‹ Histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementires de la révolution française et de la première républiqueChapitre 4 sur 59 · KT IU TERRAIN UL'IL. OCCUIMIT · texte numérisé non relu

KT IU TERRAIN UL'IL. OCCUIMIT

Les trois ordres ayant pu, en 16 1 4, grâce à l'autorisation accordée*, tenir leurs séances au couvent des Grands- Augustin», deux édifices tout d'abord désignés par le roi se trouvent éliminés de nos recherches : l'Hôtel de Ville et le couvent des Cordeliers. De savants ouvrages ont été écrits sur l'un et sur l'autre, soit à propos de l'histoire même de Paris, soit à propos du célèbre club des Cordeliers; il nous aurait sutli, par suite, de renvoyer aux sources nombreuses t'1.

Nous nous bornerons donc à rappeler brièvement l'histoire du couvent des Grands-Augusiins, où les ordres restèrent assemblés, et celle de l'hôtel du Petit-Bourbon , où eurent lieu les séances d'ouverture et de clôture des États.

L'histoire et la description du couvent des Grands-Angustins se trouvent si complètes dans la Topographie historique du vieu.v Pari» et les illustrations (plans, gravures, etc.) guident si heureusement le lecteur, que nous ne saurions mieux faire que d'y renvoyer pour les

Pour l'Hôtel rie Ville, «oir ci-après ( ipfxn- (tien, m* XVII) le singulier projet d'aliénation de rHotrI île Ville, comme bien national, en 1791 ; i consulter : Victor Cuuit, L'ktttl Je ville de Pari* meure, deuiné... Pari», |856. s vol. in-fol. (Bibl. liât.. LV/7355); Marin* Vacuo». L'ancien Mu* de tille Je Parie, 1. 533-1 871, Paris, iRfls, in-fol. (Bibl. naL, Lk'/*»7n): Luire, Dictionnaire de* rue* Je Paru, p. 3io et «niv.. etr. De» pièce» très curieuses concernant l'Hôtel de Ville sont conservée* dans la Topographe de la France (Bibl. mil., Estampe», V. 966).

Pour les Cordeliers, voir la savante notice do MM. Biaii et Tissuuro dan» la Topographie kùtoriipte d* rieux Parie . rCfriou occidentale de l'Université", eliap. nu : «Couvent des Cordeliers un frères mineurs 1 , et le» pièces conservée» dan* bi Topographie de la France, dans les volumes cod^s

■ht. su tnrictt. — 1.

V-, 9»i4 et *o5; rf. IKrtai T cl Miow. op. cil., t. Il, p. 570 et Miir. A riMi-tilliT am Urhives nationales : Statuts, wr-wn' siècles : LL , 1 5 08-1 i> 10 ; LVIiherjitions capitiitaires , i.rt8«-i7<jo : I.L. i.*>i i- 1 5 1 3 ; Délibération* du diseretnire . 1151-1770 : LL, îôil-iôit»; Arrêts, 1717 : LL. lâtk: Nécraiofre. i(5a5-i65o : I.L, iSifi; Vèliires, obituaire», liste» de» gardien». iDoj-1767 : LL. 1896-1597; Fondations. 1.^79- uni siècle: U.. idi8-i593; Titres de propriétés, inventaire de (teinture* et sculpture» : S, • 1 C 1 ^ 1 63 : IX. 1317; Q, n6<j: Compi.s, 176^-1774 : II, 3u53- •lo,ôô. Le cou» eut ries Cordeliers avait, le, à divers»»* reprises, auv siècle* panée*, le sit-jp d'Ktal* généraux : les Ktals réunis eu octobre i356, après Poitiers, siégèrent au* Cnnldier*, -chaque ordre rinru une salle à part*. I.es Klal* de 1 3.17 y tinrent •■gaiement leur» séaiire*.

IXTIHIDI CTIOY

détails , nous limitant, sous quelques réserves, à résumer les recherches de MM. Berty et Tisserand.

Les frères hennîtes de Saiiit-Auffustiii, <r qtiî , écrit Félibien, avaient été fondus en un seul corps par le pape Alexandre IV et eurent, à partir de 1266, une existence régulière», arrivèrent vraisemblablement à Paris vers 1 200, attirés, comme bien d'autres religieux, par les libéralités et la généreuse, protection de saint Louis. -On tient, écrit encore Félibien, que leur première église était la chapelle de Sainte-Maried'Égypte1'1, au delà de la porte qu'on appelait de Sainl-Euslaehe, sur le domaine de Paris; que lenr demeure s'étendait jusque dans la rue qui a retenu le nom des Vicux-Augustins!i: et que ce quartier, pour lors encore hors de la ville, était tout planté de bois. Ils étaient encore en ce lieu en 1209, comme on le voit par des lettres du mois de décembre de la même année, où il est parlé de quatre livres parisis, que devaient chaque année à l'évèque de Paris les frères hennîtes de Saint-Augustin, pour une maison qu'ils avaient achetée, sise hors des murs, peu au delà la porte Saint-Eustache, ou la rue Montmartre, et dans le lief de l'évèque. I n décret de l'Université de la même aunée fait voir que les Auguslins étaient déjà admis dans l'I niversité avec les Jacobins, Frères mineurs, ('«armes. Cisterciens et autres.*

