LA SALLE RU MANKUK
avec des mutons faisant front sur I* rue Saint-IIouoré, et deux écuries s'y appuyaient. O» écuries se composaient chacune d'un bâtiment do trente toise» quatre pieds do longueur cl de cinq loises six pouces de profondeur, à l'extrémité duquel s'élevait un pavillon on retour d'équerre, de cinq toises de profondeur sur une longueur de six toises cinq pieds trois pouces.
Dnns la partie suivant*, intitulée : irLes Écuries, 1 508 *, M. Berty traite dircrtement notre sujet :
Tel était le projet grandiose dont Catherine caressait la pensée; niais elle tien réalisa qu'une faible partie. Toul ce qu elle vit s'élever des bâtiments des Tuileries se borna effectivement i une des écuries, celle de l'Ouest, et à un peu plus de la moitié des corps de logis en façade sur le jardin. Celte moitié consistait dnns le pavillon central, les deux galeries con ligues, le pavillon attenant n la galerie du Midi, lequel ne fut terminé que sous Henri IV, puis les fondalions, et peut-être l'étage inférieur attenant à In galerie du Nord. Elle fit plus pour le parc, qu'elle conduisit a peu près à son entier achèvement, à en juger par le plan Du Cerceau, qui, publié en 1579, est dit représenter le jardin tel qu'il était alors et le château tel qu'il serait. Du reste, nous ne pouvons suivre chronologiquement les progrès des travaux des Tuileries, car les historiens n'en disent rien, et le seul compte existant encore ne fournit guère de renseignements que sur le pare. Toutefois, nous devons croire que l'écurie était faite en 1S681", puisque, dans les comptes des Qainxe-VingU pour celte année, la maison de l'I mage-Notre- Dame et celle qui lui était contiguê sont énoncées aboutissant rnux escuyries du pallais de la Rouie mère*, auxquelles nous savons, d'autre part, qu'on travaillait eu 1570. En 157s, il est de nouveau question de irPeseurie de la reine» qu'en 1609 on appelait rfescurie du royn, et que, depuis, on a nommée la Grande Écurie, pour la distinguer d'autres dépendant pareillement du ï bateau. Le manège annexé & la grande écurie, cl longeant les murs du jardin, remontait à la même époque. Dans le compte de l'année 1S70-1571, il est parlé de cette «carrière à picquer les ehevauln, ainsi que du tertre qu'on fil à l'extrémité; dans un titre de 1387, il est aussi question do la ^carrière de l'cscurie du roi»; dans un autre de 160a, de «l'Académie du roy», et, sur le plan de Mathieu Merian, on trouve enfin employée l'expression le Manïge, qui est restée en usage jusqu'au percement de ta rue de Rivoli, dont l'emplacement correspond exactement à celui de la ^carrières.
Avant la construction de l'hôtel d'Armagnac, le premier écuyer du roi logeait dans le pavillon en retour d'éqnerre de la grande écurie. «Ce bâtiment, écrivait Sauvai vers «66o, bien qu'il ne soit que commencé, ne laisse pas de renfermer une écurie où il lient quarante chevaux d'un seul côté; de la clef des croisées de ses greniers sortent des têtes de chevaux; audessus de In porte est élevée une figure de cheval, qui n'a plus de tête, et même à qui on a rompu les pieds et les jambes, ouvrage cependant de maître Ponce, l'un des meilleurs sculp-
»u\ Tuileries «yant été construite, une ouverture a été faite, pour cette galerie, entre l'enceinte et la tour.
>" M. Berty rectifie, dans l'Appendice V ( t. II. p. 176), cette date. »La grande écurie des Tuileries était, avons-nous dit, construite en 1 568; elle l'était même dès i5G6. car, le 18 aoûti566, Guillaume Vaillant, maître charpentier et bourgeois de Paris, snuniwMunua an prix He 5,»»o livres tournois.
la charpente de» combles, suivant le devis. . . découvert dans les archives de M* Tn'pagne, notaire» [suit le texte de ce devis]. On trouve ensuite deux antre» pièces provenant des mêmes archives concernant , l'une les travaux de peinture exécutés «aux deux encoignures du |Mvillon du bout de l'Esrurie du dit palnis, du côté vers le grand jardin d'iceltii paluis- ; l'autre concerne le jardin loi-même.
ISO
CIIAIMTKK III.
leurs du siècle passé qui soit tenu d'Italie en France." Dans la relation de l'ambassadeur Lippomano, il est dil que les écuries ressemblaient à un palais somptueux, qu'il y avait un appartement pour courir la bague et faire des armes. Les belles planches du Manège de Pluvinel ne donnent que des vues médiocrement fidèles et très incomplètes de l'édifice "', qui comprenait deux étages, était orné de bossages et muni de lucarnes arrondies à leur sommet. L'angle que le pavillon de l'écurie faisait avec le pavillon était racheté par une sorte de tourelle à face portant le fond et disposée en tour creuse; cette tourelle était coiffée d'un dome avec fronton brisé, sur les rampants duquel «'appuyaient des figures couchées. Le pavillon ressemblait à l'écurie; mais, destiné à être habité, il était percé de plusieurs fenêtres, qui ne se répétaient point au bâtiment de l'écurie. La cour située au-devant était close par une porte monumentale, dont la baie en plein cintre offrait une clef ornée d'une téte de cheval sculptée en ronde bosse L'ouvrage de Pluvinel renferme également des vues do la carrière; on y aperçoit ces ressauts cylindriques et rectangulaires du mur séparant la carrière d'avec le jardin, lesquels sont indiqués sur le plan de Du Cerceau, et, vus en perspective, figuraient des tours
Viollet-ie-Duc père signale, à propos de ces écuries, un détail qu'il nous faut noter ici , puisque nous n'aurons plus l'occasion d'y revenir :
L'une de ces écuries, écrit-il, avait été construite par Philibert de l'Orme et servait anciennement de manège. Elle portait le nom d'Ecurie de Moiuagnettr. La charpente en planches de sapins posées sur champ est l'un des premier» modèles de ce genre de construction dont Philibert de l'Orme est l'inventeur et qui a été souvent reproduit, et notamment pour la coupole de la Halle aux blés brûlée depuis ll>.
Après de longues pages consacrées 4 la biographie détaillée de Philibert de L'Orme, abbé de Saint-Serge, et de Jean Bullant, M. Bcrty s'arrête aux dépenses de* Tuileries dont l'ordonnancement, pour les constructions du palais, «se faisait, vers 1070, sous la direction de l'évêque de Pariai, inteudant en titre des bâtiments de la reine*; il s'occupe encore des Palissy à propos de la grotte ornée de
1 >0n ne signale pas d'autres vues île IVcurie, malgré l'époque peu éloignée où cet édifier a «Hé abattu» ( unie de M. Berly ). Cf. Le Mantige roya/, par M* Antoine de l'luviod, Paris. io«3, in-fol.
m * Callet , attribuant , on ne sait pourquoi , cette téte a Germain Pilon, rapporte que, lorsqu'on abattit la porte, l'architecte Heurtant , inspecteur des travaux des Tuileries, fit enlever le ban reln>f avec grand soin et en décora l'entrée d'un manège qu'il bâtissait rue Saint-Honoré. U bas-relief en question a disparu à la suite des diverses transformations du manège de Heurtaut. connu maintenant sous le nom de *alle Ytlemino' (note de M. Berly). La salle Yaleulino a été remplacée par le \noveau-Cirque.
<'■ (Jp. cit., t. I, p. II.
' Sotie, /,,W„. de* fn/sries. Para. i836. in-n. (Bibl. naL,Lk'/7344).
:> >rl.'évéqiie de Pari» était alors Pierre de Oiinili. plus lard nommé cardinal , qui , l'an i5y8, résigna son siège en faveur de son neveu Henri» ( note de M. Berly). — Ou lit à ce sujet, dans un savant travail de M. de Boislille: -Le sièrle qoi venait de s'écouler depuis l'arrivée du premier Gondi dm» ces parages avait amené bien des changements, presque tous accomplis sous l'influence directe des desrendants de ce» Italien, ou du moins avec leur intrrvenlion. Cinq couvents considérables s'étaient i nutaMès des deux côtés du faubourg [ Saint-Honoré] : a droite, celui des Jacobins, richement doté par la marquise de Maignckiy et par son frère l évéque de Paris { 1 6 . . 6 • 5 ) , mais dont l'église ne fut dédiée
LA SALLE DU MANÈGE
poteries émaillées du jardin I*a mort de Philibert de l'Orme vint, à cette époque, arrêter quelque temps les travaux mais ils reprirent bientôt, avec JeanBullant, une nouvelle activité :
Au milieu de l'année 1571, écrit M. Berty, on s'occupait déjà des combles du château pour la construction desquels Charles IX accorda & m mère vingt arpents de bois. . . Le 3o juillet 1571. le roi adressa aurai une lettre au prévôt des marchands aGn de lui recommander certains travaux ayant pour but l'assainissement du faubourg Saint-Honoré. L'opération lut semblait urgente, irpour ce que, disait-il, nous espérons aller de bref loger au palais des Tuileries, où, sans doute, les dites voiriea et immondices que l'on amène au dit marché (aux poureeaux) y engendrent un très mauvais air'»'».
Celte lettre et les comptes des bâtiments pour l'année 1 5*7 1 montrent suffisamment qu'il n'y avait alors aucun ralentissement dans les travaux de construction du palais; mais, bientôt après, une circonstance des plus étranges vint changer entièrement les idées de Catherine et couper court aux projets dont elle poursuivait la réalisation depuis huit ans.
