Itoumj. Ijp telle original de Parrété du pouvoir : tlanny Mres, am Marnabiles, place du

Comité de salut publie (Areli. nal., AKu, »i!>) Palais-. Le» Baroabiles se trouvaient sur lem-

|iern>ellr.>il ce|wudant de lire Ikvmy. Il est question pincement actuel de la Préfecture de [«'lice, en lare

< nlin des frère* ftiim» dans une réponse insérée de la partie du Palais de ju*tire voisine de la Sainti--

dons le Moniteur du ii février 179! -à une dé- Chapelle, dont ils étaient séporés par la rue île U

île S011I011 . directeur de la Monnaie de ftanllerie. (Voir le plan de VianoruT.)

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE \ L'ARCHEVÊCHÉ. 13î)

ut, comme c'est à cette époque que fut construit le quai de l'Archevêché, les indications que nous avons données ri-dessus se trouvent, par ces détails, confirmées.

Le -j vendémiaire an m, le Comité de sûreté générale arrêta l'exécution immédiate du décret du a« fructidor an u, ainsi cunçu : irLa Convention nationale

CHW'ITRi: II.

décrète que la totalité de la maison ri-devant dite de l'Archevêché, sera employée à l'usage du grand hospice* d'Humanité de Paris; charge ia commission des secours publics de prendre sans délai les mesures nécessaires pour meltre à la disposition dudit hospice les diverses pièces qu'il n'ocrupe pas dans la maison du ci-devant Archevêché *.

Le lirun, architecte, fut chargé, avec llenuud. comme inspecteur, d'exécuter ce travail, et nous lisons dans un rapport du 8 vendémiaire an m : «Nous avons fait démolir l'amphithéâtre de ladite salle . . . de sorte qu'il ne restera plus aucun vestige de l'établissement intérieur de l'amphithéâtre a 9 heures du soir'1'-.

Celte démolition provoqua des troubles que l'architecte raconte ainsi dans une lettre 1 lu 1 tt vendémiaire:

Le jour île la décode et I'' précédent, beaucoup de rumeur parut dans la section; on se récria contre celle opération qu'on Imita de dévastation. La section noitiitin deux commissaires pour en examiner. Je fus traité de scélérat, de contre-révolutionnaire, pour avoir obéi et fait mon devoir. Après la pétition de la section de la cité, la Convention ayant décrété In suspension de» démolitions , les cilovens Vanek, Boissclle et liunneau sont venus dans la salle, ont renvoyé les ouvriers par des propos menaçants . ont fermé les partes, mis des radenas. ont avancé que sous peu ils seraient vengés de tous les scélérats qui avaient participé à la démolition de la s.vlle el notamment de moi, qui leur paraissais le principal objet de leur vengeance. Lu 19, j'ai reçu un ordre de la Commission des secours de suspendre les travaux 2 .

L'amphitliéàlrede la salle électorale fut-il complètement démoli a cette époque ? v eut-il un rétablissement, comme l'indique le Moniteur'*^ Des obscurités demeureront toujours sur tous ces détails. Il en demeurera de même sur l'exacte partie des locaux occupés par l'Infirmerie annexe de la Chirurgie (dit aussi Hospice national) dans les dépendances de la seconde cour, par le Grand Haipiecdc l'Humanité (Hôtel-Dieu) dans les bâtiments de la première cour, l'officialilé el ses dépendances, enfin par les diverses sociétés qui avaient concurremment leur siège et leurs assemblées dans l'ancien Archevêché

Lorsque, particulièrement après thermidor, la Conciergerie put suffire aux

11 Airti. nul., r ,J/i 167. 1 Voir aussi T.intv.l»ititanct publique, t. III .p. 1 5o et sinv.) \jes détail» qui suivent «ont puisé» aux mêmes sources. Les plans signés de Le lirun que nous reproduisons cicontre t li(j. S7 cl 38), bien que tires d'une autre série (Arrh. nat.. V. Seine, n* non . nous paraissent, pur leur dnle et leur nature, se rattacher à ces travaux. — Il a été question de Renaud cidessus (p. i.t 1 1.

'*' Le décret de la Convention "portant qu'il sera an-sis a la démolition de ta salle de la Société populaire de la section .le la cite- est daté du 1 1 vendémiaire no 111.

