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pression des poêles <», et écarter tout ce qui peut distraire l'attention: voulant porter et Gxer le nombre des place* « 760 et les limiter aux deux extrémités de la salle, pour qu'il y ait entre ««■s membres plus d'ensemble et de rapprochement et que le jugement des délibérations par nuii rt Irvét soit moins conjectural; considérant enGn qu'une bonne disposition produit l'acrord et l'ordre et influe essentiellement sur les délibérations, décrète qu'elle autorise son Comité d'inspection a faire exécuter dans le plus court délai, conformément aux plans et devis de l'arcbitecle de l'Assemblée, et d'après les soumissions jointes au présent projet, les articles suivante :
Ait. I". Il sera construit deux corridors a l'extérieur des murs latéraux de la salle, avec un escalier a chacune des extrémités.
Art. 2. Les deux poêles apparents seront supprimés et l'on y substituera des loyaux distribués horixonlalemenl sous les gradiûs, avec des ouvertures dans les cootre-marchea, pour qui: le même degré de chaleur se maintienne dans la salle et s'y répande plus également
A»t. 3. Trois banquettes à chacune des evtrémités de la salle seront retranchées-, l'espace qu'elles occupent servira à communiquer aux corridors par des portes percées dans le mur et fermées par des battants; au-delà de cet intervalle, une banquette, qui contiendra vingt-quatre places, sera réservée pour les députations; les quatre banquettes du fond seront, par uu appui, séparées de celles des députations et destinées a former une tribune ouverte au public suides billets de députés.
Ait. à. Au haut des petits degrés appelés vomitoires, de* baies seront ouvertes el fermées d'autant de portes battantes, pour communiquer du sommet des gradins dans les corridors et établir une circulation au pourtour de la salle.
Abt. 5. Pour obvier à l'inconvénient qu'aucun des membres de l'Assemblée ne soit placé derrière le président, son fauteuil sera «dossé contre le mur et une portion de la tribune publique au dessus de sa téle sera rehaussée. Les deux portions restantes exigeant deux escaliers au lieu d'un, la difficulté de les construire dans l'espace de terrain trop resserré du coté du Sud nécessite la translation du président et des secrétaires du roté du Nord, et réciproquement celle de la tribune des orateurs du roté opposé1".
A st. fi. Us tribunes latérales seront prolongées de ai pieds à chaque extrémité et un emplacement distinet y sera destiné pour les journalistes.
Ait. 7. La loge du logographe sera conservée à la proximité du président.
Abt. 8. Une cloison en briques de champ, enduite d'un eôté, sera élevée a la place des claires-voies dans les corridors d'en bas.
Art. 9. Les deux entrtta de l'arène seront fermées pendant la tenue des séances et ouvertes à l'instant où elles se leveut.
Ait. 10. L'Assemblée nationale, considérant la nécessité de pourvoir à la restauration d«-s banquettes de la salle el à celle des tribunes, décrète qu'elle autorise en outre son Comité d'inspection à faire faire tous les arrangements et réparations nécessaires dans ta salle, suivant les devis estimatifs; et que les effets provenant du Garde-Meuble lui soient remis el remplacés
i" Voir pour remplacement de ces poêles le plan de l'architecte Faris. où il* figurent sou. le ..* S 1 pl. hors texte, p. (6»j et ct-dessos la note 1 île la p. ioli. — :' Voir pour ces détails le plan de | »rcliilecte l'iris, n** 1 6. 18 et so < p. iOs i.
par d'autre»; que toute» ces constructions, c rangements, restaurations, serout exécutés dan» le plus bref délai, .sans déplacer ni interrompre les séances de l'Assemblé nationale.
Un cour! débat suivit le dépôt de ce projet portant surtout sur le prix que devaient coûter les changements proposés. <r Doit-on, dit Albilte'1, lorsqu'il est certain que la salle a besoin d'être changée, regret 1er une centaine de mille francs, tandis qu'on a dépensé des millions pour faire du marais de Versailles un superbe château?* Girardin reprit : eGe n'est pas avec de vaines déclamalions qu'on paie ses dettes. Il est démontré à tous ceux qui connaissent les arts qu'on ferait inutilement des dépenses pour trouver dans un pareil vaisseau un amphithéâtre tel qu'on put de loutes les parties entendre la voix des orateurs. *
Quelques-uns demandèrent alors la question préalable sur le projet du Comité, de combats la question préalable, dit Lequinio*1'. L'Assemblée constituante était composée de mille deux cenls membres ,:. Nous ne sommes que sept cent quarante. Il est de notre plus grand intérêt d'augmenter le uombre des spectateurs de nos travaux. « Le projet de décret fut finalement adopté '*'.
L'interversion des places occupées par le président et par les orateurs (a la barre ou à la tribune) eut sur le chissemeut des jwrtis à l'Assemblée >< quelquesnnes des conséquences que les auteurs du changement résolu semblent avoir prévues et désirées :
On n'entendra plus, lit-on au Journal de Pari*, d'indécentes adresses distinguer l' Assemblée nationale en télé gauche et en «uW droit, quand les éléments dont elle est composée ne doivent pas permettre de croire qu'un autre esprit que celui du patriotisme le plus pur anime ses membres et les fasse agir. Ijes commissaires de la salle oui anéanti IcctW droit, dont on n'aurait du le souvenir, après l'Assemblée constituante, que pour se rassurer contre la possibi-
lité d'y voir jamais siéger des ennemis ou même des amis froids de la liberté. La salle va changer de forme. Entre les principales innovations qui s'efl'ectiieront , on remarque celles qui
' Antoine-Louis Vlhitle l'alné. député de la Seine-Inférieure.
■'' Joseph- Marie I^eqninio, dépoté du Morbihan.
1,1 Voir ei-di-sans . p. -too, note t. le» détail» qu>non* avons donnés sur la composition exacte île lu
& Voir pour ce qui précède le .VasuW, nfimpr., t. V. p. 764.
Ce fut un jeu, comme on le sait, parmi les pampuiéUircs, d'emprunter pour les dénoiniuntii>n* des partis des termes se rapportant nu Mauijf que l'Assemblée nationale avait ivinplscé.
«-L'emplacement de la salle où l'Assemblée s'établit à Paris après avoir quitté celle de l'Archevêché . lit-on dan» la réimpression du Moniteur, était auparavant un manège: c'est ce qui donna l'idée de«
dénominations Atnrtigis que les aristocrate» donnèrent au\ patriote» et de «op'r» que les patriotes donnèrent aux aristocrates. La quantité de prêtres , dévéques et autres personnes vêtues de noir qui remplissaient le c&ë droit de la salle fit donner le m nu de Noim (chevaux noirs) aux habitués de ce coté, nom très analogue d'ailleurs a l'esprit de fureur qui animait la plupart d'entre eux. Ils essayèrent de riposter * leurs adversaires en les surnoniniaul les iaù. Mais ce nom ne prenant pas faveur, ils s attaclièreul surtout à foire passer celui d'enragn. C'c*t ainsi qu'on nommait à Paris les chevaux de louage dont on se servait communément (tour les voyages de Versailles, afiu d'éviter les frai» de la poste royale.* (Op. eiL, U II. p. 101, note. ►
LA SALLE DU MANÈGE
placeront la tribune à l'extrémité' du côté gauche, le bureau du président au milieu du côté droit, à peu près de telle manière que la salle de l'Assemblée nationale sera raccourcie et que le président et l'orateur, au lieu d'être placés vis-à-vis l'un de l'autre dans la largeur et uu milieu, seront dans la même position respectivement, mais aux deux bouts de la salle diminuée dans sa longueur. Puisse ce rapprochement nécessaire cl forcé des individus ne laisser régner bientôt qu'une seule opinion et rallier au même objet, au désir de faire triompher la Constitution et la liberté, l'immense majorité ou plutôt la totalité des membres de l'Assemblée, qui ne peuvent être divisés qne sur les moyens de succès"'.
Les travaux ainsi décidés furent exécutés, vraisemblablement dans un bref délai; nous n'avons trouvé cependant sur ce point aucun renseignement précis. Comment se fit dans la salle même la révolution annoncée dans les partis? La droite et la gauche cessèrent-elles d'exister? Ou, disloquées pour ainsi dire par le plan ingénieux des commissaires de la gauche, firent-elles des groupements différents? Il est très dillicile de suivre ces modifications. La plupart des journaux ne donnaient pas les impressions de l'Assenibléc. Le Moniteur®, dans le compte rendu duquel les indications de ce genre sout les plus nombreuses, ne mentionne, pendant de longues semaines, après le 27 décembre 1791, que les « murmurer d'une partie de l'Assemblée* ou les « applaudissements de la partie opposée*; ou bien : « on rit à l'une des extrémité» delà salle», «on applaudit à X extrémité opposée i>. C'est seulement en juin 1792 que l'on relève des mentions comme celle-ci : it L'extrémité du ci-devant côté gauche demande à aller aux voix sur le fond de l'amendement 11, ou : «L'extrémité du ci-devant côté gauche est remplie, le reste de la salle est presque videsW. A la séance du uo juin 179a, on lit : « Applaudissements du ci-devant côté gauche et des tribunes*, «Quelques membres placés dans l'extrémité du ci-devant côté gauche applaudissent etc. C'est pour obvier vraisemblablement aux difficultés du classement eu gauche et droite , après les changements dont nous venons de parler, que l'on adopta les mots : rôle du roi, côté du peuple®.
S'il nous appartenait d'ailleurs de relater les profondes modifications apportées, au début de 1799, dans l'installation de la Législative, nous n avions pas à nous occuper de l'histoire des partis, et nous bornerons là nos appréciations.
;l; Journal de Pari* du 49 décembre 1 791.