Les diseurs de bonne aventure, raconte Mëxeray, l'avaient menacée qu'elle périrait sous les ruines d'une maison, et qu'elle mourrait auprès de Saint-Germain, à cause de quoi elle avait accoutumé de faire bien visiter les maisons où elle logeait, et fuyait superslitiouecment tous les lieux et toutes les églises qui portaient le nom de Sainl-Germaiu; de sorte qu'elle ne voulait
qu'en i6?5; pui» les Filles de la Passion ou Capucines, établies ( iijoi-1006) par la duchesse de Mercœur, comme exécutrice des dernières volontés de la feue reine Louise, sur l'emplacement de l'ail' cien bétel du Perron et se» dépendances. A gauche , sur le terrain eonligu au manège royal et où habitait, entre autres occupants, le célèbre éciiyer Antoine de Piuvinel , Ira deux grands couvents des Feuillants et des Capucins avaient été fondés par Catherine de Média» cl Henri III ; l'église du premier, achevée en 1 608 . grâce au cardinal de Gondi , s'était enrichie d'un beau portrait de François Mansart eu 160(1; celle du second, en face des Capucines, avait été terminée en 1610. Plus loin encore, frs Fille» de l'Assomption ou Haodrielte* étaient venues s'établir, en i6as, dans un bétel vendu dix-huit ans auparavant aux jésuites par le cai'dinal de la Itoeliefoucauld , mais leur église en forme de drtme ne s'acheva qu'en 1676, sur remplacement de l'hôtel de M. de» Noyer», secrétaire d'Etat de la guerre sous Louis XIII. La chapelle Sainl-Hoch. bélie contre la bulle entre 1S78 et iô8i, avec un cimetière, n'était alors qu'un simple secours de Sainl-tiermain-l'Auxerrois. Tonle cette partie du faubourg fut incorporée dan» la ville quand la
construction de l'enceinte de 1 «33 recula la îwrte Saint-Honoré à 4oo toises de son ancien emplacement » , etc. (JVouera kittoriqm tar la plaet de* I «ctoiret et «ar ta plate VemUvte , dans les MèmnTtx rte ta Sœitli de rhùloirt de Paru. t. XV, p. 98.)
[" On remarquera «le» fragment* de figures dont les monles ont été trouvés dans un des fours de I). PaH»«y aux Toileries » (op. eit., p. 46). — Voir, a propos de la fameuse grotte île Palisey, le récit de l'ambassadeur Cellariu», arrivé a Paris le 98 avril i575. dans l'article intitulé : -Les ambassades suisses à Paris en 1 ."i 5 7 , ■ 5G5 et 1 063». publié dans la BulUlin de la Société de F Histoire de Pnriê, année 1876, p. 170.
» Un des registres capitolaires de Mutrc-Dame nous a appris que de l'Onne mourut a Paris, dans sa maison do dolire, le dimanche 8 janvier i57o, vers 7 heures du soir, pois que le chapitre décida qu'on procéderait à ses funérailles avec les cérémonial nsilées aux obsèques d'un chanoine. . . etc. I IlsaTT. op. cil., t. Il, p. -iH.)
Arrh. nat.. H, 1786 dm, fol. 108 (source citi1* par M. Rrrty ). I<e Marché eux pourceaux se trouvait , d'après le plan Truwhet. entre la porte Saint-tlonnré et la porte Montmartre , en dehors île l'enceinte.
plu» aller à Saint-Germain-en-Laye, et mime, pour ne que son palais de» Tuileries était de la paroisse de Sainl-tîermain l'Auxerrais, elle eu fil bâtir un aulre, avec beaucoup de dépens?, dans la paroisse de Saint-Kutfache.
\x palais bâti , on plutôt rebâti par Catherine, dans les limites «le la paroisse Saint-Eustache, c'est l'hôtel dit plus tard de Somons, dont elle fit l'acquisition ni 1072. Dès t &77, il passait pour constant que le palais des Tuileries ne serait point terminé. On lit, dans lu relation du voyage de Lippomano :
Mais cet Milice [1* palais des Tuilerie.*) ua sera pas plu* achevé que l'autre [le. Louvre]: la reine est vieille ut plongée, par son ambition, dans les affaires du royaume, 111 sorte que, te temps lui manquant, ainsi que l'argent, cette construction restera imparfaite. Elle est destinée à servir de maison de plaisance pour les princes; elle est si prèç du palais royal [le Louvre] que le roi et les reines y vont souvent à pied ">.
Catherine de Médecu en abandonnant la construction du palais des Tuileries continua à s'intéresser aux travaux des jardins mais il est à noter qu'elle n'habita pas le château auquel son nom es! atlaché. Elle s'y rendait en promenade et seulement, comme le pouvait faire un bourgeois d'alors dans sa maison des champs v.
Les troubles de la Li|*ue, la fuite de Henri III la mort de Catherine suivie bientôt de celle de son fils, arrêtèrent complètement les travaux du nouveau palais, qui ne semble avoir été occupé alors (pie parle personnel des Ecuries trop n l'étroit dans les Écuries proprement dites. Lorsque Henri IV fit *on entrée à Paris1*' (11 mars i5f)4), les Tuileries n'étaient qu'une ruine; mais le nouveau roi s'appliqua à donner aux travaux publics une activité nécessaire pour réparer les maux passés. « Sitôt qu'il fut maître de Paris, on ne vit que maçons eu besogne*,
''' Hcitt, op. eil., t. Il, p. 53.
:'' On trouvera dan» le tome II de M. Ilerty de nonilMrui détails sur In travaux des jardins de? Tuilerie* « la fin du \vi" siede. en particulier, p. 3-7. Voir, pour le* projet» de Catherine de Médicis, une IcUrc d'elle datée du 9 septembre îôuy. dans laquelle on lit : - Ayant été avertie par l'abUl rie S'-Sergc «le l'Orme] comme Ira maçon* travaillent fort aux murailles et forteresses des fossés de In ville de Paris, a l'endroit de mon jardin, même au lieu par où doit passer le cour» de l'eau de la fontaine que je fais venir de Saint-Cload en mondit jardin et que je pourrai aller des canaux que j'ai délibéré de faire faire eu mon dit jardin , par bateau, dans lesdils fosses de ladite ville et de là sur la rivière», etc. Elle demande, en conséquente, que l'on fasse une arche et ouverture «rqui se puis*- fermer à clef-, elc. (Op. eil., t. Il, p. 3n. I
'On voit dans nn inventaire des meiddes laissés par Catherine de Médiris (llibl. liai-, u' 143511, fonds latin) que lorsqu'elle y voulait manger on séjourner, ce qui était l'oit peu souvent, elle faisait apporter le* inenbl<-> ipii lui étaient »<cefsaires, lesquels des officiels remportaient après son départ. - ( Pari» à irartrt In r)/;e« , chapitre 7«i'- Irritt, t. Il , p. ->o.)
" .Quant à l'Écurie où le roi fugitif | Henri III | alla prendre nn cheval . elle avait été bâtie k l'ongle Nord du nouveau palais, dans le* première* ann e» de la construction.' (Ibid., Tuileries, p. 8.)
Le nom de Porte de la Conférence vient, comme l'on sait, de la Conférence tenue entre le» déiMilés de Henri IV et ceux de In Ligue pour l'entrée du roi. Reconstruite en t63s , la Porte de la Conférence fut démolie en lylto. 1 (X l'nri* à tracer» lu âge», t. II. article de M. Tisserand.)
IA SALLK DL M ANKCH
lit-on dans le Mercure françoit ''. Il lit reprendre en particulier les travaux du Louvre, ilontla nouvelle Salle haute avait servi, en i ô<j3, pour la réunion des Etats {généraux, niais qui avaient été abandonnés connue ceux des Tuileries.
Si nous récapitulons, écrit M. Berty, ce que Henri IV n fuit su Louvre et aux Tuileries, nous reconnaîtrons que sa part, dans In création des deui palais, est supérieure, comme importance, & celle de ses cinq prédécesseurs ensemble. . . Cependant Henri IV ne réalisa pas même U moitié des desseins qu'il «mit conçus, et, sans la mort qui vint si brusquement le surprendre, la fusion des deux palais en un seul édifier I* eiU peut-être été effcrlué*- deux siècles et demi plus tôt.
L'ornement des jardin*, dans la partie voisine du Manè(;e qni nous occupe, fut aussi l'objet des soins de Henri IV.
Le grand jardin des Tuileries P\ écrit M. Berty, subit d'importantes modifications sous Henri IV. La partie des arbres de liante futaie q ji occupait le quart Sud-Est du jardin, et qu'on appelait un peu plus tard U boit, semble avoir acquis un développement plus considérable. On remarque également, sur les deux plans que nous venons de nommer [ceux de Merinn et de Ouesncl], une allée d'arbres longeant le Manège, et, auprès, une sorte de tonnelle fort longue, interrompue, de distance en distance, par des pavillons coiffés de combles en pyramide. Cette tonnelle, dont les pavillons étaient couverts d'ardoises, avait été faite en 1 58i , à l'occasion du mariage du duc de Joyeuse avec la bclle-srpur de Henri III; quant à l'allée, c'est celle qu'on appelle "la haulte allée des Meuriers* dans le wniple de 169&. Elle existait encore eu i65a et datait du règne de Henri IV. On sait que le roi avait fait planter aux Tuileries un grand nombre de milriera du Languedoc, en 1&06, dit-on, et sureiuuut dès 1601 ; en 160& aussi, une magnanerie y était établie'*'. L'Orangerie, qui a toujours été située à la même place, vers le coin Nord-Ouest du jardin, près de la courtine du bastion (*', doit pareillement son origine à Henri IV. . . A riHé se (routait, dè* 10V1 au moins, une ménagerie de Mies féroces. . Ce
,; Cilépar M. Bkst», t. H, p. 58.
