‹ Histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementires de la révolution française et de la première républiqueChapitre 28 sur 59 · IV. n* *:ic · texte numérisé non relu

IV. n* *:ic

>38 CHAPITUK III.

portail les séance» de l'Assemblée, mol pour mot. Déjà souvent, ce journal avait été dénoncé. Son exactitude avait tué une foule de réputations. . . Ce fut dans cette prison de dix pied* carrés, sur six pieds d'élévation, dont les murs blancs réfléchissaient les rayons du soleil et en redoublaient l'ardeur, que le roi et mi famille passèrent quatorze heures consécutives |iendant une journée brûlante.

Comme le peuple se pressait en tumulte autour de la salle, on conseilla, |>our assmvr l'entrée du roi dans l'Assemblée, en cas d'invasion de la loge, In suppression d'un grillage en fer qui la séparait de l'Assemblée nationale. MM. de Pons, de Choisenl, de Sainle-Croix et du Bouchage, ministre», le roi lui-même furent obligés de défaire relie grille a force de bras, et le roi resta à découvert. sans se lever de son fauteuil, pendant toute la séance, sans cesser d'avoir les yeux liiés sur l' Assemblée et sans prendre d'autre nourriture qu'une pèche et un terre d'eau.

L'auteur interrompt ici son récit pour raconter le r premier massacre dans la cour des Feuillants-.

. . . Dès sept heures du mnlin; le peuple s'était amassé eu foule dans la cour des Feuillants.

... Le peuple entra, la première victime dont il s'empara fut un homme colossal, nommé l'abbé Bouyon 1 ; on l'arracha d'entre les bras du commissaire de la municipalité qui recevait idors son interrogatoire; accablé par le nombre, malgré une longue et vigoureuse résislauer, il lui cutratné d»ns la cour et mis en pièces à neuf heure». Cet abbé Bouyon était un auteur dramatique. A l'abbé Bouyon succéda un ci-devant garde du roi, M. de Solminiac. . . Lu inconnu fut massacré ensuite. Le tour de Suleau arriva'1). . . , on le suivit, il est mis hors d'état de défense, entraîné dans la cour et taillé en pièce. M. de Vigier, ancien garde du corps. . . fut la cinquième victime sacrifiée. . . Quatre nouvelle* victimes le suivirent; les neuf cadavres furent portés sur lu place Vendôme et leurs têtes inities sur des piques. Dans la confusion des massacres, deux des prisonniers trouvèrent moyen de s'échapper, et c'est de Pun d'eux que je liens les véridiques et lamentables détails que je viens de raconter.

L'un leur reprend ensuite le récit des événement* de la journée au château des Tuileries; nous n'en retiendrons que le passage relatif a la venue d'une partie des Suisses à l'Assemblée nationale. Le roi * s'empressa d'envoyer M. d'Hervilly 3 au château pour en faire retirer les Suisses et les rappeler auprès de sa personne. . . -, etc.

On se mit en marche nu nombre de cent Suisses avec le capitaine Tarler et très peu de gardes nationaux pour se rendre à l'Assemblée, Dans celle traversée, on reçut près de mille coups

' Il y eot, sur «• meurtre, une Déclaration reçue par le commissaire de police de la Hutte des Moulins. (Cf. TiBTï». op. cit., t. IV. n" 3,617.)

' l'Ius liant, un lit : «A 8 heures et demie du malin, on y amène un jeune homme de trente ans en bonnet et en uniforme de garde national. . . on l'avait arrVlé sur la terrasse des Feuilhols. Celait Suleau. royaliste fort r mnu par ses pam- |Alel» ciinlre le dur d'Origans. . . etc.- Frençois-

Ixnii» Suleau <<tai( né en 17.17. \ »\r la notice qui lui est consacrée dans la France Ittténth-r de Quérard {I. IX, p. 189 V Pour se» divers journatu : Le liétril Je W. Sulem, Le Journal de M. Suit*». voir la HMvgnpkie .le M. M. Totaifti», I. II. n" lo.filii ei to.litit.

I/Hiis-Charbu d'Ih-rxilly. maréchal de eanip. .Cf. Tirrrv. op. eil., 1. IV,' lahle des matières.

LA SALLE DU MANEGE

de fusil de tous les point* du jardin et notamment du café Holtut. Les Suisses, qui avaient déjà consumé beaucoup de munitions, ne purent répondre que faiblement à ce feu. Ils perdirent trente hommes dans ce court trajet. Arrivés à l'Assemblée, le» officiers donnèrent aux soldat.» Tordre de se rendre au corps de garde des Feuillants; on lea y désarma et déshabilla. Le» fusils et le* habits furent portés en triomphe dans les rues de Paris"', etc.»

Dan» un chapitre intitulé : *La famille royale à l'Assemblée nationale, depuis le vendredi à 1 o heures jusqu'au lundi à midi 111 », l'auteur retrace, avec sa passion habituelle, le tableau de ces journées; nous croyons, sous ces réserves et parce qu'il donne des détails topographiques que l'on ue trouverait pas ailleurs, devoir reproduire les parties essentielles de ce chapitre :

Lorsque In famille royale fut placée dans la loge du Logograpkr, il fut permis aux ministre» et ii quelques personnes de la Cour de prendre place auprès de Leurs Majeotés. . . Chaque coup de canon portait la mort daos lime du roi; le sifflement des balle* qui passaient à dix pus de F Assemblée, les cris des blessés, la rage du peuple, celle des pétitionnaires qui arrivaient par tous les points de la salle, les hurlements des tribunes, tout devait faire croire au roi et à la reine que c'en était fait d'eux. . . Une garde de &o hommes choisis et fidèles faisant partie de l'escorte des Tuileries fut de service toute la journée du 10, et l'ordre fut asse« ■ exactement maintenu. . . Ce ne fut qu'à 1 heure du mâtin'" qu'il fut permis au roi de sortir de la loge où il venait de passer seire heures horribles. Personne ne put y prendre de nourriture. Quelque* fruiu et de l'eau de groseille que fournissait le café voisin furent tout ce que lueurs Majestés purent se procurer.

. . .Le* ministres furent obligés de se séparer du roi vers les 6 heures. L'Assemblée venait do rendre un décret pour mettre le scellé sur leurs papiers. . . Il n'y avait pas un moment à perdre. . .

On avait préparé dans la journée quatre petites chambres qui formaient le logement de l'architecte des Feuillants. On « conduisit la famille royale. Des commissaires de l'Assemblée et un détachement de In garde nationale les accompagnèrent. Toutes ces chambres étaient eonligués : dans la première, qui servait d'antichambre, dormirent ou plutôt veillèrent cinq gentilshommes qui ne voulurent jamais abandonner le roi : MM. de Briges, prince de Poix, duc de Choiseul.de Goguelat, Aubier.

La famille royale se divisa de la manière suivante : le roi coucha dans la secoude chambre, à demi habillé. . ., la reine reposa dans la troisième chambre, ses enfants à côté d'elle. MMÉlisabcth, M"* de Lamballe et M™ de Tourtcl occupèrent la dernière chambre. . . Le lendemain, à 10 heures, il fallut retourner dans la loge dn Logtgrepte, toujours au milieu de la garde, des insultes de la populace. . . Cet état violent dur* jusqu'au moment où Pétion et Danton vinrent dire qu'ils avaient calmé le peuple et qu'ils répondaient des S;ii*scs.

