CHAPITRE VIL
MOYENS DE PRÉPARATION ET DE CONSERVATION DES PIËCaSS D*ANATOMIE NORMALE, D'ANATOBOE PATHOLOGIQUE ET ^'HISTOIRE NATURELLE, AYANT LE PROCÉDÉ GANNAL.
Parmi les connaissances qui sont du domaine de la médecine, ranatomie normale et Tanatomie pathologique occupent le premier rang ; elles sont la base nécessaire des études fortes : tous les bons esprits Tout senti- Cette conviction a été la source des efforts persévérants d'une foule de savants distingués, qui se sont persuadés avec raison qu'ils méri-> feraient l'estime et la reconnaissance de leurs semblables , s'ils parvenaient à composer des collections de gravures ou de pièces artificielles représentant la forme « la couleur, etc., de chacun des organes , ou s'ils découvraient des modes de préparation propres à conserver les
organes eux-mêmes avec toutes les qualités physiques qu'ils ont à l'instant de la mort.
Nous n'ayons point a établir de discussion sur la haute importance de ces différents genres de travaux ; car toupie monde la comprend , et les plus graves autorités ont prononcé sur cette matière. Qui ne sait la vaste part que notre illustre Cuyier accordait dans le progrès ^es sciences naturelles, à celui qui le premier eut ridée de conserver les pièces dans l'alcool ? - On voit en effet, au premier coup d'œil, que la plus belle et la meilleure bibliothèque pour le médecin et pour le naturaliste serait une collection de pièces artificielles , ou mieux . de tous les organes du corps des animaux et de rhomme préparés habilement et conservés sans aucune altération des propriétés qu'il importe de connaître.
On comprend qu'une collection où tous les organes seraient disposés par séries , où on les verrait passer par leurs degrés successifs d'accroissement et de décroissement , offrir leur différences individuelles et sexuelles, leurs ' points de contact pu d'éloignement dans les diverses classes du règne animal, leurs anomalies , leurs affections pathologiques, leur struc-
ture intime, etc., oq compirendy dishje, qu'imii telle collectioa serait une source ipépiiisable de connaissances ; elle acquerrait une nouvelle valeur par l'adjonction d'une série de pièces représentant l'anatomie détaillée de chacune des parties où se peuvent exécuter les opéra-^ lions déterminées de la chirurgie.
Mais cette bibliothèque si éloquente , si instructive , existe-t-elle aujourd'hui? Possédons*nous les moyens delà form^P L'examen des différents procédés doit nous fournir la réponse â cette question; il mettra en. outre nos lecteurs à même d'estimer la part que nos moyens peuvent avoir dans l'acoomplissement de cette œuvre.
Et d'abord, tout en reconnaissant l'utilité des gravures^ des pièces en cire et des pièces m^ tificielles en carton^ en bois blanc ou en composition dont les auteurs ont gardé le secret , on sent que, quelle que soit l'exactitude de ces différentes représentations, elles ne donnent jamais qu'une idée incomplète de la chose représentée, l^ Les gravures et Iss planches ^ h avantageuses pour revoir, pour se rappdeâr les études sur le cadavre , ont perdu de leur imr portance à mesure que les moyens de se prot-
eurer das côrpf opt été plus faciles : elles ont pu rendre de grands services et, contribuer aux progrès de la science dans les beaux ouvrages a^alomiques des Meckel , des Lauth ^ des Hall^r, des Zinn, des Hunter, des Gruikshank, des Coivper ^ des Yicq-d'AEjrr et d'une foule d'autres savants d'élite | aujourd'hui mémje encore, elles sont justement recherchées dans les grmads ouvrage de MM. Cloquet , Bourg&^ rie ( 1 ) , etc. ; mais elles viennent en second ordre, et seulement pour aider la mémoire; car, quelque chose que Ton fasse , elles auront toujours plusieurs inconvénients i i"* elles fan liguent ratlention, parce qu'on est obligé de multiplier trop les figures lorsqu'on veut examiner un objet sous tous les aspects où !1 peut être important de l'apercevoir ; a"" les organes sont rarement vus dans leurs dimensions naturelles ; 3* quelle que soit Texactitude du deS' ain, on se forme difficilement une idée juste 'du relief et des dimensions des organes ; 4"^ l^s rapports que l'on peut indiquer sont toujours
(i) Icà phinehes tle l'onYragô de M. Bilur^érie sont exécutées avec va loio r^mârqoiil^le,^! feroot époqiiôdàss
( 196) incomplets ; il est impossible de faire voir ainsi tous les organes en position et dans leurs rapports naturels.
2"". Les pièces en cire, plus rapprochées de la nature que les planches, reproduisent les objets avec une vérité admirable pour Tœil, mais pour l'œil seulement. On était naguères si pénétré de leur importance, que des cours de modelage étaient annexés aux écoles dans plusieurs villes de France ; cependant on ne peut se dissimuler que les pièces ainsi préparées laissent beaucoup à désirer : i"" les rapports des organes qu'elles indiquent sont très-bornés; 2"" il faudrait donc les multiplier à Finfini , si l'on voulait présenter, sous divers points de vue , les différentes parties du corps humain , ce qui est indispensable pour en bien comprendre les rapports et les connexions; 3"* et encore l'esprit se représenteràit-il difficilement l'ensemble des objets vus séparément sur un grand nombre jde pièces ; 4" ^U^s ne peuvent être, maniées et déplacées comme il convient pour l'étude , sans se déformer.
Z^^i Les pièces artificielles , qui ont plusieurs des inconvénients du modelage en cire, sont plus propres à donner la connaissance des parties
( 197 ) qui entrent dans la structure de Thommc ; cependant , qu'elles soient en bois blanc comme le sujet de Fontana, ou en carton comme celui du docteur Ameline ou de M. Âuzoux (i) , elles laissent ignorer bien des propriétés qui sont nécessaires pour prendre une idée exacte et complète des parties. En résumé ces trois moyens de communiquer la science ont leur degré d'utilité, mais ils ne peuvent jamais soutenir la comparaison ayec la matière propre des organes ; ils pourraient servir à compléter un muséum, mais jamais à le former; aussi nous contentons -nous de les mentionner ici pour leur assigner un rang.
Les pièces anatomiques qui mettent sous les yeux les organes eux-mêmes sont donc les éléments par excellence pour la formation des collections qui doivent servir à Fétude de Tanatomie normale , de l'anatomie pathologique et de Thistoire naturelle. Mais la préparation et la
( i) Les sujets préparés par M. Auzoux sont pourtant ' propres à faciliter et à répandre l'étude de l'anatomie; ils sont bien supérieurs aux pièces desséchées. Il serait à désirer que dans tous les amphithéâtres on déposât un de ces sujets.
( '98) CGnscrtation de ces pièces est uâe science toute nouvelle ; on n'en doit pas être étonné , malgré 1 état avancé de nos connaissanees anatomiques^ si Ton pense aux difficaltés de toute espèce que les préjugés suscitaient à nos prédécesseurs. On dit bien , il est vrai , que Rnysch avait trouvé un moyen de conserver les corps morts avec toute l'apparence de la vie^ san$ dessèchement j sans rides^ avec un teint fleuri et des membres souples. . . Mais ce fait est-il exact? Et ne sommes-nous pas fondés à révoquer en doute de telles assertions, puisqu'aucune collection dé pièces anatomiques, préparées par ses procédés, n*est parvenue jusqu'à nous, et qu'aucune explication ne nous les a fait connaître ?
Nous pouvons donc dire que les moyens de préparation et de obnservatioii ne datent guère que du commencement de ce siècle. -«-Aucun d'eux toutefois n'a eu pour eb)et tst ooasertia^ tion d'un sujet ûntier : celui qui nous ùf^e le plus de parties réunies dans une même préparation a seulement rapport à l'anatomie proprement dite; c'est leprocédé de l'anglais S wan, donné par lui comme une nouvelle méthode pour faire les préparations anatomiques sèches et leur conserver l'apparence et les avantages
( ^99 ) des préparations fraîches , sans en avoir les inconvénients; ce procédé n*est, comme on le verra , qu'une application des découvertes de Chaussier sui^ les propriétés conservatrices du deuto-chlôrure de mercure. Nous le donnons ici, avant de passer en revue les modes de préparation pratiqués pour chaque organe ou chaque tissu.
« Pour décrire la manière de faire ces préparations, je prendrai seulement le bras pour exeinple.
» Le membre devra être choisi autant débarrassé de gi'aisse que possible. Une solution de deux onces d'oxi-muriate de mercure dans une dêmi^inte d'esprît-de-vin rectifié sera injectée dans les artères , et le lendemain on fera une dUtre injeetion avec une pareille quantité d'esprit de vernis blanc, dans lequel on ajoutera un cinquième de V€fl*nis de térébenthine et un peu de vermillon* Le membre doit ensuite être placé dans de l'eau chaude^ et y rester jusqu'à ce qu'il 90ât<3onteilablement échaûffépour faire lagrossc injection dans les artères , et les veines même , s'il est nécessaire. Si l'on doit injecter les veines, il Vaut mieux en faire sortir le sang qu'elles con-. t)m«ent ^ âtec de l'eàH , avant de pousser dans
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les artères la solution d'oxi * muriate de mercure, parce qu'il revient toujours parles veines quelques portions de cette injection qui coagule tout le sang qu'elles contiennent, et empêche la grosse injection de parvenir dans les plus petites branches.
* > Après que le membre a été injecté, on le dissèque. Chaque fois que l'on, quitte ce tra* vail , il est bon de couvrir lés parties qui ont été mises à découvert avec un linge imbibé d'eau; et lorsqu'on reprend la dissection, on remarque un grand avantage, c'est que les parties injectées avec la solution de sublimé souffrent très-peu d'altération en plusieurs jours , et sont retrouvées dans le même état où on les a laissées , tandis que , par la méthode ordinaire , en un ou deux jours tout est si changé , qu'il y a peu de profit à revoir ce qui a été f^it, et si la dissection est longue, on le reconnaît à peine lorsque tout est fini.
• Un autre avantage , c'est que l'on peut disséquer partout , puisquelapréparation est sans odeur.
» Lorsque toutes les-parties sont à découvert, et que l'on a ôté toute la graisse et le tissu cellulaire , il faut mettre le membre ainsi préparé
dans une solution de deux onces d'oxi-muriate de mercure dans une pinte d'esprit-de-vin rectifié, et l'y laisser plongé entièrement pendant une quinzaine de jours au moins , car il ne peut y rester trop long-temps. Une boite de chêne peinte en blanc et vernie est ce qu'il y a de mieux pour contenir le membre dans la solution; le couvercle ferme hermétiquement pour empêcher l'évaporation de l'esprit -de -vin.
— On retire le membre tous les deux ou trois jours, et on ôte tout ce qui peut rester de tissu cellulaire, puis on le remet, en plaçant la partie qui touchait le fond de la boite endessus. La meilleure chose pour placer la préparation , lorsqu'on la retire de la solution , est une auge de boucher qu'on a d'abord bien huilée, sans quoi ce vase s'imbibe, et il en résulte une grande perte de la solution. — Quand le membre est resté assez long -temps dans la solution , on l'en Retire pour le vernir et le peindre.
» Avantde procédera ces opérations,Ie membre tenu dans l'extension est suspendu et essuyé , puis enduit de vernis blanc. Le même jour les nerfs , les tendons et les expansions tendineuses doivent aussi être vernis; ce que l'on répète
tous les jours une fois, pendant trois jours de suite. Le cinquième jour les tendons doivent être recouverts d'une couche de vernis jaune et de peinture blanche mêlés par parties ^ales ; on recommence cette opération le septième 5 le huitième et le neuvième jour. On enduit les ùerfs aussi souvent qu^il parait nécessaire, atvec un mélange par parties égales de peinture blanche et de vernis blanc.