'> On lit ui compte rendu du 3o janvier 1 79a : •M. le président s'wlrcsaanl a M. Tarbé , pW i «« gnuchen, etc.; dans la même séance : *M. Delacroix désignant les membres placé* a la gauche de M. le président : »H n'y a pas de dén-nce dans cette •partie de l'A**cmhlée.* (AYoatW, réimpr., I. \I. p. 3S7 et a.>8.) Ces indications sont trop vagîtes pour être utilisées. Voir il titre supplémentaire. Mir le classement des partis dans la salle d'assetnhliV- .
l'extrait du Tktrmmitrt «V jour, de Dulaiire (1" janvier 1793). que nous donnons aux Appa»iictt, n' XVIII.
Séance du 11 jnin 179». (Réimpression do WoiuW, t. XII. p. GC4.)
'''> /W., L XII, p. 718.
' Voir rwiprès, p. j33, l'extrait de In séance .lu 1" août 179a, tiré du n- tut des RMutiau
Paru, et concernant les tribunes de la salle Hu Manège:
•jS.
La Législative nvait, pour ses comités etses bureaux, dons les couvents des Feuillants et des Capucins, de spacieux emplacements. Nous voyons rependant, à la date du îa janvier 179a, à propos de l'établissement du bureau de comptabilité*1', un membre de l'Assemblée proposer que l'on place ce bureau r dans le couvent de l'Assomption a, qui, dans la rue Saint-Honoré, confinait aux Capucins'*1. Il eût fallu, dans cette vue, d'après un autre député, <r révoquer le décret qui a conservé aux congrégations de femmes leurs maisons t. L'affaire fut renvoyée aux commissaires inspecteurs de la ville. Elle revint devant l'Assemblée le 3 février 1791». Ouatremère W s'oppose a ce que le bureau de comptabilité soit placé au couvent des Feuillants, «qui peut présenter un fonds de plusieurs millions r. On décide qu'il sera placé provisoirement <r à la ci-devant Chambre des comptes *
Bien qu'il n'en fût pas ouvertement question, l'Assemblée nationale prenait des résolutions qui marquaient son intention do ne pas demeurer dans l'insuffisant local du Manège. Nous grouperons plus loin, dans un chapitre séparé, tout ce qui se rattache aux projets formés vers ce temps-là pour la demeure définitive des assemblées nationales, mais nous avons quelques détails à retenir du document suivant : Peu de jours après, le « 1 février 179a, se présentèrent à la barre "les commissaires nommés par le Conseil général du département de Paris pour l'examen des projets de monuments nationaux n. Kersaint '5', l'un d'eux, prit la parole et déclara *que tout ce qui tient à l'exercice de la représentation nationale, que toutes les institutions protectrices et conservatrices de nos droits devaient porter l'empreinte de la dignité de la nation*. — «Les caractères de stabilité, dit-il, ne dépendent pas seulement de la continuité de vos séances, de l'espérance que
" Ce bureau avait été déridé par la loi du •tu septembre 170,0; il n'arait pat encore été mi» en activité; il «levait être composé île quinte membres.
c'> ]je* religieuses de l'Assomption écrivirent au roi, le y-j décembre 179t. pour signaler le projet <l« l'Assemblé* -de convertir leur monastère en bureaux ». Cette lottre fut renvoyée par le ministre de l'intérieur au» connu issaires île I* «aile, qui rttpontiireiit, à la <latc du 5 janvier 17g» : -Il n'a jamai* été question d'établir des boréaux dans la maison des religieuses de l'Assomption. Le» eomn>L«s*iri>*-insfiectours de l'Assemblée nationale ont visité l'église de l'Assomption |M>ur «avoir s'il serait |Mi9iible il' y tenir les séances de l'Assemblée pendant le tempe qu'elle aérait obligée de quitter lu salle du Manège . suppose que les changements 0 y faire exigeassent »ou déploeemcilt momentané. Il a été décrété que réparations se feraient sans interrompre les séince*. Ainsi l'emprunt projeté
de réfdi** de rAwnuplion pour quinae jours ou
nale, qui • , dans le» biliinefll» des ci-devant Feuillants et Capucins, plus d'emplacement qu'il ne lui en faut pour se» comités, secrétariats el bureaux, ne songe à en placer dans aucune partie de la maison de» religieuse» de l'Assomption.» (Arrli. ■lot., C, 177.} Sur l'église de I Assomption , bâtie par Errait! en 1776. voir Estampe-*, v*, «34.
Antoine-Chrysostome Qnalrem^re de Quinrv.
député rie Paris.
?* L'ancienne Chambre des compas . située dan* la cour de lu Sainte-Chapelle et iierpendiciilaireincnt a cette dernière . avait ét»; initiée sous le règne ■le Louis XII: elle fut détruite |tar un incendie le •97 octobre 1737. I.'^lilice reconstruit était loin de ressembler à relui qui avait été détruit. (Voir pour détails la Topogiupii- de In Frwiwe. Ilibl. liai.. Estampe*. V". 1117.)
Voir ri-dessus, p. noie
LA SALLE DU MANÈGE. 221
fondent tous les citoyens sur votre dévouement particulier à la Constitution, niais aussi sur la nature des batinienLs publics qui seront fondés pour ce nouvel ordre de choses. En est-il un qui offre un contraste plus affligeant avec ces idées que votre établissement précaire dans celte salle, où tous les gcurcs d'obstacles concourent à troubler la célérité et la tranquillité de vos travaux? Rien ne peut vous déterminer à contiuuer vos séances dans ce local où on ne trouve de grandeur que dans les dépenses de son entretien. L'on a constaté que l'emplacement que vous occupez porte 16,060 toises carrées, en y comprenant IcS bâtiments où se tiennent les différents comités. Le prix de la toise peut, par l'avantage de sa situation, être évalué à t,5oo livres, ce qui donne pour le total une valeur de ■» 1,090,000 livres, dont l'intérêt annuel est de t,o56,ooo livres. Si l'on ajoute à cette somme les dépenses indispensables qui résultent de l'entretien des différents comités et le prix des contributions que la nation pourrait recueillir sur cet immense terrain, s'il était vendu à des particuliers, on peut, sans exagération, allirmer que rétablissement actuel de l'Assemblée nationale coûte chaque année plus de f) millions au Trésor public. Le Conseil du département de Paris, frappé de l'éuormité de cette dépense et des inconvénients multiples de votre position, nous a spécialement chargés de vous présenter les moyens d'y remédier (1' r, etc. D'après la Chronique de Paris, le président répondit : s L'établissement qui coûtera le moins à la nation, où nous pourrons lui consacrer, d'une manière utile, une plus grande partie du temps qui lui appartient tout entier, est celui que nous préférerons toujours. Mais nous abandonnerions à regret celte salle embellie par de si grands souvenirs, ce temple où la souveraineté du peuple, où la liberté, où l'égalité ont été solennellement reconnues*. . . etc.
(/édifice proposé devait s'élever «sur les ruines neuves encore du temple qu'on élexHÏI à cette femme célèbre par ses fautes et ses regrets; l'église de la Madeleine se convertirait eu un temple consacré au service public de la patrie d.
I.e président, lit-on au prucea-verbal de la Législative du n février, après avoir répondu aux commissaires. Ira a invité» a la séance. L'examen du plan a été renvoyé aux Comités de l'inaction de la salle et de l'instruction publique, qui examineront en même temps le plan pimenté a lWmblce constituante sur le même objet par le aieur de bard et qui n été déposé aux archives fîl.
Le Comilé d'instruction chargea de l'examen de la pétition analysée ci-dessus Ciimot et Quatrcmère. M. J. Guillaume, qui rapporte ces faits, ajoute : «Le rap-
' Cf. Vos.fcm-, réimpr., t. XI . p. .566. Nuit* 11 "«vous trouvé, dans le* papier» de la (Constituante, aucune pièce se rapportant à celle iitiliealion qui , pour je nom de de Uard, est vraisemblabteinent inexacte. La Table du procit-cerbul iiVn fait pas mention. D'apre» le AWw, ^As-
semblée renvoie le mémoire dt* commissaires du département de Paiis aux Comité* des cominissaireii do la salle et de l'instruction publique. Ellf renvoie aux même» Comité» un plan préseiilé à l'Assemblée constituante par un artkù' dn département He In Hante l/o're-.
CHAPITHK III.
jwrt dont ils furent chargés ne fut jamais présenté"*. Le x!i février 179a, rrM. Camus, archiviste, est venu prier le Comité [d'instruction publique] de porter son attention sur trois objets : 1" ... ; a" le rapport à faire sur un local nouveau pour les séancesde l'Assemblée nationale-". M. J. Guillaume ajoute encore : «Sur aucun des trois objets signalés par Camus à l'attention du Comité, il n'a été délibéré*. Nous retrouverons plus .loin, à la date du 1 3 août 1 793 , le projet d'installation de l'Assemblée nationale à la Madeleine soutenu par Vergniaud.
A ces projet* Se rattache uu travail de Lambert de Belan(I>, qui ne semble pas avoir été soumis à l'Assemblée nationale; il porte la date du 1-1 février 1793 et est iutilulé : Opinion et projet de décret pour la translation de* séance* de tAttemblee nationale et de* grand* itablmement» publie* au fourre, par M. Imhhkst (de Belan). député delà Cote-d*Or<>.
Le a3 février 1 79a, un débat très long et très confus s'éleva dans l'Assemblée à propos des tentatives faites par toute une partie - - ou plus exactement un parti — en vue de ruiner l'influence des deux clubs inégalement influents, les Jacobins et les Feuillants. Quelques députés prirent prétexte des fréquentes absences des députés et proposèrent un arrangement qui touche directement à notre sujet :
Trois cents membres de cette assemblée, dit Mouysset''', qui ne sont pas occupés dans les comités, désireraient se rassembler pour conférer entre eux les jours où il n'y aurait pas séance du soir. . . Pour effectuer cette réunion, ils ont cru qu'il n'y avait pas de local plus commode que la salle de l'Assemblée; en conséquenre, je propose le décret suivant : «L'Assemblée nationale décrète que tous les jours où elle ne tiendra pas séance du soir, sa salle sera ouverte à tous les députés qui voudront s'y rassembler *.
