‹ Histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementires de la révolution française et de la première républiqueChapitre 25 sur 59 · LA SALLK DU M AN KG K · texte numérisé non relu

LA SALLK DU M AN KG K

F* 35. - De

l portent le*

5«)l«(A«li. niL.C, i33>.

nous approchons ainsi de la séparation prochaine de la Constituante; il nous faut donc parler d'un document d'une importance capitale pour le plan de notre ouvrage, nous voulons dire le Compte rendu et rapport prêtent*» à f.Umnblêe natio-

CIIAPITRK III.

Mile par les rommissairex rie la salle, a la date du 3o août t -«) i il ne serail pas inutile de le connaître in extenso, mais il faut nous borner; nous n'en donnerons en conséquence que les parties essentielles :

Messieurs. I' Assemblé nationale, par son décret do 3 de ce mui»r-;, charge les commissaire» de la salle de livrer a l'iiu |ir«^ion l'olat des rnnstrucliuns, réparations et dépense* en tout genre qui ont été' ordonnées par eux, laut au dedans de la salle des séance* qu'au dehors.. Uni dans la maison des ci-devant Capucins que des ci-devant l'euillants; d'en juslilier l'utilité ou la nécessité; de faire distribuer ledil étal et de faire, sur ce, leur rapport à l'Assemblée.

Vos commissaires. Messieurs, jaloux de conserver l'estime et la conliance dont vous les avei honorés, et qu'ils ont cherché à mériter par l'assiduité!, la vigilance et le lèle avec lesquels ils ont exercé! le* fonctions pénibles et délicates que vous leur avez conliées, s'empressent d'exécuter vos ordres; ils viennent tous rendre le» comptes que vous leurs ave* de itaodés et qu'ils préparaient pour la lin de lu session.

Sûreté, salubrité, rommodilé pour les membres de cette Assemblée, pour les coopérateurs et pour les nombreux témoins de nos travaui, voilà le but que nous nous sommes propos1. Si nous l'avons atteint, si des principes d'économie nous ont guidés dans le choix dus moyens, nous «vous justifié de l'utilité et même de In nécessité de nos entreprises.

Pour la propreté et la netteté du compte que nous avons à rendre, il faut distinguer deux époques dans l'administration relative à l'Assemblée nationale.

La première époque est celle où le département des Menus et relui du Canie-Meuhie de la couronne faisaient, sous les ordres donnés par le ministre de la maison du roi, toutes les dépenses relatives à l'Assemblée nationale. Cotte époque comprend dit huit moi», depuis l'ouverture des Élat-s généraux à Versailles, le 5 mai «789, jusqu'au 1" octobre 1790.

La seconde époque commence nu moment où le roi, en conséquence du décret de l'Assemblée nationale, concernant la liste civile, a rejeté des états de sa maison tout ce qui était relatif à l'Assemblée nationale, qui dis cet instant a du faire sn dépense.

Cette éptque comprend l'espace de temps qui s'est écoulé depuis le 1" octobre 1790 jusqu'à présent.

La première époque se subdivise encore en deux autres, qu'il est nécessaire de noter.

La première partie de la première époqu • comprend lu temps du séjour de l'Assemblée

* " ■ Paris, Impr. mil., 1791. *5 p. in-A\ (Areli. nat. , AD 1. 34; "/i 73., , et Bibl. n»t. , Le"/! ylig.) Document imprime par ordre de l'Assemblée nationale.

"> La date du 3 août est ici inexacte. C'est le 4 août 1791 que fut prise la résolution ainsi relatée au prnrea-verltal : -Un membre a observé que tous les jours les ilépcnses , tant en réparation» qu'en constructions, se multipliaient au dehors et au dedans de la «.Ile de l'Assemblée naliouale, qu'il était a pro|ios que les commissaires chargés de cette partie rendissent leur compte. . . le décret suivant a été rendu : I.' Assemblée nationale charge les commissaires rie la salle de livrer dés aujourd'hui à l'impression l'état des contrariions, .éparalion*

et rié|Kmscs île tout genre qui ont été ordonnées par eux, uni au dedans de la salle des séanres qu'an dehors, tant dans la maison des ci-dev.inl Capucins que dans celle des ci-devant Feuillants . d'en justifier l'utililé ou la nécessité, de faire distribuer ledit état aux membres de l' Assemblée et taire sur ce leur rapport dans huit jours*. D'après la version des Archives parlementaire* I t. \\1X . p. 107). le menare qui déposa celle motion serail Gomheii : d'après le Journal de Parii ( n* do 3 août 1 791), ce serail Babey. Nous rappellerons ii ce sujet qu'on lit au procès-verbal de la séance du 99 septembre 1700: » L'Assemblée nationale a rappelé son décret d'ordre qui statue qu'aucun membre ne sera nommé ilans les procès-verbaux *.