<'> "La section de la cité dénonce que la ssllc dans laquelle la Société populaire de «lie section tenait ses séances a été démolie, et elle sollicite son rétablissement pour y tenir elle-même ses séances. La Convention. . . décrète qu'il sera sursis provisoirement à la démolition de la salle dont il est question. -

Des bureaux de recettes pour les impôt- v furent même établis. Cf. Etat det 16 arrmdinemenU de rrtttU pour la rilte de Paru. Le comité ilu in' arrondissement (M. Dutremblay. receveur) avait son siège : première cour de l'h'veché. (Areli. nat.. ADxvi, f»q.)

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE À L'A II G II K\ ECHK. Ml

IVJ CHAPITHK M.

détenus qu'on lui envoyait, on songea à utiliser les locmix devenus libres et. en germinal un m, on décida a y établir une école-clinique de chirurgie".

L'architecte Le Brun, do.it nous avons déjà parlé, fut chargé de la disposition des locaux, et, le 39 messidor an m, il adressa à la Commission des travaux publics un rapport « concluant à la démolition du comble de la grande salle électorale et d'une tour, servant jadis de prison, faisant prlie des bâtiments de l'ancien Archevêché"*.

L'Assemblée législative avait décrété le 19 juillet 1 ";(•« ' «que les ci-devant palais épiseopaux seraient incessamment vendus au profit de la nation-; des détails qui précédent il résulte, de toute évidence, qu'en ce qui concerne du moins le palai» èpwropal de Paris, ce décret ne reçut pas d'exécution.

Nous passerons rapidement, malgré l'uboudance des documents originaux, sur les années qui suivirent. Lorsque, après le concordat, le palais dut être restitué a sa première destination, des travaux de restauration apparurent bien vite comme indispensables, eu vue de réparer à la fois les dommages du temps et ceux causés par des appropriations successives et variées. Les alentours de Notre-Dame avaient été profondément modifiés : on avait créé des quais, des rues nouvelles1'.

En 1809 et 1810, des sommes importantes furent mises à la disposition de l'architecte Poyct '<. et des réparations utiles ainsi que des installations nouvelles

" L'un été du Comité de «four» public* relatif à relie affaire est du 17 germinal an ni: mai* 1rs difficulté de riu»lalbtion furent grandes. Ce ne fui qu'en Tau mi que le Ministère de l'intérieur donna définitivement son approlulion. ( Areh. uat. , K"/nli-. llap)H>rr» divers. Vnir aussi l'ouvrage de M. Mon Lioumid, op. cit., p. Ht. j

" Nous renvoyons aux détails donnes ci-dessus sur celle affaire, p. 109. Cette «Vide était une dépendiiiire de l'Ilotcl-Dieu. Voir l'ucaJe de la toile Je rÊcolt-cimvftte d- ckirmrffi* du grand katpiee Je t Humanité. Plan. l'Arch. nal., N\ Seine. 1 »o;| I

(v -L'Assemblée nationale. . . considérant que les ci-devant palais épiseopaux, sont par leur «tendue, un logement mqwrnu aux cSApie* actuels: que leur somptuosité est peu convenable a la simplicité dè leur état . . . décrète : Art. 1 ". Lcé cidevaul palais il)>i*copâux , même ceux "ti ont élé acheté» ou fournis en rempltireincut jusqu'à rejour, ainsi que les jnrdius et édifices en dépendant, seront rendus iiuessaiiiiiieiil au profit de la nation dans la même forme que les aulrcs biens nationaux. — Art. i. Il sera accorde" annuellement a chaque

lui leoir liai de logement - . de. 1 Piwh-rrrkal de la l.ëffitlalire.)