Après une journée aussi horrible que la précédente, le roi rentra aux Feuillants, accablé de fatigue, le samedi soir. Il espérait enfin y goûter quelque repos. . . Tout à coup la garde nationale qui était à ce poste fut relevée; ceux qui la remplacèrent furent des hommes inquiets.

' Consulter, sur la parti ri potion des Sniwes i la journée du i o août . le» nombreux et iiitta-Mianl» document» inventoriés par M. Tirvm. (Op. ril.. t. IV. n" «loo-45»i.i

Up.n(.,V. i83 et sniv.

' D'après ta version du .VnMfrwr, -le roi et » famille «mt rculAi dans cette tribune jusqu'au lendemain à « lieuir» et demie du matin, époque de la suspension de la séance-. ( Compte rendn de la seanre du 10 aoi'il.)

jaloux et méchants. . . M. Grangeneuve, député de Bordeaux, fui la cause de ce mouvement. 11 était membre du Comité de surveillance. Le local de ce Comité était à côté de l'appartement du roi; on crut apercevoir que le roi causait avec bonté avec le» même» personnes qui an l'avaient pas quitté. On voulut lui nier cette faible et dernière consolation. On tient annoncer à l'Assemblée un projet d'enlèvement de la famille royale. . . Il fut donc décrété que la garde dit roi serait changée. . ■

Le roi et la famille royale passèrent encore la journée du dimanche cl la matinée du lundi dans la loge du Logagrapht. . . Cependant, le lundi i3, i 3 heures, sur la proposition de Manuel, procureur de In ronimune, proposition convertie en décret, la famille royale partit en deux voitures pour se rendre au Temple; la route dura deux heures. Pétion et Manuel étaient avec le roi ...

Nous n'avons pas cru devoir iiiterroiiiprt- le récit de J. Peltier pour lui laisser plus d'unité, mais des détails sont à retenir d'autres comptes rendus. C'est ainsi que le Moniteur nous rapporte sur l'arrivée des Suisses à l'Assemblée le signilicatif incident qui suit :

Sntnce du samrdi tt août, à j heure* du inalin. . .

lu citoyen introduit à la barre. Monsieur le président. \ous savez que, par ordre même de l'As- • semblée, des Suisses ont été recueillis hier matiu dans le bâtiment des Feuillants où sont placés une partie de vos comités. Ils y sont restés jusqu'à ce matin. Le peuple, instruit de celle retraite, et les croyant coupables, craint qu'ils échappent à la vengeance des lois; il demande même leurs télés. Moi qui ai été témoin de la conduite de ces soldats, je puis Attester qu'ils sont très innocente et qu'ils sont dignes de la sollicitude de l'Assemblée. Hier, avant que le feu commençât, pénétrant les projets perGdes de la Cour, ils se séparèrent du gros de la troupe et se formèrent en pelotons vis-a-vis la terrasse des Feuillants. Il ne tenait qu'à eut de fusiller trois mille hommes, femmes et enfants qui s'y trouvaient; niais ils tirèrent en l'air, en criant : l in» ta Nation! Tous les membres de l'Assemblée pourront attester ce que je dis, car ils ont sans doute entendu la décharge. Pour sauver ces braves gens, j'ai imaginé un moyen dont j'augure le plus grand auwès. Je vous prie, Monsieur le président, d'inviter les tribunes qui viennent d'entendre ces faits et l'attestation qu'en donnent les membres de l'Assemblée, d'inviter, dis-je. ces braves sans-culottes, dont je me fais honneur de faire partie, de venir avec moi parler au peuple; il aura confiance en eux; nous lui ferons entendre le langage de la raison, bien plus puissant que celui des baïonnettes. Oui, mes amis, suivez-moi, nous allons faire une bonne action! (Il s'élève des applaudissements unanimes dans l'Assemblée et dans les tribunes. La plus vivo éniotiou est pointe sur tous les visages.)

L'Assemblée autorise, par décret, In mission du pétitionnaire et lui en fait délivrer une expédition en ordonnant que son nom sera honorablement mentionné au procès -verbal. Klle charge en même temps MM. Mailbe et Chabot de se rendre au lieu du rassemblement. Quelques instants après, re citoyen revient à la barre, à la tête des Suisses qu'il a délivrés des mains de la multitude cl sous l'escorte deB citoyens des tribunes. Ces soldats témoignent à leurs libérateurs, par les démonstrations les plus attendrissantes, la reconnaissance qu'ils éprouvent. Ils lèvent aussitôt les mains vers le ciel, pour se lier, par un serment solennel, a la cause du ]>euple. L'Assemblée les fjiit placer dans l'intérieur de la salle :I .

Vtmilnr, réinipr., t. Mil, p. .'IHH.

LA SALLE DU MANÈGE

A la suite do diverses propositions concernant les Suisses, projet d'établissement d'une cour martiale pour les juger, projet de transfert à l'Abbaye, etc., un officier municipal fit remarquer que les Suisses ne pouvaient être transférés à l'abbaye <r parce que leurs officiers y sont renfermés * ; il propose le Palais-Bourbon. La proposition est décrétée : - Aussitôt les Suisses, placés sur les bancs des députés, se lèvent. M. le maire, les officier» municipaux et un grand nombre de gardes nationaux se joignent à eux et sortent ensemble de la salle.* D'après le compte qui en fut rendu quelques instants après par un témoin, e aucune insulte ne leur a été faite, aucun propos menaçant n'a été tenu, et nous n'avons entendu autour de nous que les cris de : Vive la Nation! Vipe la liberté!-.

La fixation de la demeure où le roi et sa famille devaient être retenus prisonniers ne fut pas aussi rapidement faite que l'indique J. Peltier. Plusieurs résolutions furent prises et abandonnées. 11 fut même question à la commune de Paris de l'abbaye Saint-Antoine <■).

Aux termes d'un décret voté le 10 août (art. 8), le roi et sa famille devaient (•demeurer duns l'enceinte du corps législatif jusqu'à ce que le calme soit rétabli dans Paris*. L'article 9 portait : <-Lc Département donnera des ordres pour leur faire préparer dans le jour un logement au Luxembourg, où ils seront mis sous la garde des citoyens et de la loi-. Le même jour, une députation vint annoncer rque le Luxembourg ayant été désigné pour la demeure du roi, les souterrains qui se trouvent sous ce Intiment inspirent des inquiétudes aux citoyens*. Le 1 1 août, on poursuivait cependant cet arrangement, puisque Roedeicr écrit le jour même à l'Assemblée trpour être autorisé à faire lever le scellé npposé au Luxembourg sur les effets de Monsieur, frère du roi, et faire préparer pour le roi et sa famille le logement que l'Assemblée a décrété bien». Enfin, dans la même séance du 1 t août, un officier municipal se présenta a la barre et dit :

Le Conseil gi'nvral de la commune de Paris s'eut occupe" des mesures à preodre ponr la sûreté des personne» du roi et de sa famille; il a cru que le bâtiment du Luxembourg n'était pas un lieu «Or, qu'il y avait plusieurs issues dérobées, que les murs qui environnent le jardin étaient trop bas et qu'il serait difficile aux citoyens auxquels serait confiée la garde du roi et de ut famille de répondre de leur sûreté; le Conseil général a cru que la maison du Temple serait beaucoup plus commode et plus facile à garder et que le roi y serait beaucoup plus en sûreté que partout ailleurs.

Sur la demande de Brissot, la proposition fut renvoyée à la Commission extraordinaire.