Nous ne savons nu juste, ajoutent les auteurs de In Topographie kuloritjut, pour quel motif les ermites de Sairit-Aujjuslin abandonnèrent leur première demeure; mais nous les voyons, quelques années plus tard, s'établir près de la jioi'tc Saint- Victor, en dedans de IVnceinle... IU s'installèrent dan» l'un des «los les moins peuplé> de «•«•tir région, *on un tieu VH|jue. inculte, rempli de chantons, dit «lu Breul. et qui pour cela s'appelait Cardiwium. a

' -La chapelle rk-Sauile-MamTÉ^yplicime «ut «rtiHv dans tn nie Mi.iiliimrtre, *n roin de celle de Smnl»-Marie-rK|jyplicnne. rl'ciù die a pris le nom ■■t que l'on a corrompu en celui «le lu Jtanrnnr. . , Klle n'est remarquable que |H>ur «voir servi au premier établissement que les Atiprostins ont eu à Paris, ainsi qu'on l'apprend <lu rn/iNMM d'une sentence «le {'officiai «le Paris, en «lnle«ln rnaiili d'après In Toussaint de l'an 1190 [le texte auquel il renvoyé eonlienl le passade suivant : ... nflrmo fwtt priw- frtfrvm eretniUmm mneti Augvttini ttejna cwvenin* Parinirmii tmehanl et pmtiirbant q nwwfaw r'"ruum , ram tfnuilnm jmil'mo riilem <uljitfenle . «t'en» Pmiiiïi e ttrn m»™ ullm portam tanrli Ktataehii. ùi

rVro per ijirw itvr ai mnulrm Mnrtyrvm, cle.]. En 1660, le run* .le S»inMïeHn«in-r Werrni» fil «Mer «le cette chapelle île Sainfo-Marie-rËfryplienne un roli' de vitrage qui y était depuis plu» de trois siècle» et uù cette wiinle était |>einte sur un Italenu , troussée jusqu'aux Renom devant le batelier, avec ces ■nuls au-dessOO» : Comment ta «finie offrit *<ut mrp* hv tuUelitr pour ton potage.* (Ili aruT et M»r.vv, t. Il, p. a5«j.'i

' -Actuellement, l'ue «l'Ar^eut el rue ll«imlH. Ouverte vers la fin du \nf siècle. KHc a |iorl<? le nom «le l'itipri» du rôle <le la rue Giquilliére.- ( \„mmrlnlHrt .ta rarVt pMijafi et pritée: Paris. i««jS, in-V.i

IMRUDI'CTKIV 1.1

cartluit-; c'est le clos du Chardonuel. L'emplacement de. leur maison est représenté aujourd'hui par ce qui reste des bâtiments de l'ancien collège du cardinal Lemoine. Ils firent en ce lieu diverses acquisitions, et comme leur nouveau pourpris était encore insuffisant, PhiUppc le Bel voulut leur faire des avantages analogues à ceux dont jouissaient les Cordelière et les Jacobins, en leur concédant certaines parties de l'enceinte « onliguësà leur couvent : t D'abondant, dit du Breul, le roi île France, en l'année ensuivante [i a88], concéda aux Augustin* l'usage des murs et tournellcs de la ville*. Mais cette concession ne les retint pas en cet endroit. . . - Voyant, dit encore du Breul, quen tel lieu ils ne pouvaient commodément vivre, pour le peu d'aumônes qu'on leur faisait, du conseil dudit roi [Philippe le Bel] et de 1 evêque de Paris, Simon Matifas de Buey, ils vendirent ce qu'ils avaient acquis au Chardounet et s'en vinrent tenir au lieu où ils sont de présent, que leur cédèrent les frères de la Pénitence de Jésus-Christ. «

Ces frères delà Pénitence, écrivait Kélihien, fHisaienl profession d'une austérité extraordinaire, et parce qu'ils étaient vêtus de robes en forme de sac et sans ceinture, on les appelait les frrrt* Sathttt, en latin SarnUte, Saecarii et Sacrali. Saint Ia>ius *. leur octroya une charte datée du mois de novembre i atit, portant cmicession d'une maison, avec ses dépendances, située dans la paroisse de Saint-André-des-Arts, avec permission d'y établir une église et un cimetière A peine installés , les frères Sachets reconnurent que leur logis était in-

Mifli&anl, et ils sollicitèrent de l'abbé de Snint-Cermain, qui était alors Gérard de Mauléoti. la concession d'une place ou terrain appartenant à Hugues du Châtelel et d'une tuilerie contiguê à la maison que leur avait donnée saint Louis. Le bon roi . . . obtint de l'abbaye qu'elle fit la concession demandée. . . et la place cédée est dite, ainsi que la tuilerie, être située au territoire de Laas(l', tita Parisitu in hias. n