(> Diverse» décisions minislérielles de l'an xi el de l'on xii lixèrout l'ouverlnre et l'alignement de la rue du Cloître-Notre-Dame entre le quai et In place du Parvis. (Cf. Fï/fc de Paru. Sumenrkturt de* rote* publiqutt et privées. Édition de 1 808 , p. 199.1 \er> le maille temps, un quai nonra»' d'abord qttai (Uititutt fut établi sur les jardins de l'Arelieverlié, D'après F. Ijiarr. ce quai aurait existé dè» le 11V siècle: -Il était réuni a letuplnreuient dit le Terrain et en portail le nom. Il fut dan* la suite enfermé dan» le jardin des Chanoines île Noire-Daine. Il 0 été nommé, en l'.m mi. quai Câlinât", t IHetiottuairt administratif tl hittoriqtte dtt rua de Paru, p. *6.) Des décret* des 49 mars 1809 et 10 février 18 10 ruèrent 1'aligiieuicul du faut de rArelieeiehé. il'/. F. I.iiirf. op. et/., p. ûft. 1 On voit . *nr le plan de Trusrlie». celte déhignation : Le TerriH . à la pointe de lu cité, presque en face de la porte de U Tonnelle.

Voirie rapport signé Poyet. du '^décembre jH 10, portant: «Palai» *rcliiépiscn|«l, restauration des bfllimenls. Ce palais qui, sans y comprendre

L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE A L'ARCHEVECHE.

furent exécutées'1'. Pendant le premier Empire et la Restauration, les travaux furent tels et en si grand nombre, qu'il serait ;m possible de les suivre W. Ils ne précédèrent d'ailleurs que de peu de temps la disparition complète des bâtiments - hospices, infirmeries ou palais — dont nous venons de résumer l'histoire.

L'Archevêché fut, comme l'on sait, livré a un complet pillage au cours des journées des li, i!> et 16 février 1 83 1 . Un service funèbre célébré, en commémoration de la mort du duc de BcrryW. à Saitit-Germain-l'Auxerrois, fut considéré par les partisans de la révolution de juillet comme une <r provocation des carlistes et des prêtres *. On criait : r A bas les Jésuites! À bas la congrégation! r. A Sainl-Gerrnain-rAuxeri'ois, une croix fleurdelisée est abattue : «Pendant les travaux n, on disait dans la foule : --C'est l'archevêque qui a autorisé le service-: alors des centaines de voix ont crié : «À l'Archevêché! A l'Archevêché

Ces détails nous sont donnés par le Constitutionnel. Une Relation publiée par les adversaires du pouvoir est plus explicite:

Le mardi i.~>, sur les neuf heure* ilu mutin, une bande de deuxù trois cents individus força les grilles de l'Archevêché qui avait déjà été saccagé au mois de juillet. Depuis celle époque. Monseigneur l'archevêque avait fait réparer et meubler à ses frais quelques pièces, alin de s\

le*- cours, contient une su|>er(kic de Û53 toisas nmwr, etc. I>'inlére»»nts détails suivent ( Wh. liât.. F'Vioî'i).

" Le dossier colé aux Archives national» r''7io3.i eunûcnl une masse énorme de mémoires, lettres, etc.. relut i (s aux travaux exécutés do i8o4 à i8tô à Notre-Dame et à l' Archevêché. Noter eu particulier un plan de Poyel intitulé : -Plan général do» écurie* et remise- du palais archiépiscopal*.

Or. Dossier F"/io3'j. Archive* nationale*. — I.. Pat momie donne dans son Miroir hiiloriquc. publié en 1807, les détails suivant* : -Le Gouvernement a fait abaUrc tout» 1rs nuisons qui entouraient la cathédrale. Ce monument curieiu est débarrassé de Iniitcequi lobau-nait : la porte du cloilre démolir; l'on a reculé la iwtion du bâtiment de l'Ilotel-Dteu qui masquait le jiortail de Notre-Dame : une lai*ge rue conduit au pont de la Cité*. 1 (Jp. cil. . t. III. p. 8».) La porte du Cloître dont il est ici question avait été liâtie par BostaAso (voir Topographie de lu Fronce, V\ iht t. C'est du cAté du Uollre que «c trouvait, croyons-nous, la partie que l'on nommait autrefoi* le petit Archevêché. Tallemant des Rénux écrit à propos de Ménage : - I.abbé de Itrlx le reçut de fort bonne grâre. car. 11 niant point de chambre cbei lui (il était déjà ou jietil Archevêché) . il envova ordre par tout le

Cloître de ne louer aucune chambre a M. Ménage, et lui. lui en loua deux à se* dé|<eiis, quasi vis-àvis de son logis*. ( Hitloricltrt , éd. de 1 Htio, l.-IV, p. 100.1

CF. Relation exacte de ce qui t'ett patte le 1 i Jèviier i83t, an unité fvurbre cèlibrè peur le repo* de l'âme de ton A . fi. moateiffnevr le due de Berru, dont Ciglite Saint-Gerinnin-I' iurerroit. Poris. s. d., in-8*. (Bibl. nat., Lh"/484.)