L'auteur de cette motion ne semble pas avoir prévu les violentes discussions qu'elle allait soulever. Vergniaud, en particulier, s'éleva contre elle :
Je suppose, dit-il, les représentants de la nation réunis ici au nombre de plus de deux cents; comme ils portent partout leur caractère, ils pourront, s'ils veulent , former l'assemblée. Je rends justice a la pureté des membres qui demandent cette réunion, mais ils ne peuvent être garants des propositions qui leur seront faites quand ils seront ainsi réunis; ils ne peuvent prévoir ce que l'enthousiasme est capable de leur faire décider.
Vaubbinc)5) déclare au contraire «que la France entière désire cette réunion fraternelle ->.
Je déclare, ajoiile-l-il. qu'il n'y aura pas un seul ennemi de la Constitution qui puisse
l>! Proch-vtrbmêx du Comité dr ttiutnetion p«l*égislative, publiés par J. Guillaume, p. 1 18.
;I' Charles Lambert , jufle de paix du canton d'Aiitricotirt. demeurant a BeJan. député de la CAte-d'Or.
' Paris, s. d.. in-8'. (Btbl. naL, Le"/3 c.) <•> Guillaume Mouyaset, député «le Lot-et-Garonne.
<*' Vieonot-Vaabumc (Vincent -Marie), député du déplantent de Seine-et-Marne.
LA SALLE DU MANÈGE. 223
l'ébranler a celle réunion. Si j'avais le choix d'une armé* de &oo,ooo hommes ou de la léainsi fraternellement réunie, je ne balancerai» pas pour ce dernier parti, etc.
Merlin crut concilier tout le uionde en demandant irque l'Assemblée décrète qu'elle tiendra séance tous les jours matin et soir n. Ce fut le signal d'un nouveau tumulte. Après un vote très confus et n'amenant aucune solution, Heboul dit : erll est un moyen de concilier la sainteté du lieu et la fidélité que nous devons à la Constitution avec le besoin urgent qu'ont les membres de l'Assemblée de converser entre eux». Il demande qu'il y ait Comité général deux fois par semaine. Cette proposition «soulève de violents murmures*, le public des tribunes protestant énergiquement toutes les fois qu'il était question, par ce moyen, de l'exclure.
L'ardeur de la discussion et sa cause réelle apparaissent dans l'amendement proposé par Reboul : ell consiste, dit-il, à ce que tous les membres qui seront convaincus d'avoir présidé les assemblées populaires seront censurés el inscrite au procès-verbal *.
Je dis, déclare ensuite Delacroix, que nos commettants nous ont envoyés ici pour faire des lois, pour employer tout notre temps a la chose publique, et noms devons tous Itre réunis ici lorsque l'on tient séance. Ou ne nous a pas envoyés ici pour être aux Jacobius ou aux Feuil-
lln membre enfin demande ir que l'Assemblée déclare que M. Mouysset a mis le désordre dans l'Assemblée *.
Et Girardin dit : «Je demande qu'après six heures de débats scandaleux, nous passions enfin à l'ordre du jour*, résolution définitivement adoptée après que Mouysset eût retiré sa motion'".
Vers la même époque, un sieur Denouy vint proposer à l'Assemblée ede transporter à la Halle aux blés le lien de ses séances*; tril présente, nous apprend le procès-verbal, les avantages de ce nouveau local. L'Assemblée l'admet à la séance et charge les inspecteurs de la salle d'examiner sa proposition*. Aucun rapport, croyons-nous, ne fut fait sur cette proposition.
Nous n'avons que des renseignements très vagues sur l'étal réel de la salle du Manège après les remaniements décidés le 37 décembre 1 791 ; aussi croyons-nous
" Voir les Rerolabom de Paru (n* 1 37 j pour Jacobins par le fait, ou du moins empêcher les détail* coiupliiueutaires : .Permettre a trois cents membre* de l'Assemblée de s'y rcudre* , de. (flé-
de l'Assemblée nationale de se réunir «rfWft«w de Paru dddiêt, i U natkm, p. 354.) —
tous les soir» dans le lieu ordinaire des séances, Voir aussi : LUle aVs rfrputr* qui ont toti (Se u3 Jr-
cVtah rétablir les Feuillants et leur donner un non vrier /79s ) tur la smXnm d'avoir dn séance* soir
veau degré de pondération; c'était appeler la mé- if matin jusqu'à l'èpnUtmtnt de km» le» rapporte rrn-
fianre du peuple; c'était légitimer nn remploi voyt* aux Comilet. Paris, s.d.. in-fl*. (Bibl. nal.. journalier contre la liberté; ettoit dissoudre les LcM/o5.)
devoir donner ici les impression!) d'un étranger <jui voyageait alors en France, Heicliardl. On lit dans sa correspondance, à ia date du 5 mars 179a :
Parlons en premier lieu de la salle, l'ancien Manï-ge de» Tuilerie». Elle a la forme d'un carré long; les sièges de* députés, recouverts de maroquin vert, dont disposés en gradins, sur six rangs, contre les murs; il* sont dominé* par des galeries courant le long des grand* côtés et réservées aux personnes munies de billet» délivrés par les députés. Le* tribunes publiques se trouvent sur les deux petits cotés; dix à douze bancs sont disposés en amphithéâtre. J'y ai vu autant de femmes que d'hommes, tous gens de ta plus basse classe; dans notre tribune, j'ai compté un homme sur dix femmes.
Au milieu du grand roté faisant face à l'entrée, est placé le fauteuil du président sur une extrade protégée par une balustrade; à ses côtés se tiennent deux huissiers criant : Silence! après lui. En avant du fauteuil et plus bas, ou aperçoit une longue table, recouverte de drap vert, entourée par les six secrétaires. Vis-à-vis l'estrade du président, vers le mur opposé, se trouve un petit espace fermé d'une barrière; c'est là que se placent les personnes mandées à la barre. Un peu en arrière de In barre s'élève la grande chaire, destinée aux orateurs qui doivent parler longtemps; sur la droite du président, non loin d'un des petits côté* de la salle, on remarque une chaire moindre et une autre pareille à sa gauche. Dans l'espace laissé libre, sur le plancher, circulent en babil noir, l'épée dorée au côté, quatre huissiers bien frisé*, chapeau bas. Ils crient incessamment : Silence! En place! ll\
Les pièces relatives aux dépenses de l'Assemblée législative, jointes aux Happons des commissaires inspecteurs, nous fournissent quelques détails sur l'installation do l'Assemblée à cette époque1". Les dépenses sont divisées en ordinaire* (fournitures, papeterie, chauffage, appointements du personnel, etc.) et extraordinaire», comprenant : établissement des différents comités, entretien de la salle et des deux maisons des Capucins et des Feuillants, entretien des bâtiments, etc. Les dépenses, epour le quartier d'octobre 1791*. s'élevèrent ainsi à 93,11a liv. tf) s. ti den., parmi lesquelles on remarque 3, 1 68 liv. 19 s. 5 dcn. irpour l'atelier de M. David, chargé de peindre le Serment du Jeu de Paume, dans l'église de* Feuillants*. Pour «le quartier de janvier 179311, la dépense totale est de 111,374 liv. m s. 6 den. Dans cette somme ne sont pas comprises <rles indemnités aux députés*, qui s'élèvent, pour le premier trimestre, à 1, 337, 3a3 liv. 8 s. & den. Un long rapport des commissaires-inspecteurs, daté du i3 juin 179a, qui nous donne cette dernière indication, contient en outre les détails suivants :
Les corps de garde anciens étaient des maisons de bois appartenant au roi s|, le Comité était donc obligé de faire construire de nouveaux corps de garde; il a cherché à le fain- de la
(,) Reicbardt, Un /Vwinm en Fronce en 179a, traduction Laquianlc. l'an». 1894, in-8*. (Bibl. naL, Lbw/i 1.107. p. ao3. )
Ces pièces »oul conservées >ui Archive» nationales dans le carton C. 1 77.
•*J Voir ei-deasuj. dana le Happort des cmnnuttairu «V U taUf. daté du 3o août 1791 y p. 197), le potage relatif atu réclamations faites par If liante-Meuble lors .le la formation de la liste civile.
LA SALLE DU MANÈGE
manière la moins dispendieux, eu pinçant celui de la ni«ison des Capucins dans un corridor où le* gros mur* se trouvaient faiU et couverts; n'ayant pas pu trouver le même avantage pour relui de la cour du Manège, il a été uét-raaaire de l'augmenter sur le jardin des Feuillants. Il a fallu aussi faire construire un polit magasin à poudre pour serrer le* munitions de l'artillerie"!.
Lu gendarmerie nationale attachée au service de l'Assemblée avait sou corps de garde et ses écuries au bout de la cour du Manège; le local qu'elle ocrupait s'est trouvé compris dans l'enceinte déterminée pour la construction de l'Opérai-'; le roi, à qui le terrain appartient, a fait demander qu'il fût évacue. . . Le seul emplacement propre était dans la cour du Manège. Eu ronséquence, le Comité a donné des ordres à M. Paris, architecte de l'Assemblée, de foire faire les constructions le plus promptement et le plus économiquement possible. . . Le montaul de la dépensa» faite pour les corps de garde et écurie de la cour du Manège n'est point compris dans le trimestre de janvier, il sera porté clans relui d'avril; la dépense extraordinaire de celui de janvier ne comprend que l'intérieur de la salle et le corps de garde établi dans la maison des Capucins, avec b-s réparations et changements faits dans les comités. . . elle s'élève à (•0,781 liv. it s. [Suit le détail de ces dépense*.] La précipitation arec laquelle l'Assemblée constituante s'était placée dans ce local n'avait pas permis d'y faire des arrangements d'une manière solide ni commode; on a été obligé, dans les premiers mois de celte législature, d'y suppléer autant que le local peut le comporter. Il n'y aura, à l'avenir, de dépense que pour les entretiens cl, malgré tout ce qu'on a été forcé de faire, la dépense de l'Assemblée n'atteindra pas les .">f7oo,ooo livres que vous avei décrétées par aperçu ''1.
