OBSERVATIONS
A'ous voici enfin arrivés au terme que toutes les expériences ont en pour but, c’est-à-dire de rendre les substances animales inaltérables, et même d’enlever à la chair déjà corrompue, non-seulement son principe de corruption, mais encore la putridité qui en dépend. On ne pourra dire que c’est seulement au dessèchement qu’on doit attribuer l’incorruptibilité des substances en expérience, car elles sont restées plusieurs mois sans se corrompre, avec leur humidité naturelle ou dans différentes liqueurs; et lorsque je les ai ôtées de ces liqueurs, je ne les ai point pressées, et je leur ai laissé , par conséquent , l’humidité nécessaire à la putréfaction , si les liqueurs dans lesquelles elles avaient séjourné ne les en avaient pas préservées ; ce n’est pas non plus au resserrement des fibres musculairesqu’on doit ce pouvoir conservateur, puisque la plupart des corps que j’ai mis en expérience ont très-peu diminué de volume, et qu’il y en a quel-
gues-uns qui ont conservé le degré de mollesse et même la couleur qu’ils avaient reçue de la nature. Il est vrai que les sels métalliques sur lesquels j’ai fait mes expériences ne peuvent, pour la plupart, être employés en médecine qu’avec beaucoup de prudence et de ménagements, et qu’ils auraient même besoin d’être adoucis et étendus, si l’on voulait s’en servir pour conserver des pièces anatomiques, des oiseaux ou des insectes, non -seulement à cause de leur nature corrosive , mais encore parce qu’ils changent la couleur des corps qui séjournent dans leur dissolution. L’astriction, d’ailleurs, qu’ils produisent dans les libres en diminue le volume , au point d’altérer la figure et les dimensions du corps, et de le rendre presque méconnaissable. Mais il y a tout lieu de croire qu’en étendant les dissolutions dans une plus grande quantité d'eau, comme je viens de le dire, on pourrait parvenir à diminuer la stiplicité de ces sels, sans leur ôter leur pouvoir conservateur. Je crois donc qu’en essayant les effets des sels métalliques sur les substances animales, avec différentes proportions d’eau commune, on pourrait les faire concourir au but que nous nous proposons, en travaillant à l’examen des anti-putrides. Mais , sans nous arrêter plus long -temps sur cet objet, ta classe precedente nous fournil assez d’autres substances incorruptibles dont on peut faire usage avec succès et sans danger , tant en médecine qu’en chirurgie, sans avoir recours aux sels métalliques.
Les premières expériences ont pour objet le quinquina. Cettesubstance étant d’un très-grand usage en médecine, par les bons effets qu’elle produit, je l’ai employée plusieurs fois, et sous différentes formes pour éprouver son pouvoir anli-
putride, comme on a pu le voir dans le cours de cel ouvrage.
Le quinquina doit être, à ce que je crois, considéré comme un anti-septique très-puissant, non-seulement pour préserver de la corruption les substances animales, mais encore pour les rétablir dans un état sain après qu’elles ont été corrompues, malgré les expériences qui ont paru prouver le contraire dans le cours de cet ouvrage.
Le blanc d’œuf de la première expérience, que je saupoudrai avec du quinquina, étant dans un état de liquidité, fut aisément pénétré par ce dernier, qui lui communiqua sans effort son pouvoir anti-putride avant qu’il eût le temps de se corrompre, surtout dans une saison favorable à ces sortes d’expériences. On voit cependant qu’il a fallu que la puissance anti-septique du quinquina vainquît la tendance naturelle des substances animales à la putréfaction, puisqu’on a pu remarquer que le blanc d’œuf exhalait dès les premiers jours une odeur aigre qui aurait bientôt fait place à une odeur putride, si la vertu anti- septique du quinquina ne l’eût surmontée et même détruite. La moisissure, en interceptant le contact de l’air extérieur, a concouru au même effet que le quinquina, et le blanc d’œuf est devenu inaltérable. J’appliquerai les mêmes observations au jaune d’œuf de la seconde expérience, et au bœuf de la troisième. A l’égard de l’extrait de quinquina de la quatrième, quoique je l’aie employé au mois de mai , il paraît qu’il a vaincu plus aisément et plus promptement la tendance naturelle des substances animales à la putréfaction que le quinquina en poudre des trois premières expériences, puisque je ne me suis point aperçu que la viande ait exhalé celte odeur aigre dont j’ai fait mention plus haut. Mais il est probable que l’extrait de quinquina,
i iani debarrassé d’une grande portion des parties grossières de cette écorce (lesquelles, comme je l’ai fait observer, sont très-septiques), possède toute sa puissance anti-putride, sans aucune altération.