1 -l.es citoyens charge* de vixil-r le l.uxcm- Itonrg témoignent des n-ainles sur l'habitation du mi ; dans ce palni* , le» soilterraius qui n'y tmuvcnl jiflraivwnt offrir des moyens déïjsinn. I.' \s*»<iiibln>

■ist. »t> tDiriru 1.

invite le Corps législatif à vouloir Lieu choisir l'abbaye Saint- Antoine,* Séance de la otimnime de Paris du 1 o août. ( Proeèi-rcrlnl publié par M. Maurice Toi mer», p. 7.)

Si

CUVPITHK III.

Le 12 août, Quinette présenta, au nom de la Commission extraordinaire, un projet de décret en huit articles, portant en particulier :

V«t. 1". L'hôtel du Ministre de la justice l'I est réservi! pour rhnbilalion du roi et de *a famille.

A«t. il. Il sera accordé au roi, pour In dépense de sa maison, une somme de Soo.oon li»re» jusqu'au jour de la réunion de la Convention nationale, etc.

Le décret fut adopté.

Dans la même séance. Manuel, portant la parole au nom des officiers municipaux, demande que le Temple e serve de demeure au mi et a sa famille -\ Il fil remarquer que l'hôtel du Ministre de la justice était r environné d'uu grand nombre de maisons par lesquelles il est très facile de s'échapper, au lieu que le Temple esl isolé et environné de hantes muraille», et ce local est le seul dans lequel la municipalité puisse répondre de la personne du roir. L'Assemblée rapporte aussitôt le décret qu'elle vient de rendre -et laisse à la commune de l'aris le soin de fixer la demeure du roi et lui en confie la (farde - -.

Il nous faut maintenant revenir à la version de J. Peltier et en préciser comme en développer quelques détails.

Ln point important pour la fixation des locaux occupés aux Feuillants par Louis XVI et sa famille se relève dans l'incident relatif au député Grangeneuve. r membre du Comité de surveillance-, "Le local de ce comité, ajoute le narrateur, était à coté de l'appartement du mi. - Dans la pièce intitulée [.oral de TAttemblée nationale que nous avons reproduite ci-dessus (p. 208), on voit que le Comité de surveillance se trouvait, avec quatre autres comités, dans la maison des Feuillants, irau premier étage, par le grand escalier, dans les deux dortoirs-. Ces deux dortoirs furent vraisemblablement, entre novembre 1791 et août 1792. divisés en locaux séparés et distincts pour les comités. Au début de la séance du dimanche 12 août, le député Grangeneuve dit : n L'Assemblée nationale a voulu que le roi et sa famille fussent logés dans son enceinte et que sa garde fût composée de a 5 hommes; cependant, dans le corridor, vis-à-vis la porte du Comité de surveillance, nous venons de trouver plus de 5o hommes en habit de garde national, qui encombrent le corridor. Il demande en vertu de quel ordre ces personnes se trouvent là,- etc.

Un autre membre * observe que, dans le corridor où se trouve le roi, il y a une

Il s'njfil de I hAld do in place Vendôme occupé depuis plus u"un siècle par If Ministère de la justice, dan* le jardin duquel on remarque encore, parait-il, l'ari>re sous lequel Danton v> plaisait à

' Version du Monilrur. l'oiir l'ensemMe de» documents imprime* concernant -la captivité du roi et de la famille royale au Temple • . voir la ItibHografkie de t iiàloirr Jt P>trù, de M. Totale \. t. I, 11- .'!.'> i 7-35;i».

LA SALLE DU MA.NECK. 24:i

gafde prétendue nationale, composée d'une cinquantaine de jtci sonnes très suspectes. - etc.

A cette installation du loi aux Kcuillants se rattache aussi, de toute évidence, la demande faite par Pétion, maire «le Paris, à l'Assemblée, le 1 1 août, ? d'exercer sa surveillance plus particulièrement autour de l'Assemblée-. Faisant droit à cette demande, l'Assemblée r.lni accorde, pour rétidenre, la xalle du Comité de *«*•veillante *.

En l'absence de plans détaillés des anciens locaux du couvent des Feuillants, on peut, à l'aide des renseignements qui précèdent, se rendre compte, aussi exactement que possible, des locaux occupés par Louis XVI et les siens du i o an i3 août i 7»)*!.

Des obscurités du même genre pèsent, et vraisemblablement pèseront longtemps encore, sur remplacement exact de la loge dite du Lmgographe, dans laquelle Louis XVI et sa famille passèrent de si longues heures. Sans les bouleversements qui furent décidés le >in décembre 1791. on eût pu, à l'aide des plans que nous reproduisons fixer très sensiblement cet emplacement; mais les modifications dans la salle, décidées a cette date, curent pour effet, comme nous l'avons vu, non seulement de transporter dans la partie nord de la salle les diverses installations qui étaient à l'origine au côté sud, niais encore de ne pas laisser, par exemple, entre le président et la tribune de l'orateur les rapports qui existaient auparavant. Dans le décret du 27 décembre 1791 on remarque, en effet, la nécessité de rrhi translation du président, et des secrétaires du coté du Nord et réciproquement celle de la tribune des orateurs du côté opposé rt Aux termes de l'article 7 du même décret, <rlu loge du Logographe sera conservée à la proximité du président t. Mais le Journal de Pari* précise ces modifications : « La salle va changer de forme. Entre les principales innovations qui s'effectueront, on remarque celles qui placeront la tribune à C extrémité du etité gauche, le bureau du président au milieu du côté droit à peu pré», de telle manière que la salle de l'Assemblée sera raccourcie et que le président et l'orateur, au lieu d'être places vu-à-cis Cun de [autre dan* la largeur et au tnilien, seront dans la même position respectivement, tnai» aux deiuc bout» de la mile diminuée dan» ta longueur. Puisse ce rapprochement . . . ne laisser régner bientôt qu'une seule opinion * -, etc. Celle idée -de faire régner une seule opinion* ayant été la conductrice de tout

' Les bruit* d'enlèvement du roi étaient alor* M. Santerre est chargé il* prendre itos mettiros

1res répondu». t)n lit au prnrè*vertMl de In cnm- pour eriiperhvr cet enlé\emeut. ■ iToimin, op.

mime de Pari» du 1 1 août : -On annonce que de cit., p. îs.)

fausses patrouilles sont aux environs «les Feuillants. :,) Voir. p. iCi-ii>3. les plans hor« texte de

que MM. de Pou et de iWbonne «nul auprès du l'aixhitwte Paris.

roi. que les gardes nationale* il |»ompoM Ida ne» ' Voir cwkwms , p. «i;. article ô du décret.

«mt dans l'intention de l'enlever pemlant la nnit. ' Voir ri-ilessus, p. si'K.

le bouleversement exécuté dans la salle, on conçoit, en effet, que si l'on avait simplement reporté au Nord (c'est-à-dire du coté de ia rue Sainl-Honoré) les installations qui étaient du coté du jardin des Tuileries, le classement des prlis danla salle n'aurait eu qu'à suivra la modification elle-même pour demeurer relativement dans le même état. Que devint, dans ce changement, la loge du Logographt? Les insuffisant.* détails que nous avons ne nous permettent pas de le déterminer.

D'autres sujets d'obscurités nous viennent îles confusions qui ont été faites entre le Logogmpke et une entreprise rivale. M. Maurice Tourneux a, dans su savante Jiibtiographip, consacré une longue et intéressante notice a l'histoire du Lagagraphe 1 ; nous ne pouvons la donner en entier, nous l'utiliserons du moins très largement en vue d'éclaircir un peu le problème qui nous occupe.

