IA SU.LB DU MWKCK
AN\EE »7yO. - M C^BKMOME Dt 1 A FEVRIER À SOTRE-DllIE. L'INVENTAIRE DE HOtlIIOX. LE JOlHtâL DB HALKal.
Pouvait-il entrer dans le plan de cet ouvrage de raconter tous les événements dont l'édifice qui nous occupe fut le théâtre? Nous ne l'avons pas pensé, et l'énormité de l'entreprise suffirait d'ailleurs à la condamner. Suivre des députés de la nation dans les différente locaux qu'ils occupèrent collectivement et donner, d'après des documents authentiques, les renseignements les plus précis sur ces locaux, telle fut la pensée directrice de notre travail. C'est pour ne rien omettre de la première parlio de cette proposition que nous avons reproduit la - Disposition faite à Notre-Dame pour le serment civique» l'Assemblée nationale avant décidé de se transporter tout entière à cette cérémonie (voir fig. 3i,
Les événements de l'année 1790 et quelques décisions de la Constituante nous fourniraient, si nous les pouvions suivre, quelques renseignements sur la salle du Manège et sur ses abords. On peut citer, pur exemple, les incidents relatifs aux agglomérations de gardes nationaux autour de la salle pendant les journées des i3, tU et i5 avril 1790'*'; la discussion soulevée à l'Assemblée nationale au sujet des étrangers qui s'introduisaient dans la salle des séances (6 mars tyyo)^; le règlement sur la police intérieure de la salle (90 juin «790).
Te Deum, auxquels ont assisté une dépiilalion de r.\«sembléo nationale. . . la ineasc a été célébrée par M. Mulot. vire-president du Conseil général.» (Journal de Parie du 5 février 17«>i.) Celle cérémonie avait été décidée par l'Assemblée nationale le 3t janvier 1791 : -Cette proposition a été adoptée au milieu dm applaudissement* que rerevait la ' lettre de M- l'abbé Fauebct, l'un de? prêtre» qui, dans cette décisive époque pour le genre humain, a fait servir, avec le plus «le xéle et fie succès, la puissance de la religion à l'établissement de la liberté.' {Journal de Parie du 1" février 1791.)
' On remarquera que, comme pour les autres plana, que nous «von* être de Pari», la date est restée en blane.
1 Consulter *ur celte affaire le savant ouvrage de M. Sigiamond Lacroix sur la (ommune de Parie [op. cit., t. V, p. 38); voir aussi Arckicee parlementaire*, t XII. p. 718 et 734.
" I n décret «enjoignant aux personne» qoi ne sont pas députés de sortir de la salle » fut rendu le 90 septembre 1790 (voir ci-après, p. 18G).
Ct. Dttcoun s«r le urmtt eirijue prononcé le dimunrke 1 $ février 1700 dons Végliee Sotrr- Dw , eu présence de l' AetrmUf- nationale. . . par .M. Mulot, chanoine régulier de Saint-Victor (s. I., 170,0. i.i-8'. Bibl. naL, U"/8443) et Défit de lu cérémonie faite à Notre-Dame , i ïoeauiou du dévonemtMt de* Fronçait pour affermir lee tassa de la (Umiti lutin*. . . (s. I. n. d. , io-8*. Bibl. uat, LV/8444).
Nous donnons ci-après ( \]>ynd\tts , n* XYI) des extraits de cette dernièir brochure. Bien que la dale du t h février ait été omise, on ne peut douter que ce ne soit celte cérémonie qui ait été représentée. 11 sullil, dans cette vue, île rapprocher du titre des deux brochure* ci-desêus les mots suivants de la légende du plan; *M. l'abbé Mulot a fait un sermon après la me**. , etc. Certains détails pcrrocl- Iraieut de croire que ee plan est l'aHivre de l'architecte Paris. Il a déjà été reproduit dans l'ouvrage de M. G. Lenotre, intitulé : La quartier* de Parie pendant la ftéwlutiou. — Le 4 février 1701, .une cérémonie commémoralive eut encore heu a Notre-
Le document le plus important que nous ayons retrouvé, pour cette période, est un registre conservé aux Archives nationales et portant le titre suivant : «Inventaire général des effets qui existent à l'Assemblée nationale, au Manège des Tuileries, ainsi qu'aux hôtels place Vendôme, n" 6 et 9. Le dit inventaire, commencé le 3 mai 1790 et fini le 8 du dit"'*. L'Assemblée nationale qui, par l'extension considérable de ses travaux, devra, peu de temps après, occuper le couvent des Capucins, n'avait alors à sa disposition pour ses Comités, comme le prouve cet inventaire, que les deux hôtels de la place Vendôme. Nous traiterons séparément (paragraphe XIV du présent chapitre, p. 376 et suiv.) de l'histoire des annexes du Manège; nous ne nous y arrAterons donc pas ici.
Voici le début de l'Inventaire cité:
Salle d'auemblèe. — 1 table ovale de bois de chêne , les pied» idem avec 3 ^tiroirs à chaque bout fermant à clef, ladite de g pied» sur C. - 8 pupitres en bois d'acajou, garnis de maroquin vert, doré» sur tranche», 1 encrier, 1 poudrière en cuivre argenté», les dits de 19 pouces sur 3 de haut.
1 armoire en bois de chêne à 6 vantaux fermant à clef de '1 pieds 6 pouce» de long, ta pouces de profondeur, 19 pouce» de bout.
1 bureau de bois noir couvert de basanne avec a tiroirs sur le devant, fermant i clef, de 3 pied» C pouce* de long sur a t pouces de large.
a écrans en bois de chêne pour porter l'ordre du jour, de 19 pouces de haut sur i3 pouces de large avec chacun a harpons de fer.
1 encrier de 9 pouces sur 5 pouces de large, 1 poudrière de cuivre argentée.
1 sonnette.
h grands lustres portant 1G lumières chacun, garni» de 1G armatures portant chacun a lumières.
3a bassins en cristal de Bohême à chaque lumière, garnis de leurs houppes et cordons de uo pieds de long.
8 demi-lustres de ehacun 4 lumières, garni» chacun d'une armature portant 3 lumières. - 3 thermomètre». - 4 porte mousquetons. - a treuils.
Tel était le mobilier sommaire qui garnissait la salle de la première de nos Assemblées parlementaires. L'Inventaire poursuit sa description: c'est le nombre, dans chaque pièce, des tabfes, des chaises, etc. Nous ne pouvons reproduire ces fastidieux détails; nous nous bornerons à rémunération des locaux'11. Voici donc i'en-téte de chaque article :
Portière de lu salle. - Vestibule côté de la terrasse. - Cabinet de .MM. les commissaires |de la salle]. - Cabinet de MM. les inspecteurs des bureau*. - Secrétariats près de la salle : Bureau pour la distribution des billets. - Bureau pour la distribution des imprimés. - Bureau des procès-verbaux. - Bureau des renvois. - Bureau île correspondance. - Bureau de la grande
'■ An*, nul., D\ «W, 1. sauf les modifications apportées entre l'établisse-
On trouvera ce» locaux sur le» plans de l'ai - ment de ces plan», que nous trojon* être d'octobre chileclc Paris, que nous reproduisons (p. lùv). 1789, et le mois de mai 1790.
LA SALLE DU MANÈGE
<• lu <'tJi<Mi(i<ui huit m
Fir. îi. — PUn colorié cotwné daiu la onll.-rtii.n BitllMur. (MU n»l.. E»lam|>^ . I. IV, V 17.)
ponte. - Bureau du renvoi des lettres. - Bureau du contre-seing. - Comité des secours '". - Antichambre des garçons de la salle. - Bureau de l'inspecteur de ta salle. - Chambre du garçon de bureau de l'inspecteur. — Magasin des fournitures de bureau. - Trésor des dons patriotiques. - Cabinet du trésorier. - Secrétariat des dons patriotiques. - Archives de l'Assemblée nationale : cabinet de l'archiviste. - Secrétariat des archives. - Antichambre des archive». - Dépôt des cartes. - Corps de garde pour le service de l'Assemblée nationale. - Cabinet du chef de la 6* division. - Corps de garde de MM. les officiers de la garde nationale. - Corps de garde des grenadiers. - Corps de garde de la garde nationale. A" division. - Corps de garde de la garde nationale, C* division. — Corps de garde, coté de la Carrière. - Corps de garde, cul-de-sac Dauphin. - Corps de garde dans la cour des Capucins. - Corps de garde de la prévôté. - Corps de garde de la prévôté pour la garde du trésor. - Corps de garde des pourpiers. - Salle pour la livrée. - Couchers des garçons de la salle. - Réverbères : réverbères autour de la salle et dans le» Feuillants; réverbères dans le couvent des Capucins "O. - Bureaux de MM. les députés et couchers des garçons pour le service des dits bureaux. [Suit le détail du mobilier de chacun des trente bureaux.]