LA SVLLK DU MANÈGE

nationale à Versailles, depuis le mois (l'avril jusqu'au mois d'octobre 1789, c'est-à-dire l'espace de six moi».

A celle époque, le» seuls agent» du pouvoir exécutif disposaient souverainement du local de l'Assemblée 111 ; ils donnaient des ordre* pour les constructions, réparations, ameublements, etc.; eux seuls nommaient tous les employés, en réglaient le nombre, le service, les mémoires, et en ordonnaient le payement au Trésor royal.

Pendant ce temps, un seul commissaire, l'un de nous [Guillotin], fut chargé par l'Assemblée nationale de veiller à la police, à la sûreté et à la salubrité du local W . . . Au mois d'octobre 1789, l'Assemblée nationale, transféra ses séances à Paris, et, à cette occasion, elle nomma de plus cinq autres commissaires : MM. d'Aiguillon, l'éiéque de Rode». Le Peleticr de Sainl- Fargeau, La Poule et de Gouy fJ).

Les six commissaires furent chargé* de faire prendre toutes les dispositions nécessaires pour exécuter cette translation et pour régler toul ce qui pourrait avoir rapport au local. En quatre jour*, ils firent préparer la salle de l'Archevêché: en trois semaiues, la salle du Manège fut mise en e'tat do rerevoir l'Assemblée.

Ici commente la deuxième partie de la première époque qui dure jusqu'au mois d'octobre «790, c'est-à-dire un an.

Pendant cet espace de temps, vos commissaires ont été chargés d'ordonner ce qu'ils jugeraient convenable |M)iir les constructions, réparations, ameublement, police, etc.; mais les agents du pouvoir exécutif ont continué d'être les maîtres de l'exécution, d'employer leurs subordonnés, de régler tous les mémoires de dépense et d'eu ordonner le payement au Tréaor royal.

Ainsi, pendant un espace de dix-huit mois, vos commissaires ne se sont, en aucune manière, mêlés des linanres; seulement, en requérant ou en ordonnant ce que le bien du service exigeait, ils avaient soin de veiller à ce que l'exécution fût la plus économique possible.

C'est à dater du 1" juillet 1790 qu'a commencé la liste civile. Dès lors, la dépense de l'Assemblée nationale aurait pu être rejeté des états de la maison du roi ; mais les circonstances ont déterminé le* ordonnateurs des Menus et du Garde-Meuble à continuer leur service en cette partie jusqu'au 1" octobre.

C'est doue au «"octobre 1790 seulement que vos commissaires ont commencé à régler la dépense du service du local de l'Assemblée nationale, en tout ce qui n'est pas du ressort de MM. les inspecteurs du secrétariat, sur les ordres desquels les appointements des secrétairescommis ont toujours été payés, et ceux des huissiers l'ont été jusqu'au 1" de ce mois.

Ici commence la deuxième époque; elle est remarquable par son importance pour vos commissaires : ils ont dû redoubler de soin et d'attention, afin de mettre le plus grand ordre et d'apporter la plus grande économie dans toutes les parties du service qui leur était désormais subordonné. Eu parcourant les détails du compte que nous lui soumettons, l'Assemblée verra si nous avons atteint notre but.

n'est pas tout : vos commissaires ont craint de se charger seuls de celle pnriie; ils ont voulu que leur gestion fût soumise à l'examen du Comité des linances et que leurs ruinpte* fussent visés par des personnes éclairées et accoutumées à ce genre de détail. En conséquence.

«C'était au point de lui en fermer l'entrée et de l'obliger de se réfugier au Jeu de l'aunte et à l'église Saint-Louis, où elle tint plusieurs séances mémorables, à la fin de juin 1 7H9. - (Note du l'Ample muta. )

■* Voir ce que nous avons dit de cette première

époque, ci-dessus, p. 3i.où nous avons eu l'occasion de citer déjà ce passage.

Voir ci-dessus, p. 3a, noies, les détails que nous donnons sur les commissaire» de la salle et la planche où leurs signatures «nul repniduiles \ eidessus, lig. 35. p. io3).