Î.K JOURNÉE 011 QO JUIS 1793 À RASSEMBLEE. LES 1'ÉdÉrÉS À PARIS. - LES EVENEMENTS
Iti: MOIS DE Jl ILLET. LE RAPPORT DE QUINETTE. LES HÉt OLtlTIO\S DE PAIIIS.
TROUBLES PROVOQUÉS PAR LE PLHLIO DES TRtRUSBS. LA TERRASSB DES FEUILLANTS ET S \
CLOTURE. LA BiBtUÈBB DB KVBA\S. TROUBLES PRÉCUItSElHS DE GRAVES ÉVÉNEMENTS.
Avec le mois de juin 1792 commencent les jours tragiques; les plus graves événements semblent préparer la chute de la monarchie, qui se réuliseru définitivement dans l'enceinte que nous étudions, puisque c'est dans une de ses tribunes que viendront se réfugier le roi de France et sa famille.
Une pièce non datée, signés -de Bélier, chef de la première léginn, commandant général», donne la •composition de la garde d'booneur auprès di- l'Assemblée nationale». Dans une décision, signée des commissaires-inspecteurs, jointe à celte pièce, on voit que -la garde nationale devra fournir une garde d'honneur avec deux pièces d'artillerie placées dans la cour du Manège*. (Areh. liai. .0. 177.)
1 II fut question alor* de construire une salle |M.nr l'Opéra dans Iw locaux occupés, rue Saint- \ic»i<e. par le magasin des décors de l'Opéra. Voir,
■ l»T. »t« isntKt*. — 1.
pour ce» projets, divers plans conservés aux Estampes de la llihliollièque nationale , dans le volume de la Topographie de la Franc* , cété V», nu 3; ou y remarque entre autre» un projet de l'architrcte Bélanger, un autre de Lenoir, et entin un plan non signé *de l'Académie ravale de musique, rue Sainl-Nicaiac..
(y> Cette pièce porte, avec la rlale du ■ 3 juin 1791, la mention d'approbation du «-Comité d'inspection*; elle es! signée de Y iqueaiteJ, Lataité, Dequeux, Chaudron - Ronsseau et de Beauvai*. Urch. nul., C. 177. >
l'-Jti CHAPITRE ni.
Le 1/1 juin, les couloirs de l'Assemblée furent le théâtre d'un incident qui semble avoir été, par quelques journalistes, démesurément grossi. Dans le compte rendu de la séance du 1 5 juin, on trouve dans les llëmiution* <k ftwi* le récit suivant :
M. (îuadet n demandé la parole el a dit : J'appelle l'attention de l'Assemblée sur un très grand attentai commis hier suir. M. (irangencuve n été assassiné par M. Jouneau'1'. M. Cran- ;;enen\e sortait du Comité, où l'affaire d'Arles atail été discutée a ver chaleur el conlradirloireuient pur MM. Jouncau et Grangencuve; il passait dan» le corridor des Feuillants arec deux de se» amis. M. Jouneau l'a attiré dans un autre corridor; bientôt après, les cris : A r«*Mi>m.' ont attire du monde; on a trouvé M. Grangeneuve renversé et faisant de vains efforts pour se relever. M. Jouneao a été arrêté. Je demande vengeance de cet attentat, etc.
L'a lia ire semble s'èlre bornée à une simple rixe. Les commissaires chargés aussitôt par l'Assemblée de faire une enquête trouvèrent Grangeneuve «dans son lil , rue Saint-Thomas-du-Louvre, n" 18, dans un état très rassurant 1. Après un long débat s, Jouneao fut, ce même jour, i5 juin, obligé, par décret de l'Assemblée, rrà se rendre pour trois jours à l'Abbaye, sans préjudice de toutes actions à intenlerct poursuivre devant les tribunaux-.
Les événement.* de la journée du 20 juin curent , dans la salle de l'Assemblée, des retentissements de plus d'un genre.
Nous nous bornerons a une analyse rapide d'un llikit contemporain :
L'approche de l'anniversaire du Serment du Jeu de Paume . le bam|ucl civique <|ui avait eu lieu mardi dernier auv Champ Élysées, avaient ajouté un nouveau degré de Force au coup qui avait éleclrisé tous les esprits. Les habitants des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marcel, dont la réunion avait eu lieu les jours précédents, s'étaient rassemblés dimanche et lundi dernier, et ils avaient arrêté de célébrer avec beaucoup de solennité le jour mémorable du so juin, de planter un mai en commémoration du Serinent du Jeu de Paume, enlin d'aller présenter leurs linmniages à l'Assemblée nationale elau roi. . .
La fêle du cortège arriva aux Tuileries par la porte des Feuillant*. Le mai devait être planté sur la terrasse de ce nom; mais ici une lutte asseï violente s'élève entre le peuple et M. Sanlerro. . . [Sanlerre s'oppose à la plantation du mai.]
On voulait qu'un coup de canon annonçât le moment où il serait érigé. . . enlin, après un long pourparler, le peuple consentit à ce <]<ie l'arbre de la liberté s'élevât dans la cour des Capucins. L'Assemblée nationale ayant, par décret, autorisé le défilé des pétitionnaires en armes à la barre. . . M. Sanlerre alors donne ordre aux ranonniers de rétrograder par la rue
(' Jean-Juseph Jonnemi . débité ,\r h Cliaiviile- Inlérieurr.
Voir dans le Mouilrm- (réimpr. . I. Ml, p. 076) la discussion soulevée a rAs*«inhle> nationale el le rapport donnant les résultats de IVnqnêle faite. l)'a|Nvs ce dernier ducumciil , la rive aurait
ru |»mr théâtre *la grande alli^ du Kenillanl.— .
!*' Itrctf général el circeutanctr de* érètm»0in i/« •l>i juin . moùetrêair* d» termeul du Jeu de Pmmr. Kvtrait du (Marier d* HS défnrttmtnlê. S. I. n. .1.. in-H'.l RÏM. iM.t..U.'75.1«r..)
LA SALLE DL MWKt.E. 227
de l'Échelle, d'y attendre la tète de la colonne qui 8e dirigerait, pur In guichet de la nie Sainl-Xicaise et le» quais, jusqu'au pont Marie; cette, mesure prise et une escorte très nombreuse ayant été laissée à l'artillerie, le cortège défila dans l'Assemblée nationale pendant plu» de Iroi* heures, aux sons de la musique qui jouait successivement : Où yrut-ott fat minuf Ça ira et autres airs analogues.
La suite du Récit concerne les événements qui se passèrent aux Tuileries; nous n'avons rien à en retenir; nous renvoyons, pour les détails qui n'ont pu trouver place ici, aux nombreuses publications faites sur cette célèbre journée '•*'>.
Quelques jours après commencèrent à arriver les fédérés appelés à Paris par le troisième anniversaire (i 6 juillet) de la fédération '•' et alors commencèrent des troubles dont l'Assemblée fut le centre réel :
Peu s'en eat fallu, raconte le rédacteur des Révolutions de Paru, que la scène du 90 juin au château des Tuileries n'y ail eu une seconde représentation le -i 1 juillet. L'Assemblée nationale en était à La Favette et la majorité semblait pencher pour lui. . . Les factieux du général ne peuvent se contenir; l'un d'eux pousse l'impudeur jusque-là qu'il moule dans la tribune pour y voler des remerciement* au héros de la contre-révolution. Les tribu ues. éclatent à cet cirés de bassesse; un fédéré se lève!'' et reproche aux représentants de la nation de la représenter si mal. Le président, le sieur Dubayet, enjoint à la force armée d'arrêter l'homme des tribunequi se permet de dire des vérités de cette force dans un lieu où il y a si peu d'énergie. Des ;;eas à épauletle», sur le refus des volontaires, montent eux-mêmes pour mettre l'ordre ù exclusion [tir, à exécution?]. Les frères d'armes du fédéré se rangent autour de lui. A la vue de ce mouvement, le président, ho» de lui, «oublie jusqu'à faire entendre le cri sinistre : Au.r armn! Ce cri se propage aussitôt jusque hors de la salle; des gens ollicieux qui se trouvent toujours là pour exciter la bile du peuple, se portent au clocher de Sainl-Itoch et sonnent le tocsin , comme on était convenu apparemment pour la première occasion. Déjà les rues voisines et le tlnrrousel sont remplis de particuliers qui disent en courant : «-Nous allons chercher nos armes. On met la main sur le» députés |talriotcs et sur les braves fédérés; on va les égorger dans -le jardin des Tuileries. Il faut en briser les portes. * Celle du coté du Manège, trois minutes plus lard, cédait aux coups réitérés d'une poulre lancée contre elle par vingt hommes: trois minutes de plus, le château et le jardin étaient inondés de peuple et cette nouvelle irruption pouvait avoir des suites autrement graves que celles du mois précédent. Un carrosse de place arrive cour du Manège, c'est le maire de Paris. . . «Citoyens, c'est vous-mêmes, c'est vous seuls que je ctinrge de la garde de cette porte, vous m'en répondrez; moi je vais
'■' I.'éimiuératiou ta plus complète de ces |hi- Mirations se trouve dans la llioltogrnpkic de M. Toi »\m v. t. 1. 11" 3ij0-3a84.
' Voir sur les événements relatif» a cet anniversaire les document» inventoriés par M. Toetii. dans son fté/m-fatre {op. cit., t. IV. n" no-i et suiv.).