Le Logograplif , dont le premier numéro porte la date du ay avril 1791, avait été fondé par un journaliste aussi habile qu'entreprenant, dont nous avons déjà eu l'occasion de parler : l«e Hodey de Saultchevreuil. C'était la continuation ou la variante des deux autres journaux fondés par lui : le Journal de» Etal* généraux et le Journal logographique de /' Assemblée nationale *. Sous sa forme dernière et délinitive, le Logagraphe •'>'> est divisé par M. Tourneux en trois sénés distinctes : la première série (ay avril-i^ octobre «791) comprend 1 58 numéros; la seconde (<* octobre-3 1 décembre 1791) comprend 91 numéros. Elles sont surtout distinguées par des différences dans la rédaction et dans la forme du journal. La troisième série (tr 92-0* 1 7, i° janvier-i 7 août i 79a ), qui nous intéresse le plus, est ainsi décrite par M. Tourneux :

I/O litre est suivi de ce sous-titre reproduit en létc de chaque nu merci : irChw. Baudouin, imprimeur de l' Assemblée nationale, rnn Sainl-llouoré, n" 4î6 W, rhei lequel doivent être adressées les lettres relatives aux abonnements et k l'insertion des avis*. L'un noie placée à la fin de chaque numéro, jusque et y compris le numéro 109 (11 janvier 179» I, commence ninsi : »Les discussions de l'Assemblée nationale sont littéralement consignées dans ce journal, rédigé par M. Le Hodcy d'après les procédés des membres de la Société logographique". Celle note est remplacée, à partir du numéro 10Ô, par celle-ci : -l.es séances continuent d'être ré-

■ (tp.cit., t. II, n' io663.

■'• Voir sur cr» deut journaui, >ur leur fusion et leur histoire, les intéressante* notice» que M. Touasiril leur a consacrée» (op. cit.. L II, n" 10-in et 10606 t.

Le t.ognjtrufkt, journal mlioHtil (rj avril '79'-'" aoul '"jT)3)- 'mP' Hodey, I pui*) Inip. nationale, 3 vol. iu-fol. l'Bibl. uat., \* a/tAo).

L'imprimerie de Baudouin était établie, comme nous l'avons dit, dans le couvent des Capucin* qui portail alors, dans la nie Saint-Hunoré , le n' 4a<i. Ou trouverait d~ détail* sur l'installa-

tion de celte imprimerie dans les pietés relative* ,î line grève des imprimeurs qui eut lien le a \ novembre 1791. "-Les commissaires inspecteurs se transportent dan* la dite imprimerie établie dans la ci-devant maison des Capucins et. étant entre* dans quatre pièces au rei-de-cluussée où il y a V7 presses. . ., ils remarquent qu'iHIe* «ont abandonnées», clc. lies compositeurs, qni étaient an premier étap\ déclarent que les imprimeurs se sont mis en «insurrection» pane que llandonin a renvoyé ô ouvrières, etc. (Archives nationale». C, '77-)

LA SALLE DU MANÈGE

digées d'après le, travail de la Société logographique et le nom de Le Hodey disparaît du reste de l'annonce.

M. Touiïieux nous donne ensuite de curieux détails sur les derniers numéros du Logographe, puis, après avoir reproduit un passage de Bcaulieu '- concernant l'origine du Logographe, il en arrive aux rapports de Le Hodey avec une <r association qui prenait le litre de Société logographique. Par traité passé devant notaire, le lu septembre 1791, cette société s'engageait à lui fournir la copie fidèle de tous les discours, projets, décrets, lettres, pétitions et mémoires lus ou proposés aux séances de la première législature, à dater de son ouverture jusqu'au 1" mai 1793, moyennant un traitement mensuel de a,65o francs que Le Hodey devait lui payer même pendant la durée des vacances parlementaires ■*' 1.

De ces arrangements sortit le logographe, qui, comme tous les journaux semblables, sollicita et obtint une loge particulière à l'Assemblée '1'.

La Société logographique, écrit ensuite M. Tour lieux, eut à lutter contre un rival entreprenant et redoutable dans In persoune dcE.-C. Guiraut :t| de Bordeaux, inventeur d'un autre procède' dénommé «logolachigraphc* (je respecte l'orthographe du temps) et d'un instrument ap|Hslé par lui *|ogoscope«':i1. L'examen de cette méthode, découverte, paratt-il, dès le h juin 1789, fut présenté" par ton auteur d'abord à Bailly, puis au Comité de règlement de l'Assemblée, qui ajourna toute décision en raison de la gravité des événements (90 juillet 1789). Un sieur Houssel, que Guiraut avait mis, parait-il, dans la conlidenre, faillit obtenir, sur la recommandation de Coiidoreel, une tribune au détriment de Guiraut. . . Roussel abandonna la partie, mais la tribune qu'il réclamait échut au Logographe ( 1 & novembre 1790). Guiraut ne se rebuta pas : armé d'un brevet qu'il prit dès que la loi spéciale eut été votée (7 janvier 1791), il adressa a la Société logographique et à Baudouin, devenu son imprimeur, une mise en demeure dont il ne fut pas tenu compte. Guiraut s'appuyant, non sans quelque apparence de raison, sur ce que le journal ainsi publié était rèdigi d'après des notes prises durant tes séances et ne constituait pas un véritable irlogographen, saisit l'Assemblée d'une nouvelle réclamation. La pétition renvoyé* au Comité d'instruction publique. . . la tribune que réclamait Guiraut lui fut accordée

' Extrait des Eani* kUtoriqutt tur la Rètolulion de Fronce, t. Il, p. 3 y.

' L'original de ce traité est conservé aux Archives nationales . «ou» la cote A A , 4o. — Une note tinale jointe à ce traité indique que, à b date du ii mars 1702, "transfert a été fait par le sieur Le Hodey au profit du sieur Baudouin, imprimeur de l'Assemblée nationale, de l'entreprise du Journal laffOffTapkisHc*;eik » impose au sieur Beaudouin. «roi s'y soumet, l'obligation expresse de faire parler tous les orateurs nominativement et dans leurs propre» termes».

Voir ce que nous avons dit ci-dessus de l'installation de ce* logea < p. iSI). \* dosxier très considérable relatif a ses demandes a été analysé dans

le Itépertoirt île M. Tct tbv (t. II, il" s87ç)-a864).

Une lettre relative au journal le LogoUehigraphe, datée du 7 mai 1 7q3 . est signée : F.-P. GniraiÊt, M. TWir indique d'autre part : «Guiraut ( François-Elie) , citoyen de Bordeaux . inventeur du tableau scrutateur' \op. cil., 1. 1. u" «7C3, î^Sti et table). Voir aussi, même ouvrage, la Table du Iodk* V.

1 -I-e sieur Guiraut est admis à la barre. Il fait hommage à I Assemblée de son logoscope, 011 dernière machine propre à régler l'ardre de la parole. On décrète qu'il sera fait mention de son offre au procès-verbal , et l'examen <le son iogoscnpe est renvoyé au Comité d'inslmctiou publique « . ( lVorèsverlial de la législative , du a; mais 1731.)

hii principe. Toutefois ce vote, ratine dans la séance du soir du ao, mai i - 1 j a , n'eut pu» de résultat effectif, car (itàraut h entreprit la publication de son ljogotachigrapkr que Ir a jancitr i mai» de celte rivalité prolongée et de ce» deu» termes scientifiques et presque semblables désignant deux entreprises concurrentes naquit une confusion dont le dernier numéro du IjNjagraphr nous offre précisément le plus singulier exemple : Ou «ail que, le 10 août i 79-1 . la famille royale vint se placer sous la protection de l'Assemblée législative. Or, s'il fallait en croire le Ixtgt'jfraj/he lui-même, ce n'est point dans mi loge, mais dans celle de son concurrent que tinmond et Duhem proposèrent l'un et l'autre de conduire le souverain dépossédé, et c'est dans celle loge qu'il se sérail rendu. Tous les autres témoignages contemporain» permettent de tenir pour erronée une allégation due sans doute au trouble où les événements et leurs rouséquenre» avaient légitimement jeté rédacteurs et imprimeurs.