'• -Il n'est point douteux que le projet (/Vu/r< de rëuninu du I.ouert otue Tuilerie*) comportait une galerie <lu côté île la rue Sainl-Horioré, car il est parlé de cette galerie, a l'année i6o\. dam un passage de Pnlma Oavei- . . que voici : -lies superbes galerie? pour aller du Louviv aux Tuileries, commencées seulement par Charles 1\ . qui n'y lit que mettre la première pierre . de l'avis de la reine, sa mère, Catherine de Médicis. sont maintenant si avancées , qne rei on» rage est autant vu par admiration des étrangers que le» Parisiens en désirait IVKévement , afin que le Liiuvre soit la plus belle maison du monde; et voudraient que l'autre gnllerie pour joindre le Louvre avec le Tuileries, du eMi de la porte Smnl-lltmwé , fui aussi avancée que relie du cité de la port • Neuve : que ce vivier qui doit être entre la porte Nesle | lisex : Neuve] et de Sainl-Honoré fut plein de cygne» et
■ t>t. ™ini:r«. 1.
que le bas de ces gaJIeriea, où doivent être logés les plus experts artisans, en fût déjà rempli.» (CÀnnabgit teptenairt, éd. Michaud, p. »83. — Note de M. Bïarr, t. II. p. «7.1
' Le mot -le grand jardin" est employé alor< pour le distinguer du -petit jardin» qui devint plus tard le Jardin dt Mademoiullt (voir le plan de <ioinlions1 1 et qni était compris entre le château ries Tuileries et le Louvre, ou plus exactement «1cor<\ à l'origine, entre les Toileries et Tenceinte de Chartes V.
l'; Le» note» 1 et 3 de la page o,i ( Bcarv. op. cit., t. Il) contiennent sur cette affaire des détails tri-s intéressants.
" L'enceinte bastiounée qui se terminait, suite iruai , par la Porte de la Conférence ( voir les plans de Fr. Quesivet et de Gomboust ) avait été commentée en i5»3. (Cf. Bcrrv, op. cit., t. I, p. 3iH.Ï
' Voir le compte des dépenses faites aux Tui-
Ci il
<|ii'on appelait tttang «'lait un bassin rectangulaire, avec jet d'eau, alimenté par 1rs eau» de la |tumpe du Pont- Neuf, prouve qu'il était tout au plu» contemporain de Henri IV... Il était tri1» poissonneu» et avait été creusé dans le parterre opposé, vers le Vord , à relui qui avait contenu le labyrinthe 1 .
La Topographie du vieux Pnrù s'arrête a 1610; son auteur n résumé' dans une note (t. II, p. t o 7 ) Y hixtoù e monumentale des Tuileries et du Louvre; voici la partie <|ui intéresse particulièrement notre mijet :
Au mois de mai i5(ii, Catherine de Médicis commence le château des Tuileries sur les plans de Philibert de l'Orme. Kn 1Ô66 ou 1567, on eiitrepiend la construction de la grande et de la petite galerie du Louvre <", lesquelles sont destinée» à former une communication entre le l^ouvre et les Tuileries. La petite galerie, ne consistant qu'en un seul étage, fut bâtie par Pierre Chumbiges, sur l'emplacement d'un canal amenant l'eau de la Seine dans les fossés du Loutre. La grande galerie .s'éleva sur le» fnudemenls de la courtine He Charles V. . ., In petite galerie était certainement terminée dis 1 676. Philibert de l'Orme meurt le 8 janvier 1(170 et Jean Boitant lui succède. De l'Orme avait construit le pavillon central et le» deux ailes adjacente». Huilant bâtit, mais d'une manière incomplète, le patillnn attenant à l'aile méridionale, et il commence celui qui en forme le pendant, de l'autre coté. En iâ-o et 1071, on travaille À la grande Ecurie, ou «'occupe des combles du château, on plante le jardin, et Bernard Palissy poursuit l'achèvement de sa grotte entaillée Vers tït-i. Catherine de Média» renonce de fait, sinon olhciellemenl, à achever les bâtiment* des Tuileries On entretient toutefois les jardins que Henri III et sa mère continuent a fréquenter. — 1&81 : ou bâtit la contrescarpe du fossé de la ville entre la porte Neuve et la seconde porte Saint-Honoré. Cette contrescarpe forme la clôture du palais de* Tuileries vers l'Orient. — 1 5nJi à 1 600 : Henri IV reprend les travaux de la partie de In grande galerie"' qui finit au pavillon dit mainteniint dr Letdignifm; — 1600 à 1610 : . . . En 1G00, on commence la construction de la seconde moitié de la grande galerie celle qui est décorée d'un ordre colossal ; elle s'achève en ifioK, sous la direction de Jacques Androuet fit*. Le même artiste édilie la partie du château des Tuileries s 'étendant entre le pavillon de Bullant et la grande galerie. Celle partie est contemporaine de lu seconde moitié
leries en i6i'i : «Pour séparer In cour commune de» lions et habitants de l'orangerie, etc.» (Br.im, I. II. p. 1171: voir aussi sur le plan <le Gombousl : • Bestcs féroces».
B«»TV, Op. cit., t. Il, p. 0,5.
'' M. Ucrly donne, sur les origine» de la grande et de la petite galerie dn Louvre . de complets détail» (op. cit., t. I, p. «5n) : «Suivant le projet primitif, le citàteau des Tuileries devait consister en un vaste quadrangle dont l'aile orientale aurait tUéforl rapprochée du l'inné de la ville. <te sorte que la grande galerie n'était point destinée d'abord à se prolonger aussi loin qu'aujourd'hui» . etc. n'rf.). \* junlie de la grande galerie voisine des Tuileries fut démolie vers iR65 et iR<><>. 'An mois de mars 1860, lors des fouilles entreprises pour la démolition de la grande galerie du Louvre, nous avons
retrouvé un f>rand fragment du mur qui reliait la Unir du Boisa la porte Saint- Honore . . . ». el.-. (Bmtv, I. I, Apfiendice V. p. vu.)
|J| Voir, p. 4s . le [htù de Bernard Palissy et le» planches jointes (op. cil., p. 11).
' .Henri IV eonçnt fort bien que détruire Parts celait, comme on dit, se couper le nez pour faire dépit a son visage : en cela plus sage que son prédécesseur, qui disait que Paris avait la léte trop grosse et qu'il la lui fallait r»«*cr. Henri IV voulut pourtant, à Nie lin que de raison , avoir uue issue pour sortir de Paris sans être vu , et, pour cela, il lit foire la galerie du Lonvre, qui n'est point du dessein . afin de gagner par là les Tuileries qui ne «ont dans l>neriulc des murs que depnis vingt ou \ingl-cinqans.» 1 Tilleiunt mi Pn'ti \. Ilittonttm I. I . p. 110, éd. Monliiicrqné 18H4.S
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LA SALLE DU M AN KG K. lâj
de la grande g»lerie, et l'on a In preuve que le pavillon de Flore «Slait presque terminé eu
LES TULKRIBS AL COURS Dt Wll' Slèd.K. LOUS XIV ABA5D0NKR PARIS 1*01 H VERSAILLES
UT HAHLY. LR MANÈGK COUVERT CONSTRUIT POUR LOUIS XV ENFANT. — - L'HISTOIRE PU
MANÈGE D'APRÈS LE CHEVALIER DE VILLEHOTTE. — (iAKI)K-MEUBLE POIR CONBII.URDS.
L'ACADÉMIE D'BQCITATION.
Il est presque impossible de séparer les origines du Manège de celles des Tuileries cl, par extension, même de celles du Louvre; c'est ainsi que nous avons été amené a donner n ces origines les développements qui précèdent. Les Tuileries qui, d'après le plan de Gomboust. n'étaient pas en t65:t plus avancées qu'à la mort de Henri IV, virent pendant la deuxième moitié du xvue siècle leur achèvement"1.
Nous étudierons spécialement celle période dans le chapitre suivant consacré à la salle des Machines. Pendant le règne de Louis XIII. la Cour habita le Louvre; les Tuileries ne paraissent avoir été utilisées alors que d'une manière accidentelle, comme lorsque, en i Gu6, on se servit, pour l'Assemblée de notables, de la s salle haute 'U. ou occupées, comme elles le furent pendant le xviit* siècle, par des logements accordés aux familiers de la Cour. Après In mort de llielielieu , Anne d'Autriche \iut.a\ec ses lils, se fixer au Palais Cardinal w qui prit, à dater de ce
,; -Sa Majesté s'étanl fail représenter le» plans Mai* («ut y avail été réparé el la dite salle fui riebeel dessins de son palais des Tuileries que Sa Ma- ment tapisse*. »
jeslé veut élre achevé doits la perfection avec le :': -I* 7 octobre de l'année iC43, Anne d'Au-
plus de diligence qu'il se pourra cl après les avoir triche, reine de France et régrnlr dit royaume , le
mûrement examine». Sa Majesté a reconnu que, roi Louis XIV et le dur d'Anjou . ses lils. quittèrent
pour l'achèvement et embellissement de son dit le Louvre pour venir prendre possession du Palais
|ialab et jardin . elle a besoin des terres qui sont Cardinal el y établir leur demeure. Le marquis de
situées au derrière d'ireluy. depuis le jardin du Fonrille, qui était pour lors grand marérltal des
roi occupé par le sieur Renard jusque* au-dessus logis de la maison dn nouveau roi, représenta a la
de la montagne de Cbadlot. Les propriétaire* des reine ingénie qu'il ne ronrevait («s que le roi
dits héritages doiveut présenter leurs titres pour demeurai dans une maison qui porltl le nom d'un
prisse en être faite», etc. (Arrêt du Conseil du de ses sujels. et. sur ces raisons . la reine ordonna
98 avril 1667. Arch. nat., ADtvi, y.) qu'on Mil l'inscription. On commença dès lorsà
l>1 Voir le Complt de dèpentr» pour 1 Ctù publié donner a ce palais le nom île Pilait Royal, qu'U a
par M. Berlyw op. cit., t. Il, p. stfi) : <-restablis- toujours retenu depuis, quoique la même reine
sèment delà salle brûlée* , etc. L'auteur a joint 0 ce régente, a la prière de In durbesse d'Aiguillon, eél
passage celle note : «On lit dans le Mercure de fait remettre l'inscription de l'alais Cardiual qu'on
Vannée iGafi (p. 706) : L'assemblée de» notables y a «un jusqu'au moment où M. le duc d'Orléans
qui fut tenue dans la salle haute des Tuileries à d'aujourd'hui a fait entièrement changer re hali-
laqitelle on moule par ce bel escalier snspendn. . . ment de forme." 1 Hcstàut bt Masvt, np. rit., t. III.