■'' l-ora de la première Fédération , l'Asacaiblée consumante avail déridé , par un décret du o juin îjoo.qoe, -depuis le 10 jusqu'au 10 juillet . toutes
les tribunes seront destinées aux députés extraordinaires de la France armée*. Kcgnanlt de Saint- Jcait-d'Angely, appuyant le décret, avait dit : -Il n'est |>er«Hiiie, même dans les tribunes , qui n'approuve la proposition irai vous est faite; c'est le vun de la capitale entière qui* vous allez consacrer. Jo crois dont qu'il ne faut réserver que la |ilace des suppléants et abandonner le reste aux gardes nationales.» L'usage se maintint les années suivante* de réserver Un rerlain nombre de places «u fédérés.
228 CHAPITHK Ml.
rassurer l'Assemblée ualiouale. . . - Le mains parait, dit un mol, l'orage est conjuré, le mépris lui succkln cl la foule apaisée se porto aux issue» de l'Assemblée nationale pour y distribuer avec équité l'éloge ou le blâme, à mesure que le» député sortent. Tel fut le résultat de celte rumeur subite qui avait déjà porte' l'effroi dans tous 1rs magasin» de la nie Saint-Honoré. Les bourgeois avaient fermé leurs boutiques. . . On aurait bien voulu, lundi i3 juillet, à neuf heures du soir, exciter une nouvelle rumeur aux portes de l'Assemblée nationale, occupée à réintégn>r Manuel dans ses fonctions"1, mai» un avis du maire affiché le malin et le sou- \enir de la harangue de la surveille rendirent le peuple calme et inébranlable^.
Les dangers dont l'Assemblée nationale était menacée furent assez grands pour qu'il fût question, au moins dans quelques groupes de députés , de la transférer à Rouen Les menaces et les insultes se multiplièrent dans l'etircinle même de la Législative. On lit, à ce sujet, au procès-verbal du 1 9 juillet 179a: rl'n membre fait une motion tendant à ce que le Comité des inspecteurs de la salle fasse un rapport, demain matin, après la lecture du procès-verbal, sur les mesures a prendre pour assurer au\ députés la liberté de circuler dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, «ans courir le risque d'être insultés ou menacés par les groupes d'étrangers qui s'y rassemblent; cette motion est décrétée-. Lh situation cependant ne change pas et l'on trouve.au procès-verbal du aa juillet, une nouvelle décision à ce sujet : clin membre observe, y lit-on, que les insultes faites aux membres du corps législatif, tant en la salle des séances cpie dans les annexes qui y conduisent, exigent l'attention de l'Assemblée. Sur l'observation faite que la loi qui défend aux tribunes tout signe d'approbation ou d'improbation ne porte
"> Sur la suspension de Pélion et de Manuel presque chaque jnor, au TirTmoinrlrt Ju jmer, .les
par le directoire du département (fi juillet 1 791). détails relatifs aux passeport* délivrés dans son hu-
voir le Répertoire de M. Thete», op. rit., t. IV. reaii; nous n'avons p;u> trouvé, à cette dote, dans
n" 1 169-1 4 18. le journal de Dulaurc et fihnper, trace du projet
"> Rèmlutkmt de Paris, n* 1S9, p. i56. de transfert a Rouen. On remarquera, d ailleurs.
°> Non» avons trouvé l'indication de oc projet que les bruits les pins étranges étaient alors quo-
de transfert de l'Assemblée dans une lettre sijpiée tidienneuient répandus. Tantôt les villages de toute
•le »Pio, employé au bureau des pasaeporls*. et une région son! réveilles par le tocsin parce que
1 talée du i4 juillet 179s; le (Atalogve filiaravay l'on a annoncé la inorl du roi. ('fit. Thermomètre du
de 1861 ", qui l'anal j se (p. 3i), contient les ligne* jour, du 8 juillet 179s) Tantôt ce même journal
"U projet dénoncé par Dulaure, dans se (ait l'écho de la nouvelle suivante : i-Oo 0 pensé,
le Tlimnomètre, de la Iniiislaliiin de l'Assemblée à dit-on . à faire passer la couronne de France
Rouen ou ailleurs est très probable. H y a plu- sur une télé étrangère. I/liunimc que, saiv.->nt ce
sieurs jours que îles députés cherchaient à s'évader, projet, on propose de mettre h la place de
Lu de ces messieurs s'est échappé, cette nuit Ixmis XVI , c'est le duc de llmiiswich. beau-lïèrc
même, à l'aide d'un passeport obtenu elamk-sliite- du roi d'Angleterre, cousin du roi de Pnisse.s
ment. Je vous garantis le fait.-, fie Pio envoyait ( Tkermmntlre Aujwr, du 1 3 juillet 179s.)
L'ntolngnr if u«w impmumlt evtltetion 4e Ji*mmt»lt iml«graphr§ rl InlnriqurM JWr la nVrofuriiui /rauroin, tir. Paris, «se», in-8*. — D'après une noie joint.- n la lrltn-~ annonce*- : -le .ipint.itv- est le rhrialkr Ko, anri.u eliacRi' d'affaire» (|e U cour H.- flapie, dntitoé ]iar «on gwitenicminl m 1-90 et proclamé cilown français par la • de Pari.-.
LA SALLE DU MANEGE
aucune peine «mire ceux qui contreviennent à la défense, l'Assemblée renvoie à son Comité des inspecteurs de la salle pour lui proposer demain des dispositions pénales dans le cas de contravention à la loi. -n Les propositions faites, dans Ifs jours qui suivirent, par le Comité des inspecteurs, sont évidemment la conséquence de cette décisioo.
On connaît encore, comme se rattachant a ces troubles, une s Déclaration, du •j 3 juillet 1799, de la section des Tuileries, manifestant toute son indignation de l'attitude des grenadiers dn bataillon des Petits-Pères et de gendarmes nationaux, sous les ordres du sieur Carie, qui, dans la cour du Manège, ont dispersé les rassemblements avec brutalité et se sont conduits comme des stupides et farouches ficaires, satellites du despotisme et à la date du 1 A juillet, une lettre de Santerre. r commandant de service près l'Assemblée législative, à l'Assemblée, annonçant avoir arrêté une patrouille de la 3° division, rie la rue Saint-Martin, qui, sans en avoir reçu l'ordre, était venue autour du lieu des séances, comme elle l'avait fait la veille, en maltraitant le peuple, et qu'il y avait lien de craindre qu'on veuille effrayer l'Assemblée et l'empêcher de sauver la patrie-'".
Le a 5 juillet, Fauchet dit à l'Assemblée nationale :
Il a été dénoncé a la municipalité qu'il se faisait aux Tuileries on amns considérable d'armes. Des gardes nationaux y entrent tout armés et en sortent sans firmes. Il nous importe que l'Assemblée nationale ne soit pas «ou» un arsenal aussi voisin d'elle. Je demande que In lisière qui l'nvoisinc soit sons sn police immédiate 3!.
Voici, sur la suite donnée à cette proposition, le compte rendu du procèsverbal :
( n membre fait la motion que l'Assemblée détermine l'étendue de l'enceinte extérieure du lieu de ses séances et qu'elle décrète sur le champ que la terrasse des Tuileries qui avoisine In salle de* séances de l'Assemblée fait partie de son enceinte extérieure.
Plusieurs membres combattent celle proposition ; d'autres demandent le renvoi au Comité des inspecteurs de In salle.
La question préalable sur le renvoi est invoquée, mise aux voix et adoptée. Alors un membre observe que celle terrasse n'est point séparée du jardin des Tuileries, et il demande que l'Assemblée diuerc de se prononcer jusqu'à ce qu'il ait pu être fait un mur de séparation.
Cet amendement est écarté par la question préalable et In motion est décrétée dans les termes suivants :
<■ L'Assemblée nationale, considérant qu'en exécution de l'acte constitutionnel l>: elle doit fixer
" Placard imprime. Bibl. nal.. mss.. nom. acq. fr. 9*07, fol. ioj. (Document eiti* par M. Tïm-m, np. til., I. IV. n" i3."u.)
;1j Areh. nat.. C. . i54. Document cité \m M. Ti'mv, op. ht., t. IV. n" i3.'n.
'"■ MoHil-ur du *R juillet i7n*.
(,; *Lc corps législatif a le ilroit de déterminer le lieu de ses séances. Il a le droit de police dans le lieu de «es séances et dans I enceinte extérieure qu'il aura déterminée.» ((jmtlilulim frtmçnixe aeeeplée par le roi le 1 4 septembre 1 71) t , cliap. ni . • "section, ait. '..I
:!30 CIIAIMTHK III.
le» limiter de l'enceinte extérieure du lien de ses séances, décrite que la terrasse dite "des Feuillants*, depuis et inclusivement Ih porte dit* *du Manège*, jusqu'à celle dite -de l'Orangerie", exclusivement aussi , et toute* les rues adjacente» au lieu de se* séances, fuul partie de son enceinte extérieure et sont sous m police 1 .1
Cetle décision provoqua des mécontentements. A la séance du 1- juillet, *des individus «'annonçant comme faisant partie du détachement de (Tarde nationale de service au château des Tuileries sont introduits h la narre. [Nous suivons ici le récit du Moniteur.] Ils représentent la dilliculté de garder le jardin des Tuileries depuis qu'un décret ouvre au public la terrasse continue au lieu des séances 1I0 l'Assemblée, lisse plaignent d'injures el de calomnies qu'ils prétendent avoir été débitées contre la garde nationale. Enfin ils demandent formellement le rapport du décret. L'Assemblée renvoie cette adresse à la commission extraordinaire pour lui en faire un rapport dans sa séance de demain."'
On protesta le lendemain contre la rédaction du procès-verbal concernant cet incident. rJc demande, dit Gamon 1J, la radiation de cetle rédaction insidieuse, qui tendrait à faire croire que la garde nationale a été véritablement et est journellement injuriée. . . Je demande même que le secrétaire soit censuré.- Kersaint ajoute : n L'Assemblée ayant fait ouvrir l'une des terrasses des Tuileries, le roi, qui ne jugea pas à propos de rendre le reste du jardin accessible au public, lit border In terrasse par une haie de grenadiers. Ceux-ci sont venus liicr au soir demander la clôture de la terrasse, sous le prétexte mensonger qu'on les y insultait. Je ne m'arrêterai pas à prouver l'inconvenance de cette pétition . . . etc. Une rectification au procès-verbal fut ordonnée.