■'' Cf. Grandet noureJIct intèrettunlet contenant îles détitiU curieux sur Itt événement* ar/i'e/v it Pari* . le ti février 1W1. Nancy, s. d., in-8' (llild. nat.. l.h"/487). Extrait du Constitutionnel. L'exemplaire de la Bibliothèque nationale contient une pièer curieuse. C'est le Prospecta* de l'entrepreneur de In démolition du palai» d? l'antien archevêché de Paru. Il annonce qu'il «vient île mettre eu vente les deux pavillons construit» en pierre et hi grille tonnant la principale entrée dudit Archevêché, le tout wiivaut le dessin ri-dess*is*. Le dettin joint montre en effet ledétad du pavillon et de la grille, qui paraissent être eeux-la mêmes qu'on remarque en 1789 en différentes gravure». I.e même entrepreneur roffee aussi une quantité considérable de bon» matériaux. . . colonne» doriques, parpaings (aie), marches d'escalier ... le tout a des prix très m<>. dérés-. Ce Protinvtut ne porte que la date de 1 H3i.

pouvoir loger avec se» grands vicaires, Tous les meubles ont été brisés eu un clin dVil : le liDj;e, les livres pillés, emportés ou jetés à l'eau. Les parquets même», les cbissis des Jéiiètres, les portes, les marbres des cheminas, tout a disparu. Quand il n'est plua rien resté a détruire dans l'intérieur, plusieurs individus sont montés sur le* toits et ont commencé a démolir la charpente et les murs '■'>.

Ces troubles qui coïncidaient avec le* journée» du carnaval et pendant lesquels presque toutes les églises furent visitées par les éineutiers, causèrent une émotion dont on trouvera les échos aux débats des Chambres. Les amis du gouvernement de juillet soutenaient que les partisans du pouvoir tombé les avaient provoqués*'),.*'! une brochure, qui est leur œuvre, nous apprend que la fureur des éineiiliers fut telle, que truite foule considérable s'est portée sur la maison de campagne de l'archevêque, à Gonflai» , et l'a entièrement ravagée*'*.

La dévastation faite ne comportait point de remèdes. Une ordonnance du 1 3 août 1 83 1 prescrivit la démolition de la totalité du palais. La loi du 8 juin 1 837 concéda à la ville de Paris remplacement occupé par cet édifice et toutes ses dépendances, à charge d'y établir une promenade. De là, ce square de YArcheoéelté qui pare si heureusement le chevet de Notre-Dame*»1.

Ainsi disparut l'ancienne Mcson de l'évéque dont il est question au Livre de la taille de Paris pour tan 73,9 a ,i\ et où siégea la Constituante pendant quelques jours en 1 et les longs siècles qui séparent ces faits expliquent pourquoi nous avons dû nous y arrêter aussi longuement.

Relation cracte des événements >{*i ont eu lieu dans Para, pemlant le* journées des ti, iS et 16 février tSSt. Pa.i«, s. d.. in ■«-. i.Rïbl. nat., IJi"/486.)

1,; -On parle beaucoup d'une pioce émin-V d'Holyrood, résidence actuelle île Charles X en Irlande , et dans laquelle il donne le plnu de conduite : -Ifcins le* département* du Nord, pousser a de» instille* et des violations de territoire au-delà d'1» fionliéres pour exriler les puissance*. . . .A Paris, pousser au républicanisme . . . En province, ev riler contre Paris, rte.-. \ Relation officielle de tous la événements qui ont ru lieu à Pari», pendant Itt journées des ti , 1 ô et 16/èrrier t83i. Paris, s. d.. in-8\ (Bihl.nat., Lb"/A8r.. p. 16.1

p> Même brochure , p. ifi.