Ce lieu avait élégâlé par le feu, du vivant de M. le p. -'A i.) — Ce passage est tiré presque texluelle-
lounélable de Luynr*(aranllc li décembre i6st). ment de Tallrniaiil îles IléallU qui, dans une note,
156 CHAI'ITRK III.
jour, le nom de Palais Kojal. Un Manège et même une Académie d'équilation se rencontrent, curieuse coïncidence, à l'origine de ce palais"' comme nous l'avons \u aussi à l'origine des Tuileries. La Cour ne demeura d'ailleurs au Palais Royal que pendant lu minorité de Louis XIV. Klle revint ensuite au Louvre pour le temps qu'elle ne passait pas au Château de Vincennes<2>. Louis XIV fit travailler «activement au Louvre et aux Tuileries, mais par raison d'État et comme malgré lui, cédant de muuvaise grâce à ses Ministres <|ui le sollicitaient.
Louis XIV avait conservé «mire les Parisien» un ressentiment ineffaçable des troubles de la Fronde, écrit M. de Hoislille dans une de se» savantes études, et il le leur prouva non seulement par uue abstention systématique, en ne se montrant parmi eux que dans de rares et courtes visites, mais aussi en réservant tous ses soins, toutes ses prédilections et ses prodigalités pour d'autres résidence» créées par loi. Loin de diminuer avec le temps, cette aversion, nu celle déliance, s'accenlun de plus en plus soua des influences secondaires de toutes sortes, el, de 1700 à 171b, on ne le vit plus que quatre fois à Paris. Sniut-Gcniiain d'abord, puis Versailles et Marly lui suffirent pendant un demi-siècle avec le séjour annuel d'un mois d'automne à Fontainebleau, et des voyages très peu nombreux' .
Divers documents que nous reproduisons ici permettent de reconnaître quel était à cette époque l'état des choses aux alentours du Manège ('/est d'ahord
écrivait : »ll I Richelieu': laissa le Palais Canlinnl. rumine un voit par sou testament au Dauphin, pour logpr le Dauphin ou du moins l'héritier présomptif «le la nMiit'Hiif. Otiand la Cour y alla loger, peu de temps «près la mort du feu roi, un lit matins : Palait Roytit. Ola Ait fort ridicule de ehauger cette inscription. K11 'j-. Madame d'Aiguillon prit sun temps et , ayant représenté h' torl que cela faisait il ion ourle, on lui permit de remettre Palait Caniinul. Le peuple disait que c'était que I» reine l'avait donné au cardiual Mazarin. * | HulorieUn ,1. I . p. 4o5, éd. de 1M6*,)
''' "Armand-Jean DuplesBis, cardinal, dur de Richeiien , lit bàlir ce palsis pur Jacques 1* Mercier, le plus habile architecte de «m lem])s. L'botel de MerctFur élail un désirais que Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Memi.nr, et Marie de Ijaxenibonrg . sa femme , avaient à Paris. Celte dame vendit celui-ci en 1C0S au marqnis d'Eslrees et à Benjamin île llaimique». le premier qui a introduit eu France l'art de mouler à cheval, lequel établit une académie dans la partie de cet bétel qu'il avait achetée. Ce hit de lui et du marquis d'Entrée» que le cardinal du llirhelicu fit acheter celte maison. . .« {HcarvuT IT Mlli>*. op. (il., I. III, p. 781.)
" «rOn dit ici que le rni pourra être marié environ le it> de mni. . . On Ixilit au Louvre et l'on
dit que, l'hiver prochain, il [le roi ] n'y |winrra pas demeurer pmpier imperfertom tnlijicii*m , mais qu'il sera au château de Vincenne* qu'on a fort agrandi el qu'il y po«era l»ul l'hiver.* 1 Lettre de <mi Potin à Faleonet. l.t avril 1660.)
Srtictx tutturitjur* «trr la platr Jet l'irloirt* tf sur /a place I nviômf dans In Mémoires de la Hoetélé de Ckitloirede Paru, I. XV, p. 1. » La Cour était allée «'installer il Saint-Germain, avec de court* séjour» ù Versailles, dés le lendemain do la mort d'Anne d'Autriche ( 1 9 janvier 1 6tif> ! ...» M. «le Roislille ■loniie ensuite (note 1 , p. 1 ) l'énuinéraliou des visites de I/mis XIV à Paris, de 1700 à 171*1.
I>es sources noiquelle» nous aurions pu, pour celle partie, empninler des illustrations sont tellement nombreuses, que nous ne pouvons entre- [►rendre de les citer. Rapi>eloiiH seulement que, dan* la série Y de» cslsm|ies de la Kihliolhèqiie nationale, Topaffraplie de la France, on trouvera dans les volumes roté» Y" in, »*», q»o, >44o, les piè ces qui concernent plus spécialement les Tuileries et ses dépendances. Les plans générant de Paris, qu'on ne peut négliger pour la partie qui nous occupe, se trouvent clans les volâmes V 1 1 a à \ * a 1 "> pour le» petite» pièces, et V4so\ 4»o\ htt.hu'. 4-is-S-jO pour les grandes pièces. Celte série étanl toujours en formation ne comporte pas île cala-
Fi);, g il Elirait du -l'apirr Irrrirr du roi é) I» >ill« i'l fauboorfl» de Pari>- raiiuu *>u> \fi nMu de limVr «V ijeî. (\rrh. n«l., Q>, loger1; loir, pour l'riptiraLiuii iIik minmm, IfiprnWnvr. m' MY.i
y Googl
un fragment d'un plan manuscrit conservé aux Archiver nationales (01. t6G6), que nous croyons être de la fin du xvn* siècle (hors texte, p. i!»iï): c'est un»' planche tirée du Terrier de iyo5 (fig. ai), p. 1 57); rVst enfin (p. t .S9) un plan extrait de l\>uvrage intitulé : Description de la ville cl faubourg* de Pari». {Plan de Jran de la Caille.) Paris, 1 7 1 A, in-fol. (Bihl. nat., LIT 6007.)
Après la mort de Louis XIV, le palais des Tuileries reprit (on pourrait dire commença) une vie nouvelle lorsque, après un court séjour de la Cour à Vinrcnncs, il fut choisi pour être la demeure de Louis XV qui l'habita jusqu'en 1793. Nous arrivons ainsi à l'établissement du Manège couvert qui devait être, à la fin du siècle, le théâtre de la condamnation de Louis XVI et qui fut construit en vue de servir à l'instruction de Louis XV enfant. Nous avons retrouvé, aux Archives nationales,le «r Devis et conditions des ouvrages de maçonnerie pour la construction d'un manège couvert que le roi veut faire bâtir proche son jardin des Tuileries, suivant les ordres de Mr le duc d'Antin <•< surintendant et ordonnateur général des bâtiments, jardins et manufactures de Sa Majesté, et les desseins qui en ont été réglés et faits par M. de Cotte, chevalier de saint Michel, premier architecte du roi et intendant des bâtiments de Sa Majesté (,V Lne note manuscrite indique : 1731. Le texle même de ce devis ne peut être utilisé ici; c'est une énuméralion fastidieuse des conditions imposées aux constructeurs, nature des matériaux, prix, etc.
L'histoire sommaire de ce Manège nous est fournie, au début de la Révolution, par le chevalier de Villemotte, qualifié, sur un des plans que nous reproduisons. éeuyer du toi *\ mais dont le titre exact était : èaiyer en chef de t Académie royale pour l'équiiiiiion > . De Villemotte avait, pour celte Académie, la jouissance du Manège
lûgoes, cl c'est pour celle raison , sans doute, qu'elle u'cal pas anasi consultée ijii'il le faudrait. On v u-ouve , en effet, non seulement des pians originaux . de* pièce* uuiqnes, mais encore de* documents, lettres patente», actes diicra, etc., joint» aux plans ou gravures.
"' Fils légitime de Madame de Montespan. I e |tersonnage est trop connu pour que nous nyont ii rappeler if i *e» titres et qualité*. — Voir ei-dewns . p. 69. note 1.
'■*' Arrh. nat., O', 1680'. Ce carton eonsacn' à la corrrespondaucc générale relative nui Tuileries, de 1736 à 1770, contient un grand nombre «le pièce» curieuses , particulièrement an point de vue de» logements d» Tuilerie». On y remarque un * Plan des maison* composant l'héritage de M. de l'onlricourt, si» nie Sjiint-Honoré, prè» de la rue
du Dauphin», dressé par Ange-Jacques Gabriel.
Voir, p. 161, le pl»n de l'architecte Paris- A l'extrémité de h salle du Manège voisiue du passage des Feuillants, 00 lit : 1- logement de M. de Villemotte. écuyir du roi*.
;" (X \lmm\arh royal, 179-1, p. ;>^- Voici la roiiipoaition de l' tradéuiie en 17N0. : -Ixiiyercn chef, M. le chevalier de Villeinotte; éeuyer en second, M. le chevalier de Griiuoult; M. le chevalier de la Tour, éeuyer élève. Pour les différents exercieca , Measietir» : Le deuiu , d'Herbrlot , rue de la Parcheminerie , au coin de la rue Saint- Jacques ; La mathématiqur* , Jon, ruedn Battoir; Im armes, Teillagory; A wuigrr, P:iulv Teillagorv. rue Sainl- Honoré. maison de* Feuillants; L'icklurt. Brurd Duclo», rue des Petits-Carreaux, n' <r. /•« Rm**, Dubois- {op. cil., p. Si<|).
LA SALLE MANÈGE
depuis 1777- l-a constant)' confusion que l'on remarque dans le* affaires de l'ancienne administration lui permit même, en 1 789, de se prétendre propriétaire rie l'immeuble, ta résolution prise par l'Assemblée nationale de Tuer ses séances au Manège jeta le pins grand trouble dans l'Académie d'équitation. De Villemotte adressa, à ce sujet, à la Constituante une série de réclamations "1 dont nous ne retiendrons que les passages essentiels.