» Aussitôt que les muscles sont devenus raides, ils {)euvent étt*e peints , en faisant attention que les nerfs et les tendons ne soient pas touchés par la peinture. A peu près un mois après que lé membre â été retiré de la solution , ceux des nerfs et des fendons qui ne sont pas suffisamlïtentpints doivent être recouverts de peinture et de Vernis autant de fois que cela est jugé nécessaire. Mais on laissera toujôufâf uii jour dlnfervaïle entre chaque applîcâtîofi de peîntcrre ou de vernis.
»Ce temps de Fopératîon terminé, on lave hs tendons et les nerfs avec de Fhuile de lin bouîltïeen un seul trait, et, cette couche séchée, on en donne une seconde sur tout le membre; enfin plusieurs couches de vernis copal terminent f opératîom. tsf première couche de vernis
copal s'applique sur le» artères avec une légère addition de yermillon et de bleu de Prusse pour les veines.
«Pour conserver le foie, il faut injecter d'abord la veine porte et les conduits excréteurs avec de Tésprit de vernis blanc, auqjiiel on ajoute un cinquième de vernis de térébenthine et quelque matière colorant^, telle que le rouge de plomb. Puis on fait la grosse injection , après laquelle le foie est mis dans la solution pendant quinze jours au moins ; il n'est pas nécessaire de le chauffer avant de l'injecter. Les ligaments se préparent de la même manière que les tendons.
» Voici la composition des peintures et vernis qui sont employés dans les préparations précédentes :
i*". Vernis btanc^
Prenez : baume de Ganfida; eftfwit de térébenthine, de chacun , 5 onces.
Vernis mastic , 2 onces.
Mettez le tout dans une bouteille, et agitez jusqu'à mélange parfait.
2*. Vernis magiie*
Prei^z : mastic en poudre, 4 onces^; fnettczdans une pinte d'esprit de térébenthine:
Agitez tons les jours jasqa'à ce que le mastic seii dissout.
3<*. VirnU jaune.
Faites infuser une once de gomme-gutte en poudre dans 8 onces d'esprit de térébenthine pendant quinze jours; puis^ arec parties égales de cette ligueur tirée à clair, de baume de Canada et de vernis mastic, on forme le vernis jaune.
4*. Peinture blanche*
Trois onces de peinture blanche et uqe once d'esprit de térébenth n e servent à la former. ^
5*. Peinture pour les muscles •
Elle se fait de laque, de bleu de Prusse et de vernis blanc, auquel on ajoute un quart de vernis de térébenthine.
6*. Injection rouge,
% Cire, 4cnces.
Vernis copal , 4~ ^^^^ • Plomb rouge, —-once.
Vermillon, 2 gros.
Faites fondre ensemble.
7*. Injection verte.
3^ Cire, 4 onces Cendre bleue, -^ once.
Vernis copal , -J- once.
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8*. Injection bleue.
Pour la former, il suffit d'ajouter à l'ÎDJectioD verte ua demi-g^ros de bleu de Prusse en poudre.
Les avantages de telles préparations ne répondent en aucune façon aux promesses du titre ; les pièces artificielles de M. Âuzoux sont de beaucoup préférables , puisque ses cartons donnent la forme que les pièces anatomiques de Swan ont perdue par la dessiccation.
§ I". Cfénéralités sur les opérations qui précèdent
la conservation.
La dessiccation et l'immersion dans des li^ quides sont les seuls moyens de conservation.
Le choix des sujets qui doivent servir à ces préparations , dit M. le docteur Pâtissier, n*est pas une chose indifférente. Les jeunes sujets ot les femmes maigres sont préférables pour les pièces de névrologie et d'angéiologie ; ks adultes et les vieillards grêles et secs , pour la préparation des os qu'on veut articuler, et qu'on désire avoir à leur plus haut degré de développement; les individus d'une constitution athlétique, pouf la préparation des muscles.
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Les temps favorables à la préparation et à la conservation des pièces anatomiques sont en général un hiver froid et sec, ou la chaleur ardente de l'été; plus Tévaporatîon de Fhumidité des matières aniniales est rapide, plus leur conservation est assurée.
he^ moyens de conservation doivent être précédés de quelques opérations 9 telles que la dUêe^tion, la macération, V injection 9 les lavageB, les corro$ionSf la ligature d€$ vai$$eausp^ la éèpur ration et la distension des parties.
(à) Dissection» EUe consiste à dépouiller la partie que Ton veut conserver des tissus et des organes qui lui sont étrangers : si elle a pour objet une préparation de muscles, par exemple, ces orgpnes sont laissés seuls avec leurs inseptioii^ aux Qs, ou bien les vaisseaux, injectés aupar-iivant , conservent leurs rapports avec les musclas et les 0$.
Toutefois, dans la dissection des parties du)rti$ 9 -^s^it qu'on se propose de suivre des br^GbChes^ de vaisseaux et de nerfs quipénètrent ou ae ; .distJ^ibuent dans leur ^substance, soit qu'on veuille développer et rendre plus apparente.. J^r organisë^tion,. il est moins convenable de recourir auK instrument» qu'aux ré-
( «07 ) actifs chimiques qui mettent en évidence les parties qu'on désire connaître. Lorsqu'on a pour objet la préparation seule des os , l'opération se compose de deux temps , i'^a?camatian et la déalbation, dont les détails seront présentés à l'article sur le tissu osseux.
Çb) Macérations et corrosions. Ces opérations sont fréquemment mises en usage par le naturaliste : l'eau , Iqs acides , les alcalis , les huiles volatiles , etc. , servent à produire des effets variés pour la préparation des différents tissus. La macération des différentes pièces du squelette s'opère à l'eau. L'emploi des autres liqueurs a pour objet, en attaquant plusieurs parties qu'elles dissolvent, d'en ménager d'autres qu'on cherche à mettre à nu.
Ainsi 9 pour absorber les graisses qui suin<tent des squelettes de certains.poissons ou d'os dont la macération n'a pu bien s'établir, il est utile de tremper la pièce dans une pâte d'alumine marneuse, qu'on met alternativement sécher au soleil et ramollir, afin de faire absorber par l'argile les huiles fétides dont les qs sont imprégnés.
Four dissoudre les graisses dont certaines parties se couvrent quelque temps après lêw
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préparation, comme cela arrive à quelques squelettes naturels , il faut souvent faire tremper la pièce dans une liqueur alcaline, ou bien la laisser macérer pendant quelques semaines dans une huile volatile très-pénétrante. Ce n'est qu a l'aide de ces procédés qu'on parvient à suivre les nerfs de l'encéphale dans plusieurs cétacés, quoique ces parties présentent chez ces animaux des dispositions extrêmement sin* gulières.
C'est dans le même but qu'on doit faire ma* cérer, soit dans l'eau élevée à u^ certain degré de température, soit dans des liqueurs acides, les tissus durs dans l'intérieur desquels on se propose de mettre à nu certaines parties. Ainsi les nerfs et les vaisseaux de la racine des on*gles, des cornes, de la pea^, ne peuvent être bien mis à découvert que par ce procédé. Les canaux qui traversent certains os ne peuvent, comme nous l'avons déjà indiqué , être suivis avec facilité qu'autant que la pièce a séjourné dans une liqueur acide pendant un temps plus ou moins considérable.
Les macérations dans les liqueurs alcalines et éthérées sont encore du plus grand secours, ainsi que l'ont prouvé les recherches si heu-
reùsement conçues et exécutées par Bichat.
Enfin, les corrosions sont indispensables pour nettoyer les pièces injectées dont on Yçut enlever le parenchyme , et dont on ne désire conserver, pour ainsi dire , que la matrice for«* mée par le canevas intérieur du tissu vasculaire.
Yoici quels soins elles exigent :
La partie injectée est abandonnée pendant deux ou trois jours dans un vase rempli d'eau pure, qu'on a Tattention de renouveler, afin de la faire mieux dégorger du sang qu'elle peut contenir. On la place ensuite solidement sur un morceau de cire fixé au fond d'un vase de porcelaine, percé latéralement à son fond^ afin de pouvoir décanter la liqueur qu'on doit y verser sans déranger les pièces de leur position* Cette liqueur corrosive est de l'acide muriatique ou esprit de sel ; on peut aussi employer, pour le même usage, l'eau-forte des graveurs où l'acide nitrique.
La première fois, on laisse la pièce deux ou trois heures dans cet acide. On décante ensuite et on fait passer à sa place une même quantité d'eau qu'on laisse couler en filet. On laisse cette eau cinq à huit jours, selon la saison ^
( âio )
jusqu'au moment où Teau est eouterle d'èi cume et que la pièce commence à devenir cotonneuse à sa surface; on décante une seconde fois et on place le pot sous le robinet d'une fontaine dont on laisse échapper un petit filet d'eau qui emporte lentement el sans secousse les parties qui se sont détachées. Lorsqu'oa remarque que le lavage n'emporte plus de matière animale, on verse de l'acide dans le pot , dont on a rebouché la canelle avec un boa*^ chou de verre ou de porcelaine chauSéet en« duit de cire. On répète ce pix>cédé tous le»
quatre a huit jours , jusqu'à ce que les tumqnet des vaisseaux soient tout-â-fait détruites, et ^e la matière de l'injection se montre à n^ 4e toute part (t).
(c) Injections. Elles sont ëvdcuati^es^ répUii^ ves, anai-^eptiquei y eu cansêrmitriees. Leê pre^ mières ont pour objet , comme leur nom^L'in^ dique ^ de débarrasser les vaisseaux ou lôa oi^anes creux des matières et des fluides quilea
I T II t>»Êmmmmi^im*mmJ^mmét^^^bmmmmAi
(i) Ces détails sur la macé.ratîoD et les corrosions sont extraits d*un travail plein d'intérêt de M. le professeur Doxoérih: £5510 sur Us huiy^ni de perfecthnnet et ^étSenérW
{ ail ) ^
tetttp\\É%mt ) elles sont faites avec reâu,( dtec les aeidés trës-dffàiblis ^ avec l'alcDol étetf du ^ etc« Âinêi , 11 eéi hon de pousser de Teau ou de YbU caol dans les vaisseaux sanguins pour les pré-^ parer à recevoir l'injeciion réplétive ou ritijeo^ tion conservatrice. Les secondés sont ou défi^ fiitlvës 611 temporaires.
lies substances qu'on emploie dans ces inh Jèçtions sont des véhicules ou deè matières cO« lofantes. La nature des véhicules détermine celle des couleurs , qtii doivené être , autant que pofôlble , anâlogfues à celles des humeurs qi»e eéntehaient les vaisseaux dans Tétàl de vie^
Ou emploie! rarement pour véhicules les fluides qui restent toujours iels$ car les pièces ainsi injectées ne peuvent être disséquées , et elles laissent, en outre, déposer à la longue les matières colorantes qu'elles tenaient en sus^ pension.
Les liquides Chargés de colle ou de gélatine ^ dotot on se sert dans les injections ordinaires y oM rittcMivénlent de fie point être également solidifiables aux divers degrés de température^ 6ti de se prendre trop rapidement eh gelée par Uf refroidissement Elles sont £iites avec les coites dti eomitierce^ soit simpAes, sait mélao^
^ées avec des matières gommeuses ou sucrées ; on fait usage ordinairement de celle dite de Flandre , quoiqu'on la fabrique à Paris , et de celle qu'on appelle colle à bouche, qui n'en diffère que parce qu'elle contient un peu de gomme et de matière sucrée.
Celle qui réussit le mieux , parce qu'elle se fond à la chaleur de la main et que cependant elle se coagule à une température de 25 ou 26 degrés du thermomètre de Réaumur , qui est un des plus forts points auquel s'élève notre atmosphère, est faite avec les membranes de poissons ou l'icthyocoUe. On en fait fondre une once au bain-marie dans le double de son poids d'eau, et on Fétend ensuite dans deux onces d'alcool qu'on a fait tiédir auparavant.