La dissolution de noix de galle de la cinquième expérience (probablement par sa qualité astringenteja produit exactement le même elîet que l’extrait de quinquina de la quatrième ; car la viande quia séjourné dans cette dissolution n’a donné aucun indicede tendance à la fermentation putride, ni même à la fermentation acide; et comme cette expérience a été faite le même jour que celle à laquelle je la compare, on ne peut rien objecter par rapport à la température. La moisissure , dont la surface de la dissolution a presque toujours été couverte, parce qu’il s’en reformait de nouvelle à mesure que je l'enlevais, a contribué sans doute aussi, comme je l’ai déjà observé, à la conservation de la viande. On peut donc assimiler, à ce que je crois, le pouvoir anti-septique de la noix de galle à celui du quinquina.
De tous les phénomènes dont j’ai rendu compte dans cet essai, je n’en ai point vu de plus surprenant que celui du pouvoir anti-putride du gayac, que j’avais épuisé par un trèsgrand nombre de décoctions, et dont je me suis servi dans la sixième expérience. La viande que j’employai était à la vérité desséchée en partie mais presque noire, et commençait à exhaler une odeur fétide; cependant, au bout d’un mois, elle avait perdu sa mauvaise odeur, et n’avait plus que celle de la moisissure dont elle était couverte; celte odeur même se passa avec le temps, cl six semaines après elle n’en avait plus aucune.
On poin tait conjecturer que c’est par la vertu de la résine
demeurée dans le gayac que l’eau avait épuisé de ses autres principes, et particulièrement de sa partie extractive, que ce bois, traité de cette manière, a été un si puissant conservateur: cela paraît même d’autant plus vraisemblable, que toutes les résines ont, en général, une vertu anti - septique décidée.
Les gommes étant très-sèches et réduites en poudre , le suc de la viande ne peut pas leur communiquer assez d’humidité pour entrer en fermentation. Elles forment seulement delà moisissure à la surface de la viande, laquelle , en la garantissant du contact de l’air extérieur, concourt avec le pouvoir anti -septique des gommes à préserver la viande de corruption. On peut donc mettre ces gommes au nombre des antiputrides très-pidssants ; quoique, délayées dans l’eau, elles produisent un effet tout contraire. D’ailleursen s’emparant d’une bonne partie de l’humidité de la viande, elles diminuent beaucoup de sa tendance à la corruption.
Les expériences faites avec de pures résines ont donné des effets anti -septiques très-puissants, comme on devait s’y attendre. En effet, la viande n’a point eu l’odeur de moisi. Il est vrai que, ne pouvant réduire en poudre, même grossière, le styrax calamite et la poix résine de Bourgogne , j’employai un peu d’esprit-de-vin pour les dissoudre ; mais il était en si petite quantité qu’il n’a dù entrer que pour très-peu dans le pouvoir conservateur de ces résines, parce qu’il fut promptement évaporé. Il laissa cependant à la viande une odeur acide qu’elle a même conservée jusqu’à présent. A l’égard du camphre, on connaît sa qualité anti - septique ; aussi est-il d’un grand usage en médecine, dans toutes les maladies où l’on a à combattre la tendance à la putridité. Celle vertu même est si puissante, que, quoique la plus grande portion
de la viande de notre expérience fût à nu . parce que je ne pus jamais rompre celte résine en morceaux assez petits pour la couvrir, cependant les émanations du camphre la pénétrèrent de manière que non-seulement elles la préservèrent de la putréfaction, mais qu’elles la conservèrent belle et exempte de moisissure.
.le dirai la même chose du baume du Pérou, que j’ai employé à sec dans la douzième expérience, parce que ce baume est une vraie résine de même que les quatre precedentes, et qu’il a produit exactement le même effet.
Le vin de Bordeaux se troubla peu de jours après que je l'eus mis en expérience, et forma un dépôt violet; ensuite la liqueur s’éclaircit et devint acide. Cette odeur se fortifia en deux jours de temps, au point de devenir aigre. Elle était même si forte, qu’elle approchait de celle du fromage de Brie, et par conséquent de la fétidité. En effet, si cette odeur eût persisté , la liqueur serait devenue infailliblement putride; mais l’acidité la surmonta, et je ne sentis bientôt plus que l’odeur de vinaigre. Celte odeur s’est toujours conservée depuis , et la viande, très-belle d’ailleurs, a encore une odeur acide.
Il n’en a pas été de même du vin d’Espagne ; car , quoiqu'il eût rendu la viande inaltérable comme le précédent, soit que sa partie sucrée ait moins de pouvoir conservateur, soit que la viande n’y ait pas séjourné assez long-temps pour éprouver tout son pouvoir anti-septique, il est certain que la viande se couvrit de moisissure , et qu’en peu de temps elle contracta une odeur de moisi fade qui me fit craindre qu’elle ne se corrompît bientôt ; mais en se desséchant elle s’aigrit.
Si le \iu de Bordeaux a agi sur la viande el l’a rendue inaltérable en qualité de liqueur acide, on s’attend sans doute à trouver celle qualité encore plus éminente dans le vinaigre de la seizième expérience. Aussi ce dernier n’a-t-il laissé contracter à la viande aucune mauvaise odeur qui put faire craindre qu’elle tendît à la putréfaction, tant qu’elle a séjourné dans cette liqueur.
