‹ Histoire des églises et chapelles de LyonChapitre 88 sur 174 · ANCIENS HOPITAUX ET HOSPICES · texte numérisé non relu

ANCIENS HOPITAUX ET HOSPICES

Parmi les nombreux petits hôpitaux qui peuplaient Lyon au moyen âge, il en est un sur lequel nous insisterons parce qu'il forme l'épisode le plus curieux des annales hospitalières de notre ville.

En 1280, Aymar, archevêque de Lyon, usant de son pouvoir absolu de souverain spirituel et temporel de la ville, enleva à ses recteurs primitifs l'hôpital Saint-André, fondé par Ponce Blanchard sur le bord de la Saône, à l'extrémité méridionale de la rue Mercière et le donna, avec tous ses biens et revenus, aux religieux de Saint- Antoine en Viennois. Les Antonins, institués a la fin du ix'^ siècle à la Mothe-aux-Bois, aujourd'hui Saint- Antoine, près de Saint-Marcellin (Isère), furent d'abord et restèrent pendant plus d'un siècle une confrérie laïque, qui se dévouait particulièrement aux malades affectés de l'épidémie dit mal Saint-Antoine sévissant alors fréquemment dans le Dauphiné. En

12J8, le pape Honorius III érigea les confrères en ordre religieux hospitalier et le& admit aux trois vœux. Puis, ils devinrent chanoines régaliens de Saint-x\ugustin : une bulle d'Innocent IV, en 1246, concernant l'hôpital Saint-André, leur donne déjà ce titre. Il est très probable qu'ils avaient été appelés, dès l'origine de l'établissement lyonnais, par Ponce Blanchard lui-même à cause de leur habileté comme infirmiers.

En 1246, Guichard de Gondrieu et sa femme leur donnèrent une maison située à Saint-Georges, au pont du Sablet, aujourd'hui quai Fulchiron, à l'extrémité de la rue du Viel-Renversé. Ge petit hospice, à peu près inconnu des érudits, ne dura guère, car dès 1280, il fut transféré dans la contracterie Saint- André, qui en prit son nouveau nom de Saint-Antoine.

L'hôpital Saint- André avait de grandes ressources, dont les Antonins héritèrent; il possédait trente-cinq propriétés, dont douze relevaient du chapitre primatial et sont mentionnées dans un acte de reconnaissance des Antonins à l'église de Lyon ; parmi les autres, plusieurs ne figurent pas encore dans l'inventaire de 1662 : tènement entre la Saône et la rue Mercière s'étendant de l'extrémité méridionale de la rue de la Monnaie à plus de cinquante mètres au delà de la rue du Petit-David, et jusqu'au voisinage de la rue Marchande ; sur la rue Mercière, maison de rapport louée par les libraires Pillehotte, Arnollet, Jean Huguetan, ce dernier, souche des comtes de Suddesten ; une propriété importante à Vénissieux ; vingt-sept dans la paroisse de Ghaussagne, aujourd'hui localités de Parilly, Saint-Alban, Montchat ; six à Villeurbanne, entre autres la grande ferme Salomon, plus tard Saint-Antoine ; une à Oingt, etc. ; tels étaient leurs immeubles considérables.

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