Cet établissement ne fut pas de longue durée. Les Sachets, ainsi que les Sacheltes qui s'étaient logées non loin de là, dans la rue des Deux-Portes ou du cimetière Saint-André, n'étaient point un ordre régulièrement approuvé en France, et si le roi saint l/Ouis avait honoré de sa protection ces religieux et ces religieuses d'origine italienne, ce n'était pas une raison pour que sou successeur, Philippe le Bel, en mauvais termes avec la cour de Rome, leur continuât les mêmes faveurs. Il leur préféra les ermites de Saint-Augustin. Voici comment du Breul raconte cette transformation : « Les frères Sachets ne demeurèrent là que trente-deux ans, car v étant entrés au mois de novembre i a b' i , eu l'an i a t\3 , le t h' jour d'octobre, ils cédèrent et quittèrent par rouirai, ès mains de révérend père et 1res dock- personnage frère Cilles de Rome , procureur général de tout l'ordre des ermites de Sainl-Atigustiu , alléguant que, sans scrupule de conscience, ils ne pouvaient plus (enir ledit lieu à rause de leur pauvreté et que ledit ordre diminuait de jour en autre-.

Nous ne pouvons suivre MM. Berty et Tisserand dans la minutieuse histoire du couvent; les illustrations publiées |>ar ces auteurs racontent

1 «Hue «le La**. Anrien nota de la me Saint- André-dca-Arts, qui le purtait conjointement «ver la rue de la lluchette . dont elle fait la continuation . parce qu'ell» avaient .té percée* . niimi qoe les voi-

aiiaas, *ur le territoire de Lui», nutn qui ne dimnsil au clieniin qui réfltie le long >le la Seine.'» l lliiiTU'T et M»c\r. DicdonHarrr kitJoriijie 4r In r.7Wc/V». t. IV. ,.. 33.,.)

lu IXTHODl'CTIOX.

d'ailleurs à perfection ce qu'il nous faut savoir du monastère : c'est d'abord la reproduction «d'un plan manuscrit déposé à la Bibliothèque ualionalei et, dans la môme page, une. vue de la "façade de l'église «lu coté du quai n. Les Grands-Augustius occupaient la plus grande partie de l'ancien îlot formé (avant le percement de la rue du Pout-de-Lodi) par le quai des Grauds-Augustins, la rue des Grands-Auguslins, la rue Christine et la rue Dauphine. L'église, dont les auvents abritèrent si longtemps des boutiques de libraires, était en bordure du quai et commençait à l'angle du quai et de la rue des Grands- Augustins. Derrière l'église se trouvait le cloître entouré de « la chapelle du clergé * , de "la salle du clergé", du p réfectoire des chevaliers?», de la cuisine, des archives, de la salle des chevaliers, etc.; la «grande cour du couvenl «! s'étendait entre le cloître et la rue Dauphine, et les jardins, avec leurs dépendances, formaient un angle très marqué du côté de la rue Christine. Les autres illustrations nous montrent : «le chœur de l'église des Grands- Augustins et le tabernacle donné par Leonora Galigaï»; - un chapitre de l'ordre du Saint-Esprit dans l'église des Grands Augustins », etc.

MM. Berty et Tisserand nous donnent ensuite, particulièrement d'après les Antiquité* française*, de Millin, la description du célèbre couvent, de ses tombeaux, de ses inscriptions, des œuvres d'art qu'il devait, pour le plus grand nombre, à l'ordre du Saint-Esprit qui y tenait ses séances; ils rappellent les séances qu'y tinrent le Parlement, la Chambre des comptes, etc.; ils citent, sans grands détails, un extrait de du Breul concernant les États de 161^1-161"); les assemblées du clergé qui, depuis i6o;"i, se tenaient régulièrement dans ce monastère avaient lieu "dans une grande salle qui tient à la rue des Augustins, autrement dite des Charités Saint-Denis-.

Voici comment les mêmes auteurs résument les dernières années du monastère :

\je couvenl des (ir>in(l$-Aii£u»tins avait servi à trop d'usages différents pour qu'on tic s'enipros&al |>as do l'utiliser lois do lit sécularisation dos liions d'éidise. Millin nous iippp-nd que. même avant 17;)'», los ivli)pou\ louaient Us salles jadis occupées par le. chapitre do l'ordro. lo Parlement, la Chambre dos rompt*» ot l'ordre du Saiiil-Kspril, ii do» sociétés particulières cl à dos ajouts do ventes publiques. En 17(10, on y installa dos bureaux pour la recolle des contribution», ot l'imprimeur llidot ne larda pas à y installer ses presses pour le lirnijo des petits assignais.

INTRODUCTION

un

Au moment où les Auguslius durent abandonner leur monastère (ij mars 1750), ils n'étaient plus que dix-huit religieux profès et quatre frère* lais.