Dans une lettre non datée, mais certainement d'octobre ou de novembre 1 789 , de Villemotte écrit au Comité des finances de la Constituante :
Le Manège des Tuileries a été construit pour apprendre à monter 1 eheval à Louis) XV, ensuite il a servi de garde-meuble pour mettre les corbillard» cl autres voitures de deuil. M. le prince Charles'2', alors grand écuyer de France, le donna à M. de la Guérinière pour y tenir école d'équitation. Il n'y avait que le manège seul; il fil construire le logement t3', chambres de domestiques, cours, remises, écuries pour plus de 60 chevaux, sellerie, enfin toutes les choses nécessaires à un grand établissement. M. le chevalier Dugard son successeur, pour avoir rétablissement, lui a remboursé 80,000 livres pour tous les frais qu'il avait faits; cet arrangement fut fail aver l'agrément de M. le Grand Écuver. M. le rbevalier de Villemotte qui lui >i succédé a également et pour les mêmes raisons remboursé à M. le chevalier du Gard (ne) le» 80,000 livres qui étaient le fond de rétablissement et dont la place lui répondait par l'acte fait en présence et signé du Grand Éruyer. Les appointements sont de ï6,ooo livres, dont 1 8,000 sur le Trésor royal et 8,000 livres sur la Grande Écurie.
Le a(j novembre 1789, de Yillemotle retioux elle ses réclamations :
Je suis dans une incertitude bien onéreuse. J'ai toujours tou» me» chevaux et palefreniers qu'il faut (tayer et nourrir et je ne reçois rien; cela me ruine et me met dans un grand embarras. Vous me rendriez un grand service si vous vouliei bien vous occuper de won a iïaire et la faire finir M.
Dans une Requête à l'Assemblée nationale, on voit que de Villemotte était un f?Cadet de Normandie-: cl qu'il (rdoit compte à son fils des 80,000 livres payées des deniers de la dot de sa femme*.
' Vuir en particulier Ardi. nal- . D vi , 46,
ir 708.
* Charles de Un-aine, dit le prince Charles, «ointe d'Armagnac, chevalier de» ordre* du roi, etc. était né le 99 lévrier 1684; il épousa en 1717 Françoise-Adélaïde deNoailles.il était le septième des quatorze enfants de Uui* de Ut-mine , grand ecuyer de France (16*1-1718). Sur la démission du comte de Rrionne.son frère al né. il fut pourvu, en 1 7 1 H . de la charge de Cronil Kcuycr (Cf. Anselme, La Mawm dr Frnitcr . t. VIII, p. .110). Us hôtels d' Armagnac et de Crion ne se n-niarquent , sur le» ancien» plans, dans le voisinage «le la grande
Ivrnrie. L'entrée de l'hAlel de Brionnc se trouvait en face de la rue de l'Échelle. Us détails les plus complets sur cet hAtd se trouvent dan* un plan manuscrit, non daté, conservé a la Bibliothèque nationale. Estampes, volume colé V*. An.
<,; Voir sur le plan de l'architecte Paris (p. ilia). pré» du passage des Feoillanls. la mention : »Ugemenl de M. de Villemotte».
": Uttreadre*seeà»M.Auson.recc>eurgénéral de» linaiires, en son bétel, nie de Braque . au Marais-. (Arch. nat., H vi, '17.) Pierre-Hubert Anson aviiil été élu député par le tiers état de la ville de Paris. Il était membre du Comité des finances.
LA SALLE DU M AN KG K. 161
Nous avons retrouvé sous rc titre : * Avis à faire passer a MM. du Comité «les finances-, une sorte de rapport non signé, sur cette affaire.
Le Manège, y lit-on, existait bien avant que M. Villemol (««■) y exerçât se» taleuU; «'il est vrai qu'il ail fait Taire quelque» construction*, elles étaient de convenance pour son habitation particulière. S'il lui en a coûté 90,000 livres pour s'y établir, celle dépense a été volontaire de m part, et, en admettant qu'elle élail indispensable, il en a profilé. Il ne paratt pas qu'il lui soit du d'indemnité, parc* qu'il a été logé gratuitement et qu'il a professé, quinte ou vingt années, en se faisant bien payer, l'art d'équilalion dans un bâtiment royal. S'il lui en était dit, il faudrait en accorder à lous ceux qu'on u« laisserait pas jouir, leurs vies durant, d'une faveur quelconque une fois qu'elle aurait été consentie. Le roi, en accordant, par bienfaisance, des avantage», faveurs, grâces ou pensions, aurait donné, contre lui ou contre l'État, des litres pour se plaindre elliraeement de la non-perpétuité de» dons qu'il avait fait». La prétention de M. Villemol à une indemnité on semble pas fondée ».
Sur une note résumant la réclamation, et dans laquelle on voit que a M. de Villemolte, uième dans l'état actuel, conserve son logements, est écrit : s Décision du 3o novembre 1789 : Point d'indemnité*.
Ce dossier Villemolte n'est pas seulement intéressant par les détails qu'il contient sur lu salle du Manège, mais encore parce qu'il nous montre, en action, le mode de formation d'une propriété sous l'ancien régime. L'écuyer en chef du Manège était si bien assuré des titres incontestables de sa propriété, que, longtemps après la décision du Comité des finances, il renouvela ses réclamations. Voici quelques extraits d'un Mémoire qu'il fit imprimer au début de 1791 :
Le sieur Villemolte 1,1 a présenté à r Assemblée nationale une réclamation relative à l'emplacement qu'occupe aujourd'hui cette assemblée et dont une grande partie est sa propriété. . . Le corps du bâtiment du Manège, que l'Assemblée nationale a choisi pour lieu de ses séances, fut construit originairement pour Louis XV qui , dans sa première jeunesse, habitait le château des Tuileries. Lorsque les exercices de ce prince furent finis et que remplacement do Maniée fut devenu inutile, la jouissance illimitée en fut accordée, en 1 7&3, à M. de la Guériuière, pour y établir une école d'équilalion. Le bâtiment du Manège «lors était seul. Il n'était entouré d'aucun des accessoires nécessaires pour l'établissement qu'on voulait former. Il n'y avait point d'écuries, point de remises, point de greniers, poiut de selleries. . . M. de la Guérinière se chargea de tout. . . Quelques années après, M. de la Guérinière céda cet établissement à M. de Croissy, mais en exigeant de lui, comme il en avait le droit, le remboursement des construction* qu'il avait lait faire, et le remboursement a toujours eu lieu entre lous ceux qui m? sont succédé.
Au mois de janvier 1 777, le sieur Villemotle Tut agréé par le Grand Ecuycr pour remplacer M. Dugard. Il le remplaça en effet, mais ce ne fut qu'en remboursant à M. Dugard, pour les bâtiments du Manège, une somme de 80,000 livres qu'il avait été obligé de payer lui-même...
in Areh. n«L , D iv. 46. Sur la feuille renfermant ces pièce» ou lit : 'Demande île M. rie Villemolte d'une indemnité. Le Comité a décidé qn'il n'en devait pus avoir.» (Papiers du Comité des lioaiires.)
nui. »» tomci». -■ 1.
Ije signataire a supprimé son titre de chevalier conformément au décret du 19 juin 1790, sanctionné 1« a3. portant abolition delà nobleshéréditaii'e.
162 CHAPITRK III.
Tel était l'ébil de» eboees, lorsque, au moi* d'octobre '7^0,, le» commissaires nommés par rassemblée nalionale pour lui designer remplacement (Mur l'établissement des séances choisirent celui du Manège. L'Assemblée nationale était un» doute bien libre de «'emparer de re» établissement, quoiqu'il fût la propriété du aieur Villemotte. Le sieur Villemotle était bien obligé lui-même de faire, sans balancer, le sacriGce de relie propriété* k une destination publique aussi utile. Mais on conviendra que ce snrrifire donnait au sieur Villemotte un jusle droit à une indemnité. . . Cet abandon esl fnil depuis dii-huil mois et le sieur Villemotle n'a rien obtenu encore 1 .
Divers écrivains avaient assuré, jusqu'ici, que le Manège élait inoccupé lorsque l'Assemblée nationale en prit possession 'J ; les documents que nous venons «le résumer ue laissent aucun doule sur ce point. Le chevalier de Villcmolte y avait encore ses chevaux et ses palefreniers, et il conserva lui-même son logement .nu Manège pendant la session de l'Assemblée constituante. 11 poursuivit longtemps encore ses réclamations, comme ou le verra aux pages suivantes. Le iG octobre «790, on lut à l'Assemblée nationale une lettre de lui sollicitant encore une indemnité de 80,000 livres pour les pertes subies '1; la requête fut renvoyée aux Comités des domaines et de liquidation. La proposition faite, a l'Assemblée nationale, le 1" mai 1791, ^d'accorder une indemnité de 5o,ooo livres à M. de Villemotte- fut n écartée par la question préalable Il ne semble pas qu'elle ait reçu uue suite conforme aux réclamations du chevalier «le Villemotle qui reçut seulement une indemnité pour *les effets qu'il ne pouvait emporter du local k 151 .
LA SALLE l>l' M.V>àCE AlM'BOFBlÉK POliB L'ASSEMUiE SATIONU.E. DETAILS DONNES P\n LA
CH4MBHB DBS BÀTIMBHTS, PO ATS BT CHAI SSBKS Dfc rRiXCB. LE fll/'/'0«r DE L'AICHt-
TECTE PABIS.
Il serait aisé de donner ici une minutieuse description de cette salle du Manège, dont la propriété était si singulièrement contestée et qui va être le théâtre des plus graves événements avec la fin de la Constituante, la Législative tout entière et les premiers mois de la Convention; nous n'aurions qu'à décrire le* plans si
' Etirait du Mémoire à l' Uttmblér nanotwie de 5o.ooo livre» a M. de Villemotte |*>ur une
parle sinr Villrmatle, icuytr du Manegt dm roi. — somme de 80.000 livres qu'il avait donnée à son
Impr. naL. s. d., iu-S*. (Bibl. nat.. Lb. "/i-job.) prédécesseur dans l'emplacement du manèfle que
»f*MiinègeéUiitinoecnpédepuispeudetemp* l'Assemblée nationale occupe aujourd'hui. D« 1
lorsque l' Assemblée nationale viol s'j- établir.* tireuse* oppositions ont été écartées par la question
t. Il, Tuileries, p. 48.) préalable ou par rordre du jour. » (Jotmud dt Pari*
(,; Cf. Moniteur, réimpr.. t. VI. p. ■ 35. du a mai 1791.)
