‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 85 sur 174 · AUX LAZARISTES · texte numérisé non relu

AUX LAZARISTES

Les frères des Écoles chrétiennes n'eurent pas de maison à Lyon avant la Révolution ; les prêtres du séminaire Saint-Charles et d'autres instituteurs suffisaient à l'instruction des enfants. En 1803 le cardinal Fesch résolut de doter sa ville archiépiscopale d'un essaim de frères. «Il alla trouver le frère Frumence, vicaire général delà congrégation à Rome, pour le décider à se transporter à Lyon. Celui-ci accepta ; son éminence écrivit à Paris pour obtenir l'autorisation du gouvernement, l'abbé de Ronnevie fut chargé de cette correspondance en l'absence du secrétaire de la légation.

Histoire des Églises et Chapelles de Lyon, II. 35

Le 2 décembre 1803 Portalis présenta à l'approbation du premier consul un rapport dont nous détachons les lignes suivantes :

<( La ville de Lyon vient de confier la direction des écoles primaires à quelques membres de la ci-devant Doctrine chrétienne, connus sous le nom de Frères ignorantins. Tons les enfants du peuple reçoivent, par leur soins, les éléments de Fécriture, des leçons de calcul, d'enseignement religieux et moral. Les membres de la Doctrine chrétienne ne peuvent être considérés comme formant une corporation ; ils sont simplement associés pour l'instruction gratuite de la jeunesse. Quelques-uns de leurs confrères sont également chargés, individuellement et comme simples citoyens, des écoles gratuites de Reims, de Chartres,

et autres villes de France. On m'assure qu'ils font partout le même bien, que parlout il s'opère un changement remarquable dans la subordination des enfants.

« Mais les membres de la Doctrine chrétienne sont disséminés dans tonte l'étendue de la France. Pour rendre leur institution utile, et leurs services durables, il importe qu'ils aient un point central de réunion.

Les Frères de la Doctrine chrétienne, rétablis sous le gouvernement actuel, inspireraient à la génération naissante l'amour du gouvernement et de son chef. Les finances y gagneraient, en ce que ces instituteurs se contentent du plus strict nécessaire, et que leur enseignement est gratuit. L'instruction des enfants ne pourrait qu'y gagner aussi, étant confiée à des maîtres entièrement consacrés à cette instruction, et qui n'en sont point distraits par des soins de famille.

« D'après ces considérations, j'ai l'honneur de vous proposer, citoyen premier Consul, de permettre aux Frères de la Doctrine chrétienne de fixer leur établissement dans la ville de Lyon, où ils ont déjà des postulants. Le cardinal archevêque de Lyon sollicite pour eux cette faveur, qu'ils regarderont comme un nouveau bienfait du Gouvernement, et pour lequel ils conserveront lapins vive reconnaissance. Ils avaient leur supérieur à Rome. J'ai fait observer que des hommes consacrés à l'éducation publique ne pouvaient être dirigés par un supérieur étranger, et qu'ils devaient avoir un supérieur général en France. M. le cardinal a senti la vérité de cette observation. En conséquence, il a rapporté la renonciation du supérieur général de Rome à toute inspection sur les Frères de la Doctrine chrétienne en France ; et il a été convenu que ces Frères auraient un supérieur général qui résiderait à Lvon. »

Plan du Petit-Collège.

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