Le même jour, à la fin de la séance, le député Qninctte fil le rapport ordonné la veille. En voici la plus grande parlie :
Messieurs, voire Commission des vingt et un s'octii|i«il des mesures qui doivent concourir 11 sauver la patrie en danger, lorsqu'un décrut a appelé son attention sur la police à étahlir dans l'enceinte du lieu des séances du Corps législatif. . . La pétition que unis nous avei renvoyée tend à obtenir le rapport du décret qui comprend la terrasse des Feuillants dans le local soumis à la police de l'Assemblée nationale.
Votre Commission ne s'est pas longtemps arrêtée à cette proposition : la dignité du Corps
"• /Ww-rcrM de la Législative, p. «,« (KM. ml.,U 71. in-H-).
1,1 François -Jo<*|>h Camon, député de l'Ar- <tèche.
01 11 *'agit île I» Oimuuaiou de» douze créée le 6 mare 170a, à laquelle, -afin de faire passer la majorité de droite à gauche*, on adjoignit, le 1 8 juillet . neuf suppléants. On trouve , même daus le» pièces oQirielle», ceUe commission désignée sous le nom de Comuiittion des douze, lorsque
c'était, en realité, la Commission des sùigt et un; on la désignait aussi sous le nom de Commission extraordinaire. Sou histoire a été résumée dans uu très intéressant chapitre, intitulé : « Précédents il ci Comité de sulut public», publié par M. Autant,
de mlut public apee la cvrretp<mda*er njtrielte du rel*è*<:HlanU en miuiou 1 1. I , p. un et suiv.).
Nicolas-Marie Quitte, député du déparlemcnl de l'Aisne.
LA SALLE DU MANEGE
législatif, son indépendance, aa sûreté même, considérée non sous des rapports individuels, ■unis seulement sous ceux de son existence politique, exigeaient qu'enfin le lieu de ses séances fut entièrement réservé a sa surveillance et je dirai même à celle des citoyens qui circulent librement dans l'enceinte extérieure de celte salle.
Les faits qui se sont passés hier n'ont pas changé la question; nous avons presque tous été témoins de fintontiou formelle des citoyens de ne pas violer les consignes, des efforts qu'ils faisaient, sur un terrain étroit, et où la foule occasionnait souvent des mouvements irréguliers, pour éviter de mettre le pied sur un territoire, pour ainsi dire étranger. Mais, Messieurs, l'événement, dont les premiers effets se sont manifestés sur la terrasse des Feuillants, aurait [ta arriver partout ailleurs. On sait qu'en quelque lieu que les citoyens se rassemblent, il se mêle parmi eux du ces hommes lilchement atroces qui cherchent a égarer le peuple pour avoir un prétexte de l'opprimer.
. . . Votre Commission ne *ous proposera donc pas le rapport du décret du 1 5 juillet . . .
La Commission propose un décret ainsi conçu :
\»T. I". Les inspecteurs de la salle sont autorisés à faire alliclier, dans les lieux où ils le jugeront nécessaire, l'acte du corps législatif qui déclare que la (errasse dite "des Feuillant* el immédiatement conliguë au lieu de ses séances, fait partie de son enceinte extérieure.
Aat. 2. Les inspecteurs de la salle arrêteront . dans le jour, les mesures de police qui aseui front le bon ordre et la tranquillité dans l'enceinte extérieure de l'Assemblée nationale.
Aar. 3. Le Comité des domaines fera sous trois jours un rapport f" sur la question de savoir si la jouissance du jardin des Tuileries appartient exclusivement au premier fonctionnaire publie1*.
Après que la question préalable demandée par quelques-uns eut été rejolée, le projet de Quinetle fut adopté.
On se rendrait difficilement compte, d'après ces documents, aussi bien de la cause des troubles des a6 et 17 juillet que de leurs résultais, aussi croyons-nous devoir reproduire la pallie essentielle du récit publié sur ces événements par les Hémluiimu de Pari*, plus passionné sans doute, mais aussi plus détaillé et plus complet que les autres :
Sur l'emplacement même de la Bastille el à l'endroit 011 l'on se propose d'élever la colonne delà Liberté, dont la première pierre fut solennellement posée le malin du jour de la Fédération par doute députés du Corps législatif, le patriote Palloy invita tous les Iwns citoyens à s'unir aux volontaires arrivés des départements, pour un banquet civique, frugal, peu dispendieux, mais tout fraternel el à la manière de la l'àque des Hébreux, c'est-a-dire en plein air el eu vue de tout le monde. Ce repas qui devait avoir lieu dimanche fut remis, à cause de la proclamation du danger de la patrie, à jeudi dernier [s6 juillet]. Chaque convive y apporta son
''' Ce rapport ue fut pas, croyons-nous, présenté: il n'en est pas question au procés-vcrbal et on ne trouve aucune |iièce *e rapportant à celle affaire dans le recueil de» rapport* do Comité de» •Umainea I Ridl. nal. , Le M/3. M. recueil factice ).
'- Rapport tur la polie* ie l'enerinit aV t A **"><klit wrti«u*/« fait m aom it Ut Grmmittian Jet ti , par ,tf. (Jmnrllt, iépmè du département Je l'Ait», . It »* jtùliH Pari». i-<i*. in-Jff. BiM. nal..
polage. aux termes de l'invibitiou. . . A la fin du reps, qui B4> prolongea bien avant dans la nuil, plusieurs convives un peu échauffés proposèrent «le convoquer dès le malin fou» le* fédérés actuellement à Pari», lous les chauds patriotes des deux faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, ainsi que de la garde nationale parisienne et de celle de Versailles. On purlail même de .s'emparer du canon de plusieurs postes. Le projet élait de se présenter dan» cet appareil à l'Assemblée et au château des Tuileries. Le maire de Paria en fut instruit; toute la Dtiit il courut d'un faubourg à l'autre; sa seule présence rétablit l'ordre; il n'eut qu'un mot à dire, comme à l'affaire du •> i dan» le» cours du Manège. Le tocsin avait sonné; on avait battu la générale; tout annonçait une journée et même de deuil, elle se passa dans le calme jusqu'au soir; mais les événement!» de la terrasse des Tuileries sont l'ouvrage et un crime de plu* du château. En conséquence du décret de la veille, le Ixwis XI du xviir* siècle fut obligé d'ouvrir les portes de la terrasse des Feuillants au public qui s'empressa d'en jouir, curieux d'ailleurs de voir comme on s'y prendrait pour lui interdire le rente du jardin. In mur de baïonnettes nationales régnait d'un bout à l'autre, depuis le pavillon jusqu'au cul-de-sac de l'Orangerie. Les volontaires de garde ce jour-là . . . semblaient pour la plupart fort sols et fort peinésdu service qu'on attendait d'eux en ce moment. Plusieurs pourtant. . . paraissaient tout fiers de leur consigne. Ces Messieurs, surtout les grenadiers, faisaient des patrouilles nombreuses au bas de la terrasse. . . mais ils n'osèrent pas se promeuer ainsi sur la terrasse même.
[Des troubles éclatent. In jeune colporteur " publiant les crimes de Lafayclle* est maltraité par les grenadier*. Le bruit se répand que le roi -n des amas d'armes cachés dans son |wlaiset que des Constituants célèbres : Lally-Tolendul, Sieyès, etc., sont prêts à aj;ir.|
Beaucoup d'autres illustres de l'Assemblée constituante sont revenus incognito à leur poste, pour, au premier coup de sifflet parti du château, chasser le Corps législatif et reprendre leur place. Duval d'Eprémcsnil ne devait pas être des dentiers; aussi le reconnut-on à fa physionomie contre-révolutionnaire et aux propos incendiaires qu'il tenait tout le long de la terrasse des Feuillants, pour mettre aux prises In garde n.itionnle d'en bas et le public «l'eu haut; . . .il lut remarqué, reconnu et bientôt entraîné par le peuple. . . L'ex-dépulé constituant fut traîné au Palais- Royal, et quand M. Pétion accounit pour le tirer des mains de la multitude, il n'avait plus Ggure humaine, tant il était maltraité 11 . . .
La journée du samedi a été beaucoup moins orageuse au jardin des Tuileries, parce qu'il y a eu beaucoup moins de baïonnettes. Aux deux escaliers de la terrasse des Feuillants, un ruban tendu fut la seule barrière qu'on opposa au public, et cette barrière fut beaucoup mieux respectée parce qu'elle n'était pas injurieuse comme un cordon de gardes. Au haut de la terrasse, du roté du chevol Pégase'21, le mot de Coblenlt. tracé sur le sable, en imposa bien
1 CL "Lettre du sieur lieauquellc au président «le l'Assemblée législative, se plaignant d avoir été l'objet de mesures et de voies de fait, sur la terrasse de* Feuillants, pour avoir voidn protéger un individu que l'on faisait passer pour M. d'Kprénn-Snil*. etc.. -i8 juillet 1799. (litprrkàrt de M. TiïTsr. I. IV. n' 1374.) U apri-s les récits publiés surcHleatSiire par le ïaerainmrfri! du jour, il paraîtrait certain que ce fût Duval d'Kprénirsnil qui fut arrêté et maltraité (n° du »8 juillet 179»). Dulaure revient à diverses reprises, le* jour* suivant*, sur cet événement , publiant de»
bulletin* de la santéded'Kprérui-snil, alors que sou identité avait pu être constatée.