1!»G C.H UMTHK III.

le premier quartier de In dépense qu'ils ont ordonnée (du i" octobre 1 790*11 1" janvier 1791) avec les mémoires des ouvriers el des fournisseurs, vérifié* par M. Vacquer, inspecteur de* travaux, réglés et arrêtés par M. Paris, architecte, et les pièce* justificative», le tout vu el examiné par vos commissaires réunis eu Comité, » été remis au Comité des finances, lequel, apri-s examen, l'a approuvé par délibération et en a ordonné le payement au Trésor public.

Le Compte rendu donne ensuit*' le Tableau de la dépense de VAuemblée nationale pour la première période, comprenant en particulier les travaux faits à Versailles, à l'hôtel des Menus, à l'Archevêché et au Manège. Le total s'élève à 1130,909 ln. it> s. 5 d.

Pour la deuxième époque (du 1" octobre 1790 au i" juillet 1791) : «Constructions, réparations et entretien dans les Intiment», tant intérieurs qu'extérieurs, de la salle d'assemblée, dans les bureaux, corps de garde et autres pièces environnantes, dans la maison des Capucins, dans celle des Feuillants, dans les hôtels n"* h et 9 de la place Vendôme, par ... * [suit le nom des entrepreneurs et fournisseurs et le montant de chaque mémoire]. Le total de la dépense pour celte seconde époque s'élève à 369,903 liv. i3 s. 5 d., y compris 20,909 liv. 9 s, au litre de «dépeuses du garde-meuble-.

Four les dépenses ordinaire», les commissaires tiennent en particulier à justifier le mémoire de Lorphevre et Vallée, marchands ciriers. qui s'élève à 63,99/1 um"i '•

Il fallait, écrivent ils, 900 bougies allumées dans la salle, à chaque séance du soir, avant qu'on y eût mis des lampes; on compte à peu près 900 pièces, tant des comités que des bureaux, dans chacune desquelles il va 6,6,8,1s el jusqu'à 90 bougies allumées. les commissaires ont pensé n économiser sur cet objet : dès le moi» de novembre 1 790 , ils se sont occupés d'éclairer la salle, les bureaux et les comités avec des lampes à courant d'air et k cheminée. Ces lampes éclairent moitié plus et dépensent moitié moins. Le 16 décembre 1790, ils ont cuuclu un marché avec M. Lange. . . M. Lange oflrait de fournir gratuitement toutes les lampes nécessaires dans la salle; il y en a 54; c'est un objet de 1,608 livre*. M. Lange en a fait un don patriotique. Les trois lustres étaient un objet de t,o5o livre» et les cordons qui les soutenaient, ces cordons dont on a fait tant de bruit dans l'Assemblée, que l'on a cités comme un objet de dUitftdatvmt qui devaient coûter 5o livres chacun, avaient, au moment où on en parlnit, été fournis tous ensemble pour la somme de 3o& livres. . . Nous devons remarquer encore un troisième avantage que procurent les nouveaux lustres : c'est qu'étant placés sous les ventilateurs, ils accélèrent les

(l Dans un -Élal de* réverhére* et ten-inft» allumés jnurncllcnient pour le service de l'Assemblée national*'- , on voit qu'il y mail -3oi réverbère» les jours oii il y a deux séances, 079 les jours où il n'y a qu'une séance. Terrine» tous les jour»: 8». \ Arch. nat., 0, t39.) L'-Ktot des cheminées et jioêles a l'usage de l' Assemblée national»'- nous apprend qu'il y avait 17^ fcu\ : ho cheminée* , xVi poêle». (Pièce du même dossier.) On lient voir 1111 Musée céramique de Sèvres un poêle d.'

1 mètre environ ainsi mentionné : 'Fabrique il<- Paris. 179». Ij Ilnstille. Poêle oftert à la C011venlinn nationale par Ollivier, jwlkT, faubonrjj Saint-Antoine». Nous n'avons pu avoir aucun rvu- *Hg»eiiH>iil précis sur ce poêle qui. fabriqué en 1790. aurait été oftert 0 la (^onveuuon. Kut-il utilis/' dans les locaui occupés par la célèbre assemblée? \'c-l-cc pus plutôt a la Constituante qu'il fut offert en 1790? Ilclails d ùn|M>ruuice secondaire que nom n'avons p clwrclié à déterminer.

LA S ALLE DU M AN KG K

mouvements de l'air et contribuent par In ■ non renouvellement, et par roiiséqucnl à la salubrité de In Mlle.