Hôtels place Vendôme , n°* A et 9 :
Au n' &. — Comité de constitution. - Secrétariat du dit Comité. - Seconde section du Comité de constitution. - Comité des lettres de cachet. - Secrétariat du dit Comité. - Comité d'agriculture et de commerce. - Secrétariat. - Comité des pensions. - Secrétariat - Comité des rapports. - Secrétariat. - Comité des droit» féodaux. - Secrétariat. - Antichambre du Comité des recherches. - Comité des recherche». - Comité d'imposition. - Secrétariat. - Comité de judiealure. — Secrétariat. — Comité de la marine. - Comité militaire. - Secrétariat des Comités de la marine et militaire. - Comité de liquidation. - Secrétariat. - Comité des finances : maison du roi. - Cabinet de la guerre. - Cabinet des provinces. - Département des ponts cl chaussées. — Secrétariat pour le Comité des finances. - Comité pour la division du royaume. - Portier de l'hôtel n° A. - Corps de garde. - Cuisine servant pour la livrée. - Antichambre des garçons. - 3 chambres de commis. - Couchera des garçons de bureau de l'hôtel n* 4. - Réverbères.
HMu' g. — Antichambre du Comité ecclésiastique. - t** section. 9* section.- .'t' section. - Bureau de correspondance pour les déclarations ecclésiastiques. Antichambre du Comité des
" Il n'y avait pa« À la Constituante de Comité
ici du Connu' de mendicité qui avait son «iég* place Venilome, n* g; des réserves s'imposent donc sur l'exactitude du renseignement qui est ici donné. Peut-être s'agit-il, par suite d'une erreur de transcription, du Comité des décrets qui, dans une pièce de septembre 1790 , est indiqué comme établi 'dans le vestibule de la salle do côté des Feuillants-'. 1 \ où- ci-après, p. 78s , Ckmgtmtnj dam Ut
<*; Il s'agit des passages et de quelques dépendances qui étaient a l'usage de l'Assemblée : les couvents de* Feuillants et des Capucins n étaient
pas encore en totalité occupés en mai 1 790 par les bureaux et comités de l'Assemblée nationale. — On voit au compte des dépenses de In Constituante : "Lecomtc, ferblantier, pour l'établissement, l'entretien et la lumière des réverbères, dont 179 sont allumés tous les jours dans les corridors et escaliers qui conduisent a la salle et aux comités, tant au Manège qu'aux Capucins et aux Feuillants, et .loi les jours où il y a si'ance le soir : s 1 .706 livre* 1 7 sous 6 denier»". (Compit rend* et rapport in eommittairtt de k mile, lu le 3o soûl 1791.) Ces réverbères étaient «a loyer.. Voir ci-après (p. ig.l) la lettre des commissaires de la salle du 4 1 mars 1791 (%• 3S).
U SALLE DU MANEGE. 175
douze. - Comité des douxe. - Secrétariat du dit Comité. - Comité de mendicité. - Secrétariat. - Antichambre du Comité des domaine*. - Bureau n* 7. - Bureau n* 8. - Bureau n" 9. - Bureau n» 1 1. - Bureau n' 19. - Cabinet du préaident du Couiilé ecclésiastique. - Bureau de M. Delay d'Agicr11*. - Bureau de M. Auberl<»>. - Portier. - Vestibule. - Coucher des garçons du n* 9. - Béverbèrea (nombre, etc.). - Secrétariat du Comité des domaine».
Maison* de boit. — Six sont montées dans le jardin dm Feuillants pour servir de bureaux [soit le détail]. - Pionnières ou petite* maisons de bois employées pour le service de l'Assemblée nationale. Le* pionnières ont chacune 11 pieds de long, 9 de large et 7 à 8 de haut. Elles soot placées comme il suit : s pour le corps de garde au bout de la rue du Dauphin ; 9 pour un corps de garde «u jardin des Capucins; 9 pour le bureau de l'inspecteur; 9 pour l'atelier des serruriers; s pour l'atelier des menuisiers; 1 pour le corps de garde des pompiers; 1 pour le corps de garde «n passage des Feuillants; 1 pour l'imprimeur aux Capucins; 1 pour le corps de garde aux Capucins.
Je soussigné, garde-magasin général des Menus, certifie que tous les effets contenus au
présent inventaire sont existnnts dans les différents endroits où ils sont indiqués Paris,
le 19 juin 1790, [signé] Houdon1*1.
Nous avons si peu de renseignements sur l'installation matérielle de la Constituante 1 au Manège, que nous avons cru devoir donner les parties essentielles de cet inventaire. On peut, grâce à ce document, reconnaître exactement les locaux occupés par l'Assemblée en juin 1790. Tous les comités créés à cette époque 5) figurent dans l'inventaire, ou, du moins, ceux qui ne figurent pas sont de date assez récente pour que leur organisation ne soit pas encore fixée *; on en peut donc conclure que l'Assemblée n'occupait à cette époque, en dehors du Manège et de quelques dépndauces des Feuillants et des Capucins (passages, jardins, etc.), que les deux hôtels de la place Vendôme portant à cette époque les numéros h et y.
" Claude-Pierre de Delay d'Agi» avait été admis a l'Assemblée nationale, au titre de député du Dauphiué. le a 3 novembre 1789, eu remplacement de l'abbé de Dolomieu, décédé.
<*» Edme Aubert , curé de Couvignon , député du clergé du baUliage de Chauraonl-en-Bassigny.
' Voir ri-dessus, p. 19, note 3, la note relative à Houdon. Comme on le verra plus loin d'après te t'jtmpU rendu du 3o août 1 791 , toutes les dépenses de f Assemblée furent réglées jusqu'au 1" octobre 1790 par les administrations des Menus- Plaisirs et du Garde-Meuble.
<4' Alexandre de Lamejb a donné quelques brefs détails sur la salie du Manège. Cf. Hitloire de FA*- *rmMta>mMtihwae, Paris, i8a8-i8ai,, » vol. iu-8' (BibLoal.. Lb»/S466). t II, p. »6*.
" Dans une /,..* de* nom, de* députée, que
nous savons être de la fin de juin ou du commencement de juillet 1790, on lit : »L'AssembW nationale a 17 comités dont les membres sont stables, à l'exception du Comité des recherches et de celui des rapports qui sont renouvelés tous le» 1 5 jours.. I A'owertr luit alpkaUtùpu: du mm* de MM. /et députe* à VAttembUv nntionalt. . . Paris, 1790, in-11. (Bibl. ual. , LcM/8.) .Nous avons spécialement étudié cette Liete dans notre Recueil de document*, t. H, p. 8.) Le nombre de «7 comités, en juin 1790, est bien celui des comités créé» a celle époque. Ou trouvera, à la lin de la Lùte qui précède, la composition des Comités, leur siège, les noms de leurs membres, etc.
l*> lj} Comité d'aliénation des biens nationaux (17 mars 1790) et celui des assignats (3o avril • 79o) sont dans ce cas.
I7(i CHAPITRE III.