1,1 Le square de l'Archevêché se trouve, avec les quais et les rnei qui l'entourent, sur remplacement du Terrai» , dont il a été question ci-dessus (p. lia, note 3 ) , el qu i donna lien , en mai 1703. à des rérlamalinns de la section Notre-Dame. On

trouvera des détails sur cette affaire dans les brochures suivante* : A Messieurs de l'Assemblée nit'umale, ti Messieurs du département de Paris et a Messieurs les commissaires et régisseurs des dotnaine* nationaux , les citoyens de la paroisse mètnpolitniitt de Notre -ftame de Paris, soussignés. — Paris. 14 mai 179a. in-8' (liibl. nat.. Lh'/onjô). — Extrait des registres des délibérations des assemblé** générales de la section Motre-Dnme, 19 mai 170,1. Paris, 179a, in-8* (Bibl. naL, Lb"/aoo6). — Mémwr à Messieurs de l'Assemblée nationale pour les citoyens de la section Noire-Dame. Paris {». d.), in-81 (Bibl. nal.. Lb"/aoio). Pour l'ewplaccnient evocl de cv que l'on nommait le Terrain au commencement du m" siècle, consulter In Topographie de Paris de Maisï, pl. ia* (Paris, 1808. in-8*. Bibl. nat.. U'/6o87). Voir aussi ridessus, p. lia, nn4« 4.

' Cf. Paris tous Philippe le llel. . , contenant le râle de la taille imposée sur les bMtonls de Paris en 1901, par II. Gaaii». Paris 18^7. in-V.

LV SALLE DU MAXÈGK

du 9 iTOiwnbn» 1 7H9 h la fui <to In mmva. — •Jonientign ju-x]u'ou <» nui 179S.)

ORIGINES du manège. LES TULBRIES AVANT CATHERINE l>K MttMCIS. LES ÉCURIES DU

ROI. LE IR EMPLACEMENT. ACQUISITIONS PUTES PAIi CATHERINE DB MKDICIS.

LE MANÈGE NOS COUVERT. - — LES TRAVAUX MES TULERIES JUSQU'EN! 1 6 1 O , D'APRES LA TOPOGMPniK HISTORIQUE l)V I /Kl J PAttK.

La salle dit»* du Manège que rassemblée nationale avait choisie, le g octobre 1789, pour s'y établir définitivement, ne présente, quant à son origine, aucune des obscurités que Ton rencontre daus les divers locaux étudiés précédemment. Nous avons en effet, sur l'édifice même, les données les plus précises. Pour le manège proprement dit, considéré on dehors de cet édifice, les incertitudes sont plus grondes. L'établissement de grandes écuries et d'un manège non couvert dans le voisinage du château des Tuileries, et très sensiblement sur l'emplacement actuel de la rue de Rivoli, est lié à l'origine même de ce château; aussi croyonsnous utile de résumer ce que l'on sait à cet égard.

L'étude la plus complète sur cette matière a été faite par M. Adolphe Bei ty dans la Topographie historique du vieux Paris M', nous no saurions mieux faire que d'analyser brièvement ce qui se rapporte 4 notre sujet; le lecteur pourra aisément compléter l'analyse, et. les éléments de cette recherche se trouvant dispersés dans l'œuvre de M. Borty, on en suivra mieux ainsi les développements. Nous aurons enfin, dans le tome II du présent ouvrage, à traiter du château même des Tuileries, à propos de la Salle des machines et de ses annexes où siégèrent la Convention et le Conseil des anciens; on ne sera donc pas surpris do voir traiter ici longuement l'origine du célèbre château.

Discutant une note de Jaillot portant, à propos des vieilles Tuileries, qu'il «y en avait trois en 137a-, M. Berly écrit :

U« Tuileries, Trrra Tfffularionun , voisines rlu faubourg Saint-llouoré, Bout mentionnées dans doux chartes, l'une de ta33, l'autre Je m-jh, et par conséquent, de quelques aimées

Tolmsravkir hi,lor.q«c d* r.'rw /V». Région du Louvre et de» Tuilerie*, 1. 1 et [I.

seulement postérieures aux première documents où il soit parlé des tuileries du faubourg Saint- Cermain; en réfllité , rien n'apprend qu'elles étaient les plus anciennes. A celte occasion . Jaillot a tort de rappeler le nom de la rue des Vieilles-Tuileries, attendu que cette appellation remonte à peine à la fin du xr* siècle. Quant à la multiplicité des tuileries de la rive droite . elle n'est nullement confirmée par nos recherches : les actes et les inventaires de l'Evècbé énoncent à peine cinq tuileries, dont quatre seulement «ont indiquées d'une manière positive "'.