' 11 s'agit évidemment de l'œuvre de Coysevov. , sitnée rau bout de l'allée des Feuillant», entrée de lo place delà Révolution^. Voir la notice Fur «les deux chevaux Pégase on Renommé. >« . dans Jimcriptmn drt ttatur* dru Tmlnin, par Maux. Paris, an vi. in-8* (H.M. nat-, Lk ft-iai). Voir au«i dans Prnmnuidrt aux jnrdita aV» Tnilrrm i' t8t 8 , in-18". Bihl. nat.. Lk Mrrrurr tur Pégmr
1 pl. 3H 1 : -<> beau morceau . qui fait honneur il Coysevox. . . -. était placé, en 1H18, «sur les
LA SALLE Dl MASfeliB.
davantage encore. Le peuple se garda bien de mettre le pied sur une terre «jo'il n en liumur<'l, etc.
Ce rulmn tendu semble avoir beaucoup fr:ip|>é l'iiiia^inalion populaire ; on y Irouve des allusions dans tous les écrits du temps :
La terrasse des Feuillants, écrivait Sébastien Mercier, était le seul passage permis nu public pour aller aux séances de l'Assemblée. Le peuple, de peur de souiller son pied libre de la poussière du jardin d'un despote exécré , fixa lui-même avec un ruban tricolore la ligne de démarcation qui fut scrupuleusement observée. Il assigna à l'intérieur de la promenade royale le nom de Forêt mire M.
Les Révolution» de Pari», — que nous aimons à citer parce qu'elles donnent, dans leur exagération même, une idée plus exacte des opinions populaires. — reviennent dans leur numéro suivant sur celte affaire :
Depuis quatre ans, la Révolution française offre une foule de contrastes dignes d'être notés par l'observateur philosophe et patriote. Le plus piquant de tous, peut-être, est celui qu'on remarque en ce moment aux Tuileries. D'un côté, des portes-fenêtres et qui ne s'entrouvrent qu'à l'inspection d'une carte; des sentinelles rouges et bleues à chacune de ces portes; des canons, mèche allninée; de larges fossés et une forte grille toute neuve; tout cela pour empêcher le peuple d'approcher trop près du chitenu et de se promener dans le jardin.
De l'autre coté, la ternisse dos Feuillant» est redeiouue publique daus toute sa longueur et ivfjorge de monde; trois escaliers se présentent pour se mettre au large dans le reste du jardin, il ne lient qu'au public de s'y répandre; le roi ne trouve plus de gardes pour soutenir la multitude, mais un ruban est tendu à chacun de ces escaliers, et c'eat le peuple lui-même qui s'est imposé cette barrière; elle sera respectée"1.
Pendant que ces événements troublaient les alentours de la salle, l'intrusion constante des tribunes dans les délibérations de l'Assemblée provoquait n l'intérieur des scènes violentes :
L'Assemblée nationale a des tribunes publique», lit-on dans le même journal, qui ne laissent pas de géner certains membres. Ceux-ci ont fait ce qu'ils ont pu pour contenir les assistants dans un silence presque absolu... Le aiti du roi 141 de la salle du Ma-
pieds de la grille de la place Louis XV, allé droit *. Au coté jpnichu se trouvait -La Renommée, |»r Ciyserof (pl. 3 y). Dans ces deux groupes, les ■ lievaux. d'altitude presque identique, «ont »appuyés sur des tmphées militaires-.
,; Rnvhtiont dr P/<ri*. n" i5o, p. 1 55 etsuiv.
' Pari* prnAmt /« Hevotulkm JrnmpAr (chapitre consacré au\ -symptAroes de la journée du to août»), t. I. p. de ted. de i86s. Paris, -i <ol. in- il (Bibl. n«L, lÀ*ftkhù).
ItéivIutioM de Pnrit, n" 160, p. a i ».
1 Vnir ci- lessii*. p. MO, ce que nous disons
H HT. Dl« kuriC». I.
du classement des partis, »|>rès décembre 170,1. à la Législative. Les mots c6té du roi, cité du prupU ont remplacé pendant quelque temps ceux de cuir droit et Mit gauche , auxquels l'installation nouvelle avait enlevé une signification précise. «Le Pouvoir exécutif ne s'arrêta pas en si Itnau cbemin; sur •le»5o membres, il taeha d'en accaparer d'antre» et \ réniai L Le cité du roi. tout convert de son iufimiie, était devenu impnisaant; on le réhabilita ni achetant quelques orateurs du coté du pmplr* , etc. i RtroUtioiu dr Pari», n 137, 18 au <5 féxrier • 703.1
i»--n***ir attivaata.
nége a mis tout en imirt |K>ur 8* délivrer de celte incommode surveillance journalière:" elc.
Déjà, dans la séance du att juillet . un député dont le nom n'est pas connu avait dit :
Depuis trop longtemps no» délibération» sout ÏDlerrompueë par des applaudissements tumultueux ou par des murmures indécents. Tous les jours, les avenues de cette salle sont obstruée» par une horde de gens qui insultent le» représentants de la nation. Il est temps que vous fusain respecter la dignité nationale dans la personne des députés. Je demande, donc que le Comité des inspecteurs de la salle présente un projet pour prévenir le désordre des tribunes et inspecter les rassemblements autour de celle enceinte. (Un murmure.)
Les tribunes, toutefois, avaient des défenseurs. Clioiidietr2 dit :
Je demande aussi des mesures répressives contre les adlègoes qui provoquent les tribunes par de» propos indécent1», tek que j'en ai entendu hier dans celle partie de la salle (montrant le ci-devant côté droit), où l'on s'est permis de traiter les fédérés de brigands, de scélérat». . . Je suis plus étonné encore qu'on propose d'empêcher les citoyens d'approcher de cette enceinte. Ycul-on en faire un repaire comme celui des Tuileries? etc.
L'Assemblée pssa à Tordre du jour c motivé sur l'existenre de la loir 1 .
Les désordres en arrivèrent à cet excès qu'il fut de nouveau question, dans l'Assemblée'4', de se réfugier en province. A propos d'une adresse relative à la déebéance du roi. les tribunes s'afjitèrent si violentes, qu'un député. Vaublanr, s'écria :
Si vos vociférations continuent, je ferai, non pas avec des clameurs, mais froidement la motion de quitter Paris. Ce parti ne sera pas celui de la crainte ... Je soutiens que ce sera par un acte de cournge que vous quitterez Paris, si vous vous apercevei que le peuple de cette ville veut vous maîtriser et si les tribunes continuent à insulter, par des clameurs, à la souverainelé nationale. . . Je demande que le rapport préparé par la Commission extraordinaire, sur les tribunes,. . . soit fait demain
La motion est adopté.-.
Le surlendemain, nouveaux désordres à propos des constantes modérations apportées dans les tribunes, \oici coniineut le Moniteur en rend compte (séance du 7 août 170.3) :
Il s'élève, au commencement de la >énnre, du tumulte dans les tribunes destinées au\
'" HtroUlioii» êt Pnrit. n ilti.du 4 au il noùl
' Pierre-René Glwmlicu . dé|mlé du déjwrlemenl de Maine-et-Loire.
' Re>ildu.V<*.W.
" \ oir ri-dessus (p. s »8 , note 3 ) ce que non» avons dit du bruit qui «était répandu , dans les premiers jours de juillet 179* . du transfert d<l'Assemblé* s Rouen.
' «cal du Af«u/«ic.
LA SALLE DU MANÈGE. Mb
citoyens de Paris, à l'occasion d'un changement opéré dans les places pour faciliter la coromunicalion des sentinelles.
On demande que le* commissaires de la salle Miient tenus de rapporter le registre de leurs délibérations.
M. Brxi;vus, commissaire de la salle. Quelques bons citoyen*, qui suivent le plus exactement les séances, sont venus se plaindre de ce qu'on avait retranché quelques place» dans loi tribunes. Ils ont proposé de nommer entre eux quatre commissaires pour y maintenir la police. Ils ont domaudé que ces commissaire fussent autorises ù requérir le* sentinelles pour Faire sortir les perturbateurs. Je convertis c«'l!e demande en motion.
Après quelques débats, l'Assemblée autorise les quatre commissaires choisis par Jr peuple à indiquer à l'Assemblée les perturbateur*.
1.1 JOI RNEE DU 1 O AOUT AU NANÈKE ET AUX PEU1LLANTS. — LE COMPTE RENDU DE PELTIER.
ht. DKKMKR TABLE à V DB fAHIS. — VERSION DU MOMTHl ». LES SUISSES ALX
FEUILLANTS. LOUIS \VI ET 8» KAMILLE À L'ASSEMBLEE NATIONALE. LE COMITÉ DE
SURVEILLANCE ET LES LOCAUX OCCUPÉS AUX MOUILLANTS PAR LE ROI ET SA FAMILLE.
JOURNEES DES M . 1 'X ET I 3 AOUT. LK WCOCHAfHK ET LE IOCOT iCBIGRAPUR.
Les incidents que nous venons de raconter, précurseurs de jours troublés, nous ;i mènent aux graves événements qui, les 10, 11, 1 y et \ 'i août, m? déroulèrent à l'Assemblée même. Suivant la méthode que nous avons suivie et qui consiste, non pas a raconter nous-ineme, mais à faire parler les témoins les plus intéressants et les plus dignes de foi, sans nous préoccuper de leurs opinions, nous emprunterons les détails qui vont suivre à un écrivain qui fut plus tard très contesté, mais qui, à l'époque de la publication qui nous occupe, comptait parmi les plus fidèles de la monarchie, nous voulons dire J. l'eltier et son Dernier tableau tir Pari» 1 .
Les nombreux ouvrages publiés sur la décisive journée ' donneraient sans doute, s'ils étaient analysés, d'utiles renseignements. I n des plus importants en ce genre est la Chronique de Hunlerer»; mais l'auteur s'est placé au point de vue d'une défense personnelle el l'intérêt général est ainsi diminué. D'autres ouvrages ou brochures, souvent cités, ont largement utilisé l'u-uvre de J. Pellier;
' 1 Dernier tableau de Pari» ou Réttl lùttoritnte de lu révolution in to ooil fjyt, de* coûte* oui l'ont produite . de* événement oui l'ont précédée et de»
crime* qui l'ont munie , par J . Prflier .V édition .