Un savant allemand, Haie m, qui vint à Paris en 1 790 , nous a laissé, dans son journal de voyage'", d'intéressantes appréciations sur la salle du Manège:
Voici trois fois, écrit-il à la date du s<> octobre 1790, que je vais à l'auguste Assemblée tics représentants de la nation. . . J'y Tus pour la première fois le ta octobre et je me trouvai dans la tribune réservée au publie. Mais il faut auparavant que je vous donne une légère idée de la salle et de sa disposition. Lorsque les Parisiens allèrent chercher l'Assemblée nationale à Versailles pour la mener à Paris, on chercha précipitamment un lieu de réunion, et le meilleur qu'on trouva fut le Manège. Il est assex vaste en effet pour les membres de l'Assemblée , mais il ne peut admettre antant de spectateurs qu'il y a de curieux. Six rangs de banquettes garnie* de vert, rembourrées et pourvues de dossiers, courent en amphithéâtre dans la salle oblongue. pour se doubler aux extrémités. Au milieu de l'un des longs eûtes s'élève, sur quelques marches, la tribune où siègent le président et, au-dessous de lui, les secrétaires. Souvent, l'on ou l'autre des membres de l'Assemblée vient se placer familièrement i coté du président, et sur le drap qui recouvre les marches, quelques députés sont toujours assis librement et sans géne. Juste en face du président est la tribune où montent les rapporteurs des divers comités et les autres orateurs. Ils demandent et obtiennent la parole l'un après l'autre, et le président, qui les inscrit, les appelle chacun a son tour. Cependant, comme bien on pense , dans une aussi grande assemblée, et dans une assemblée de Français vifs et ardents, il y a parfois du bruit. Les orateurs sont interrompus par des applaudissements et des murmures. . . et les journalistes a»i» derrière le président, dont ils ne sont séparés que par une grille, ne manquent pas de noter fidèlement dans leurs feuilles ces applaudissements de P Assemblée ou de la galprie et toutes les gradations du murmure jusqu'au grand murmure, en ajoutant de quel côté partent ces manifestations. . . A la droite du président se tiennent d ordinaire les membres de l'opposition. On les appelle les noir* parce que la plupart appartiennent au clergé'1'. A la gauche du président se réunit le parti dominant qui fait de la France une démocratie royale. Au-dessus des sièges des députés, tout autour de la salle, sont les places des spectateurs. La galerie en face du président est destinée aux suppléants , c'est-à-dire aux députés que des provinces éloignées, comme la Corse M, ont chargé de remplacer, en cas de départ ou de longue maladie 1*1. les députés proprement dits. Mais d'antres encore obtiennent leurs entrées dans cette galerie, soit par des cartes que leur donnent les suppléants, soit par argent ;s) et bonnes paroles. Il en est de même
Parie en J7Q0; voyage de //if/m. Traduction, introduction et notes par Arthur Cacocar, Paris, 1896, u>8\ Gérard-Antoine de llalcm était né a Oldenbourg , le s mars 1 70» ; il mourut a Eutin . le 4 janvier 1 8 1 9. — Voir sur ce personnage l'intéressante biographie donnée par M. A. Cboqi rv (op. cit., p. 3 et suit.}.
m Voira ce sujet, ci-après, p. sifl, note 5.
W a y a la une erreur d'appréciation. L'éloigncraent des circonscriptions n'a eu aucune influence sur l'élection des députés suppléants. Les deux ressort» de Paris-ville et de Paris hors les mura élurent des suppléants. Ce qu'il «ersit vrai de dire, c'est que l'élection des suppléants, n'ayant pas été autorisée par le règlement général du s 4 janvier 1789, n'eut pas lion dans tous Ifs bailliage*.
I* règlement royal du 3 mai 1 789 régularisa a cet égard la situation. (Voir notre Reaui! de daem~ mmu Tttaùfx s la ewnocatio* Are État* gtménujr . 1. 1, p. 5o.)
!>1 En cas de mort ou de démission, serait pins exact Ijt Constituante n'admit en eSet aucun anppléout a litre provisoire ou momentané.
(,) vkotxebne assure qu'on faisait commerce de ces bolets, et son domestique lui achète pour troix livres une carted'entrée. « {Flackt ntek Pari», p. a 9 h , note de M. A. Cbiockt.) — Voir aussi les détail* que l'on relève à ce sujet dans les Papim tl eorrtt- /«jndmc* du firimce E. de Solm-Salm , publiés par A. RasTTg. Aras» ai.tor.av*, tome LXXI, ann.* 1899 : «Pour billets d'entrée a l'Assemblée nalionale, si livres-, (p. y du tirage a part).
L A SALLE DU M AN KG E
de la galerie située au-dessus du siège présidentiel : n'y ont «très que les personues urinies d'un billet donné par les députas. Les tribunes dites - publiques* , aux duux extrémités de la salle, sont ouvertes « tout le monde, tant qu'elles ne sont pas pleines, mais d'ordinaire elle» sont pleines h 8 heures, sitôt que la porte s'ouvre, et, lorsqu'on s'attend à une séance remarquable, il faut être de meilleure heure devant la porte. Cependant, une fois qu'on a pris son rang et qu'on s'est fait reconnaître de ses voisins, on peut aller dans un café du voisinage jusqu'à l'ouverture de la séance, avec la pleine certitude de retrouver sa place libre. Les tribunes publique* étant plus élevées que les deux autres galeries, et, par leur situation aux bouts de la salle les plus éloignées du président et de l'orateur, on n'entend pas aussi bien qu'on le voudrait. . . Le lendemaiu, îfj octobre, j'étais de nouveau à l'Assemblée nationale, mais jVaisune meilleure place. Devant la tribune de l'orateur, en face du président, se trouve la barre ■'! ; c'est un endroit séparé des sièges des députés et où ont accès les députations que tel ou tel corps envoie suuvent à l'Assemblée nationale. Ces députations étant ordinairement admise* aux séartn-s du soir, la barre est vide le malin et l'huissier en permet l'entrée à quelques eitricut. J'ai eu aujourd'hui celle bonne fortune : j'étais, par suite, au milieu même des débats et n'en perdis pas un mot ;s|.
DIITICL'LTÉ DE DLTKHHINER L'ENCEINTE l'E L'ASSBMBL^E NATIONALE. LES (RCIIIVES. — LK
CHJ.VC£MS,Vr DE AOC.lt, DOCUMENT DR I 790. LES TRIBIKES PUBLIQUES. LES TRIH11SES
DES JOlimUSTES. - - TRAViCX EFEECTIES PAR LES PARTICULIERS DANS CES TRIBt'NKS.
RAPPORTS DES JOURNALISTES ENTRE El* , ERERON ET LE IIODEY, ETC.
Chercher « déterminer exactement, à l'époque où nous sommes arrivés (milieu de 1790), le domaine de l'Assemblée nationale, fixer le nombre et l'étendue de ses locaux, sentit une entreprise à peu près impossible. L'Assemblée nationale avec ses bureaux proprement dits, ses comités, les bureaux de ces comités, sou secrétariat, etc., formait un tout indissoluble; or, nous voyons, par exemple, qu'une section du Comité des finances siégeait à l'Hôtel du Trésor public, rue i\euvedes-Pelits-Champs 3I. À celte première époque, d'ailleurs (5 mai 1 7 89- ir' octobre
l': Ces délads sont conformes aux plans île l'.iri liitpcte Paris (voir au plan reproduit p. les numéro' 17. 18 et so).
' Op. cit., p. â iij.
Voir la piérecitéed-apré», intitulée: l««emblé nationale. (Ikangem ml dan» la distribution du fora/ (p. iK:(). — Cf. «Plmlcpiu* tmrtf df la lUbtiothique nationalt el de la Trémrtrir, dirigé par IHanger, architecte de cet étahlissi-mcnt» (Bibl. liai., Estampes, V*. & a3 ). Le Trésor royal occupait, en 1780, l'ancien holel de Maxarin qui avait <H<; successivement le siùgp de la Compagnie des Indes et de l'administration de la Ulcrie royal.-. C'est iiiijourd'hui l'hAlel de l'administration de la Riblio- Ibéqne nationale (H. nu- de» P<-t il— Cluinij^ ). \?
lll»T. w« iairlcu. • 1.
Trésor royal se trouvait au|uirjvant rue d'Artois { actuellement rue limite) el ne fut transféré lu que le 1" juillet 1788, s la suilo des modifications apportées i ce service par l'édil de mars 1 7H8 (suppression des oflires des deux gardes du Trésor, de ceux de trésoriers de» guerre», des bâtiment*, etc. . <•! création de cinq administrateurs chargés de gérer conjointement les recettes et le» défense» i. Cf. fjnt aelHt' de Paru pour 17S9, a" partie, p. if». !>• même ouvrage indique ( 1" (wrlie, p. 78 ) : «rw Saiiil-Honoré. 11* 3s 5. le Trésor roval ; M. Savaletle de Lange, garde. Même numéro : La liais*' des amortissements ; on y paie les coupons des effets royaux ^ Ultérieurement, tl'liotel îles Cai»i> île la dette publique- fut installé dans les dépen-
»7*jo), la police de la salle appartient bien aux commissaires de l'Assemblée, mais «les .seuls agents du pouvoir exécutif disposaient souverainement du local de l'assemblée {'enceinte du corps législatif n'est pas encore fixée comme elle le sera peu de temps après. Sous la pression enfin des événements, eu vue surtout des réformes considérables que le» Constituants eurent à accomplir •*\ il fallut faire des travaux incessants pour installer les bureaux, les comités, le personnel.
L'inventaire de Hmidon, que nous avons analysé, nous fixe cependant dans une certaine mesure: en mai 1790. les religieux Capucins et Feuillants occupent encore leurs maisons; on a construit quelques maisons de bois dans les dépendances et les jardins des cou vents, et l'Assemblée a installé dans les couvents même" son imprimerie et ses archives, mais les comités et bureaux qui n'ont pu éliv installés au Manège se trouvent dans les hôtels portant, place Vendôme, les numéros !i et 9.