Au chapitre Garde-Meuble, nous trouvous cette noie :

Lorsque la liste civile a -été décrétée, il a fallu rendre le* maison» de bois cl loger ailleurs les bureaux et les comité*; il a fallu réintégrer dans le Garde-Meuble de la couronne le* objets qui en avaient été" retirés. Il a donc été nécessaire de les remplacer; c'est ce que vos commissaires ont fait avec la plus grande économie. Aux jrirhes tapisseries ils ont substitué de simples papier»; aux meubles somptueux, des meubles très modestes; mais ces meuble» vous restent.

La prise de possession des couvents des Capucins et des Feuillants, à dater de juillet 1 7yo, n'était pas seulement justifiée, comme on le voit, par l'extension des services, niais encore par l'enlèvement des maisons de bois placées à l'origine autour de lu salle des séauceg.

La récapitulation «de la dépense de l'Assemblée nationale depuis! 'établissement des États généraux jusqu'au t «* juillet 1791 «donne 1.289/489 liv. H s. lod.*.

Tel est, Messieurs, continue le Compte rtndu, le tableau des dépenses occasionnées par l'Assemblée nationale depuis le 3 mai 1789 Nous avons voulu vous le présenter en entier, quoique nous ne vous dussions que celui des dépenses faites pendant neuf mois, sons notre administratif, afin de fixer vos idées sur un objet qu'on s'est plu à faire monter à plusieurs millions.

La construction de 3 salles d'assemblée, rétablissement de 35 bureaux, de 36 comités, dont un seul, le Comité d'aliénation a eu besoin do 69 pièces, d'une imprimerie qui a 9 pièces de 1 'iû pieds de longueur cliacune, sur «5 pieds de largeur lJ), d'archives qui ont à peu prés les niâmes dimensions, de 1 1 coq)» de garde 1 et d'autres pièce» accessoires, en tout au nombre de plus de 3oo, qu'il a fallu arranger, meubler, éclairer, chauffer, garder et desservir, h- transport de l'Assemblée nationale de Versailles à l'Archevêché et de l'Archevêché dans le lieu qu'elle occupe maintenant, tout présente tant d'objets de dépense, que peut-être sera-t-011 étonné qu'un établissement aussi immense n'ait pas routé davantage pendant l'espace de deux ans et demi.

Ubservei encore. Messieurs, que les ouvrages ont été faits en grande partie In uuit. ce qui augmente considérablement le prix; la célérité, toujours commandée par les circonstances, el

11 Cette date s'explique par cette dépense indiquée à la première époque : ^Procession il Versailles. . . so.ij'i.î livres-, I* dossier spécial de» dépenses de celle procession est conservée aux An-hive» nationale*. C. i3i.

'> Le Comité d'aliénation des biens nationaux . créé le 1 7 mars 1 790.

''' [Sous avons donné ri-dessus, p. 87, quelque* détails sur l'imprimerie de l'Assemblée nationale el sur Baudouin, son imprimeur; voir, à titre compte iiieiilaire, le rap|xirt présenté à l'Assemblée natio-

nale, le 3o septembre 1791 , |>ar Pinleville de Cernon sur les comptes de Baudouin l' Cf. Vositrwr, réimpression, I. \, p. h).

>•* »Les corps de garde ont été établis sur la demande du commandant général de la garde nationale parisienne, pour veiller, sous ses ordres, jour el nuit , à la sûreté des représentants de la nation et des nombreux dépota de titres el de papier* importants qui leur étaient conflé» au maintien de la (lolic e et du bon ordre. * 1 Vole du ('.ample rendu. )

riin|M>rlanee de vos travaux qui ne pouvaient souffrir d'interruption, nécessitaient celle mesure. Vos commissaire» y ont été si attentifs, que les construction* et le» réparations le* plus considérables, telle» que quatre ouvertures, d'i:ne toi*' carrée chacune, pratiqué dans la voule de la salle, pour rétablissement des ventilateurs, ne vous ont pas Tait perdre un quart d'heure de séance.

Miis était-il utile, était-il nécessaire de faire tous ces établissements? Ne pouvaient-ils être faits plus économiquement? N'aurait-il pas mieux valu les faire dans des maisons particulières que dans la maison des Capucins? La réponse est facile, Messieurs: tous les bureaut, tous le* comités ont été ordonnés par l'Assemblée nationale; l'exécution seule a été confiée à tos commissaires. C'est toujours de concert avec les membres des comités que les établissements ont été fnils. Les membres qui les composent se rappelleront sa us doute que les commissaires se sont permis souvent des représentations soit sur l'étendue du local, soit sur les dispositions, l'ameublement, les employés cl autres objets de dépenses, et que souvent ils ont obtenu des retranchements économiques qui allaient toujours à la décharge du Trésor public.