. Dans ces sortes d'injections gélatineuses on a beaucoup de choix pour les matières colorantes. Toutes celles qui sont broyées à la gomme, et dont on se sert dans la peinture en miniature et à la gouache , peuvent être employées; elles y restent très -bien su^endues.
On peut user alors avec avantage , pour les artères , des bâtons de carmin.de Delafosse et des laques carminées de Hubert ; pour le$ vei-
neSi du bleu de Prusse broyé au vinaigre , et du blanc de zinc d'Ântheaume ou de celui d'écailles d'huîtres bien porphyrisé , car la couleur des oxides métalliques est sujette à changer dans les matières animales; elles ont, en outre, l'inconvénient de se précipiter par le repos avant que le véhicule soit refroidi, et elles obstruent ainsi les plus petits vaisseaux.
Les liqueurs qui peuvent devenir solides par l'effet de certains réactifs offrent aussi quelque avantage. C'est ainsi qu'il est bon de faire tremper un jour ou deux dans la dissolution de noix de galle ou de tannin , les pièces injectées avec la gélatine , quand on veut les conserver desséchées. Dans les injections partielles de vaisseaux lymphatiques et particulièrement des chylifëres , on peut se servir du lait de vache ou de chèvre. Lorsqu'après avoir lié le canal thoracique on a fait pénétrer le lait par tous les vaisseaux dans lesquels on a pu introduire le bec d'une seringue de verre ou de celle qui sert à l'injection des points lacrymaux , on verse sur la surface de la partie injectée du vinaigre fort ou un acide affaibli qui fait concréter la partie caséeuse du lait^ de manière Qu'alors les vaisseaux chylifères se trouvent
remplis par un solide blanc , mais flexible" (i).
Les injections les plus ordinaires , les plus solides et les plus commodes , se font avec des matières grasses et résineuses. Qn emploie principalement les huiles volatiles, les bau-^ mes, les résines dissoutes dans Falcool, les graisses, la cire et les huiles fixes le .plus ordi-^ nairement. Qn combine ces diverses substances , on en varie la composition suivant la nature des injections qu'on veut préparer, et surtout selon la manière dont on se propose de les conserver.
La nature et la pr^aration des matières colorantes doivent aussi varier selon l'espèce de véhicule gras dont on fisdt usage.
Les huiles volatiles étant à peu près aussi pénétrantes les unes que les autres, on emploie le plus généralement celle de térébenthine, qui coûte moins cher. Cependant , pour les petites pièces » on préfère, à cause de Todeur, celle de citron, ou celle d'une ^orte de lavande (aspic
des boutiques) , qui ne sont pas non plus très^
(i) On peut voir dans la collection d'anatoraie comparée du Muséum d'Histoire Naturelle quelques pièces préparées pur ce procédé.
dkpAidieusefl. Quand on veut injecter unique^ ment a^ec Tune de ces huile» , ce qui fait une matière liquide extrêmement pénétrante, après avoir dissous une 'matière colorante préalable- Qient broyée à l'huile fixe , on fait chauffer 1^ gèrement le mélange. 0^ emploie ordinairement cette liqueur pour rendre sensibles les petits vaisseaux des membranes qu'on ne doit point disséquer, mais bien conserver danç leur intégrité* Si. l'on voulait injecter le gros tronc vaseulaire qui fournit à ces membranes, on pousserait , sur la fin de l'opération , un peu de vernis à l'essence qu'on aurait chargé de beaueoup de résine, et, avant de faire sécher la, pièce, on la mettrait tremper un )Our ou deux dans une dissolution aqueuse de muri^tq suroxigéné de mercure (deuto-chlprured^ mer*" eure ) , d'après le procédé de Çhaussien
Les matières avec. lesquelles on peut colorer le» huiles volatiles doivent être auparavant broyées avec le plus grand 9oiu. Il est facile de se procurer de celles qui sont préparées à l'huile de noix et qu'on vend dans de petites vessies pour être employées sur les palettes. Jiea oouleuri ^inai préparées et auialgamées intimement avec les huiles fixe&, restent beau-
caup mieux su^cndues ; les oxides les plus pesants 9^ même ceux de plomb et de mercure, ne sont point sujets alors à faire de dépôts.
Les résines dissoutes dans TespritHle-Tin se vendent aussi à la pinte et toutes préparées,: sous le nom de vernis, qui en général sont peu coûteux. Ceux que Tanatomiste peut détourner de l'usage des arts ordinaires au profit du sien sont employés principalement dans les pièces ()u'on veut conserver desséchées. On réussit parfaitement avec les vernis qu'on nomma dans les boutiques gras , rôux^à-bou , à la copale , et avec quelques autres qui restent long* temps fleiibles. Ces liqueurs sont difficiles à colorer ; il faut, pour la première, faire broyer la substance colorante avec Tessence , et pour les. autres avec de Talcool, et les incorporer de suite aux vernis après les avoir fait légèrement chauffer. Les laques carminées, ainsi suspendues dans le vernis gras , font absolument Feffet du sang artériel : cette couleur se conserve très^ bien , et avec de semblables injections il est absolument inutile de peindre la surface des ar*
tères.
Le mélange de graisse de mouton ou de suif, de cire blanche ou jaune , et d'huiles fixes dV
( ^17 ) lives , d€ noix ou de lin, font la matière des injections les plus ordinaires, même de celles qui sont destinées aux corrosions. Les différents degrés de solidité ou de mollesse sont détermi^ nés par les proportions calculées de la cire et de rhuile , et par Famalgame des matières résineuses et colorantes.
En général, dans ces sortes d'injections , on introduit auparavant, avec beaucoup de succès , une petite quantité d'iiuile volatile étendue dans la matière grasse qui doit servir à remplir les vaisseaux; par ce procédé préliminaire on chasse en avant et dans les plus petites ramifications une liqueur plus fluide, plus pénétrante , plus colorée , et susceptible de se refroidir beaucoup plus lentement
Je transcrirais bien ici plusieurs recettes propres à indiquer la proportion des matières grasses entre elles ; mais la saison dans laquelle on prépare les pièces , la nature des ingrédients qu'on emploie, font varier les quantités proportionnelles , de manière à ne pouvoir donner que des aperçus pour obtenir une matière qu'on rend plus solide ou plus fluide après l'avoir es* sayée par quelques gouttes qu'on fait refroidir à part. Voici cependant une de ces recettes ;
9^ De soif en braoohey 5 parties.
De poix de Bourgogne, %.
Dliuile d'oliyes pu de noix, a.
De térébenthine liquide et de matière colorante dissoute dans l'huile volatile^ i.
On né doit mêler cette dernière partie que lorsque la liqueur est bien fondue et prête à mettre dans la seringue ; car la chaleur fiiit ¥olatiliser les huiles volatiles, qui se dégagent sous forme de gaz, et font occuper à la masse un très-grand volume.
On peut aussi employer, comme matière d'injection , le caout-chouc ou gemme élastique dissous , mais susceptible de se prendre en gelée en perdant un peu de son véhicule par Itt dessiccation. Après avoir laissé cette matière dans un lieu humid^ et l'avoir bien lavée pour k' débarrasser de la matière argileuse qui l'im-' pr^ne ordinairement, on la dissout dans lea huiles valatiles en la faisant chauflbr au bainmarie , et sur un ibu très-doux dans un matri^s à long col. On ajoute petit à^ petit la quantité d'huile nécessaire pour donner à )a m^sse beaucoup de fluidité , et on y incorpore les matières èelorantes, mais que Ton a bfoyéçs d'âivai^ee avèo une huile volatile. On po)irrait aussi d^s»
( ^«9 ) Mudre la gomme élastique dans Téthpr : mais ee procédé est trop dispendieux; et comme matière d'injection , cette liqueur n^est point préférable à l'autre. Les injections élastiques ne dont avantageuses que dans la préparation de parties sur lesquelles on ne doit pas porter d'instruments tranchants , et auxquelles on désire faire conserver une certaine souplesse^ comme dans l'injection des cotylédons ou du placenta dans la femme. Cette liqueur, il feut Favouer, a le grand inconvénient de porter long-temps de l'odeur, de reprendre très-difficilement de la solidité , et de rendre les pièces poissantes et rebelles au vernis , qu'elles font charger de poussière.
Il est certains organes qu'on peut injecter avec des matières solides , pour obtenir en un relief résistant , mais grossier , les formes des cavités intérieures. Telle est l'injection avec la matière qui forme la pâte des stucs'ou du plâtre fin délayé dans une eau gélatineuse , qui donné à ce sel une plus grande solidité quand il a pris sa consistance. On emploie avec avantage cette matière grossière pour rendre plus solides les membranes de certaines cavités dans l'épaisseur desquelles on veut recherche^;' les nerfs* |ja pire
pure ne présente pas le même avantage , parce qu'elle exige plus de chaleur, et qu'elle éprouye un plus grand retrait par le refroidissement , quoiqu'elle convienne davantage dans le cas où Ton se propose de faire corroder par les acides toutes les parties charnues ou osseuses , afin de connaître la véritable forme de leur capacité intérieure; enfin l'alliage fusible de Darcet est eiiiployé dans des circonstances difi*érentes, mais il n'est pas plus utile (i).
Les injections conservatrices dont on peut aussi faire l'application aux vaisseaux et aux organes creux se composent des matières aux-* quelles on suppose des propriétés propres à conserver les tissus : telles sont les solutions salines mercurielles , arsenicales, ferrugineu-> ses , etc. , et difiérentes liqueurs aromatiques et spiritueuses.
(d) Lavages. Ils varient selon le but qu'on se propose : acides , ils servent à donner de la blancheur à certains tissus et de la résistance à d'autres; alcalins, ils nettoient les pièces, leur enlèvent le mucilage et les débarrassent de la graisse difiluente qui les recouvre. En un
(i) Mr Duméril {ouxra^e cité).
mot, Taction des liquides aqueux, huileux, alcalins, salins, acides, alcooliques, est nécessaire, avant la dissection comme après, pour conserver des pièces. ^
Lorsqu'on laisse ces pièces plus ou moins long -temps dans de Teau, elles subissent ce qu'on appelle le dégorgement : le bain doit être renouvelé jusqu'à ce qu'il ne se charge plus d'aucune matière colorante.
Le dégraissage rentre dans la dissection, dans la macération et le lavage.
(e) Ligature des vaisseaux. Elle se pratique avec une soie plate ou très -peu tordue, pendant la dissection ou immédiatement après, à l'extrémité des ..vaisseaux qui contiennent l'injection : qUc, est nécessaire pour empêcher la matière injectée de sortir des vaisseaux.
(f) Séparation et distension des parties. Elles offrent toutes les faces des pièces préparées aux agents de conservation qui doivent leur être appliqués , elles les soutiennent et les préservent de toute déformation. D'ailleurs on sent bien que les moyens de séparation et de distension doivent varier selon la forme des organes; l'air atmosphérique insufflé suffit pour les organes creux et peu épais , Testomac , les intestins , la
vessie^ etc. Dans d'antfés drconëtanoes léi lalnëf le crin , le coton ^ le plâtre , etc. , convienneÉi aaieux^
§ II. Moyens de conservation.
Les moyens de consenrallon peuvent se rana ger sous deux chefs principaux y comme ncma TfiTons dit, suivant que ranatomiste veut abaH*» donner à Fair libre les pièces préparées , on selon qu'il veut les préserver des insecte^ et \eA rendre plus transparentes à l'aide de certaines liqueur» dans lesquelles il les lient oontinueMcNment plongées.