L'auteur étudie ensuite, d'après des documents authentiques, les diverses Tnileries, puis, après avoir décrit Remplacement de» Tmleriet dans ses rapporls avec le clos des Quinze-Vingts1'1', il arrive ;mx détails suivants :

Sous le règne de Charles VIII, Simon de Ncufville était possesseur de nombreuses terres au territoire de la Ville-l'Évéque. lin peu plu» lard, un de ses descendants, te trésorier de France Nicolas de Neufville, acquit de Louis de Poncheret d'autres individus plusieurs maison*, situées aux Tuileries. Il avait peut-être réuni ces maisons à celle qu'il devait a un don de son oncle, Pierre Le Cendre, lorsque la duchevw* d'Angouléme eut l'idée de venir habiter, pour rétablir sa santé, dnns l'une des propriétés lui appartenant. S'élant bien trouvée de l'air pur qu'on y respirait, elle engigea le roi, son fils, 1 faire acquisition de la maison dite àet Tuileriet, en échange de laquelle François I" abandonna a de Neufville la terre de Chanteloup, près de Montlbéry. Iji commission donnée n la Chr.mbre des comptes pour effectuer celte transaction est datée du t h février i5i8, et ainsi conçue: [Suit le texte in extmto de cette commission, en voici le début : ]

Comme, depuis deux mois en ça, étant de séjour «m notre bonne ville et cité de Puris, ayant, avec notre 1res clière et très aimée compagne la reine et notre tria chère dame et mère, fait continuelle résidence en notre maison des Tournclles ^. assise pris de la Bastide Saint-Antoine: en laquelle notre dite dame et mère s'est, par aucuns jours, trouvée indisposée de sa sauté

Op. cil., t. I. p. 3su.

" On trouvera. dana In» deux volume» de M. Berty que nous utilisons ici. de* détail» 1res intéressants sur rétablissement des Quinie- Vingts; voir en particulier t. Il, p.6i et «ni».: imu» croyons devoir, en outre, renvoyer à un travail sur l'hôpital des Quinte- Vingts d'un savant et consciencieux éruHit . M. Léon Legraud , publié dans In* tomes XIII et XIV des Mémoires de la Société de l'Histoire de Paru; la topographie des Qiiin/e-Vingt» y est étudiée particulièrement t- VIII, p. i6j el suiv. — (m lit dans des lettres patentes de François I", de mai tâl6, que «saint Ixmiis avait fondé, enti* antres établi-sements hospitaliers, la maison et hôpital des Quiuic-Vingts eu mémoire et reeonl*tion de trois reiiLs chevaliers qui, en son temps et règne, auraient eu les yen» crevé» pour soutenir la fui catholique n . M . Iterty qui ci te ces textes ( op.cil. , I. I, p- (il) est d'avis que si l'établissement des Quinte- Vingts remonte bien véritablement à saint Ijouis. le» motifs invoqués ne sont pas prouvés. —

»En 17-n, le cardinal de Rohan. grand aumnuier de France, qui a laissé son nom à In rue où était autrefois l'hôpital des Quinie-\ ingts , le transféra dans le faubourg Saint-Antoine, rue de Charenlon , n"38. où cet établissement subsiste ciicnre aujourd'hui.* (Pari, mu, Philippe le llel, par II. Ce.ud. p. ."lol-l On trouvera sur le» incident» qui marquèrent ce transfert les détails les plus euriruv dans le travail cité plus haut de M. liéon I^egrand.

rllotel des Tmirnelle» était ainsi immnté à cause de plusieurs petite» tours qui l'environnaient . et il était situé vis-à-vis IlIAleJ de Saint-Paul. Il embrassait le terrain qu'occupent aujourd'hui la place, Koyale. les Minimes, la nie de ce nom, ainsi que celles des Tnnmelles . du Foin . de Seiint-f^Ules et dn Paro-Koyal. . . Moi ro s, depuis le rétablissement de Charles MI , en tirent leur demeure el le préfitorenl à relui d>- Sainl-l'aid. Henri II fui le dernier qui l'habito.» (Hurtanlt el Magin, np. cil. , I. III . p. a«».) Voir, pour ces divers emplacements. I" plan de Troschel.