'*> t.M. He Vismes. au nom du Comité central 'K On lit dans un mémoire des dépenses de
de liquidation, proposait d'accorder une indemnité l'Assemblée législative : » Messieurs le* commissaires
LA SALLE DU MANEGE
complets de l'architecte Paris que nous reproduisons, mais nous préferons, conformément à la méthode que nous avons adoptée, emprunter cette description même aux documents du temps, qui tirent du milieu et des circonstances un prix tout particulier.
Aussitôt que fut connu l'accident des tribunes de l'Archevêché que nous avons raconté plus haut, les tr juges et maîtres généraux des bâtiments, ponts et chaussées de France n1'' s'assemblèrent extraerdinaircment. Nous avons donné déjà quelques extraits des registres de cria Chambre royale des bâtiments, jwnte et chaussées de France t. M relatifs à cet événement; voîci ceux qui concernent la salle du Manège :
Le «G octobre, MM. les juges ut maîtres généraux. . . assemblés exlraordinairemenl sur la convocation de M. Maugis, l'un deux, eu la Chambre du Couscil, au Palais, à Paris : M. Maugis a dit que l'Assemblée nationale ayant décrété qu'elle était inséparable de la personne du roi, et qu'en conséquence elle se transporterait à Paris pour y tenir des sennees nu Manège des Tuilerie* et provisoirement dans une salle de l'Archevêché, jusqu'à ce que le Manège ait été disposé pour la recevoir. . . il est vrai que les travaux qui se font au Manège des Tuilerii-s sont faits par lardant, dont les talents loi sont connus, mais que «'agissant dans celle-ci de la conservation précieuse de tous les membres respectables qui composent l'Assemblée nationale occupés à régler le bonheur de la France, et même de la sûreté du public, qui est admis à ses augustes assemblées, il ne suffit pas à la Chambre de s'en reposer sur l'intelligence de ses commissaires. . . La Chambre a arrêté, en conséquence, qu'elle se transporterait personnellement et en corps, le 4 novembre prochain, au Manège des Tuileries, à l'effet de visiter tous les travaux qui peuvent s'y faire. . . ordonner tous les rétablissements que les circonstances exigeront pour consolider les dites constructions et s'assurer pleinement que nos seigneurs le* députés et le public seront également en sûreté et hors de tous dangers.
Suit le proces-verbal de ia réunion annoncée :
1-e 4 novembre... Nous, Louis-Gabriel Maugis l*\ Léonard-Pierre d'Osmond^J, et Jean
de l'Assemblée constituante , [ il s'agit des dépenses faite* du »o ou 3o septembre 1791]. »»r la demande qui leur a été laite de taire déméoager le local qu'occupent les sieurs «le Villemotle et Parant, pré* la «aile d ««semblée, ont décidé que l'on forait rculimatiou des effets qu'ils ne pouvaient emporter du dit local. M. Courlillier ayant été chargé de celle
80 livres.» («Observation particulière pour constater le total de la dépense effective de l'Auemblée nationale depuis le 1" octobre 1 7 y t . >i Arch. mit., C. 177.) — Voir aussi une lettre du maire de Paris. Itailly, du »3 juillet 171,1. relative a l'appartement de M. de Villcmotle (ci-aprè*. p. igs).
1,1 Voir ci-dessus, p. ma; ce document esl conservé aux Archives nationale», carton roté C. 3ï, liasse agi.
1 rCelte juridiction, l'une de celles de l'enclos du Palais, eouuali de toutes contestations entrr
les cnmpagnons et ouvrier», les carriers, plalnet* et chaufourniers , et de tout ce qui a rapport à la cuustruelioii det butimenls. . . Le» juges et le procureur du roi ixint reçus en la Grnnd'Chamhre du Parlement. Les avocaU cl procureurs au Parlement y plaident et y occupent. « (Mnuwtch roynl de 17*0, p. .IS9. D'autres détails suivent, concernant la Chambre des bâtiment* . sa composition , ses dioil s.1 ": Maugis exerçait cette fonction depuis 1770 . il demeurait place Uauphine (cf. Al«mmck roy*/ pour 1789, p. .ICo). Voir une longue notice qui lui a été consacrée par M. Sigismond l-acrui* , np. cil.. Index, p. 079.
' D'Osmont n'était en fondions qne depuis peu
Charles Caron l", nvocat au parlement, conseillers du roi, juges et maîtres généraux des bâtiments de sa Majesté, punis et chaussé*-* de France, assistés d'Antoine Cavaignac, greffier de la Chambre des bâtiments ll>. . . «'étant transportés au Manège des Tuileries. . . a rompant Marie- Pierre Buisson de Champhoi». avocat au parlement, conseiller du roi, son procureur en sa Chambre des bâtiments; aussi comparus : Pierre-Adrien Paris, chevalier de l'Ordre du rui, architecte de l'Académie et chargé de la direction des travaux, Jacques-Philippe Houdon, garde général des magnsins des Menus plaisirs, Pierre-François Lardant, juré-expert, entrepreneur chargé des travaux concernant la maçonnerie, et Louis-François Vacipier, inspecteur des Menus plaisirs'3'. . . aussi comparus Pierre Francastel , menuisier de In (.lianihre du roi et charpentier de ses Menus plaisirs, et Jacques Marqueré, serrurier des bâtiments du roi. . . et de fait à l'instant nous nous sommes rendus dans la dite salle formée dans celle servant ridevant de manège. La forme présente un parrallélogranune . . . elle est élevée de 4 pieds de l'ancien sol et est avec corridor au pourtour, formant dégagement sur une élévation de G pieds 6 pouces donnée par la formp des gradins ; elle est éclairée par 6 croisées de chaque côté, sur sa longueur, à grands carreaux de verre de Bohême et plafonnée en forme de voûte surbaissée avec lunette au droit de chaque croisée.
A gauche de ladite salle, en entrant pr la cour du Manège, est une cour dans laquelle sont construits les escaliers communiquant aux galeries dont sera fait description ri-après.
A droite est un bâtiment destiné à former différents bureaux de secrétariat et au-delà dudit bâtiment, et par dehors, est construit un escalier communiquant à la tribune latérale de ce côté.
A chaque extrémité de la dite salle sont d'autres bâtiments destinés aussi à former bureaux et vestibules. Nous avous ensuite fait l'examen de la construction de la salle.
Suivent des détails troji minutieux pour Aire donnés ici : nombre des érrous, des scellements, etc.; * sur le plancher sont, en pourtour, établi» les jji-adins recevant les banquettes et dossiers assemblés à tenons et mortaises boulonnés et chevillés k; détails sur les paieries : « au-dessus «les dite poteaux s'élève une colonne de fer supportant les sablières sur lesquelles est établi le plancher des galeries-'.
Le devant des galeries formant appui est construit en menuiserie. . . au-dessus des planchers s'élèvent des gradins recevant les banquettes. . . Au pourtour du corridor de la dite salle sont établis 6 poêles, construits en brique et carreaux de faïence, passant dans l'épaisseur des murs et servant à échaulTer la salle et les bureaux accessoires. Sous le plancher de la salle et vers le milieu, sont i autres poêles de même construction, établis sur massifs de maçonnerie, garnis au pourtour d'une banquet le de brique de !i pouces, isolée des poêles de ."> pouces. Ces poêles ont des conduits en brique pour 1 etaporalion de la fumée, qui passent sous le carreau
•le mois; il demeurait quai Prilelier. n" n. (Cf. Almnmck royal de 1790, p. 353.)
>: Caron était juge depuis 1764. il demeurait rue le Itrgratier. 1 Cf. Afatmork royal de 1789, p. .Uo.)
" L'.Uwrtrwrr* royal do 178(1 indique : Chambre des bâtiments: M' Cavaignac ( L (, greffier en chef, rue dru Martvr*; M. Cavaignac ( J. ). commis greflier. nie l'Ianche-Mibray. au coin du quai Pelletier.
1 Iran» tin rapport sommaire, daté du ti mars 1790. les commissaires de la s die demandent à l'Assemblée nationale «de vouloir bien donner des preuves de satisfaction aux sieurs Vacquer, inspecteur. Février, sous-inspedeur, et lin Blanc, garde meuble de la salle, en linr accordant le litre îles , places dont ils ont rempli jusqu'à ce jour les (onctions avec beaucoup de tèle et d'intelligence, sons
les ordres de M. Paris». (Arcli. nal.. C. ■ 3t. ) t
LA SALLE DU MANÈGE
des corridors . . . lesquels poêles «ont surmonté* d'un récipient de chaleur qui s'élève au-dessus du plancher de la salle, au pourtour duquel sont de» dalles au ni>eau du plancher formant foyer.
Le procès-verbal se poursuit encore le lendemain 5 novembre. La Chambre «les bâtiments fait des observations portant sur la nécessité de r modifier le bois «voisinant les poë'esT et de * fermer Ions les accès du dessous du plancher de la salle t. Des ordonnances sont aussitôt rendues en se sens.
Et uvant achevé notre recollement, lit-on au procès-verbal, nous estimons non seulement qu'il y aura la plus gronde solidité, mais encore la plus grande sûreté contre l'incendie, et que MM. le* députés composant l'Assemblée nationale peuteul, en toute a*suranre, preudre possession de Indite salle, lorsqu'ils le jugeront à propos, après que les décors auront été faits, et qu'eux "! et le public ne seront exposés 4 aucun danger.