Conservation par ta dessiccation. Lorsqu'^elle s'applique aux parties molles , elle n'est utile que pour l'anatomie proprement &te et Thi»^ toire naturelle i car elle ne peut- être employée pour les pièces d'anatolnie patbèlogique.
La dessiccation est précédée d'une immersloB plus ou moins prolongée y selon l'épaisseur dea ei^aneSf dans des dîssolutièns acides ou sar^ Unes , etcw ; celle qtîi présente le plus d'avan-« tages pour les nerfs , selon M. Dumériï, est Va^ cide nitrique étendu i
• liéa aels ^ qu'on emploie ordlnaiireiâeBl y
présentent <{uelque8 inoonvénieiits. Le muriate aur-oxigéné de mercure ( sublimé corrosif) V9k* comit trop, et fait resserrer les parties sur elles-mêmes ; le sulfate d'alumine triple (l'alun) se cristallise souvent dans la dessiccation , et produit dans Tintérieilr de la pièce, qui devrait être pellucide, des yégétations salines, qui non-* seulement soulèvent les lames organiques et rendent souvent sa surface comme tuberctH leuse , mais encore qui privent la partie de kl transparence nécessaire pour en &ire voir la texture) le muriate de &oude (sel de cuisine blanc ) attire l'humidité de l'air^ et fait ainsi écailler le vernis, qui ne peut avoir de prise sur la pièce. L'acide nitrique ( eau-forte ) étendu d'eau , dont on lave les parties , ne les expose point à ces inconvénients : la pièce conserve à la vérité un certain état de souplesse i elle jaunit un peu , mais elle n'est jamais bumide^
Les nombreux moyens dont on use pour di^ poser les pièces a la dessiccation peuvent être rapportés à quatre séries:
L'alcool rectifié , si l'on n'a pa» égard à la dépense , est préférable à tous les autres ; soa affinité pour l'eau lui donne la propriété d'£d>wrber l'hiwûdité diea pièces d'aaatomie»
Le deuto-chlorure de çiercure, le proto^nitrate de la même base, les dissolutions d'acétate de plomb et de proto-nitrate méritent la préférence parmi les substances métalliques.
Le sel marin et Talun sont à peu près les seuls parmi les sels terreux qui aient été employés pour cet objet. M. Breschet veut que, selon la méthode suivie par les hongroyeurs , on fasse séjourner la pièce pendant plusieurs jours dans le ^eï marin en poudre , pour l'immerger en^suite dans une forte dissolution d'alun, où elle demeure une quinzaine de jours : on l'en extrait pour la faire sécher.
Enfin le tannage est encore un moyen préparatoire pour la dessiccation.
Dessiccation. On peut , dit M. le docteur Pa-
tiâsier, dessécher les pièces à l'air libre , dans une étuve , dans le vide , et en employant des substances très-avides d'eau , et dans un bain de sable ou de poudres absorbantes ; mais la dessiccation au moyen de l'étuve est le v meilleur procédé. La chaleur de l'étuve ne doit être ni trop faible ni trop forte : la température convenable est celle de 4^* â 55"* centigrades.
Lorsque les pièces ont été desséchées par l'un des procédés que nous venons de faire
connaître , si elles étaient «abandonnées à ellesipêmes , elles seraient altérées en peu de temps par l'humidité et les insectes. — Il reste donc un soin à prendre avant de les déposer dans la collection, c'est de les laver avec uû liquide qui contienne une préparation arsenicale ou^ du sublimé, ou mieux de leur appliquer un vernis renfermant Tune ou l'autre de ces substances. Nous ne reviendrons pas ici sur la composition des vernis; nous en avons donné plusieurs formules en parlant de la méthode de Swan, et nous aurons occasion d'en parler de nouveau enpassanten revue les différents modes depréparation des naturalistes.
Conservation dans les liquides. On conserve ^ussi, et avec beaucoup plusd'avantage, les pièces d'anatomîe dans les liquides. Nous allons considérer ici les acides ou les eaux acidulées , les alcalis, Wsels, les huiles et les liqueurs spiritueuses ou alcooliques; nous exposerons leurs avantages dans certaines circonstances, leurs inconvénients dans d'autres.
Quand on emploie les acides pour conserver les pièces d'anatomie dans leur état naturel de souplesse , on a la précaution de les< étendre dans une assez grande quantité d'eau , afin
( âd6 )
quib ne puiddent pSiS corroder lés parties tit les racornir. En général , il est aVàntagêUï dé les faire séjourner dans un acide très-^faiblé pendant les premiers jours, et de ne les placer dans la liqueur préparée que lorsqu'elles ne font plus de dépôt. Les inconyénients de Ta* cide mûriatique sont de rendre la surface des pièces comme gélatineuse , gluante et transpâ-» rente ; de l'acide nitrique , de les jaunir et de les resserrer ; de l'acide sulfurîque^ de lesblan-» chir. Tous ces acides décomposent les parties lorsqu'ils ne sont pas assez étendus d'eau ; ils laissent pourrir ou laissent geler la liqueur , et font casser les vases quand ils sont trop faibles. Les proportions sont dictées par l'expérience, et dépendent de la nature de la pièce qu'on se propose de conserver. Ce sont particulièrement les pièces qui sont t^hargées de graisse qui se conservent le mieux dans les liqueurs acides.
On fait, en général, peu d'usage des liqueurs qui tiennent les alcalis en dissolution : on préfère les carbonates du commerce , et on s'en sert avec avantage dans les circonstances où l'on est forcé de conserver encore plusieurs jours 9 avant de les disséquer, des parties aol* maies qui éommencent à, Ae eottompre.
Les eels qui proviennent dé la combinaison des acides ayeo les terres j les alcalis ou les mé» tauk y peuTent être employés comme les acides purs étendus d'eau « Us ne sont pas sujets aux mêmes inconvénients. Le nitrate de potasse, le mtiriate d'ammoniaque, ceux de chaux et dé soudn , sont-très propfeë à conserver des pièces de myologie; ils semblent même relever la cou* leur rouge des muscles^ lorsque les dissolutiond de ceé sels sont très-saturéès t mais alors elleë sont sujettes , les unes $ à ^se liquéfier , les au-^ trei, â s^effleurir ou à se cristalliser sur les pa* rois des bocaux et à la surface même des par-* tieS; ce qui est uh grand inconvénient ^out les pièces que Ton veut mettre en exposition^
La dissblution dé sulfate d'alumine triple ( alun du commerce) est employée âved les mêmes avantages} elle est oependant/il faut l'avouer, plus propre à la conservation des parties membraneuses qu'on a eu d'abord l'attenttoil de faire long'^temps macérer. En général, cette liqheur décolore les parties et laisse déposer , â la longue 9 sur les patois des bocaut et à la surface des pièces qu^elle blanchit, la matière terreuse blanche dont elle est chargée; ce qui est un grand inconvédlent et ce qui
exige beaucoup de soin dans les temps où Tatmosphère se refroidit tout-à-coup.
Chaussier a proposé , dans ces derniers temps , la dissolution du muriate suroxigéné de mercure ( deuto-chlorure de mercure) dans Teau distillée. Cette liqueur est très-avantageuse , mais elle blanchit la surface des pièces , surtout les muscles ; elle les racornit et attaque les instruments qu'on y plonge lorsqu'on yeut faire de nouvelles recherches sur des parties déjà préparées. Cette découverte est cependant très-précieuse pour obtenir .des momifications de certaines parties qu'on veut conserver ensuite à l'air libre. Pour obtenir une solution toujours également saturée, Chaussier (i) a conseillé de tenir au fond de la liqueur deux ou trois nouets de linge fin qui contiennent une certaine quantité de ce sel métallique, afin que la saturation soit toujours complète.
En général, nous le répétons, ces. liqueurs conservatrices ont le grand inconvénient de laisser suspendues , après les gelées , les matières albumineuses que le refroidissement a fait
(i) Voyez Bulletin des Sciences, par la Société Philo* inalhic[uey tom. III^ 5ixième année, d" 3«
( ^29 ) précipiter; de sorte que le fluide du vase qui contient les préparations devient trouble et ne laisse plus apercevoir les objets. £n outre , la liqueur se gèle et fait casser les bocaux lorsque la température est très-basse.
Les huiles volatiles , quel que soit le végétal dont on les ait extraites , sont très-propres à conserver les pièces d'anatomie. Elles perdent à la longue , il est vrai , leur transparence ; elles s'épaississent , laissent tomber au fond du vase qui les contient les fluides animaux qui suintent des pièces , ce qui les expose à se corrompre. Mais tous ces changements sont sensibles à l'œil 5 e^ le défaut est facile à réparer lors* qu'on s'en aperçoit à temps pour renouveler la liqueur, qu'on peut ensuite faire distiller de nouveau.
11 ne faut jamais employer ces liquides pour conserver les parties chargées de graisse, car elles les dissolvent à la longue et les pénètrent entièrementen changeant leur forme, leur couleur.
, On emploie les huiles volatiles, et surtout celle de térébenthine, qui est à meilleur compte, pour conserver avec le plus grand succès certaines
injections dont les yéhioules serment solublos
4«ltB ralcool f et toutes les plèoes dont les vait* seaux ont été pénétrés par une gélatine colorée; enfin, on se sert de ces huiles dans tous les tsas où l'on veut conserver la transparence de cer«« taines membraues qu^on a fait dessécher aupa«* ravant.
Les liqueurs alcooliques sont celles qu'on emploie le plus ordinairement dans la conser-vation des substances animales. Si elles coûtent davantage , elles sont sujettes à de moindres in* oonvénients. Leseaux-de«-vie, le rhum, le tafia» sont colorés par une partie résineuse qui trouble leur transparence, et qui est sujette à former des dépéts. On préfère aujourd'hui Talcool de cerises , de grain , de cidre ou de vin , qu'on se procure bien rectifié et transparent , et qu*on affaiblit ensuite en rallongeant avec de l'eau distillée , de manière à obtenir de l'alcool bien limpide, marquant de vingt^deux à trente de<» grés à l'aréomètre de Baume.
On employait encore, il y a quelques années, > de l'alcool dans lequel on avait fait dissoudre certaines résines transparentes ou incolores, comme le camphi^; mais on a reconnu depuis^ que les substances animales qui ont Séjourné dans ces liqueurs y ont contracté une odeur si
désagréable et si nauséabonde, qu'il est très* pénible de les tenir long -temps à nu pour les travailler : c'est pourquoi on préfère l'alcool pur.
Cependant, quand on Têut conserver des préparations de nerfs, il est bon de verser quel* ques gouttes d'acide muriatique dans le bocal qui renferme résprit*de<'Vin. Ce mélange blan-» obit et rend beaucoup plus sensibles les fibres nerveuses sur lesquelles l'acide semble agir plps spécialement. On a réussi aussi quelquefois 4 enlever la teinte jaune que les pièces prennent à la longue dans l'alcool , en versant quelques gouttes d'acide muriatique dans le bocal qui les contient. Cette précaution change quelque** fois tout-à-fait l'aspect des pièces.
Nous avons choisi ce passage de la brochure de M. Duméril , parce qu'il donne assez exactement tous les liquides employés par les préparateurs 5 et qu'il signale une partie des inconvénients que nous leur avons reconnus.
Nous verrons jusqu'à quel point les additions plus récentes faites à l'alcool du sublimé, de l'hydrochlorate de soude (chlorure de sodium) , de rbydrocblorate d'ammoniaque , du muriate et du nitrate d'aluminô , peuvent satisfaire aux
'besoins du collecteur de pièces d'aoatomie pathologiques
Ayant de nous livrer à cet jexamen critique, il nous reste à faire connaître les procédés employés paHes naturalistes pour la conservation des différentes espèces d'animaux. L'excellent manuel de M. Boitard , si utile pour les préparateurs , nous les fournira.
