FRÈRES DES ECOLES CHRÉTIENNES AU PETIT-COLLÈGE ET AUX LAZARISTES
Le lendemain Bonaparte, premier Consul, approuva la décision qui, transmise à Rome, fut reçue par Mgr Fesch; celui-ci obtint de suite le consentement du Saint-Siège.
On a vu qu'en 1803, la ville de Lyon avait déjà appelé quelques frères. Le 21 octobre frère Pigménion, avec sa communauté et deux de ses classes, prit possession de l'immeuble prêté par la ville : c'était l'ancien collège Notre-Dame de Bon-Secours, construit par les Jésuites au xvii'' siècle et dirigé par eux jusqu'à leur dispersion, en 1762. Spoliée, la maison vint aux mains de l'Etat. Par arrêté consulaire du 3 juin 1803 la ville de Lyon en avait obtenu la cession, ainsi que de l'ancien couvent des Jacobins, pour y organiser une école secondaire. Les bâtiments claustraux des Jacobins ayant sufii à l'installation de cette école, le petit Collège fut concédé aux sœurs Saint-Gbarles, elles aussi réinstallées.
Mais tel fut bientôt leur nombre, qu'elles sollicitèrent et obtinrent delà municipalité lyonnaise un immeuble plus vaste. Le Petit-Collège, devenu libre, fut affecté aux écoles des Frères : « 1" pour que le supérieur général réside dans la maison principale des Frères des Ecoles clirétiennes, à Lyon ; 2° pour que ledit supérieur reçoive dans la maison des élèves instituteurs ou des postulants. »
Dès que l'arrivée à Lyon du vicaire général fut connue, les anciens frères demandèrent à rentrer dans la congrégation. La maison-mère, où vingt-huit personnes habitaient déjà, quelques jours après l'installation, allait voir ce nombre croître notablement dès le mois de janvier 1805. Et dans les autres communautés, Villefranche, ^'alence, Chartres, Paris, les anciens religieux vinrent réclamer une place.
Le mois d'avril 1805 fut marqué, pour le Petit-Collège, par l'événement le plus considérable de son histoire. Pie VII, de retour de Paris, arriva à Lyon, le 16 avril 1805. Sa Sainteté daigna visiter la maison-mère des Ecoles chrétiennes et le surlendemain bénir la chapelle. Autour de frère Frumence s'étaient groupés les principaux membres de l'Institut, encore en habits civils. Plusieurs avaient été mandés de Reims et de Toulouse. La bénédiction du pape fut le soleil bienfaisant qui fit mûrir les fruits du nouvel arbre.
Dans l'organisation de la maison-mère la sollicitude du supérieur alla d'abord au noviciat. Parce que l'institut se reconstituait dans la fidélité à sa mission, Dieu lui envoyait des vocations de choix, qui s'épanouissaient sovis la direction de frère Emery. En 1805, se formait à la vie religieuse, au Petit-Collège, frère Anaclet, futur supérieur général, en 1809 frère Roniface nommé plus tard Philippe, supérieur général d'impérissable mémoire. En 1814 le bienheureux Vianney songeait à demander son admission. Voici, à ce sujet, ce qu'écrivait frère Gérard : « M. Vianney, étudiant ecclésiastique chez M. Balay, curé d'EcuUy, vint au séminaire de Lyon pour l'examen d'admission aux saints ordres.
Etant trop faible, il fut refusé comme n'étant pas assez savant, mais qu'il reviendrait se présenter pour être frère ; le lendemain, il m'écrivit de n'en pas parler, et que M. le curé voulait qu'il continuât ses études. » A la maison-mère, logeaient aussi les religieux qui faisaient l'école dans les divers quartiers de Lyon ; après frère Pigménion envoyé, en décembre 1805, à Trévoux, pour y fonder l'école, le Petit-Collège fut dirigé, en 1809, par frère Barthélémy; en 1813, par frère Guillaume de Jésus, futur supérieur général; en 1820 par frère Jean-Ghrysostome.
D'autre part, l'institut se fortifie et s'étend : de cinq maisons françaises qu'il comptait, en 1803, il passe à huit en 1804 ; onze autres se fondent en 1806, et partout, sauf à Reims, la gratuité des écoles est rétablie. En 1807, six maisons nouvelles sont ouvertes, puis une encore en 1808. Le 17 mars de cette année le décret portant organisation de l'Université
de France confirma, par son article 109, l'existence légale et la personnalité civile de l'institut ; c'était en quelque sorte le concordat entre l'État et la congrégation ; ce décret aurait pu faire perdre à l'institut son caractère de congrégation religieuse mais Fontanes, le grand-maître de l'université, interpréta l'article 109 avec assez de largeur d'esprit pour que Fautonomie de la société se maintînt.
Intérieur de la chapelle du pensionnat des Lazaristes. fallait Cil effet SOllgCr à
donner un successeur au défunt frère Frumence, vicaire général de l'institut. Le 24 mars 1810, les frères Barthélémy, dii-ecteur du Petit Collège, Emery, directeur des novices, et Célestin, procureur, demandèrent à Fonlanes l'autorisation de procéder, selon les formes canoniques, àl'élection d'un supérieur général. Le 10 mai 1810, Fontanes répondit : « J'autorise la congrégation de Lyon à procéder au remplacement de son supérieur, en se conformant aux formalités prescrites par les statuts des Ecoles chrétiennes. » Le 8 juin, parut la lettre de convocation pour le XIP chapitre général, qui se tiendrait à la maison-mère au mois de septembre suivant. Disons en passant que le visa des statuts fut donné parle conseil de l'université, le 6 août 1810. L'autorisation accordée à l'institut en 1803 et 1808 se trouvait ainsi confirmée et complétée. «Le Petit-Collège eut donc la joie de voir se réunir, en septembre 1810, le premier chapitre général depuis 1787. En la fête de la Nativité de la Sainte-Vierge, frère Gerbaud, directeur de la communauté du Gros-Caillou, à Paris, était élu ; il avait cinquante ans, dont vingt-quatre de profession. >.