... On porta l'argenterie a la Monnaie; on vendit sur place les grilles de l'église et l'on transporta dans les divers dépôts littéraires les livre» et les manuscrits qui étaient tout à la fois rares et nombreux, car c'est aux Auguslins de Paris que Gilles de Rome avait légué sa bibliotbèque en 1 .1 1 G. Les marbres, les vitraux, les bas-reliefs, les portraits, bustes et écussons des dignitaires de l'ordre du Saint-Esprit furent transportés au Musée des monuments franrais :les Pelits-Augustiiis'11 donnèrent donc l'hospitalité aux épaves des grands.

L'Etat demeura en possession des bâtiments du monastère pendant près de sept ans et il les employa à divers usages. Le 1 .'{ ventôse an v(3 mars 1797) et le 1" brumaire an ti (a 1 octobre de la même année}, il les vendit et l'on ne tarda point à les démolir. Sur une partie de remplacement que couvraient les bâtiments, on perça, en l'an x, la rue du Pontde-Lodi, commémorative de la victoire du général Bonaparte, et l'on réserva une autre partie, le long du quai, pour y établir le mai clic à la volaille el au gibier qui su tenait tradilioiinelleinenl dans cette région.

La construction de ce marché avait été décrétée en septembre 1807, mais la première pierre n'en fut posée que deux ans plus lard. Il occupait à peu près l'emplacement de l'église. Agrandi eu iKi.'t et en 1 S 1 5 , il était encore debout en 18(17; 'a construction des halles centrales, où un pavillon est affecté à la vente en gros des mêmes denrées, ayant rendu inutile le marché du quai des Augustins, la Ville le vendit et une partie des hangars dont il se composait servit d'écuries pendant quelque temps. Des maisons particulières, en bordure du quai, un groupe scolaire sur les rues du Pont-dc-Lodi et des Grands- Augustin», couvrent aujourd'hui remplacement de celte halle et de ses dépendances. On l'avait surnommé le Marché de la Vallée, parce qu'il était situé dans la partie basse de la berge du fleuve, k l'endroit où existait jadis la » Saulsaye » , dont parlent du Breul et Félibien, et au point où Philippe le Bel avait jugé nécessaire la construction d'un mur de quai. Il ne reste donc plus rien aujourd'hui, ni du couvent des Grands-Augustins ni du marché qui lui avait succédé^.

Jaillol, «loul les Hechrrchr* sotil si souvent utilisées par les écrivains de noire temps, ne l'ail pas mention, dans la longue notice qu'il a consacré" aux Atifpislius, des séances des Étals de i(>i4.

• Voir, pour l'ancien eouvenl il.-» l'rtiU-Aiigtwlins. la nolire |Hil.li.>e par MM. B*«ti iH Ti.ssr.axM. il. m la TopHffTttphir kuloriave du rieur l'arit, région ilu liinirjf Saint-tierniain , p. 1 .">- 1 8 : un plan joint & «lift notice donnant non .seulement les détails du couvent, m»i* sniwi "de Mot dau» lequel il était enclavé», e»t particulièrement mlévssanl. (Op. cil., p. ifi. l l^-s PclilK- Augustin* étaient antérieurement »p|ieié* ,\itffu*tint iUrtniu$t* ou Augvt*lin$ de In ïieittt Mnrgwrite. I,n plus pron<le |iirtiide leur couveal <>t aduelUtncnt occupée jwr l'École;

des beaux-art». Une anlre rommuiiaulé d'Augustin* existait a Pari» : celle des Auguttuu dedumué* tt réformé* de h place des Vietoim ilils Petits Pire*. On trouvera sur l'histoire de ces Irais couvents el sur leur situation peu de t«»|>» avant la Révolution, des détails trfcconiplets dans le Dichtmmureiie. Hratht el M»«isv (op. ci/., I. I, p. 34G-4n I

!': Topographie Litloriipte du rieur Parit , ouvrage commence parleu A. I1k«tv et continué et complété par L.-M. TiHsutxD... Ilégion occidentale de ITniversilé. — Paris. 18.87. in-4\ p. ? '11-5611.

uv INTRODUCTION.

-Ces religieux, écrit-il, ont été qualifies chapelains du roi. . . ils jouissent aussi de plusieurs privilèges avantageux; leur église fut choisie par Henri III pour la cérémonie de l'institution de Torde du Saint-Esprit, le 1 "janvier 1679,6! indiquée pour toutes les cérémonies de cet ordre . . . Le Parlement la choisit pour la procession générale qui se fait tous les ans, Je a a mars, en mémoire de la réduction de Paris sous l'obéissance de Henri IV, à pareil jour, en 169/1 • • • Ce fut dans une salle de ce couvent que Louis XIII fut reconnu roi et Marie de Médicis déclarée régente. H y a cinq autres salles qui sont décorées des portraits des chevaliers de Tordre du Saint-Esprit depuis son institution, et leurs archives y sont déposées" . n

L'histoire du couvent des Grands-Augusliiis lie peut être séparée de celle de la vie de Paris, aux xvn'et xvm' siècles, tanl le nom de ces moines est souvent jeté dans la chronique *: Leur monastère était ouvert, plus que tout autre, aux assemblées, aux cérémonies, aux réunions de' tout genre; c'est à ces circonstances que sont dus vraisemblablement de trop fréquents désordres.

