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Moutakkil-Nabou. 6. Sardanapale I

Nous commençons par donner la traduction du plus ancien monument d'Assyrie, le prisme octogone de Teglathphalasar i, dans lequel se trouvent réunies les données qui autorisent nos opinions.

Ce document nous est parvenu dans quatre exemplaires plus ou moins conservés, mais constituant la totalité du texte assyrien, qui se compose de 700 lignes environ. Il a été publié dans l'ouvrage de MM. Rawlinson et Norris, Inscriptions of Western Asia, p. 9-16 2. Les quatre exemplaires furent trouvés dans les quatre coins du grand temple d'Assur, à Kala Cherghat, sur le Tigre.

* Voir les Sargonides, p. 15, et les Annales de philosophie, t. vi, p. 57 |5« série).

' C'est le documetit qui a été soumis à Tépreuve de quatre assyriologfiMs en 1857. MM.*Ravlin90o, Hineks, Fox Talbot et Oppert ont envoyé chaeun leur traduction os partie de tiadaetiop, et «s quatre essais ont paru sons le titre <

44 HISTOIRE DES ÈHHBBS

Iii0eri|itloii de Teglatliplialasar.

ttSO av. jr.-€.

«( Commencement : (Ce mot se trouve dans le texte.)

Col. 1, 1. 1. a Assour, le grand seigneur, qui dirige les légions des dieux, . qui donne le sceptre et la couronne, qui a institué la royauté.

» Bel-Dagon , maître , roi de T uni vers, dieu Anunnaki, père des dieux, maître des pays.

x> Sin (Lunus), le saint, maître de la couronne (du cercle), qui abreuve les namriri.

» Samas (Soleil), arbitre du ciel et de la terre, qui détruit les desseins des ennemis, muse ibrusi ni.

D Âo, le gardien, qui inonde les districts des ennemis, les monts et les vaux.

» Ninip-Samdan, le héros, qui punit les adversaires et lés ennemis, qui fait retrouver le courage.

» ïstar (Astarté), là souveraine des dieux, la reine de la victoire, l'arbitre des combats.

» Voilà les grands Dieux qui bénissent le ciel et la terre, dont la volonté s'étend sur la profondeur et la hauteur, qui ont agrandi la royauté de Teglathphalasar {Tuklathabalasar), Tauguste. C'est votre adorateur (des dieux), le pasteur auguste. Vous l'avez élu dans l'attachement de votre cœur, vous lui avez confié la royauté, la couronne suprême; vous lui avez transmis, avec votre puissance, le pays de Bel; vous lui avez assuré la primogéniture, la suprématie, la valeur. Vous avez consacré pour toujours le sort de sa domination, pour qu'il impose des tributs et des rançons, et pour qu'il règne sur le Sennaar !

Col. 1, 1. 2.» Teglathphalasar, roi puissant, roi des légions des peuples, roi des quatre régions, roi supérieur à tous les princes, seigneur des seigneurs, roi des rois, devin auguste, qui, sous les auspices de Samas (Soleil), par le sceptre de l'équité, en jugeant les hommes, a illustré la puissance de Bel, dans son ensemble; le pasteur véritable qui raconte sa gloire aux rois. Arbitre suprême, il subordonna sa volonté à celle

ImeripHon of Tiglaih Bileser I, King of Àtsyriaf B.C. 1150, (M transîated by sir Henry AatDhVuon, fox Talboty Dr. Hincks and Dr. Oppert, 1857. Une comparaison établira les progrès que Tassyriologie a JOtits depuis sept ans.

DE GHALDËB ET d'aSSTRIB. 45

d'Assour^ qui consacra pour toujours son nom à la lieu te*

nance des quatre régions ; il ât en abondance ^ en liant et en

bas ; il terrifia par sa grandeur les contrées. Géant dans la

mêlée^ il fondit comme la vague inondante sur le pays des rebelles, et dans Thumili té devant Bel^ comme rançonneur sans égal) il écrasa les adversaires du dieu Assour.

Ib. i, 1. 4. D Dieu Assour et les grands dieux qui ont élevé ma royauté, m'ont accordé la victoire et la puissance pour régner, etm'ont déterminé à porter plus loin les limites de leur empire^ en chargeant ma main desarmes puissantes qui font fuir mes ennemis. J'ai vaincu des montagnes et des vallées, détruit des temples et des rois rebelles à TAssyrie. J'ai annexé leurs possessions avec une soixantaine de rois que j'ai combattus (?) ; je leur ai imposé des otages pour me garantir. J'ai vaincu dans des batailles, j'ai rapporté des tributs dans des guerres sans nombre. J'ai ajouté à l'Assyrie du territoire, à ses habitants d'autres hommes; j'ai agrandi les limites de mon pays, et j'ai rançonné la totalité des pays.