M. Toiirneux nous raconte ensuite les incidents qui marquèrent la suppression «lu Logugraphe'r, mais on n'en peut tirer tiucune lumière sur le point qui nous occupe. Sans doute, on ne pourra de longtemps Aire définitivement fixé (si on l'est jamais) aussi bien sur l'emplacement exact de lu lofje occupée par le roi, que sur

Vniri les parties essentielles He celle notice : "A peùie. en effet, le; portes du Temple venaientelles de se refermer sur les bote* fmvés du Im)[ograpir, que celui-ci se vit l'objet cl'iinr double dénonciation : dans la nuit du dimanche 1 « au lundi 1 ,1 île Ir séance permanente, Lejosuc. député du Nord, réclama la fermeture des tribunes du Ijagograpkt et du Journal An Débat», parce que, dit— il , «ces journalistes tronquent les laits, dénaturent no» séances et distillent avec l'art le plus |MT<ide le poison de rincivisiifte». Uaudouin. admis à la barre, chercha vainement à séparer sa propre cause et celle de ses collaborateurs île celle de leurs bailleurs de fonds . . ; la fermeture fut décrétée et les fuîmes du dernier numéro demeuré sous presse furent brisées. . . le 6 novembre 1 79s , le rapport rédigé par Yalaié sur les papiers trouvés dans l'armoire de 1er établit qu'en trois mois le Logagrapk* avait reçu 34 ,56o fr. Depuis longtein|K déjà. Le llodcy, d'abord cessionnaire de l'entreprise à llaudooin , remercié d'abord comme rédacteur des séances et linalemeut évincé , n'appartenait plus au lAgograpkt, mais l'opinion publique continuait ii lui eu attribuer une |uirl dont il ne se souciait nullement d'encourir la rcs-

Ullée : Êtume Le Hodeu a ses ccncitounu (s. I. n. d., in-Ji', 4 p.)»...

Il importe, a titre complémentaire, de voir la notice jointe au Journal Ht l'Attembtie nationale ou Journal logograpkufue de \* llodey (op. cit., 1. Il . n' 1070H), qui contient une réini|iression partielle

du Lagogrofae. I.'incidfiil suivant, qui se rattache au même temps, ne peut être passé son* silence. Dans la séance du 1" octobre 17111 , une dépulatiou •lu Comité de surveillance de la commune de l'aris fit à la Convention diverses ilénoiicialions pour 'démasquer les traître»- . et en particulier celle-ci : "Voici différents reçus pour le compte du roi «les sommes de s 1 .000 livres données à Uaiiilouio pour le Ijtgograpke I* jour même, l'iiuprinieur de la Convention se présenta à la Imutc ri fit la déclaration suivante : - Vous ave/ entendu lin magistrats de la conuniuie de l'aris vous dénoncer un homme investi, depuis trois ans, de la confiance île-, représeutauls de la nation. . . On m'accuse d'avoir reçu une somme des soélérats qui tenaient à la liste civile , que je n'ai jamais connus et dont je n'ai jamais su la demeure; je dénonce formellement ce fait, t'.ilojeiis. j'ai fait preuve de mon patriotisme , el l'homme qui. la nuil du 9 au 10 août, a lait un rempart de son corps el a détourné l'effet du ennou dirigé contre le peuple . ne peut s'être laissé corrompre par de vils intrigants ... Je demande que la Commission extraordinaire soit nommément chargée d'euminer ma conduite*. Tallieu dit : «Il ne s'agit point île savoir quelle conduite a tenue le ciloven Baudoin comme ciloven, mais comme imprimeur du Ijogogrupae*. Après une "dénégation formelles de llaiulooin «d'avoir jamais rien recueil aucun temps de la liste civile-, l'affaire fut renvoyée, la Commission extraordinaire. (Version du

LA SALLB DU MANEGE

si qualification exacte; il convient du moins, puisque nous sommes complètement ici dans notre sujet, d'exposer les doutes que suggèrent ces contradictions singulières et de dire aussi les motifs des réserves qu'il y a lieu de faire sur l'attribution qui parait décisive de la loge du Logographe.

Voici d'abord, pour fixer le débat, comment le rédacteur anonyme du Logofp-apht raconte l'incident. Rendant compte, dans un numéro paru le 17 août, de la séance qui commence le 9 août, a 1 \ heures du soir, il nous apprend que lorsque, dans la matinée du 10. on eut annoncé «que le roi et la famille royale vont se présenter à la barre-, le député Broussonnel dit : *Je demande que le roi se place dans la tribune qui a été detlinée pour le Ijogolachigraplie, afin que l'Assemblée puisse délibérer-.

Puis, après le récit de quelques incidents, on lit ' • :

A neuf heures et demie, le roi entre. Un grenadier de la garde nationale porte le prince royal dan» se» bras et le dépose sur le bureau de MM. les secrétaires. La reine, Madame et Madame Kliiabetli se placent dans le banc de» ministres.

Suivent les discours échangés entre le roi et le président, puis :

M. Lisorac*. Je dis à l'Assemblée que la présence du roi paralyserait toutes ses opération». . . \je roi n'est pas moins sous l'égide des représentant* du peuple, qu'il soit à l'extrémité de In salle ou qu'il soit près du président. Ainsi il importe et au rui et à tous et au salut du peuple français que le roi se retire à une des extrémités de la salle.

M. le Peéside.xt. Le roi propose de se retirer dans une des extrémités de la salle.

M. Cissot. Si le roi et sa famille veulent se retirer, ils en sont toujours le» maîtres. Eu conséquence je demande que si le roi, qui sera fidèle à la Constitution, veut laisser le Corps législatif délibérer, il choisisse un local où il puisse se retirer avec sa famille, et je mis, en connaissant les localités, pouvoir lui indiquer une loge où il ne sera pas présent, parce qu'il y a des rideaux (murmures). J'indique la loge qui me parait plus convenable.

M. QusrrTE. Le roi est le chef du pouvoir exécutif, mais il est encore citoyen, et je crois que, comme tous les citoyens, il peut se tenir 4 la barre (murmures), et nous délibérerons avec autant de liberté.