Nous aurions eu de plus amples détails à donner sur ce célèbre monastère, mais il suffit, pour que notre dessein soit rempli, que le lecteur puisse, grâce au résumé qui précède, restituer Tédifice ou siégèrent les États de 1 6 1 h 1 .

LES SÉANCES D'OUVEBTIRE KT DE CLOTURE DES ÉTATS DE 1 G t 6- 1 <> 1 5 ONT LIEU DANS LA

GRANDE SALLE DE L'HÔTEL DE BOIBBON. HISTOIRE DE CET HOTEL. — LES ENTOl'IlS.

INCRRTITI'DE DES HISTORIENS. - — LA Bl'E DES POULIES. LA CONFISCATION DES BIENS

Di: CONNÉTABLE DB ROIHBON. DISPARITION DE L'HOTEL DE BOIBBON LOBS DE L'ACHEVE- MENT ni: loi vbe.

Les séances d'ouverture (*2 7 octobre 161 '1) »•! de clôture (aH février 161 5) des États généraux eurent lieu, comme nous lavons vu au récit

,J Jaiuot. Rtcktrckf critique», Paris. 1789, 5 vol. iu-«-. (Bill. nal.. Ll'/fioSo. I. V, p. 3«.)

<" Voir, à titre d'exemple, le r&itdonné par Gui Patin . dam aa lettre du «6 avril t65S.

Nous l'avons reproduite dan* Ln Frnnre nu milieu du mi' tiètle. Pari», Colin, trj.u. p. ■»*.;.

''Consulter a titre complémentaire : A la Bibliothèque nationale. Estampes, le* volume» de la Tnpo/frtifkit Ae la Fnaee , cote* V, n63 et 44.1, en [particulier : 'Plan et dis|M'siliuna pour les assemblées du dciflé»; une ancienne gravure, son* date, intitulée : -£ul* tenus aux Augustin*- . elr.

INTRODUCTION

de Florimond Hapine, dans la salle de l'hôtel de Bourbon, dil aussi du Petit- Bourbon. Des inexactitudes, ou plus exactement des incertitudes voulues, se rencontrent sur le lieu exact de ces séances, chez la plupart des auteurs qui se sont occupes des États de 1 01 h. Cette prudente réserve a, de toute évidence, sa cause dans les mots : v. salle de Bourbon au Louvre», employés dans la plupart des documents anciens relatifs à celle tenue d'Etats. La gravure que nous reproduisons ci-dessus (Gg. A) est lirée d'un ouvrage publié en 1789, sous le titre de : Plan et rejrrêsentation exacte de h salle de Bourbon au Louvre, dans laquelle s est faite l'ouverture des États frénéraux en i6îâ . . . ■* ' \ etc. On ne doute point que celle séance n'ait eu lieu au Lourre, c est-a-dire dans le palais du Louvre1"1; mais où se trouvait exactement , au Louvre, cetle grande salle de Bourbon? c'est ce qu'il élait diflicile de déterminer. Quelques historiens n'ont fait mention que du couvent des Grands- Augustins3'. On ne peut donc expliquer que par un doute rempli de sagesse, l'omission dans des ouvrages,

Aui Archives nationale* : Privilège*, ventes, élection*. méinnire* de travaux, etc.: L, 911-944; Délibération» eapilulaires. 1639-1789: Ll., 1*7.% \h;f>; Répertoire de litre*. 17S6 : I.I.. 1*71: Titre* de propriétés sise* à Paris: I., 99 1 , S, 3ti3s- 36&o. 0. 1169-1171; Complet, 1738-1791:

II. 3884-3893; Titre* de renies. t7-*5-i 777 : H. 38gft. Cf. 'Fruulir. Le, rninm h&lwlkequtt de Pnrù, I. I. p. 379.

Pari*, 1789. in-S* (Bibl. nat, l.b"/i 4o4j. \ oir Afpendicu de Y Introduction , o" I . de* extraits de la notice jointe à ce plan donnant de» détails sur les dictions de U «Ile. Cetlr gravure «t la reproduction de celle qui fui publiée en 161 4. (Bibl. nat., Iv4smpes, collection Hennin, I. p. 38.) On trouve dans le même volume plusieurs pirees intérrsMules pour celte tenue d'Étal* : r Un tahlean sans titre, montrant la disposition des [tiare*. avec les noms des député», dans la Chambre de la noblesse (p. 87 ) qui est la reproduction infidèle et inrnrapiVle d'un tableau manuscrit joint (p. )84 ) *„ /Wa-wM «V h dumbrt de /« «0h'ftte. (Bibl. nat., mss. fr. *r>84); i* I ne gravnrr île Lamonirc et Hérisse! , intitulée : Tenue drt t.tnlt généraux du royaume tout le mi [,0m' XIII: r'rsl la senne d'onverlnre. nu de clôture, dans h «aile de Bmirbon.