AvhiiI d'en venir à l'installation même de l'Assemblée nationale au Manège, il nous faut remonter de quelques semaines en arrière el utiliser un premier document. En même temps que l'Assemblée, qui, le 9 octobre, avait décidé d'envoyer des commissaires à Paris pour choisir un local, le Ministre de la maison du roi chargeait l'architecte Paris d'une enquête sur le même sujet. Nous avons retrouvé à la bibliothèque de Besançon, parmi les papiers de Paris, le rapport qu'il fit à cette occasion. Eu voici In plus grande partie:
M. le C* de S'-Priesl ayant donné ordre le 7 octobre, ou S. Paris, de chercher un emplacement pour établir l'Assemblée nationale à Paris, il se transporta « l'instant même au Salon des tableaux au Louvre, A l'Église des Augustin? , à rArchevérhé, à la Grande Salie du Palais, à la Sorboune el enlin au manège des Thuilleries; ce dernier emplacement était le seul dont la surface approchât de l'étendue nécessaire; mais sa longueur excédant de 34 pieds celle de la salle de Versailles, le S. Paris craignit qu'on ne pût s'v faire entendre d'une extrémité à l'autre; il remit les plans de ces diOércnls locaux sur une même feuille et sur une même échelle, alin de prouver leur insuffisance pour l'objet, et il l'accompagna d'un mémoire où il exposait ses motifs de réjection A M. le C." de S'-Priesl, A qui il eut l'honneur de remettre ce travail, espérant qu'on pourrait trouver plus de facilité dans quelques unes des plus grandes Églises de Paris, lui (rie) ordonna de les visiter, mais cet examen dont il rendit un compte toujours appuyé par des plans, prouva que la capitale ne contenait aucun bâtiment ni aucune salle dans les rapports de situation et des autres convenances indispensables qui peut suffire * placer 1,900 personnes A portée de se voir et de s'entendre, ainsi que le public qu'on vouloit admettre aux séances. Le Ministre ayant ordonné le 9, au S. Paris, de se rendre A Versailles pour communiquer A M. le Président de l'Assemblée nationale le résultat de ses recherches, il partit à l'instant même, arriva dans le lieu de la séance au moment 011 on ogitait. par des motifs d'économie, si l'on ne ferait pas mieux de rester A Versailles; le S. Paris crut que le moment était favorable pour faire connaître son tnmiil à l'Assemblée; il eut l'honneur de le proposer à M. le Président, qui. n'en jugeant pas comme lui, le remit A
Le document ne porte que la signature autographe de Cavaignar. ( Arcli. u«t. . C, 3a , I. iqh.)
CHAPITHK III.
la séance du soir; mais avant de se *»'*|iarcr, l'Assemblé ayant décrété de se transporter a Paris et Dominé six commissaires pour présider i celte translation, M. le Président se borna à annoncer relie décision au S. Paris, qui, voyant l'inutilité de sa démarche, ne s'occupa plus qu'à chercher le moyen de tirer parti de remplacement le moins défavorable, c'était le Manège; il y traça rapidement un projet qu'il présenta le lendemain,! Paris, a MM. les commissaires. Ils ont pu se convaincre, et par l'inspection des plans et par leur propre examen, que ce lieu était de beaucoup préférable a tous les autres. Il était, a la vérité, privé de toute espèce d'accessoires, mais les maisons des Capucins et des Feuillants semblaient présenter la lacilité de se procurer h proximité tous les détails qui pouvaient être nécessaires; l'espérance qu'on avait eue i cet égard a été trompée; on a été obligé de monter un grand nombre de maisons de bois pour en faire des bureaux et de looer un hôtel dans la place de Vendôme pour y placer tous les comités, en sorte qu'il n'y a que 16 bureaux, les Archives, le Trésor et l'imprimerie qui aient pu trouver place dans ces deux maisons; mais de tous les objets le plus important était la salle, et comme lu Manège seul offrait une étendue approchante de celle qui était nécessaire avec moins de ressource encore, on eût été obligé de le préférer.
Comme le S. Paris annonçait dès lors que cet établissement coûterait beaucoup, MM. les commissaires désirèrent savoir i quelle somme il estimait que pourrait monter cette dépense. Il eut l'honneur de leur répondre que dans un composé d'objets aussi vaguement éiiourés, formé de détail» sans nombre, dispersés el comme perdus dans les Capucins, les Feuillants, le Manège et l'hôtel des Comités, ne pouvant se flatter d'avoir tout prévu, il élait impossible d'apercevoir quelle pourrait être celte dépense, d'autant y\ui qu'il espérait pouvoir employer lieaucoup de choses de l'établissement de Versailles, tels que l'amphithéâtre de la Salle, sauf les changements à y faire, el les cloisons de distribution des bureaux, que, malgré cela, il ne serait pas surpris qu'elle s'élevlt a près de ibo.000, qu'il y mettrait toute l'économie possible et ,pje c'était la seule chose dont il pouvait répondre; comme l'objet était extrêmement pressé, le projet élail à peine terminé que déjà on travaillait à l'exécoler; on y a procédé avec Uni de promptitude, que la salle qui a été commencée le [rn blanc] a été terminée pour le 9 de novembre.
Taris indique ici les travaux faits à la salle de l'Archevêché; nous avons donné, à cette occasion, cette partie du rapport. Il continue ainsi :
L'incommodité de celle de l'Archevêché jointe aux instances de MM. les Députés engagèrent le S. Paris i presser les travaux du Manège avec toute la vivacité possible; on y a travaillé' jour et nuit el par un teins affreux; on ne doute pas que des ouvrages exécutés avec celle promptitude ne coûtent beaucoup plus cher que ceux qui sont faits avec le loisir ordinaire; mais, ce dont on n'a pas idée, ce sont de faux frais qui sont vraiment incalculables; on peut en juger par la lumière que l'on consommait les nuits, tant dans la salle que dans des chantiers établis daus le jardin des Feuillants et dans celui dus Capucins. La vivacité du vent qui faisait alors, dévorait le combustible qui servait à éclairer les ouvriers, empêrhait son effet et forçait d'autant plus à le multiplier. Si on entre dans ce détail qui peut paraître minutieux à quelques personnes, c'est pour expliquer par cet exemple combien les travaux de nuit sont dispendieux, quelijue attention qu'on apporte à y observer la plus exacte économie.
Lorsque l'on est pressé, comme on l'a été dans cette circonstance, lorsque les données, résultats des besoins, de la situation el des distances, ne peuvent se connaître que successivement, comment pourrait-on pensera toutî Aussi plusieurs détails n'ont-ils été désirés et aperçus que lorsqu'on a commencé à faire usage de la salle, et il est très-vrai que, malgré l'esprit d'éro-
LA SALLE DU MANÈGE
nom ie qui dirige les membres de l'Assemblée, le besoin a fait former beaucoup de demandes, dont le résultat est la commodité, lu salubrité, la perfection, mais en mémo tenu le résultat en a été aussi une augmentation de dépense.
A Versailles, deux corps de garde suffisaient; ici, il en a fallu huit, donl un pour 60 hommes, et de plus on a demandé 1 « guérites; a Versailles, il n'y en srait pas une seule. La dislance des parties de cet établissement a obligé de former des passages couverts, depuis les Capucins à la Salle, et depuis la Salle aux Feuillants; ces couverts se sont nécessairement multipliés en raison des endroits où MM. les Députés doivent se transporter autour du lieu des séances; on a élé obligé de diviser les bibliothèques et autres grandes pièces qu'on a occupées dans les Capucins et les Feuillants, ainsi que les grandes maisons de bois et les cloîtres, par une multiplicité de séparations et de cloisons ; il a fallu clore des bûchers, des endroits pour la livrée et placer une quantité étonnante de poêles; on conçoit qu'il était impossible que ces détails fussent connus dès le commencement, et de là on conçoit aussi qu'il était impossible de prévoir quelle serait la dépense; on ne peut même la connaître que lorsque les mémoires des entrepreneurs et des fournisseurs seront donnés, mais les ouvrages étant presque finis, ils ne tarderont pas à les fournir. L'architecte les fera vérifier avec le plus grand soin, il les réglera sans délai, et ils seront ensuite remis à la finance; ce sera alors seulement qu'on pourra connaître ce que cet établissement aura coûté.
Dans cette opération, le S. Paris a agi comme l'instrument des volontés de l'Assemblée, qui lui ont été transmises par l'organe de ses Commissaires. Si la dépense se trouvait excéder l'idée qu'on s'en est formé, ee serait uniquement parce que les demandes successives ont multiplié les ouvrages d« différente nature. Le S. Paris croit pouvoir se flatter d'avoir mis dans toute celte aflaire l'activité et le ïèle qui sont en son pouvoir, joint à l'économie qui pouvait s'accorder avec les besoins de l'auguste Assemblée pour laquelle il se croit heureux d'avoir pu employer ses talents.
Dans le * Bordereau général de la dépense faite par l'Assemblée nationale, tant à Versailles qu'a Paris, pendant l'année 1 789, on lit, après le détail des dépenses faites à Versailles et pour la salle de l'Archevêché, à Paris : s Chapitre 11. Constructions de. la salle de l'Assemblée nationale au Manège des Tuileries, à Paris: 168,1 5a livres 17 sous 3 deniers. — Dépenses relatives aux séances de l'Assemblée nationale commencées à l'Archevêché le 19 octobre et continuées au Manège le 9 novembre 1789 : 46.329 livres 6 sous*. Le total général de la dépense s'élève à 558, o5o livres 1 s. U d. (Arch. nat., C, i3a.)
'LWSSBMRLRE NATIONALE S'INSTALLE ail MANÈGE. IMPRESSIONS DES CONTEMPORAINS SIR L\
SALLK. -- LE JOURNAL DR PÂBIS. LE JOUR VU DU BARON DE GACVILL8. L'ORDRE
n'ARHIfÉS ET D'MITRÈB À t'ASSMHRlis NATIOXALB. - - LES MESURES D'ORDRE Dit GOU- VERNEUR DES TUILERIES.
L'Assemblée constituante après avoir tenu, comme nous l'avons vu. sa dernière séance à l'Archevêché le 7 novembre , s'installa au Manège le lundi 9 novembre 1789.