Moyens de préservation et de conservation pra* tiques par les naturalistes. Le davon de Bécœur jouit auprès des naturalistes d'une grande réputation comme préservatif. C'est donc ce préservatif giie nous devons recommander comme le plus éprouvé par l'expérience : en voici la re-
^ cette :
Arsenic pulvérisé, 2 livres.
Sel de tartre, laooees.
Camphre, 5 onces.
Savon blanc 9 2 livres.
Chaux en poudre , 8 onces.
Dans l'origine on indiquait#quatre onces de chaux, et nous avons conseillé cette dose dans notre première édition ; mais oh a reconnu depuis qu'en la doublant, le préservatif était moins pâteux et moins difficile à employer, plm
abondant 0t to^t auw bon,
M. Simon compose ainsi le préservatif, ma^ il y ajoute une certaine quantité de sublimé corrosif et de camphre dissous clans de Tesprit* de-vin. Le camphre ainsi incorporé au préservatif ne se volatilise pas ausdi aisément que lorsqu'on Ty met en poudre.
Loirsqu'on veut s'en servir, on en met la quantité suffisante dans un petit vase, et, à Taide d'un pinceau de crin , on le délaie dans l'eau ; puis , avec le même pinceau, on l'étend sur la partie que Ton veut préserver.
Quelques naturalistes, effrayés du danger que présente l'usage journalier de Tarsetiic, ont essayé de remplacer ce préservatif par une autre composition , mais ils n'ont jamais pu réussir à en obtenir un résultat aussi avantageux ; cependant, pour rendre notre ouvrage aussi complet que nous j['avons promis , <et pour faciliter de nouvelles recherches , nous croyons devoir indiquer ici les différents procédés qu'ils ont imaginés tour-à-tour.
Dans mon Cabinet d'Histoire naturelle , jlndique , sous le nom de pommade savanneùêe ^ la composition suivante :
Savon folano, i livre.
Alqq eo poudrt j 4 onces* . Eaû commune 9 2 liyres.
Huile de pétrole^ 4 onces.
Camphre 9 4 onces.
M. Mouton de Fontenille propose une li*' queur tannante composée ainsi quil suit :
Quinquina 9 1 onoa.
jSicoroe de grenade I 1 once.
Écoroedechêne» i once.
Racine de gentiane, 1 once.
Absinthe, 1 once.
Tabac, 1 once.
Alan en poudre, 1 once.
' Eau commune, a lirres.
Oa fait bouillir le tout , excité Talun , que Ton ne met dans la liqueur que lorsqu'on la re< Ure de dessus le feu $ on la met dans une bou^ teille que l'on bouche bien, et Ton s*en sert au besmn.
Voici la manière dont M. Mouton se swt dé sa liqueur : lorsqu'un animal est écorehé , on dégraisse sa peau le mieux possible , puis , avec un pinceau, on Thumecte à Tintérieur aveo la liqueur tannante jusqu'à ce qu'elle en spit parfaitement imbibée ; si c'est une peau sèche , on
ITiiimecte de h mémemanièreiasqu'à oe cpi'elle Mit ramollie.
Un auteur a recommandé, toua le nom de poudre antiseptique , une poudre composée comme il suit :
Arsenic^ i livre*
Alun calciné 9 i Uvrç -~.
Sel marin purifié» j- livre»
le tout réduit en poudre fine et bien mélangé.^ , Nous ne conseillons jamais de se servir d'arsenic en poudre , parce qu'en se volatilisant il peut pénétrer dans les poumons et y causer des ravages mortels.
Le préparateur Nicolas recommande, dans de certains cas, une composition que nous, croyons devoir mentionner, non pas pour con- , seillcr den faire usage, mais au contraire pour, la signaler comme devant être rejetée , par la raison que, loin d'éloigner les insectes, elle doit les attirer ; il la nomme pâte gammeuse.
Coloquinte, 2 onces.
Gommé arabique, 4 onces.
Amidon , 6 onœs.
GotootaoUioenui I once.
D-autres préparateurs, sans passer aucun préservatif sur la peau , se conteataient de la saupoudrer a,vec une poudre ainsi préparée :
Alun calciné 9 3 onces.
Fleur de soufre, i once.
Poivre noir, -J once.
Tabac en poudre»^ once.
Sabine en poudre , -^once.
Camphre en poudre^ 3 ^ros.
le.tout pulTérisé très-fin, et parfaitement mélangé.
Quelques amateurs se sont contentés de passer, sur l'intérieur des peaux qu'ils Toulaient conserver, une bonne couche de suif fondu et mélangé à une petite quantité de sublimé corrosif; il parait qu'ils en ont obtenu des résultats assez avantageux, qui devraient déterminer à faire quelques nouvelles expériences.
On a sans doute remarqué que le suif n'est jamais attaqué par les insectes; peut-être que, si on le combinait avec quelque matière minérale moins dangereuse que le sublimé , on en obtiendrait un résultat aussi satisfaisant que du savon arsenical de M. Bécœur.
Tels sont les préservatifs qui ont été employés
W Franco 9 maî^ <)ui n'oat p»& ^ à ])eattcoup prè».
reflScacité du savon arsenical de Bécœur. Il pa-ratt que les Allemands en .emploient d'autres auxquels ils attribuent les mêmes qualités , ce qui nous parait fort douteux. Daos tous les cas , nous allons les mentionner.
Naumann, d'abord, donne une méthode qui nous parait vicieuse , quoiqu'il invoque en la faveur sa propre expérience. Après avoir dit que le meilleur moyen de conservation est de renfermer hermétiquement les animaux empaillés dans des boites , il ajoute : c Je ne fais , pour toutes les peaux qui doivent voyager dans des caisses , autre chose que de les saupoudrer avec la composition suivante :
a parties de chaux décomposée IVdXv et tamisée fin; 1 partie de tabac de Saxe aussi tamisé. »
Hoffmann approuve et conseille la poudre suivante :
Sel amoniac^ i once.
Alun calciné , 4 once.
Tabac de Saxe^ 9 onces.
Aloès , 1 drachme.
Le bibliothécaire de Jéna, M. Théodore Thon 9 propose la poudre suivante comme
( nSS ) mféSktm pour |)ré8enrer lea anittiauli à Tair.
Cobalt, 1 once.
Alun, a onces.
On pulvérise ces deux tnatières et on les m(Ae bien. ÀTant d'employer cette poudre, on donne une couche d'huile de pin (essence de térébeu* thine) , afin qu'elle prenne mieux sur Finté^ rieur des peaus^ Si ces dernières dont trèi^ grasses^ o n ajouté à la poudre une once et demie de chaux décomposée au grand air et tamisée*
Parmi les présenratifs que ce naturaliste a cherchéi , s'en trouTC un fort simple ^ et qttll dit II es -bon pour les mammifères. En toici la composition :
Cobalt en poudré ti*è««fiae , 4 onces.
Alnn , 4 onces.
Le même naturaliste enseigne une atltre composition qu'il donne aussi pour fort bonne, et dont je croîs qu'il serait utile de faire l'essai pour les grands animaux qui exigent une grande dépense en savon arsénicaL On fait fcjpdre du Èitume, le plus gras possible, dans une forte Solution d'eàu et de savotl^ ftidqu'à ce que le t dut forme utte sorte de bottlUoù iMté On en-
( âSg ) duit l'intérieur des peâut de ce tttëlak^e qui coûte très-peu.
Des préiêf^attfs en liqueur $.
Les liqueurs s'emploient en bains, en lâVâge^ en friction, en injection , et enfin en bain per» noiânent dans lequel de certains objets doitettt toujours rester, Nous allons traiter deoes quatMl méthodes de conservation.
Du baitu
Dans beaucoup d'animaux ^ et pcuticulière* ment dans les mammifères, la peau a une telle épaisseur, un tel degré de densité, que le satotl arsenical ne pourrait la pénétrer assèi pour la préserver patfaitementj c'est alors que kl bain devient une opération indispensable. En pénè» trant la peau qu^on y laisse macérer plus oïl ^ moins long^temps, il introduit dans toua aei pores lés molécules de préservatif dont il est saturé, et la garantit pour toujours de Tat* taque des insectes.
Void la composition du bain employé par les siaUa«dlistiBS-pré|iaraleiM ^Ifêxiê :
. ( Mo )
Eau commune, 5 pintes.
Alun 9 1 liTre.
Sel marin, -~-4iYre.
On fait bouillir ce mélange jusqu'à ce que tout soit entièrement dissous , et , lorsque la liqueur est refroidie, on y plonge les peaiix. Celles de la grandeur d'un lièyre, ou à peu près, n'ont besoin d'y séjourner que vingt-* quatre heures; celles des grands animaux y macéreront plus ou. moins long-temps, selon lcur|[rosseur : huit ou quinze jours ne seraient pas trop pour, un buflDIe ou un zèbre.
Au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, on se sert très-rarement de cette composition ; on se contente de faire macérer les peaux dans de l'esprit-de-vin que l'on conserve dans des tonneaux faits exprès. Sans cher/cher à critiquer cette méthode, qui peut avoir ses avantages^ nous pensons que l'on pourrait peut-être , sous ce rapport, imiter les préparateurs anglais , et ajouter, comme eux, une petite quantité de sublimé corrosif en dissolution, dans l'espritde-vin.
Cependant, comme nous devons faire preuve d'impartialité , nous pensons que nous devons montrer ici le danger qu'offre l'emploi de ce.
terrible minéral , tant vanté par sir Smith, pré* sident dé la Société Linnéenne de Londres.
Lorsque l'on veut remonter une pièce préparée au sublimé, soit qu'il ait été employé en poudre ou en dissolution , en débourrant Fanimàl il s*élève une poussière qui pénètre dans les narines, et peut causer des accidents graves. L'arsenib, quoiquebeaucoup moins énergique, n'est pas même à Tabri de cet inconvénient. Aussi n'est-ce jamais qu'avec beaucoup de précaution que les préparateurs doivent débourrer les objets en peaux qu'ils reçoivent de» pays étrangers, et dont ils ignorent la préparation.
Passons maintenant aux autres préservatifi^ en liqueur, moins généralement employés aujourd'hui, quoique cependant quelques-uns pourraient être fort utiles. Yoici la liquenrtànnante que )'ai proposée dans le Cabinet d'Histoire naturelle :
: Tan OQ éoarc€ de chêne, 9 livre.
Alun en poudre , 4 onces.
Eau commune • 30 livres»
\Jû ancien ou teur, l'abbé Manesse, compo-* sait le bain de cette manière :
Alun I 1 Urre.
Sel siarin, il Oiiëè^.
Gfênie dé inMê i i Odcê.
Eau cemmune , 4 Utks*
Z)m ligueurs employées en lavage à f extérieur.
Lorsqu'un animal quelconque est monté , si on craignait que les insectes ne l'attaquassent,
on l'en préserverait ep imbibant âes plumes ,
ses poils ou sa peau nue avec une des liqueurë que nous allons indiquer* Les animaux exposés à l'air libre ont surtout besoin d'être ainsi traités , et cependant , par une négligence que nous ne pouvons concevoir, beaucoup d'amateurs laissent dévorer leurs collections , faute d'employer ce moyen aussi simple que facile.
i\ V essence de serpolet est depuis peu trèsavantageusemsnt employée* Pour s en servir, on soulève de distance en distance les poils ou les plumes d'un animal , au moyen d'une longue aiguille ; âf eë Un piiiiseiitt, on dépose, toutàrfaii à leur naissanëë , b'ést-à-dirë Stlf la peau , une goutte ou deui d'esseùcë, et, Iciïiqu'elle est bîeoi imbibée ^ oïl llaid^e retomber les f^dils ou les plumes ; leur ei^trémit^ » nto sd trouvimt jamais en contact avec la liqueur, ne peut être ternie.