(' est aussi par un principe d'économie que les commissaires ont préféré la maison des Capneins aux maisons particulières, pour y établir les Archives et les nombreux comité-, qu'ils avaient à placer l'année dernière.

11 fallait un hôtel touleutier pmr loger les Archives, l'archiviste et ses bureaux-, 30,000 francs n'auraient pas suffi pour disposer l'hôtel convenablement pour les recevoir. Cet bolel aurait coûté 1 5,ooo livres de loyer par an et les Archives auraient été mal, c'est-à-dire d'une manière incommode, et pour les employés aux Archives et pour l'Assemblée nationale.

Nous avions à notre disposition, et sans qu'il en coulât de loyer, la bibliothèque des Capucins, c'est-à-dire un lieu vaste, commode, déjà tout arrangé, et dans le voisinage de l'Assemblée : pouvions-nous balancer?

Les Archives et l'Imprimerie nationale occupant les deux extrémité» et une partie de la maison des Capucins, la sûreté de ces dépôts précieux no permettait pas qu'on louât, encore moins qu'on vendit des portions du reste de la maison. Cette maison demeurant en pure perte pour la nation, il valait donc mieux l'employer pour loger les comités. La location des hôtels 11° h et n" 9 de la plac« Vendôme a coulé près de fio.000 livres; 100,000 livres de loyer n'auraient pas suffi pour loger les autres différents comités établis ou agrandis l'année dernière: «joutez les frais d'établissement, ceux qu'entraîne ensuite le rétablissement des lieux quand on les quille.

Il aurait fallu deux hôtels de la place Vendôme pour le seul Comité d'aliénation, un pour le Comité de liquidation, deux ou trois pour les Comités ecclésiastiques, des pensions, des domaines, etc.

Tous les comités ont été placés dans la maison des Capucins1-', où ils n'ont pas coulé '10.000 livres d'établissement, qui restent, où ils ne coûtent rien de loyer, où ils demeureront tant qu'il plaira à l'Assemblée, et d'où ils sortiront sans aucuns frais.

Vos commissaires ont cru, Messieurs, que cet arrangement présentait un bénéfice de plus de .10.000 écus. Pouvaient-ils hésiter un instant13 ?

La salubrité de la salle a aussi exigé des dépenses; nous devons les justifier. Mais, Messieurs.

''' » L'Assemblée nationale nommait un comité : il fallait le loger, l'établir d»n« vingt-quatre beures. » (Note du Conptr rend*.)

(': Il y eut »us*i .les comités et des bureaux • uni* la maison des Feuillants; voir pour pwnve la

pièce intitulée : ( Jiaagewtnt dont la distribution du locnl (ci-dessus, p. 18a).

' -On a souvent élé frappé de la multitude d'ouvriers de toute espèce que l'un rencontrait dan* les jardins des Capucins et des Fcuilloul» . et dans

LA SALLE DU MANÈGE

il s' «ifi^ait de In santé, de la vie même de.» représentante de la nation et de ton» les citoyen* que leur patriotisme amène a nos sénnres. Nous l'avouons, nous avons cru ne rien devoir épargner pour arriver à un but aussi désirable. Prévenir autant qu'il était possible l'infection de l'air de la «aile, le purifier, le renouveler, voilà ce que nous nous sommes proposé.

Par une vigilance soutenue, de tous les jours et de presque tous les instants, par le maintien d'une police sévère, nous avons écarté de la salle et les mauvaises odeurs et le» exhalaisons putrides, en entretenant, soit au dedans, soit an dehors, la plus grande propreté, en empêchant, autaut qu'il était en nous, le rassemblement et le séjour des étrangers dans les corridors et dans les veslihules de la salle. Chaque jour, et plusieurs fois dans la journée, ou purifie l'air de h salle en y brillant des aromates, en y Taisant évaporer du vinaigre, dont on réitère encore .souvent des aspersions pendant les séances.

Ces moyens sont bons, sans doute, mais ils produiraient bien peu d'effet s'ils n'étaient accompagnés du renouvellement de l'air; c'est le plus puissant moven d'entretenir la salubrité, et c'est aussi celui auquel nous nous sommes le plus fortement attachés. Nous avons cherché h déterminer dans la salle un courant d'air tel que celui qui est «Itéré ni sorte et soit remplacé par un air pur venant do l'extérieur.