On doit être surpris sans doute de trouver la chaux vive au nombre des substances capables de rendre le blanc d’œuf et la chair de bœuf inaltérables; tandis qu’on a vu cette même chaux, mise en expérience le même jour, ne conserver un jaune d’œuf que deux mois ci quatre jours, d’autant plus (pie les deux premières substances n’ont pas donné le plus léger indice de tendance à la putréfaction, ni même à la fermentation acide : la partie huileuse du jaune d’œuf, qui en fait la plus grande portion, ôterait-elle donc à la chaux son pouvoir anti- septique, en se combinant avec elle comme nos expériences sembleraient le prouver ? En effet, un jaune d’œuf, saupoudré de chaux vive, se corrompit aussi promptement qu’un pareil jaune d’œuf mis en expérience le même jour et abandonné à lui-même. Ce phénomène me paraît très-singulier , et je ne puis eu pénétrer la cause.
Le sel de tartre, que j’ai employé dans les expériences suivantes, a rendu différentes substances animales également inaltérables.
Les sels métalliques employés dans les dernières expérience ont une vertu anti -septique si puissante, que je ne crois pas devoir attribuer la conservation de la viande qui était plongée dans leur dissolution , la moisissure et aux Croûtes qui se sont formées à la surface des liqueurs, mais au
pouvoir astringent de ces sels. La viande, en effet, a beaucoup diminué de volume, et a acquis la plus grande dureté : elle a aussi changé de couleur. Le plus grand nombre des morceaux de viande que j’ai mis en expérience sont devenus noirs et comme en charbons; quelques-uns ont pris la teinte d’un brun jaunâtre, d’autres d’un gris ardoisé, d’autres enfin se sont totalement décolorés et sont encore blancs. Ainsi on peut les regarder comme les anti-septiques les plus puissants, et, en les étendant dans une grande quantité d’eau, comme je l’ai déjà dit au commencement de ces observations, je crois qu’on pourrait en retirer une trèsgrande utilité.
Remarques sur les expériences de Dareonville.
A la lecture du livre dont nous donnons ici l’analyse, on est frappé de la scrupuleuse exactitude de l’auteur, de son infatigable activité et de la candeur avec la quelle il a constaté les faits; on regrette que tant d’efforts n’aient pas reçu une plus heureuse direction, et qu’ainsi un travail opiniâtre de cinq à six années soit resté stérile : car, il faut le dire, en dépit des poudreux savantasses toujours enclins à rehausser les vieux auteurs au détriment des contemporains, le livre de Dareonville ne pouvait conduire à des résultats pratiques de quelque importance. La quantité et la qualité des matières eu expérience fut et devait être une
première cause do mécomptes cl d’erreurs. — La poudre de quinquina, par exemple, ayant assuré la conservation d’un blanc d œuf, d’un jaune d’œuf , de deux gros de chair musculaire de bœuf , l’auteur était-il en droit d’alfirmcr que le quinquina est un anti-septique merveilleux? le pouvait-il sans égarer ceux qui voudraient expérimenter après lui? — S’il eût appliqué la poudre ou l’extrait de quinquina à des substances alimentaires d’un volume plus considérable, à de grandes pièces d’anatomie, ou normale ou pathologique, à des pièces d’histoire naturelle, à des cadavres entiers, pour en assurer la conservation indéfinie, il eût vu la décomposition putride s’emparer de ces substances malgré les propriétés conservatrices de son anti-septique excellent; il eût compris alors que les résultats obtenus sur deux gros de chair musculaire de bœuf étaient de nulle valeur; enfin il l’eût dit, car il était de bonne foi; il l’eût dit encore pour la dissolution de noix de galle, pour le gayac épuisé, pour le styrax calamite, pour le camphre, pour le baume du Pérou, pour le vin de Cordeaux, pour le vin d’Espagne, pour le vinaigre, pour la gomme ammoniaque; il l’eût dit, à bien plus forte
raison, pour les gommes arabique et adragante; il l’eût dit même pour les sels métalliques. Modeste et loyal, Darçonvillc sentait, sans se l’expliquer, l’insuffisance de ses recherches. «Ces faits si nombreux, disait-il en terminant, « ne le sont pas encore assez, pour conduire à « la découverte des moyens employés par la naît ture pour opérer ou ralentir la putréfaction « dans les corps, pour en déterminer le prin- « cipe.» Le rôle important de la géline dans les phénomènes de décomposition putride des matières animales était ce qu’il fallait constater et ce qui ne l’a point été avant nous. Poussés au hasard dans les voies de l’empirisme, les expérimentateurs, n’avant point saisi les lois de la putréfaction, ne pouvaient ni prévoir ni apprécier les résultats de leurs recherches.