2\ t'éêsk'nce de Uréhenthtné ii été ^réconî^é pair prësqtle tôiîs les àutëurâ^^ et cependant, lorsqu'on veut s*eh servit, on s*aperçoît avec etontienient qtie de son usagé résultent de grands inconvénients ; elle liê sèche jamais bieii sur les plumes , qu'elle graîâse et salit maigre toutes les précautions, eri s'imbibaùt et élargissant seà tâches à là manière de lliuîle : outre cela, elle forttie une espèce de glu qtd arrête et fixé k pousâlëtë de manière à ne plus pôiitolr Tetilever |)âr la suite.
3*. La liqueur de sir Smith. Cet habile natil-* ràliste auglaii^, président de làSociétéLihuéenne de Londres, ayailt tôUtHé âes viie^ du côté de la conservation des objets préparés et déjà clas«» ses dans les collections, a pensé qu'on ne pouvait employer un moyen plus efficace que la liqueur suivante :
Sublimé corrosif > % gros.
Cai^phre,:S^|ro9.
. Esprit-dë-oTiD^ i pinte,
Sllil tes ^afadft atiimaux , on l'eniploie au AWyieb idtiM éponge (|ui en ett imbibée , et qtt^ i^oid pâsie â difiëraites reprises sur toutes toi' |>létle8 éitârieures en faniind jusqu'à ai
qu'elles en soient parfaitement impr^nées et que la liqueur ait pénétré jusque sur la peau. Pour les petits animaux , on se sert d*un pin-* ceau pjus ou mois gros , et Ton agit de la même manière. Soit que FindiTidu soumis à cette pra* tique sorte à l'instant d'être préparé et monté , soit qu'il ait déjà séjourné depuis long-temps dans une collection, on lé laisse bien sécher avant de le placer dans une armoire.
En France, on remplace cette composition dangereuse par du préservatif délayé en très--» petite quantité dans de l'eau.
I^. La liqueur spiritueuse amère, recommandée par d'autres auteurs , se compose ainsi qu'il suit :
SaYon blanc 9 i ooce.
Camphre 9 a onces.
Coloquinte 9 a onces.
Esprit-de-TÎn I a lî?re8.
Le tout se fait infuser à froid et pendant quelques jours dans un vase hermétiquement bouché; on la remue, souvent pendant cet inj^^r* valle 9 et on la passe dans un papier gris ^an^ colie;. quand on pense que l'infusion estTaid^» on la met dans des bouteilles bottché^9 de m^.
( 245 ) me , et on l'emploie de la même manière que la précédente.
5^ Le vernis ne s'emploie que sur la peau nue des reptiles et des poissons , à laquelle il restitue une partie de son éclat ; il faut qu'il soit absolument sans couleur et d'une transparence parfaite. Pour l'obtenir ainsi , on le prépare en ^ faisant dissoudre dans l'esprit-de-vin de la térébenthine fine et nouvelle, qui ait elle-même les qualités que nous venons d'indiquer. On l'applique avec un pinceau de poils d'écureuil ou de martre , et on laisse l'objet exposé à l'air, mais à l'abri de la poussière , si l'on veut hâter sa dessiccation.
Des liqueurs employées en injections.
Le plus grand emploi des injections se fait pour la préparation des œufs d'oiseaux auxquels on veut assurer une longue conservation : cependant, par une très-mauvaise méthode, on s'en est aussi servi pour dessécher de très« petits atiitnaux*
Pour décomposer les chairs d'un fœtus qui se trouverait déjà formé dans un œuf, on emploiera une forte dissolution d'alcali fixe de (ioude ou tartre , ou de l'éther*
Des Uquiurs dam lesquelles on cons^tmç les ûtjeif qui ne peuvent se dessécher.
Les qUaU|;é9 que doit ^Yoir ua^ Itqueur daqç laquelle on plonge les ojijçts d'histoire nfitii* relie sout, indépendamuient de cfAle de Ie$ préserver de la décomposition : i"" d'être ^m couleur, afin de n'en pas cpqifDUuiquçr 4 l'objet qu'elle baigne; â"" de ne pas attaquer par sou mordant les propres couleurs de robjet; 3"* d'être parfaitement transparente, afin de le laisser apercevoir à travers le vase qui le renferme; 4'' d^ pouvoir résister à. la gelée, afin de ne pas briser les bocaux dans lesquels on la mettra.
i*. L'esprit-de-vin , de i4 à i8 degrés dç l'aréomètre de Baume , parait être la liqueur qui remplit le mieu]^ toutes ce^ conditions; les autre^ alcools , tels que ceux de pomme de terre, de grains, de supre, etc., ont les mêmes qualités; mais un inconvénient grave, c'est que tous sont d'un prix assez élevé , et cetfe raison seule a pu déterminer à chercher d'autres liqueurs couiposéps , capables de les rempUcpr avec plus ou moins d'£|vantages.
Eau trèsrpure, a pintes.
Alcool^ 1 pinte.
Sul&te d'alumine, 6 onces.
3^ Le naturaliste anglais , Oeorges Graves , dans un ouvrage publié à Londres il y a sept ans 9 indique une liqueur qui a beaucopp d'analogie avec la précédente :
Alun , 8 onces.
Eau commune y i pinte.
AlcQoIy -r de pinte.
Yoici comment on prépare ce mélange : on pulvérise Talun et on te met dans un vase ca* pable de résister à la chaleur; on fait chauflfer t'eau, et, lorsqu'elle est en ébuUition, on la verse sur Talun; on laisse refroidir, et on passe dans un filtre de papier gris, après quoi on mêle l'aleMl.
Le même auteur recommande encore^ une autre liqueur composée ainsi qu'il suit , mais
JBaucomiiMine, I pinte.
4"*. I/abbé Manesse, après plusieurs tentatives plus ou moins heureuses , a publié le résultat de ses expériences ; il indique comme la meilleure liqueur celle ainsi composée :
Alun, 1 lÎTre.
Nilre, i lirre.
Sel maria , i livre.
£aU( commune , 4 pinte».
Alcool 9 1 pinte.
L'eau dont on se servira doit être diatSCte, afin de ne contenir aucune matière étrangère. L'alun sera le plus transparent que Ton pourra trouver, et on purifiera le sel avant de l'employer. Le mélange peut se* faire à froid, mais il vaudra toujours mieux le faire bouillir , avec la précaution de n'y mettre l'esprit-de-vin que lorsque le tout sera refroidi.
Toutes ces liqueurs sont inférieures à l'esprit'-de-vin , parla facilité plus ou moinsgrande qu'elles ont à geler* »
Après avoir fait ce long inventaire des moyens de conservation connus , où nous nous sommes appliqué à présenter en leur entier les dires de chacun des auteurs t H Qous reste à les yx^
( ^49) ger, à détërmiaer leur mérite et* le degré de confiance qui doit leur être accordé , sous le triple point de Tue de la conservation des pièces d^anatomie normale, fTanatomie pathologique et d'histoire naturelle.
i^-- Procédés' de dessiccation. Us ne peuvent être d'aucune utilité pi}ur Tanatomie patholo-' gique, car ils changeraient entièrement Taspect et la texture des parties , et, dans la plupart des cas, ils ne laisseraient exister aucune trace des altérations qu'il importe de connaître.' Pour l'anatomie normale, ces pièces sont et se* ront toujours , par le fait seul de la dessiccatioui d'un faible secours, et réellement de beau* coup inférieures aux sujets artificiels de M. Au« zoux ; car cette préparation ingénieuse , si elle a plusieurs des défauts de l'anatomie sèche i n'offre pas au moins la déformation qui rend les organes méconnaissables. — De plus, chacune des préparations qui tendent à amener la dessiccation ti des inconvénients particuliers : ainsi ceux du deuto-chlorure sont nombreux , comtne nous l'avons vu dans le chapitre précédent, et comme l'ont fait remarquer dans celui-ci les auteurs que nous avons cités. Ajoutons que les sels de mercure^ de cuivre et de
pipqdb , qiil , en «e cpnibinant avec I9 geline 9 fqrinept, |1 est yrai, iiu composé ina^ér2d>le9 ODt une grande affinité pour l'acide bydrosfil-* fiirj(|ue, et ^u'il résulte de p^tte f ffinit^ une détérioration nécessaire des pièces, )a color^t|p|i Qn npif • — Le se) marip p'a pas de propriétés çpi^s^rTatrices durable^ , et fiféaie son a$i|tl^ pppf l'eau facilite la décomposition des pièces §.è()|}eg qui ^n contipppent. r— L'|L)cpol rec(ifi^ f»% ^n bon moyen , Sjsin^ doute ; msd^ \\ ^U être plusîeuf^ fqis reppqvelé, jusqu'à ce qi^e, j^ SPU ^ui|é pour rhuinidité y il se soft içf9-? paré dp tpute celle que contienuent les pf gfines ; mais r^lcopl coûte 2 franco /f Uire C|t pçrçl tp^'. Jq^iTs par lYvaparafign* D'ailleurs , }es p|ècc§ pr^p^réps de la sorte qe spiit pas moins défprr iuép9 que \es autres pièces sèches lorsqu'elles put pubi 1^ dpssiççatîqn.
jj^ q^turalipte trouYp dans le ^voxi de Bé-?
Pfe^r» 49ns d'autres préparations p|î entref»| l'^r^^enjc, le deuto-qhlorure de ifiprçure, )'a-r li)i} , ptp. , d'assez bons moyens ^e ffiniier ou 4p l^^éçfier |a ppau pt d'^iqtres tis^gs des ftu^r, mW^ MaM^ cpn^qje Rpqs 1'^ £|îï rfiinw?q»çr
ÎBLC^pïéilîpqts.
Qp'ai^e à offrir à l'^aatoinist^ qui croif ^ Tu-* tilité des pièces desséchées, au naturaliste qu^uh besoin réel force souvent d'y recourir? Mop liquide 9 employé en bain ou en injectioq , sans aucun danger, sans aucun inconvénient, et du prix de \o à 20 centimes le litre.
Je donnerai ici un exemple d'injection : un cadavre est injecté par la carotide avec cinq à sept litres d'acétate d'alumine â âo"", et contenant en dissolution cinquante grammes d'acide arsénique. Quatre jours après cette injection, si l'on veut préparer l'angéiologie fine et grosse, on injecta par l'aorte un detpi-litre d'un mélange, à parties égales, d'essence de térébenthine et de vernis à l'essence ; enfin on pratique d'un seul jet une injection chaude d'un niélai^e de suif et de galipot, à^parties égales, coloré par le cinabre pour les artères , par une couleur noire ou bleue pour les veines. Alors le cadavre , pu la partie du cadavre que l'on veut conserver, est préparée et disséquée à loisir, selon le vœu de l'opérateur.
Lorsque le cadavre a été injecté, comme nous véqons de le dir.e, la préparation qui en est faite se dessèche facilement à l'air libre depuis lé mois de mai jusqu'au mois d'octobrp ; peu-
dant l'hiver, il faut qu'elle soit déposée dans une étuve ou dans une chambre chaude. — Lorsque la dessiccation est lente, que l'humidité est grande, il peut se développer des byssus à la surface de la pièce ; mais un lavage l'en débarrasse et une couche de vernis la préserve de nouvelles végétations. Celte pièce sera certainement supérieure à toutes celles que renferment les cabinet^ d'anatomie.
A l'appui do cette assertion , je citerai un fait authentique^ celui de la femme dont le corps fut soumis à l'examen des commissaires de l'Institut et de l'Académie royale de Médecine, nommés pour constater la valeur de mon procédé.