Pour cela, nous avons fait pratiquer différentes issues à l'air, soit pour entrer dans la salle, soit pour en sortir. D'abord nous avons établi, au dessus de la salle, quatre ventilateurs, dont li- mécanisme est tel qoe, quelle que "soit la direction du vent, elle détermine la sortie et en accélère le mouvement. La forée conique des entonnoirs ajoute encore à celle accélération. Les machines, exécutées en fer-blanc, sont l'ouvrage de M. Teillard, mécanicien, qui eu a fait un don patriotique à l'Assemblée l'I.

Vos commissaires auraient désiré pouvoir augmenter encore la rapidité du mouvement de l'air dans ces machines, surtout dans le temps de calme, au moyen du feu, dont ils auraient combiné l'action avec celle des venlitaleurs; mais, après en avoir conféré avec votre architecte, ils n'ont pas cru devoir se permettre d'entretenir un feu continuel dans les combles, dont la charpente, construite en bois très minces et très rapprochés, fait entrevoir les plu» grands dangers. Ils se sont contentés d'augmenter l'effet des ventilateurs par l'action momentanée des lampes attachées aux lustres qu'ils ont fait placer immédiatement au-dessous.

Mais s'ils n'ont pas employé le feu,. comme ils l'auraient désiré, pour procurer la sortie de l'air de la salle, ils en ont fait un grand usage pour l'y introduire. Les deux poêles, qui ornent la salle, remplissent eu partie cet objet «. Ces deux poêles sont construits de manière à c* qu'ils suffisent seuls pour échauffer la salle, sans aucun danger pour le feu, sans jamais pouvoir donner de fumée ni aucune exhalaison nuisible, leurs foyers et leurs cheminées n'ayant aucune communication avec l'intérieur de la salle. An moyen de tuyaux nombreux qui circulent à leur

les avenues «le IWv-emblée. ocruiiés n construire, à réiiarer île* boutiques, des ateliers, des cafés. rte. Ou n'a pas fait altenlinn que ce» construction» mil toujours .Hé faites aux dépens des marrliaitds . des mlauratruiv des liiuonadicis auxquels elles étaient destinée». U n'eu a jamais coûté un sou au Trésor public. V os commissaires n'y ont pris part que pour défi. 1er si ce* établissement* pouvaient être nliles on nuisibles au service de l'Assemblée nationale. poirrli-s|a-rmellre ou les défend ne en conséquence. - (Noie du Compte rtnd*.\

11 Nous avons déjà parlé de cette machine, ciflessiM, p. «88.

(,i On lit à propos de ces poêles au compte rendu de 1a séance du i-i avril I7gn : "L'Assemblée décrète ensuite, comme règlement (|r |wlice intérieure , que les places auprès des poêle» et les marches du bureau resteront vacantes pour éviter la confusion qui nuit quehpiefois au jfwupemenl ■Lins cette partie de la salle». ( Arckirn parlmfHmim, I. XII. p. 685. La source n'est pas indiquée, i

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intérieur et qui tirent l'air des Tuileries, sous les arbres, ces poêles, quand ils sont allumés, déterminent et répandent continuellement dans la Halle, par quatre bouches chacun, des eouraDts d'air pur et chaud. La sécheresse, contracte par Pair à son passage dans les tuyaux brûlants du poêle, est tellement tempérée à son entrée dans la salle, par la combinaison de l'air arec l'eau mise en évaporation sur les poêles, qu'aucun orateur ne s'est plaint de celle sécheresse; les poitrines, même les plus délicates, ne se sont pas aperçues du changement dans l'atmosphère. Quand il n'y a pas de feu dans les poêles, les mêmes bouches donnent abondamment un air frais et toujours pur.

D'autres touches, placées sous les marches des escaliers et des gradins de la salle, particulièrement sous celles qui conduisent au bureau des présidents et dea secrétaires, d'autres, dont on toit tes ouvertures grillées, soit dans le parquet de l'Assemblée, soit dans les corridors, fournissent continuellement à la salle une abondance d'air pur tiré d'un eùté du jardin des Tuileries et de l'autre du jardin des Feuillants.

Quatre manches a vent, placée» au-dessus de la salle, reçoivent sans cesse, au moyen «le leur forme, de leur disposition, de leur mobilité, et qnelle que soit la direction du vent, un courant d'air considérable, que des luyaut conduisent vers la partie inférieure de chacun des quatre angles intérieurs de la salle. M. Leroi, célèbre physicien, de l'Académie des sciences, a bien voulu diriger l'exécution do ce» machine» doul l'effet est très grand et l'un des plus puissants moteurs de l'air contenu daus la salle.