L’inconvénient d’opérer sur de petites quantités de matières animales ressort d’ailleurs du simple rapprochement des expériences: dans une même classe sont cités comme préservant à toujours de la putréfaction le sublimé cl’un côté, et la gomme arabique de l’autre, c’est-àdire une substance douée de propriétés conservatrices bien réelles, et une substance dont l’action se borne à un dessèchement super-
ficicl. Chaussicr, fixant son attention sur le sublimé corrosif seul, l’expérimentant sur de grandes masses pour arriver à conclure qu’il en opère la conservation, ne doit-il pas être réputé , même après les travaux de Darconvillc , comme le premier inventeur des propriétés antiseptiques de ce corps? Veut-on une nouvelle preuve de l’insuffisance , je dirais presque de la nullité de ces essais si nombreux : qu’on rapproche une expérience de la 19e classe de celles de la dernière , on verra Y alun , dans une observation tronquée, conserver la viande vingtquatre jours seulement , tandis que la gomme adragante j, la poix de Bourgogne , le vin de Bordeaux,, etc., la rendent incorruptible! 11 serait inutile de pousser plus loin nos réflexions critiques; il nous suffit d’avoir prouvé qu’avant nous la science de la conservation était à son début, et qu’elle s’égarait dans une direction vicieuse.
Maintenant, si nous essayons de déterminer le degré d’anti-septicité des diverses substances expérimentées par Darçonville, nous verrons: i°que les végétaux conservent par le tannin, par les sels , les acides ou les alcalis qu’ils contiennent; 20 que, toutes circonstances égales d’ail-
leurs, c’csl la substance végétale qui contient la plus grande quantité d’acide, d’alcali et de tannin, qui conserve le mieux ; 5° que i’aclion des acides est, pour ainsi dirc3 préparatoire, qu’ils gonflent la géline et la disposent à la combinaison avec le tannin ; 4° que les sels conservent les matières animales plus ou moins sûrement, plus ou moins long-temps, selon que leur combinaison avec la géline est plus ou moins intime ; 5° qu enfin aucune des substances proposées par l’auteur n’atteint le but proposé.
Les r% 2% 5e, 4% 5% 6e expériences, faites avec le quinquina , l’extrait de quinquina , la noix de galle et le gayac , ollrent des exemples d’actions des acides ou des alcalis végétaux, ainsique du tannin, sur lesmatières animales; mais ces actions sont bornées aux parties externes , elles ne préviendraient pas la décomposition putride des parties profondes dans des pièces d’un plus grand volume ( de quelques livres).
Les 7e et 8e expériences, qui constatent le pouvoir anti-septique des gommes arabique et adragante, offrent des faits desimpie dessèchement par absorption de l’eau.
Les 9% 10% î r et i5c expériences, avec la gomme ammoniaque, le styrax calamite et la poix de Bourgogne, sont des observations où les petits volumes ont encore induit en erreur ; elles ne vont pas au-delà des principes résineux.
Le camphre de la 1 2* expérience agit comme l’essence de térébenthine ; mes expériences m'ont prouvé qu’il est insuffisant pour conserver des masses charnues un peu considérables.
Le tannin et l’alcool; le sucre, letanninetl’alcool; l’acide acétique et le tannin sont les éléments conservateurs dans les i/j% i5% 16e expériences, où le vin de Bordeaux, le vin d’Espagne et le vinaigre ont fourni des exemples de conservation: nous verrons ultérieurement ce qu’on en doit attendre dans les essais en grand. La chaux vive des 1 7e et 1 8e expériences agit par simple dessèchement; le mélange de chaux vive et de blanc d’œul de la 17e est très-employé dans les laboratoires de chimie comme mastic, et recherché à cause du haut degré de sécheresse et de dureté auquel il parvient.
Les 19% 20% 21% 22' expériences, faites avec le carbonate de potasse et le sous-carbonaîe
d’ammoniaque, sont de peu de valeur; elles présentent des exemples de dessèchement et de décomposition des matières minimales; le produit de la décomposition dans les deux dernières est un savon à base ammoniacale.
Les observations des 20' et 28 expériences, sur la combinaison des sels de cuivre avec la matière animale putrescible , sont en partie exactes. Ii est bien vrai que la combinaison a lieu entre le sulfate de cuivre et son chlorure , et tous les sels de cette base et les matières animales; mais cette combinaison n’est pas intime , des lavages répétés la font cesser , et la putréfaction peut de nouveau détruire les matières en expérience : un cadavre injecté par une solution saturée de sulfate de cuivre se conserve, en été, sept ou huit jours ; en hiver, douze à quinze. Les sels de plomb des ’2[\ et 2 5l expériences, ceux de fer des a6r et 27e, ont comme les précédents une action incomplète et peu durable; de tous ces produits, le sulfate de fer est celui qui conserve le mieux , pourtant l’injection même très-concentrée ne donne que des résultats insignifiants.
Les sels de mercure des 29% 3oe, 3t‘', 32e expériences, sont anti-septiques à des degrés fort
differents ; l’acétate de mercure l’est peu , le sublimé l’est éminemment ; nous nous expliquerons ailleurs sur ce sel.
Le nitrate d argent cristallisé n’a aucune valeur comme agent de conservation.