' Les extraits qui suivent sont lires du numéro 3i6, daté -du vendredi 17 août 1791, V aimée de la liberté». Lo numéro 3ii. daté du 1 a août , rend compte des séances du 8 auùt et de partie de celle du y août; te numéro .Itâ. daté du 1 j août, contient le récit île la lin de la séance du y noût. Il ne porut aurun numéro entre le t a et le 17. Le numéro 3 16 commence le récit de la séance |>erniaitcnte. Voici ce que M. Tocaxir.x écrit à ce sujet : -Du numéro 317. renfermant la séance du 9-10 ooùt et daté du 18, on ne ennnah que <ieii\ exemplaires ihi plutôt deux épreuves. L'une fait partie de l'exemplaire du Lagograpk* apparte-

nant à la bibliothèque des Archives nationales. L'autre, recueillie par Cromelm, proie de l'imprimerie Bauilouin , au moment où arriva l'ordre de détruire les forme* île ce dernier numéro, était reliée dans l'exemplaire du lAgograpkr appartenant au fameux bibliomaue A.-M.-H. Boulanl. et M. Hatin n'en avait pu retrouver la trace; mai* cet exemplaire reparut à la vente .Nadaillac (i883), où il rot adjugé 450 francs. Des copies scrupuleusement exactes de ce numéro figurent dans l'exemplaire de la BiWiolheqoe nationale provenant de la Bedoyére*. etc. ( Bihliogrnpkie rfc ftetoir» Je Paria . I. Il, p. fit 4.)

M. Giaoso. J'observe qu'il peut venir des pétitionnaires. Il vaudrait mieux le mettre dans la loge du Logttachigrtipke.

M. Diat». Yen* avei une tribune; il est beaucoup plus décent de meltre le roi dans la tribune du LageUickigraphe que de le mettre à la place «les ministre*, car, même à l'instant où je tous parle, vous aurex certainement besoin d'interroger les ministres, de leur donner des ordres, et où le* plarcrei-vous? Je n'en sais rien. Ainsi, Messieurs, la Constitution à la main, je vous prouve que c'est dans la loge du Logotathigrapke , qui est W» de la tatle, que vous devex faire placer le roi.

Le roi et sa famille se rendent dans la loge destinée au bogetachigraphe.

Ainsi c'est à cinq reprises différentes que I.- Lngographc indique la loge «le son rival Guiraut connue ayant clé occupée par le roi, au moins le i o août. Mais le Logographc, remarquons-le, n'est pas seul à donner cette indication : * Après quelques déliais, lit-on au Moniteur (séante du 10 août), l'Assemblée, pour ne point interrompre ses délibérations, les invite à se placer dans la loge du Logotachigraphe-. Même indication encore au Journal de* Déliais :

M. Du hem a pensé. . . que le roi n'en était pas inoins présent à l'Assemblée, qu'ainsi elle ne pouvait pas délibérer. Il a jugé qu'il était plus décent de placer le roi dans la loge du Ijagotaehigraphe que de le laisser sur les siège des ministres. . . Le roi a quitté le banc des ministres et est allé, avec sa famille et accompagné des ministre* , prendre place dans la loge du Logotachigraphe11.

Nous n'utilisons ici que les comptes rendus publiés sur l'heure; cet accord dans l'inexactitude est au moins singulier. A la séance du 1 8 août, ou lut - une pétition des ci-devant rédacteurs du \jogographe dont on a dénoncé la rédaction. . . ils présentent le plan d'un nouveau journal et demandent la tribune placée à droite de M. le Président, ... ils sont provisoirement autorisés à prendre des note.* dans l'emplacement qu'ils occupaient li] r>. D'après le récit du Logograplu \ la loge où le roi s'est retiré devait cire *aux extrémités de la salle n et non à droite du président; il y a donc là une obscuçité nouvelle.

F.-E. Guiraut, qui avait tenté à deux reprises de publier le Journal logotachigraphique de la Société des amis de la Constitution 5l, ne parvint à faire paraître le Logotackigraphe que le a janvier ijgS '* -, ce ne peut donc être du journal dont il

<" Jmtrnddtt Débet», n" 3ai, p. i5i.

Voir une note signée David, A. Jourdan, Deeccnr, datée »i8 août, séance du soir", couservéo aux Ardiives nationales , AA , 4o.

Cf. Toorvcci, op. cil., a" o,oa4 et ioti48. *' Cf. Toiumdx. op. cit., t. H, n"* 1.0860 et et io86t : Le Logotaehigrapht , journal de la Contrition nationale de France, par le citoyen F. F.. Guii-iiiil et d'après se» procédé» janvier-io mai

1793). Impr. du Ltffobrchigrapkc. îao, numéro* in-4- (Bibl. nat.. Lr'/""»)- Guiraut cessa ta publication de son journal lorsque la Convention x'instalU aux Tuileries. On lit dans le 11" i»f» : «La Convention vient de transférer ses séances dans lu nouvelle salir des Tuileries. On avait lieu «l'attendre qu'on y serait à son aise et que les jour ■«listes surtout y trouveraient des facilité* propres à servir la chose publique, mais on s'est trompé.

H SvLLK DU MANÈGK.

peut être question dans les journaux cités, mois le Logolachiffraphe c'est Guiraut luimême; il avait obtenu une tribune spéciale, comme nous le prouvent les procèsverbaux de la l/'fjislalive : « Du dimanche 99 janvier 1 79a. M. Guiraut se présente comme auteur de l'art logographique. 11 demande qu'où lui en facilite l'exercice dans le lieu des séance* de l'Assemblée en lui accordant une tribune. L'Assemblée renvoie le mémoire au Comité d'instruction publique1'1'; elle accorde une tribune au sieur Guiraut et charge les inspecteurs de la salle d'en fixer remplacement A la séance du 27 mars 1799 , 1 un membre demande «jue l'examen du mode d'appel nominal présenté par M. Guiraut à l'Assemblée constituante soit aussi renvoyé au Comité de l'instruction publique et qu'on accorde définitivement au sieur Guiraut la loge qu'on lui avait destinée pour exercer son art logotarkigrapliù/ue. Ces deux propositions sont adoptées ;a) *. Le Journal de Pari* , rendant compte de la séance du 27 mars 1799, dit, à propos de Guiraut et de son logoteope : «Bientôt on mettraà sa disposition une tribune qui lui a été accordée-. Nous ne connaissons que très imparfaitement les machines inventées par Guiraut; peut-être lui fallut-il des dispositions toutes spéciales. Ou ne peut pas, du fait que le IsOgotuchigraphe ne parut que cinq mois plus lard, déduire que Guiraut n'avait pas une loge «qui lui était destinées dans la salle ou hors de la salle, comme l'indique Duhem, mais à portée de voir et d'entendre; il pouvait recueillir les comptes rendus pour des entreprises (livres ou journaux) que nous ne connaissons pas. Autre hypothèse eniin : les commissaires de la salle ont. pour se conformer aux décisions de l'Assemblée, fait installer la tribune promise ii Guiraut, mais, pour des motifs inconnus, elle n'est pas, ou 10 août, utilisée; elle est libre'4). Rroussonet parle «d'une tribune

L'imenlion lojpjlacliq;rapbiquc fut accueillie avec le pin* ([raiid intérêt par l'Assemblée législative; i-llo rendit un rlirn'l. <■( «ne tribune fut construit)' exprès pour j exercer mon procédé. J'avais lieu d'e*pérer que les avance* énormes d'uni1 pareille entreprise et. plus encore, l'intérêt que présent* le journal que j'ai commencé, lixcnwiil l'attention îles commissaires île la salle, à qui j'ai demandé infructueusement une |>iace propre à mon travail. Ressent comme tous les journalistes dan* des pince* ridicule» qui lions ont été assiguées et qui leur liarreut toute communication avec l'Assemblée. . . trop sensible pour éprouver toujours «les reproches d'inexactitude qui uniment à la disposition du local, je suspend* le Logolaciigmpi< jusqu'à ce que la Convention nationale ait senti la nécessité indispensable d'un pareil établissement», etc. IJnelofre avait cependant été construite pour Guiraut aux Tuile™-» : dans une lettre de la Sociité in «mis de la liUrit dalée du t '1 août 1 7ç,:l .

uni. ik< ir.in.:t,. - i.

il est question de -rla lojp" qui avait été occupéje précédemment par le eitoveii Guiraut, rédacteur du LcgviaeJùgrapkf (Areb. ual., AA, ho). Guiraut recevait , d'autre part . des subventions du Gouverna meut; à lu dalc du a mai 170 3. il léctame -une somme de 1 l.ono livres promise par le Conseil pour son journal lr LogntnchiirrnjAc-. (Areb. nat . AFll, 10; pièce citée par M. Aii.irii. Comité de ttilat puilir , t. I, p. uvvi. j I«i «us|ieiisio(i de son journal »e lie peut-être ii lu sus|»ension même de celle subvention.