Ainsi donc, et la différence de pesanteur spécifique entre l'air extérieur de la salle et l'air intérieur, qui tendent toujours i se mettre en équilibre, et l'action de la chaleur des poêles sur l'air qui les traverse lorsqu'ils sont allumés, et l'effet du vent qui détermine vers la salle un courant dans les manches a vent, et celui des veutilaleurs qui. par leur aspiration, excitent au contraire un mouvement du dedans au dehors, 'tout concourt à déterminer, de l'extérieur de la salle dans son intérieur, un fort courant d'air pur qui, partant de toutes les parties basses de l'édifice, et le traversant dans toutes ses dimensions pour s'échapper par des ventilateurs placés à la partie la plus élevée, entretient un mouvement et un renouvellement continuel, qui ue permet à aucune espèce de méphitisme, soit léger, soit pesant, de séjourner daus la salle et d'y introduire des effets nuisibles.

Au moyen de ces précauliuns de toutes espèces que vos commissaires n'ont cessé de prendre pour maintenir la salubrité de votre salle, vous n'avei point tu. Messieurs, vos séances troublées par des accidents fâcheux, si ordinaires dans les église», dans les salles de spectacles et dans tous les lieux fermés où il y a un grand rassemblement d'hommes. Malgré les travaux continus et forcés de l'Assemblée, vous n'avez pas vu régner de maladies graves et extraordinaires parmi nos collègues; très peu même ont payé le tribut à la nature. Suivant les calculs les plus modérés et les plus favorables, sur un nombre de t,aoo hommes"1, il en doit périr à Paris au moins 36 par an, ce qui. pour 3o mois, ferait 90; et cependant il n'est pas mort 4o députés depuis le 5 mai 1789:-!.

Ajouterons-nous ici que, peut-être, la prévoyance do vos commissaires a garanti l'Assemblée de quelque malheur. Pendant un orage violent, on a vu, l'a u née dernière, l'un des paratonnerres qu'ils ont fait placer sur la salle donner de très fortes aigrettes.

nomltce des députés fixé par les reniements, ou, pour autrement dire, le nombre des sièges à la Constituante fut de 1.41 fi: le nombre de* députés admis, mutation* comprise*, fut de 1 ,3 1 8 1 voir la Rèeapitx!nlion que nous avons publiée

dans notre lltcatil dt documents rrlatifi i la cour». tnlînu du Etat* généraux dt 1789, U II, p. 543).

1,1 Voir même Htotil dt dnumt»* . t. II, p, 5GK et .".lin. les listes des députés décédés remplacés et itou r*,fii|)liicw'.

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Vos commissures su; félicitent. Messieurs, d'avoir pu contribuer par leurs soins, par leur vigilance et par leur tèle, à la santé, à la facilité, à l'accélération de» travaux à jamais mémorables de l'Assemblée nationale et a la conservation des illustres fondateurs de la liberté française. (Test avec une joie bien vive que nous avons tu nos eflorts couronnés de sucres : il ne manquera rien à notre satisfaction. Messieurs, si vous les honorez de votre approbation l'I.

Ce document contient tant de détails curieux sur l'installation matérielle de la Constituante que nous avons cru, malgré sa longueur, devoir le donner presque en son entier. Nous eussions dû chercher ailleurs la plupart de ces détails; il est à la fois plus intéressant et plus sûr de les apprendre de ceux-là mêmes qui présidèrent à cette installation.

Parmi les pièces innombrables, mémoires, factures des fournisseurs, conservées aux Archives nationales (pièces que nous ne pouvons que mentionner ici), on remarque un eElat du loral de l'Assemblée nationale au i5 août 1791 - , qui se rattache, de toute évidence, à la préparation du Compte rendu du 3o avril 1791; c'est une énumératioii très méticuleuse de tous les objets, meubles, ustensiles, etc., qui se trouvent dans chaque pièce ou bureau; mais, sur les locaux eux-mêmes, il n'y a pas d'indication à relever.

Ce Compte rendu de» commissaires fut présenté à l'Assemblée nationale la veille de sa séparation, le 39 septembre 1791. Le Procès-verbal de l'Assemblée fait seulement mention du dépôt de ce document. Nous trouvons dans un recueil que Ton ne peut utiliser sans réserves, les Archives parlementaires *, l'incident suivant relatif à ce dépôt :

.M. (!uiLi.oin. Au nom des commissaires de la salle. Messieurs, vous avez ordonné à vos commissaires de vous rendre compte des dépenses de l'Assemblée pour ces frais d établissement, de livrer ce compte à l'impression, de le faire distribuer à chacun des membres de cette assemblée, (le enmpte a été fait et imprimé; il a été distribué à domicile, et je viens, au nom des commissaires, vous lus présenter.