Nous disons donc, après avoir pesé une à une les expériences de Darçonville : Dans leur ensemble et dans leurs détails, elles ne prouvent: i° rien pour la conservation des substances alimentaires ; 2° presque rien pour celle des pièces d anatomie ; 5° rien pour la conservation des pièces d’anatomie pathologique ou d’histoire naturelle ; 4° rien pour la conservation indéfinie des corps.
Nous avons donc dù dire que les moyens de préparation et de conservation ne datent guère que du commencement de ce siècle. — Aucun d’eux, toutefois, n’a eu pour objet la conservation d’un sujet entier : celui qui nous offre le plus de parties réunies dans une même préparation a seulement rapport à l’anatomie proprement dite ; c’est le procédé de l’Anglais Swan, donné par lui comme une nouvelle méthode pour faire les préparations anatomiques sèches et leur conserver l’apparence et les avantages des préparations fraîches, sans en avoir
les inconvénients ; ce procédé n’est, comme on le verra, qu’une application des découvertes de C haussier sur les propriétés conservatrices du deuto-chlorure de mercure. Nous le donnons ici j avant de passer en revue les modes de préparation pratiqués pour chaque organe ou chaque tissu :
« Pour décrire la manière de faire ces préparations, je prendrai seulement le bras pour exemple.
» Le membre devra être choisi autant débarrassé de graisse que possible. Une solution de deux onces d’oxi-muriate de mercure dans une demi-pinte d’esprit-de-vin rectifié sera injectée dans les artères, et le lendemain on fera une autre injection avec une pareille quantité d’esprit de vernis blanc, clans lequel on ajoutera un cinquième de vernis de térébenthine et un peu de vermillon. Le membre doit ensuite être placé dans de l’eau chaude, et y rester jusqu’à ce qu’il soit convenablement échauffé pour faire la grosse injection dans les artères, et les veines même, s’il est nécessaire. Si l’on doit injecter les veines, il vaut mieux en faire sortir le sang qu’elles contiennent, avec de l’eau, avant de pousser dans les artères la solution d’oxi-mu-
riate de mercure, parce qu’il revient toujours par les veines quelques portions de cette injection qui coagule tout le sang qu’elles contiennent, et empêche la grosse injection de parvenir dans les plus petites branches.
» Après que le membre a été injecté, on le dissèque. Chaque fois que l’on quitte ce travail , il est bon de couvrir les parties qui ont été mises à découvert avec un linge imbibé d’eau ; et lorsqu’on reprend la dissection, on remarque un grand avantage, c’est que les parties injectées avec la solution de sublimé souffrent très-peu d’altération en plusieurs jours , et sont retrouvées dans le même état où on les a laissées, tandis que, par la méthode ordinaire , en un ou deux jours tout est si changé, qu’il y a peu de profit à revoir ce qui a été fait, et si la dissection est longue, on le reconnaît à peine lorsque tout est fini.
» Un autre avantage , c’est que l’on peut disséquer partout, puisque la préparation est sans odeur.
» Lorsque toutes les parties sont à découvert, et que l’on a ôté toute la graisse et le tissu cellulaire, il faut mettre le membre ainsi préparé dans une solution de deux onces d’oxi-muriate
de mercure dans une pinte d’esprit-de-vin rectifié, et l’y laisser plongé entièrement pendant une quinzaine de jours au moins, car il ne peut y rester trop long-temps. Une boîte de chêne peinte en blanc cl vernie est ce qu’il y a de mieux pour contenir le membre dans la solution ; le couvercle ferme hermétiquement pour empêcher l’évaporation de l’esprit-de-vin. — On retire le membre tous les deux ou trois jours, et on ôte tout ce qui peut rester de tissu cellulaire, puis on le remet, en plaçant dessus la partie qui touchait le fond de la boîte. La meilleure chose pour placer la préparation, lorsqu’on la retire de la solution, est une auge de boucher, qu’on a d’abord bien huilée, sans quoi ce vase s’imbibe, et il en résulte une grande perte de la solution. — Quand le membre est resté assez long -temps dans la solution, on l’en retire pour le vernir et le peindre.
» Avant de procéder à ces opérations, le membre tenu dans l’extension est suspen du et essuyé, puis enduit de vernis blanc. Le même jour, les nerfs, les tendons et les expansions tendineuses doivent aussi être vernis; ce que l’on répète tous les jours une fois, pendant trois jours de
suite. Le cinquième jour les tendons doivent être recouverts d’une couche de vernis jaune et de peinture blanche mêlés par parties égales; on recommence celle opération le septième, le huitième et le neuvième jour. On enduit les nerfs, aussi souvent qu’il paraît nécessaire, avec un mélange par parties égales de peinture blanche et de vernis blanc.
» Aussitôt que les muscles sont devenus raides, ils peuvent être peints, en faisant attention que les nerfs et les tendons ne soient pas touchés par la peinture. A peu près un mois après que le membre a été retiré de la solution , ceux des nerfs et des tendons qui ne sont pas suffisamment peints doivent être recouverts de peinture et de vernis autant de fois que cela est jugé nécessaire. Mais on laissera toujours un jour d’intervalle entre chaque application de peinture ou de vernis.