Le 6 juillet 1790, Camus, archiviste de l'Assemblée nationale, constatai!! «que le local actuel devient insuflisunli', obtint un décret portant que l'Assemblée, en attendant l'organisation définitive des Archives nationales, s autorise provisoirement les arrangements qui seraient faits par lui et les commissaires déjà uoinniés pour le changement et la distribution du local et des dépendances des Archives-. Cette décision, toutefois, n'accordait pas les moyens d'une installation meilleure; aussi, quelques jours après le .'jo juillet, Guillotin. le véritable questeur, comme on dirait aujourd'hui, exposa l'affaire en ces termes:
Le» archives de l'Assemblée s'étendent Unis les jours et le local qui leur a été primitif cmcul affecté est tout à fait instillisant. I>e dépôt des archive» doit être permanent nfjn d'éviter le danger des déplacements continuels. D'autre part, on *e plaint des retards du service de l'imprimerie Baudouin; ces relards disparaîtraient en partie si on lui accordait un emplnrement plus vaste <|UÎ lui permit d'avoir un personnel plus nombreux. \os commissaire* ont considéré que les maisons religieuses des Jacobins et des Récollcls, qui ont des bibliothèques précieux, allaient disparaître et qu'il y avait intérêt a les réunir dans un local »pacieux; ils tous proposent donc d'affecter à ces divers usages la maison des Capucin» de la me Sainl-Honoré
l'ar décret rendu le même jour. l'Assemblée nationale * autorise la municipalité de Paris à faire évacuer le couvent des Capucins de la rue Saint-llonoré pour être employé aux divers usages relatifs au service de rassemblée et qui seront indiqués par les commissaires-, etc. v.
ilance* He l'ancien liolel de Collier! , a l'ange op- |kw(! de la nie Vivieimc. Ces indications ont été relevée* sur divers plans manuscrits et imprimés conservé* à ta Bibliothèque nationale. Estampe*, volume V, s3y. — Voir en particulier la pièce datée de 1896, intitulée : -KmprUrrmenfs et constructions ocrui»1» par le Ministère ries finances et le Trésor, destiné « ilre mis en venter.
1 Cf. Happori Jet eommitwim île la utile pré- «entiî le 3o août 1791 (ci-après, p. lu'i j.
» L'établissement de trente-six comités Honl un seul , le Comité H'idiénalion . a en l*>*oin fie quarante-neuf pièces* (11M.).
La minute de ce rapport est conservé aux Archives nationnles , sous la eoleC. 43 : texte imprimé.
Cf. I.Htm p*l«./.-« H» roi |sur re décret
LA SALLE DU MANÈGE
Voici, d'après une pif>ce jointe au rapport du 3o juillet 1790 (Arch. nat., D, \ix. A5), comment se fit, «ux Capucins, l'installation des Comités et des bu-
DUtributim des Comité». - MaUon de* Capucin*. 1" étage, à droite, proche l'escalier : logement dit l'archiviste.
A droite du corridor : Comité de salubrité*, antichambre, «aile d'assemblée, secrétariat, du président.
A gauche du corridor : Comité de mendicité, Mille d'assemblée, secrétariat, cabinet du pré-
«• étage, proche l'escalier : Bureau de l'archiviste, archives.
A droite du corridor : Comité d'imposition, salle d'assemblée, secrétariat, deux pièces, cabinet du président.
A gauche du corridor : Comité de liquidation, même disposition que le Comité de mendicité.
4* étage, en retour à droite : 6 bureaux.
En retour a gauche : cabinet de garçons. Comité diplomatique, deux pièces. Le reste du corridor des deux côtés : Comité des pensions. Escalier du fond, 1" étage :
Comité ecclésiastique, à droite de l'escalier, trois pièces. Comité des domaines, à gauche de l'escalier, trois pièces. Entresol, à droite de l'escalier : Comité monétaire et le Trésor. A gauche du corridor : Comité d'aliénation. A droite et pourtour : Bureaux.
Rex-dc-chnussée, ea entrant 0 gauche, au midi : Bureau* n** ao, m, 99. Au couchant : Bureaux n" 93, 96, ici. 19. Encoignure du jardin : Bureau n* 17.
Entrée au couchant : Bureaux n~ 10. 11, 11, i3. i4, 16.
trDaus In Maison des Capucins, lil-on, dans ce rapport du 3o juillet 1790, les Comités à placer seront établis commodément et convenablement, vos archives seront en sûreté... Les Capucins qui désireront habiter dans une maison de leur ordre passeront dans leur couvent rue d'Orléans. . . n. etc.
Les religieux capucins sollicitaient eux-mêmes, avant ce décret, leur transfert dans un autre couvent. Dans une requête datée du '1 juillet '790. adressée au Comité ecclésiastique, ils «exposent l'impossibilité oit ils se trouvent de séjourner plus longtemps dans leur maison envahie par le public et demandent leur translation au couvent des capucins du Marais, rue d'Orléans Le Comité ecclésiastique donne un avis favorable 1 .
donnée* it Saiiit-Clooil , le ï> août 1 750. Impr. i-oy. , S juin, les Minime* nécessaires pour assurer le* 1790, iu-ft* (Arch. nat., Al) 1, 34 , el Y\ Haut). moyens de subsistance .nu religieux de reUe mai-
Par le même décret. l'Assemblée nationale «charge ta municipalité de Paris de prendre, *ur les limd* l'; Arch. nat., Dxix, 4», n' 70 i \ doi
qu'elle est autorisée a percevoir par le décret du cité par M. Team, «p. <■>. , 1. III, n' '1989
180 CHAPITIIK III.
Dans un Etal de* archives , ilati* «lu 3o septembre 1791. mais qui se rapporte h la période qui nous occupe, Cuiiuis nous donne quelques détails sur leur première installation : m Tandis que l'Assemblée tint ces séance* à Versailles., écrit-il, les archives furent placées dans une salle prés de l'Assemblée; lorsque l'Assemblée se transporta a Paris, les Archives furent établies dans la bibliothèque des Fetiillanls '
. . . Le jfarde eh* archives ne présente l'état de fa dépense des Archives que depuis le 1" octobre 1 790 . . . parce que c'est seulement à celte époque i|uc l'établissement des archives, étant complètement organisé, a formé une administration séparée de« autres partie» d'administration dépendantes de l'Assemblée nationale, (/est à cette même époque que les \rcbivcs ont été placées dans l'ancien établissement des Capucins. Il avait été fait, avant le 1" octobre, des réparations de maçonnerie et de rliaqienle pour disposer le bureau des archives. . . Ces dispositions ont été faites avec une rigoureuse économie. Los archives ont été placée* dans l'ancienne bibliothèque des Capucins |sl ; elle était proprement garnie de boiseries et de tablettes; on a seulement ajouté des rideaux et quelques chaises; on a doublé le nombre des tablettes pour en proportionner les espaces à la hauteur des cartons; on a fait une armoire en fer pour défendre de l'incendie les objets les plus importants13*. La construction de cette armoire a été, comme ou Ta dit. ordunnée par un décret du 3o novembre 1 790. Le bureau des archives et le cabinet de l'archiviste ont été meublés de rideaux de toile, de chaises de paille, de tables et de lampes pour le» secrétaires commis. Il a fallu des boites en fer-blanc pour resserrer les originaux des lois. . . il a été gravé un sceau conforme aux dispositions des décrets des 4 et 7 septembre et fait une presse pour l'appliquer sur les actes. . . Le total de celte dépense monte à la somme de • 1 . 3 1 « 8 s. 8 d.«>.
Vers le même temps, la Chronique de Pari* publia sur le dépôt des archives la note suivante 5 :
Les Archives nationales ont été placées dans l'ancienne bibliothèque des Capucins, proprement garnie de boiseries et de tablettes. On y trouve une si énorme quantité de cartons, qui
L'arrêté de la Constituante du la octobre 178g purtait que Camus était autorité »a laire transporter ji Pari* le» papiers qui sont aux archives, eu les accompagnant en (lersonne dans la roule; ii les dé|wwr dans son cabinet à Paris, et ii faire préparer, de concert avec MM. les commissaire* di> l'Assemblée, le lieu où les archives doivent élre établies pour v (lortcr les papier» le plus [M possible*. Pour le service des archives a Versailles, voir le document déjà cité : Ordre pour le* «rrinin Je T. I aembltrna tioimle, Y ersailles , Baudouin , impr.. I. I.in-8' (Ardi. liai., ADx<m\ 17.L Le carton de la collection Rondnwieau portant celle cote renferme toutes les pièce» imprimées concernant le» archives).
1 On trouvera, dans la |«rtie consacrée ci-après \ p. 47,'iet mûy.'i anv annexes de l'Assemblée luitio-
aile , des détails sur les bibliothèques des Feuillants cl drs Capucins, qui. comme le témoigne Camus, furent emplmi*-» successivement pour le dépôt des archives de l'Assemblée nationale.