"■' Voir l'analyse d'un rapport de Homme sur bi demande de Guiraut, a3 mars 1711*1 ( Proets-va'baits dit (lomilt d'instruction jwUiijue , publiés par M. GiiLuritr, p. 1 50).

• Prori^^rlaldcULigUlaUr,-, l. IV, p. 34a,.

1 Procis-rrrbat, t. VI, p. .173.

L) une lellre si|rnée D»rritu.r l'niiir, il résubV que. le 10 novembre i7rr», -lu lntje du f^olaeiigfvtme est vacanie-. ( Arrli. mil., AA. *o.)

iôO CHAPITHE III.

quia ètédettinée nu Lt^iUtehigraphe-; Duliem dit : ttVoua avez une tribune-; mais il y avait bien des tribunes au Manège, il semble donc qu'il ait voulu dire : une tribune libre, disponible.

Tels sont les motifs qui peuvent porter à croire «pie c'est dans la loge detlinét nu Lofiolachigraphe, Guiraut (jue s'est réfugiée la famille royale, motifs asseï forLs pour comporter au moins des réserves.

Il faut, d'autre part, entendre un témoignage dont on ne saurait méconnaître le prix, bien qu'il soit très souvent incomplet et inexact, c'est le procès-verbal de la Législative : nLa loge du I^ograpfie, y lit-on, qui est à la droite du président, communique par une porte a la salle de l'Assemblée; elle est désignée. Le roi y passe avec sa famille «.

Nous avons résumé les pièces du procès; en attendant qu'une preuve décisivr soit fournie, le lecteur estimera sans doute que tonte cette affaire est au moins très obscure et que le plus sage est de s'en tenir à un doute motivé.

L.V LKMSUTIVK APRES LE 10 AOI*T. - I V SéVvNCK PERMANENTE. - LE RAPPORT DE VERliMAtD. - TRASSMISSIOIV DKS l'OLVOIRS DE LA LEGISLATIVE À LA CONVENTION. - INSTAL- LATION PROVISOIRE HE LA CONVENTION Ali VANEfiE.

Après les graves événements dont nous n'avons recherché qne les incidents qui, par quelque lien, se rattachaient aux locaux occupés par l'Assemblée nationale, l'histoire du Manège et de ses alentours sera brève.

Le 10 août n'amena pas seulement la chute de la Monarchie; l'Assemblée législative, entraînée par la violente Révolution, qu'elle n'avait su ni prévoir ni prévenir, appela, comme un coupable qui se fait justice lui-même, une autre assemblée à continuer l'o-uvre commencée le 17 juin 1789, lorsque les Communes s'étaient déclarées Assemblée nationale. Au cours même de la séance du 10 août, l'Assemblée législative. * considérant que les dangers de la patrie sont parvenus u leur comble-, décrète rque le peuple françuis est invité a former une Convention nationale t. Elle se déclare en même temps en permanence jusqu'à la lin de sa session - . N'ayant plus, dès lors, qu'une existence éphémère, l'Assemblée ne

Séance du 10 m Mit 1799, |». X ' Les séance», ilt-* In», il'- sont plu» (trèrt. Kl|p> sont susjiendues, cl lu dernière séance, celle Ju no septembre 170.J, e»l inlihiKfe lia tu la plupart de* comptes rendu» : -Suite de la aéance |>ei ■ manenle dn 10 août*. Le proen-sorlul de la Législative n'est pu* cependant. aeiiiMc-l-il . d'une ripMirruw exactitude sur ce point. Ij» montimi :

Mri/e de lu iMan permanente, lîinire en léle de chaque séance jusqu'à celle du itj septembre, au malin , et celle néanc* est encore indiquée omini* clant nuprujue. Au compte rendu de la senne* du tait, il n'est plu* question de iéruue prrvmMruIr , et la séance est indiquée comme étant /crée. Cour les jnun suiianU, il n'y a plus du mention de urtmre

LA SALLK DU MANKGK.

prend aucune mesure touchant sou organisation matérielle, sauf peut-être lorsque, le uo août, elle décrète que s toutes les tribunes devront être indistinctement ouvertes à tous les citoyens, à l'exception îles deux tribunes du bas qui sont réservées aux suppléants-». Résolue, d'autre part, comme on le verra plus loin, à ne pas laisser lu Convention annoncée siéger dans une salle dont elle avait reconnu non seulement les imperfections pour ses propres travaux, mais surtout la dangereuse organisation aux jours d'émeutes, la Législative ne s'occupa qu'à préparer un local digne de la grande assemblée qui devait lui succéder. Nous avons eu déjà l'occasion de parler des projets qui, à maintes reprises, avaient été soumis aux corps constitués pour la construction d'un plais national, ou conception analogue, digne de la vie parlementaire nouvelle qui s'ouvrait pour la France. Ces projets sont si nombreux et parfois si curieux, que nous ne pouvons en parler qu'incidemment. Tous se séparent de cette salle du Manège, dont nous avions dans ce chapitre è raconter la singulière fortune; ils se lient tous, au contraire, à l'installation définitive de la Convention, dont nous aurons à nous occuper dans le volume qui suivra celui-ci. Ce sont là les raisons qui nous ont porté à grouper dans un chapitre séparé les projets dont se dégagera le plan finalement adopté.

Avant d'en venir à la réunion de la Convention, qui dut rester encore près de huit mois au Manège, il nous faut emprunter à un rapport célèbre, présenté par Verguiaud, le i3 août, les parties qui nous donnent sur la salle abandonnée des détails rétrospectifs pour ainsi dire et que nous ne rencontrerions pas ailleurs. En voici donc les parties essentielles :

J<< n'ai pas besoin, Messieurs, fli' vous rappeler le résultai <!<> votre expérience : je veut dire <|u'il est impossible d'établir l'ordre cl de fixer le silence dans la sbIIb actuelle de vos s ;aiioes et dans toute autre avant une forme aussi vicieuse. Sans doute, il y aurait de la folie, ce sein il méconnaître le cœur humain que de souhaiter dans une assemblée délibérante une tranquillité d'automates. . . Cependant il importe de ne pas augmenter le tumulte inévitable des passions par celui qui peut dériver de la distribution du local où l'on délibère.

l'or exemple, notre salle forme un carré loup; il y a une grande quantité de places d'où l'on ne peut ni voir le président ni en être aperçu. Il arrive de la que si on abandonne le» grands objets d'intérêt public pour se livrera des conversations particulières, le président se trouve dans l'impossibilité de les interrompre par un rappel à l'ordre; que si on veut obtenir

comme «ij> Ww* , tantôt comme Iretr*. Aucune décision n'ayant été prise par l'Assemblée nationale en cette matière, le procès-verbal est certainement erroné |tonr les cinq derniers jour» de la session. — Dans la séance du 17 soûl 179-1, le dépoté Thurint fit observer «que la fatigue d'une séance |>ermanente la rend quelquefois peu nombreuse: il |iro|«*e, poiirque le président «aebeoù s'adrrs-

scr pour mander les députes à leur poste, que chacun d'eux soit tenu de délivrer, dans le j.mr.

demeure. lie président pourra, au besoin, faire expédier l'ordre à .MM. les commissaires de section d'avertir les députés de se rendre à l'Assemblée. Cette proposition est adoptée (Compte rendo du

la parole, il faut ou se déranger el troubler se» voisin» pour aller prendre une pUce d'où on puisse U demander au président, nu lixer son attention par dm cris forcés qui interrompent la discussion el provoquent de nouvelles clameurs.