» Ce temps de l’opération terminé , on lave les tendons et les nerfs avec de l’huile de lin bouillie en un seul trait, et cette couche séchée, on en donne une seconde sur tout le membre; enfin plusieurs couches de vernis copal terminent l’opération. La première couche de vernis copal s’applique sur les artères
avec une légère addition de vermillon et de bleu de Prusse pour les veines.
» Pour conserver le Toie, il faut injecter d’abord la veine-porte et les conduits excréteurs avec de l’esprit de vernis blanc, auquel on ajoute un cinquième de vernis de térébenthine et quelque matière colorante, telle que le rouge de plomb. Puis on fait la grosse injection , après laquelle le foie est mis dans la solution pendant quinze jours au moins ; il n’est pas nécessaire de le chauffer avant de l’injecter. Les ligaments se préparent de la même manière que les tendons.
» Voici la composition des peintures et vernis qui sont employés dans les préparations précédentes :
1". V ernis blanc.
Prenez : baume de Canada; esprit de térébenthine, de chacun , 3 onces.
Vernis-mastic , 2 onces.
Mettez le tout dans une bouteille, et agitez jusqu'il mélange parfait.
2". Vernis mastic.
Prenez: mastic en poudre, h onces; mettez dans une pinte d’esprit de térébenthine.
Agitez tous les jours, jusqu’il ce que le mastic soit dissous.
3°. J'ern is jaune.
Faites infuser une once de gomme-gutte en poudre dans 8 onces d’esprit de térébenthine pendant quinze jours; puis, avec parties égales de cette liqueur tirée à clair, de baume de Canada et de vernis-mastic, on forme le vernis jaune.
4°. Peinture blanche.
Trois onces de peinture blanche et une once d’esprit de térébenthine servent à la former.
5°. Peinture pour les muscles.
File se fait de laque, de bleu de Prusse et de vernis blanc, auquel on ajoute un quart de vernis de térébenthine. \
6°. Injection rouge.
% Cire, 4 onces.
Vernis copal, ‘ once.
Plomb rouge, \ once.
Vermillon, 2 gros.
Faites fondre ensemble.
7°. Injection verte.
% Cire , 4 onces.
Cendre bleue, fonce.
Vernis copal , fonce.
8". Injection bleue.
l’ourla former, il suffit d’ajouter à l’injection verte un demi-gros de bleu de Prusse en poudre. »
Les avantages de telles préparations ne répondent en aucune façon aux promesses du titre ; les pièces artificielles de M. Auzoux sont de beaucoup préférables, puisque ses cartons donnent la forme que les pièces anatomiques de Swan ont perdue par la dessiccation.
§ l'r. Généralités sur les opérations qui précédent ht conservation.
La dessiccation et l’immersion dans des liquides sont les seuls moyens de conservation.
« Le choix des sujets qui doivent servira ces préparations, dit M. le docteur Pâtissier, n’est pas une chose indifférente. Les jeunes sujets et les femmes maigres sont préférables pour les pièces de nécrologie et d’angéiologie; les adultes et les vieillards grêles et secs , pour la préparation des os qu’on veut articuler , et qu’on désire avoir à leur plus haut degré de développement; les individus d’une constitution athlétique , pour la préparation des muscles.
Los temps favorables à la préparation et à la conservalion des pièces anatomiques sont en général un hiver froid et sec, ou la chaleur ardente de l’été ; plus l’évaporation de l’humidité des matières animales est rapide, plus leur conservation est assurée.
Les moyens de conservalion doivent être précédés de quelques opérations , telles que la dissection , la macération , Y injection , les lavages, les corrosions , la ligature des vaisseaux , la séparation et la distension des parties.
( a ) Dissection. Elle consiste à dépouiller la partie que l’on veut conserver des tissus et des organes qui lui son! étrangers : si elle a pour objet une préparation de muscles , par exemples, ces organes sont laissés seuls avec leurs insertions aux os, ou bien les vaisseaux, injectés auparavant, conservent leurs rapports avec les muscles et les os.
Toutefois , dans la dissection des parties dures, soit qu’on se propose de suivre des branches tic vaisseaux et de nerfs qui pénètrent ou se distribuent dans leur subtance, soit qu’on veuille développer et rendre plus apparente leur organisation , il est moins convenable de recourir aux instruments qu’aux
réactifs chimiques qui mettent en évidence les parties qu’on désire connaître. Lorsqu’on a pour objet la préparation seule des os , l’opération se compose de deux temps, Y excarnation et la déalbation , dont les détails seront présentés à l’arlicle sur le tissus osseux.
(b) Macérations et corrosions . Ces opérations sont fréquemment mises en usage par le naturaliste: l’eau, les acides, les alcalis, les huiles volatiles , etc., servent à produire des effets variés pour la préparation des différents tissus. La macération des différentes pièces du squelette s’opère à l’cali. L’emploi des autres liqueurs a pour objet , en attaquant plusieurs parties qu’elles dissolvent, d’en ménager d’autres qu’on cherche à mettre à nu.