L A SALLE DU M AN KG E

corporelle. Uni a l'occasion de l» situation du lieu, qui est humide, paludeux et en basse assiette, voisin et pris des immondices et égout de l'un des quartiers de notre dite ville, que autrement; à ces causes. . . nous même en personne ayant vu et visité certaines maisons et édifices, cours et jardins clos à murs, appartenant à notre ami et féal conseiller, secrétaire de nos Gnanees et audieocier de France, Nicolas de Neufville, chevalier, situés et assis es faubourgs de la porte Saint-llonoré (,\ pris et joignant les fosses de cette dite notre bonne ville et cité de Paris, et de la rivière de Seine, sur le chemin allant de ladite porte à nos bois de lloulongne et Sainl-Cloud lesquels nous avons trouvas de notre part, et aussi par le rapport que fait nous a été par gens experts et en ce connaissant, être en bel air et en belle situation; principalement pour re que notre dite dame et mère, puis aucuns jours, s'est continuellement tenue ës dites maisons et tient encore à présent, el 1res bien trouvée en disposition et santé de sa personne, au moyen de quoi elle a désir et affection de soi y tenir souvent, parce que l'air et situation du lieu sont propres et convenables pour la santé de sa personne, et nous, semblablement, pour y prendre notre plaisir et récréation, et pour autres nos commodités et

Le reste de la commission est consacré" au règlement des vente et échange faits; il ne rentre pas dans notre sujet.

Telles sont les circonstances, continue notre auteur, dans lesquelles la maison des Tuileries devint propriété royale. Depuis, elle ne cessa jamais de Titre, bien que, par lettres délivrées à Lyon, le i" novembre »5a5, la duchesse en eût gratifié Jean Tiercelin. maître d'hôtel du Dauphin, et Julie Du Trot, sa femme, car ce ne fut que par don viager, comportant le retour à la ronronne, lors de la mort du dernier survivant des deux éponx. Nous avons constaté, érril plus loin M. Berty, que la maison cédée à la duchesse d'Angoulémc ne s'étendait point jusqu'au clos des Quiute-Vingls, car, dans aucun document antérieur a la construction du palais, les maisons du clos ne sont dites aboutir à Tiercelin ou au roi; mais, au contraire, toutes, jusqu'à la hauteur de celle de Sainte-Geneviève, sont énoncées aboutir au clos Le Gendre, puis aux hoirs Le Gendre, et enfin (en iû5o, i5j4, etc.) au seigneur de Villeroy . . . La jouissance dn clos Le Gendre, dont une partie semble s'élre étendue entre celui des Ouinie- Vingls et l'hôtel cédé à In duchesse d'Angoulémc, échut au premier fils de Nicolas de Neufville; il portait le même prénom que son père cl prit les armes et le titre de sou grand-pire, Pierre I/? Gendre, seigneur de Villeroy. Toutes les propriétés de la famille «le Neufville furent, dans la suite, acquises |wr la reine Catherine de Médicis

M. Berty revient à diverses reprises dans son ouvrage sur les rapports des Tuileries et du jardin avec le clos des Quinze-Vingts ; nous ne pouvons le suivre en

" Il s'agit de la seconde porte Sarol-Honoré . sise dans l'enceinte dite «de Charles V ». Voir, pour ces détails, le plan île Truschet. Pour «remplacement de ta secoude porte Saint-Honoré-, voir dans l'ouvrage de M. Berty. t. 1. Apfmiict VI, la note portant ce titre. De» travaux d égoût exécuté» en 1*466 mirent à jour une partie dos subslniclions «le cette porte.

t*1 -La maison de Neufville occupait donc l'emplacement de cette partie de la cour des Tuileries

comprise entre la grille et ta grande galerie, el die s'étandail le long du qoai ; mais rien ne nous renseigne sur ses dimensions dans les Hen« sens.- (Note de M. Ilerty.)

'*' Un suivra aisément le détail de ces mutations sur les plana restitués par M. Ilerly, qui aecompsgitonl les deux volumes cités.