Il est d'outre» place» d'où l'on m* voit pas et d'où ou entend mal l'orateur qui est à la trihune. Dès lors, l'intérêt diminue, l'attention se lasse; bientôt naissent les murmures el. "> leur faveur, il s'introduit une loquacité d'individu à individu, que le président et l'orateur ne parviennent à étouffer qu'après de pénibles efforts et une grande perte de temps.

En général, quelque plac<» t|u'on occupe dans notre salle, on n'est pas assex sous les yeux du présideul ou sous les regards de l'Assemblée. Il en resuite naturellement que l'on doit s'observer moins, que l'on néglige, si je peux m'exprimer ainsi, le respect que l'on se doit; el il devient extrêmement difficile à une assemblée noinhn use de faire de bonnes lois quand les individus qui la romposent croient |>oiivoir s'affranchir de leur propre dignité et perdent ainsi le sentiment de ce que leurs fonctions ont de sublime.

Vous atex encore remarque*. Messieurs, combien notre salle est ingrate et fatigante pour l'orateur. Elle condamne à un silence funeste pour la chose publique les hommes qui n'ont pa*, dans l'organe de la voix, la même force que dans leur âme, la mémo étendue que dam leur esprit, et donne peut-être trop d'aianlages à ceux qui. avec moi n» de lumières, ont une voix plut sonore et une constitution physique plus prononcée.

J'ajouterai trois observations dont la vérité est incontestable :

U première, c'est que les corridors qui entourent la salle étant commun* à tous el aux citoyens qui vont dans une partie des tribunes, on y est souvent arrêté par des engorgements incommodes, et que, même ici, tous êtes tourmentés par le bruissement sourd qu'excite ce passage continuel.

Lu seconde, c'est que la forme en carré long et la position du fauteuil du président, en établissant une division physique dans la salle, ont peut-être eommeucé à y amener une division morale et pourraient encore, lorsqu'il est devenu si nécessaire de réunir les opinions, favoriser dans une nouvelle Assemblée l'introduction de l'esprit de parti.

Lii troisième, c'est que, malgré toutes les précautions qu'on a prises pour établir des courants dair, l'insalubrité de celui qu'on respire dans cette salle est prouvée p«r l'expérience de l'Assemblée, coiisliluanle el par la nAlre ; c'est que nous vivons continuellement dans le méphilisme el que, les affection» de lamo se ressentant toujours du malade du corps, il ne serait pas déraisonnable du toir là une des causes de celte grande irascibilité que non» avons montrée dans nos passions et des désordres qui nous ont quelquefois agités.

Votre commission extraordinaire a soumis ces diverses considérations à une discussion profonde, et elle a unanimement pensé que vous deviex aux circonstances, à In liberté, au peuple français de chercher un nuire édilire pour les séances de la Convention nationale. . .

Mais quel local rluiisirez-vous, Messieurs?. . . Si l'uu vous offre un plan qui remplisse vos vues, vous devei tous eu emparer provisoirement, en laissaut dans les sériels de l'avenir la question de savoir s'il eu est de plus parfait.

Or, ce plan, vous le possède* depuis plusieurs mois. Il a été rédigé par des artistes connus : MM. Ugrand el Molinos" . Ils le présentèrent au Département, el le Département, par l'organe

■' [/-grand et Molinos travaillèrent en commun pendant de longues année». («grand (Jacqne»- (iiiilljunn-i élail né h Paris, le o mai 17W; Molinos élail né a l.yr.n, le h juin 17M. Il* con- 'Inibimil euseiulile la Halle aux draps, i|ui fut

incendiée en 1 S.'i.'i , le théâtre Keyileail . etc. Il» avaient élé charges en 17^9 île la démolition de la IWille. I.egrand monrul à Paris, le 9 novembre i»to8, après avoir publié on certain nombre d'ouvrages. Sa Dtterifjtlo» de Pnh$ (i8\*, * vol.,

LA SAI.LK Dl MANKCK.

de M. Kenwint. alors un de se* administrateur», vous eu a fait hommage. Il cousiste à destiner « la représentation nationale le bâtiment commeaeé pour lu nouvelle église de la Madeleine. L'architecture extérieure de cet édifice a le caractère le plus imposant, ele

Aucune suite n'ayant été donnée à ce projet, nous jugeons inutile «le reproduire la suite de ce rapport1', dan* lequel Verfjniaud en montre tous les avantages.

Les conclusions de Vergniaud furent à l'Assemblée vivement combattue». Bronssonet 41 dit :

Je crois que tout le monde rat d'accord pour la question préalable sur le projet d'établir la Convention nationale à la Madeleine. Mais plusieurs membres pensent, i-l je suis de cet avis, qu'il est nécessaire, essentiel de changer de local. Si je ne voyais pas tant d'impatience pour aller aux voix cl qu'on me permit de développer mon opinion, je proposerais le* Tuileries, où il y a une très belle salle. Or, plu» les questions que doit traiter la Convention nationale seront grandes, plus elles doivent avoir de spectateurs et de témoins. (On applaudit.)

M. Isiu»i> propose un projet de décret pour le même emplacement.

M. Caiibox. [Vous n'avons ps le droit, avant de terminer notre session, de préjuger le vœu du souverain, car nous ne savons pus s'il voudra rhanger la Constitution ou la conserver. S'il veut m» loger ailleurs, il le pourra; il faut lui eu laisser le choix. En attendant, il pourra rester ici un mots ou deux. Je demande la question préalable sur tous ces projets <».

Lit autre ineinltre ayant demandé l'ajournement indéfini, cet ajournement fut

décrété.

Il fallait cependant prendre une. décision; tout annonçait que la Convention, dont les élections étaient commencées, allait avoir à remplir une tache laborieuse, décisive; il lui fallait, par suite, une demeure dijjne d'elle et tout à fait différente par conséquent, pour la salle même et surtout pour ses alentours, de l'ancien Manèjje. C'est dans celte vue que fut rendu, le i "> septembre 179a, le décret suivant :

Sur le rapport fait par M. Lasourre, lit-on au Moniteur, le décret suivant est rendu : » L'Assemblée nationale, considérant que le corps législatif est le rentre d'unité oii aboutissent tou* le* mouvement* qui font ta vie et la force du Corps politique; que le moindre intervalle entre la cessation de la législature et l'ouverture de la Convention nationale pourrait laisser aux ennemis du bien public les moyens d'exciter des désordres, décrète qu'il y a urgence."

in-8*. le tome jtrefiiier est seulement de lui) e»t suivent consultée. Moliuo* construisit ensuite le marché Sainl-hVooré. le Muséum d'histoire noturelle. le marché l'npincourt, etc. Il mourut à l'an*, le i4 novembre (Cf. op. fit.,

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