Ainsi pour absorber les graisses qui suintent des squelettes de certains poissons ou d’os dont la macération n’a pu bien s’établir, il est utile de tremper la pièce dans une pâte d’alumine marneuse , qu’on met alternativement sécher au soleil et ramollir, afin de faire absorber par l’argile les huiles fétides dont les os sont imprégnés.
Pour dissoudre les graisses dont certaines parties se couvrent quelque temps après leur
préparation, comme cela arrive à quelques squelettes naturels, il faut souvent faire tremper la pièce clans une liqueur alcaline, ou bien la laisser macérer pendant quelques semaines clans une huile volatile très-pénétrante. Ce n’est qu'à l’aide de ces procédés qu’on parvient à suivre les nerfs de l’encéphale dans plusieurs cétacés, quoique ces parties présentent chez ces animaux des dispositions extrêmement singulières.
C’est dans le même but qu’on doit faire macérer, soit dans l’eau élevée à un certain degré cle température , soit dans des liqueurs acides, les tissus durs clans l’intérieur desquels on se propose de mettre à nu certaines parties. Ainsi les nerfs et les vaisseaux cle la racine des ongles, des cornes , cle la peau , ne peuvent être bien mis à découvert que par ce procédé. Les canaux cpii traversent certains os ne peuvent , comme nous l’avons déjà indiqué , être suivis avec facilité qu’autant cpie la pièce a séjourné clans une liqueur acide pendant un temps plus ou moins considérable.
Les macérations dans les liqueurs alcalines et éthérées sont encore clu plus grand secours, ainsi que l’ont prouvé les recherches si heu
reuscmcnl conçues el exécutées par Bieliat.
Enfin, les corrosions sont indispensables pour nettoyer les pièces injectées dont on veui enlever le parenchyme , et dont on ne désire conserver, pour ainsi dire, que la matrice formée par le canevas intérieur du tissu vasculaire.
Voici quels soins elles exigent :
La partie injectée est abandonnée pendant deux ou trois jours dans un vase rempli d’eau pure, qu’on a l’attention de renouveler, afin de la faire mieux dégorger du sang qu’elle peut contenir. On la place ensuite solidement sur un morceau de cire fixé au fond d’un vase de porcelaine, percé latéralement à son fond, afin de pouvoir décanter la liqueur qu’on doit y verser sans déranger les pièces de leur position. Cette liqueur corrosive est de l’acide muriatique ou esprit de sel; on peut aussi employer, pour le même usage , l'eau forte des graveurs ou l’acide nitrique.
La première fois , on laisse la pièce deux ou trois heures dans cetacicle. On décante ensuite et on fait passer à sa place une même quantité d’eau qu’on laisse couler en filet. On laisse celle eau cinq à huit jours , selon la saison .
jusqu’au moment où l’eau est couverte d’écume et que la pièce commence à devenir cotonneuse à sa surface; on décante une seconde fois et on place le pot sous le robinet d’une fontaine dont on laisse échapper un petit filet d’eau qui emporte lentement et sans secousse, les parties qui se sont détachées. Lorsqu’on remarque que le lavage n’emporte plus de matière animale, on verse de l’acide dans le pot, dont on a rebouché la canule avec un bouchon de verre ou de porcelaine chauffé et enduit de cire. On répète ce procédé tous les quatre à huit jours, jusqu’à ce que les tuniques des vaisseaux soient tout-à-fait détruites , et que la matière de l’injection se montre à nu de toutes parts ( 1 ).
(c) Injections, biles sont évacuativcs , réplétivcs, antiseptiques , ou conservatrices. Les premières ont pour objet, comme leur nom l’indique , de débarrasser les vaisseaux ou les organes creux des matières et desfluides qui les remplissent; elles sont faites avec l’eau, avec les
(1) Ces détails sur la macération et les corrosions sont extraits d’un travail plein d’intérêt de M. le professeur Duméril : Essai sur les moyens de perfectionner et d’étendre l’art de l' Anatomiste. — ( Paris, 1803.)
acides très-affaiblis, avec l’alcool étendu, etc. Ainsi, il est bon de pousser de l’eau ou de l’alcool dans les vaisseaux sanguins pour les préparer à recevoir l’injection réplétive ou l’injection conservatrice. Les secondes sont ou définitives ou temporaires.
Les substances qu’on employé dans ces injections sont des véhicules ou des matières colorantes. La nature des véhicules détermine celle des couleurs , qui doivent être , autant que possible , analogues à celles des humeurs que contenaient les vaisseaux dans l’état de vie.
On employé rarement pour véhicules les fluides qui restent toujours tels; car les pièces ainsi injectées ne peuvent être disséquées , et elles laissent, en outre, déposer à la longue les matières colorantes qu’elles tenaient en suspension.