Celle armoire de fer est encore conservée au» Archives natiunales.
•' fltat dru Arthieet nu 1" ix labre ijyi et Jel*mrt Je ert étoblutemrnt du 1" netobre s 790 nu r ixtabr* tytjr. Pari», s. d.. in-8* (Bibl. nat.. Le"/! 91*). Sifjné m fine : -Camus. '.\q septembre 1791*. t'n autre, r.Vat Jet archivât du 1" octobre 1791 ni 1 7 uplembre 173» (llibl. nat.. Lc"/Hc. in-8") ne donne aucun détail sur l'installation matérielle des archives ptnjr cette jiériode.
(Jtrauique de Pari* du ta novembre 1791. Nous donnons cet extrait d'après M. M.Toiasriv ( IHbHop-apltie . t. III. |>. tvvvii. note 1} qui fuit
LA SALLE DU MANÈfiE.
lou» ne datent pas au-delà de j yHg , que. si ce dépôt précieux de tout ce qni est relatif si: nouveau régime devait être augmenté par la suite sur le même pied, il faudrait bâtir une ville entière. Ce qu'on y voit de plus remarquable se réduit h : i" un registre exact du tous les décrets de l'Assemblée nationole constituante, suivant leur ordre chronologique; a' un registre des matières dont il est question dans ces décret» et daus lequel chaque matière est traitée séparément; 3* un registre de tous les noms en général, soit de département, de district ou de ville, soit de simples particuliers dont il est fait mention dans les décrets !'!; h° un registre de livre», estampes et médailles donnés à l'assemblée. Quant aux livres, ils sont en aseei petit nombre; le plus remarquable de tous, c'est un manuscrit de feu l'abbé de Mably sur l'histoire de France. Pour ce qui est des médailles, elles sont toutes relatives à la Révolution, de même que les estampes. On voit en outre dans ces Archives les bustes du roi, de Voltaire, de Rousseau, de Franklin, dp Washington, de l'abbé de l'Ëpée, tous en terre cuite; à la suite de tout cela, les expéditions authentiques des lois écrites sur parchemin et scellées du sceau de l'État, toutes renfermées dans des layettes doublées de fer-blanc; la collection des arlcs relatifs à la convocation des États généraux en 178g, en plus de trente gros volumes in-fol., superbement reliés en maroquin rouge; l'armoire de fera trois clefs, où se trouve renfermé l'acte constitutionnel, dans une layette doublée de fcr-blauc et le papier destiné pour les assignats"1.
Les Archives suivirent, pendant tout le cours de la Révolution, les assemblées parlementaires dont elles étaient une sorte d'annexé; nous aurons donc, dans les chapitres suivants, à suivre leurs vicissitudes v.
A cette fin de l'année 1790 »;, à laquelle nous sommes arrivés, se rattache la pièce suivante <|ui est classée par erreur, à la Bibliothèque nationale, dans un recueil factice portant octobre 178g; il suffirait pour s'assurer de la date (outre les preuves tirées de l'occupation des Feuillants et des Capucins données cidessus) de se rappeler que le Comité de salubrité qui y est cité, ne fut créé que
remarquer avec raison que cet article n'a été cité ni par Henri Bospir». ni par Léon Licoaai. dans leurs ouvrages relatifs aux Archives nationales.
I.es document" indiquée» sous les trois numéros qui précédent s«nt conservés aux Archives nationales, dans les séries B et C; non* en avons donné un inventaire annoté dans l Artrliucmcnt île Is* (Umttilntmtt , p. v\n et «uiv. (Société de l'histoire delà Révolution, Paris, 1B97. in-8\)
Les bustes dont il est ici question existent encore mu Archives nationales (Cf. Bomhm, p. ,B,j, sauf, semhle-t-d, celui .le Louis XVI. - -J'ignore ce qu'est devenu le manuscrit de Mably • (note de M. M. Tonamix).
(I -Tant que le principal uuyaude nos archives sous le nom d'Archives natiouales fut une annexe des assemblée» légUlalUe*. il suivit celles-ci dans leurs pérégrinations diverses. On l'avait établi d'abord dans une <le* salle» de la Constituant- ii
Versailles; puis, an mois d'octobre 1790. dan» l'ancien couvent des Capucins. . . Les Archives nationales allèrent ensuilp. avec l'Assemblée, au château des Tuileries (en avril i"',)3 t et, de 11, au Polais Bourbon (en 1 800), où elles occupaient tout le premier étage et quelques autres parties des bâtiments qui forment encore ajourd'hui la cour Montesquieu. . . elles furent transférées en 1808 à l'hôtel Soubise.v Let arckivet Je la Fnmtt , par Henri Bosnita. Paris, i855. iu-8" (llibl. nal. . L"/8. p. a6). Une collection complète de* lois, décrets, arrêté*, etc.. concernant les Archives, est conservée dans la collection Rondonne.111 (Arcli. nal.. AD vin, u).
" Nous n'avons pas cru devoir nous arrêter aux truohle* qui euient lieu , dans le voisinage du Manège, les ■» et 3 septembre 1790. Voir a ce sujet la note jointe ( l/femaïm, n" M) au décret du 7 septembre 1790.
le tu septembre 1790. Voici cette pièce qui fut imprimée vraisemblablement vers le mois d'octobre 1790, c est-à-dire après la prise de possession des couvents des Feuillants et des Capucins.
Ammbiée nationale. — Changement dam la dùtribution du loail.
La $alk rl tft «twrwi*. — Dans le vestibule du côté des Capucin», la loge des garçons «le bureaux, puis le bureau d'élection n* 1.
Dans le corridor de la salle, du coté de* Feuillants, se trouvent les bureaux n™* 1 et 3; eu suite les bureaux de distribution , du scrutin, cl le cabiuet de M. le président de l'Assemblée.
A rote' de ce cabinet est l'escalier qui mène au bureau de MM. les inspecteurs des secrétariat, et au bureau des procès-verbaux , au second étage.
Dans le vestibule du enté de la cour du Manège, se trouve, à droite en entrant, le hnreaa de correspondance et des renvois.
A gauche, vis-à-vis du bureau précédent, est le bureau du contre-seing.
Dans le vestibule de la salle du coté des Feuillants le Comité des décrets.
A coté du Comité des décrets, et donnant dans le même vestibule, sont les facteurs de la grande poste de l'Assemblée.
Au fond du petit corridor de* facteurs se trouve le Comité central.
Maittm dtt Feuillant». - Au rea-de-chaussée , près du grand escalier, le bureau des commissaires de l'Assemblée, le Comité pour la division du royaume.
Dons le cloître, les Comités de constitution et de révision, les bureau n™ an, afi. 17. îS, 59 et 3o.
Au premier étage, les Comités de la marine, militaire, d'agriculture, de commerce et des finances.
A l'entresol, les Comités des rapports, des recherche» et des lettres de cachet.
Mauon de* Capucins Saint-Honort. — On trouve dans celte maison, dont l'entrée, pour le public, est rue Sainl-Honoré :
Au rez-de-chaussée, les bureaux 11°* h a ao, le laboratoire du Comité monétaire.
Par le grand escalier qui est près de feutrée, du côté de la nie Saint-Honoré, on trouve :
A l'entresol, les Comités des monnaies et des droits féodaux, le Comité d'aliénation des biens nationaux et ses doute premiers bureaux;
Au premier .toge, le Comité des domaines, In Comité ecclésiastique, le Comité diplomatique et le Comité des assignats.
Au second étage, le Comilé colonial;
Par le premier escalier du côté du grand jardin :
Au premier étage, le logement de l'archiviste.
Parie deuxième escalier du même coté :
Au premier étage, le Comité de salubrité et le Comité de mendicité;
Au deuxième étage, à droite, le bureau des archives et les archives à la suite. A gauche, les Comités de l'imposition, de liquidation des offices ou de judicature, de liquidation de l'arriéré et le Comité central de liquidation.
LA SALLE DU MANÈGE
Par l'escalier qui est au milieu du corridor qui conduit au passage des Feuillants : Au premier étage, trois bureaux du Comité d'aliénation;
Au deuxième étage , cinq bureaux du Comité d'aliénation, le Comité des pensions, le («mité central de liquidation;
Dan» le petit jardin, en entrant parle passage des Feuillants, le bureau de M. Vacquer, inspecteur des travaux de la salle, et l'Imprimerie nationale.
