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FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES AU PKTIT-COLLÈGE ET AUX LAZARISTES

Huit ans après, on songea à transporter à Paris la maison-mère. « En raison des progrès ■de la congrégation, apparut Tutililé, la quasi-nécessité de quitter la ville de Lyon pourtant si hospitalière. Les rapports avec les ministères étaient devenus quotidiens; ne seront-ils pas facilités parla résidence des supérieurs dans la capitale ? Si quelques dilïicultés s'élèvent, ne serait-il pas plus facile, à Paris, ou de les élucider par de promptes explications, ou de se ménager des protecteurs? » Ces considérations l'emportèrent et le 28 janvier 1821, frère Gerbaud et ses assistants, Emery, F]loi et Guillaume de Jésus, s'installaient à Paris à la maison-mère dite du Saint-Enfant-Jésus.

Le Petit Collège avait été, durant seize ans, le centre administratif de l'institut. Pendant <îe temps, 119 maisons s'étaient ouvertes. Lors du transfert à Paris, la Congrégation comptait 950 membres, 310 écoles, 664 classes et 50.000 élèves. « Seize ans avaient donc suffi pour que l'œuvre de saint Jean- Baptiste de la Salle retrouvât le même développement qu'en 1789. »

Jusqu'en 1836, les frères âgés, les novices et les religieux employés aux écoles, continuèrent à habiter le Petit-Collège.

« La communauté fut dirigée

les frères

par

Jean-Ghrysostome , Lambert et Mamert.

En 1836, les frères des écoles du nord de Lyon, les novices et les vieillards se transportèrent dans la maison dite des Lazaristes, montée Saint-Barthélemy, 24, achetée à M'^*^ Pauline Jaricot. Dix-huit religieux, employés aux écoles du midi, restèrent au Petit-Collège, sous la direction successive des frères Othmar et Sylvestre, jusqu'en 1843. Alors la ville de Lyon, qui avait désiré rentrer en jouissance du Petit-Collège, logea ces religieux dans une habitation sise rue Sainte-Hélène, 14. Depuis cette époque, l'ancienne maison-mère des frères à été affectée à un tribunal de justice de paix, à des écoles, aux facultés de théologie et de droit, et à la mairie du V"" arrondissement, qui l'occupe aujourd'hui. »

Il reste à donner quelques détails sur la maison dite des Lazaristes, acquise en 1836 grâce à la générosité de la chanoinesse Marie-Thérèse-Françoise Bottu, comtesse de la Barmondière et d'autres bienfaiteurs parmi lesquels il faut citer MM. de Verna et Rusand. On y installa un pensionnai qui fut bientôt un des premiers établissements d'éducation de Lyon et de la i-égion. Il doit en grande partie son développement à frère Jean Imbert, homme de talent, qui releva le niveau de l'instruction, établit des concours pour les

La mort de saint de La Salle.

(Chapelle des Lazaristes.)

exercices corporels, fonda une académie el institua des séances littéraires dans le but de former l'esprit des élèves de l'Institution, de leur donner la science de la parole et de les préparer à soutenir en public la discussion et le développement des idées.

Jean-Imbert fut non seulement un professeur modèle, un censeur intelligent, mais surtout un organisateur éminent. En octobre 1868 il était appelé aux fonctions de directeur du pensionnat; sous sa haute direction, les classes furent doublées, les dortoirs agrandis, les réfectoires réorganisés et embellis ; les musées complétés d'exemplaires de fauves, de séries de monnaies, d'échantillons lapidaires, d'objets d'arts, anciens et modernes ; le cabinet de physique fut doté des instruments les plus récents; enfin frère Jean jeta les bases et fit

édifier ce magnifique bâtiment qui domine de sa magistrale et sévère structure toute la ville de Lyon ; il y établit cette belle salle des fêtes qu'envient tous les établissements d'éducation et sans rivale dans la région.

Aux premiers bruits de nos désastres de 1870, il ouvrit toutes grandes les portes de son pensionnat aux

Chapelle des frères des écoles chrétiennes à Caluire. soldats malades ou

blessés ; son ambulance, la première ouverte, devait être la dernière se fermer. Du commencement d'octobre 1870 au 31 mai 1871, 700 malades y furent recueillis et soignés: vingt et un hospitalisés seulement succombèrent à leurs maux ; trois membres du personnel de l'établissement contractèrent la petite vérole noire, et l'un d'eux mourut de la contagion.

Pendant que le drapeau des ambulances flottait sur le pensionnat les membres des factions populaires s'y présentèrent; on prétendit faire de la maison une caserne pour les légions, un établissement pour la frappe de la monnaie, une poudrière, enfin des ateliers nationaux. Quatorze fois on vint pour s'emparer du pensionnatet quatorze fois Jean-Imbertput conserver son établissement. Pendant ce temps, les classes continuaient: l'année scolaire 1870-71 se termina même avec trois cents élèves. Dans la suite, l'internat ayant considérablement perdu de son importance, le directeur fonda le demi-pensionnat qui bientôt ne fut plus assez vaste pour les nombreux élèves qui y affluaient; on dut ouvrir une grande annexe rue de

ANCiliNS nôpiTAi'x r/r hospices

Sèze. Personne n'ignore le rang honorable que LiennenL aujourcriiui les anciens élèves du pensionnat des Lazaristes dans toutes les bi^anclies de la société : l'armée, la magislrature, le sacerdoce.

Depuis 1840 environ, les frères possèdent à Caluire, près de Lyon, une vaste maison dite maison provinciale, avec noviciat, bâtiment pour les frères âgés, enfin une belle chapelle.

La chapelle du pensionnai des Lazaristes est riche et fort spacieuse. Sa superficie a été largement augmentée par une vaste chapelle qui s'ouvre, à gauche, sur le chœur, en forme de transept et qui double presque l'église. Le maître-autel de marbre blanc est décoré sur le devant d'un Enfant Jésus couché sur la croix, avec, par côté, sainte Cécile et saint Louis de Gonzague. Au fond du chœur, dans un édicule, se dresse la statue du Sacré-Cœur montrant le ciel. A droite, toujours dans le chœur, une toile du peintre Grellet, représentant sainte Philomène ; vis-à-vis, à gauche, s'ouvre la grande chapelle annexe dont on a parlé. Dans le fond, on a placé la statue de saint Jean-Baptiste de La Salle, et à droite se déroulent quatre toiles du même peintre, racontant la vie du saint fondateur. Dans la petite nef de gauche, se trouve la chapelle de la Sainte-Vierge avec autel de marbre jaune, doré, et statue de la Vierge-Mère vénérée par les anges tenant des flambeaux : c'est une œuvre de Millefaul. Dans la nef de droite, chapelle de saint Joseph avec statue du même sculpteur ; au bas des petites nefs, on a placé deux toiles : un tableau commémoratif de la restauration de l'institut en 1803 et Jésus- Rédempteur.

Au-dessus des trois portes d'entrée se trouve une vaste tribune supportant les orgues. Les vitraux de la chapelle ne comportent pas de sujets, mais sont consacrés aux symboles des vertus.

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