Les liquides chargés de colle ou de gélatine, dont on se sert dans les injections ordinaires , ont l’inconvénient de ne point être également solidi fiables aux divers degrés de température, ou de se prendre trop rapidement en gelée par le refroidissement. Elles sont faites avec les colles du commerce, soit simples, soit mélangées avec des matières gommeuses ou sucrées;
ou fait usaee ordinairement clc celle dite de
Flandre, quoiqu’on la fabrique à Paris, et de celle qu’on appelle colle à bouche , qui n’en diffère que parce qu’elle contient un peu de gomme et de matière sucrée.
Celle qui réussit le mieux , parce qu’elle se fond à la chaleur de la main et que cependant elle se coagule à une température de 25 ou 2(i degrés du thermomètre de lléaumur, qui est un des plus forts points auxquels s’élève notre atmosphère , est faite avec les membranes de poissons ou l’icthyocolle. On en fait fondre une once au bain-marie, dans le double de son poids d’eau, et on l’étend ensuite dans deux onces d’alcool qu’on a fait tiédir auparavant.
Dans ces sortes d’injections gélatineuses, on a beaucoup de choix pour les matières colorantes. Toutes celles qui sont broyées à la gomme, et dont on se sert dans la peinture en miniature et à la gouache, peuvent être employées; elles y restent très-bien suspendues.
On peut user alors avec avantage, pour les artères , des bâtons de carmin de Delà fosse et des laques carminées de Hubert ; pour les veines , du bleu de Prusse broyé au vinaigre, et
du blanc de zinc d’Anlheaumc ou de celui d ecailles d’huîlres bien porphyrisë, car la couleur des oxides métalliques est sujette à changer dans les matières animales; elles ont, en outre, l’inconvénient de se précipiter par le repos avant que le véhicule soit refroidi, et elles obstruent ainsi les plus petits vaisseaux.
Les liqueurs qui peuvent devenir solides par l’cllet de certains réactifs offrent aussi quelque avantage. C’est ainsi qu’il est bon de faire tremper un jour ou deux dans la dissolution de noix de galle ou de tannin, les pièces injectées avec la gélatine, quand on veut les conserver desséchées. Dans les injections partielles de vaisseaux lymphatiques, et particulièrement des chylifères, on peut se servir du lait de vache ou de chèvre. Lorsqu’après avoir lié le canal thoracique on a fait pénétrer le lait par tous les vaisseaux dans lesquels on a pu introduire le bec d’une seringue de verre ou de celle qui sert à l’injection des points lacrymaux, on verse sur la surface de la partie injectée du vinaigre fort ou un acide affaibli qui fait concréter la partie caséeuse du lait, de manière qu’alors les vaisseaux chylifères se trouvent
remplis par un solide blanc, mais llexible (1).
Los injections les plus ordinaires, les plus solides et les plus commodes, se font avec des matières grasses et résineuses. On employé principalement les huiles volatiles, les baumes, les résines dissoutes dans l’alcool, les graisses., la cire et les huiles fixes le plus ordinairement. On combine ces diverses substances, on en varie la composition suivant la nature des injections qu’on veut préparer, et surtout selon la manière dont on se propose de les conserver.
La nature et la préparation des matières colorantes doivent aussi varier selon l’espèce de véhicule gras dont on fait usage.
Les huiles volatiles étant à peu près aussi pénétrantes les unes que les autres, on employé le plus généralement celle de térébenthine, qui coûte moins cher. Cependant, pour les petites pièces, on préfère, à cause de l’odeur, celle de citron, ou celle d’une sorte de lavande ( aspic de boutiques), qui ne sont pas non plus trèsdispendieuses. Quand on veut injecter uniquement avec l’une de ces huiles, ce qui fait une matière liquide extrêmement pénétrante, après
(1) On peut voir, dans la collection d’anatomie comparée du Muséum d’Iiisloire Naturelle, quelques pièces préparées par ce procédé.
avoir dissous une matière colorante préalablement broyée à l’huile fixe, on fait chauffer légèrement le mélange. On employé ordinairement celle liqueur pour rendre sensibles les petits vaisseaux des membranes qu’on ne doit point disséquer, mais bien conserver dans leur intégrité. Si l’on voulait injecter le gros tronc vasculaire qui fournit à ces membranes , on pousserait, sur la fin de l’opération, un peu de vernis à l’essence qu’on aurait chargé de beaucoup de résine, et, avant de faire sécher la pièce, on la mettrait tremper un jour ou deux dans une dissolution aqueuse de muriate suroxigéné de mercure (deulo-ohlorurc de mercure), d’après le procédé de ("haussier.
Les matières avec lesquelles on peut colorer les huiles volatiles doivent être auparavant broyées avec le plus grand soin. Il est facile de se procurer de celles qui sont préparées à l’huile de noix et qu’on vend dons de petites vessies pour être employées sur les palettes. Les couleurs ainsi préparées et amalgamées intimement avec les huiles fixes, restent beaucoup mieux suspendues; les oxides les plus pesants, même ceux de plomb et de mercure, ne sont point sujets alors à faire de dépôts.