La section du Comité des linance» pour le Trésor public est à l'hôtel du Trésor public, rue Neuve-des-Pctiis-Champs
Une antre pièce portant le même titre est conservée (avec le même classemcul erroné) à la Bibliothèque nationale elle est, en grande partie, semblable à celle que nous venons de reproduire; elle en diffère pour quelques détails. Ainsi ou trouve dims «la maison des Capucins Suint-Honoré : le comité d'aliénation et ses douze premiers bureaux ; les huit derniers qui y ont été ajoutés se trouvent dans l'escalier qui est au milieu du corridor qui mène au passage des Feuillants-", etc. Les bureaux du Comité d'aliénation sétant successivement augmentés, il y a lieu de croire, par conséquent (puisqu'il n'est question que de huit bureaux dans la pièce précédente), que celle-ci est, contrairement aux indications de la cote '3), postérieure de quelques mois, sans qu'il soit possible cependant de lui donner, enlre octobre 1790 et septembre 1791 , une date précise. On lit in fine au même document :
Maison des Feuillants: les bureaux n" ai, «n, a3, *'i sont dans la bibliothèque des Feuillants où étaient ci-devant les Archives les bureaux u~ a5, a6 sont dans la classe de théologie; les bureaux n" 37, 28, ao, et 3o sont dans le cloître. Tous les autres comités sont n la place Vendôme , n° 4.
Ces dernières lignes indiquent très nettement que, dans les derniers mois de la Constituante, l'hôtel portant le n° h était seul occupé. Nous aurons à revenir pjus loin sur cette annexe.
L'installation matérielle de la Constituante si défectueuse à tant points de vue. dissémination des services, élroitesse des locaux, modifications constantes, etc.. s'aggravait encore des habitudes et du laissez-faire d'alors, qui permettaient au public de prendre part, pour ainsi dire, aux débats de l'assemblée. Tous les historiens ont dénoncé le rôle influent des tribunes dans les décisions et les votes.
' Bihl. nal.. pièce cotée Lct>70 t, in-8". Sur le Trésor public, voir ri-dessus , p. 177, note 3.
;' Recueil factice, octobre 1781). Pièce cotée l.e",'470. in-8'. signée: Guillotin', commissaire, lu autre exemplaire est conservé aux Archive* nationales dans le carton coté Al)i. 37.
:,) l.« lettres 1, a, c. etc. , ajoutées h une cote .
indiquent, k la Bibliothèque nationale, une édition nouvelle; Le'*/s7o» serait donc, d'après cette indication, une édition nouvelle de Le^/ayo.
<•■' C'est-ll-dire, lorsque l' Assemblée nations!" . en octobre 1789. s'installa i Paris. \s* arrhiv.-» furent ensuite transportées dans la RiMintheqiie des Capucins (voir ci-dessus, p. 180).
CHAPITKK III.
Le désordre devenant exœssif, on rendait bien de temps à autre des décrets sévères contre les perturbateurs; mais, dès le lendemain, ils étaient oubliés et les interruptions recommençaient
Un autre usage, qui rend particulièrement difficile» les recherches sur l'étal réel de la salle d'assemblée, à une date flic, est celui qui consistait à accorder aux journalistes l'autorisation de faire, à leurs frais, des modifications dans les tribunes.
I.e Hodcv de Saultclievreuil, dans une lettre non datée et signée Le Hodey, dans laquelle il se qualifie rédacteur du journal intitulé : Assemblée nationale jtermanente ou journal lajjographique, raconte qu'il a r obtenu en juillet dernier [1790) J' deux places dans le fond d'une loge occupée par le Moniteur. . . à la charge, ajoute-t-il, d'y construire un plancher que j'y ai établi. . . Le Moniteur prétend avoir la loge tout entière. . . Si je n'occupe pas mes places, il m'empêche de me faire remplacer. . . Il a trouvé un autre moyen de s'emparer de la totalité de la loge : il s'est procuré, par une voie sourde et illicite, une clef de la porte de la loge, qui ouvre en même temps toutes les autres portes de la salle. . . par ce moyen, le Moniteur m'enferme au dedans ou dehors comme il lui plaît; cependant j'ai fait mettre au dedans un crochet et un verrou dont il se sert très bien ... Je demande. Messieurs, que le Moniteur ne puisse avoir une pareille clef. . . en second lieu, qu'il ne puisse me troubler dans la jouissance de mes deux places, soit en refusant ceux qui peuvent me remplacer, soit en surchargeant mon petit local de plus de personnes qu'il n'en peut contenir IJ) -\
On lit dans une note signée de fîuillutin et datée du a juillet 1791 :
Permis À M. faienne Feuillant, rédacteur du Journal du toir tain réfieelion (sir) dit Journal île In nie île Chartres de faire établir une séparation où il m» puisse tenir qu'une personne de front dans le coin de la Irilmne publique coté dos Feuillant» ;>:; cet établissement se fera à se» frain'".
' On Ironvera ri-aprés (p. -mA el suiv.. el p. a 33 et suiv.) des détail» mit lias troubles provoqués, ii la l^islatise et a la Convention, par le public di» tribune». De semblable* troubles eurent lien fréquemment à In Constituante, mai* nous 11 avons p«* relevé, dan* les séances que nous avons étudiées a ce point de vue, des il&aiU se rallaeliaut directement a notre sujet, e'est-à-dire Inuebaut à ta topographie des locaux. Nous n'nvnii> pas cru , pour ce motif, devoir nous y nrre>r plu* longuement.
:'' Celle lettre peut ainsi tire reportée à la période de juillet-octobre 1790; le signataire s'est *oumi» au discret du 19 juin «790 et sijyne Lu Hodey; il remplarera, le 1" octobre 1790. ce journal par le Sovvellitle parisien. — Voir la 110-
lii-e intéressant* que M. M. Toonutci a consacré à ee journal (BiMiographii , t. II. n* îoaiô).
:'' Mémoire au\ commissaire* de la salle. Arrli. nat. , AA , io. Voir, pour contre-partie, le» lettres et méinoics de Maret, auteur du Bulklin de l'attem- */<•'.• nationale, se plaignant d'avoir été évince par l/e lloley <>''■■- nat.. AA.. i'i, n* i330).
' Voir sur ee journal et sur Klienne Feuillant la notice trè» inléressante qui leur a été consacrée par M. M. Toi ««n.danssa BiMittjraphie{op.cil. , I. II. n" io53ï).Pour le* concurrence» avec titres similaires qui ont fié faites à c» journal, eonsuller la liible de» matière». m<!me volume.
:' Voir lç plan de l'architecte Paris reproduit bois le» le, p. Uii.
• Arch. nal., A V. '10. n" i->'«8.
LA SALLE DU MANKCK
Les journalistes étaient quelquefois obligés de" passer des nuiU entières pour s'assurer des places"'; Jours plaintes a ce sujet sont nombreuses, et, malgré l'exiguïté" des locaux, c'est pour leur donner satisfaction, dans la mesure du possible, que furent faites les installations et les modifications incessantes des tribunes que nous signalons.
Les uns obtiennent l'autorisation de «faire placer un châssis grillé dans un des coins de la salle * pour y prendre des notes sur chaque séance W ; les autres sont autorisés à (rétablir dans un des coins de la salle une loge grillée analogue à celle du Moniteur 31 On installait des tribunes un peu partout : une décision des commissaires de la salle, du 10 décembre 1790, (raccorde au sieur Fréron, journaliste, une place, s'il s'en trouve encore, dans l'une des tribunes pratiquées dans les escaliers des angles de la salle de l'Assemblée nationale W *. Guillotiu autorisa , le 6 décembre 1790, it les sieurs Beaulicu et Eury, rédacteurs du Journal du soir, conjointement avec le sieur Le Hodey, de faire arranger, à leurs frais, pour y prendre des notes, le liaut de l'escalier de la salle de l'Assemblée, à gauche du président, dont M. Marct, rédacteur du Moniteur, occupe le bas. . . i etc.
Dans une pièce signée des commissaires de la salle et datée du 1 6 novembre 1 790, on lit :
Sur la retraite libre de la compagnie formée par M. Rous&tl pour laquelle les commissaires de l'Assemblée nationale, en exécution du déeret du 18 juin 1790, ont fait construire une tribune près du président, pour fariliter a cette compagnie les moyens d'écrire aussi vile que la parole lout ce qui *e dit à l'Assemblée nationale, etc.
Nous n'avons pas trouvé à la date du 18 juin de décret se rapportant à cette affaire. Y en cut-il réellement un? Ce n'était pas là, semble-t-il, matière à décrel proprement dit. Nous croyons que le décret visé n'est qu'une décision des commissaires de la salle; nous avons trouvé en effet une note de Guillotin datée du
<l; Voir en particulier la lettre de plusieurs rédacteur» de la feuille CAutmblé* nationale datée du «5 juillet 17110 (Arch. nal.. AA. 44, n* >3»7). La plupart des pièces que nous ci tous ici ont été analysées par M. Tvmr dans son Répertoire, t. Il , p. 3og et suiv.