Ib.y 1. 62. t> Au commencement de mon règne, je vainquis 20,000 hommes Moschiens (Muskaya) et leurs 5 rois, dont, pendant cinquante ans, les pays d'Alzi et de Pouroukhoumzi avaient perçu les tributs et les dons qui appartenaient à Assour mon seigneur. Aucun roi ne les avait jamais défaits dans une bataille ; ils se fièrent à leur puissance, et subjuguèrent la Commagèue (Kummukh). Dans la déférence à Assour, mon seigneur, je disposai mescharsetmesarmées. Je ne laissai rien derrière moi et j'abordai le paysdeKasiyara, un plateau élevé. Je me rencontrai avec les 20,000 guerriers et les 5 rois dans la Commagène; je les fis fuir. Je surpris, comme la tempête, les rangs de leurs combattants dans la mêlée; je dispersai les cadavres dans les abîmes et les vallées des montagnes; je leur coupai les têtes. Je changeai les murs de leurs villes jusqu'à ce qu'ils ressemblassent à des fossés. J'en fis sortir les esclaves, les butins, les trésors sans nombre. Six mille de leurs combattants survivants, qui s'étaient soustraits à ma puissance, prirent mes genoux; je les accueillis et je les donnai aux hommes de mon pays.

Ib., L 89. B Dans ce temps, je marchai contre les hommes

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de la Commagène^ mes ennemis^ qui ayaient refusé à Âssour, mon seigneur, leurs tributs et leurs dons. J'envahis' entièrement la Commagène ; j'en fis sortir les esclaves, les butins et les Irésors ; je brûlai par le feu leurs villes, je les démolis, je les détruisis. Les restes des habitants de la Commagène, qui s'étaient soustraits à ma puissance, s'étaient retirés sur la ville de Sérissé, avaient franchi l'autre rive du Tigre, et avaient fortifié cette ville pour se maintenir. Je réunis mei chars et mes guerriers; je, aft'st, les lieux inaccessibles et les abîmes tortueux avec des roues en airain; je uhib le sihtUa, pour faire passer mes chars et mes soldats. Je franchis le Tigre et j'afttaquai Sérissé, la ville de leur puissance. Je (umm) traquai leurs combattants comme des bêtes fauves {ihvasi) dans les forêts; je jonchai de leurs cadavres les abîmes et les vallées des montagnes. Après cela, j'entourai les armées des Kourkhé, qui étaient venus pour porter aide et assistance aux hommes de Konmmoukb, comme subaty en même temps que ceux-ci; j'entassai par monceaux les corps de leurs combattants dans les ravins des montagnes. Je lis déverser dans le Tigre, par le fleuve Namr, les rangs des combattants. Kitiantarou^ fils de Kaliantarou qu'ils avaient fait roi pour soutenir leur rébellion, tomba entre mes mains dans la mêlée. J'enlevai ses femmeSfSesfils, les rejetons *de son cœur, ses filles, trois soixantaines de sunuk d'airain, six nirmaL de bronze, avec leurs dieux, de l'or et de l'argent, le dumuk d& leurs trésors ; j'emportai les esclaves, les meubles, les trésors; je brûlai dans le feu, je démdiS; je détruisis cette ville et son palais.

' CoL n,1.36.)) La ville d'Ourrakhinas, leur ville capitale, située en Panari, fut terrifiée par la puissance de la crainte et le respect immense d'Assour, mon dieu. Poursauverleur vie, les habitants enlevèrent leurs idoles; ils volèrent comme des oiseaux vers les ravins des montagnes remplies de torrents. Je jetai mes chars et me»arméessurle Tigre. Sadiantirou, fils de Khattikhi, roi d'Ourrakhinas, prit mes genoux pour m'empêcher d'attaquer ce pays. J'acceptai comme otages ses fils, les rejetons de son cœur, et sa famille. H apporta une soixantaine de sunuk d'airain, nirmak et namhar de bronze, des pur avec deux soixan^tâiiies d'hommes, des bœufs, des moutons en tribut et don ; je

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le rançonnai el je lui pardonnai, je lui fis grâce de sa vie, je lui inotposai le joug de ma domination puissante jusqm^u jour présent^ j'occupai entièrement la Taste contrée du Koum* moukh, je Fannexai à mon empire. Dans ce temps Je consacrai à Âssour^ mon Seigneur^ un namhar d'airain et un mnfMtft d« bronze^ provenant du butin de Koummoukh ; je destinai une soixantaine de swnuk d'airain avec les idoles au dieu Âo^ mon soutien. #