Londres et Bruxelles. . . . avril 170^, » vol. in-8* (Itibl. nal., Lb"^iio4>. Un plan intéressant des .-•k'uloarc du Manège H de» Tuilerie* «ni joint au looie I. ■ ■ Voir sur le» éditions diverses de cet ••11 traire I* BiUionrnpkU de /'*u«Wit de Pari* pen-
dant la flemiutiou francuùt, di> M. Tora«Ki>\. t. I,n" 3,4|5 et »uiv.
" Voir, en particulier, la liste >l« mivnKres r«ul 'ernanl la yoirruér du 1 u nout, publiée par M. Toiia- «u, dans sa RibUograpkie . I. I. n" 3.36s et «tiiv,
'• Chronique de cinquante jour* , du 10 juin mi 1» «oit 175*, rédigée sur pièces aolbentiques par P. L. Ro»Ena. Paris, 1W1. io-H" ( Itibl. nul.. 1.1. "/Boun ).
23(1 CHAPITIIE III.
quelquefois même, comme on le remarque dans l7/ii/»»Ve $errète ■", l'auteur n'a fait que transcrire servilement le devancier. Tels sont les motifs qui ont arrêté i)f)tre choix. Le nombre énorme, d'ailleurs, îles documents manuscrits connus sur la journée du 10 août :l ne permettent pas une analyse de ces pièces, pour un résumé aussi rapide que celui que nous pouvons donner ici.
J. Pelticr nous donne d'abord des détails topograpliiqucs sur les Tuileries et la partie voisine du Manège :
Quatre cours, écrit-il, fermaient le château du enté du Carrousel. La première se nomme la cour des Princes. ... la seconde se numrae la cour Royale. . . , la troisième cour se nom me In cour des Suisses. C'était par celle cour que l'on arrivait anciennement au Théâtre-Français lorsqu'il était situé «ux Tuileries x >nfiii, la quatrième cour se nomme la cour de Marsan, du
nom du pavillon de l'extrémité Nord. Un allait par celte cour à l'hAtel de Rrionne, qui était le logement du grand éeuycr de France, sur la place du Petit Carrousel. . . En tournant le pavillon de Marsan pour parvenir à I Assemblée nationale, on entrait dans la cour des Écuries et de II dans celle du Manège, d'où l'on pénétrait dans le jardin par une porte latérale. En suivant la cour du Manège, un arrivait a l'Assemblée, "ù il y avait toujours un poste de cavalerie, de garde nationale, de prévôté de l'hôtel, de vétéran», et deux canons.
Cinq terrasses bordaient l'enceinte du jardin : celle qui règne tout le long du château et qui esl ornée de statues et de vases de la plus grande beauté se nomme la terrasse du Palais. Celle à droite, qui règne dans toute la longueur du jardin, se nomme la terrasse des Feuillants, (/est cet emplacement dont l'Assemblée s'était rendue maîtresse quinze jours auparavant, afin d'animer plus aisément le peuple contre le cbàleati. Celte terrasse est coupée dans sa longueur par deux escaliers. L'un conduit à un café, dit le café Hotlo», que l'on avait Jail murer du côté du jardin, parce que l'on pénétrait par lu dans les Tuileries, lorsque le roi jugeait à propo» de le* l'aire fermer, pendant le» orages populaires. Ce café avait été ouvert par ordre de l'Assemblée. (Tétait le rendez-vous des uiolioniiaires et des agitateurs du |ieuplc. L'autre escalier conduisait à l'Assemblée , a toutes ses dépendances et au passage dit - des Feuillants -. Ce passage oltscur, étroit et fétide était celui que le roi était obligé de traverser à pied toutes les fois qu'il vcuail en cérémonie à l'Assemblée nationale. A l'extrémité est une petite cour, un corps de garde et l'église des Feuillants, dont le débouché est sur la rue Saint-Honoré, en face de la place Vendôme. La terrasse des Feuillants aboutit à une belle esplanade, nommée la terrasse de l'Orangerie. Lu escalier que l'on descend et une petite cour conduisent de là à la place Louis XV.
Lue autre esplanade pareille « celle-ci, du eôlé de In rivière, élail nommée la terrasse du Dauphin. . . Parallèlement à la terrasse des Feuillants, règne, le long du quai des Tuileries, la cinquième et dernière lerras-e. nommée terrasse de l'Eau. . .
Enfin, entre les deux esplanades du Daupkiu el de l'Orangerie, le château est fermé par un fo«sé sur lequel est établi un pont tournant que l'on fermait tous les soirs; ce pont est précisément en face de la grande allée du jardin, de la porte principale du château, de la stalue de la place Ixmis XV et de la magnifique avenue de ÎVeuilly 4 .
' «Mton mit Ht tu aoij, coutnwnt .-,-/« ' CL Rrprrtoirr de M. Ti rtïi . t. IV, les doru •
UKu/ou Je Jr/rmr il» ekiteaa; a* Ia mue Art Iroiqy» iih'iiU indiqués sou» les n" i ,n,o,ti-3,cjli4. pur le roi et ton nrriete à C.iurmblér mtlumnù-, . . ; Le chapitre îv ( tome H) du présent ouvrage
j- lu ilethiimcr du nu rt «i trMi*l»ti<m au Trwplr. sera cousané o e.» Incarne. Paris . . , in- ■ 8 , Itibl. ml. . 1.1. ~'{6 1 «; i. 1 Op. rit. . p.
LA SALLE DU MANKGh.
Après de longues digressions et des tableaux qui n'ont, pour notre dessein, aurun intérêt, l'auteur en arrive au récit de la journée du i o août :
A cinq heures et dpmic du mutin, le roi fut prie d'aller visiter lous les postas. . .
A sept heure» et demie, au moment où le roi revint de passer la revue de* Suisses et des garde* nationale», les gentilshommes qui avaient passé la nuit au château et les officiers de la ci-devant garde du roi. . . résolurent de s'organiser. . .
A huit heure» moins uu quart, un officier municipal entra dans la chambre du Conseil où se trouvait le roi arec la famille royale. M. de Joly, garde des sceaux, lui demanda : Eh bien! que veillent-ils? Le municipal lui répondit : la déchéance. . . Ce l'ut en cet instant que M. Ru> derer entra, en écharpe, à la télé du directoire du département. . .
Le roi, la reine, le département, avec M. Ra-derer à sa tête, étant entrés dans la chambre de l'intérieur du roi, où se trouvaient aussi les niiuislres, M. Rcedercr déclara ù Leurs Majestés : »Que le danger élait a son comble, qu'il était au-dessus de toute ex pression CI. . ., que le roi, la reine el leurs enfant*, et tous ceux qui étaient auprès d'eux seraient infailliblement égorgés si le roi ne prenait sur-le-champ le parti de se rendre à l'Assemblée nationale. . . »
Le roi traversa le» Tuileries sans obstacles jusqu'à l'escalier de la terrasse des Feuillants, au milieu* de deux colonnes armées, composées des grenadiers suisses, des grenadiers nationaux des Petits-Pères, des fille* Saint-Thomas, etc. Arrivé à l'escalier de la (errasse, qui était inondée de peuple, on lui refusa le passage. Il y fui arrêté pendant plus d'un quart d'heure. La populace qui y élait rassemblée criait : Nous ne voulons plus de tyrans! la mort! la mort!
. . . Enfin le Département obtint qu'on laisserait le passage ouvert et que le roi pourrait se rendre daos le sein de l'Assemblée, pourvu qu'il consentit à laisser toute son escorte en dehors, à la porte. . . Us j>ersonnes qui accompagnèrent le roi dans ce trajet furent, outre les six ministres. \l\(. de Mnnlmnrin, gouverneur de Fontainebleau u\ de Poix, d'Hervilly, de Tmirxel. de Briges, deux autres personnes attachées à son service et l'officier municipal Lcroulx. . . L'officier municipal annonça que le roi, la reine, sa famille, les ministres, les administrateurs du déparlement demandaient ù se présenter à l'Assemblée nationale. On nomma une dépulalion pour aller au-devant de Leurs Majestés. Le roi, la reine et leur famille, accompagné'* de deux ministres, entrent el dirigent leurs pas vers les sièges destinés aux administrateurs [suit le texte des discours échangés entre le roi et Guadef qui présidait en l'absence de Mortel].
... Le roi s'assit alors à coté du président; mais d'après l'observation de quelques membres, que la Constitution interdisait an IWps législatif loute délibération en présence du mi, l'Assemblée décida que Leurs Majestés el leur famille se placeraient dans une loge située derrière le fauteuil du président.
Cette loge était celle des commis rédacteurs d'un journal ooimné l* Ln/;ogrnpke, qui rap-
(,) Siir les information» rerue* par le département, voir en |M>rtiriilicr une » Lettre de M. Blondrl. secrétaire du département, à M. Hu-diivr, annonçant, sur l'avis donné par M. Voisin , dépoté , que des foimiiissiiires numnté» |wr les sections se sont substituée au Conseil général de la commune à l'IiAtcl de ville, qu'ils »nt délivré un mandai d'amener contre le commandant général , et que le po*te des Feuillants vient d'être forcé, «i août i yyv , y heures moins un quart du soin. (Document
cité el analysé par M. TtiTir. op. eil., I. IV, n* s 101.)
'' Cf. •Interrogatoire subi devant le tribuns! criminel extraordinaire par M. Louis-Victoire-Hippolyte dur île Monlmoriii Satnl-liércm . maire et exgouverneur du cbileau de Fontainebleau, au sujet de sa présence aux Tuileries dans la nuit du o au 10 août, etc.-, a 6 août 1701. Arcli. nat., C, kji, n" iBo*. Document cité par M. Tietsï (op. eil.,