<*' Déei«ion des commissaires de la salie en faveur de Hivet, rédacteur du Journal tuilional cl étranger, 10 juiu 1740. Cf. Tiarai, «p. cit., t. Il, n' «843.
m l-ettre de Saint-Martin, rédacteur du Journal de* décret* de t'Auemhtit , 1 û juin 1 790* ^* TcriTEY, t. Il, n* «84,. La .tribune de M. de Saint Martin ,
«Ï.Tcarar. ii., n^85».
MUT. sis tainus. — I.
" Arth. itat.. AA, 4o. Cette autorisation fut donnée »au sieur Fréron, breton, auteur de \' Orateur du Peuple, sur la recommandation de M. KerveJflgan et de la diiputation de bVi-i^ne-. Cf. Tl STIV, Rêfirrtmrr. fténrrnl lire tourte* nvtHUtrritf-t de Vkitloirt de Parie, t. Il, n* «85 1. Aitgiistin- Bernard-Francois Legoaxre de Kervelegan , sénéchal de Quimper, avait été" élu député aux États généraux par le tiers état des sénéchaussées de lin lajrne , dont tes amputations avaient été réduites à Quimper.
Arch. naL, AA. , 4o, n' m». Ce dossier contient une -liste des tribunes de l'Assemblée .1 des journalistes qui y ont accès». Cf. lYem, op. cit., t. II. n* a84o.
1 8 juin 1 7çjo et portant : <tH sera fait une tribune derrière le président pour y placer M. Roussel et la personne qu'il emploie ''U. Cette construction de tribune étant liée a l'affaire du Journal logographiqueW, elle est peut-être l'origine de la désignation donnée au local occupée par Louis XVI au 10 août. Nous aurons plus loin à y revenir.
Les journalistes ne pouvant, en raison des troubles couslants. travailler même dans les tribunes qui avaient été construites pour eux, arrivèrent à demander l'autorisation d'en installer dans la salle même de l'Assemblée
Ursquc le public lui-même ne trouvait pas à s'installer dans les tribunes, il prenait place dans la salle aux sièges réservés aux députés. Un incident auquel nous avons déjà fait allusion s'était produit le 6 mars 1 7 90 à propos de l'expulsion , parles huissiers, ndes étrangers qui, faute de place dans les tribunes, avaient été admis dans la salle des séances-'". Le ao septembre 1 790, un député de Normandie14' dit à l'Assemblée :
n II est important qu'aucun étranger ne vienne se placer sur les sièges destinés aux membres de l'Assemblée nationale. 1
Un décret conforme à cette réclamation fut rendu et exécuté sur l'heure: il est ainsi conçu :
L'Assemblée nationale enjoint à toutes les personnes, qui ne son! pas député», s'il s'en trouve actuellement dans la salle, de sortir à l'instant , laute de quoi, aur la désignation qui en sera donnée par les huissiers, elles seront constituées prisonnières. Klle ordonne au» huissiers de se distribuer dans la salle de manière qu'il y en ait toujours an à chacun des entés intérieurs , pour reconnaître les députés qui entreront, et qu'il leur soit défendu
'' Artb. nai., AA, âo.
" Voici comment M. Toetit a analysé la pièce cite* ri-deuns : 'Itoision des Commissaires de l'Assemblée nationale- accordant aux rédacteurs do Journal Inffoffrapkiqur l'usa)*? de t« tribune eonslruili» prés 1I11 président . en exécution du décret du 16 juin 1 790, avec nue liste des membres de 1* satiété logographique et des personnes autorisée* a travailler dans la tribune en question. i5 novembre 1790». . (Jp. ri/., t. II. n* sSSy.) Il faut lire )C novembre au lieu de i&, et 18 juin au lieu d.ni juin. (Voir La source indiquée, Arch. uaL , AA, 'm, n" 1
'*' «Requête des rédacteurs du Pottilkm, par Calais, à l'effet d'obtenir la permission de faire construire une loge dans f intérieur de l'Assemblée nationale. leurs travaux étant sans cesse troublé* dans les tribunes, s. d.» Cf. Trirar. op. ri/., t. Il, n" s.855. — y L'auteur du PottUlon , par Calais, était une femme. Madame Fourouge. née Calais». (Lettre signée Picard, 8 juin 1700. Areb. nat..
A A , Ao. ) Voir aussi la notice de M. M. Tocasiuii (op. cit., t. II).
Un député suppléant de la prévôté et vicomte' de Paris hors les murs. Lucas de Blaire, persistant a rester dans la salle, le président donna l'ordre à l'officier de garde de l'expulser. «Du baul de l'escalier*, en se retirant, il fil. paraît-il, »de» gestes menaçants à l'adresse dn Président». Mirabeau s'éJeva contre cette offense et proposa *qiie le coupable soit envoyé pour vingt-quatre heures aux prisons de l'Abbaye». Aucune mesure ne fat alors décrétée par l'Assemblée, le coupable ayant adressé une lettre d'excoses qui fut insérée au proefe-verbal. Lucas de Blaire ( Pierre-Paul-Sytvain ) avait été pourvu de l'office de n>n»eiller à la Cour de» aides , par lettres du 3i décembre 178/j qui mentionnent un extrait bsptisuircdu 8 mars 1 760. (Areb. oaL. V. 5i6.)
Pierre-Jacques Vieillard, avocat àSaint-Lu, dépul<< du tiers état des bailliage* réunis a Coutances. Il signait : Vieillard de Saint-I A
LA SALLE DU MANÈGE. 187
//loi. &im~*- JL*n~
Fie. 3*. — Lcllr» portant U «ignttur* .utoB™pl« de flaill,. util* de Ptri., » Oaillmin, l'un d» eommi*.ir« de I» i
(Ard..i>tL.C. i33).
CliAlMTItE III.
de laisser entrer les étrangers, sous quelque prétexte que ce soit; que, dans le cas où il sers fait un appel nominal, choque membre en répondant sera tenu de w lever l". elr.
VU
QUESTIONS D'HYGIENE. — I.* VACHIM! HVnBOPHOnlQlE . — CAPES BT RESTAI BOTS AlTOll»
DR M SALLE. L'EGOLT DE LA RI K MHIIH-LE-fUUND. LE RAPPOKT DES C.OV VISSAMES
DE LA S.tUM Ull 3o AOÛT l 7 Ç) 1 .
Les commissaires de la salle veillaient avec un soin scrupuleux au bon ordre, a la propreté, à l'hygiène, de la salle. Nous trouvons en particulier, dans le mémoire d'un nommé Teillacd, le détail de dieux machines Itydrophoriques pour rendre à l'air sa salubrité r. Ces machines étaient installée* dans la salle des séances.
Chaque machine est composée d'un cylindre & air, deux * eau et d uue combinaison de trente-deux tuyaux qui aspirent l'air par le seul mouvement de IVau, dont les émanations soûl lis plus propres à la respiration, l-cs dites machines ont la propriété d'attirer les miasmes et de les neutraliser 1*.
Les ahords de la salle, à la fui de 1790, étaient cependant si mal entretenus, et tellement envahis par les immondices, que les commissaires de la salle durent adressera la commune de Paris une réclamation motivée ; c'est aux suites données à cette affaire que se rattache la lettre de Bailly à Cuillotin que nous reproduisons ci-contre ( fig. 3a).
Divers motifs se réunissaient pour rendre inutiles les efforts de Guillotin (qui a assumé seul, scmblc-t-il, le travail des commissaires) pour assainir tous les locaux. Non seulement tous les jours une foule énorme envahissait les étroits passades qui menaient à l'Assemblée et, pour conquérir des places dans les tribunes, s'y livrait à de vraies batailles v. maison avait laissé tant d'industriels et d'étrangers s'installer autour de la salle et dans les locaux eu dépendant, que la surveillance et un convenable entretien étaient à peu près impossibles. Les cafés, buvettes et restaurants étaient nombreux. Les gardes nationaux de Yarennes qui avaient accompagné Louis XVI, après avoir été reçus par l'Assemblée nationale, * furent traités chez Reaumaiue, jardin des Feuillants- (voir fig. 33) ; ces établissements
>: Tente du Uo»ilr«r.
'' uVnwNir dft ottrrnga /ail» par TeiUard pour Auembiét Mnornn-, moulant à l'»5o livre», J7 janvier 171JI 1 An*, nat., (;, t3a).
Voir, eu particulier, une pièce portant de nrtiiiljri'tisCH iMgiiutures . celtes île TWroigne, de (iilbert Homme, etc., demandant de» nludiliratiolis ilan» le mode d'entrée et d'admission < Areh. nat.. C, .3a).