' -Lu lundi «7 octobre, le rlergé. h mdilesse

ei le lier* état se réunirent, il midi, au Louvre, dans In grande salle de Bourbon. 1 ( Histoire drt Kiai* généraux, par G. Picot. Paris. 5 vol. in-n. Bibl. nat., Le'/B6 1. t. IV, p. 179.)

-l/e «7, les députés des trois ordres se rendent, a midi , à la porte de la: grande salle de Bourbon , au Louvre», etc. (Histoire des Etat» généraux , par A. C. TmB*n»uti. Paris i8'i3. in-S\ p. 5m.) -Le |rn.!»main «7 octobre, on (il l'ouverture de* Étals dans la «aile de Bourbon . dont le lambris avait été semé de fleurs de lys d'or.» (Du.ixni'ss , De* Etat* génèruu. Paris. 1788. in-8*. p. 470.1 II n'y a p*> dans ces divers oarrages d'inexactitude précise: l'absence de détails sur le Petit-Bourbon est seulement a remarquer.

(>l Voir, par exemple, l'Histoire Je France, d'Henri Msaro ( t. XII. p. <3& el *uiv. l'Histoire de, RtaU //ritéraiu-, par M. Jalliffi». Paris, i885, in-i a (Bibl. nat.. Le'/aa). Hurtaut et Magny. au coo- Iraire. comme Jaillot. qu'ils utilisent servilement, ont omis, au chapitre des Grands- Augustin*, de parler de» séance» de» fiut» de 161 4. Les détail* le* plus exacts se trouvent dans un récent ouvrage de M. Ilertlwld ZsLltn, intitulé: Liait Mil , Marie de Médki* rkefdu Conseil. Paris. 1898, in-8*. Bibl. nul., IJi'73787 : -f.'eM dans la grimle salle de l'hotol de Bnurbw . situé en fiice dn I.oim-e. qu'eut lieu lii cérémonie- . etc. p. 11 >.

ivriioin ctioy

d'ailleurs consciencieux, des riélails précis sur un éililice aussi intéressant pour l'histoire que l'hôtel riu l'elil-Bourhon.

Les mois au fjoune («pie n'a pas employé Kl. Rapine, mais qui se relèvent dans le récil du Mercure français), sont pris là au sens de ruisinage, de quartier, et pour riistiujruer cet hoOl de Bourbon «les autres hôtels du même nom1". L'hôtel de Bourhoii dans lequel se trouvait la (fraude salle qui nous on-tqte formait, au commenc«Mnen! «lu wif siècle, un il«)l compris entre 1«" «piai dit quai de l Ernle «tu quai Ihnirhoii, la rue «lu l'ctU-Bourbon formant é«pierre en retour vers le Louvre. «'I la rue d'Autriche {alun rue (WAulruche , <l«> Y'thtrurhe, etc.), «pii s«;parail complètement l'hôtel du Louvre proprement dit. Lorsque l'achèvement du nouveau Louvre eut fait disparaître la rue d'Autriche, le l'elit-Bourbon se trouva bien véritablement enclavé dans le Lmnrc 1 . mais l'îlot que nous venons de décrire se trouve très nettement dessiné au plan de Fr. Quesnel.qui, par sadale(ioo()),se rapproche le plus ries États de Nous ne faisons de réserves «pie pour la dénomination

exacte d«'s deux rues qui l'entouraient, à l'est et au nord et sur lesquelles nous reviendrons.

L'histoire de l'hôtel du Petit-Bourbon v se rencontre rians les «un rajrcs «le tous les anciens historiens «le Paris : Oorrozel, Sauvai, Félihien.

Voir <d-<l<s<tm* , noie 1.

' fa rue du Petit-Bourbon, qui, «tans U |wirlie orientale do Petit-Bourbon, formait continuation «oit de I» rue de» Pnnlie», wil de la rue de* Ko»*1»- .Sainl-Germain-J'AuxerrDis. qui s'y réunissaient, a été quelquefois «lésigm-c son» l°un ou l'autre de ce* ileut nom» de nie. Voir Appendice*, n" II, notre note relatif à l'étendue exacte de la rue de» Pouht-s aux x>n* et «vin* siècle».

' Voir fig. B, p. mil, l'hôtel <le Botirlion , devenu gardc-tneuble de la Oouromie, d'après le plan île Lafjaille, i;i4.