Le 10 mai i854, une femme mourut dans le service de M. Magendic, à l'Hôtel-Dieu ; son corps fut injecté le lendemain avec l'acétajte d'alumine ; à la suite de cette opération, il resta frais jusqu'au i5 janvier i835, puis il se dessécha, sans offrir aucune alération. Les commissaires des deux académies firent des expériences sur ce corps , à différentes reprises. Le 1 5 janvier i836, M. GuéneaudeMussy, pour s'assurer de l'état dans lequel était la substance cérébrale , demanda (jue la tête fût oviverte. Je
( fi55 ) .
profitai de cette occasion pour enlever fe huir chevelu. Le même jour, M. Breschet, désirant savoir ce qui résulterait de Texposition de ce cadavre à l'air libre, on le fit suspendre sou9 la remise à l'école pratique. Dix mois aprè$ , au mois de novembre de la même année , il n'avait subi aucune altération. A cette époque, M. Gaucherant , inspecteur surveillant de l'École pratique, voulut que, les expériences finies , le corps fût enlevé pour être porté au cimetière. La main et l* avant - bras droits y seuc les parties restées intactes après les travaux de MM. les commissaires , furent amputes par moi. Je conserve cette pièce, ainsi que le cuir cheyelu ; je puis lés montrer aux anatomistes et les mettre en comparaison avec toutes les préparations obtenues par d'autres procédés; aucune, j'en suis convaincu , ne sera jugée comparable aux miennes. Les cheveux restent adhérents à là peau qui recouvrait la tête , sans qu'une traction forte puisse les en détacher. Je me suis assuré que l'injection avait pénétré jusque dans les tubes capillaires de ces orga* oes : nîîes expériences sur des chats, des chiena et (les oiseaux m'ont démontré la pénétration de mon liquide dans les organes cornés , poils
{mi
oii pliiihééy'qui revêtent là peàù de ces àhi^ jnaui. Ces faits mettent â même de comprendfe tous les services qu'il doit rendre au natu* ràliste. Enfin, aucun procédé de tannage né peut donner à la partie interne de la peaii uii Aspect plus satisfaisant que celui qu'o.ffifehf d'autres pièces déposées dans mon cabinet
i2^ Conservation dans lès liquides. Les différents liquides conservateurs usitëà produisent des résultats bieu autres que les procédés dé dessiccation ; pourtant tous deiix employée jusqu'à ee )our ont de graves inconvénients » Comme on a pu s'en convaincre en lisant les pà.^âages si récômmandables que nous avons èltrâits de là brochure de M. Duihërit. Nous en signalerons quelque^ autres qu il à omis.
(a) a acide hitrique ^ lé seul de tous les. àciaës qtii puisse être de quelque utilité [)ôur l^anàto* ifiiéte , côiiservé bien , il est vrai , les prépara-^ tlons des nerfs , dont il durdt k structure et dôût'il augmenté là couleur d'un l)eâu blaiiè nacré; mais il détériore toû^ les mitred tissus, il dissout là géline , ramollit les musclés , et en* lève aux os leurs sels calcaires. — 11 ne pourrait que nuitée aux pièces d'anàtômié pathologique Et dldâtbif e hàtiireiie.
0i) L*âicool éônylëhl mieux qu'àucùii dés autres li()tiidés ëii usagé, mais son prix ètévê féhd sôja emploi a peu près impossible pouf les pièces d'anàtomie normale ; il racornit et altère sensibleimeilt les pièces d'anatoinie jpàthologi^tie i et ces altérations , t{ueique légères «{libelles soient , sans importance pour Tanatémie normale , sont graves pour le médecin qui ne peut se faire une idée trop exacte des progrès de la désorganisation dans les tissus vivants. Si Talcoôl est éminemment utile pour rhistoire naturelle 9 sa cherté empêche d'en étendre Fempldi autant que Texigeraif l'intérêt de la science.
(c) L'alcool affaibli f auquel on ajoute le deuto-^ chlorure de mercure, est une liqueur d'un prix iboiiis élevé , qui Conserve assez exactëmëfat les travaux du nâtiiraliste et de rànatomisie; mais elle n'est pas assez fidèle pour rahàtômie pathologique. — Mêmes réflexions sûr îliydrochlorate de solide, l'hydrochiorate d'ammô- Iliaque, ié ïnuriaté et le nitrate d'aiumihe ajoutés â Tàlcool.
(d) L'àlurij que nous avons vu figurer dans ^Ittsieurs des forthùlëâ adoptées , est pourtâdt liii înôyëA âé bbnsetvàtSôii impiiissant Ir^
répandu dans le commerce et employéde temps immémorial pour la teinture , il a fixé , dana ces derniers temps seuleinent, l'attention- dea préparateurs. Ce sel, auquel la nouvelle no*r menclature chimique a assigné successivement les noms de sulfate double ^ sulfate tripler-sulfate acide d'alumine et de potasse ^ a été expérimenté par moi et n*a pas répondu à mes espérances.
J'ai recherché la cause de ce mécompte , et je crois l'avoir trouvée; j'ai fait l'analyse de ce composé 5 et pour cent parties j'ai obtenu :
Sulfate d*alumiae. . . 36 — 85.
Solfii te de potasse. . • i8 — i5« Eau. 45 — ».
100 parties de ce sel contiennent 10,86 d'alu7 mine. — A la température de 1 â"" centigrades, 5oo grammes d'eau dissolvent 3o grammes de sel , d'où il résulte qu'une livre d'eau ne tient en dissolution que 1 8 grains d'alumine. — Dè^ lors j'ai soupçonné que le peu d'effics^cité de l'alun pour la conservation des matières ani-r maies dépendait de la quantité trop faible d alumine dans la dissolution. — Un fait ^'a prouvé que j'avais raison : vingt^q^atre heur^^
( ^^7 ) ^près ^immersion des cadavres dans le bain qui contenait du sulfate acide d'alumine , )'ai observé que toute Talumine avait été absorbée par la matière animale. Enfin , les expériences que j'ai tentées avec des sels d'alun plus riches en alumine et plus solubles dans l'eau, et les heureux résultats que j'en ai obtenus me permettent de dire : L'alun est un mauvais moyen de conservation ', parce qu*il est trop peu soluble et qu'il ne contient pas assez d*alumine.
Le lecteur sera naturellement ramené sur ce fait, lorsque viendra l'exposition de mes re* cherches.
§ 3. Moyens de conservation appliqués à chaque
tissu.
Dans notre premier paragraphe , nous avons passé en revue les différentes préparations qui doivent précéder l'apiplication des moyens de conservation ; dans le second , nous avons vu ces moyens nombreux, et nous nous sommes efforcé de porter un jugement impartial. Il nous reste à faire connaltrje ici comment les anatomistes les ont appliqués aux tissus pris isolément Nous nous abstiendrons de relater
les préparations quipr^qè^enl lVpplifff(t|op 48i moyens de conservation, parce q^'e^eg ^e^\ étrangères au sujet qui nouf ocçiipe et qil*eHe{( prolongeraient inutilement une disop^qioi) ))iea longue déjà.
1^ Ti$sufibrçux.—rjirticul0thnsjt (^fiÇf^é,vrQ$e$^ tendçns et ligaments. Le procéda ^énér^leoieu | approuvé est dû à M. J. Gfoquet ; çq s^iiviiut à peu près les méthodes employées par Xhçj»^ groyeur, ilestparyenu à cou^ervar la spuplç^sçi à ces tissus,
«Voici, dit-i^, Iq prqcé^é RVqvel )« IB§ s^\^ arrêté.
> Faites dissoudre quatre livres de muriate de soude et une liv^e d'ajun dans dii^ pipten^ d'çau ; laissez macérer pendant quinze à vingt jours dans cette lessive Tarticulation que vous avez disséquée avec soin ; q^ez l'sittentiqi^ de 1^; ip^uvoir souvent ^ans la dissolution 9, M PTÇ^?^ W^ ligaments , de les tordre, et surta^t; de Içs fri^p* per légèrement i^vec une i>etitei mas$€ 4e hfiM léger. Ces manoeuvres sont (lesitiîiiées c^ les 9%? souplir 9 à écarter ^eurs fi]t>res , q^i i^e 191199011^ pénétrer plus facilement par les w\$^ $^i|^ l'articulation de la disaolutjoA i^Ufi ; f94ta&-Jl% sécher pendant qi^itre ou dn^q joiirs, çn ajwBlI
( ^59) soio d0 la mouvoir de temps à autre et de la frapper encore avec )a petite masse ; plongez alors votre articulation dans une dissolution trèsH^oncentrée de savon (une livre pour trois , pintes d*eau) , remuez, frappez-la de nouveau pendant sept à huit jours, temps nécessaire pour la dessaler et permettre au savon de pénétrer entre les fibres ligamenteuses, de prendre la place des sels. Au bout de ce temps, c'est-àdire trente-six à quarante jours après le corn* mencement de Fopération , lavez Tarticulation dans une lessive peu concentrée de carbonate de soude (une once pour deux livres d'eau), après quoi vous la faites sécher. -
9 Par ce procédé , que l'on peut modifier de plusieurs manières , on obtient des ligaments parfaitement souples, d'une couleur terne , grisâtre , assez semblables à de la peau chamoisée, très-résistants et permettant de faire exé^ cuter aux articulations leurs mouvements oiu dinaires.
1 J'ai préparé de cette manière les articulations de l'épaule 9 du genou, des doigts, de la colonne vertébrale. J'ai repris mes expériences, dans l'intention d'obtenir un procédé plus e xpédîtif.
» On peut encore conserver les articulations parfaitement souples, en les tenant plongées dans un mélange de parties égales d'huile d'olive et d'essence de térébenthine.
> 2"". Tissu osseux. Les différentes préparations qu'on fait subir aux os pour les conserver sont la macération ou l'ébuUition , puis le blanchiment. \
» Macération. Lorsqu'on veut obtenir des os bien blancs , il faut ^choisir, autant que possible, un cadavre maigre ou infiltré, prove^ nant d'un individu de trente à quarante - cinq ans, ou environ, mort d'une maladie chronique qui n'a point altéré la structure des os. Les cadavres des phthisiques sont les plus propres a ce genre de préparation. Le sujet étant choisi, on le décharné grossièrement en prer nant garde d'enlever le périoste; on détache le sternum en coupant les cartilages de prolongement des côtes, précisément à l'endroit où ils s'insèrent à ces os; on sépare les membres du tronc, afin que ces diverses parties puissent être placées plus commodément dans un grand baquet qu'on remplit d'eau de fontaine, et qu'on dispose dans un lieu où les émanations putrides qui doivent s'échapper ne puissent
avoir aucun incouyénient ; il faut avoir soin de tenir les os constamment immergés; changer Teau tous les quatre ou cinq jours dans le commencement , et à des intervalles plus éloignés vers la fin de la macération.
» L'anatomiste doit surveiller ses macération s ; et ce n'est qu'à l'époque où toutes les parties fibreuses se séparent facilement des os , où les fibro-cartilages inter-vertébraux , les ligaments jaunes, s'isolent aisément des vertèbres, qu'il doit retirer le squelette du baquet et le net* toyer. Pour cela , il rassemble avec soin toutes les pièces et les met dans de l'eau propre ; il les nettoie en enlevant avec un fort scalpel les par? ties fibreuses qui peuvent encore y adhérer^ et en les frottant sous l'eau avec une brosse trèsrude , il les place sur une grosse toile pour ks faire sécher.
è EbulUtitpn. Assez souvent l'on fait usage de l'eau bouillante pour préparer les os du squelette. Après les avoir grossièrement séparés des parties mblles , on les place dans une chaudière remplie d'eau , et on les soumet à Tébullition pendant six ou dix heures , suivant les «ujets. On active l'action de Teau et on dépouille plu«( exactement les os de leurs parties fibreuses
( aôa )
et de leur graisse» eu mettant dans la chaudière, une heure avant la fin de ropération» de la potasse ou de la soude du commerce (sous* carbonate de potasse et de soude) , une livre pour quatre-vingts à cent pintes de liquide* Après avoir enlevé avec soin la graisse qui nage à la surface de Teau , on retire les os , on les plonge dans une nouvelle lessive alcaline» tiède et trè»*légère ; on les nettoie avec soin, comme dans le cas précédent ; on sépare exactement des surfaces articulaires les cartilages gonflés et ramollis qui leur restent assez adhérents ; les os étant propres, on les lave â plusieurs eaux avant de les faire sécher.