On lit ii ce sujet dans le Journal dt Paru du ii> mai» 1791 : Conneil général de la commune de Paris a pris toute» les précautions nécessaire» pour loger et uuurrir les gardes naliouauv qui auront accompagné le roi à Paris, et les couvent» de moiue* supprimé* leur offriront de» asile* spacieux . auxquels un a ajouté le suppléaient de 000 tenir» qui seront dispn»** b ert effet aux Champs llvsée* et au Champ de la réitération.»
LA SALLE DU MANÈGE. 189
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Fig. 33. — Dxumrnt portant 11 rigniture autograpltc itu tiromtc d» ilerahtnuis (Arrk. ntl.. C. iJs).
étaient tenus par des particuliers qui, une fois la concession obtenue, agissaient comme de véritables propriétaires 1 . Des conflits dont l' Assemblée avait parfois
<'' Voir 1rs piw-es rowmVr» «m Archives naIîr<niilr--« , dans lo curton l), «3».
à s'occuper éclataient entre eux i:. Un sieur Robert Payen sollicitant une concession joignit à sa demande un plan que nous reproduisons ci-contre (fig. 36), parce qu'il fixe quelques détails w. Presque tous les petits commerces de la rue étaient représentés dans les passages et dans les cours des Feuillants, des Capucins, du Manège proprement dit. On y trouvait des brosseurs, des libraires, des marchands de journaux et de gravures, des commissionnaires, etc. Un sieur Coulonghon, volontaire de la Croix Rouge, demande le iU mai 1791 «à faire placer une roullette de bois servant à faire un bureau d'écrivain public dans la cour des Feuillants en face de Gervais , traiteur * ; il obtint cette permission W, Nous apprenons par une lettre des commissaires de la salle, datée du a t mare > - 9 1 , que la section et le bataillon des Feuillants avaient été autorisés «à conserver les tréteaux, tables et réverbères qui ont été établis dans l'ancien parloir des Feuillants'" *.
L'égout de la rue Louis-le-Grand passait, pour se rendre à la Seine, sous In salle du Manège, et cette circonstance n'était pas pour ajouter à la salubrité de l'endroit; des incidents qui, avec les soupçonneuses préoccupations du temps, prirent une extension démesurée, se rattachent même à cet égout w.
Des caves, s'étendant sous la salle des séances, avaient leur entrée du coté des Feuillants; la muniripalilé de Paris se préoccupa des dangers que ces souterrains, d'un accès facile, pouvaient faire courir à l'Assemblée, dans les jours de troubles1*'. A cette préoccupation se rattache la lettre suivante du maire de Paris,
' \a> i.r» janvier 179t. t un membre du Comité «le* rapports entretint l'A^'embléc nationale «l'uu conflit de commerce entre un .«slaurateur cl un maître de café, tous deux établi? dans ('cumule «le l'Assemblée appelé* le jardin des Capucins. I.e
I on 11e peut plus parvenir ehei lui rrae par une ruelle» , etc. Il s'agirait «l'une pétition d'un uoiiuué lx)«i»-Cb*rleiiiagne David concernant la «instruction «le Robert l'a) en ( voir lu note suivante J. L' Assemblée rendit un «U-eret portant rrro'il n'y avait |>as lieu à délibérer cl que la suspension de* ouvrage* ordonnée le 11 "de ce mois n'aura aucun effet . sauf aux parties à se pourvoir, s'il y a lieu , devant ijui ■le droit-. (/VocM-eerAn/ île la (Mtlituante,)
t,; Iji demande de concession d'un café failr pt»r R«d>ert Payen est datée du 6 novembre 17 ,0. Ce café fut établi <rù la place actuellement occultée parle bureau «le l'inspecteur de la salle, «lans le petit janlin des Capucins, conforménwiit au plan joint, avec soumission de faire construire aussi n ses frais une maison de bois pour l'inspecteur». La demande fut renvoyée a la municipalité pour traiter du Icrrain (Areh. nal.. C, >3s). Le
17 septembre 1791, R. Payen fut autorisé -à ouvrir une porte dans le («assage public des Feuillants-. (Même source.) ' Arcb, nat.. C. \
'x Areh. nal., C, 1 33. \on» reproduisons cette lettre p. io,3. fjg. 35.
" Iji Ctnmiqwt de Parit, dans son numéro du 1 o août 1 7 y 1 signale «des bruife souterrain» dans l'égout rpji passe sous la salle du Manège»; le rédacteur X'iidile croire a une nouvelle conspiralnm des poudres. — Voir la notice consacrée à o>tte affaire par M. Ttrir. op. rit., t. 11. n" 1537.
■" L'affaire du Champ de Mars, la journée du 17 juillet 1791, la proclamation de b loi martiale amenèrent à cette éporpie la municipalité de Paris et l'autorité militaire à prendre des mesures dont on trouvera le détail dans la Bibliographie de M. Tour.Nti v (I. I , p. et suiv.). Voir, en particulier, une "lettre de M. de C«»uvion , major général de la garde nationale, à M. Bailly, te mettant au courant des mesure.* prises pour la sûreté de i'As-
rénnion de forts détacbements d infanlerie avec pièces de canon dan» la cour du Manège, dans celle
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datée du a3 juillet 1791; elle est adresse a l'un des commissaires de la salle :
"M. Champion, Monsieur, officier municipal administrateur au Département de* travaux publics, ma fait rapport ipi'il existait une cave dépendant de l'habitation du portier des Feuillant», laquelle se prolongeait jusque mus la salle de l'Assemblée nationale; je n'ai pas besoin de vous observer combien il serait dangereux [de la laisser subsister, et je pense que vous prendrez dans la plus haute considération la nécessité de la combler et de la faire fermer.
Je ne dois pas négliger de vous rappeler. Monsieur, que, dans te temps où les séances de l'Assemblée sont terminées, on peut s'introduire dans la salle par l'appartement de M. de Villemotte. Vous penserez sans doute qu'il est indispensable de prendre à cet égard quelques précautions, peut-être votre sagesse vous portera-t-ellc a croire que M. de Villomotte doit quitter son logement , et je pense qu'en l'indemnisant des frais du déménagement il se prêterait volontiers à un arrangement qu'il appartient à vous seul de lui proposer*11. Le maire de Paris, [signé] R4U.LI.W.
On relève les détails suivants dans une pièce intitulée « Fonctions de Messieurs les commissaires de la salle pendant l'Assemblée constituante- :
Tons les marchands qui se trouvent dans la maison et jardin des Feuillants, dans le petit jardin des Capucins, ne peuvent s'y établir sans uue permission de ce bureau, laquelle certifie que cet établissement ue gêne point le service de l'Assemblée; ils sont tenus de faire les établissements a leurs frais, sous l'inspection de l'inspecteur des travaui [Vaequer, cité précédemment], ils sont tenus de remettre les permissions au bureau, de ne pouvoir céder ni en partie, ni en totalité ledit emplacement sans une permission expresse du bureau, d'obtenir In permission de qui il appartient, tant pour le loyer que pour le terrain, l-es marchands qui se trouvent dans les vestibules de la salle, do coté de la chaussée du Manège et du côté de* Capucins, n'ont qu'une simple permission des commissaires, ne payant aucun loyer, les commissaires faisant seuls la police dans ces endroits
Les documents relatifs à l'installation matérielle de la Constituante au Manège, pièces de dépenses, lettres, mémoires, etc.. conservés aux Archives nationales, sont extrêmement nombreux; il nous serait donc aisé de multiplier les citations et les détails, mais la multiplicité des preuves n'ajouterait, croyons-nous, aucune force à notre argumentation, puisqu'elle pourrait fatiguer le lecteur. Nous le renvoyons pour le surplus aux sources auxquelles nous avons généralement puisé
Nous voici, avec ces divers incidents, nrrivés à la moitié de l'année «79»;
des Fouillant» et dans cette «les Capucin*». ( Bibliographie de Ckisloirt île Paru pendant la fiérolulion JriutfaUf, n* «438.) Voir aussi un compte rendu fait par Bailly an sujet d'un rassemblement dans la roc du Dauphin ( ibid. , n" a 4 S 4 ).
<n ÎNous avons parlé longuement ri-dcais ( p. iô8 et nui y.) des réclamation» du chevalier de VillemoUe.
" Cette lettre est classée par erreur, aux Archive» nationales, dan9 le carton C, 177. consacré aux papiers de la Législative.
<*' Areh. nat., C. 85, pièce signée de l'un .li* commissaire* inspecteurs de la Législative, rie Reauvais.
' Voir, en particulier, les carton» cotés, aux IrWiives nationales. C, i3* et 1 33.