" Voir, en particulier, nn ehaiitlre consacré à la me Saint-llonoré, TopagrapKr kxttorùfiK i» rieur Pttrit, U I , p. «90.

ses savantes (limitai ions, mais on ne comprendrait pas les origines du manège si nous ne résumions encore le chapitre consacré par lui au r château des'Tttileries au temps de Catherine de Médicis, de i 566 à i58(] "-. En voici les parties essentielles :

Henri II ayant été blessé mortellement nu palais de» Tournelles, sa veuve sembla prendre celte derneurp en «version, et bientôt après elle résolut de la détruire. Elle lit dohr publier, lu 98 janvier i.">(i'i (u. s.), au nota du jeune roi Charles IX, des {«'lires païen les ordonnant In détnolilion de l'hotcl. . . c'était pour le remplacer par le palais moderne des Tuileries. La maison acquise par François I" n'avait été donnée n Tiercelin el à «a femme que pour en jouir leur vie durant. . . Cette condition fut dunoun-au exprimée dans le don de la r maison appelée les Tuileries» fait en t56u, ou i55o h Vespasicn Calvoisin Vivier técuyerdc l'Écurie-, et sans doute aussi dans un troisième don qui eut lieu, au mois d'octobre i55f). en faveur de Seipion Provène (ï). premier écuyer du roi.

Après avoir donné les preuves des mutations de propriétés antérieures a 1 5156, M. Berty étudie les plans adoptés par Catherine de Médicis, plans qui, dans le second volume. Des phis excellent» bastùiienu de Fmner, publié en 1^79. nous sont transmis par Du Cerceau 1 :

Le palais des Tuileries devait être inscrit dans un rectangle. . . dont les plus grands cités étaient perpendiculaires à la Seine. . . Intérieurement, le palais renfermait une grande cour centrale carrée, cantonnée de quatre cours latérales d'une superlîcie beaucoup plus restreinte, séparées entre elle* par un bâtiment elliptique, et séparées de la grande cour par une aile se dirigeant de l'Est à l'Ouest'5'. Ainsi disposé1, le monument était entouré d'un espace limité par quatre murailles : celle de l'Occident, remarquable par un décrochement , servait de clôture au jardin nu parc; celle du Midi longeait le quai; celle de l'Ouest n'était autre que la contrescarpe du fosse de la ville W, sur lequel élail jeté un petit pont; la muraille du Nord était mitoyenne

1,1 Chapitrait, t. Il, p. 1 et»uiv. vraiment royale. Une partie 1

Cf. Le* plut truUenl* hutimmu dt Fntnrr . assis il y a assez, longtemps , mais il n'y a encore

par I.-A. Du Cerceau. Edition Destailleur, l'nri*. qu'un corps double élevé, portant deui faces, ser-

1868-1879, 9 vol. in-folio. (KM. nat., Estampes. vont icetiii de membres de commodités et d'une

V\ 8 a et b.) On lit. dans b courte notice qui, galcrio j°'nt* sn>*»'ble- En l'une de» face* est la

au tome 11 . précède les porlraiti des Tuileries : «Ce galerie dn coté du jardin ; en l'autre sont les com-

lieu était, n'.i pas longtemps, une place aux tau- niodités du coté de la cour.* bourgs de Sainl-Honoré à Paris, du cAlédn Louvre , ;'' Deux plans restitués par M. Berty et publiés

et est côtoyé de la rivière de Seine, où il y avait dans l'ouvrage cité, t 11. p. 8 et 10, montrent

«dédiées à faire de» tuiles, el prés très clairement les plan* primitifs des Tuileries.

d'iedoi y avait quelques beaux jardins. J.a reine :' Il « agit de l'enceinte dilenV (Jun-let V qui se

mère dn roi , ayant trouvé ce lieu bien commode terminait sur le quai par la tour dite iu liait

(tour foire quelque bâtiment plaisant, fit cimmen- (voir Apptndiet», n* XIII, la note relative à lacon-

rer a y bâtir et ordonna premièrement le dessin fusion faite entre la tour du Boit et la tour du

que vous en ai figuré ; avec ce fit dresser les jor- Coin). Sur le plan de Quesnel (1609), on voit

«lins fuyants el ainsi que les \o\tt par nus por- encore la clôture correspondant à leneeinte de

traits . . . le bâtiment n'est de petite entreprise , ni Chartes V, entre la porte Sainl-Houoré et la tour

de petite œuvre el, étant parachevé, ce sera maison cluttnis. mats la grande galerie réunissantle Louvre

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