»Ën employant rébullition , on a l'avantage de préparer plus promptement les os, et d*une manière moins insalubre que par la macération. Cependant ce mode de préparation a des inconvénients s i*" les os qui ont bouilfi deviennent en général moins blancs que ceux qui ont macéré ; le sang coagulé dans leurs potes leur laisse une teinte brune qu'il est souvent imposable de faire disparaître ; â*ils retiennent otdinair^nent une plus grande quantité de suc -médullaire, qui ne tarde pas à leur donner^ en rancissant, une couleur jaune et une odeur
ibrt désagréable; 3* rébullition n'est point applicable atix ds des jeunes sujets , dont les ëpiphyse^ ne Sont point encore soudées; elle agit star leur tissîi gélatineuï, et dépouille en partie lëè ôs courts et les extrémités des os longs de la laittë èôlApacte qui les envelopper. Ce der^ nier ihCôilVéùiéht se nianifeste même sur les os des adultes.
s Dé là déalbàtian on blanchiment des os. ?oùr 6btènlr parfaltétnent blancs des os qu'on a fait liiacérer, on peut employer plusieurs procédés ! I* le tneilleùr consiste à les soumettre sux^ ttti pfê à ractioti réunie de Fair, du soleil et dé la rdSée ^ eiitnilie cela se piratique pour la déal<^ bâtiôn de la toile ^ de la cire , etc. ; on a soin de les retourner t6us les quinze jours , afin qu'ils blànéhisSént d'iiiie manière égale; deul ou trois tiâfois d'une' Séttiblable exposition suffisent, sur<^ t6tlf Âii prinléihps ^ pôtir leur donner une blanehetfr éclatante ; 2* où expose lés os â l'action du elllore, §dk liqtlide, soit gazeux. Dans le piêaiiët Cas , 6fl les plonge deux ou trois fois par jour dans tfue lessive qui tient du chlore eti dissolution, et on répète ces manœuvres {Mmdënt dix Mi douze jétirs t c}ans le second , il (ÎMt léS XtetÉÊpét dans Feau, les placer sur
( 264 ) une claie, et les cDuvrir avec une toi te serrée ou du taffetas gommé; on les expose alors audessus d'une terrine dans laquelle on a mis, en proportions convenables , du muriatede soude, de l'oxyde de manganèse et de l'acide sulfurique : on chauffe légèrement ce mélange de temps à autre; 3* au lieu du chlore gazeux, on peut employer avec avantage Tacide sulfureux en vapeur, comme on le fait dans les arts pour le blanchiment de la laine, de la soie , etc. ; on fait brûler lentement du soufre au * dessous dé la claie , sur laquelle on a placé les os humectés; 4*" l^s lessives alcalines peuvent encore être mises en usage pour la déalbation des os ; ce* pendant elles ne m'ont pas paru aussi avantageuses que les moyens précédents. »
3*". Tissu cutané. Dépouillé de la graisse , du tissu cellulaire sous-jacent et exposé à l'air, ce tissu tend à se dessécher. La peau humaine peut se préparer à l'aide de plusieurs procédés qui ont de l'analogie avec ceux des tanneurs et des hongroyeurs. On recommande donc une lessive composée de deux livres de sel com* mun , de quatre onces de sulfate de fer et de huit onces d'alun fondues dans trois pintes 4'Qau 9 presque tH^uillaute ; la p«au i dépo uUIée
de sa graissé/ est plongée dans cette dissolu-' lion 5 agitée pendant une demi-heure et màcé* r^ pendant un jour ou deux dans ce liquide; on renouvelle plusieurs fois la lessive , puis la peau est retirée du bain et séchée à Fombre.
9 4^ Tissu cellulaire. Les auteurs ont employé successivement la dessiccation , Tinsuifflation , les liqueurs tannantes et l'alcool pour préparer le tissu cellulaire ; cependant la méthode donnée par eux cûmme préférable est la conserva* tion dans une solution aqueuse de nitrate d'alumine, dans laquelle on ajoute une petite quantité d'esprit-de-vin.
5^ Tissu synovial et tissu séreux. Le premier est d'une conservation beaucoup plus facile que l'autre; une diss< i^.tion exacte, l'expulsion de la liqueur, synoviale, le tamponnement et la dessiccation sont les moyeas usités; l'opération se termine par l'application d'un vernis conservateur. La même pratique est appliquée au tissu séreux , mais avec moins de succj^ : son voisinage d'organes éminemment putrescibles , tels que le cerveau , les poumons ,' le foie , rendent pour lui la dissolution plus im^ minente , plus difficile à prévenir,
Ç% Bncèphale^ moelle épinière^ nerfs f Woui
( ii66)
avôtii déjà parlé de là propriété que possède l'aoide nitrique de donner de la consistance aui nerfs , sans leur faire rien perdre de leur blafï« oheur naerée. Les anatomistes se lervent ordi* naifeknent^ pour la oonsèryatiGn de tout le système nerveux , d'une ftolutîoft alooeliqiie de sublimé eerrosifé Après vingt du trente jours dllttûiérsidtt dàtii le bâiii, oes orgàfies sont te* tiré* et Ibis â iédhéTi Où vante enéore , comtné dùiinatii une densité rêfidarquAle A la niasse encéphalique, Une dissolution de suere dans reâtt^dê'^viéi d'est une méthode recoûimafi^
dée par Lobstein , chef des travMX ftnàtetfiiques 2 k Fadùlté dé Stfa»bOtafg.
fi FaiêêtëuM ânériélë, ^êtném et fympkâ»
ttifUéêi LéÉ détail» <f intéressants que nous a C»yrdl« là bfoehttrê de M» Dumérit â Tooéasien des Itifectiôtkêi nous âidpensent d'éqtrer UA dàùè
éë gfkûô^ dévdi^jpéli&èntft; lei VaifteaUt pfé<^
pêrré» et injectés , dottknié ûùuê t'aven» im^ §6m âMSéehéi ôti donservés dans de» liqueurs A^ C6dtlqtte4^.
LerÉKquIl sTagft dé préparer le» Valifdeaui àeè os , il est qtiélqties soins que Ytm ddii prends
pour rendre letUrCtls^ét Visible à trèrters làtraûé Msensev Après »vdlf rempli les VâAiseâttK d^ûne
injection i:oIorée , on plonge la pièce dans nti acide minéral affaibli, qui, en dissolvant le phosphate calcaire , laisse les Taisseaux en position et fa<^ilement y^sibles à travers la partie gélatineuse de ïoê.
En faisant desséchei^ lentement et â Tombre ce corps muqueux , il acquerra la transparence nécessaire pour manifester dans ses tranches imbibées d'huile volatile et vernies , la distribution des vaisseaux qui les pénètrent. On peut conserver ces pièces dans une collection , soit à Tair libre ^ après les avoir plongées dans une dissolution alcoolique d'un savon ârséniqueux qui sèche promptement sans blanchir , et sur lequel le vernis a l'essence prend très-bien } ou, si la pièce est d'un petit Volume « on la suspend dads une huile volatile que contient un bocal qu'on lute avec soin : dans ce dernier cas , il %ihut que l'injection ait été faite avoc la gélatine, et non avec des corps gras.
8% Tiisummculaire. Le procédé de Swan, ou mieux les découvertes de Chaussier , donnent |6 moyen de conserver les muscles par la des*siccation. Cependcrnt il est un autre mdyen consigné dans les auteurs ; après avoir préparé les vaisseaux et les muselles, on plonge la pièce
dans un mélange d'alcool , de lavande et d'es-^ sence de térébenthine; on le laisse pendant plusieurs jours dans cette liqueur, puis on l'expose à l'air sec et chaud. Lorsque la dessiccation est opérée , une couche de vernis est appli* quée sur la pièce.
9^ La conservation d'organes particuliers, tels que le cœur^ le poumon , Vœil , etc. , diffère peu de celle des organes dont nous venons de faire mention; toujours ils sont ou desséchés, ou déposés dans un bain d'alcool. Les voies lacrymales , dit M. Breschet dans son excellente thèse sur la conservation des pièces anatoiniques (Paris, 1819), les voies lacrymales sont moins aisées à conserver ; cependant le sac la* crymal , le canal nasal , les points et les conduits lacrymaux offrent plus de difficulté dans leur préparation que dans leur conservation , qui peut se faire dans des liqueurs , ou par 1» dessiccation. La glande lacrymale et ses canaux excréteurs ne peuvent être vus que sur des pièces plongées dans l'esprit-de-vin. Yoîci, pour terminer, quelques passages du môme travail, sur les moyens de conserver l* embryon et les enve^ loppes du fœtus,
\\ est utile de conserver des embryons 0t des
( 269 ) .fœtus aux, diverses époques de la gestation^ pour étudier le développement successif de chaque organe.
L*œuf , considéré aux diverses époques de la grossesse, ne peut être conservé que dans Falcool peu concentré, afin qu'il ne racornisse pas les membranes. Un kirschwasser, dans lequel on fait dissoudre du nitrate d'alumine, forme une liqueur limpide , dans laquelle l'œuf se conserve sans aucune altération. On peut»
pour démontrer le développement des organes, injecter plusieurs parties ; ainsi , dans les pre« miera temps, le pédicule de la vésicule ombilii;ale admet le mercure, qu'on y porte avec une petite seringue de verre, dont le tube est filé à la lampe : cette injection doit être faite du côté de la vésicule , et quelquefois on voit le métal passer jusque dans l'intestin.
Les vaisseaux omphalo-mésentériques doivent aussi être injectés. L'ouraque sera ouvert, et l'on démontrera sa communication avec la vessie, d'unepart, et avec l'allantoîde, de l'autre. Toutes ces parties seront tenues écartées les unes des autres , et attachées avec de petites épingles sur un plateau de cire.
Pans le fœtus, près du terme de la gestation,
( 370 ) on injecte les vaisseaux par lesquels il s'étil>lit une communication entre lui et la mère.
Les os d'embryon , après avoir été injectés ^ seront plongés dans de l'huile de térébenthine, sans qu'il soit nécessaire de les mettre auparavant dans un acide affaibli. .
Quant aux enveloppes du foetus et aupiaoenta qu'on veut conserver après un accouchement à terme , on pousse d'abord une injection colorée différemment dans les artères onH bilicales et dans la veine du même nom. Cette injection ne doit pas être trop délicate , ou poussée avec beaucoup de force, car alors elle passe de l'un des vaisseaux dans l'autre. On laisse tremper pendant quelque temps ces deux parties dans une eau alumineuse , ou mieux dans une solution alcoolique de sublimé, puis on place une vessie de cochon dans la cavité des membranes $ on insuffle la vessie , et les parties ainsi disposées sont exposées â Tair pour obtenir la dessiccation : alors la vessie est retirée. On peut conserver de la sorte des membranes avec le placenta , en plaçant la foce utérine de celui-ci tantôt en dedans , tantôt en dehors de la cavité des membranes. Cesmtaies parties peuvent être conserfies dans dm li-
queurs; enfin quelques personnes se servent de la méthode de corrosion pour préparer et conserver le placenta.
Il est inutile de placer ici de nouyelles obseryations ; celles qui ont été présentées à Toccasion des moyens de conservation considérés en général , conyiennent à leur application. On verra dans le chapitre suivant les moyens que nous proposons de leur substituer, comme méritant la préférence.