Ib.y 1. 63. s Pour montrer mes arnes puissantes, auxcpielles Assour, le Seigneur^ a accordé la force etTempire du monde, avec trente ehars cfui marchent comme les* idi gamarri^a, et pour enlever mes soldats (puissent- ils accomplir la punit^^n de leurs ennemis)^ je marchai vers le pays de Mildis^ dont lee habitants sont retors et ennemis. Je traversai les grands territoires et les plateaux élevés et plans dans mes cbars^ mais j^ marchai à pied dans les contrées inaccesâbles. Dans le pays d'Axouma^ terrain tortueux qui n*est pas prii^icable pour faire passer mes chars^ je les abandonnai. Je pris le devant de mes soldats^ ils avancèrent comme des mdAy et je pénétrai comme un javelot, dans les ravins des montagnes tortueuses. Je chan* geai le< pays de Mildis en un monceau de raines. Je braquai if^fum) les combattants dans la mêlée comme ctes Mcftal. J'en»* menai les esclaves^ les biens et ks trésors^ je brûlai dans le feu toute; leurs villes^ je leur imposai des otages, des tributs et des redevances^

i(., L 85. — ^ » Teglatfapbalasar^ le juste, le vaillant, qui ouvre Taccès des pays, réduit es malveillants^ et balaie lar totalité de la vaste terre. '

Ib.y 1. 89« — » J'annexai le pays de Soubari> habité par des hommes pervers et méchants. J'ai imposé le joug pesant de m» domination aux pays d'Alzi et de PouroukhountBi, qui avaient retenu leurs tributs et Leurs redevances. Puis^ ils appop*tèrent leurs tributs et leurs redevances à ma ville d/Ellassar^ comme tout ce qu'a acq«iisma valeur,, dont Assour^ le s^neur^ la puissant proteoteur, le vainqueur des pervers^ a doué ma* main,, en destinant à Télargissemeot les limites- de men em-* pifle.. Quatre mille hommes de Kaska et d-Ouronm, deshabi^ twts de Sysie (Mmi\ qui auieniti conquis le pays de Sbu^^

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barii, firent leur soumission devant Assour^ mon seigneur. Col. m y 1. i. — » Ils entendirent mon approche vers Soubarti, la grandeur de ma\aleur les terrifia; ils abandonnèrent le combat^ et se soumirent à moi. En dehors de leurs trésors^ je leur pris deux soixantaines de chars et de paires de bétail de labour^ et je les liyrai aux habitants de mon pays.

Ib., 1. 8« -— D Dans le courage de ma bravoure, je marchai pour la seconde fois sur Roummoukh. J'attaquai toutes les villes; j'en enlevai les esclaves, les biens, les trésors; je brûlai les villes dans le feu, je les démolis, je les détruisis. Le reste de leurs armées qui avaient craint mes armes terribles, et qui n'avaient pas résisté au choc de ma puissante attaque, s'était dirigé, pour sauver la vie, sur les pics immenses des montagnes et les plateaux élevés. Vers les réduits des forêts abreuvées d'eau et les ravins tortueux des montagnes, qui ne sont pas faits |)Our que le pied de l'homme les foule, je montai derrière eux; ils firent avec moi l'épreuve de la bataille et du combat; je les mis en fuite. Je surpris comme une tempête les rangs de leurs combattants dans les ravines des montagnes; je jonchai les rochers et les vallées des cadavres de leurs soldats. J'enle-val des pics élevés des montagnes leurs esclaves, leurs biens et leurs trésors. Je fis tributaire le Roummoukh dans toute son étendue, et je le compris dans les limites de mon empire.

i6., 1. 39 — » Teglathpbalasar, le roi puissai^t, le destructeur des méchants, qui anéantit les bataillons.

Ib., 1. 35.—» D'après les profondes décisions d'Assour, mon seigneur, le dieu Assour, mon maître, m^appela à marcher contre le pays de Kharia et les armées du vaste pays de Kourkhié, et des forêts impénétrables dont aucun roi n'a exploré le site. Je disposai mes chars et mes armées^ et je commençai le passage des pays d'Uni et d'Aya, des plateaux élevés; des montagnes impénétrables à pic, comparables à la pointe d'un poignard, n'étaient pas propres au passage de mes chars. Je laissai mes chars dans la plaine argileuse, et je traversai les montagnes tortueuses. Les habitants de Kourkhié avaient disposé leurs armées ; ils s'étaient renforcés dans le pays d'Azou... pour tenter J'épreuve du combat et de la bataille. Je luttai contre te reste de leurs forces dans le plateau élevé^ je leur

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