' Il y avait autrefois, à Paris, plusieurs bolels de ce nom, et ee*t vraisemblablement pour le distinguer qu" l'on ajoutait a reJui nui nous occupe : nu Lomre. »I/hot<.'l de Puleymnce. autrement dit (lu Pttil-Mw, fui appelé le Prlit-Heurto», pour le distinguer de l'holrl de Bourbon ou de Forest , dont nous avons parle.- iFr.Lisim. op. cit., t. I, p. 658.) Il »«igit i, voirp. 607) de «l'hôtel deBonr- Ixin, nie Mauonseil, cpii subite encore». Ils

louèrent uw maison au faubourg S;iiiil-J»cqui», appelé l'hôtel du Petit-Bourbon, babil.' ri-devant par le* hérétique» et abattu depuis pour Taire place aux nouveaux bitimenUdii V tl-fle-liriVn-, ■> 1 1 tLiiifi. op. «t., I. I, p. >a86.) -|j reine réunie, écrit ailleurs Félibien . ayant différé ju<que-la de s'acquitter d'un vœu qu'elle avait bit a Dieu d'élever* son honneur un temple magnifique s'il lui donnait un dauphin . entreprit ■!>• hiUir l'égli»e et d'achever le monastère du Val-<le-(ïr»ce avec une niagnilieeoee royale [c'était une fondation de l'ordre de saint Benoit, d'abord établie à Bièvre-Wlhltel . sou» le nom de Val l\ofond , qu'Anne de Bretagne avait dénommé Val ar (iriee; une réforme dr cette abbaye avait été entreprise sons douis XIII . Pour affermir la nouvelle réforme, ou conseilla à l'abbesse de quitter In campagne et de transférer son monastère dans quelque faubourg de Paris . . . On ae détermina a prendre une grnmle place an faubourg Sttint-JseqiH'* , nwc quelques I Aliments 011 le cardinal de Berulle avait ifabonl logé les père*

INTRODUCTION. lvh

Jaillot, rlc, et, sauf des rectifications de détail, on ne pourrait mi^ux faire que de leur emprunter le résumé dont nous avons besoin ici ; mais le résumé même a été fait par M. A. Berty dans la Topographie historique du vieux Paris (Région du Louvre et des Tuileries, t. I, p. 33 et suiv.j, et, si nous avons quelques réserves à faire, comme nous le verrons plus loin, sur la mélhode de cet auteur, si même nous sommes sur quelques points en désaccord avec lui, il y aurait quelque présomption de noire part à refaire le travail de ce consciencieux érudit. Il nous parait indispensable toutefois, pour éclairer la discussion qui va suivre, de domiciles parties essentielles de la notice que Sauvai a consacrée à l'hôtel du Petit-Bourbon.

A cause que les grandes chroniques et Masaon'1-' imWe, depuis, dans sa VwdePhilip}>ele Bel, assurent que la maison appelée autrefois le fossé Saint-Germain, et qui fut rasée, appartenait à Engucrrand de Marigny, bien des gens croient que c'est sur ces ruines que le Petil-Bourhon a été élevé, et, nuire ctmx~lù. certains superstitieux admirent que Lmiis de Bourbon, surnommé le bon Duc, prince cependant assez scrupuleux, ait choisi pour sa demeure un lieu de si malheureux augure. . . d'Orronvillc , au reste, autrement Cabaret Jl,

île l'Oratoire avant qne «le les établir dans la rua Saint-Honoré. Celle, maison du faubourg Saint- Jacques te nommait anciennement le fief de Valois, autrement le Petit-Bourbon. Après la disgrâce et In mort du connétable de llourbon, Louise de Savoie ubtint du roi François I", son fils, la permission d'aliéner, de la succession du connétable conlbqnée, jusqu'à Ln valeur de 11,000" de rentes, et elle lit don a Jean Cliapelain, son médecin, de la maison du Petit-llourbon en i5a8. Cet héritage demeura aux descendant» de Cliapelain jusqu'à ce que la maison , avec ses dépen>lancea, fut achetée au nom de l'ubbavc du Val-de-Gràce. le 7 mai «6si. pour le prix de 36,oon livres.* (Op. cit., t. II, p. i384.) C'est évidememeut de cet Miel du faubourg Saint-Jacques qu'il est question dans l'extrait suivant : -Le roi arriva le 3i octobre | » 58g ] au village de Bagncnx. . . I>c roi, étant entré au faubourg Saint-Jacques sur les 7 heures, se logea au Petit-Bourbon, maison appartenant à Jérôme Chapelain , donnée a oou aïeul , de la confiscation dn duc de Bourbon, et comme il avait besoin de sommeil, il fit faire dans la salle un lit de paille fraîche sur laquelle il reposa eovirou trois heure». 1 (Ftxikii\, op. cil., 1. 1, p. 1 iSV) — -Des quatre rues qui |K<rlrul le nom de Bombon , écrit Sauvai . la pif -

■ ist. m tuincti. - 1.

mière a pris le sien , aussi bien que la seconde . de deux hôtels, dont l'un qui se nommait l'k'Url de llourbon, au faubourg Saint-Germain . proche la nie île Tournon; l'autre, qu'oit achève de miner tous le* jour* pour agrandir le Louvre, s'appelle le Petit-llaurbon , nom qu'il a communiqué à la me qui le bonle, dite rue du Petit-Bourbon. Quant à la troisième, elle s'appelait de la sorte à cause .le Henri de Bourbon et de Jeanne-Baptiste de Bourbon , enfant» légitimés de Henri IV ... ; l'une est daus le Pré-anx-Clerr*. .., l'auto contre les Filles-Dieu. s (Op. ri/., t. I, p. 118.)