Les journaux, tout remplis d'ardentes polémiques ou de longue» discussions politiques, ne donnaient alors que de brefs détails sur l'installation matérielle de l'Assemblée nationale, et, si l'on no connaissait les idées et les usages du temps, on croirait, d'après ce silence, à une indiiïérence générale. Le Journal de Pari» lit rependant exception à la règle, et voici, sur la première séance au Manège, l'impression de l'un de ses rédacteurs :
L'Assemblée nationale s'est transportée aujourd'hui à la salle qu'on lui préparait aux Tuileries depuis son arrivée dans la capitale. Ce local, infiniment plus commode, infiniment plus convenable à la dignité de l'Assemblée nationale que celui de l'Archevêché, ne peut cependant, sous aucun rapport, être comparé h celui de Versailles. C'est un carré très long et très étroit ; la voûte, très épaisse, a res formes qui, au lieu de répercuter la voix, la gardent et l'absorbent. On a eu beau placer lu tribune et les orateurs nu milieu, les voit les plus fortes et les plus distinctes ont peine, au milieu même d'un grand silence, i parvenir am extrémités de ce carré long. Par un autre effet de celte dis|H>sition sans doute de la voûte, les murmures, et il y en a souvent, ne f'élèveul pas et no se perdent pas dans l'air; ils restent bas et fatiguent singulièrement, tandis qu'où a beaucoup de peine à démêler les voix des orateurs. . . Peut-être le» gens de l'art pourront-ils trouver des moyen* pour rendre la salle un peu plus sonore, et l'on voit qu'il importe exlrémemen qu'ils les cherchent 1 .
Les détails donnés par les annalistes sont également brefs et rares. Le baron de Gauville écrit :
Le 9 [novembre], au manège des Tuileries. Bel emplacement, bon poêle, galeries fort longues, ventilateurs salutaires, baromètre au tempéré »l.
11 fut question de la salle du Manège quarante ans plus lard à la Chambre des députés et, avec la tendance commune à louer ce qui n'est plus, on en vint à la regretter. A propos des modifications projetées à la salle du Palais Bourbon, un député, Laisné de Villevèque, dit : «Je me rappelle qu'a l'Assemblée constituante on entendait parfaitement les orateurs. Je soumis cette observation à la commission et l'on me fit observer que la facilité d'être entendu provenait de ce que la salle du Manège avait tout au plus 37 pieds de haut, tandis que celle-ci en a 1111 moins 56 : la voix se perd dans un espace considérable. Il a été arrêté que la nouvelle salle n'aurait pas plus de uo pieds. ^ Un autre député, M. de Grammont, «lit ensuite : « Aujourd'hui tout le monde sent les inconvénients de celle chambre; ceux qui ont vu les salles des anciennes assemblées peuvent juger, en se les ra|>pelant, que celle-ci est la plus mauvaise de toutes-.
Comme ils l'avaient fait lors de l'installation à l'Archevêché, les commissaires, pour permettre aux députés de se reconnaître dans le dédale des alentours du
' JowhhI Je Pari» <lu 10 novembre 178^1, p. 1 'iôy. '• Jrmrimt rht haro* Jt GavriHr, p. 34.
LA SALLE DU MANÈGE. 1<i9
Manège, firent imprimer, à la date du 9 novembre 1789, un Ordre de l'arrivée et de t entrée à l'Assemblée nationale. Voici cet Ordre qui, rapproché des plans que nous publions, permettra au lecteur de se rendre un compte exact de l'installation des Constituants au Manège.
Ordre de [arrivée et de Centrée à t Assemblée national*.
Du 9 Boreinhre 1789.
Le» députés de l'Assemblée nationale pourront entrer par tonte» les portes du jardin de* Tuileries, en montrant leur billet aux sentinelles et aux Suites, el arriveront à la salle par la porte latérale qui leur est réservée sur la terrasse de» Feuillants.
Ils entreront aussi par les cours du Manège, par la porte des Feuillants et des Capucins, rue Sainl-Honoré et arriveront a couvert a la salle.
Tribune». — 1° Grande tribune à l'extrémité" de la salle, du côté du passage de» Feuillant». On v entrera sans billets. On y arrivera par le passage, rue Sainl-Honoré.
a" Grande tribune à l'autre extrémité de la salle, du côté de la cour du Manège. On y entrera pareillement sans billets. On y arrivera par la cour du Manège, a gauche, par le premier escalier.
3* Tribune latérale, du cité du président. On n'y entrera qu'avec un billet signé du président, ou d'un secrétaire de f Assemblée. On y arrivera par l'escalier qui est à la suite du précédent.
!»' Tribune latérale, vis-à-vis du président. Les suppléants, les députés du commerce, les représentants de la commune de Pari» et tes officier» de l'état-major de la garde nationale parisienne entreront, avec leurs billets, dans les places qui leur sont destinées dans cette tribune. Ils y arriveront par la porte cl le cloître des Feuillants, rue Sainl-Honoré"'.
Voitum. — Porte des Feuillants. Porto des Capucins. Les voitures y arriveront par la rue Saint-Honoré; elles pourront entrer dans la cour des Capucins; elles iront ensuite se ranger dans la place Vendôme.
Cour du Manège. — Les voitures arriveront par le Carrousel et par la rue de l'Échelle. Elles entreront par la porte et par la cour des Écuries. Les cochers prendront leur gauche; ils suivront le long des barrières; arrivés à la salle, ils tourneront à droite el sortiront par la rue du Dauphin.
On observera le même ordre pour la sortie de la salle.
Aucune voiture ne pourra s'arrêter dans les cours du Manège, depuis la salle jusqu'à la rue du Dauphin.
Les voilures des député» pourront s'arrêter dans la grande cour" vis-à-vis de la porte du
''' -J'oubliais de dire qu'aux deux extrémités de lo «aile il y a de» tribunes entièrement publiques ; celles qui occupent les cotés ne s'ouvrent qu'aux amis îles députés qui montrent des cartes ; dans toutes, l'auditoire est fort bruyant, applaudit à ou-
m«T. ttt turtcu. — ■.
Irance ce qui le charme, va parfois jusqu'à siffler ce qui lui déplaît, indécence incompatible avec la liberté de discussion. Je n'attends pas la An», etc. (\ oi'se , \ oyoges sa Fnitee pendant les ruwees ,787, ,7HX, ,78g, t. 1, p. 35;.)
ss
i:HAP1THK III.
jardin des Tuileries, aulanl que le lieu pourra en contenir, sans gêner le paswige de» aulre» voiture?.
Les domestiqua pourront se placer aux Capucins, dans un parloir extérieur; aux Feuillants, dans le passage du Cloître; cour du Manège, dans une pièce destine* à cet usage.
Tous Jeu comités de l'Assemblée nationale se tiennent a la place Vendôme , n" 4 <».
Les archives de l'Assemblée nationale sont dans la maison de* Feuillants.
L'Imprimerie nationale, dans la maison des Capucins. Le bureau de l'imprimerie. dan< la rour du Manège, à coté du corps-de-garde W.
Le jardin des Tuileries relevait, pour l'ordre, du gouvernement du château des Tuileries'". Le voisinage de l'Assemblée nationale nécessita des mesures de surveillance spéciales. Voici le placard qui Tut alliclié a cette époque :
Gouvernement des Tuileries. Service du jardin. On ne laissera entrer dans le jardin jusqu'à midi que les députés n l'Assemblée nationale et les personnes munies de cartes dont les modèles sont dans les guérites. A midi et demi, (mit le monde entrera dan.s le dit jardin sans cartes.
Intérieur du Château. On laissera entrer dans les cours et le château toutes les personnes bien mises sans cartes quelconques. Les sentinelles auront soin de ne pas laisser engorger les escaliers.
Les ouvriers n'entreront pas sans cartes signées de l'inspecteur, ainsi que les personnes qui auraient besoin dans les petits escaliers de l'intérieur. Les facteurs de la poste entreront sans cartes. La livrée, en général, sera admise dans le château, à la snite de leur (nie) maître.
[Signé :| Duparc. inspecteur. Vu : Gourion, major général'1''.
Voir ci-après, p. 17.S-.j08, le, détails que nunn donnons sur les annexes de la Salle du Manège, et eu particulier sur les hôtels de la place Vendôme.
<'' Celle pièce, reproduite en divers recueil*, se immre eu particulier, sous forme d'imprimé du temps, dans le carton coté aux Archives nationale». C, i'.U.
[>l Voici quelques détails que l'on trouve dans un ouvrage publié |i.-u de temps avant In It. volulion, sur le Jardin des Tuileries : 'On entre dans ce beau jardin par six ]<orles : 1* |iar le vestibule ■lu ebéteau: 1' à l'extrémité op[io«ée, parle Pont Tournant; 3" du coté du l'ont Ho) al, par une autre porte, Tune des entrées les plus freqnculécs : h' à l'extrémité opposée, par les cours du Manège, dans lesquelles on entre par la nie SaintHonocé ; 5* par l'Orangerie, au bout de la terrasse des Feuillants ; 6* par les Feuillants mêmes ; cette («rte est située an milieu de la terrasse que l'on appelleaV* '.'«rjiwuu , (mire qu'en effet elle avoisine
le jardin de ces religieux. Ces différentes entré» «ont confiées, savoir ; celle du vestibule, a des uiun ; les ciuq autres, à des portiert ; toutes sont extérieurement gardées par un détachement Un»- «Wr». On ne souffre point, dan» ce jardin, les *>/dau, les dotnettifHtt et les gens mal vélus, si ce n'est cejiendant le jour de la Ssinl-Luuis, attendu la célt'ltrité de la journée.. . On jieut déjeuner, diner. eoUationncr et souper chez les niua et cliei les portier», pourvu néanmoins que le soir on ne reste chez eux que jusqu'à 10 heures : la décence en fait faire une loi. Le* voitures, quelles qu'elles soient, se tiennent tant au Pout Royal et dans le Carrousel qu'an Pont Tournant ; les carrosses bourgeois seulement entrent et restent dans la cour, du côté du Manège.» (IIsbtidt et Mioiv. op. ai., t, III. p. Soij.j
Paris, impr. royale, f}8ff (Arch. naL, K. 5*8). La pièce u'rat pas datée, mais elle ne peut, comme on le voit, se rapporter qu'au dernier trimestre de «789.