M. Lavie. Nous l'avons lu et nous avons trouvé que vous n'avei pas trop fait de dépenses, en dépit des ennemi* de In Révolution.

M. de Kollkville. Ce n'est pas certes que je veuille me plaindre de i'énormiléde la dépense, mais il existe, dans les enlours de culte assemblée, des emplacements, le voudrais savoir si ces emplacements ont été abandonnés gratuitement, ou bien si c'est la municipalité qui en a disposé; et alors il n'en serait rendu aucun compte. Si les emplacement* n'ont pas été donnés gratuitement, qu'il y ait eu une rétribution pour cela, il est hors de doute que cette rétribution doit entrer en compensation sur les 3oo,ono livres.

;i; l;e document «I daté: « Au bureau îles Commissaires, le 3o août 1791 La minute de ce couple n'iiilu . |mrtant les signature* autographe» des commissaires de la salle, est conservée aux Archives nationales, sons la rote C.

'' \/e Compte rtiuU ifcs ommutaim a été publié , par les éditeurs des iiciicci par!rmtntxiirt* ( comme annexe à la séance du3oauût 17111 (I.XXX, p. 71 et suiv. >. Il ue fut point question, dans relie «iiuinr . de ce Compte rtniu.

202 CHAP1TRK III.

M. Guiuom. Les emplacements des Capucins et des Feuillants mil éU» en partie occupés par l'Assemblée nationale, sansque jamais il en «il éU? rien compté à ia municipalité, qui a été* mise aux droits delà nation pour les biens nationaux. Jusqu'à présent, il n'a été compté de rien . et c'est gratuitement que l'Assemblée a occupé ces lieux-là, comme elle occupe le Manège.

M. di KoLtsvn.Lt. Ce n'est pin là l'objet de ma question.

Phuirurt mcmbrft. Mais ces traiteurs et m cafés?

M. Giillotiv Ouant » ces objets de carés, restaurateurs et autres, ces lieux-là appartiennent ii In municipalité.

M. Loik. Mni je dis que si, dans quatre cents ans, pareille révolution a lieu, il est à «lésirer que ceux qui seront à noire place alor- ne fassent pas plus de dépenses que nous.

(L'Assemblée passe à l'ordre du jour )

A cette date se place un incident qui n'a pas, croyons-nous, été rappel*-. Louis XVI vint, comme l'on sait, le tk septembre 1791, à rassemblée nationale, pour ^consacrer, dit-il, solennellement l'acceptation que j'ai donnée à l'acte constitutionnel r; le Journal de Paris rendant compte de celle séance ajoute : «• Durant ces discours, les rideaux fermés sur la loge du logographe s'élaient ouverts, et on y avait aperçu la reine tenant par la main le prince royal. Les applaudissements qu'on prodiguait au roi se sont plusieurs fois détournés vers la reine et vers l'héritier de la Couronne. Les cris de joie et d'amour ont mêlé et confondu les noms de celle auguste famille adoptée de nouveau par la France dans les jours et dans l'acte de sa régénération ''"■».

Tout porte A croire que les bouleversements décidés à la fin de décembre «791, dans l'installation de la salle, ne laissèrent pas la loge dti Topographe où elle était le 1/1 septembre 1791 (nous donnons plus loin des détails sur les modifications faites) et que, par conséquent, ce ne fut point au même endroit exactement que se réfugièrent, le 10 aoiU 1793, Louis XVI et sa famille; mais on remarquera la singulière coïncidence qui réunit, dans une loge de journaliste, à quelques mois de distance, pour les mêmes êtres, les gloires de l'apothéose aux terreurs de la déchéance.

Le 3o septembre «791» le roi revint encore à l'Assemblée. Lorsqu'il fut parti et lorsqu'on eut adopté le procès-verbal de ia séance, le président Thouret dit ces simples mois : ir L'Assemblée nationale constituante déclare qu'elle a rempli sa mission et que toutes ses séances sont terminées-. Il était quatre heures'1*.

Aretir* parlementais, , t. NAM, p. 6a5. Ij m Journal «V Paru dn ift septembre 1791.

source d'où eellr citaliun est tirée n'est pas in- p. io5S.

diqnéc. |V ikfoNisrnr, nSinpr. . t. \. p. 7.

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