Jean-PapireMasson, historien (10H- 161 1), avait publié : Amtalium libri IV, quibut re* gatit FmnconuH rjcpUcauUir a Clodione ad FraHcixct 1 ubitum. Paris, «577, in-V.

Cf. Histoire de la vie de Louit , due tnUùmt de Bourbon, par Jean Cabaret. d'Orronvillc. t. IV, du Panthéon littéraire, Chrouiques el mémoires sur fhitloire de France, publié par fluchon. Paris, 1 830, ro-8*. Bibl. uaL, L"/iC. — -Je. Jean il'Orronville, Picard, nommé Cabaret, pauvre pèlerin, culrepris à décrire et à grosser par chapitres les louables faits d'icelui duc et Irè* noble baron, le mardi ai/ de mars l'an l'i-ii), après PAques- .... etr. ( llaloirr rilé'. )

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INTItOIH CTIOY

qui a écrit la vie du duc Louis, ne parle nullement ni du l'assiette do w palais ni de l'année qu'il îul commencé; ce qu'on Murait, à mon avis, qui pourrait déchiffrer les lettres gothiques épargnées dans la pierre de trois ou quatre des croisées de la chapelle; mais au moins sommes-nous assurés qu'on commença à y travailler sous Charles V et qu'apparemment il ne fut achevé que sous Charles VI, à cause de ses croisées qui se voient en quelque* endroit* de la même chapelle et qu'on y voyait encore en bois, il n'y a pas bien longtemps, à côté de celle du fondateur. Or. que cet hôtel n'ait été commencé que sous Charles V, le C et le V pratiqués par l'architecte dans les pierres de la croisée, qui est ouverte au-dessus du portail de la chapelle, ne le font que trop connaître et même en sont de si bonnes marques, que lus curieux les tiennent infaillibles, car tout visiblement ces deux lettres veulent dire Charles V et que c'est sous son règne que ce grand palais fut entrepris . . .

Que si l'histoire est si réservée touchant l'origine du Petit-Bourbon, en récompense elle particularise assei bien sa ruine, puisqu'elle n'oublie ni le temps que François I" commença à le détruire, ni pourquoi le connétable de Hourhon. après tant de belles actions, trahit son roi, le lit prisonnier devant Pavie et assiégea Home, où il périt. Au reste, les marques de sa félonie et de l'arrêt que le roi fulmina contre lui en i ôay, le 87" du mois de juillet, subsistent encore en plusieurs endroits de son palais, car on y voit encore des armoiries brisées et effarées; une lour, dans un coin, à demi rasée, qui regarde sur la rivière; la couverture et les moulures de la principale porte barbouillées de ce jaune dont le bourreau brosse les maisons des criminels de lèse-majesté, jaune après tout de si bonne trempe et si bien recommandé, que plus d'un siècle n'a pu encore lui faire perdre sa couleur.

Ce palais, au reste, était un des plus vastes et des plus superbes du royaume, témoin la galerie, la chapelle et cette salle qui se voient encore. La galerie, outre sa situation et sa longueur, était dorée et enrichie de peintures; aussi l'appelait-on la galerie dorée, et, de fait, il n'y en avait point en France qui l'égalât ni en hauteur, ni en assiette. D'ailleurs, la chapelle est spacieuse, et même à Paris présentement il n'y a point d'hotel qui en ait une si grande ni si commode. . . Pour ce qui est de la salle, sans contredit c'est la plus large, la plus haute et la plus longue qui soit dans tout le royaume. . . La largeur est de 1 S pas communs sur 35 toises de longueur, et la couverture si rehaussée, que le comble parait aussi élevé que ceux des églises de Saint-Germain et de Saint-Eustache, et enfin ce qui a été cause que, sous Louis XIII, un lieu si vaste et si voisin du Louvre fut choisi pour la représentation des hais, ballets et outres magnificences de son mariage. Louis XIV même s'en est servi jusqu'à nos jours pour ses ballets et la comédie.

A l'égard du portail de ce palais, il y a grande apparence qu'il était fort riche, et de fait les deux battants qui le formaient sont encore ferrés et semés de gros clous de cuivre doré que portaient les chevaliers de son ordre du chardon, et même on y lit encore eu lettres capitales et dorées le mol Espérance . que d'Orronville appelle un joyeux mot. Cette ceinture , au reste, et qui règne sur toute la largeur de la porte, est enlacée en rouleau, bordée île chaque côté et tout du long de clous dorés, au lieu des perles qu'on voyait à celle des chevaliers, et enfin attachée avec un ardillon par un bout et par l'autre avec une boucle, l'un et l'autre émaillés de vert, ébarbillonnés et déchiquetés comme la tête d'un chardon . . . Ces deux ordres, au reste, et de l'écti d'or et du chardon, éclatent beaucoup mieux dans ce palais qu'à Souvigny ni à Moulins, où la plupart des historiens croient qu'ils ont été

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